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24 septembre 2026 4 24 /09 /septembre /2026 00:01

Lucien Boismaigre naît le 27 juin 1884 à Paris (20e arr.). Il est le sixième des huit enfants de Clémentine Léocadie Sauceret et de Louis Philéas Boismaigre. Sa mère est ouvrière cartonnière. Ses parents ne sont pas mariés, malgré la publication en décembre 1894 d’un avis de mariage dans la mairie d’arrondissement. La famille vit rue de la Plaine puis rue Auger.

Le père, qui utilise le prénom de Pierre (1850-1900), est ouvrier galochier, c’est-à-dire fabricant de chaussures à semelles de bois. Il est natif de Saint-Brisson-sur-Loire (Loiret), de parents alors non mariés. En novembre 1894, Louis Philéas Boismaigre est élu membre du conseil d’administration de la Société coopérative des ouvriers galochiers de la Seine, association fondée en 1874 et dirigée par Paul Eugéne Girard, Joseph Duperray étant le troisième administrateur. Peut-être est-ce ce même Boismaigre qui avait, en février 1877, souscrit « pour les ouvriers lyonnais », puis, en février 1884, avait été délégué par le cercle du Parti ouvrier du quartier Marguerite (Paris, 11e arr.) au comité électoral du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire du 19e arrondissement avec le citoyen Dulucq. Il aurait aussi participé, au sein de la coopérative des galochiers, à une collecte en septembre 1895 « pour les verriers de Carmaux, défenseurs des droits du suffrage universel ». Il meurt en mars 1900 à Paris (20e arr.), quand Lucien a 16 ans.

Lorsqu’il est convoqué en 1904 pour ses obligations militaires, Lucien Boismaigre est enregistré comme étant de petite taille (1 m 54) et travaillant comme sculpteur. Il aurait dû effectuer son service en 1905, mais il est ajourné à deux reprises. Il rejoint le 87e régiment d'infanterie en octobre 1907, puis est réformé par une commission siégeant à Soissons (Aisne) en décembre pour « faiblesse de constitution » ; il est alors considéré comme devant effectuer des services auxiliaires en cas d’appel. Il vit dans le 20e arrondissement, rue des Haies puis rue du Clos. En 1911, il habite, avec Jeanne Verneret, mécanicienne, native d’Autun (Saône-et-Loire), chez la mère de cette dernière à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), rue Mauconseil.

Mobilisé au début de la première guerre mondiale, Lucien Boismaigre est de nouveau réformé le 9 août 1914 pour « bronchite chronique ». Une révision de sa situation a lieu en septembre 1915 et il est envoyé au front au sein du 26e régiment d'infanterie.

Le mariage de Lucien Boismaigre avec Jeanne Verneret est célébré en janvier 1916 à Paris (20e arr.). Ils reconnaissent deux enfants nés antérieurement.

Sa santé conduit de nouveau à sa réforme en décembre 1916, où l’on diagnostique une « tuberculose costale, anciennement opérée, récidivée et fistulée ». Après-guerre, les médecins militaires jugent son état « moyen » en septembre 1922 ; une pension d’invalidité de 10% lui a été accordée en février 1920, portée deux ans plus tard à 20%, puis ramenée en octobre 1924 au montant initial, son état étant alors jugé « assez bon. »

Le livret militaire de Lucien Boismaigre mentionne, en août 1919, une condamnation à deux mois de prison pour recel par le tribunal correctionnel de la Seine. Les faits sont sans doute amnistiés, la ligne ayant été rayée.

En 1926, la famille Boismaigre est domiciliée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne. Il est toujours sculpteur sur bois et son fils cadet éponyme est ébéniste.

Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Boismaigre est candidat sur la liste communiste conduite par Roger Benenson (1900-1945), ouvrier mécanicien, plus tard député (1936-1940) puis interné pendant la deuxième guerre mondiale, déporté et mort en Allemagne dans le camp de concentration de Drütte. Sous l’étiquette de Bloc ouvrier et paysan, la liste recueille 18% des suffrages exprimés, derrière celle du maire sortant Stephen Durande (divers droite, 1875-1951, 39%) et une autre dirigée par Georges Briolay (radical-socialiste, 1863-1940), sous l’étiquette de concentration des gauches. Le parti communiste considère qu’il s’agit d’un « cartel socialo-bourgeois » et refuse de se désister. Au second tour, ses candidats obtiennent 12% des votes et sont tous battus, la droite ayant 41% et 5 élus, Briolay recueillant 45% et 22 sièges, devenant le nouveau maire.

