Jean Baptiste Desmoulins naît le 10 septembre 1755 à Saint-Maur-des-Fossés (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Chicot et d’un père éponyme (comme son grand-père paternel), Jean Baptiste Desmoulins. Il est baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Nicolas, et a pour parrain Jean Baptiste Hanot, greffier de Saint-Maur. Ses parents vivent dans le village du Pont-de-Saint-Maur. Son père est huissier à verge au Chatelet de Paris.
Selon son dossier militaire, il fait une taille de cinq pieds trois pouces (1 m 60), a les cheveux blonds, et porte des marques de petite vérole (variole). Tout juste âgé de 16 ans, il s’engage dans les troupes de marine, rejoignant la 5e compagnie de canonniers le régiment de Bayonne du Corps royal d'artillerie de la marine en décembre 1771. Le corps a été constitué deux ans auparavant, sous l'impulsion du chevalier de André de Fautras d'Andreuil (1728-1814). Il est possible que son unité ait été mobilisée dans le cadre du corps expéditionnaire français lors de la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783).
Revenu à la vie civile, Jean Baptiste Desmoulins fils devient, comme son père, huissier au Châtelet de Paris. Il épouse en février 1783 à Saint-Maur, Marie Cuissot, originaire de Pécy (diocèse de Meaux, act. Seine-et-Marne).
Pour une raison qui ne ressort pas du compte-rendu qu’en fait Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le procureur fiscal Antoine Mélécot demande la révocation de Jean Baptiste Desmoulins fils de ses fonctions, chargeant le greffier en chef Jean Charles Hanot, son parrain, de l’exécution. Mais Jean Baptiste Desmoulins fils va poursuivre son activité au cours de la période révolutionnaire, étant toujours identifié comme huissier public à Saint-Maur en 1798.
Jean Baptiste Desmoulins participe probablement à « l’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » que se réunit, à partir du 18 octobre 1790, dans les appartements royaux du château de Vincennes. Son père, un des doyens d’âge des représentants de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, est un des scrutateurs de la réunion.
Après avoir vécu, comme ses parents, à Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage), les époux Jean Baptiste et Marie Desmoulins résident, à partir de l’an 4 (1796) rue Beaubourg, qui relève de la commune de Saint-Maur-des-Fossés pour les numéros pairs.
Père de sept enfants, Jean Baptiste Desmoulins est veuf depuis fructidor an 6 (septembre 1798). Il est vivant en 1810 au mariage de sa fille aînée Marie Hortense à Pont-de-Saint-Maur. Sans doute est-ce lui qui meurt le 14 janvier 1814 à Paris (3e arr.), noté dans les archives comme Jean Baptiste Demoulin, domicilié rue Sainte-Avoie. Il aurait alors été âgé de 58 ans.
Jean Baptiste Desmoulins naît le 23 août 1728 à Saint-Maur-des-Fossés (prévôté de Paris, act. Val-de-Marne) ; il est baptisé le lendemain dans l’église de la paroisse Saint-Nicolas du bourg. Saint-Nicolas. Il est le fils de Jeanne Chaumont et de son époux Jean Desmoulins ; la famille vit dans le village du Pont-de-Saint-Maur, limitrophe de celui de Saint-Maur, et qui deviendra en 1831 Joinville-le-Pont.
Le père Jean Desmoulins (parfois désigné également comme Jean Baptiste) est officier de la Ville de Paris, un agent du pouvoir royal, qui agit sous les ordres de Gabriel Jérôme de Bullion, comte d'Esclimont, prévôt de Paris (1721–1752). Son propre père, François Desmoulins (v 1653-1718) exerçait déjà la même profession et résidait également Saint-Maur. Plusieurs personnes de leur entourage assurent des fonctions juridiques au Châtelet, le tribunal de Paris. C’est le cas des familles Bonot et Baudet, dont certains membres sont les parrains des enfants Desmoulins, notamment de Jean Baptiste et de sa sœur Jeanne Catherine, qui est parrainée par Jean Baudet, huissier à cheval au Chatelet, greffier, notaire, tabellion à Charenton.
À la mort de son père, en février 1738 à Saint-Maur, Jean Baptiste Desmoulins a 9 ans. Il semble avoir subi l’influence de son oncle par alliance Nicolas Cornu, garde des plaisirs du roi de la capitainerie de Vincennes (chargé de la surveillance et de la conservation du gibier dans les domaines royaux).
