Ernest Léon Hecquet naît le 25 juin 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Joséphine Rachel Boulard, employée de commerce et de son mari Léon Hecquet, plombier. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes puis dans celui du Centre, rue de Paris.
L’oncle d’Ernest Hecquet, Henri Boulard, ajusteur, a été un des responsables de la section de Joinville du parti socialiste SFIO et candidat dans cette commune aux élections municipales de 1912. Son père, Léon Hecquet, (1887-1959), fut candidat communiste aux élections municipales dans la même ville en 1929 et a été décoré de la Croix de guerre.
En 1936, la famille a quitté Joinville pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue Garibaldi.
Selon des archives familiales, Léon Hecquet est mobilisé en tant que soldat pendant la deuxième guerre mondiale. Il devient ensuite résistant à l’occupation allemande au sein des Francs-tireurs et partisans, mouvement de résistance proche du parti communiste. Il est d’abord artisan plombier, poursuivant la tradition familiale puis contremaitre chez dans une entreprise de matériels roulants de chantiers, Caterpillar.
Après-guerre, Ernest Hecquet vit toujours à Saint-Maur, rue Georges-Clemenceau, dans le quartier de La Varenne Saint-Hilaire. Il épouse en juillet 1956 dans cette ville Paulette Léone Reytinat.
Ernest Hecquet meurt le 6 novembre 1998 à Saint-Maur. Il est inhumé au cimetière Rabelais 1 dans cette ville. Âgé de 79 ans, il était père d’au moins un enfant.
Tombe Hecquet à Saint-Maur-des-Fossés (Arch. familiales)
Marcel Henri Langat naît le 23 juillet 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Joséphine Recher, blanchisseuse et de son mari Eugène Langat, mécanicien.
En 1906, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue Daumesnil. Il devient mécanicien tourneur.
Pendant la première guerre mondiale, Marcel Langat est mobilisé en avril 1915 6e régiment d’artillerie. Du fait de ses compétences techniques, il est détaché en juin la même année aux Ateliers de construction d'armements de Bourges (Allier) pour six mois avant de reprendre un service armé. Il rejoint en mai 1917 le 8e régiment d’artillerie lourde puis le 83e de la même arme en janvier 1918. Il est ensuite, en mars, transféré au 3e régiment d’artillerie coloniale et démobilisé en septembre 1919.
Après-guerre, Marcel Langat reprend d’abord son activité de mécanicien. Il épouse, en octobre 1922 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) Anaïs Antoinette Castan, commerçante, auvergnate, originaire de Lozère. Avec elle, il entreprend l’exploitation d’un commerce de vin dans cette ville, rue Pinet. Elle lui vaudra, en octobre 1926, une condamnation à 1 700 francs d’amende pour « fabrication et vente de vin falsifié et fraude aux droits de régie. »
C’est son frère ou lui qui découvrent, en juin 1924 dans la Marne, à Saint-Maur, le corps d’un habitant de Maisons-Alfort qui se serait suicidé.
Ayant repris son activité de mécanicien, il travaille pour la société Gnome-et-Rhône, qui construisait des moteurs d’avions. Il s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Marcel Langat s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. Il poursuit son activité de mécanicien après le conflit.
Marcel Langat meurt le 27 mai 1962 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de six enfants. Son fils aîné, André, également résistant, tourneur sur métaux, fut adjoint au maire puis conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1947-1959).
Georges Edmond Maréchal naît le 22 février 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maria Apolline Joséphine Caüet, originaire du Pas-de-Calais, ouvrière dans l’usine Pathé de Joinville (cinéma), et de son mari, Daniel Edmond Maréchal, ouvrier dans la même entreprise. La famille vit dans le quartier du Centre, rue du Pourtour-des-Écoles.
Pendant la première guerre mondiale, son père est prisonnier en Allemagne (1914-1916). Ses parents se séparent après le conflit.
Devenu électricien, Georges Maréchal s’installe à Joinville rue du Chemin-Creux (quartier du Centre) et y épouse en août 1936 Berthe Henriette Bray, couturière.