Lucien Boismaigre avait recueilli 339 votes au premier tour, soit 16% des 2126 exprimés pour 2969 électeurs inscrits, tous masculins.

Vivant toujours à Joinville, veuf depuis novembre 1951, Lucien Boismaigre meurt le 8 janvier 1962 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était hospitalisé. Il était âgé de 77 ans et avait eu trois enfants.

Sculpteur sur bois conçu sur l’IA Mistral à partir de la description physique de Lucien Boismaigre dans sa fiche militaire

 

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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 00:01

Louis Perriot naît le 9 décembre 1893 à Blois, dans l’hospice de la préfecture du Loir-et-Cher. Il est le fils d’Henriette Hélène Perriot. Elle est élève des hospices de la Seine, c’est-à-dire une enfant abandonnée, âgée de 18 ans, travaillant comme domestique à Lassay-sur-Croisne. Le village, situé en Grande Sologne, est proche de Romorantin. Comme c’est le cas de sa mère, le père de Louis Perriot est inconnu.

Lorsqu’il est recensé pour ses obligations militaires, en 1913, Louis Perriot est garçon de café et vit à Paris, boulevard Voltaire (11e arr.). Sa mère vit aussi dans la capitale, passage des Abbesses (18e arr.) et elle se marie en mars 1913 avec Franck Marie Courouve, inspecteur d’assurances. Louis Perriot conservera des relations avec elle et sa nouvelle belle-famille.

Le service militaire de Louis Perriot débute fin novembre 1913 au 45e régiment d'infanterie. Il est donc sous les drapeaux en août 1914, lorsque démarre la première guerre mondiale. Il devient caporal en septembre 1914 puis sous-officier, comme sergent fourrier, en mars 1915. En octobre cette même année, il embarque depuis Sète (Hérault) pour Salonique (Grèce) où il intègre l’armée d’Orient. Il est blessé à la cheville gauche dans des tranchées des Crêtes Rocheuses, au secteur du Tarda en janvier blessé par un éclat d’obus.

En février 1918, Perriot rejoint, comme élève-pilote le centre d'entrainement de Cèdes, école de pilotage de l'aviation militaire française installée près de Salonique. Il obtient son brevet de pilote le 22 septembre et est affecté au Parc de Sakuleu (ou Sakulevo), infrastructure logistique d'aviation militaire française, situé dans la région de Florina en Macédoine (nord de la Grèce). En octobre, il devient membre de l’escadrille 509.

Après la fin du conflit, il est toujours basé en Grèce, où il officie, pour l’armée française, comme moniteur sur l’avion Breguet 14 auprès de l'aviation hellénique. Il rentre en France en juin 1919 et est démobilisé en septembre.

Louis Perriot ne quitte cependant pas l’aviation militaire, s’engageant en novembre et rejoignant le 34e régiment d’aviation stationné à Dugny-Le Bourget (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est transféré en mai 1920 à Dakar, au Sénégal, où il est dans l’escadrille de l’Afrique occidentale française, rattaché au 34e régiment d’aviation. Il est promu adjudant en janvier 1921.

Revenu définitivement en métropole au 2e semestre 1923, il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans un hôtel du quai de la Marne. Il épouse dans cette ville en août 1924 Marie Yvonne Le Dilasser, native de Brest et, comme lui, enfant naturelle. Leur couple ne durera guère ; lors du recensement dans la même ville, en 1926, Marie Yvonne ne semble pas vivre avec lui et le divorce est prononcé en septembre 1928.