En mai 1751, Jean Baptiste Desmoulins, est procureur de la prévôté à Saint-Mandé, bourg situé de l’autre côté du parc de Vincennes par rapport à Saint-Maur. Il épouse en novembre 1754 à Villevaudé (act. Seine-et-Marne) Marie Anne Chicot, fille d’un maréchal-ferrant ; il est alors procureur au baillage de Saint-Maur.
Les Archives nationales conservent un acte de juin 1754 (publié par Georges Saouter, dans la revue Le Vieux Saint-Maur, parue en 1984) lequel intervient Jean Baptiste Desmoulins, procureur au baillage de Saint-Maur, résidant à Vincennes et faisant office de greffier. Marie Prout, veuve d’un vigneron Charles Louis Borgat, a été conduite chez Nicolas Cornu, vigneron au Pont-de-Saint-Maur, après avoir été victime d’un accident. La voiture de Charles Contour, vigneron à Vincennes, lui est passée dessus, du fait d’un écart de son cheval. L’audience se tient quatre jours plus tard, après audition des parties, des témoins et d’un médecin. Elle aboutit, selon un acte rédigé par Jean François Hanot, notaire et tabellion au baillage de Saint-Maur, en présence de Jean Baptiste Desmoulins, au désistement de la plaignante, qui reçoit en compensation 200 livres versés par Charles Contour. Ce dernier est le père de Jean Charles Contour (1750-1807), marchand de bois, qui sera maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en 1792, après que le village aura pris son indépendance de Saint-Maur.
Les sources ne citent pas son prénom, mais il est probable que l’avocat Desmoulins qui s’occupe de plusieurs affaires pour des corporations est Jean Baptiste. En 0761, il défend à Paris la communauté des maîtres queux et cuisiniers-traiteurs qui fait saisir des casseroles et autres ustensiles de concurrents irréguliers. En 1766, c’est au profit des maîtres boulangers que Me Desmoulins intervient.
À partir de 1769, Jean Baptiste Desmoulins est identifié comme « huissier à verge au Chatelet de Paris ». La verge, qui est fréquemment en ébène garni d'ivoire permet de signifier un acte officiel et d’exiger l'obéissance de la personne touchée. En juin de cette année, selon ce que rapporte Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le blanchisseur Nicolas Rousselle, marguillier de la fabrique (gestionnaire de la paroisse) l’accuse, dans le d’être un « coquin, voleur d'une somme de 28 livres 17 sols dans le cabaret de Jean Compoint ». Il veut le faire interdire de ses fonctions et plusieurs autres villageois se mêlent à la querelle. Les auteurs des injures publiques présenteront des excuses.
Répertorié dans sa fonction d’huissier dans l’État de la magistrature en France (Duhamel, 1788), Jean Baptiste Desmoulins est toujours présenté comme exerçant la fonction en 1798.
La révolution française fait de lui un « citoyen actif » de la nouvelle commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, nom adopté par la municipalité qui se constitue en septembre 1790. Le village du Pont-de-Saint-Maur disposait d’un rôle de taille (impôts) particulier, mais restait rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Le directoire du département a admis cette séparation, et un premier maire, le marchand de bois Edme Lheureux, est élu.
Le village est rattaché au canton de Vincennes (avec Fontenay et Saint-Mandé), contrairement à Saint-Maur, qui participe à celui de Charenton. « L’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » se réunit, à partir du 18 octobre 1790 dans les appartements royaux du château de Vincennes. Pierre Langlois en fait le récit dans le bulletin CLIO 94 (1989). Au côté du maire de Saint-Mandé, Edme Gabriel Gendron, désigné comme président provisoire en tant que doyen et du greffier de Vincennes, deux scrutateurs sont désignés, « au bénéfice de l’âge » et parce qu’ils « savent parfaitement lire et écrire » ; l’un vient de Fontenay et l’autre de Pont-de-Saint-Maur. Il est désigné comme « Desmoulins père », certainement parce que son fils éponyme est également présent dans l’assemblée où l’on compte plus de 240 participants. L’assemblée a commencé à 9 heures du matin pour élire d’abord son président définitif. À 20 h, le président de séance se retiré, se disant fatigué, remplacé par Denis Antoine Paul Dallet, chanoine de la Sainte-Chapelle de Vincennes. Peu après, les deux scrutateurs se déclarent fatigués et demandent à être remplacés. Desmoulins cède alors sa place au secrétaire de la municipalité du Pont-de-Saint-Maur Nicolas Jacques Spycket, tandis que le maire Edme Lheureux est désigné en tant qu’assistant.