À la fin de la deuxième guerre mondiale, Maréchal représente le Mouvement de libération nationale (MLN) au sein du comité local de Libération de Joinville, conjointement avec Georges Moutenot. Le MLN regroupe en 1944 plusieurs mouvements, dont Combat (issu lui-même d’un premier MLN, fondé en 1940 par Henri Frenay), les Mouvements unis de la Résistance, Défense de la France, Résistance et Lorraine. Outre des partis politiques (PCF, SFIO, radicaux-socialistes), le syndicat CGT, l’association d’anciens combattants ARAC, le comité local de Libération comprend aussi des représentants du Front national (proche des communistes) et de l’Organisation civile et militaire (OCM).
Lors des élections municipales de mai 1945 à Joinville, Maréchal est, comme Moutenot, candidat sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Robert Deloche, maire communiste. La liste remporte les 27 sièges à pourvoir, avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés. Moutenot et Maréchal figurent parmi les 9 indépendants de gauche que compte le conseil municipal, aux côtés de 7 communistes, 6 socialistes SFIO et 5 radicaux-socialistes.
Le mandat de Maréchal prend fin en novembre 1947. Georges Moutenot deviendra, en 1953, adjoint au maire de Joinville-le-Pont en tant que membre du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien).
Après son divorce en janvier 1946, Georges Maréchal épouse en juin cette même année, toujours à Joinville, Anne Marie Alice Brunel.
Georges Edmond Maréchal meurt le 28 décembre 1964 à Joinville. Il était âgé de 55 ans et père de trois enfants issus de son deuxième mariage.
Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont, août 1944
Victor Louis Félix Mathieu naît le 11 août 1894 à Beaune (Côte-d'Or). Il est le fils d’Amélie Léonie Poinsinet, blanchisseuse, et de son époux Paul Jean Claude Mathieu, tonnelier. Sa mère est très jeune, puis qu’elle s’est mariée à 15 ans et en a 16 à sa naissance.
Il est employé de commerce en 1914 et vit rue Gransey à Beaune. Victor Mathieu est mobilisé pour son service militaire au début de la première guerre mondiale, en septembre 1914. Il est affecté au 48e régiment d’artillerie. Nommé brigadier en février 1915, il passe en août au 2e régiment d’artillerie lourde puis au 85e en décembre. Devenu maréchal des logis en juin 1916, il rejoint le 285e RAL en octobre 1917. Il est envoyé en juin 1918 suivre des cours de perfectionnement d’artillerie à Sézanne (Marne) mais échoue aux examens en août. Il rejoint alors le 83e RAL puis est démobilisé en septembre 1919.
Son comportement pendant le conflit lui vaut une citation à l’ordre du régiment en avril 1917 : « Excellent sous-officier, très courageux. A participé aux affaires de Champagne et de Verdun en qualité de brigadier téléphoniste. A assuré un parfait fonctionnement des lignes, malgré tous les bombardements ennemis. S’est particulièrement [en mars, octobre et novembre 1916] sur le front nord de la Somme, dans les derniers combats. »
Quittant la Bourgogne, travaillant comme comptable, Victor Mathieu s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin). Il épouse dans cette ville en février 1920 Élisa Apollolie Félicie Tardieu, modiste et veuve. En décembre la même année, il est recruté par la compagnie des chemins de fer de l’Est en tant qu’homme d’équipe, affecté à Joinville. Il sera ensuite commis à Paris Reuilly-Diderot.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Victor Mathieu s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. À la Libération, il est le président du groupe local du Front national (proche des communistes) à Joinville-le-Pont.
En compagnie d’Amélie Trayaud (future maire de Joinville), il représente cette organisation au sein du Comité local de Libération, qui même des combats et occupe la mairie en août 1944. Il est également le délégué de son mouvement au sein du Comité joinvillais de la renaissance française la même année.
Par arrêté du préfet du département de la Seine, daté du 26 septembre 1944, il est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Il fait fonction de conseiller municipal ; Robert Deloche (communiste), président, fait office de maire.
