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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 00:01

Louis Perriot naît le 9 décembre 1893 à Blois, dans l’hospice de la préfecture du Loir-et-Cher. Il est le fils d’Henriette Hélène Perriot. Elle est élève des hospices de la Seine, c’est-à-dire une enfant abandonnée, âgée de 18 ans, travaillant comme domestique à Lassay-sur-Croisne. Le village, situé en Grande Sologne, est proche de Romorantin. Comme c’est le cas de sa mère, le père de Louis Perriot est inconnu.

Lorsqu’il est recensé pour ses obligations militaires, en 1913, Louis Perriot est garçon de café et vit à Paris, boulevard Voltaire (11e arr.). Sa mère vit aussi dans la capitale, passage des Abbesses (18e arr.) et elle se marie en mars 1913 avec Franck Marie Courouve, inspecteur d’assurances. Louis Perriot conservera des relations avec elle et sa nouvelle belle-famille.

Le service militaire de Louis Perriot débute fin novembre 1913 au 45e régiment d'infanterie. Il est donc sous les drapeaux en août 1914, lorsque démarre la première guerre mondiale. Il devient caporal en septembre 1914 puis sous-officier, comme sergent fourrier, en mars 1915. En octobre cette même année, il embarque depuis Sète (Hérault) pour Salonique (Grèce) où il intègre l’armée d’Orient. Il est blessé à la cheville gauche dans des tranchées des Crêtes Rocheuses, au secteur du Tarda en janvier blessé par un éclat d’obus.

En février 1918, Perriot rejoint, comme élève-pilote le centre d'entrainement de Cèdes, école de pilotage de l'aviation militaire française installée près de Salonique. Il obtient son brevet de pilote le 22 septembre et est affecté au Parc de Sakuleu (ou Sakulevo), infrastructure logistique d'aviation militaire française, situé dans la région de Florina en Macédoine (nord de la Grèce). En octobre, il devient membre de l’escadrille 509.

Après la fin du conflit, il est toujours basé en Grèce, où il officie, pour l’armée française, comme moniteur sur l’avion Breguet 14 auprès de l'aviation hellénique. Il rentre en France en juin 1919 et est démobilisé en septembre.

Louis Perriot ne quitte cependant pas l’aviation militaire, s’engageant en novembre et rejoignant le 34e régiment d’aviation stationné à Dugny-Le Bourget (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est transféré en mai 1920 à Dakar, au Sénégal, où il est dans l’escadrille de l’Afrique occidentale française, rattaché au 34e régiment d’aviation. Il est promu adjudant en janvier 1921.

Revenu définitivement en métropole au 2e semestre 1923, il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans un hôtel du quai de la Marne. Il épouse dans cette ville en août 1924 Marie Yvonne Le Dilasser, native de Brest et, comme lui, enfant naturelle. Leur couple ne durera guère ; lors du recensement dans la même ville, en 1926, Marie Yvonne ne semble pas vivre avec lui et le divorce est prononcé en septembre 1928.

Ayant prolongé son contrat en novembre 1925, Louis Perriot sert dans le 3e régiment d’aviation de chasse de Châteauroux (Indre). Pour sa première participation à une grande manifestation militaire internationale, la Military Zenith de chasse, à Châteauroux en juin 1926, il se classe second. Son pilotage est certes apprécié des professionnels, mais il est condamné, le 22 juin, de manière symbolique à 16 francs d’amende avec sursis « pour survol par avion à basse altitude. »

Promu adjudant-chef en juillet 1928, l’aviateur participe à plusieurs manifestations comme le Prix Georges Dreyfus en juin 1927. Il organise également des raids au long cours : 5000 km en trois jours en 1928, 8840 km en quatre jours en 1929 avec 43h30 de vol.

C’est à Châteauroux, en juin 1929, que Louis Perriot contracte de nouveau mariage avec Lucienne Marie Albertine Brimbal, native de la commune, teinturière rue Gudin à Paris (16e arr.).

Quittant l’armée en avril 1931, Louis Perriot passe son brevet de pilote d'hydravion et devient pilote d’essai pour la firme Latécoère, principal fabricant d’hydravions. Il bat plusieurs records de vols avec charges en janvier 1932 au-dessus de l’étang de Biscarosse (Landes).

