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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie d’Arsène Boblet

Au déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, les élèves de l'école normale de gymnastique et d'escrime de Joinville-le-Pont rejoignent leur unité. Il en est de même pour les instructeurs et pour les cadres, dont le directeur Arsène Boblet. L’école ferme, mais réouvrira partiellement en 1916.

Le lieutenant-colonel Boblet rejoint le 118e régiment d'infanterie (RI) et prend le commandement de son unité sœur, le 318e RI, composé principalement de réservistes. Il est à la tête de son unité et, dès le premier engagement, le 26 août 1914 à Sailly-Saillisel (Somme), il est blessé d’une balle dans la poitrine. Malgré la gravité de la blessure, il reprend très vite son poste. Une citation, à l’ordre de la brigade en mars 1915, met en exergue le fait qu’il « a rejoint le front de la brigade 28 septembre, étant à peine guéri ». Il combat ensuite dans l’Aisne.

Après sa mutation au 262e RI en novembre 1914, Boblet participe en juin 1915 à la bataille de Quennevières à Moulin-sous-Touvent (Oise), dans le cadre des combats du Chemin des Dames.

En 1916, il embarque avec l’armée d’Orient et va participer aux batailles de Pisoderi-Florina ; en octobre puis de Gradesnica-Velisma en novembre, en Serbie. Il contribue ce même mois à la prise de Monastir (act. macédoine du Nord) puis au cours du premier semestre 1917 aux combats aux alentours. Nommé, à titre temporaire, colonel, en octobre 1916, il est confirmé dans le grade en décembre et se voit confier, en juillet 1917, le commandement des troupes d’infanterie de la 76e division.

Son comportement de mars à mai 1917lui vaut une citation à l’ordre du corps d’armée d’Orient : « A fait preuve des plus belles qualités militaires : courage, coup-d’œil, sang-froid et énergie. A apporté à la préparation des attaques dont il était chargé une méthode et une précision parfaites. A su communiquer à ses subordonnés la confiance qu’il avait dans le succès. »

Toujours dans les Balkans en septembre 1918, où l’on se bat encore nord de Monastir, il est de nouveau cité, à l'ordre de l'armée : « après s’être distingué dans les combats, a préparé, puis exécuté de vive force sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies le passage du Danube, opération rendue des plus délicates par le peu de moyens dont il disposait. »

Après la fin du conflit, le colonel Boblet est mis à la retraite et passe dans le cadre de réserve en septembre 1919. Il est promu, en juin 1923/ au grade de général de brigade. Il se voit confier une mission de « contrôleur des bénéfices de guerre ». Comme il touche, à ce titre, un traitement civil, il se voit privé de la solde des officiers généraux de réserve. Il conteste cette diminution, mais le Conseil d’État rejette sa requête en février 1930.

Jouissant toujours du prestige de son ancienne fonction de direction de l’école de Joinville et de l’expertise qu’il y a développée, le général Boblet assure une fonction de représentation pour l'Union des sociétés d'éducation physique et de préparation au service militaire de France (USEP). Ainsi, il la représente en novembre 1924 à Bar-le-Duc (Meuse) ou à Paris devant la Société de topographie à la Sorbonne en janvier 1925. Il participe, au côté d’Adolphe Chéron, ancien ministre, à l’assemblée générale de l’USEP en novembre 1925, toujours à Paris. Il est également présent en mars 1927 pour la fête des Jeunesses Laïques et Républicaines de France, qui rassemble près de 3 000 personnes au Gymnase Japy à Paris ; le mouvement est présidé par Émile Kahn, également secrétaire général de la Ligue des droits de l'homme.

Domiciliés en 1926 à Paris (16e arr.) dans le quartier d’Auteuil, rue La Fontaine, les époux Boblet s’installent, vers 1927, à Montbazon (Indre-et-Loire), rue Nationale, laissant l’appartement parisien à leur fille Étiennette et à leur gendre Marius Baleye, officier d’artillerie et décoré de la Légion d’honneur.

Arsène Boblet meurt le 5 octobre 1932 à Montbazon (Indre-et-Loire) où il résidait avec son épouse en 1931. Il était âgé de 71 ans et père de deux enfants.

L’Association des poilus d'Orient lui rend hommage en janvier 1933.