L’assemblée primaire était la structure véritablement politique, qui devait décider des représentants aux niveaux supérieurs, la municipalité ayant eu, dans une première phase, un rôle plus administratif. Jean Baptiste Desmoulins peut donc être considéré comme ayant été le premier habitant de la commune (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) a avoir exercé une fonction politique.
En l’an 10 (1802), les époux Jean Baptiste et Marie Anne Desmoulins vivent dans le village de Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage, Joinville-le-Pont). Il est recensé comme rentier.
Jean Baptiste Desmoulins meurt le 20 nivôse de l’an 11 (10 janvier 1803) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est rentier et âgé de 75 ans. Ce sont deux notables du village qui déclarent son décès : Jean Victor Bainville, artisan du bâtiment, et Jean Louis Ambelouis garde de la porte du Bois de Vincennes.
Père de cinq enfants, son fils aîné éponyme, Jean Baptiste Desmoulins, devient lui aussi huissier, après avoir servi dans la marine de guerre.
Elépo Adelakun (aka Elepo) est probablement né au cours des années 1780, à Iyé selon plusieurs historiens dont, en France, Paul Marty dans son Étude sur l’islam au Dahomey. Il faut peut-être identifier cette localité avec Ijaiye, ville du royaume d’Oyo (act. État d’Osun, Nigéria), de peuplement Yorouba, qui constitua une entité séparée entre 1836 et 1861. Dans le sud-ouest de l’actuel Nigéria, on trouve également deux autres localités qui peuvent l’avoir vu naître, Ile Elépo ou Ilé-Ifé (act. État d’Osun).
Selon la tradition familiale, Elépo serait issu d’une branche de la famille royale Yorouba. Son nom fait référence à Exu-Elepô, dieu du palmier à huile dans la religion traditionnelle Yorouba.
Devenu chef de son village, qui dépendait du royaume d'Ibadan, Elépo aurait voulu au début du 19e siècle, s’en émanciper, et pour cela il fait allégeance au roi d'Oyo, alors en conflit avec celui d'Ibadan. Les troupes d'Ibadan détruisirent le village et vendirent la plupart de ses habitants aux négriers européens de la côte, probablement à ceux de Ouidah (royaume de Porto-Novo, act. Bénin).
Ayant changé d’allégeance et devenu un chef militaire respecté du royaume d’Ibadan, Elépo permet à la ville de résister à un siège par les peuls, maîtres de la ville d’Ilorin, en 1837, au cours duquel il est blessé. Pour l’historien des Yoroubas, Samuel Johnson, Elépo fut « le plus grand général produit par la ville d’Ibadan », vainqueur notamment de la bataille d’Osogbo.
Après des complots contre lui de l’aristocratie d’Ibadan, Elépo, rompt avec les dirigeants du royaume et part avec un millier d’hommes à Ipara. Il s’installe ensuite à Ijaiye et aurait été tué, vers 1840, des suites de combats contre les alliés d’Ibadan.
Son fils unique, Odio, fut parmi les captifs après la prise de son village natal ; embarqué pour le Brésil, il y il est vendu comme esclave en 1810. Il y sera renommé José Piquino Paraïso et reviendra en 1849 sur la côte de Dahomey (act. Bénin). Il est esclave du roi de Porto-Novo qui l’affranchit et en fait son conseiller, après qu’Elépo a refusé de reprendre le titre de son père. Ses descendants, sous le nom de Paraïso, sont fort nombreux, au Bénin, en France mais également en Afrique de l’Ouest et Centrale francophone, aux États-Unis et au Canada.
Deux souverains traditionnels d'Osogbo ont porté le nom d’Elépo : Elépo Ier (1901-1907) et son fils Elépo II (1952-1966).