Ayant prolongé son contrat en novembre 1925, Louis Perriot sert dans le 3e régiment d’aviation de chasse de Châteauroux (Indre). Pour sa première participation à une grande manifestation militaire internationale, la Military Zenith de chasse, à Châteauroux en juin 1926, il se classe second. Son pilotage est certes apprécié des professionnels, mais il est condamné, le 22 juin, de manière symbolique à 16 francs d’amende avec sursis « pour survol par avion à basse altitude. »

Promu adjudant-chef en juillet 1928, l’aviateur participe à plusieurs manifestations comme le Prix Georges Dreyfus en juin 1927. Il organise également des raids au long cours : 5000 km en trois jours en 1928, 8840 km en quatre jours en 1929 avec 43h30 de vol.

C’est à Châteauroux, en juin 1929, que Louis Perriot contracte de nouveau mariage avec Lucienne Marie Albertine Brimbal, native de la commune, teinturière rue Gudin à Paris (16e arr.).

Quittant l’armée en avril 1931, Louis Perriot passe son brevet de pilote d'hydravion et devient pilote d’essai pour la firme Latécoère, principal fabricant d’hydravions. Il bat plusieurs records de vols avec charges en janvier 1932 au-dessus de l’étang de Biscarosse (Landes).

Louis Perriot meurt le 16 mars 1933 au cours d'un vol d'essai d'un hydravion Latécoère 38.0 bis bimoteur au-dessus de l’étang de Barcarès (Pyrénées-Orientales). Son mécanicien, Robert Bert, a également perdu la vie. Denis Albin, qui a largement documenté l’histoire de l’aviation de chasse française, explique l’accident : « Lors d'un vol à très basse altitude au-dessus des flots, la queue de son hydravion a touché la surface de la mer, provoquant la dislocation de l'appareil qui a coulé immédiatement. Il s'agit d'un accident dû à l'effet miroir qui rend difficile la vue de la surface des flots en cas de vol à très basse altitude ». Le décès est enregistré le 23 dans la commune de Saint-Laurent-de-la-Salanque, au large de laquelle l’accident s’est produit.

Les obsèques sont organisées le 28 mars en la cathédrale Saint-André de Châteauroux. Le quotidien La Dépêche du Berry raconte qu’il y avait « d'une assistance considérable » pour rendre hommage à la « victime du terrible accident de l'étang de Barcarès ». Louis Perriot est inhumé au cimetière Saint-Denis de la ville, auprès de la famille de sa femme.

Le Journal de l’Indre rappelle que l’aviateur était « bien connu à Châteauroux » étant gendre de Maurice Brimbal (1877-1945), figure de la vie artistique locale, fondateur du cabaret du Pierrot noir et de la première salle de cinéma l'Apollo, puis président de la Chambre de commerce.

Fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en juin 1933, Louis Perriot avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de la Médaille militaire en juillet 1927. Il avait également reçu la médaille de la Victoire, la médaille commémorative française de la Grande Guerre et était chevalier de l'Etoile noire du Bénin (Dahomey) ainsi que plusieurs récompenses pour ses exploits aéronautiques.

Le 12 juin 1933, le ministre de l'air du gouvernement français, Pierre Cot (radical, 1895-1977 annonce que « le gouvernement de la République cite à l'ordre de la nation : Perriot (Louis), pilote aviateur ». Dans son message, il met en relief sa « plus haute conscience professionnelle », sa maîtrise et son sang-froid admirables, son « dévouement le plus complet » et assure qu’il « est tombé victime de son devoir. »

La fille unique de Louis et Lucienne Perriot, Hélène (née en 1930), fut directrice d’un collège à Tunis, où elle épousa Salah Hafsia, puis dirigea un établissement à Déols, dans l’Indre ; elle est chevalière de l'ordre national du Mérite.

Louis Perriot (Journal de l’Indre, 28/03/1933)

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7 septembre 2026 1 07 /09 /septembre /2026 00:01

Amédée Bévillon naît le 27 décembre 1899 à Ploumilliau (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Il est le fils de Marie Yvonne Derrien et de son époux Marie Bévillon, cultivateurs. La famille s’installe dans la commune voisine de Trédrez-Locquémeau, où elle réside en 1906.

Il est laboureur, dans la ferme familiale, lorsqu’il est appelé en avril 1918, de manière anticipée, pour effectuer son service militaire au cours de la première guerre mondiale. Il est affecté au 71e régiment d'infanterie (RI) puis reste sous les drapeaux, au sein du 120 RI, après la fin du conflit jusqu’à sa démobilisation en mai 1921. Il reprend alors son activité agricole.

