Michel Chirokoff naît le 17 octobre 1887 à Manglisse, située alors en Russie et actuellement en Géorgie (Manglissi). Ce fut un des premiers centres du christianisme dans le Caucase, avec une église du 4e siècle, devenue une cathédrale au 6e siècle. C’est aujourd’hui une station de montagne à 1200 m d’altitude dans la région de Basse Kartlie. Sa parentèle n’est pas connue. La graphie de son nom varie beaucoup : Chirokof, Chirokov, Chirokow, Shirokov… Une particule (de Chirikov) est souvent utilisée, surtout dans les mentions les plus anciennes. Nous retenons ici la forme Chirokoff, adoptée par les textes officiels français. L’orthographe Chirokov semble la plus fréquente dans la presse.
Venu en France au début du 20e siècle, Michel Chirokoff est installé à Paris. Il vit rue Joseph-Bara (6e arr.). Il fait ses premières expositions en octobre 1908. Il fait partie des peintre russes résidant à Paris montrés à la Galerie des artistes modernes, rue Caumartin ; Le Courrier français remarque « un talent, jeune encore ». Il participe à un accrochage collectif à La Palette (rue du Val-de-Grâce), en compagnie notamment de Dunoyer de Segonzac. Il vient également au Salon d'automne, avec des natures mortes. Il devient sociétaire du Salon, où il exposera fréquemment pendant une vingtaine d’années.
En 1911, Chirokoff prend part à la 27e exposition de la Société des artistes indépendants. Il héberge également un autre peintre russe, Paul Smelov, natif de Kazan. Il participe en mai 1914 à une souscription lancée par le Comité du monument Robespierre pour l’érection d’une statue à Paris du révolutionnaire.
La situation de Michel Chirokoff pendant la première guerre mondiale n’est pas connue. Il reste en France ou y revient avant la fin du conflit. Le 1er décembre 1918, Chirokoff est un des sept fondateurs du Comité provisoire de la Franc-maçonnerie russe. Leontii Kandaourov, consul de Russie à Paris, en compagnie d’autres diplomates, Vladimir Aïtov et Von Meck, du général de division Voïna-Pantchenko, employé à l’ambassade, du comte Nesselrode, et des avocats parisiens Rapp et Gruber. Il faut rappeler que le personnel diplomatique russe est resté en place, le gouvernement français n’ayant pas, avant 1924, reconnu le nouveau pouvoir soviétique. Les loges russes se placèrent sous l’égide de la Grande Loge de France (rite écossais). Un des objectifs du comité était de préparer un éventuel retour de la franc-maçonnerie en Russie, où elle a été interdite par les autorités communistes.
En 1922, Michel Chirokoff vit à Épluches, rue de la Chapelle (Seine-et-Oise, act. quartier de Saint-Ouen-l'Aumône, Val-d'Oise). Il présente au Salon d'automne de cette année Une fête en Bretagne, mentionnée par le quotidien Le Temps. En 1923, Edmond Jaloux, dans Les Nouvelles littéraires parle d’un « nouveau venu à signaler, Chirokoff, avec des scènes vives, d'un bariolage amusant et qui font penser à des images d'Épinal de Moscou » là où L'Intransigeant voit d’étranges scènes qui « sont là pour rappeler la liberté des imaginations populaires légèrement averties ».
L’année suivante (1924), Fels chronique le Salon d'Automne dans Les Nouvelles littéraires : « Une petite peinture tonique et réjouissante de Chirokoff (…) Oh ! la belle de toutes les couleurs ! C'est, rigolo, n'est-ce pas ? Et pas du tout mal peint. Peinture recommandée aux neurasthéniques ». Son tableau, Le Dancing, est reproduit dans The Paris Times.
Les avis critiques sont partagés sur Le Ciné, présenté au Salon d'Automne 1925. L’Art vivant considère que Chirokoff « sait être aussi spirituel dans ses sujets que dans le choix de ses couleurs ». Par contre, Jean Carco, dans Le Soir est catégorique : « Michel Chirokoff n’a aucun talent. »
Les productions montrées au Salon d'Automne 1926 sont commentées par L’Art vivant comme « deux pimpantes images d’almanach » ; le quotidien culturel Excelsior y voit « une Imagerie bon enfant ». Chirokoff fournit en 1927 Un bal populaire « bien amusant » selon L’Art vivant. Mais en 1929, Charles Kunstler s’agace, dans Le Cahier « de cette imagerie populaire et savante, faussement naïve, qui encombre les Salons depuis quelques années et qui est représentée ici par Sumiko Itakulla, Joseph Hecht, Olga Sacharolï, Chirokoff, Souzouki. »
Installé en 1927 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Michel Chirokoff a son domicile d’abord boulevard de Polangis puis avenue des Familles, dans le quartier voisin de Palissy. C’est en juillet de la même année qu’il obtient la nationalité française et s’inscrit sur la liste électorale de sa commune.
Il est présent, peut-être pour la dernière fois, au Salon d'automne 1930 avec trois toiles, Paysage, Orage et Jeune fille. Toujours sociétaire du Salon en 1935, il ne semble plus exposer.
Michel Chirokoff meurt le 26 septembre 1961 à Coulommiers (Seine-et-Marne), où il était domicilié rue Jehan-de-Brie. Il était âgé de 75 ans et ne semble pas avoir été marié lors de son séjour en France. Il est inhumé le 10 novembre au cimetière Montparnasse de Paris. Ses restes sont transférés en septembre 2000 dans l’ossuaire du cimetière de l’Est.
Michel Chirokoff, Hôtel à Montmartre, 1925
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