Louis Perriot meurt le 16 mars 1933 au cours d'un vol d'essai d'un hydravion Latécoère 38.0 bis bimoteur au-dessus de l’étang de Barcarès (Pyrénées-Orientales). Son mécanicien, Robert Bert, a également perdu la vie. Denis Albin, qui a largement documenté l’histoire de l’aviation de chasse française, explique l’accident : « Lors d'un vol à très basse altitude au-dessus des flots, la queue de son hydravion a touché la surface de la mer, provoquant la dislocation de l'appareil qui a coulé immédiatement. Il s'agit d'un accident dû à l'effet miroir qui rend difficile la vue de la surface des flots en cas de vol à très basse altitude ». Le décès est enregistré le 23 dans la commune de Saint-Laurent-de-la-Salanque, au large de laquelle l’accident s’est produit.

Les obsèques sont organisées le 28 mars en la cathédrale Saint-André de Châteauroux. Le quotidien La Dépêche du Berry raconte qu’il y avait « d'une assistance considérable » pour rendre hommage à la « victime du terrible accident de l'étang de Barcarès ». Louis Perriot est inhumé au cimetière Saint-Denis de la ville, auprès de la famille de sa femme.

Le Journal de l’Indre rappelle que l’aviateur était « bien connu à Châteauroux » étant gendre de Maurice Brimbal (1877-1945), figure de la vie artistique locale, fondateur du cabaret du Pierrot noir et de la première salle de cinéma l'Apollo, puis président de la Chambre de commerce.

Fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en juin 1933, Louis Perriot avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de la Médaille militaire en juillet 1927. Il avait également reçu la médaille de la Victoire, la médaille commémorative française de la Grande Guerre et était chevalier de l'Etoile noire du Bénin (Dahomey) ainsi que plusieurs récompenses pour ses exploits aéronautiques.

Le 12 juin 1933, le ministre de l'air du gouvernement français, Pierre Cot (radical, 1895-1977 annonce que « le gouvernement de la République cite à l'ordre de la nation : Perriot (Louis), pilote aviateur ». Dans son message, il met en relief sa « plus haute conscience professionnelle », sa maîtrise et son sang-froid admirables, son « dévouement le plus complet » et assure qu’il « est tombé victime de son devoir. »

La fille unique de Louis et Lucienne Perriot, Hélène (née en 1930), fut directrice d’un collège à Tunis, où elle épousa Salah Hafsia, puis dirigea un établissement à Déols, dans l’Indre ; elle est chevalière de l'ordre national du Mérite.

Louis Perriot (Journal de l’Indre, 28/03/1933)

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7 septembre 2026 1 07 /09 /septembre /2026 00:01

Amédée Bévillon naît le 27 décembre 1899 à Ploumilliau (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Il est le fils de Marie Yvonne Derrien et de son époux Marie Bévillon, cultivateurs. La famille s’installe dans la commune voisine de Trédrez-Locquémeau, où elle réside en 1906.

Il est laboureur, dans la ferme familiale, lorsqu’il est appelé en avril 1918, de manière anticipée, pour effectuer son service militaire au cours de la première guerre mondiale. Il est affecté au 71e régiment d'infanterie (RI) puis reste sous les drapeaux, au sein du 120 RI, après la fin du conflit jusqu’à sa démobilisation en mai 1921. Il reprend alors son activité agricole.

Recruté comme élève gendarme en février 1924, il est envoyé en mars à l’école de la gendarmerie de Toul (Meurthe-et-Moselle) dont il sort en septembre, affecté à la Légion de Paris. Il est affecté à Crécy-en-Brie puis à Chelles (Seine-et-Marne). La presse mentionne notamment ses interventions pour l’arrestation de braconniers.

Le mariage d’Amédée Bévillon avec Louise Julia Husson est célébré en mai 1925 à Coutevroult (Seine-et-Marne). Les parents de la mariée sont propriétaires exploitants de la ferme de Montaumer, située dans ce village et dans celui de Saint-Germain-sur-Morin

Ferme de Montaumer

En avril 1931, le gendarme Bévillon contribue à la recherche puis à l’arrestation d’un manouvrier qui s’était enfui après avoir blessé grièvement sa belle-fille d'un coup de couteau parce qu’elle refusait de céder à ses avances.

Devenu maréchal des logis chef en 1934, Amédée Bévillon est nommé à la tête de la brigade de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il occupe le poste en 1936 et toujours en 1938. Cette année-là, en juin, il reçoit une lettre de félicitations pour services aux sociétés d’éducation physique.