Recruté comme élève gendarme en février 1924, il est envoyé en mars à l’école de la gendarmerie de Toul (Meurthe-et-Moselle) dont il sort en septembre, affecté à la Légion de Paris. Il est affecté à Crécy-en-Brie puis à Chelles (Seine-et-Marne). La presse mentionne notamment ses interventions pour l’arrestation de braconniers.

Le mariage d’Amédée Bévillon avec Louise Julia Husson est célébré en mai 1925 à Coutevroult (Seine-et-Marne). Les parents de la mariée sont propriétaires exploitants de la ferme de Montaumer, située dans ce village et dans celui de Saint-Germain-sur-Morin

Ferme de Montaumer

En avril 1931, le gendarme Bévillon contribue à la recherche puis à l’arrestation d’un manouvrier qui s’était enfui après avoir blessé grièvement sa belle-fille d'un coup de couteau parce qu’elle refusait de céder à ses avances.

Devenu maréchal des logis chef en 1934, Amédée Bévillon est nommé à la tête de la brigade de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il occupe le poste en 1936 et toujours en 1938. Cette année-là, en juin, il reçoit une lettre de félicitations pour services aux sociétés d’éducation physique.

En visite chez sa belle-mère à Saint-Germain-sur-Morin pour l’aider à cueillir des poires, en octobre 1943, il fait une chute et est hospitalisé à l’hôpital militaire Bégin, à Paris.

Amédée Bévillon meurt le 1er novembre 1968 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), commune limitrophe de Joinville-le-Pont. En avril 1934, il a été décoré de la Médaille militaire.

Il est le père de trois enfants. Peut-être est-ce son fils aîné, Marcel Jean Bévillon (1926-1974) qui est mentionné dans les Dossiers administratifs de résistants du Service historique de la Défense comme « Bévillon, Marcel », sans indication de date ni de lieu de naissance sous la référence GR 16 P 57447.

Ancienne gendarmerie de Joinville-le-Pont

 

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29 août 2026 6 29 /08 /août /2026 00:01

Suite de la biographie d’Henri Desfaudais

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Desfaudais est mobilisé, en tant que sous-lieutenant au sein de la 52e brigade d’infanterie. Il est promu lieutenant en mars 1915 et détaché à l’état-major du 13e corps d’armée. Son comportement lui vaut cinq citations. Il est cité à l’ordre du corps d’armée en septembre 1914 « pour son sang-froid et sa belle attitude ». Il l’est de nouveau à l’ordre de l’armée en juillet 1915. Le corps d’armée le décrit, en avril 1916, comme « . Officier du plus grand sang-froid. A exécuté plusieurs missions dangereuses sous le feu de l’ennemi avec activité et intelligence, assurant en même temps les liaisons coureurs par optique et par téléphone, ainsi que l’action des observateurs d’infanterie pendant 8 jours de combats ». C’est de nouveau son rôle dans les transmissions qui est mis en avant par la 52e brigade en septembre la même année : « Dévoué, courageux. Pendant les jours de combat des 5 et 7 septembre et la période d’organisation des positions conquises, s’est trouvé seul officier d’état-major à la brigade. A assuré notamment les liaisons par coureurs optiques, la surveillance de jour et de nuit entre le poste de commandement de la brigade de 1e ligne, rendant ainsi les plus utiles services ». De nouveau à l’ordre de la brigade en mai 1917, on remarque son rôle de planificateur : « A organisé avec efficacité les liaisons qui ont renseigné le commandant de l’infanterie à tout instant pendant les opérations du 18 mars au 14 avril. Toujours volontaire pour les missions dangereuses, a effectué de nombreuses reconnaissances en vue de l’organisation des 1e lignes dans des zones violemment bombardées ». Démobilisé en mars 1919, Desfaudais s’installe à Toulouse.

