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29 août 2026 6 29 /08 /août /2026 00:01

Suite de la biographie d’Henri Desfaudais

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Desfaudais est mobilisé, en tant que sous-lieutenant au sein de la 52e brigade d’infanterie. Il est promu lieutenant en mars 1915 et détaché à l’état-major du 13e corps d’armée. Son comportement lui vaut cinq citations. Il est cité à l’ordre du corps d’armée en septembre 1914 « pour son sang-froid et sa belle attitude ». Il l’est de nouveau à l’ordre de l’armée en juillet 1915. Le corps d’armée le décrit, en avril 1916, comme « . Officier du plus grand sang-froid. A exécuté plusieurs missions dangereuses sous le feu de l’ennemi avec activité et intelligence, assurant en même temps les liaisons coureurs par optique et par téléphone, ainsi que l’action des observateurs d’infanterie pendant 8 jours de combats ». C’est de nouveau son rôle dans les transmissions qui est mis en avant par la 52e brigade en septembre la même année : « Dévoué, courageux. Pendant les jours de combat des 5 et 7 septembre et la période d’organisation des positions conquises, s’est trouvé seul officier d’état-major à la brigade. A assuré notamment les liaisons par coureurs optiques, la surveillance de jour et de nuit entre le poste de commandement de la brigade de 1e ligne, rendant ainsi les plus utiles services ». De nouveau à l’ordre de la brigade en mai 1917, on remarque son rôle de planificateur : « A organisé avec efficacité les liaisons qui ont renseigné le commandant de l’infanterie à tout instant pendant les opérations du 18 mars au 14 avril. Toujours volontaire pour les missions dangereuses, a effectué de nombreuses reconnaissances en vue de l’organisation des 1e lignes dans des zones violemment bombardées ». Démobilisé en mars 1919, Desfaudais s’installe à Toulouse.

Pendant la période de conflit, s’il n’a plus d’implication politique active, il conserve des attaches avec l’Action française. Le mouvement royaliste signale en octobre 1914 qu’il est président des sections du Cantal. Le rôle de sa belle famille est évoqué dans le quotidien royaliste en décembre 1914 : son beau-père, Pierre de Chalret du Rleu, alors capitaine d'artillerie, est signalé comme membre de la section de Toulouse de la Ligue, tandis que sa belle-sœur et enfant de ce dernier, Thérèse, est désignée en tant que présidente des Jeunes filles royalistes de la même ville. En décembre 1917, c’est probablement Henri le Desfaudais qui participe à une souscription Pour la propagande en tant que « combattant de l’Action française, pour mener la guerre totale ». Par contre, il est très probable qu’il ne peut exercer son mandat de conseiller municipal de Nieudan (Cantal), qui prend fin en novembre 1919.

Henri Desfaudais reprend une exploitation dans le village de Sarriac-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Il reprend une activité politique dans son nouveau lieu de résidence. Ainsi, il donne en janvier 1926, une conférence « sur la situation politique et la personne du Prince » lors de la fête des Rois à Tarbes du groupe bigourdan des Dames et jeunes filles royalistes. Il donne également plusieurs conférences dans des cités voisines en mars la même année, dont Pujo, qualifiée de « petite citadelle républicaine » puis à Rabastens, où il parle « devant un auditoire comprenant une majorité de communistes » mais estime avoir « éveillé chez la plupart des auditeurs curiosité el sympathie » en faisant « la critique du socialisme et l'exposé des libertés et des responsabilités que la royauté met en œuvre ». Desfaudais intervient de nouveau à Tarbes à la section de l’Action française en janvier 1927.

La Société tunisienne de cultures, présidée par le comte Jehan de Durat, confie la direction de son domaine d’Utique (Tunisie) à Henri Desfaudais en 1930. Les produits sont le blé et le vin. En juillet 1938, l’assemblée générale de la société lui envoie des « félicitations pour les résultats atteints dans des conditions et une atmosphère locale souvent pénibles. »

En mars 1934, Desfaudais est désigné comme correspondant de l’Action française, rattaché à la section de Tunis. Il participe à des souscriptions de l’Action française en juin 1934 et en décembre 1936.