Louis Philippe Huardeau naît le 2 février 1754 à La Varenne et est baptisé dans l’église Saint-Hilaire. Il est le fils de Marie Marguerite Prunier et de son époux Louis Aimable Huardeau, voiturier. Le hameau de La Varenne Saint-Hilaire occupe la majeure partie du territoire de la presqu’île de Saint-Maur-des-Fossés ; il est annexé en 1790 par cette dernière commune (act. Val-de-Marne).
Devenu voiturier comme son père, Louis Huardeau épouse en avril 1782, à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, Marguerite Bizouard. Les époux ne savent pas signer.
Au début de la révolution française de 1789, les époux vivent dans le village de Pont-de-Saint-Maur, qui dépend également de la paroisse Saint-Nicolas mais se constitue, en novembre 1790, en tant que commune distincte sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et deviendra, en 1931, Joinville-le-Pont.
Lors de la mise en vente en brumaire an 5 (novembre 1796) des biens nationaux, qui appartenaient antérieurement à des aristocrates ayant quitté le territoire ou à des congrégations religieuses, quatre résidents de la commune se portent acquéreurs pour un total de sept hectares de terres. Parmi eux, Edme Lheureux (1733-1798) cultivateur et marchand de bois, premier maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (1790-1792), Jean Acher (1752-1837), épicier puis marchand de bois, procureur, agent municipal faisant fonction de maire (1795-1800) et Jacques Roch Vingdlet (1754-1824), carrier, conseiller municipal, adjoint et maire (1790-1824). Louis Huardeau, acquiert trois arpents de terre (soit un hectare et demi) au prix de quatre livres.
La famille Huardeau réside rue du Pont, une des principales artères du village où se trouve la mairie et une chapelle, Saint-Léonard.
Au cours des années 1810, la famille vit de nouveau dans le bourg de Saint-Maur. Louis Huardeau meurt le 27 février 1823 dans cette commune. Il était âgé de 79 ans et son épouse avait donné naissance à treize enfants, dont six ou sept sont morts en bas âge.
Claude Pierre Aubert naît vers 1732 à Précy-sur-Marne (act. Seine-et-Marne) ; il est baptisé dans la paroisse Saint-Pierre de Précy, qui dépend du diocèse de Meaux. Il est le fils de Catherine Boulet (ou Boullé) et de son époux Pierre Aubert.
Claude Pierre Aubert épouse en novembre 1773 en l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés (act. Val-de-Marne) Geneviève Poirier, d’une vingtaine d’années sa cadette ; ils auront six enfants.
La famille réside rue Saint-Maur, dans le village de Pont-de-Saint-Maur, qui se constitue en tant que commune séparée en novembre 1790 et prend le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Pierre Aubert exerce la profession de journalier (ouvrier ou artisan travaillant à la tâche, en général dans l’agriculture ou le transport de marchandise).
Aubert participe en tant que notable à la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur constituée en l’an 2 (4 avril 1793).
La commune, qui avait 409 habitants en l’an 3, a une administration composée de cinq membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de six personnes formant le conseil municipal exécutif, autour du maire. Pendant le mandat de Pierre Aubert, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy (22 pluviôse an 2 - 10/02/1794).
À partir du 4 frimaire an 3 (23/11/1794), Aubert est signalé comme exerçant la fonction d’agent national, qui était précédemment celle de Jean Guigneré.
L’agent national est instauré le 28 brumaire an 2 (18/11/1793) par Jacques Nicolas Billaud-Varenne au nom du Comité de salut public. Il représente le gouvernement révolutionnaire auprès de la commune, en remplacement du procureur.
Suivant l'article 14 du décret du 4 frimaire an II, l’agent national est « chargé de requérir et de poursuivre l'exécution des lois, ainsi que de dénoncer les négligences apportées dans cette exécution, et les infractions qui pourraient se commettre ». Il doit parcourir son territoire, pour surveiller et s'assurer que les lois sont exactement exécutées. Il a une fonction de contrôle aussi bien des autorités constituées que des particuliers. Après la chute de Robespierre le 9 thermidor an 2 (27/07/1794), les agents nationaux sont supprimés le 28 germinal an 3 (17/04/1795).
Un certain « Charles Aubert » est mentionné comme notable, membre de la municipalité élue en fructidor an 9 (août 1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il est noté comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert dans l’armée ou a été envoyé en mission. Il s’agit vraisemblablement de Pierre Aubert, seul de son nom (avec sa fille) à être recensé en l’an 10 dans la commune.