Lors des élections municipales d’avril 1945, Victor Mathieu figure sur la liste d’Union républicaine et démocratique, conduite par Robert Deloche. Elle recueille une moyenne de 3 979 voix pour 6 447 suffrages exprimés (61,7%) sur 6 621 votants et 7 811 inscrits et remporte les 27 sièges à pourvoir. Mathieu est élu conseiller municipal et Deloche reconduit au poste de maire.
Les élus sont 7 communistes, 5 radicaux-socialistes, 6 socialistes SFIO, et 9 indépendants de gauche. Victor Mathieu appartient à l’une de ces deux dernières catégories. Son madat prend fin en octobre 1947.
Victor Mathieu meurt le 28 novembre 1962 à Beaune, sa ville natale. Il était âgé de 58 ans et n’a pas eu d’enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze en 1917.
Député et conseiller général de Provins, Roger Benenson est le directeur politique de L'Information, hebdomadaire communiste de Seine-et-Marne. Après la signature du Pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, son journal est interdit. Lui-même est mobilisé dans l’armée le 6 septembre, au sein du 15e régiment de génie. Il est démobilisé, après la cessation des combats, le 16 juillet 1940 à Saint-Girons (Ariège).
Ayant obtenu une permission pour siéger à la Chambre en janvier 1940, Benenson, contrairement à quatre autre députés communistes, s’associe à l’hommage rendu aux soldats français. Avec trois autres dissidents, dont André Parsal, élu de la circonscription de la Seine où il s’était lui-même présenté en 1928. Le 11 janvier, Benenson est, avec Honel (Seine), Langumier (Seine), Le Corre (Seine-et-Oise), Parsal (Seine) et Dewez (Nord) l’un des six signataires d’une lettre adressée à Édouard Herriot, président de la Chambre des députés : « Nous affirmons hautement notre attachement à la France et à sa défense et notre attachement indéfectible à la cause des revendications des masses laborieuses sur le terrain de la liberté et de la démocratie. Mobilisés depuis le début de la guerre nous nous sommes inclinés devant la discipline, avons accompli intégralement notre devoir de soldats. Nous sommes aujourd'hui en mesure de déclarer que nous ne pouvons que nous élever contre une politique qui a abouti à l'attaque contre la Finlande et à une menace contre la liberté du pays de France menacé par Hitler. »
Malgré cette prise de position, considérée comme trop tardive, la déchéance du mandat de Benenson est prononcée par le parlement. Au cours de la discussion au Sénat, Marx Dormoy avait évoqué la situation des députés mobilisés : « Vous voyez des croix de bois avec cette inscription Mort pour la France et exclu du Parlement français ? »
En mars 1940, il est en outre déchu de son mandat de conseiller général de Provins.
Avec plusieurs anciens sénateurs, députés et maires communistes, Benenson signe une Lettre aux ouvriers communistes, publiée dans Le Matin (1941/09/06). Le premier signataire est Marcel Gitton, ex-secrétaire du parti communiste français, ancien député de la Seine. La lettre explique que « Durant de longues années, nous avons milité dans les rangs du Parti communiste. Nous avons partagé votre foi, vos espérances. Nous avons rompu avec le Parti communiste, considérant que sa dépendance directe de Moscou, la soumission totale de certains de ses dirigeants à l'Internationale dont l'activité était exclusivement dictée par les intérêts et la politique d'alliances si mouvante et parfois équivoque de l'URSS, lui ont enlevé, à un moment capital pour l'avenir de la classe ouvrière, de notre pays, toute possibilité de jugement impartial et indépendant. En un instant, il a renié son action de plusieurs années, s'est séparé de la nation et a brisé ses liens essentiels avec les masses populaires. Il est de nouveau retombé dans une politique sectaire et aventuriste que nous ne pourrions admettre parce que fatale pour les travailleurs qu'il avait mission de défendre et d'émanciper ». Appelant leurs lecteurs à les rejoindre, ils appellent à « bâtir la France de demain. Pour le travail et le pain, Pour la paix et la fraternité des peuples. »
Ce sera la dernière intervention publique de Benenson car, avant même la parution du texte, le 4 septembre 1941, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son internement administratif, le considérant comme « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ». Il est d’abord interné au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) puis dans celui de Voves (Eure-et-Loir). Il est ensuite déporté à partir de Compiègne le 21 mai 1944 dans un convoi comprenant 2 004 hommes, dont plus de 60% disparurent. Il arrive au camp de concentration de Neuengamme (Hambourg, Allemagne) le 24 mai. Benenson porte le matricule 30 446. Il est ultérieurement transféré au camp annexe de Drütte (Salzgitter, Basse-Saxe, Allemagne), créé pour fournir de la main-d’œuvre à la fonderie de Brunswick pour sa production d’obus.