En visite chez sa belle-mère à Saint-Germain-sur-Morin pour l’aider à cueillir des poires, en octobre 1943, il fait une chute et est hospitalisé à l’hôpital militaire Bégin, à Paris.

Amédée Bévillon meurt le 1er novembre 1968 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), commune limitrophe de Joinville-le-Pont. En avril 1934, il a été décoré de la Médaille militaire.

Il est le père de trois enfants. Peut-être est-ce son fils aîné, Marcel Jean Bévillon (1926-1974) qui est mentionné dans les Dossiers administratifs de résistants du Service historique de la Défense comme « Bévillon, Marcel », sans indication de date ni de lieu de naissance sous la référence GR 16 P 57447.

Ancienne gendarmerie de Joinville-le-Pont

 

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29 août 2026 6 29 /08 /août /2026 00:01

Suite de la biographie d’Henri Desfaudais

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Desfaudais est mobilisé, en tant que sous-lieutenant au sein de la 52e brigade d’infanterie. Il est promu lieutenant en mars 1915 et détaché à l’état-major du 13e corps d’armée. Son comportement lui vaut cinq citations. Il est cité à l’ordre du corps d’armée en septembre 1914 « pour son sang-froid et sa belle attitude ». Il l’est de nouveau à l’ordre de l’armée en juillet 1915. Le corps d’armée le décrit, en avril 1916, comme « . Officier du plus grand sang-froid. A exécuté plusieurs missions dangereuses sous le feu de l’ennemi avec activité et intelligence, assurant en même temps les liaisons coureurs par optique et par téléphone, ainsi que l’action des observateurs d’infanterie pendant 8 jours de combats ». C’est de nouveau son rôle dans les transmissions qui est mis en avant par la 52e brigade en septembre la même année : « Dévoué, courageux. Pendant les jours de combat des 5 et 7 septembre et la période d’organisation des positions conquises, s’est trouvé seul officier d’état-major à la brigade. A assuré notamment les liaisons par coureurs optiques, la surveillance de jour et de nuit entre le poste de commandement de la brigade de 1e ligne, rendant ainsi les plus utiles services ». De nouveau à l’ordre de la brigade en mai 1917, on remarque son rôle de planificateur : « A organisé avec efficacité les liaisons qui ont renseigné le commandant de l’infanterie à tout instant pendant les opérations du 18 mars au 14 avril. Toujours volontaire pour les missions dangereuses, a effectué de nombreuses reconnaissances en vue de l’organisation des 1e lignes dans des zones violemment bombardées ». Démobilisé en mars 1919, Desfaudais s’installe à Toulouse.

Pendant la période de conflit, s’il n’a plus d’implication politique active, il conserve des attaches avec l’Action française. Le mouvement royaliste signale en octobre 1914 qu’il est président des sections du Cantal. Le rôle de sa belle famille est évoqué dans le quotidien royaliste en décembre 1914 : son beau-père, Pierre de Chalret du Rleu, alors capitaine d'artillerie, est signalé comme membre de la section de Toulouse de la Ligue, tandis que sa belle-sœur et enfant de ce dernier, Thérèse, est désignée en tant que présidente des Jeunes filles royalistes de la même ville. En décembre 1917, c’est probablement Henri le Desfaudais qui participe à une souscription Pour la propagande en tant que « combattant de l’Action française, pour mener la guerre totale ». Par contre, il est très probable qu’il ne peut exercer son mandat de conseiller municipal de Nieudan (Cantal), qui prend fin en novembre 1919.

Henri Desfaudais reprend une exploitation dans le village de Sarriac-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Il reprend une activité politique dans son nouveau lieu de résidence. Ainsi, il donne en janvier 1926, une conférence « sur la situation politique et la personne du Prince » lors de la fête des Rois à Tarbes du groupe bigourdan des Dames et jeunes filles royalistes. Il donne également plusieurs conférences dans des cités voisines en mars la même année, dont Pujo, qualifiée de « petite citadelle républicaine » puis à Rabastens, où il parle « devant un auditoire comprenant une majorité de communistes » mais estime avoir « éveillé chez la plupart des auditeurs curiosité el sympathie » en faisant « la critique du socialisme et l'exposé des libertés et des responsabilités que la royauté met en œuvre ». Desfaudais intervient de nouveau à Tarbes à la section de l’Action française en janvier 1927.