Décoré en mai 1916 de la Croix de guerre, Arsène Boblet est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1908 puis officier en mai 1916 et commandeur en juillet 1917. Il porte plusieurs décorations étrangères : ordre royal du Cambodge (mars 1907), ordre de l’épée de Suède, ordre de l'Étoile de Karageorge (Serbie), grand commandeur du Sauveur de Grèce. Dans le domaine civil, il a été distingué avec les Palmes académiques comme officier d'académie (juillet 1910) puis officier de l’instruction publique (février 1914) ainsi que par une médaille de bronze de la Mutualité (février 1906) suivie d’une médaille d’argent (août 1910).

Fin

Le colonel Boblet (à dr.) à Monastir (Macédoine du Nord, février 1917) avec le général Jacquemot (Arch. mil.)

 

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8 décembre 2025 1 08 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie d’Arsène Boblet

Arsène Henri Auguste Boblet naît le 18 décembre 1860 à Boursay (Loir-et-Cher). Il est le fils de Véronique Honorine Olivier et de son époux Louis Alphonse Boblet. Sa mère est cultivatrice, son père est meunier ; il exploite en 1866 le moulin de la Gaudinière, appelé actuellement de la Gaudinerie, édifice bâti au 13e siècle et qui fait l’objet d’un projet de rénovation, conduit en 2025 par la Fondation du patrimoine au titre du petit patrimoine rural lié à l’eau.

La famille réside en 1880 à Vendôme, où le père est grainetier. Pour sa part, Arsène Boblet est étudiant ecclésiastique, probablement au séminaire diocésain qui se trouve à Blois. À ce titre, il est dispensé de service militaire qu’il aurait dû effectuer en 1881.

Il renonce à cette disposition en mars 1882 et est affecté, comme soldat, au 131e régiment d'infanterie (RI)°. Il est nommé caporal en octobre puis sergent en novembre 1883. Après son admission à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), il signe en avril 1885 un engagement dans l’armée. Il sort de l’école, classé 30e sur les 450 élèves officiers, et est affecté comme sous-lieutenant au 76e RI.

Promu lieutenant en décembre 1889, il passe au 109e RI puis rejoint en août 1895 le 68e RI, basé à Issoudun (Indre) où il reçoit le grade de capitaine en novembre 1896.

Il épouse à Paris (9e arr.) Madeleine Louise Baillif, native de la Sarthe. Ils vivent en 1902 à Nanteuil (Deux-Sèvres), car il est revenu à l'école militaire d'infanterie de Saint-Maixent, en tant qu’instructeur.

Accédant en juin 1907 au grade de chef de bataillon, le commandant Boblet relève désormais du 104e RI. Tout en conservant cette affectation, il est nommé, en décembre 1909, directeur de l'école normale de gymnastique et d'escrime, établissement installé dans la partie du Bois de Vincennes qui appartient, à ce moment-là, à la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). L’ensemble du bois sera annexé à la Ville de Paris en 1929.

Jusqu’à l’été 1914, Arsène Boblet va rester en fonction dans l’école de Joinville, poste qui lui assure une visibilité certaine. Il est, à ce titre, désigné, en novembre 1912, pour intégrer la commission chargée de l'éducation physique au ministère de l’instruction publique.

La presse parisien apprécie le rôle de Boblet, « qui dirige avec compétence et tant de distinction l’École de Joinville ». Le président de la République, Raymond Poincaré lui adresse ses félicitations après une visite du stand de l’école en juin 1913, lors du Congrès international d’éducation physique qui a lieu à Paris.

En 1914, l’école de Joinville accueille une vingtaine de lieutenants (âgés 28 ans ou moins), une centaine de sous-officiers et une vingtaine de caporaux et soldats, pour des cours de cinq mois à l'issue desquels sont décernés des prix et des récompenses. Le cours d'escrime s’adresse à des brigadiers et sous-officiers déjà titulaires du brevet et dure onze mois. En outre, elle forme cette même année plus de 1500 instituteurs. Boblet s’efforce d’acclimater la méthode de gymnastique suédoise, segmentée et démonstrative. Il promeut une collaboration étroite avec la Ligue de l’enseignement et l’Union des sociétés de préparation militaire.

À suivre

Le moulin de la Gaudinerie à Boursay (Fondation du Patrimoine)

 

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