Roger Benenson meurt le 5 mars 1945 à Drütte. Selon Maitron et Pennetier, il était devenu aveugle et mourut d'épuisement. Âgé de 44 ans, il avait eu deux enfants.
Roger Benenson avait, comme ses collègues qui avaient pris leurs distances avec la politique soviétique, été exclu du parti communiste. Marcel Cachin, dirigeant du PCF, qui prononce le discours d’ouverture de la nouvelle Assemblée nationale en qualité de doyen d'âge en 1946, « omit » de nommer Roger Benenson, parmi les députés morts pour la France. Ses obsèques eurent lieu à Provins en mai 1949.
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès par arrêté du secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants, en date du 4 septembre 2007.
Robert Henri Achaintre naît le 21 juillet 1922 à Paris (5e arr.). Il est le fils d’Irène Imbert et de son époux, Pierre Marie Achaintre. La famille vit à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Prévoyance. En 1927, elle s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Polangis, d’abord avenue du Parc puis avenue Pauline.
La mère, Irène Achaintre, tient un café avenue du Parc. Le père, Pierre Achaintre, mécanicien dans l’administration des PTT, ancien combattant, est, en 1933, un des fondateurs et le trésorier de la Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants. Le café familial est aussi le siège de l’association Commune libre de Polangis, qui vise à l’animation festive du quartier ; Pierre Achaintre en est le trésorier.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Robert Achaintre s’engage comme résistant à l’occupation allemande. Il est actif dans le département de la Manche (Normandie) au sein du mouvement Libération-Nord. Dirigé par Christian Pineau, le mouvement est proche des cadres du parti socialiste SFIO dans la clandestinité et de syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT) et de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
Lors des élections municipales de mai 1953 à Joinville, un Achaintre (soit Robert, soit son père Pierre) est candidat sur la liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), conduite par Pierre Calmon et Reine Dosse. Avec 19,8% des suffrages exprimés et six sièges, elle arrive en troisième position, derrière les communistes (35,6%, 10 élus) et le Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit, 9 élus), devant les socialistes (SFIO, 12,3%, 3 élus) et les démocrates-chrétiens (MRP, 9,2%, 2 élus). Achaintre n’est pas élu. Au sein du conseil municipal, la coalition du RGR, du RPF et du MRP permet de battre les communistes et de faire élire maire Georges Defert (RGR). À partir de 1959, ce dernier se fera réélire seul, RPF et MRP figurant dans l’opposition.
Après le décès de Defert en 1975 et en l’absence de son successeur, Jean Pierre Garchery (divers-droite), les élections municipales de mars 1977 se tiennent dans un contexte de division de la majorité sortante. Achaintre présente une liste, étiquetée comme écologiste dans la presse, qui arrive en quatrième position au premier tour. Elle obtient une moyenne de 595 voix pour 7 725 suffrages exprimés (7,7%) sur 7 875 votants et 10 463 inscrits. Au second tour, la gauche, conduite par le communiste Guy Gibout, emporte les 27 sièges à pourvoir. Achaintre n’est pas élu.