La Société tunisienne de cultures, présidée par le comte Jehan de Durat, confie la direction de son domaine d’Utique (Tunisie) à Henri Desfaudais en 1930. Les produits sont le blé et le vin. En juillet 1938, l’assemblée générale de la société lui envoie des « félicitations pour les résultats atteints dans des conditions et une atmosphère locale souvent pénibles. »

En mars 1934, Desfaudais est désigné comme correspondant de l’Action française, rattaché à la section de Tunis. Il participe à des souscriptions de l’Action française en juin 1934 et en décembre 1936.

Devenu capitaine de réserve dans la cavalerie en juin 1927, Henri Desfaudais est mis à disposition des troupes de Tunisie en décembre 1930. Malgré la fin de ses obligations militaires en décembre 1933, il est maintenu dans la réserve des troupes à sa demande. De ce fait, il est rappelé en août 1939 lors de la mobilisation générale au début de la deuxième guerre mondiale. Il est placé au secteur de défense de Bizerte. En décembre 1939, il reçoit une « affectation spéciale », non précisée dans son livret militaire.

Son père vivait au Coudray-Macouard (Maine-et-Loire) depuis 1911 et y meurt en mai 1940. Henri Desfaudais s’y installe à son tour, toujours ingénieur agronome et propriétaire exploitant en 1948. Il réside rue Nationale avec son épouse, sa belle-mère, sa fille Cristine, veuve Morisson de La Bassetière et ses trois petits enfants. La sœur d’Henri vit dans la maison voisine.

Henri Desfaudais meurt le 29 mai 1971 au Coudray-Macouard. Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1921, à titre militaire. En mars 1948, il est promu officier du Mérite agricole.

Fin

Un exploitation agricole dans la région d’Utique (Tunisie)

 

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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 00:01

Début de la biographie d’Henri Desfaudais

Henri Frédéric Édouard Marc Marie Desfaudais naît le 1er août 1884 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Alphonse Henri Desfaudais et de Marie Elisabeth Potrelot de Grillon.

Son père Alphonse Desfaudais (1850-1940), natif de Dôle (Jura), s’était engagé dans l’armée française en septembre 1870 et participe à la guerre contre la Prusse et ses alliés. Au moment de la naissance d’Henri, il est capitaine commandant du 13e régiment de dragons, stationné à Compiègne (Oise). Il poursuit sa carrière militaire jusqu’en 1911, avec le grade de grade de général de brigade. Pendant la première guerre mondiale, il commande des dépôts de cavalerie à Limoges (Haute-Vienne) et Saumur (Maine-et-Loire).

La mère d’Henri, Marie Elizabeth Potrelot de Grillon, est la fille d’Antonine Broutta, née de La Chassaigne de Sereys (1835-1913), d’ancienne noblesse auvergnate. Celle-ci est veuve de Christophe Ernest Potrolot de Grillon, autre aristocrate bourbonnais et est devenue receveuse des Postes à Joinville-le-Pont (1868-1896). Elle s’est remariée, en décembre 1871, avec Marc Félix Broutta (1819-1904), lieutenant-colonel, combattant de la guerre de 1870, officier de la Légion d’honneur, qui sera ensuite militant conservateur à Saumur. La sœur d’Henri, Anne Marie, naîtra également en août 1890 à Joinville, toujours chez sa grand-mère.

En 1904, Henri Desfaudais intègre l’école d’agriculture de Montpellier dont il sort en 1909 avec le titre d’ingénieur agronome. Son statut d’étudiant fait qu’il réalise un service militaire d’un an au lieu des deux années qui sont la norme pour les conscrits de sa classe. Il sert, comme son père dans un régiment de dragons, le 3e, et en sort en septembre 1906 avec le grade de brigadier. Dans la réserve, il sera promu en septembre 1908 maréchal des logis puis en juin 1912 sous-lieutenant.

Après un premier séjour en Tunisie, alors protectorat français, en 1909, Henri Desfaudais s’établit comme fermier au Bruel, hameau de la commune de Nieudan (Cantal). Il exploite le domaine de Gresse, dans la commune de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal, limitrophe de Nieudan) lors de son mariage en octobre 1913 à Toulouse (Haute-Garonne) avec Jeanne Joseph Marie Charlotte de Chalret du Rieu.