Devenu capitaine de réserve dans la cavalerie en juin 1927, Henri Desfaudais est mis à disposition des troupes de Tunisie en décembre 1930. Malgré la fin de ses obligations militaires en décembre 1933, il est maintenu dans la réserve des troupes à sa demande. De ce fait, il est rappelé en août 1939 lors de la mobilisation générale au début de la deuxième guerre mondiale. Il est placé au secteur de défense de Bizerte. En décembre 1939, il reçoit une « affectation spéciale », non précisée dans son livret militaire.

Son père vivait au Coudray-Macouard (Maine-et-Loire) depuis 1911 et y meurt en mai 1940. Henri Desfaudais s’y installe à son tour, toujours ingénieur agronome et propriétaire exploitant en 1948. Il réside rue Nationale avec son épouse, sa belle-mère, sa fille Cristine, veuve Morisson de La Bassetière et ses trois petits enfants. La sœur d’Henri vit dans la maison voisine.

Henri Desfaudais meurt le 29 mai 1971 au Coudray-Macouard. Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1921, à titre militaire. En mars 1948, il est promu officier du Mérite agricole.

Fin

Un exploitation agricole dans la région d’Utique (Tunisie)

 

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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 00:01

Début de la biographie d’Henri Desfaudais

Henri Frédéric Édouard Marc Marie Desfaudais naît le 1er août 1884 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Alphonse Henri Desfaudais et de Marie Elisabeth Potrelot de Grillon.

Son père Alphonse Desfaudais (1850-1940), natif de Dôle (Jura), s’était engagé dans l’armée française en septembre 1870 et participe à la guerre contre la Prusse et ses alliés. Au moment de la naissance d’Henri, il est capitaine commandant du 13e régiment de dragons, stationné à Compiègne (Oise). Il poursuit sa carrière militaire jusqu’en 1911, avec le grade de grade de général de brigade. Pendant la première guerre mondiale, il commande des dépôts de cavalerie à Limoges (Haute-Vienne) et Saumur (Maine-et-Loire).

La mère d’Henri, Marie Elizabeth Potrelot de Grillon, est la fille d’Antonine Broutta, née de La Chassaigne de Sereys (1835-1913), d’ancienne noblesse auvergnate. Celle-ci est veuve de Christophe Ernest Potrolot de Grillon, autre aristocrate bourbonnais et est devenue receveuse des Postes à Joinville-le-Pont (1868-1896). Elle s’est remariée, en décembre 1871, avec Marc Félix Broutta (1819-1904), lieutenant-colonel, combattant de la guerre de 1870, officier de la Légion d’honneur, qui sera ensuite militant conservateur à Saumur. La sœur d’Henri, Anne Marie, naîtra également en août 1890 à Joinville, toujours chez sa grand-mère.

En 1904, Henri Desfaudais intègre l’école d’agriculture de Montpellier dont il sort en 1909 avec le titre d’ingénieur agronome. Son statut d’étudiant fait qu’il réalise un service militaire d’un an au lieu des deux années qui sont la norme pour les conscrits de sa classe. Il sert, comme son père dans un régiment de dragons, le 3e, et en sort en septembre 1906 avec le grade de brigadier. Dans la réserve, il sera promu en septembre 1908 maréchal des logis puis en juin 1912 sous-lieutenant.

Après un premier séjour en Tunisie, alors protectorat français, en 1909, Henri Desfaudais s’établit comme fermier au Bruel, hameau de la commune de Nieudan (Cantal). Il exploite le domaine de Gresse, dans la commune de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal, limitrophe de Nieudan) lors de son mariage en octobre 1913 à Toulouse (Haute-Garonne) avec Jeanne Joseph Marie Charlotte de Chalret du Rieu.

Engagé dans le mouvement d’extrême-droite Action française en 1909, il affiche publiquement ses opinions à partir de février 1911 dans les journaux royalistes. Ainsi, Desfaudais indique se tenir « à la disposition des amis de l'Action française qui désireraient constituer une section de la Ligue dans la région ».