Pendant la période de conflit, s’il n’a plus d’implication politique active, il conserve des attaches avec l’Action française. Le mouvement royaliste signale en octobre 1914 qu’il est président des sections du Cantal. Le rôle de sa belle famille est évoqué dans le quotidien royaliste en décembre 1914 : son beau-père, Pierre de Chalret du Rleu, alors capitaine d'artillerie, est signalé comme membre de la section de Toulouse de la Ligue, tandis que sa belle-sœur et enfant de ce dernier, Thérèse, est désignée en tant que présidente des Jeunes filles royalistes de la même ville. En décembre 1917, c’est probablement Henri le Desfaudais qui participe à une souscription Pour la propagande en tant que « combattant de l’Action française, pour mener la guerre totale ». Par contre, il est très probable qu’il ne peut exercer son mandat de conseiller municipal de Nieudan (Cantal), qui prend fin en novembre 1919.

Henri Desfaudais reprend une exploitation dans le village de Sarriac-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Il reprend une activité politique dans son nouveau lieu de résidence. Ainsi, il donne en janvier 1926, une conférence « sur la situation politique et la personne du Prince » lors de la fête des Rois à Tarbes du groupe bigourdan des Dames et jeunes filles royalistes. Il donne également plusieurs conférences dans des cités voisines en mars la même année, dont Pujo, qualifiée de « petite citadelle républicaine » puis à Rabastens, où il parle « devant un auditoire comprenant une majorité de communistes » mais estime avoir « éveillé chez la plupart des auditeurs curiosité el sympathie » en faisant « la critique du socialisme et l'exposé des libertés et des responsabilités que la royauté met en œuvre ». Desfaudais intervient de nouveau à Tarbes à la section de l’Action française en janvier 1927.

La Société tunisienne de cultures, présidée par le comte Jehan de Durat, confie la direction de son domaine d’Utique (Tunisie) à Henri Desfaudais en 1930. Les produits sont le blé et le vin. En juillet 1938, l’assemblée générale de la société lui envoie des « félicitations pour les résultats atteints dans des conditions et une atmosphère locale souvent pénibles. »

En mars 1934, Desfaudais est désigné comme correspondant de l’Action française, rattaché à la section de Tunis. Il participe à des souscriptions de l’Action française en juin 1934 et en décembre 1936.

Devenu capitaine de réserve dans la cavalerie en juin 1927, Henri Desfaudais est mis à disposition des troupes de Tunisie en décembre 1930. Malgré la fin de ses obligations militaires en décembre 1933, il est maintenu dans la réserve des troupes à sa demande. De ce fait, il est rappelé en août 1939 lors de la mobilisation générale au début de la deuxième guerre mondiale. Il est placé au secteur de défense de Bizerte. En décembre 1939, il reçoit une « affectation spéciale », non précisée dans son livret militaire.

Son père vivait au Coudray-Macouard (Maine-et-Loire) depuis 1911 et y meurt en mai 1940. Henri Desfaudais s’y installe à son tour, toujours ingénieur agronome et propriétaire exploitant en 1948. Il réside rue Nationale avec son épouse, sa belle-mère, sa fille Cristine, veuve Morisson de La Bassetière et ses trois petits enfants. La sœur d’Henri vit dans la maison voisine.

Henri Desfaudais meurt le 29 mai 1971 au Coudray-Macouard. Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1921, à titre militaire. En mars 1948, il est promu officier du Mérite agricole.

Fin

Un exploitation agricole dans la région d’Utique (Tunisie)

 

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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 00:01

Début de la biographie d’Henri Desfaudais

Henri Frédéric Édouard Marc Marie Desfaudais naît le 1er août 1884 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Alphonse Henri Desfaudais et de Marie Elisabeth Potrelot de Grillon.

Son père Alphonse Desfaudais (1850-1940), natif de Dôle (Jura), s’était engagé dans l’armée française en septembre 1870 et participe à la guerre contre la Prusse et ses alliés. Au moment de la naissance d’Henri, il est capitaine commandant du 13e régiment de dragons, stationné à Compiègne (Oise). Il poursuit sa carrière militaire jusqu’en 1911, avec le grade de grade de général de brigade. Pendant la première guerre mondiale, il commande des dépôts de cavalerie à Limoges (Haute-Vienne) et Saumur (Maine-et-Loire).