Pierre Aubert meurt le 10 avril 1807 à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il avait environ 74 ans. Son décès est déclaré par son neveu Jean Mathurin Lemaire, 36 ans, marchand épicier, qui deviendra huit années plus tard maire de la commune, et par Edme Lheureux, 38 ans, journalier, fils d’un ancien maire, Nicolas Lheureux, et neveu d’un autre ancien maire, Edme Lheureux.
Jacques Nicolas Billaud-Varenne, dit « le Tigre » (1753-1819), créateur des agents nationaux
Hyacinthe René Miot naît le 5 messidor an 3 (24/06/1795) à Paris. Il est le fils d’Adélaïde Joséphine Arcambal et de son époux, André François Miot. Ses parents sont tous deux originaires de Versailles (act. Yvelines). Son père, haut fonctionnaire au ministère de la guerre, avait échappé de peu à une arrestation en août 1792. Rentré dans la carrière après la fin de la Terreur, il devient secrétaire général du ministère des affaires étrangères puis ministre, sous l’appellation de commissaire aux relations extérieures (an 3 – an 4). Il rejoint ensuite différents postes diplomatiques en Italie à Florence, Rome et Turin, mène plusieurs missions en Corse et en Hollande, redevient ministre, mais cette fois dans le Royaume de Naples où il est fait comte de Mélito par le souverain, Joseph Bonaparte en 1808. René devient en conséquence le chevalier de Mélito. La famille suit le roi Joseph qui accède à un nouveau trône, celui d’Espagne ; le père est surintendant de la maison royale, tandis que la mère est Dame du palais de la princesse.
Après la défaite de l'armée française de Napoléon à la bataille de Vitoria, le 21 juin 1813, la famille quitte l’Espagne avec les Bonaparte. Les Mélito s’installent dans une propriété qu’ils acquièrent en 1814 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), le château de Polangis.
René Miot de Mélito s’engage dans l’armée, servant comme sous-lieutenant dans la cavalerie. Après le retour de Napoléon Ier de l’île d’Elbe, où il avait été exilé, René Miot est aide de camp du général Jamin de Bermuy, époux de sa sœur. Il se fait, selon ses biographes, « remarquer par ses qualités brillantes » et est créé chevalier de la Légion d’honneur.
Il combat pendant la bataille de Waterloo (Belgique) en juin 1815. Il est au côté du général Jamin, qui est tué, et lui-même est grièvement blessé. Il retourne dans la demeure familiale du château de Polangis. Le comte de Miot de Mélito raconte son retour le 23 juin : La blessure de mon fils, qui, au jugement des gens de l'art, quoique grave, n'avait pas, dans le premier moment, paru mortelle, prenait de jour en jour un aspect plus inquiétant. L'os des iles [iliaque, des hanches], qu'on n'avait pas cru attaqué, l'avait été ; la gangrène s'y manifesta, et après avoir langui pendant près de six mois, malgré tous les soins et tous les secours qui lui furent prodigués, il expira le 5 décembre 1815. Il n'avait pas encore atteint sa vingtième année, quand il reçut le coup mortel sur le champ de bataille de Waterloo. »
Selon le registre d’état-civil, Hyacinthe René Miot, chevalier de Mélito, membre de la Légion d’honneur, lieutenant de cavalerie, est décédé le 6 décembre 1815 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, au château de Polangis. Il est inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.
Anne Adélaïde Favray naît le 16 février 1783 à Paris, paroisse Saint-Barthélemy (île de la Cité). Elle est la fille de Marie-Étiennette Renault et de son époux Jean-François Favray, miroitier opticien. La famille vit quai de l’Horloge.
En mars 1808, toujours domiciliée chez ses parents, elle épouse Charles Pierre Chapsal qui se déclare alors employé et devient un grammairien et auteur célèbre en publiant, en 1817, une Nouvelle grammaire française, qui va connaître un grand succès et assurer la richesse du couple. Anne Adélaïde aurait été une ancienne élève de Charles Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand ; l’établissement n’était pas mixte, mais Chapsal avait peut-être des élèves privés.