Il participe en décembre la même année ainsi à une souscription lancée dans le quotidien l’Action française sous le titre « Le Juif sera vaincu » en donnant sa qualité de fermier et en envoyant le message suivant : « Vive l’Action française, contre le capitalisme. »

Lors des élections municipales de mai 1912, Desfaudais est candidat royaliste dans le village de Nieudan, qui compte 220 habitants. Au premier tour, la liste du maire M. Conthe, remporte neuf des dix sièges à pourvoir, Henri Desfaudais recueillant 16 voix. Il en a 27 lors du second tour et remporte ainsi le dernier poste de conseiller municipal. Le journal La Croix du Cantal relève : « M. Desfaudais, royaliste militant, vient d’être élu conseiller municipal de Nieudan. Un [mât], orné d’un drapeau blanc, est planté devant sa demeure. Le Progrès du Cantal s’en inquiète et déclare que la République est en danger ». Desfaudais raconte lui aussi les évènements dans L'Action française (13/04/1913) : « Je me suis présenté comme conseiller municipal et j'ai exposé à ce sujet le programme politique d'Action française. J'ai été élu sans propagande ou à peu près. Les paysans m'ont élevé un mât de triomphe avec un drapeau blanc. Cet incident a eu un retentissement énorme dans le Cantal et depuis j'ai pu pénétrer à peu près tous les milieux. »

En avril 1913, Henri Desfaudais est désigné comme président de la section du Cantal de la Ligue d’Action française qui aurait, selon lui à Aurillac et dans ses environs trente lecteurs par jour pour le quotidien éponyme, plus cent cinquante lecteurs au numéro du Midi royaliste et soixante abonnés. La même année, le 9 mai, Desfaudais prend, pour la première fois la parole en public lors d’une réunion socialiste assurant que « si l'on est vraiment patriote, on doit être royaliste et n'avoir qu'un désir, renverser la République pour assurer le salut de la Patrie ». Il assure que son ordre du jour aurait obtenu le soutien de la moitié du public ce qui fait que « tout Aurillac est frappé de stupeur. »

Le Midi royaliste dresse un portrait de Desfaudais : « Notre ami a le tort d'être indépendant, par son travail et sa situation. Diplômé de l'École d'agriculture de Montpellier, Desfaudais s'est courageusement donné à l'agriculture. Il est fermier-exploitant à Laroquebrou. Fils d'un officier général, appartenant à une excellente famille, il n'a pas craint de vouer à la terre de France, pour laquelle il combat, son énergie et son intelligence. Ses voisins lui savent gré de ses efforts et de ses intelligentes initiatives, inspirées par l'intérêt général et les nécessités professionnelles. Les salonnards libéraux ne comprennent pas les choses ainsi, « Desfaudais est un raté. La-preuve c'est qu'il ne s'est pas fait donner une place ; et qu'il a été obligé de se faire fermier !»

L’année suivante, en avril 1914, toujours président des sections du Cantal, Desfaudais participe à une souscription de l’Action française « Pour la propagande du journal et contre l’or Juif. »

À suivre

Le Midi royaliste (journal)

 

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 4 octobre 2016.

Paul Purrey naît chez ses grands-parents maternels à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 2 août 1878. Ses parents, Jeanne Guionnet et son époux Jacques Purrey, tonnelier, résident à Saint-André-et-Appelles (Gironde).

Résidant alors à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Paul Purrey s’engage dans l’armée pour trois ans au moment où il doit effectuer son service militaire. Il sert au sein du 108e régiment d'infanterie jusqu’à sa démobilisation en mars 1902.

Installé en 1902 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au 13, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), Paul Purrey exercera toute sa vie l’activité de marchand de vins en gros. Il épouse en juin 1905 à Paris (18e arr.) Berthe Augustine Bassée, avec laquelle il aura une fille, Madeleine (1903-1993) et dont il divorcera en juillet 1924. Lors des graves inondations de la Marne en 1910, Purrey devient membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Franc-maçon, Purrey participe à la loge locale Germinal, qui a inauguré son temple, rue Transversale, en mars 1911. Elle accueille notamment des militaires de l’école de gymnastique.

Proche des radicaux-socialistes qui tiennent alors la municipalité, Purrey va s’engager à l’occasion du conflit qui oppose la majorité du maire Eugène Voisin, de l’adjoint Georges Briolay et de leur idéologue, Louis Rey, à un groupe dissident, conduit par Achille Ernest Mermet et Henri Vel-Durand. Lors d’un scrutin municipal partiel en mai 1911, provoqué par la démission de cinq dissidents, Paul Purrey prend la deuxième place de la liste constituée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, soutenue par les radicaux-socialistes. Ce sont cependant les dissidents qui l’emportent, avec le soutien des libéraux et des socialistes. L’année suivante, dans la même configuration, les radicaux-socialistes sont battus et Achille Ernest Mermet devient maire.

