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8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 00:01

Anne Adélaïde Favray naît le 16 février 1783 à Paris, paroisse Saint-Barthélemy (île de la Cité). Elle est la fille de Marie-Étiennette Renault et de son époux Jean-François Favray, miroitier opticien. La famille vit quai de l’Horloge.

En mars 1808, toujours domiciliée chez ses parents, elle épouse Charles Pierre Chapsal qui se déclare alors employé et devient un grammairien et auteur célèbre en publiant, en 1817, une Nouvelle grammaire française, qui va connaître un grand succès et assurer la richesse du couple. Anne Adélaïde aurait été une ancienne élève de Charles Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand ; l’établissement n’était pas mixte, mais Chapsal avait peut-être des élèves privés.

Le couple vit rue de la Cerisaie (4e arr.) puis boulevard Beaumarchais (3e arr.). au cours du mois de septembre 1835, ils acquièrent une résidence secondaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune alors rurale sur les bords de Marne. Le château de Polangis, situé sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, appartient alors à Jean-Claude Moynat Jean Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9, puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837).

Inscrit sur la liste censitaire des électeurs de la commune de Joinville en 1837, Charles Pierre Chapsal figure alors en 49e position sur 61, par ordre de revenu. Mais en 1838, il est l’électeur le plus imposé et le restera jusqu’en 1848. Élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1840, il provoque en 1843 le renversement du maire en place Laurent Nicolas Pinson, et prend sa place jusqu’en 1848 ; il est à nouveau élu en 1852 jusqu’à sa mort en 1858 et siège en outre au conseil d’arrondissement à partir de 1855.

La commune de Joinville était une des rares du département à ne pas disposer d’un établissement de culte paroissial. Une église est construite à partir de 1856 sur des plans de l'architecte Claude Naissant, avec un financement communal et un prêt sans intérêt des époux Chapsal. Inaugurée en 1860, après la mort de Charles Pierre Chapsal en janvier 1858, elle prend le nom de « Saint-Charles-Borromée ». Dans les vitraux, on trouve des représentations de saint Charles Borromée et de sainte Adélaïde. Plus tard, la deuxième église de la ville, située sur le territoire de Polangis, portera le nom de Sainte-Anne (1910).

Restée seule propriétaire du domaine de Polangis, Anne Adélaïde Chapsal y vit en compagnie d’Auguste Courtin (1825-1908), fils naturel de Charles Pierre Chapsal, dont elle fera son fils adoptif ; il est élu maire de Joinville après le décès de Charles Pierre Chapsal. Il avait figuré dans les recensements communaux de Joinville sous le nom d’Émile Chapsal. Anne Adélaïde et Charles Pierre Chapsal avaient eu un enfant ensemble, François Charles Chapsal (1809-1831), mort à Hyères (Var) lors d’un déplacement en février 1831.

La veuve Chapsal continue une activité caritative, qui était celle du couple, par exemple en souscrivant en faveur de victimes d’inondations en novembre 1866.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le territoire de Polangis est, avec celui adjacent du Tremblay, le lieu de la bataille de Champigny. Toute la population de Joinville quitte le territoire. Le château de Polangis, qui a été vidé de ses meubles, devient le logis du général Ducrot, qui tente d’assurer la défense de l’Est de la capitale ; il y tient un conseil de guerre le 30 novembre 1870. La veuve Chapsal avait, en septembre 1870, participé à une souscription de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) organisée par la commune de Joinville-le-Pont ; elle fournir une aide de 1 000 francs, équivalente à celle de l’ensemble du conseil municipal, sur les 3 029 francs récoltés dans la ville.

Anne Adélaïde Chapsal meurt le 16 février 1880 à Joinville, jour de son 97e anniversaire, dans son château de Polangis. Son décès est déclaré par son adoptif Joinville, Auguste Courtin, et par Jules Guillet (1831-1905), vétérinaire militaire en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et exploitant de la ferme du domaine de Polangis. Elle est inhumée au cimetière de Joinville. Une rue de la commune porte le nom de « rue Chapsal ».