Engagé dans le mouvement d’extrême-droite Action française en 1909, il affiche publiquement ses opinions à partir de février 1911 dans les journaux royalistes. Ainsi, Desfaudais indique se tenir « à la disposition des amis de l'Action française qui désireraient constituer une section de la Ligue dans la région ».

Il participe en décembre la même année ainsi à une souscription lancée dans le quotidien l’Action française sous le titre « Le Juif sera vaincu » en donnant sa qualité de fermier et en envoyant le message suivant : « Vive l’Action française, contre le capitalisme. »

Lors des élections municipales de mai 1912, Desfaudais est candidat royaliste dans le village de Nieudan, qui compte 220 habitants. Au premier tour, la liste du maire M. Conthe, remporte neuf des dix sièges à pourvoir, Henri Desfaudais recueillant 16 voix. Il en a 27 lors du second tour et remporte ainsi le dernier poste de conseiller municipal. Le journal La Croix du Cantal relève : « M. Desfaudais, royaliste militant, vient d’être élu conseiller municipal de Nieudan. Un [mât], orné d’un drapeau blanc, est planté devant sa demeure. Le Progrès du Cantal s’en inquiète et déclare que la République est en danger ». Desfaudais raconte lui aussi les évènements dans L'Action française (13/04/1913) : « Je me suis présenté comme conseiller municipal et j'ai exposé à ce sujet le programme politique d'Action française. J'ai été élu sans propagande ou à peu près. Les paysans m'ont élevé un mât de triomphe avec un drapeau blanc. Cet incident a eu un retentissement énorme dans le Cantal et depuis j'ai pu pénétrer à peu près tous les milieux. »

En avril 1913, Henri Desfaudais est désigné comme président de la section du Cantal de la Ligue d’Action française qui aurait, selon lui à Aurillac et dans ses environs trente lecteurs par jour pour le quotidien éponyme, plus cent cinquante lecteurs au numéro du Midi royaliste et soixante abonnés. La même année, le 9 mai, Desfaudais prend, pour la première fois la parole en public lors d’une réunion socialiste assurant que « si l'on est vraiment patriote, on doit être royaliste et n'avoir qu'un désir, renverser la République pour assurer le salut de la Patrie ». Il assure que son ordre du jour aurait obtenu le soutien de la moitié du public ce qui fait que « tout Aurillac est frappé de stupeur. »

Le Midi royaliste dresse un portrait de Desfaudais : « Notre ami a le tort d'être indépendant, par son travail et sa situation. Diplômé de l'École d'agriculture de Montpellier, Desfaudais s'est courageusement donné à l'agriculture. Il est fermier-exploitant à Laroquebrou. Fils d'un officier général, appartenant à une excellente famille, il n'a pas craint de vouer à la terre de France, pour laquelle il combat, son énergie et son intelligence. Ses voisins lui savent gré de ses efforts et de ses intelligentes initiatives, inspirées par l'intérêt général et les nécessités professionnelles. Les salonnards libéraux ne comprennent pas les choses ainsi, « Desfaudais est un raté. La-preuve c'est qu'il ne s'est pas fait donner une place ; et qu'il a été obligé de se faire fermier !»

L’année suivante, en avril 1914, toujours président des sections du Cantal, Desfaudais participe à une souscription de l’Action française « Pour la propagande du journal et contre l’or Juif. »

À suivre

Le Midi royaliste (journal)

 

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8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 00:01

Jean Baptiste Desmoulins naît le 10 septembre 1755 à Saint-Maur-des-Fossés (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Chicot et d’un père éponyme (comme son grand-père paternel), Jean Baptiste Desmoulins. Il est baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Nicolas, et a pour parrain Jean Baptiste Hanot, greffier de Saint-Maur. Ses parents vivent dans le village du Pont-de-Saint-Maur. Son père est huissier à verge au Chatelet de Paris.

Selon son dossier militaire, il fait une taille de cinq pieds trois pouces (1 m 60), a les cheveux blonds, et porte des marques de petite vérole (variole). Tout juste âgé de 16 ans, il s’engage dans les troupes de marine, rejoignant la 5e compagnie de canonniers le régiment de Bayonne du Corps royal d'artillerie de la marine en décembre 1771. Le corps a été constitué deux ans auparavant, sous l'impulsion du chevalier de André de Fautras d'Andreuil (1728-1814). Il est possible que son unité ait été mobilisée dans le cadre du corps expéditionnaire français lors de la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783).