Pendant la première guerre mondiale, Paul Purrey est brièvement mobilisé en août 1914 au sein du 30e régiment territorial d'infanterie ; mais, dès le 4 septembre, il est réformé pour « obésité » par une commission siégeant à Chartres ; cette décision sera confirmée en juin 1915.

Après le conflit, Paul Purrey mène une action professionnelle, étant vice-président de l’Union des commerçants de Joinville-le-Pont et rejoignant la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, spiritueux et cidres de Paris en 1917.

Ayant quitté Joinville pour la capitale, Purrey connaîtra des difficultés économiques, son établissement de vins en gros de Bercy faisant faillite en mai 1925. Il reprendra cependant cette activité, dans la banlieue sud, à Athis-Mons (Seine-et-Oise, act. Essonne). Remarié avec Laure Henriette Lévêque, native de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1925 à Paris (12e arr.), Purrey s’installe à Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il réside en 1937 en compagnie d’une fille de sa nouvelle épouse, issue de son premier mariage.

La loge Germinal ayant disparu, Purrey fréquente la loge Le Niveau social de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) dont il est Honorable en 1938. Pendant la deuxième guerre mondiale, le nom de Paul Purrey figure sur une liste des dignitaires de la franc-maçonnerie relevant du Grand Orient de France, publiée le 23 septembre 1942 par le Journal officiel de l’État français. Les francs-maçons ont fait l’objet de persécution sous le régime de Vichy.

Si leur rôle précis n’est pas encore connu, il est probable que les époux Paul et Laure Henriette Purrey sont engagés dans la Résistance. Laure Henriette Purrey figure d’ailleurs à ce titre dans les Dossiers administratifs de résistants conservés par la Service historique de la Défense français.

À la Libération en 1944, Paul Purrey fait fonction de maire de Wissous ; il prend la suite de Pierre Laffargue, qui avait été nommé par le gouvernement de Vichy en 1941 puis confirmé en juin 1942.

Purrey est élu maire avec l’étiquette socialiste (SFIO) en avril 1945. En septembre 1946, le dirigeant communiste André Marty est l’orateur d’une grande réunion publique organisée par le PCF « pour commémorer le souvenir du grand Lénine, fondateur de l'État socialiste ». Paul Purrey figure à la tribune en tant que maire socialiste de Wissous à côté de personnalités communistes et de M. Labeyrie, maire de Versailles. Purrey exerce son mandat jusqu’aux élections municipales d’octobre 1947 et a pour successeur René Girard-Iametti, maire jusqu’en 1960.

Paul Purrey est décédé le 19 juillet 1950 à Longjumeau (Seine-et-Oise, act. Essonne), il résidait toujours à Wissous, où il est inhumé. Il était âgé de 71 ans.

Mairie de Wissous (photo récente, Wikipédia)

 

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21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

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10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 00:01

Suite de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

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Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »

Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »

Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »

Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.

Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.

Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.

Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »

S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.

En mai 1959, Fernand Paraïso est élu conseiller municipal de Villemomble sur la liste de Victor Larcher (RPF, gaulliste). Son mandat prend fin en 1964.

Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.

Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso (1931–2003) a été commissaire général de la marine en France, membre de l’Académie de marine et chevalier de la Légion d’honneur. Plusieurs membres de la famille ont adopté le patronyme de « Fernand-Paraïso » au lieu de Paraïso, et il est porté par leurs descendants.

Fin

La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Fils d’un ancien esclave, devenu conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intègre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 00:01

Suite de la reprise de la biographie parue 28/06/2022

En 1939, le peintre Jean Lauze, qui a quitté l’Espagne, où il combattait aux côté des communistes, est de nouveau à Alger. Au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, il est mobilisé en septembre 1939 dans le 27e escadron du train des équipages. Il est démobilisé le 10 avril 1940. À Alger, il va notamment retrouver Bernasconi et Tona qui y reviennent également. Il réside en 1941 chez Bernasconi, rue Lys du Pac.