Par testament, Anne Adélaïde Chapsal lègue l’importante somme de 36 000 francs qui est répartie également entre le bureau de bienfaisance de Joinville-le-Pont, la fabrique de l'église de Saint-Charles-Borromée et la commune. En octobre 1911, lors de l’inauguration d’un agrandissement de la mairie de Joinville, une plaque est apposée pour les « bienfaiteurs de la commune » ; la veuve Chapsal y figure chronologiquement en troisième position, son mari étant le premier en date.

Un an après le décès, en février 1881, Auguste Courtin, héritier unique du château de Polangis, vend le domaine à la Société immobilière de Polangis, qui va le lotir et démolir le château en 1904.

Auguste Courtin avait démissionné, en cours de mandat, de ses fonctions municipales en 1876 et quitté Joinville l’année suivante. Il s’installe à Salbris (Loir-et-Cher), où il acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et devient, en 1884, maire de Salbris, fonction qu’il exerce jusqu’en 1900. Il siège de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher. Son fils André Courtin (1859 - après 1942), né au château de Polangis, ingénieur agronome, exploitant agricole devient aussi maire libéral de Salbris (1900-1912) et élu départemental (1901-1907) ; syndicaliste et mutualiste, il est chevalier de la Légion d’honneur.

Tombe Chapsal au cimetière de Joinville

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 00:01

Le nom de « Polangis » désigne un territoire, actuellement situé sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), qui a relevé successivement de la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis de celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés avant d’être rattaché aux deux villes de Joinville (anciennement La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur jusqu’en 1831) et Champigny.

Le nom a connu diverses formes mentionnées dans les textes anciens : Poleng, Poulange, Poulangis… L’abbé Lebeuf, historien du diocèse de Paris, le relie au nom du pont sur la rivière Marne (actuel pont de Joinville), dont l’appellation ancienne était Pons Olini en latin, ou Pont Olins. Lebeuf traduit Pouleng par « champ cultivé dans un creux. »

Il est possible également de rechercher une hypothèse latine, notamment le substantif bas latin pullamen qui désigne un jeune animal, et particulièrement un poulain. Plusieurs noms de lieux sont apparentés, comme Poulangy (Haute-Marne), Poligny (Jura) ou Polminhac (Cantal) et peuvent éventuellement être reliés à cette racine.

La base Mérimée, du ministère de la culture, assure que le manoir de Polangis est attesté en 1207. Un château, comprenant également une chapelle, un parc et la ferme, est construit au début du 18e siècle puis agrandi à la fin de la même période. Il est détruit en 1904, le terrain étant loti.

Plusieurs des propriétaires du château de Polangis ont joué un rôle significatif dans l’histoire locale, voire dans l’histoire nationale. Quatre d’entre eux ont d’ailleurs donné leurs noms à des voies de la commune de Joinville (Chapsal, Courtin, Jamin et Oudinot). L’avenue du Parc garde le souvenir du domaine, mentionné aussi dans le boulevard de Polangis (partagé entre Joinville et Champigny) et la quai de Polangis, dans la première cité.

Nous examinerons dans de prochains articles ce qu’il est possible de savoir sur la trentaine de personnes, actuellement identifiées, parmi les propriétaires dudit domaine, en commençant par Jean Valton (Jehan Valleton) en 1482.

Polangis dans la carde l'abbé Delavigne, 1740

 

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26 mai 2025 1 26 /05 /mai /2025 22:39

Louise Éléonore Delalonde naît le 7 novembre 1854 à Cherbourg (act. Cherbourg-Octeville, Manche). Elle est la fille de fille Sophie Louise Le Mignon et de son époux Napoléon Delalonde. Son père est vérificateur des douanes mais également poète. Il a été membre de la société académique des sciences, belles-lettres et arts de Cherbourg.