Le scrutin général suivant, en mars 1983, voit le succès de Pierre Aubry (divers droite), à la tête d’une liste comprenant des gaullistes (RPR), le centre-droit (UDF) et des non-inscrits. Sa liste obtient 4 319 voix pour 8 171 suffrages exprimés (52,9%) sur 8 339 votants et 10 613 inscrits. Robert Achaintre, qui se présente comme retraité est élu parmi les 9 non-inscrits, avec les 9 RPR et les 8 UDF. Pierre Aubry devient maire.
Au cours des élections municipales suivantes, en mars 1989, Robert Achaintre est réélus sur la liste de Pierre Aubry qui recueille 4 217 voix pour 6 911 suffrages exprimés (61%) sur 7 073 votants et 10 111 inscrits.
Il est reconduit une nouvelle fois en juin 1995, toujours derrière Pierre Aubry qui emporte 3 736 voix pour 6 799 suffrages exprimés (54,9%) sur 6 905 votants et 10 720 inscrits.
Robert Henri Achaintre meurt le 31 mars 2000 à Joinville. il était âgé de 77 ans et avait siégé pendant 17 ans au sein de l’assemblée locale.
Albert Alibert naît le 17 janvier 1928 à Valigny Allier. Il est le fils de Germaine Augustine Gigot et de son mari Henri Alibert, cultivateurs.
Selon l’historienne Annie Pennetier, qui lui consacre une notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, c’est « une famille paysanne anticléricale et communiste ». Le père, militant communiste à Valigny, est aussi le secrétaire du syndicat de paysans-travailleurs constitué dans la commune et militant communiste. Sa mère sera également adhérente au parti communiste.
Fin 1936, la famille quitte Valigny pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, quai Beaubourg (act. quai du Barrage). Henri Alibert devient chauffeur de chaudières à vapeur à l’hospice de Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Seine, act. Val-de-Marne) tandis que Germaine Alibert est mouleuse de dents en porcelaine à Saint-Maur. Elle adhère à la section de Joinville du parti communiste.
Bien qu’il n’ait que 16 ans en 1944, Albert Alibert, qui est scolarisé au collège d’Arsonval de Saint-Maur, s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande au cours de la deuxième guerre mondiale. Il est reconnu membre des Forces françaises de l’intérieur.
Après la fin du conflit, il fait des études commerciales au lycée Arago à Paris, obtient un brevet commercial, et fait un stage de comptabilité simplifiée moderne selon Annie Pennetier. Il effectue son service militaire dans le 1er régiment de tirailleurs au Maroc, alors sous protectorat français.
Résidant dans le quartier Schaken, à la limite de Joinville et de Saint-Maur, Albert Alibert adhère à la section de Joinville du parti communiste en 1948 puis milite à Saint-Maur. Toujours d’après Annie Pennetier, il suit une école élémentaire de formation communiste.
En avril 1953, il est candidat à Joinville sur la liste communiste conduite par Henri Bideaux, qui comprend la maire sortante, Amélie Trayaud, mais où ne figure plus le maire élu en 1947, Robert Deloche, exclu du parti communiste. La liste arrive en tête avec 35,6% des suffrages exprimés et 10 sièges sur 27. Albert Alibert n’est pas élu. Malgré le soutien des trois conseillers municipaux socialistes SFIO, les communistes perdent la mairie de Joinville du fait de l’alliance des 14 élus des trois groupes de droite et du centre (RGR, RPF et MRP). Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, droite) est élu maire.
Albert Alibert travaille aux Tréfileries du Havre, à Saint-Maurice (devenues ultérieurement Pirelli). Il sera ultérieurement employé puis chez Roche ameublement, rue de Lyon à Paris (12e arr.). En avril 1951, il épouse Éliane Ségala, d’origine aveyronnaise et, comme lui, militante communiste.
Leur maison devant être détruite, les Alibert sont expulsés en 1963 et s’installent à Valenton (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Ils résident dans le quartier de la Bergerie, où Albert Alibert devient un des animateurs de l’amicale des locataires.