Une exposition personnelle de Jean Lauze est organisée en mars 1941, à la Galerie Pompadour, rue Michelet, en plein centre d’Alger L’Écho d’Alger apprécie : « Ses vues du port d'Alger, traitées dans une harmonie finement nuancée dans les gris, présentent des qualités de construction et de couleur fort appréciables. »

Il participe, dans la même galerie, en juillet 1941 à une exposition de groupe où l’on retrouve Bernasconi et Tona ainsi que E. Gross, Icart-Vernet, R. Domon et Barbichon.

En décembre de la même année, Jean Lauze fait une seconde exposition individuelle dans le même lieu. L'Écho d'Alger aime sa Vue de Kouba : « arbres à contre-jour comme auréolés, au ciel s'épanouissant en blancheur au-dessous de la basilique : c'est un matinal moment de limpidité, d'enfance, d'élection. »

On retrouve Lauze, Tona et Bernasconi, toujours à La Pompadour à Noël 1941, cette fois avec Mlle Paté, Mme Eug. Spielman, Louise Bosserdet, Terracciano, Ventre, Ferrari et Reynier, qui constituent selon La Dépêche algérienne « Un groupe de jeunes a mis en commun ses efforts et ses espoirs. »

Le 42e Salon des artistes algériens et orientalistes, en avril 1942 subit une profonde transformation par rapport aux éditions précédents. L'Écho d'Alger y voit un « fameux progrès », décrivant l’évènement comme « une intéressante mostra provinciale », et attire l'attention notamment sur les envois de Bernasconi et Lauze. Le mois suivant, tous les deux sont également partie prenante du premier Salon des petits tableaux, dans la salle de l’Artisan du Home, encore à Alger.

Une troisième présentation individuelle des œuvres de Jean Lauze se fait, en février 1943, à la Galerie du Minaret d’Alger. Il est qualifié de « peintre populaire de la réalité » et L'Écho d'Alger lui réserve de nouveau un accueil favorable, considérant que le Séminaire de Kouba est « baigné d'une lumière véritablement spirituelle » ou que les Terrasses d'Alger sont « d'un si juste sentiment spatial. »

En juillet 1943, Jean Lauze est rappelé pour combattre au sein des Forces françaises libres. Il est affecté au 27e régiment du train des équipages. La commission de révision, réunie à Blida (Algérie) en juin 1944 le retire des combattants pour l’affecter à un services auxiliaire, du fait des « séquelles de pleurésie purulente gauche ayant évolué en 1920 ». Il reçoit une affectation spéciale pour le deuxième semestre 1944 au titre du commissariat à l’information. Il est dessinateur Office français d’édition (Rafales), installé dans le lycée Fromentin d’Alger, sur décision du commissariat à la guerre. Dans le cadre de ses fonctions, il rencontre l’écrivain et résistant André Malraux, selon Laurent Ghirardi, son petit-neveu. Il est démobilisé fin juin 1945.

Après la fin de l’occupation allemande, Jean Lauze revient en France métropolitaine et est présenté, en juillet 1945, dans la Galerie de la Cité, quai de l’Horloge à Paris (1er arr.). Le quotidien de Louis Aragon, Ce Soir, apprécie : « Les ciels clairs, une mer bleue, le toit blanc de la mosquée, tout cela est vu avec amour ». À l’insu de son mari, Marguerite Lauze écrit à Picasso pour l’inviter au vernissage, lui rappelant que Jean Lauze avait rapporté à Picasso un dessin que lui avait confié leur ami commun, Soto. Elle met en avant le fait que son époux et elle sont membres du parti communiste.

En 1954, Jean Lauze vit dans le 20e arrondissement de Paris, rue de la Py. Il semble conserver ses relations avec le parti communiste et choisit son quotidien, L’Humanité, pour publier une petite annonce de vente de moto en avril cette année-là.

François Jean Lauze meurt le 22 janvier 1957 à Villejuif (Seine, act. Val-de-Marne), où il est hospitalisé à cause d’un cancer, selon sa famille. Il est inhumé, deux mois plus tard, au cimetière de Charonne à Paris (20e arr.).

Fin

Jean Lauze, Le Port d’Alger et la mosquée de la Pêcherie

 

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 00:01

Début de la reprise de la biographie parue 28/06/2022

François Jean Lauze naît le 31 décembre 1904 à Mustapha, commune de l’agglomération d’Alger (Algérie). Ses parents sont Marie Duteil et son mari François Lauze. Son père est infirmier, employé comme concierge à l’hôpital civil de Mustapha. Ils sont domiciliés avenue dans l’établissement.