Ses deux parents sont décédés dans sa jeunesse : lorsqu’elle a 9 ans pour sa mère en 1863 et 14 ans pour son père. Louise Delalonde est alors confiée au docteur Frédéric Auguste Guiffart, médecin de la marine et directeur du service de santé de l’hôpital civil de Cherbourg, chevalier de la Légion d’honneur. Il l’envoie en région parisienne. En 1871, elle reçoit en tant qu’orpheline et fille d’un fonctionnaire, une pension civile de 1 140 francs.

Devenue professeure de lettres, elle épouse en octobre 1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle réside, le docteur Henri Jean Ferdinand Rousseau, professeur de sciences dans l’institution du Parangon. C’est un établissement laïque privé d’enseignement réputé de Joinville qu’exploite son père, Ferdinand Rousseau, à l’époque maire adjoint et l’année suivante maire de la commune.

À côté de son activité médicale et scientifique, Henri Rousseau s’implique dans la gestion du Parangon, derrière son demi-frère Théodore Quirot et son frère aîné Jules Rousseau. Il en prend seul la direction en 1897, après la mort de son père et de ses deux frères. Avec le concours actif de son épouse, il transforme le Parangon en une « école coloniale », destinée à former de manière pratique les jeunes Français ou originaires d’Indochine, d’Afrique, de Madagascar comme des Antilles à l’exploitation agricole de ces territoires.

Charles Pâquet, petit-fils du maire de Joinville, Eugène Voisin, qui sera président de la Société nationale des architectes de France, résistant et maire-adjoint de Vincennes, est élève au Parangon. Il témoigne en 1969 sur la vie dans l’établissement Rousseau : En 1897, « Le docteur Henri Rousseau en fut le directeur et vint également y habiter avec sa femme née Louise Delalonde, dont les cheveux étaient d'un beau blond vénitien et cela surprenait d'autant plus qu'elle était très brune de naissance et qu'alors les femmes n'avaient pas l'habitude comme à l'heure actuelle de changer, pour certaines, la couleur de leurs cheveux presque chaque semaine. (…) Certains élèves, les pensionnaires seulement, pris parmi les plus méritants, étaient une fois par semaine conviés à ce que l'on appelait « le salon », où toute la famille Rousseau était réunie, ainsi que certains professeurs dont M. Ferroni qui enseignait le violon et qui en charmait l'assistance ; des vers y étaient également récités, souvent par Mme Henri Rousseau qui s'intéressait aussi au théâtre. Il était alors servi ce qu'on appelait des rafraîchissements consistant en sirops de grenadine, citron, etc. »

Louise Rousseau s’intéresse à la botanique et notamment à la sériciculture (culture de la soie). Elle installe une magnanerie (élevage de ver à soie) dans le parc.

Elle promeut ses conceptions pédagogiques et intervient lors du Congrès colonial de Marseille, en 1904, pour défendre « l’importance du rôle colonial de la femme ». Elle regrette que « l’enseignement que l’éducation féminine en France a été jusqu’ici franchement hostile à la colonisation. »

Louise Rousseau fut un auteur prolifique. Elle était une des initiatrices de ce qu’on appelait, au tournant du vingtième siècle, le « roman pour jeunes filles », qui connaît encore quelques succès sous d’autres noms (roman de gare).

Parmi ses œuvres, on citera Amoureuses et jalouses (1894), Le Chagrin de Clélia (1894) ou Le Sacrifice de l’amour (1901). Louise Rousseau publie aussi des textes édifiants, des poèmes et du théâtre. Elle connaît un certain succès avec Histoire de chevalerie (années 1890). Elle utilise parfois le pseudonyme de Ludovic Delys.

Avec la Première guerre mondiale, l’école coloniale cesse de fonctionner. Un hôpital américain s’y installera en fin de conflit. Mais, dès 1914, Louise Rousseau anime une œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants dont le but est « de recueillir et de soigner les pauvres petits dont le père, veuf ou divorcé, est appelé sous les drapeaux » comme le rapporte le quotidien socialiste L'Humanité.