Le témoignage d’Albert Alibert, recueilli par Annie Pennetier, mentionne qu’il a été un actif animateur de la Confédération générale du travail (CGT, syndicat proche du parti communiste) chez Roche ameublement pendant les grèves de mai 1968, au cours desquelles l’entreprise est occupée.
À Valenton, Albert Alibert appartient à la direction de la section communiste pendant les années 1960 et 1970 ; il contribue à la reconstitution d’une cellule communiste dans la commune voisine de Villecresnes. La ville de Valenton a une municipalité communiste depuis la fondation du PCF en 1920 et, hormis la période 1940-1944, jusqu’en 2020.
Avec les élections municipales de mars 1965, Albert Alibert est élu sur la liste du maire sortant Julien Duranton et devient son deuxième adjoint, en charge des travaux. Il est renouvelé dans un poste d’adjoint au maire en juin 1971 puis en mars 1977. De nouveau élu en mars 1983, il siège alors comme conseiller municipal, toujours avec Julien Duranton en tant que maire.
Quittant le conseil municipal en mars 1989, Albert Alibert signe plusieurs pétitions en tant que maire-adjoint honoraire de Valenton : en 2005, pour la libération de Al Kubaysi, prisonnier d'opinion en Irak ; en 2006, « Pour un nouveau printemps des peuples. »
Il est un des animateurs de l'Association de recherches et d'études de Valenton (AREV).
Albert Alibert meurt le 20 novembre 2018 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 90 ans et père de deux filles.
Albert Alibert en 1995 (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français)
Henri Alibert naît le 18 août 1898 à Lurcy-Lévy (Allier, act. Lurcy-Lévis). Il est le fils de Marguerite Friaud et de son époux Pierre Alibert, cultivateurs.
Il est domestique de culture quand il est mobilisé dans l’armée, au cours de la première guerre mondiale, en mai 1917. Il sert dans le 14e bataillon de chasseurs à pied (BCP). Affecté au 7e BCP en juin 1919, il rejoint le 110e régiment d’infanterie en août la même année, avant d’être démobilisé en octobre.
Après-guerre, il devient propriétaire d’une petite ferme à Valigny (Allier), Henri Alibert épouse en janvier 1925 dans ce village Germaine Augustine Gigot, fille d’un autre propriétaire exploitante. Ils vivent dans le hameau des Bruyères.
Selon le témoignage de son fils, Albert, recueilli par l’historienne Annie Pennetier pour le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, il est militant communiste à Valigny et anticlérical. Peut-être est-ce lui qui est mentionné comme Henri Alibert dans le quotidien L’Humanité dans une souscription du parti socialiste SFIO en octobre 1919 puis dans une autre du parti communiste, qui lui a succédé, en mai 1924.
En décembre 1928, le maire communiste, Pénot, préside une réunion de 60 personnes à Valigny, qui conduit à la création d’un syndicat agricole couvrant également la commune d’Isles. Pénot en est le président et Alibert le secrétaire. En 1929, il participe à un « concours d’abonneurs » du journal Voix paysanne. C’est lui qui représente son syndicat lors de la constitution de l’union départementale des paysans-travailleurs, mouvement proche du parti communiste, en mai 1930 à Villefranche-d’Allier. Il est nommé membre de la commission de contrôle.
Fin 1936, la famille quitte Valigny pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, quai Beaubourg (act. quai du Barrage). Henri Alibert devient chauffeur de chaudières à vapeur. Il travaille à l’hospice de Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Seine, act. Val-de-Marne) pour l’Assistance publique, qui gère notamment les hôpitaux de Paris et d’une partie de la banlieue. Il déménage, en 1939, rue de l’Écluse dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés, voisine de Joinville.
Au cours de la deuxième guerre mondiale, Henri Alibert est d’abord maintenu à son poste professionnel puis mobilisé en février 1940 mais très vite renvoyé vers son activité hospitalière en avril. En 1949, il réside de nouveau à Joinville.