François Lauze (1857-1919), originaire de l’Aude, a été soldat dans le corps expéditionnaire français en Algérie (1881-1882). Il est responsable d’associations horticoles et d’originaires de son département natal, franc-maçon.

La mère de Jean meurt en février 1906 lorsqu’il a un an ; son frère aîné Gaston disparaît quelques mois plus tard, à 15 ans, et sa sœur Marguerite l’année suivante, au même âge. Son père décède dans un accident ferroviaire en novembre 1919, à Rouïba, dans la banlieue d’Alger. Jean a alors 14 ans. Son frère Pierre, qui a 23 ans, devient son tuteur légal.

Lors d’un premier recensement en vue du service militaire, en 1923, Jean Lauze est ajourné pour « faiblesse » ; en 1925, il est exempté, du fait d’une « faiblesse irrémédiable ». Il sera pourtant reclassé en septembre 1928 comme pouvant faire un service armé, bien que soit mentionné une « constitution moyenne » avec un poids de 50 kilos et une taille de 1 mètre 63 ; il ne paraît pas avoir été reconvoqué pour remplir ses obligations militaires.

D’abord attiré par la sculpture, Jean Lauze fait des études à l’école des Beaux-Arts d’Alger, où il est inscrit en 1923. Il obtient un premier prix de modelage en juin 1924. Il s’oriente ensuite vers la peinture et le dessin et s'inscrit à l'académie Arts, rue Burdeau, que fondent en 1926 deux catalans diplômés de l'école des Beaux-Arts de Barcelone, le peintre Alfred Figueras et le sculpteur et affichiste Rafel Tona.

La première exposition en tant que peintre de Jean Lauze se fait avec deux autres jeunes artistes, Roger Domon et Louis Bernasconi, en décembre 1927, salle Lacroix, rue des Chevaliers-de-Malte, à Alger. La presse apprécie son travail pour son originalité. La Vie algérienne commente « Son Fort l'Empereur, sujet ingrat et inattendu, montre l'effort d'un jeune peintre devant la nature. L'inévitable Jardin d'essais est représenté par un bouquet de palmiers plein de poésie, traité presqu'en grisaille ». L’Écho d’Alger commente : « Leur peinture est spontanée, claire de conception, naturellement distinguée (…) . Lauze fait preuve d'une vision sensible et d'un sentiment exact des valeurs, surtout dans sa Vue de la darse dont il faut apprécier les premiers plans solidement établis et sa Nature morte qui témoigne d'une décision déjà remarquable. Mais mes préférences vont à sa Banlieue par ce qu'elle présente de sensibilité et d'harmonie dans son écriture simple et expressive. (…) Enfin, chez tous trois, mieux que des promesses. »

Louis Bernasconi et Lauze sont très liés ; le dentiste, amateur d’art et peintre Georges Ollivier, qui les accueille très souvent dans sa maison, les appelle « les deux Ajax ». Ils se lient à Rafel Tona, qui est a fait un tour d’Afrique du Nord.

En 1929, Bernasconi. Lauze et Tona partent ensemble pour Paris. Il vit d’abord dans le cinquième arrondissement, rue de l’Abbé de l’Épée. En 1931, les trois peintres sont recensés ensemble à la pension tenue par Victorine Durand et ses deux filles, rue du Chemin-Vert à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Lauze et Bernasconi déclarent lors du recensement de cette année-là, qu’ils travaillent comme peintres pour les studios de cinéma Paramount, qui sont installés dans la commune, à la limite de Joinville-le-Pont. Quant à Tona, il indique être employé pour l’exposition coloniale internationale de Paris qui se tient dans le bois de Vincennes de mai à novembre 1931. Joinville comme Saint-Maurice sont limitrophes du bois. La pension Durand accueille également plusieurs autres collaborateurs des studios Paramount, dont la fille cadette de la logeuse, qui est habilleuse, une traductrice, un autre peintre (Lucien Le Glau) et un machiniste.