Louise Rousseau est morte le 16 novembre 1924 à Joinville-le-Pont. Elle était âgée de 70 ans et mère de deux enfants. Décorée des Palmes académiques comme femme de lettres, en tant qu’officier d'académie en février 1899 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1907, elle est faite chevalière du mérite agricole en février 1914 « pour ses travaux très importants et publications nombreuses sur la sériciculture en France et aux colonies ». Une voie de la commune s’appelle « villa Rousseau », mais il n’est pas clair qu’elle ait été dénommée du fait de sa famille ; par contre, une autre voie porte le nom d’impasse Jules-Rousseau, d’après son beau-frère.

Louise Rousseau

 

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8 avril 2025 2 08 /04 /avril /2025 00:01

Louis Théodore Gérard naît le 6 mars 1843 à Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise). Il est le cinquième enfant de Marguerite Françoise Cyprienne David et de son époux Louis Claude Gérard. Ses parents sont coloristes et vivent rue des Gallerands. Leur métier correspond à celui d’imprimeur lithographe et tous les fils et filles semblent avoir également contribué à l’activité.

La famille s’installe ensuite avec l’atelier d’imprimerie à Paris rue des Noyers (act. 5e arr., boulevard Saint-Germain). Elle ouvre ensuite un établissement de lithographie à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Lors de la guerre franco-allemande de Paris en 1870, pendant le siège de la capitale, toute la population des communes des bords de Marne, dont Joinville, quittent leurs domiciles et se réfugie à Paris et l’imprimerie familiale de Joinville est ruinée.

Louis Théodore Gérard réside alors rue Saint-Antoine (4e arr.) et s’engage dans la Garde nationale. Il sert dans la première compagnie de marche du 50e bataillon. Le chirurgien du bataillon est le docteur Élie Bitterlin, qui fonde la section de Saint-Maur-des-Fossés – Joinville-le-Pont de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge).

L’insurrection de mars 1871, a lieu parce que la population parisienne refuse de rendre ses canons aux autorités de Versailles qui ont signé en février la reddition devant les armées allemandes. Elle provoque l’installation d’un gouvernement révolutionnaire, la Commune de Paris. Louis Théodore Gérard continue à œuvrer au sein de la Garde nationale, où il est nommé sous-lieutenant le 24 avril 1871. À la fin du mouvement, lors de la Semaine sanglante, il est basé au couvent de Picpus. Il est arrêté le dernier jour des combats, le 28 mai, et jugé 13 mai 1872 par le 14e conseil de guerre. Il est condamné à un an de prison, peine considérée comme légère au vu des « renseignements très favorables » recueillis sur lui. Il obtient le remise de sa peine le 13 septembre 1872.

Après sa libération, Louis Théodore Gérard reprend son activité de lithographe à Paris rue Fessart (19e arr.), tandis que ses parents ont réouvert l’atelier de Joinville-le-Pont. Il se marie en mai 1875 à Paris (19e arr.) avec Aline Pinson, culottière. Elle donne naissance, deux semaines après les noces, à une fille. La famille s’installe rue d’Angoulême (5e arr.).

Alors qu’il était hospitalisé, Louis Théodore Gérard meurt le 11 juillet 1877 à Paris (5e arr.). Il était âgé de 34 ans. Son épouse, Aline, est internée dans l’asile psychiatrique de Perray-Vaucluse, situé à Épinay-sur-Orge (Seine-et-Oise, act. Essonne) et serait morte en 1879.

Leur fille, Blanche Eulalie, est enregistrée sur le Registre des enfants assistés de la Seine en janvier 1880 comme ayant été abandonnée du fait de l’internement de sa mère. Elle est placée « à la campagne » autour de Fougères (Ille-et-Vilaine). Lors de son mariage en février 1900 à Mayet (Sarthe) avec un cultivateur, elle déclare ignorer la situation de ses parents. Elle aura neuf enfants.