Le couple vit rue de la Cerisaie (4e arr.) puis boulevard Beaumarchais (3e arr.). au cours du mois de septembre 1835, ils acquièrent une résidence secondaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune alors rurale sur les bords de Marne. Le château de Polangis, situé sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, appartient alors à Jean-Claude Moynat Jean Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9, puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837).
Inscrit sur la liste censitaire des électeurs de la commune de Joinville en 1837, Charles Pierre Chapsal figure alors en 49e position sur 61, par ordre de revenu. Mais en 1838, il est l’électeur le plus imposé et le restera jusqu’en 1848. Élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1840, il provoque en 1843 le renversement du maire en place Laurent Nicolas Pinson, et prend sa place jusqu’en 1848 ; il est à nouveau élu en 1852 jusqu’à sa mort en 1858 et siège en outre au conseil d’arrondissement à partir de 1855.
La commune de Joinville était une des rares du département à ne pas disposer d’un établissement de culte paroissial. Une église est construite à partir de 1856 sur des plans de l'architecte Claude Naissant, avec un financement communal et un prêt sans intérêt des époux Chapsal. Inaugurée en 1860, après la mort de Charles Pierre Chapsal en janvier 1858, elle prend le nom de « Saint-Charles-Borromée ». Dans les vitraux, on trouve des représentations de saint Charles Borromée et de sainte Adélaïde. Plus tard, la deuxième église de la ville, située sur le territoire de Polangis, portera le nom de Sainte-Anne (1910).
Restée seule propriétaire du domaine de Polangis, Anne Adélaïde Chapsal y vit en compagnie d’Auguste Courtin (1825-1908), fils naturel de Charles Pierre Chapsal, dont elle fera son fils adoptif ; il est élu maire de Joinville après le décès de Charles Pierre Chapsal. Il avait figuré dans les recensements communaux de Joinville sous le nom d’Émile Chapsal. Anne Adélaïde et Charles Pierre Chapsal avaient eu un enfant ensemble, François Charles Chapsal (1809-1831), mort à Hyères (Var) lors d’un déplacement en février 1831.
La veuve Chapsal continue une activité caritative, qui était celle du couple, par exemple en souscrivant en faveur de victimes d’inondations en novembre 1866.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le territoire de Polangis est, avec celui adjacent du Tremblay, le lieu de la bataille de Champigny. Toute la population de Joinville quitte le territoire. Le château de Polangis, qui a été vidé de ses meubles, devient le logis du général Ducrot, qui tente d’assurer la défense de l’Est de la capitale ; il y tient un conseil de guerre le 30 novembre 1870. La veuve Chapsal avait, en septembre 1870, participé à une souscription de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) organisée par la commune de Joinville-le-Pont ; elle fournir une aide de 1 000 francs, équivalente à celle de l’ensemble du conseil municipal, sur les 3 029 francs récoltés dans la ville.
Anne Adélaïde Chapsal meurt le 16 février 1880 à Joinville, jour de son 97e anniversaire, dans son château de Polangis. Son décès est déclaré par son adoptif Joinville, Auguste Courtin, et par Jules Guillet (1831-1905), vétérinaire militaire en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et exploitant de la ferme du domaine de Polangis. Elle est inhumée au cimetière de Joinville. Une rue de la commune porte le nom de « rue Chapsal ».
Par testament, Anne Adélaïde Chapsal lègue l’importante somme de 36 000 francs qui est répartie également entre le bureau de bienfaisance de Joinville-le-Pont, la fabrique de l'église de Saint-Charles-Borromée et la commune. En octobre 1911, lors de l’inauguration d’un agrandissement de la mairie de Joinville, une plaque est apposée pour les « bienfaiteurs de la commune » ; la veuve Chapsal y figure chronologiquement en troisième position, son mari étant le premier en date.
Un an après le décès, en février 1881, Auguste Courtin, héritier unique du château de Polangis, vend le domaine à la Société immobilière de Polangis, qui va le lotir et démolir le château en 1904.
Auguste Courtin avait démissionné, en cours de mandat, de ses fonctions municipales en 1876 et quitté Joinville l’année suivante. Il s’installe à Salbris (Loir-et-Cher), où il acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et devient, en 1884, maire de Salbris, fonction qu’il exerce jusqu’en 1900. Il siège de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher. Son fils André Courtin (1859 - après 1942), né au château de Polangis, ingénieur agronome, exploitant agricole devient aussi maire libéral de Salbris (1900-1912) et élu départemental (1901-1907) ; syndicaliste et mutualiste, il est chevalier de la Légion d’honneur.