En avril 1931 Jean Lauze, qui assure résider rue du Pont à Joinville, épouse dans cette ville, Marguerite Paule Tribondeau, secrétaire dans une société cinématographique et syndicaliste. Ils s’installent d’abord route de Villiers, dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne, puis en 1936 sont domiciliés avenue Jean-Jaurès, de nouveau à Joinville, dans le centre-ville. Lauze travaille comme décorateur, selon les indications du recensement de 1936, sans doute pour les studios de cinémas Paramount (où travaillent aussi son épouse et Bernasconi) ou ceux de Pathé à Joinville (où a officié Tona)

Le même jour que Jean Lauze se marie avec Marguerite Tribondeau, et à Joinville aussi, Rafel Tona convole avec Paule Tribondeau, la sœur cadette de Marguerite.

Comme son épouse, Jean Lauze, qui est membre du parti communiste et militante syndicaliste, s’engage dans l’action politique. Il se rend à Barcelone, en Espagne, avec son épouse, où ils arrivent le 4 mai 1937 et, selon celle-ci, participe à la guerre d’Espagne dans le cadre des Brigades internationales. Il retrouve certainement Rafel Tona, qui est revenu dans son lieu de naissance, a ouvert une agence publicitaire et participe activement à la propagande de la formation communiste locale, le Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC). Marguerite Lauze, est secrétaire du représentant du parti communiste français auprès du PSUC.

Jean Lauze se lie avec Àngel Fernández de Soto, secrétaire du Syndicat des artistes, peintres et sculpteurs Catalogne et ami de Pablo Picasso. Jean Lauze prend part, en février 1937 dans la capitale catalane, à une exposition antifasciste intitulée No pasaran !

À suivre

Jean Lauze (à g.), devant son frère Pierre, à côté de son père François et de sa sœur Jeanne, arch. fam.

 

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16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Marcel Guyon

Marcel Guyon forme, en août 1944, un centre d’instruction pour la division alpine. Il rejoint les Forces françaises libres et prend, en janvier 1945, le commandement de la 11e compagnie indochinoise. Il est démobilisé en novembre 1945 dans la caserne Grigan à Toulon.

Il s’installe dans cette ville après s’être séparé de son épouse pour « incompatibilité d’humeur » selon une enquête de moralité conduite par la gendarmerie. Il vit avec une nouvelle compagne place Noël-Verlaque et ils gèrent une épicerie. Après un constat d’adultère à la demande de sa femme, le tribunal civil de Toulon l’a condamné, en mai 1947, à une amende de 1 500 francs pour « entretien de concubine au domicile conjugal ». Guyon signale aux gendarmes qui l’interrogent en juin 1950 qu’il poursuit sa cohabitation avec sa maîtresse et qu’il « désire l’épouser dès qu’il sera libre ». Il semble bien que le divorce n’ait pas été prononcé.

Le dossier militaire du capitaine mentionne la condamnation mais considère que « La moralité de Marcel Jules Guyon n’est pas entamée par la condamnation légère qu’il a reçue ». Il est promu, dans la réserve au grade de chef de bataillon en juin 1949 et est admis à l’honorariat en août la même année, après sa retraite militaire.

L’activité de Marcel Guyon se poursuit en Guinée française où il est gérant de la Plantation du Sankaran, qui cultive notamment des fromagers et des agrumes. Il a constitué avec Claude Le Sourd une société du Sankaran. Les deux associés seront en conflit en 1952.

Au départ de Guyon, mobilisé dans l’armée en 1940, l’administration française avait nommé un garde pour surveiller son exploitation. Il ne put empêcher la survenue de deux incendies, en janvier 1946 puis mars 1947, qui ravagent largement la plantation. Un arrêt du Conseil d’État en avril 1957 confirme la responsabilité publique, mais limite fortement l’indemnité réclamée par les propriétaires, Guyon et Le Sourd.

Lors des élections municipales de juin 1950 à La Seyne-sur-Mer (Var), Marcel Guyon est en candidat, en dixième position, sur la liste du Rassemblement du peuple français (gaulliste) dirigée par Paul Pietrera. Le scrutin est remporté par les communistes de Toussaint Merle (54,1%, 15 sièges) devant les socialistes SFIO (Charles Arnaud, 27,6%, 7 sièges). Les gaullistes recueillent une moyenne de 1 709 voix, soit 17,8% des 9 589 suffrages exprimés pour 9 682 votants sur 13 062 inscrits. La liste de Paul Pietrera a cinq élus, dont Marcel Guyon en quatrième place. Le quotidien régional La République estime que « Le grand vaincu de la consultation est le RPF », qui perd un siège par rapport au scrutin de 1947.