Le Pont de Joinville détruit pendant la guerre de 1870

 

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 00:01

Le 20 janvier 1881, selon au moins sept journaux de l’époque, un évènement spectaculaire se passait à Joinville.

Le quotidien La Lanterne raconte l’affaire. « M. H., demeurant rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse), à Joinville-le-Pont, a tué d'un coup de fusil un jeune loup qui s'était introduit dans le jardin d'un fruitier voisin, avenue des Marronniers (act. rue Eugène-Voisin), et qui procédait à un massacre des lapins de ce dernier. »

Dans un autre titre national, Gil Blas, le journaliste Paul Ginisty rappelle que, en 1880, « au moment des grands froids, un de nos confrères prétendit très sérieusement avoir vu une bande de loups dans le bois de Boulogne ! » selon lui, « cette assertion était peut-être un peu hardie », mais le tir d’un jeune loup à Joinville est selon lui « très certain ». Pour le rédacteur, cet « exploit cynégétique » a causé une grande émotion dans la ville. Il conclut que « le loup de Joinville restera légendaire ! »

Selon les études sur le loup en France, il n’y en avait pas en Île-de-France en 1878. Mais, dans le pays tout entier, 1 035 loups ont été tués en 1884, soit un nombre comparable à la population lupine totale dans l’hexagone au 21e siècle.

Il existe bien, entre Nogent-sur-Marne et Le Perreux une île des Loups, qui accueille un club d’aviron, et constitue un espace boisé classé. Mais le seul animal protégé qu’on y trouve est le hérisson blond.

L’île des Loups (France nature environnement, 2020)

 

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22 janvier 2025 3 22 /01 /janvier /2025 00:01

Jean Charles Eugène Guichard naît le 24 février 1853 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Anne Camus et de son époux, Étienne Ambroise Guichard. Ses deux parents sont originaires de l’Yonne. Son père est entrepreneur de peinture et vitrerie.

Il effectue un service militaire dans l’infanterie et est nommé, dans la réserve, sous-lieutenant en juillet 1879, affecté au 25e régiment d'infanterie. Il est promu lieutenant en février 1884.

Ayant monté son entreprise de menuiserie à Joinville, Eugène Guichard épouse en juin 1881 dans la commune Adèle Eugénie Cornu, couturière, elle-même fille d’une couturière et d’un menuisier de la commune. Ils vivent dans le centre-ville, rue de Paris.

Comme son père et son frère Émile, Eugène Guichard soutient en juillet 1888, avec 17 personnes formant un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », la candidature d’un mécanicien, Amédée Gosset, pour une élection municipale complémentaire après la mort du maire Gabriel Pinson. Gosset, héritier d’une dynastie politique locale, est appuyé par le journal Voix des communes, qui a pour chroniqueur un radical-socialiste classé à gauche, Henri Vaudémont. Il est élu conseiller municipal et le républicain Eugène-Voisin devient maire.

En mai 1896, Guichard est l’un des quatre membres du bureau qui organise le compte-rendu du mandat des élus municipaux de Joinville. Il s’agit peut-être d’Eugène, mais plus probablement de son frère Émile.

Parallèlement à son activité professionnelle, Eugène Guichard est membre de la compagnie de sapeurs-pompiers de Joinville. Émile, avec le grade de sous-lieutenant, en est le commandant. Eugène, sergent-fourrier, est son adjoint.

En février 1895, l’explosion d'une chaudière à l'usine du Bi-Métal, installée à Joinville, fait cinq morts, dont un nouveau-né, et trois blessés graves. Les pompiers de Joinville sont mobilisés, avec les compagnies des communes alentour et les militaires de l’école de gymnastique du Bois de Vincennes. L’émotion est très forte dans la ville. Les frères Guichard sont parmi les premiers sur les lieux du sinistre.