Revenu à la vie civile, Jean Baptiste Desmoulins fils devient, comme son père, huissier au Châtelet de Paris. Il épouse en février 1783 à Saint-Maur, Marie Cuissot, originaire de Pécy (diocèse de Meaux, act. Seine-et-Marne).

Pour une raison qui ne ressort pas du compte-rendu qu’en fait Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le procureur fiscal Antoine Mélécot demande la révocation de Jean Baptiste Desmoulins fils de ses fonctions, chargeant le greffier en chef Jean Charles Hanot, son parrain, de l’exécution. Mais Jean Baptiste Desmoulins fils va poursuivre son activité au cours de la période révolutionnaire, étant toujours identifié comme huissier public à Saint-Maur en 1798.

Jean Baptiste Desmoulins participe probablement à « l’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » que se réunit, à partir du 18 octobre 1790, dans les appartements royaux du château de Vincennes. Son père, un des doyens d’âge des représentants de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, est un des scrutateurs de la réunion.

Après avoir vécu, comme ses parents, à Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage), les époux Jean Baptiste et Marie Desmoulins résident, à partir de l’an 4 (1796) rue Beaubourg, qui relève de la commune de Saint-Maur-des-Fossés pour les numéros pairs.

Père de sept enfants, Jean Baptiste Desmoulins est veuf depuis fructidor an 6 (septembre 1798). Il est vivant en 1810 au mariage de sa fille aînée Marie Hortense à Pont-de-Saint-Maur. Sans doute est-ce lui qui meurt le 14 janvier 1814 à Paris (3e arr.), noté dans les archives comme Jean Baptiste Demoulin, domicilié rue Sainte-Avoie. Il aurait alors été âgé de 58 ans.

L'ancien Chatelet de Paris (gravure)

 

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21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 00:01

François Antoine Cabis naît le 26 février 1808 à Ribeauvillé (Haut Rhin). Il est le fils de Catherine Krauss et de son époux, également nommé François Antoine Cabis, garde forestier. La famille, dont le nom est fréquemment orthographié Kavis, vit dans les villages voisins de Fortschwihr en 1809 puis de Kaysersberg en 1816. Le père meurt en décembre 1821 dans ce lieu, lorsqu’il a 13 ans et que la mère élève 8 enfants.

Engagé dans l’armée, vers 1827, il sert comme grenadier pendant cinq ans au sein du 52e régiment d'infanterie de Ligne. Il fait notamment la campagne des Dix-Jours (août 1831), pendant la belgo-néerlandaise. Le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier avait envahi la Belgique pour reconquérir les huit provinces qui avaient fait sécession le 4 octobre 1830. Avec l'armée expéditionnaire française, les forces belges repoussent l'assaut néerlandais.

Blessé à la jambe gauche pendant les combats, François Antoine Cabis réside en 1833 à Saint-Dié, sur le versant lorrain des Vosges. Pour son comportement pendant sa période sous les drapeaux, il est décoré de l’ordre belge de Léopold en mars 1833, parmi un groupe de 304 militaires français sont décorés pour leur comportement durant le siège d'Anvers. Il est ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre la même année.

François Antoine Cabis épouse en août 1834 à Ribeauvillé Marie Lochmannn (ou Lockmann), fille d’un autre grenadier, Jean Jacques Lochmannn (1778-1840), également chevalier de la Légion d’honneur. La famille est importante, puisque 11 enfants nés vivants sont répertoriés entre 1835 et 1852. Ils vivent dans le Haut-Rhin, à Hunawihr, Zellenberg, Sundhoffen et Réguisheim. Dans cette dernière ville, il obtient le bénéfice d’un débit de tabac.

Après l’annexion de la majeure partie de l’Alsace en 1871, la famille s’installe à Saint-Dié-des-Vosges, dans le quartier de Foucharupt. N’ayant pas de ressources personnelles et disposant d’une retraite limitée de 300 francs, il obtient des secours de la chancellerie.

En mars 1872, il s’installe à Lezay (Deux-Sèvres) avec son fils cadet, Xavier Ernest, où il reprend également un bureau de tabac. Il transfère la gestion de l’établissement à son fils peu après. Les époux Cabis optent en juillet 1872 à Lezay pour la nationalité française, refusant de devenir citoyens de l’empire allemand.