Marcel Guyon meurt le 26 juin 1954 Toulon où il résidait avenue Nobel. Il était âgé de 61 ans, toujours marié et aurait eu une fille.

Décoré de la Croix de guerre avec palmes et étoile pour sa participation au conflit de 1914-1918, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1918 était devenu officier en mai 1951.

Fin

Vue de Kouroussa (Guinée)

 

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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Marcel Guyon

Revenu à Joinville, Marcel Guyon et son frère Fernand montent une entreprise de travaux de bâtiment à Voncq (Ardennes). Il y épouse en septembre 1920 Julienne Lucienne Suzanne Billeron, fille d’un vigneron de la commune.

Il quitte la métropole en 1928 pour rejoindre la Guinée, colonie française de l’Ouest africain, où il prend la direction d’une usine de la société des Grands travaux africains (GTA) à Baro, dans le cercle de Kankan (Haute-Guinée). L’entreprise, qui portait antérieurement le nom de Buffet et Herbelin, a son siège social à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Elle s’est implantée en Guinée française, où elle exploite une importante scierie à Kankan, terminus du chemin de fer de Guinée. Elle acquiert un terrain de 78 hectares à Baro, pour créer des cultures vivrières et des pépinières d'arbres exotiques et y installe une autre scierie. En juillet 1937, GTA cède le domaine de Baro à un autre établissement, les Plantations de la Guinée française.

Toujours en Haute-Guinée, Marcel Guyon est devenu en 1936 le gérant d’une importante concession forestière à Finamoussaya dans le cercle de Kouroussa, Son épouse y meurt en décembre 1937.

Dans la réserve de l’armée d’infanterie, Marcel Guyon est promu capitaine en juillet 1938. Il est remobilisé à la déclaration de la deuxième guerre mondiale, rejoignant en septembre 1939 le 4e bataillon de tirailleurs sénégalais. Il embarque, en avril 1940, sur le navire Singïa du port de Conakry (Guinée) pour Marseille et est affecté au centre transition des troupes coloniales de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales). Après la campagne de France, il retourne en janvier 1941 en Guinée, où il est démobilisé. Puis il revient en métropole en août la même année. Il s’installe dans le village de Les Vans (Ardèche) où il avait épousé, en juillet 1940, Marie Christine Marafico.

Selon ses propres déclarations et le témoignage de A. J. Fabre, président du comité local de Libération des Vans, Marcel Guyon a rejoint la résistance civile dès son arrivée dans le village, en novembre 1941. Dans la clandestinité, il adopte le pseudonyme de capitaine Sangard au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il s’occupe notamment de permettre aux réfractaires au service du travail obligatoire (STO) de se cacher dans les montagnes avoisinantes et fournit un appui financier aux résistants.

Les clandestins se retrouvent autour de deux déserteurs du STO (Pierre Gilles alias Pierre et Max Lacroix, dit Max) sous la direction de Guyon. Selon l’historien Vincent Peyric-Ziélinski, le maquis de Pigère et Brahic s’installe sur le Gras de Naves en novembre 1943. Il est rattaché à l’Armée secrète, un mouvement plutôt d’obédience gaulliste, animé par d’anciens militaires. En mars 1944, il prend le commandement de la première unité armée des FFI dans la région, le maquis de Brahic, qui va servir de base à la constitution de plusieurs compagnies de l’Armée secrète dans le sud de l’Ardèche.

Après plusieurs accrochages avec des troupes allemandes au cours du mois de juillet, le principal fait militaire est la Bataille de Banne, le 29 juillet. Les forces de la Résistance identifient un très important convoi ennemi en provenance d’Alès, guidé par un avion de reconnaissance, fort de 400 hommes environ transportés par 19 camions, protégé à l’avant par une chenillette blindée, et disposant d’une auto mitrailleuse avec un canon de 75 mm. Après de violents combats, les Allemands doivent se retirer vers Alès le soir. Côté FFI, on déplore un mort, et plusieurs blessés dont deux graves. La bataille est depuis présentée comme « la première grande victoire remportée en Ardèche par la Résistance armée ». Cependant, l’armée allemande exerce des représailles le lendemain, bombardant le village qui est pillé et largement détruit. Au moins sept civils sont tués.

À suivre

Vue du village de Les Vans

 

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