Henri Alibert meurt le 23 décembre 1986 à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Son épouse a également été militante communiste, de même que son fils qui fut après-guerre adjoint au maire de Valenton (Val-de-Marne).
Georges Camille Hamon naît le 17 novembre 1901 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucie Delphine Couvreur, papetière et de son mari Jules Hamon, alors employé de commerce et après-guerre également papetier. La famille va avoir plusieurs domiciles successifs dans la Grande-Rue de cette commune.
Son père, né Jules de Drouard de la Croisette, est le fils naturel d’une aristocrate de la Sarthe. Il exerce des responsabilités dans le parti socialiste SFIO à Saint-Maurice à partir de 1914 et est également impliqué dans la grande coopérative de consommation locale, l’Avenir de Gravelle. Sa mère est aussi une enfant illégitime au sens du droit. Georges Hamon et ses deux frères Léon, l’aîné et Jules, le cadet, resteront manifestement proches de leurs parents, vivant ensemble, jusqu’au début des années 1930.
Convoqué pour son service militaire en avril 1921, Georges Hamon incorporé au 153e régiment d’infanterie. Il est envoyé dans l’armée d’occupation des Pays rhénans (Allemagne) en août la même année. Il revient en France en mai 1923 pour sa démobilisation. La famille s’est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune riveraine de Saint-Maurice, dans un pavillon de la rue de la Liberté (Centre). Georges Hamon est chauffeur de machines à l’Usine des eaux de la Ville de Paris, située à Joinville.
Condamné en mars 1924 par la 15e chambre du tribunal correctionnel de la Seine à 16 francs d’amende pour « port d’arme prohibée », il est amnistié en janvier l’année suivante. En septembre 1924, le même jour que son frère aîné et dans le même lieu, Georges Hamon se marie avec Léontine Clémence Lafferrière, mécanicienne.
En même temps que son frère Léon, conformément aux opinions de leur père, Georges Hamon est candidat communiste pour les élections municipales de mai 1929 à Joinville. Il figure en vingtième position sur 27 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP), conduite par Roger Bénenson, ouvrier mécanicien, futur député de Seine-et-Marne en 1936.
Le scrutin oppose un groupe d’Union nationale et la Concentration des gauches. Le premier est composé de libéraux et conservateurs, dirigé par le maire sortant, Stephen Durande (divers droite), qui a succédé en cours de mandat à Henri Vel-Durand, radical dissident, décédé. Le cartel des gauches, conduit par Georges Briolay (radical-socialiste), rassemble le parti radical-socialiste, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.
À l’issue du premier tour, la droite est en tête avec une moyenne de 42,6%, devant les gauches (35;9%) et les communistes (16%), avec des divers pour 5,9%. Le second tour se fait dans la même configuration, mais une partie des votes divers ou communistes se sont reportés sur le cartel des gauches, qui emporte 22 des 27 sièges à pourvoir avec 45,9%, tandis que la droite se contente de 5 élus avec 41,6%, le maire sortant étant battu. Le BOP communiste recule à 12,5%
Au premier tour, Georges Hamon a obtenu 336 voix pour suffrages 1 715 votants (19,6%) et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.
Le couple Hamon est installé rue de la Fraternité, toujours à Joinville, à proximité de l’usine des Eaux.
En juin 1939, Georges Hamon intègre l'école militaire d'administration (EMA) située dans le château de Vincennes à Paris (12e arr.). Le cursus de formation des officiers d'administration du service de l'Intendance dure 70 jours, mais le déclenchement de la guerre en septembre 1939 fait qu’il ne fait qu’une partie du cursus (21 jours) et n’est donc pas nommé à ce grade. Le 7 juillet 1940, il est démobilisé à Mirepoix (Ariège).
Georges Hamon meurt le 12 juin 1981 à Créteil. Il était âgé de 79 ans et père de deux enfants. Il résidait peut-être à Maisons-Alfort.