La mère d’Henri, Marie Elizabeth Potrelot de Grillon, est la fille d’Antonine Broutta, née de La Chassaigne de Sereys (1835-1913), d’ancienne noblesse auvergnate. Celle-ci est veuve de Christophe Ernest Potrolot de Grillon, autre aristocrate bourbonnais et est devenue receveuse des Postes à Joinville-le-Pont (1868-1896). Elle s’est remariée, en décembre 1871, avec Marc Félix Broutta (1819-1904), lieutenant-colonel, combattant de la guerre de 1870, officier de la Légion d’honneur, qui sera ensuite militant conservateur à Saumur. La sœur d’Henri, Anne Marie, naîtra également en août 1890 à Joinville, toujours chez sa grand-mère.

En 1904, Henri Desfaudais intègre l’école d’agriculture de Montpellier dont il sort en 1909 avec le titre d’ingénieur agronome. Son statut d’étudiant fait qu’il réalise un service militaire d’un an au lieu des deux années qui sont la norme pour les conscrits de sa classe. Il sert, comme son père dans un régiment de dragons, le 3e, et en sort en septembre 1906 avec le grade de brigadier. Dans la réserve, il sera promu en septembre 1908 maréchal des logis puis en juin 1912 sous-lieutenant.

Après un premier séjour en Tunisie, alors protectorat français, en 1909, Henri Desfaudais s’établit comme fermier au Bruel, hameau de la commune de Nieudan (Cantal). Il exploite le domaine de Gresse, dans la commune de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal, limitrophe de Nieudan) lors de son mariage en octobre 1913 à Toulouse (Haute-Garonne) avec Jeanne Joseph Marie Charlotte de Chalret du Rieu.

Engagé dans le mouvement d’extrême-droite Action française en 1909, il affiche publiquement ses opinions à partir de février 1911 dans les journaux royalistes. Ainsi, Desfaudais indique se tenir « à la disposition des amis de l'Action française qui désireraient constituer une section de la Ligue dans la région ».

Il participe en décembre la même année ainsi à une souscription lancée dans le quotidien l’Action française sous le titre « Le Juif sera vaincu » en donnant sa qualité de fermier et en envoyant le message suivant : « Vive l’Action française, contre le capitalisme. »

Lors des élections municipales de mai 1912, Desfaudais est candidat royaliste dans le village de Nieudan, qui compte 220 habitants. Au premier tour, la liste du maire M. Conthe, remporte neuf des dix sièges à pourvoir, Henri Desfaudais recueillant 16 voix. Il en a 27 lors du second tour et remporte ainsi le dernier poste de conseiller municipal. Le journal La Croix du Cantal relève : « M. Desfaudais, royaliste militant, vient d’être élu conseiller municipal de Nieudan. Un [mât], orné d’un drapeau blanc, est planté devant sa demeure. Le Progrès du Cantal s’en inquiète et déclare que la République est en danger ». Desfaudais raconte lui aussi les évènements dans L'Action française (13/04/1913) : « Je me suis présenté comme conseiller municipal et j'ai exposé à ce sujet le programme politique d'Action française. J'ai été élu sans propagande ou à peu près. Les paysans m'ont élevé un mât de triomphe avec un drapeau blanc. Cet incident a eu un retentissement énorme dans le Cantal et depuis j'ai pu pénétrer à peu près tous les milieux. »

En avril 1913, Henri Desfaudais est désigné comme président de la section du Cantal de la Ligue d’Action française qui aurait, selon lui à Aurillac et dans ses environs trente lecteurs par jour pour le quotidien éponyme, plus cent cinquante lecteurs au numéro du Midi royaliste et soixante abonnés. La même année, le 9 mai, Desfaudais prend, pour la première fois la parole en public lors d’une réunion socialiste assurant que « si l'on est vraiment patriote, on doit être royaliste et n'avoir qu'un désir, renverser la République pour assurer le salut de la Patrie ». Il assure que son ordre du jour aurait obtenu le soutien de la moitié du public ce qui fait que « tout Aurillac est frappé de stupeur. »