Eugène Guichard meurt le 22 août 1896 à Joinville. Il était âgé de 43 ans et père de deux enfants. Lors de ses obsèques, le 24, des discours sont prononcés par le lieutenant de la compagnie des sapeurs-pompiers de Créteil le maire de Joinville, Eugène-Voisin, le député radical Jules Ferdinand Baulard. Ce dernier « salue la famille, l’une des plus anciennes de Joinville. »

Son fils, Jules Charles sera également sapeur-pompier et, avec le grade de sous-lieutenant, commandant de la compagnie de Joinville.

Voir aussi Étienne Guichard, entrepreneur républicain et mutualiste

Ancienne caserne des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont

 

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20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 00:01

Émile Adolphe Guichard naît le 7 mai 1849 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Anne Camus et de son époux, Étienne Ambroise Guichard. Ses deux parents sont originaires de l’Yonne. Son père est entrepreneur de peinture et vitrerie.

Devenu également peintre en bâtiment, Émile Guichard épouse en juillet 1878 à Joinville Marie Julie Nerrant, fille d’un journalier de l’Indre. Il reprend puis gère l’entreprise familiale.

Comme son père et son frère Eugène, Émile Guichard soutient en juillet 1888, avec 17 personnes formant un « groupe d’électeurs de la commune attachés aux institutions républicaines », la candidature d’un mécanicien, Amédée Gosset, pour une élection municipale complémentaire après la mort du maire Gabriel Pinson. Gosset, héritier d’une dynastie politique locale, est appuyé par le journal Voix des communes, qui a pour chroniqueur un radical-socialiste classé à gauche, Henri Vaudémont. Il est élu conseiller municipal et le républicain Eugène-Voisin devient maire. En mai 1896, Guichard est l’un des quatre membres du bureau qui organise le compte-rendu du mandat des élus municipaux de Joinville.

L’engagement local d’Émile Guichard se fait principalement au sein de la compagnie de sapeurs-pompiers de Joinville, où il s’engage en 1875, à 25 ans. Il en est le responsable avec le grade de sous-lieutenant en décembre 1892. Il sera nommé lieutenant en 1898. Son frère Eugène sert également dans la même compagnie.

En février 1895, l’explosion d'une chaudière à l'usine du Bi-Métal, installée à Joinville, fait cinq morts, dont un nouveau-né, et trois blessés graves. Les pompiers de Joinville sont mobilisés, avec les compagnies des communes alentour et les militaires de l’école de gymnastique du Bois de Vincennes. L’émotion est très forte dans la ville.

Les sapeurs-pompiers organisent chaque année un banquet, en novembre ou décembre, pour mobiliser des fonds de soutien. Émile Guichard quitte ses fonctions actives en 1900, pour raison de santé ; on lui remet une épée d’honneur à Guichard pour ses 25 ans de service. Mais il reste secrétaire de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville dont il a été le fondateur.

Émile Guichard meurt le 6 janvier 1911 à Joinville. Il était âgé de 61 ans. Il avait reçu cinq médailles pour actes de dévouement, dont, en décembre 1907, une médaille d’honneur pour ses 30 ans de service. Il avait aussi été attributaire de trois décorations au titre de son activité mutualiste, dont une médaille d’argent en juillet 1906. Il avait aussi été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie en juin 1906. Enfant, il était lieutenant honoraire.

Lors de ses obsèques au cimetière de Joinville, c’est l’adjoint au maire Georges Briolay qui, en l’absence du maire, malade, lui rend hommage aux côtés d’officiers des sapeurs-pompiers de Joinville et des villes voisines. Son rôle mutualiste est particulièrement mis en avant. Le fils d’Émile, Jules Charles Guichard, sera également officier des sapeurs-pompiers de Joinville.

Voir aussi Étienne Guichard, entrepreneur républicain et mutualiste

Ancienne caserne des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont

 

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16 janvier 2025 4 16 /01 /janvier /2025 00:01

Émile Jean Baptiste Mousseaux naît le 8 juin 1843 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Élisabeth Reine et de son époux, Louis Adolphe Mousseaux, menuisier.