Début 1884, quittant les Deux-Sèvres, Marie et Antoine Cabis rejoignent Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit un autre de leurs fils, Eugène, sous-officier de gendarmerie. Ils vivent dans la caserne, rue de Paris.

Marie Cabis y décède en juin 1884. François Antoine Cabis meurt également à Joinville-le-Pont le 12 février 1885, à l’âge de 76 ans.

Son fils aîné, prénommé aussi François Antoine selon la tradition familiale, avait servi pendant 21 ans dans l’armée, notamment comme tambour-major, et était, comme lui, chevalier de la Légion d’honneur.

Un autre de ses fils, Eugène, chez lequel il vivait à Joinville, connaîtra un parcours moins glorieux. Il fit l’objet, en 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction, ce qu’il fit. Une partie du Bois de Vincennes, lieu du meurtre, fut dénommée « Bois Cabis » ; elle est aujourd’hui lotie et correspond à un espace situé à Joinville-le-Pont, autour des rues de la Paix et Aristide Briand, bordé par l’avenue Jean-Jaurès et la rue Chapsal.

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre

L’ancien Bois Cabis à Joinville-le-Pont

 

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Fils d’un ancien esclave, devenu conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intègre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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11 mars 2026 3 11 /03 /mars /2026 00:01

Victor Auguste Quillerou naît le 31 mars 1891 à Caen. Il est le fils Marie Catherine Le Rolland et de son mari François Marie Quillerou. Son père, qui était laboureur à Maël-Pestivien (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor), trois ans auparavant, est devenu employé du Chemin de fer de l’État et travaille à la gare principale de la préfecture du Calvados. La famille vit à proximité, rue de Vaucelles.

À 16 ans, Victor Quillerou, qui est d’assez petite taille (1 mètre 60), décide de s’engager dans la marine. Il signe un contrat en novembre 1907, alors qu’il aurait dû rejoindre le service militaire en 1912. Il est apprenti et devient mécanicien de 1ère classe en janvier 1910. Il passe treize mois en Indochine, d’octobre 1910 à novembre 1911 puis un mois au Maroc en septembre 1912.

Un grave incident marque l’année 1909. Blessé à la jambe, Victor Quillerou avait obtenu un congé de convalescence, qu’il passe dans sa famille à Caen. Le 2 avril, il se promène le soir en compagnie d’un élève-facteur à la gare, André Margantin et d’un garçon coiffeur, Louis Girault. Ils rencontrent un employé de la gare, Gabriel Langlois, qui titubait, complètement ivre, selon les comptes-rendus de presse. Les trois jeunes s’étaient emparés du montant de ses appointements touchés le jour même. Puis Louis Girault le poignarda. Il déclara ultérieurement qu'il avait voulu « essayer son couteau », qu’il avait acheté quelques jours plus tôt. Le 3 avril la brigade mobile, qui a été chargée de l’affaire, arrête Quillerou, Margantin et Girault.

Un procès est organisé à la Cour d'assises du Calvados en août 1909. Mais seul Louis Girault comparaît. Âgé de 18 ans, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Quillerou et Margantin ont probablement été mis hors de cause ; Quillerou retourne dans la marine et Margantin s’engage lui aussi, dès le mois de juin 1909, dans les troupes coloniales, servant notamment au Maroc. Ni le dossier militaire de Quillerou ni celui de Margantin ne contiennent de mention de condamnation, alors que la plupart du temps, les jugements sont mentionnés, même pour des amendes.

Quillerou est toujours dans la flotte au début de la première guerre mondiale. Il fait partie de l’équipage du cuirassé Marceau, mis en service en 1881 puis rénové en 1906, qui est alors utilisé comme navire-atelier et ravitailleur de sous-marins à Malte et à Corfou. Il est démobilisé fin décembre 1918.

Victor Quillerou rejoint son frère aîné Yves à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Polangis, avenue Jamin. Il épouse en janvier 1920 à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) Louise Victorine Roi, employée de commerce, dont les parents sont jardiniers dans cette ville.

Ils s’installent à 1922 Clichy-sur-Seine, rue des Cailloux, puis rejoignent la maison des beaux-parents à Asnières rue Saint-Denis avant de se fixer durablement rue Frère, dans la même cité. Victor Quillerou travaille comme chaudronnier pour la Société du Gaz puis pour l’entreprise Gnome & Rhône.