Le Midi royaliste dresse un portrait de Desfaudais : « Notre ami a le tort d'être indépendant, par son travail et sa situation. Diplômé de l'École d'agriculture de Montpellier, Desfaudais s'est courageusement donné à l'agriculture. Il est fermier-exploitant à Laroquebrou. Fils d'un officier général, appartenant à une excellente famille, il n'a pas craint de vouer à la terre de France, pour laquelle il combat, son énergie et son intelligence. Ses voisins lui savent gré de ses efforts et de ses intelligentes initiatives, inspirées par l'intérêt général et les nécessités professionnelles. Les salonnards libéraux ne comprennent pas les choses ainsi, « Desfaudais est un raté. La-preuve c'est qu'il ne s'est pas fait donner une place ; et qu'il a été obligé de se faire fermier !»

L’année suivante, en avril 1914, toujours président des sections du Cantal, Desfaudais participe à une souscription de l’Action française « Pour la propagande du journal et contre l’or Juif. »

À suivre

Le Midi royaliste (journal)

 

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21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

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10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 00:01

Suite de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

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Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »

Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »

Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »

Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.

Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.

Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.

Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »

S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.

En mai 1959, Fernand Paraïso est élu conseiller municipal de Villemomble sur la liste de Victor Larcher (RPF, gaulliste). Son mandat prend fin en 1964.

Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.

Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso (1931–2003) a été commissaire général de la marine en France, membre de l’Académie de marine et chevalier de la Légion d’honneur. Plusieurs membres de la famille ont adopté le patronyme de « Fernand-Paraïso » au lieu de Paraïso, et il est porté par leurs descendants.

Fin

La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Fils d’un ancien esclave, devenu conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intègre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 10:32

Georges Louis Dereaux naît le 5 avril 1894 à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Aline Breton et de son époux, Georges Louis Dereaux.

Sa mère, Marie Aline Breton (1869-après 1917), est originaire du petit village de Pierrefitte (Vosges), proche d’Épinal. Elle est fille de Marie Célestine Barthélémy et de Nicolas Félix Breton. Marie Célestine (1839-1880) est dentellière et décède quand Marie Aline a 11 ans, deux mois, après la naissance d’une sœur. Lors de son mariage, en février 1892, Marie Aline Breton est cuisinière et réside à Châtillon. Son père, Nicolas Félix Breton (1845-1901), domestique, est déclaré sur le registre d’état-civil « dans l’impossibilité légale de donner son consentement » à l’union – alors requis - du fait qu’il a été condamné par la cour d’assises d’Épinal. Il meurt au bagne de l’Île Nou, en Nouvelle-Calédonie, en juin 1901.

Le père de Georges Dereaux, natif d’une famille de vignerons de Ménétréol-sous-Sancerre (Cher), est jardinier.

Alors mouleur en cuivre et en bronze, Georges Dereaux est mobilisé pour son service militaire au début de la première guerre mondiale. Il rejoint en septembre 1914 le 11e régiment d'infanterie, puis est affecté en octobre au 17e et en décembre au 9e régiment de la même arme. En décembre 1916, il est blessé par accident d’une balle au pied et est déclaré « inapte pour deux mois ». Il est réformé en août 1917 par le conseil de révision de Bourges pour « fatigabilité, dyspepsie d’effort, battements de cœur ». Étant « en service commandé » dans un lieu qui n’est pas identifié clairement dans son livret militaire, Georges Dereaux est blessé d’une plaie au flanc gauche par éclat de torpille, avec perforation abdominale en avril 1918. Après la fin de la guerre, le conseil de révision le maintient en janvier 1919 pour un service armé et il est démobilisé en septembre la même année. Ses blessures lui vaudront une pension, d’un montant réduit (340 francs) à partir de mars 1920.

Pendant le conflit, Georges Dereaux épouse en août 1917 à Malakoff, Marie Joséphine Togaert, une brodeuse native de Molenbeek-Saint-Jean (Belgique).

En 1921, Georges Dereaux est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), toujours mouleur en cuivre. Il vit dans le quartier de Palissy, avenue Joyeuse, avec une opticienne, originaire de La Guerche (Cher), également prénommée Marie. Il divorce d’avec son épouse en janvier 1922.

Embauché en 1928 par la mairie de Joinville, il est appariteur, chargé des enquêtes sociales pour les deux quartiers de Palissy et Polangis, situés sur la rive gauche de la rivière Marne.