En janvier 1866 à Joinville, il épouse Julie Marie Guyot, fille de jardiniers vivant dans la commune, qui devient blanchisseuse. Émile Mousseaux poursuit l’activité de menuiserie de son père, qui est en 1868 à des deux artisans exerçant ce métier à Joinville.

Avant 1870, il rejoint la compagnie de sapeurs-pompiers de la commune. Elle est, en 1868, commandée par Ferdinand Rousseau, également capitaine de la garde nationale et futur maire de Joinville.

En novembre 1881, son épouse décède des suites d’un avortement clandestin. Elle avait mis au monde six enfants vivants et déclare au médecin qui l’examine peu avant son décès qu’elle avait déjà procédé à un autre avortement, un acte à l’époque considéré comme un crime. La sage-femme, supposée l’avoir aidée dans cet avortement, est jugée et acquittée en avril 1882.

L’entreprise Mousseaux connaît des difficultés d’exploitation. Comme cela avait déjà été le cas pour son père (deux fois en 1851 et 1857), Émile Mousseaux doit se déclarer en faillite en novembre 1886. Il réussit à clôturer l’opération par un concordat avec ses créanciers en janvier 1887 et reprend ensuite son activité.

Émile Mousseaux, qui réside alors rue des Marronniers, meurt à Joinville le 26 septembre 1908. Il était âgé de 65 ans. Son fils Ernest poursuivra l’activité de menuiserie. Il était membre de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville.

En janvier 1900, il avait obtenu une mention honorable pour son activité de sapeur-pompier à la compagnie de Joinville-le-Pont. En décembre la même année, il est gratifié d’une médaille d’argent et d’un diplôme d'honneur pour avoir plus de trente années de services et avoir constamment fait preuve de dévouement. Lors de ses obsèques à Joinville, il est qualifié de « doyen des sapeurs-pompiers » et une allocution est prononcée par le lieutenant Coubleaux, chef de la subdivision. Sont présents notamment le maire, Eugène-Voisin, ses adjoints Paul Villain et Georges Émile Briolay (futur maire), Henri Vel-Durand, conseiller d’arrondissement et également futur maire, ainsi que dix conseillers municipaux. L’hebdomadaire, Voix des communes souligne qu’il s’était fait remarquer « par de belles actions. »

Voir aussi : Julie Mousseaux, morte des suites d’un avortement clandestin

Ancienne caserne des sapeurs-pompiers de Joinville (années 2000)

 

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 10:49

Louis Adolphe Mousseaux naît le 24 janvier 1816 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Anne Louise Savart et de son mari, Jean Pierre Mousseaux, cuisinier.

Ayant fait un service militaire, Adolphe Mousseaux est affecté dans la réserve de l’armée de terre en 1839. Cette année-là, il est menuisier à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il vit dans le centre, rue de Paris. Il épouse, dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en décembre 1839, Élisabeth Reine, mercière et fille de merciers. Son activité artisanale semble assez florissante puisque, en 1847, il est inscrit au quinzième rang sur la liste des électeurs classés par rang d’imposition ; elle compte 96 noms à Joinville, soit un dixième des chefs de famille.

Lors des élections municipales de juin 1846 à Joinville, qui se tiennent au suffrage censitaire, il y avait 50 votants pour 67 inscrits et six postes de conseillers municipaux à pourvoir ; Mousseaux, avec 11 voix, arrive septième et n’est pas élu.

Sous la seconde République puis le second Empire, la situation économique de l’entreprise Mousseaux se détériore. En juillet 1851, il se déclare en faillite ; il obtiendra la mise en place d’un concordat avec ses créanciers en décembre de la même année. Cependant, en avril 1857, il est de nouveau contraint de déposer son bilan. Mais il peut reprendre son métier et est toujours en 1868 un des deux menuisiers de la commune. À l’été 1875, son épouse et sa fille cadette participent aux souscriptions pour les sinistrés des inondations de l’été.

