Anne Adélaïde Favray naît le 16 février 1783 à Paris, paroisse Saint-Barthélemy (île de la Cité). Elle est la fille de Marie-Étiennette Renault et de son époux Jean-François Favray, miroitier opticien. La famille vit quai de l’Horloge.
En mars 1808, toujours domiciliée chez ses parents, elle épouse Charles Pierre Chapsal qui se déclare alors employé et devient un grammairien et auteur célèbre en publiant, en 1817, une Nouvelle grammaire française, qui va connaître un grand succès et assurer la richesse du couple. Anne Adélaïde aurait été une ancienne élève de Charles Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand ; l’établissement n’était pas mixte, mais Chapsal avait peut-être des élèves privés.
Le couple vit rue de la Cerisaie (4e arr.) puis boulevard Beaumarchais (3e arr.). au cours du mois de septembre 1835, ils acquièrent une résidence secondaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune alors rurale sur les bords de Marne. Le château de Polangis, situé sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, appartient alors à Jean-Claude Moynat Jean Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9, puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837).
Inscrit sur la liste censitaire des électeurs de la commune de Joinville en 1837, Charles Pierre Chapsal figure alors en 49e position sur 61, par ordre de revenu. Mais en 1838, il est l’électeur le plus imposé et le restera jusqu’en 1848. Élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1840, il provoque en 1843 le renversement du maire en place Laurent Nicolas Pinson, et prend sa place jusqu’en 1848 ; il est à nouveau élu en 1852 jusqu’à sa mort en 1858 et siège en outre au conseil d’arrondissement à partir de 1855.
La commune de Joinville était une des rares du département à ne pas disposer d’un établissement de culte paroissial. Une église est construite à partir de 1856 sur des plans de l'architecte Claude Naissant, avec un financement communal et un prêt sans intérêt des époux Chapsal. Inaugurée en 1860, après la mort de Charles Pierre Chapsal en janvier 1858, elle prend le nom de « Saint-Charles-Borromée ». Dans les vitraux, on trouve des représentations de saint Charles Borromée et de sainte Adélaïde. Plus tard, la deuxième église de la ville, située sur le territoire de Polangis, portera le nom de Sainte-Anne (1910).
Restée seule propriétaire du domaine de Polangis, Anne Adélaïde Chapsal y vit en compagnie d’Auguste Courtin (1825-1908), fils naturel de Charles Pierre Chapsal, dont elle fera son fils adoptif ; il est élu maire de Joinville après le décès de Charles Pierre Chapsal. Il avait figuré dans les recensements communaux de Joinville sous le nom d’Émile Chapsal. Anne Adélaïde et Charles Pierre Chapsal avaient eu un enfant ensemble, François Charles Chapsal (1809-1831), mort à Hyères (Var) lors d’un déplacement en février 1831.
La veuve Chapsal continue une activité caritative, qui était celle du couple, par exemple en souscrivant en faveur de victimes d’inondations en novembre 1866.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le territoire de Polangis est, avec celui adjacent du Tremblay, le lieu de la bataille de Champigny. Toute la population de Joinville quitte le territoire. Le château de Polangis, qui a été vidé de ses meubles, devient le logis du général Ducrot, qui tente d’assurer la défense de l’Est de la capitale ; il y tient un conseil de guerre le 30 novembre 1870. La veuve Chapsal avait, en septembre 1870, participé à une souscription de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) organisée par la commune de Joinville-le-Pont ; elle fournir une aide de 1 000 francs, équivalente à celle de l’ensemble du conseil municipal, sur les 3 029 francs récoltés dans la ville.
Anne Adélaïde Chapsal meurt le 16 février 1880 à Joinville, jour de son 97e anniversaire, dans son château de Polangis. Son décès est déclaré par son adoptif Joinville, Auguste Courtin, et par Jules Guillet (1831-1905), vétérinaire militaire en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et exploitant de la ferme du domaine de Polangis. Elle est inhumée au cimetière de Joinville. Une rue de la commune porte le nom de « rue Chapsal ».
Par testament, Anne Adélaïde Chapsal lègue l’importante somme de 36 000 francs qui est répartie également entre le bureau de bienfaisance de Joinville-le-Pont, la fabrique de l'église de Saint-Charles-Borromée et la commune. En octobre 1911, lors de l’inauguration d’un agrandissement de la mairie de Joinville, une plaque est apposée pour les « bienfaiteurs de la commune » ; la veuve Chapsal y figure chronologiquement en troisième position, son mari étant le premier en date.
Un an après le décès, en février 1881, Auguste Courtin, héritier unique du château de Polangis, vend le domaine à la Société immobilière de Polangis, qui va le lotir et démolir le château en 1904.
Auguste Courtin avait démissionné, en cours de mandat, de ses fonctions municipales en 1876 et quitté Joinville l’année suivante. Il s’installe à Salbris (Loir-et-Cher), où il acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et devient, en 1884, maire de Salbris, fonction qu’il exerce jusqu’en 1900. Il siège de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher. Son fils André Courtin (1859 - après 1942), né au château de Polangis, ingénieur agronome, exploitant agricole devient aussi maire libéral de Salbris (1900-1912) et élu départemental (1901-1907) ; syndicaliste et mutualiste, il est chevalier de la Légion d’honneur.
Tombe Chapsal au cimetière de Joinville
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Voir aussi :
Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)
Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)
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