Joinville-le-Pont, pavillon 5, rue de la Fraternité
Léon Henri Hamon naît le 21 juin 1899 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Lucie Delphine Couvreur, papetière et de son mari Jules Hamon, alors employé de commerce et après-guerre également papetier. La famille s’installe vers 1900 dans la commune proche de Saint-Maurice où elle aura plusieurs domiciles successifs dans la Grande-Rue.
Jules Hamon, né Jules de Drouard de la Croisette, est le fils naturel d’une aristocrate de la Sarthe. À partir de 1914, il exerce des responsabilités dans le parti socialiste SFIO à Saint-Maurice et en tant que responsable de l’importante coopérative de consommation de cette commune, l’Avenir de Gravelle. Sa mère est également fille d’une célibataire. A contrario, Léon Hamon et ses deux frères Georges et Jules, resteront manifestement proches de leurs parents, vivant ensemble, avec leurs épouses, jusqu’au début des années 1930.
Alors mouleur en cuivre, Léon Hamon est appelé pour faire son service militaire à 18 ans, pendant la première guerre mondiale. Il est incorporé en avril 1918 au46e régiment d’infanterie. Après la fin du conflit, il passe en juillet 1919 dans la 7e section d’infirmiers militaires puis en août au 6e régiment de tirailleurs marocains. Il est affecté au Maroc, alors sous mandat français, en décembre 1919. Nommé caporal en avril 1920 au 1er régiment de zouaves, il est chargé de l’encadrement des troupes marocaines. Démobilisé en février 1921, il rentre en France le mois suivant avec le grade de sergent.
Peu après, la famille s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Liberté, dans le quartier du centre. Léon Hamon se marie dans cette ville avec Angèle Mansfeld, couturière, en septembre 1924, le même jour que son frère cadet Georges.
Toujours en compagnie de son frère Georges, et dans la continuité de l’engagement de son père, Léon Hamon est candidat sur la liste communiste pour les élections municipales joinvillaises de mai 1929. Il figure en vingt-sixième position sur 27. Les communistes ont pris le nom de Bloc ouvrier et paysan (BOP) et sont conduits par Roger Bénenson, ouvrier mécanicien, qui sera député de Seine-et-Marne en 1936.
Le scrutin a également pour concurrents un groupe d’Union nationale et la Concentration des gauches. Le premier est composé de libéraux et conservateurs, dirigé par le maire sortant, Stephen Durande, qui a succédé en cours de mandat à Henri Vel-Durand, radical dissident, décédé. Le cartel des gauches, conduit par Georges Briolay (radical-socialiste), rassemble le parti radical-socialiste, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.
À l’issue du premier tour, la droite est en tête avec une moyenne de 42,6%, devant les gauches (35;9%) et les communistes (16%), avec des divers pour 5,9%. Le second tour se fait dans la même configuration, mais une partie des votes divers ou communistes se sont reportés sur le cartel des gauches, qui emporte 22 des 27 sièges à pourvoir avec 45,9%, tandis que la droite se contente de 5 élus avec 41,6%, le maire sortant étant battu. Le BOP communiste recule à 12,5%
Au premier tour, Léon Hamon a obtenu 334 voix pour suffrages 1 715 votants (19,5%) et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.
Au cours des années 1930, il devient tireur de films, très probablement dans l’usine Pathé-Cinéma du quartier de Polangis, à Joinville. en 1936, il vit toujours, avec son épouse, son fils, son frère et sa belle-sœur, dans le pavillon de ses parents.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Léon Hamon rejoint d’abord en septembre 1939 la 1e demi-brigade d’infanterie légère, avant d’être transféré très rapidement à son dépôt de rattachement. Il est fait prisonnier peu avant la cessation des combats, le 15 juin 1940. Il est transféré au stalag XVII-B, camp de prisonniers allemand à Krems-an-der-Donau, en Basse-Autriche. À une date inconnue, il est rapatrié et soigné à l’hôpital Saint-Jacques de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Léon Hamon meurt le 18 avril 1969 à Menetou-Couture (Cher). Il était âgé de 69 ans et père d’un enfant. Il était décoré de la médaille coloniale, avec une agrafe Maroc.