Louis Adolphe Mousseaux meurt le 26 juillet 1880 à Joinville. Il était âgé de 64 ans et son épouse avait donné naissance à huit enfants. Son fils Émile poursuivra l’activité de menuiserie.

 

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13 octobre 2024 7 13 /10 /octobre /2024 11:55

Amélie Damassine Blessel naît le 26 juin 1847 à Eurville (Haute-Marne, act. Eurville-Bienville). Elle est la fille de Marie Louise Simonnet et de son époux, Auguste Blessel, qui travaille dans les forges de la ville. Un sœur jumelle décède trois mois plus tard.

En 1871, Amélie Blessel vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle exerce la profession de sage-femme. Elle réside rue du Canal.

Le mariage d’Amélie Blessel avec Jean Henri Roche a lieu à Joinville en mars 1875. Son époux est originaire du Rhône et exerce la profession de rustiqueur, c’est-à-dire de maçon rocailler. Ils s’installent rue de Paris, dans le centre de la commune.

Dans le cadre de sa profession, Amélie Roche était fréquemment confrontée à des femmes lui faisant part de la détresse que leur procurait des grossesses non désirées, les méthodes de contraception étant fort peu répandues. L'article 317 du code pénal de 1810 fait de l'avortement un crime, relevant de la cour d’assise. Le fait qu’il soit pratiqué par un professionnel de santé constitue une circonstance aggravante.

Trois affaires successives vont mettre en scène Amélie Roche, qui sera traduite à chaque fois devant un jury populaire.

La première concerne Clotilde Villette née Giroux, épouse d’André Villette, jardinier du château de Polangis à Joinville, alors propriété de l’ancien maire de la commune, André Courtin. Clotilde Villette meurt à Joinville le 23 novembre 1880. La police soupçonne qu’elle ait pu être empoisonnée par des substances administrées par Amélie Roche, qui le conteste. Le cadavre est exhumé et une analyse chimique est organisée et la sage-femme est incarcérée dans l’attente de son procès. Défendue par Me Crochard, elle est acquittée.

La deuxième affaire concerne Julie Mousseaux, née Guyot, épouse de Louis Adolphe Mousseaux, menuisier à Joinville et sapeur-pompier dans la compagnie municipale. Mère de quatre enfants, elle aurait dissimulé sa cinquième grossesse selon l’enquête de police et aurait consulté la sage-femme Roche. Elle meurt le 15 novembre 1881. Arrêtée le 16 novembre, elle est jugée en avril 1882 et toujours défendue par Me Crochard. De nouveau, elle est acquittée.

Une dernière affaire aboutit devant la cour d'assises de la Seine en février 1883. Amélie Roche a alors quitté Joinville pour Paris. Cette fois c’est une veuve, tenant un café à Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville, Mme Charron, qui meurt en août 1882. Là aussi la sage-femme est inculpée. Le témoignage du fils de la veuve Charron, âgé de dix ans, venu dire que « la dame avait donné à maman une poudre à boire dans du lait » est jugé déterminant. Malgré la défense, toujours assurée par Me Crochard, Amélie Roche est condamnée du crime d'avortement, mais le jury enlève la circonstance aggravante de qualité de sage-femme et reconnaît au contraire des circonstances atténuantes. Elle est condamnée à cinq ans de prison.

Amélie Roche meurt le 30 décembre 1892 à Paris (12e arr.) où elle est hospitalisée. Elle était âgée de 45 ans et résidait dans le quartier de Montmartre, rue d’Orient (act. rue de l’Armée-d’Orient, Paris 18e arr.). Elle est désignée comme exerçant la profession de cuisinière. Elle est enterrée dans le cimetière parisien d’Ivry (Seine, act. Val-de-Marne).

Joinville-le-Pont, vers 1885

 

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