Victor Auguste Quillerou meurt le 3 octobre 1967 à Arpajon (‘Essonne). Il était retraité, veuf et père d’une fille. Il avait obtenu une médaille italienne pour sa participation à la première guerre mondiale.

Le cuirassé Marceau après sa rénovation en 1906 (Wikipédia)

 

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 00:01

Yves Marie Quillerou naît le 1er décembre 1888 à Maël-Pestivien (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Il est le fils de Marie Catherine Le Rolland et de son époux François Marie Quillerou, laboureur, qui vivent dans ce bourg bretonnant.

Peu après sa naissance, la famille gagne Caen où le père devient employé du Chemin de fer de l’État et travaille à la gare principale de la préfecture du Calvados. Ils vivent à proximité, rue de Vaucelles.

En 1908, Yves Quillerou séjourne au Mans (Sarthe) où il travaille comme comptable. Lors du recrutement pour le service militaire, il est réformé temporairement en octobre 1909 puis définitivement en août 1910 pour « faiblesse générale. »

À partir de 1909, il vit à Paris, d’abord dans le 14e arrondissement rue Vandamme, puis dans le 17e, rue Boursault. Il est employé comme mécanicien par les Machines Chambon entreprise fondée en 1887 pour la construction de machines d'emballage et d'impression.

Dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), Yves Quillerou épouse en décembre 1912 Germaine Léonie Chenu, employée comme sa mère, vivant rue de la Révolution-Française et dont le père a disparu.

Pendant la première guerre mondiale, Yves Quillerou est, en décembre 1914, repositionné comme « bon pour le service armé ». Cependant, il n’est pas envoyé dans les rangs des combattants, l’inspecteur des forges de Paris demandant son détachement à l’usine Chambon de la rue de Crimée, où il œuvre comme tourneur. Il reste dans cette fonction pendant la durée de la guerre ; en décembre 1918, il est transféré à l’usine Renard, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (5e arr.). Il est démobilisé en septembre 1919.

Il s’installe avec son épouse à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune riveraine de Saint-Maur, avenue Jamin, dans le quartier de Polangis. Son frère Victor le rejoint ; soldat dans les troupes coloniales, celui-ci avait, en avril 1909, été arrêté au cours d’une permission pour convalescence pour avoir été mêlé à un assassinat avec deux autres jeunes gens. Il ne sera cependant pas condamné pour ce fait et va exercer le métier de chaudronnier.

Lors des élections municipales de novembre 1919, Yves Quillerou est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Georges Laruelle (1884-1964), voyageur de commerce et conseiller municipal de Joinville-le-Pont, élu en 1912 puis démissionnaire pendant la guerre. Il figure en 18e position des 25 candidats. Les concurrents sont une liste radicale, conduite par Henri Vel-Durand et une liste d’union libérale et conservatrice. Lors du précédent scrutin, les radicaux dissidents (dont Vel-Durand) avaient fait l’union avec les conservateurs et les socialistes SFIO pour remporter la mairie face aux radicaux-socialistes officiels.

En 1919, au 1er tour, la liste Vel-Durand est en tête avec 45%, devant la SFIO à 29%. La droite, qui avait atteint 26% se retire avant le second tour. Les scores sont de 65% pour la liste radicale et 35% pour la SFIO, qui n’a pas d’élu. Quillerou avait recueilli 492 votes sur 1694 suffrages exprimés (soit 29%) pour 1715 votants et 2491 inscrits. Il obtient au deuxième tour 500 voix pour 1518 (33%) ; la participation est de 62%.

Après décembre 1920, la totalité des adhérents socialistes SFIO, dont Laruelle, passent au nouveau parti communiste.

Au cours de cette même année 1920, Yves Quillerou ouvre un magasin de quincaillerie, dans le quartier des Batignolles à Paris (17e arr.). Il va vivre un temps dans ce quartier, rue des Moines, puis revenir à Joinville vers 1932, toujours avenue Jamin. Son père, qui était redevenu cultivateur à Maël-Pestivien et était désormais veuf, le rejoint et meurt à Joinville en avril 1934.

Après la deuxième guerre mondiale, Yves Quillerou est employé de bureau. Il meurt le 11 janvier 1947 à Joinville-le-Pont dans son domicile de l’avenue Jamin. Il était âgé de 58 ans et père d’une fille.

Vue ancienne du village de Maël-Pestivien (noce)

 

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