Marie Arabelle Slooper naît vers 1780 à Rumford, dans l’Essex, en Angleterre. Son nom est généralement écrit Sloper, mais également parfois Hoper. Elle utilisera quant à elle la graphie Slooper. Elle est la fille de William Sloper et de son épouse Marguerite Bell.
Au moment de son décès, le registre d’état-civil mentionne qu’elle est née « aux Indes ». Il est possible que son père soit l’officier anglais se rendant aux Indes, qui a procédé à la « Capture de deux noirs malais fugitifs de l’Ile de France » (act. Île Maurice). Une correspondance est envoyée à ce sujet par le poste français au Cap de Bonne-Espérance (act. Afrique-du-Sud) en direction du bureau des Colonies rattaché au secrétariat d'État à la Marine.
En août 1818, Marie Arabelle Slooper, qui est protestante, est mariée avec Jean Grillard.
En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,
Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.
Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.
Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.
En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an 9, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834 ; il est aussi père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.
Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon. Jean Grillard devient maire du village en 1826 et meurt en avril 1828.
Seule héritière de Jean Grillard, Marie Arabelle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle dispose de fonds à hauteur de 289 680 francs.
Marie Arabelle épouse en mai 1829 à Paris (10e arr.) un notaire, Gilbert Juge. Ils s’installent à Ollainville, dans la maison de La Roche, où ils ont trois domestiques à demeure. Son second mari y décède en novembre 1849.
Au début des années 1850, Marie Arabelle séjourne dans ses deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université. Elle négocie des prêts et acquiert d’autres biens immobiliers à Paris, comme une maison rue Lemercier, dans le quartier Batignolles-Monceau et un hôtel rue de Londres. Elle achète également des terres à Ollainville.
Marie Arabelle Slooper meurt le 9 octobre 1856 à Soisy-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne), village à 25 kilomètres d’Ollainville. Elle était deux fois veuve, âgée d’environ 76 ans et n’avait pas eu d’enfant.
Jean Grillard, qui a 61 ans en 1828, est donc né vers 1760 ou 1761 à Versailles, selon les archives de l’Essonne. Peut-être faut-il l’assimiler à Jean Louis Grillard, né le 11 avril 1760 à Versailles (act. Yvelines), fils de Françoise Lejeune et Jean Baptiste Grillard, marchand de vin. Il est baptisé le même jour dans la paroisse Notre-Dame. Plusieurs sources orthographient son patronyme comme Gaillard ou Gullard, mais la forme Grillard est confirmée par les archives départementales de l’Essonne (état-civil) comme celles du Val-de-Marne (cadastre).
À une date inconnue, Jean Grillard se marie avec Marie Arabelle Slooper, originaire d’Angleterre et qui a très probablement vécu en Inde.
En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,
Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.
Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.
Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.
En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834, et père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.
Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon.
En 1826, Jean Grillard prend la succession d’Auguste Accoyer et devient maire d’Ollainville, commune rurale qui compte alors environ 475 habitants.
Jean Grillard meurt le 22 avril 1828 à Ollainville, dans son domicile du hameau de la Roche, il est noté sur l’état-civil communal comme âgé de 62 ans, propriétaire et maire. Son épouse, Marie Arabelle Slooper, est sa seule héritière. Elle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle récupère des fonds à hauteur de 289 680 francs. Ils semblent ne pas avoir eu d’enfants.
Un nouvel investissement patrimonial, avec une dimension économique, est fait par les époux Pierre Claude et Marie Louise Pajol en 1821. Ils achètent, pour 40 000 francs, les reste de l’ancienne abbaye du Paraclet à Quincey, act. Ferreux-Quincey, Aube). Fondée en novembre 1131 par Abélard (1079-1142), philosophe et théologien chrétien, elle a eu pour première abbesse son épouse, Héloïse (1092-1164). Ancienne élève d’Abélard et mère de leur enfant Astrolabe, Héloïse fut d’abord une intellectuelle en vue dans le Paris du 12e siècle, puis une écrivaine réputée, notamment pour ses lettres à Abélard qui, châtré du fait de leur liaison scandaleuse, vivait dans un monastère à Nantes. Héloïse fut enterrée au Paraclet, puis les reste d’Abélard y furent transportés à la fin du 15e siècle. L’abbaye, restée prestigieuse, fut fermée pendant la Révolution française le 14 novembre 1792, les ossements d’Héloïse et d’Abélard étant transférés ; ils reposent désormais dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Le domaine du Paraclet, vendu en novembre 1792 comme « bien d’émigré » au domestique d’un curé, appartient ensuite à un notaire, qui commence à démolir l’église, puis à un fripier parisien qui continue la destruction. Le comédien et directeur de théâtre, Jacques-Marie Boutet de Monvel (1745-1812), l’achète en 1794 et aménage la demeure abbatiale, restée debout, pour l’habiter. La famille de Monvel cède le domaine lors d’une vente aux enchères.
Les époux Pajol font entourer l’ancien tombeau d’une plantation funéraire et y élèvent une colonne votive, en forme d’obélisque, indiquant l’endroit où avaient reposé les restes d’Héloïse et d’Abélard. Marie Louise Pajol s’occupe de l’aménagement des lieux.
Dans l’ancien moulin, au bord de la rivière Ardusson, dans la commune Saint-Aubin, une fabrique de limes et de matériel agricole est établie en 1823. L’aciérie est constituée sous forme de société, dont Pajol est un des associés ; elle vit assez difficilement. Pajol tente de s’inspirer de méthodes qu’il va voir en 1826 en Angleterre, mais l’entreprise fait faillite. Il rachète le moulin en septembre 1830 et vend la ferme au baron Charles Walckenaer. En décembre 1831, la comtesse Pajol obtient par ordonnance royale le droit de transformer l’ancienne aciérie en un moulin à blé et à huile.
En juillet 1830, après la démission du roi Charles X, le comte Pajol est rappelé, avec la fonction de lieutenant-général, pour empêcher les tentatives de résistance des royalistes légitimistes. Il se rend à Rambouillet, où le souverain est installé et l’accompagne dans son départ vers l’étranger. La famille vit de nouveau en région parisienne.
Arrivant d'Asie une épidémie de choléra se propage rapidement à partir de la fin du mois de mars 1832. Elle touche une grande partie de l’Europe dans les mois et années qui suivent. En région parisienne, 18 000 personnes meurent de la maladie selon les estimations médicales, principalement des personnes de milieux populaires. Cependant, elle touche également une partie de l’élite, comme par exemple Casimir Périer, président du conseil des ministres. La comtesse Pajol, décède de la maladie en avril 1832 à Paris.
Le général Pajol et ses deux fils de la comtesse Marie Louise vendent en 1835 le domaine du Paraclet au baron Charles Walckenaer, dont la famille y réside toujours en 2025.
Il est intégré à la Chambre des pairs en novembre 1831 et il y vote constamment en faveur du gouvernement. Conservant sa lieutenance, Pajol réprime énergiquement les émeutes de février 1831, juin 1832 et avril 1834. Il est mis à la retraite en octobre 1842, alors qu’il a 70 ans.
Il était père de trois enfants ; sa fille mourut jeune, tandis que ses deux fils Pajol devinrent généraux. L’aîné, Charles ; Pajol, fut également sculpteur. Il est l’auteur du mausolée, érigé en 1878, où est sa sépulture à Nozeroy.
Le nom du général Pajol est gravé sur l'Arc de Triomphe de la place de l’étoile Charles-de-Gaulle à Paris. Il est décoré de la Légion d'honneur comme chevalier (décembre 1803), officier (juin 1804), commandant (avril 1809), grand officier (février 1814), grand aigle (uin1815) puis grand cordon (août 1830). Il a été fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il détient aussi plusieurs décorations étrangères, figurant dans l’ordre du Lion de Bavière, celui de Maximilien-Joseph de Bavière, ainsi que ceux de l'Aigle blanc (Pologne) et de l'Épée de Suède. Une rue a été dénommé Pajol à Paris (18e arr.) et une autre à Melun (Seine-et-Marne) ; la ville de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) a également une rue du Général Pajol.
Une statue de Pierre Claude Pajol, due à son fils, avait été dressée à Besançon ; elle a été statue fondue en 1942. Un de ses portraits est exposé dans la mairie de Besançon, un autre au château de Compiègne.