Avec l’autre appariteur, Justin Morgenthaler (1893-1949), Dereaux devient receveur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers, une des principales organisations sociales de la commune. Il est reconduit dans cette fonction en 1933 et 1934.

À partir de 1931, il vit avenue du Parc, dans le quartier de Polangis. Il se remarie en octobre 1935 à Joinville avec Suzanne Lucienne Nuttin, une veuve originaire de Lille (Nord).

Georges Dereaux meurt le 20 mars 1938 à Créteil, où il est hospitalisé, toujours domicilié à Joinville. Il était âgé de 44 ans et n’a pas eu d’enfant. Ses obsèques sont célébrées en l’église Sainte-Anne de Polangis et il est inhumé au cimetière communal. Le maire de Joinville, Léon Lesestre (1877-1955), prononce une allocution mettant l’accent sur ses activités professionnelles et son rôle mutualiste.

Bagne de l’Île Nou, Nouvelle Calédonie

 

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18 décembre 2025 4 18 /12 /décembre /2025 00:01

Henri Jomain naît le 13 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Léonide Françoise Freulon et de son époux Jean Marie Jomain.

Son père, après avoir été domestique chez un cultivateur de son village natal, Saint-Bonnet-des-Bruyères (Rhône) devient serrurier et crée à Paris, en 1866, une importante société industrielle. Elle équipe de nombreuses organisations privées et publiques, comme le palais de l’Élysée et obtient quantité de récompenses lors des rendez-vous professionnels, notamment un diplôme d’honneur lors de l’exposition universelle de Paris en 1900. Installée jusqu’au début des années 1900 à Paris, rue des Écluses-Saint-Martin (10e arr.), elle est déplacée dans un vaste terrain situé rue Brancion (15e arr.) pour répondre au développement de l’activité.

En avril 1898, Henri Jomain s’engage pour trois ans dans l’armée au moment où il doit faire son service militaire. Il intègre une compagnie d’ouvriers de l’artillerie, la 10e d’abord puis la première en décembre. Il est démobilisé en avril 1901 et rejoint alors la société familiale, dont devient le directeur. Elle s’intitule désormais Jomain & fils, et son frère cadet, André, futur avocat, travaille avec lui.

Le mariage d’Henri Jomain a lieu en mai 1910 à Paris (11e arr.). Il avait été précédé, en juillet 1906 et août 1907, par la venue au mode de deux filles, que les parents avaient reconnues.

L’intérêt du patron pour son arrondissement l’amène à participer à des activités publiques ; depuis au moins 1905, il assure la présidence d’une société de préparation militaire, La Jeune Armée. Ces organismes visent à la fois à favoriser la pratique sportive et à soutenir le sentiment patriotique, après la défaite française de 1871 face aux armées allemandes.

Il s’associe ainsi à une œuvre anti tuberculose en janvier 1910. La même année, en mai, Henri Jomain intègre la commission locale chargée d’examiner les prêts à consentir aux victimes des graves inondations qui ont touché la ville au premier trimestre. En décembre, il est nommé au sein de la Commission scolaire du 15e arr.

Dans le domaine professionnel, Jomain devient conseiller du commerce extérieur en mai 1910. Au sein de l’usine Jomain, une société de secours mutuels est constituée en 1907. Elle compte 122 adhérents en 1911.

Usines Jomain rue Brancion à Paris

Au début de la première guerre mondiale, en août 1914, Henri Jomain est mobilisé dans un dépôt automobile. Il est retiré en novembre 1914 du service armé et est détaché dans l’entreprise familiale. Celle-ci a en effet transformé une partie de son matériel et l'a notablement augmenté afin de pouvoir fabriquer des obus de divers calibres, selon la Revue parlementaire économique et financière.

Après le conflit, Henri Jomain continue la gestion de l’entreprise familiale ; elle compte 300 ouvriers en 1934. Son mandat de conseiller du commerce extérieur est renouvelé en 1922. Il siège également comme conseiller au Comptoir national d'escompte de Paris, une des banques qui donneront naissance à la BNP.

La situation sociale de l’entreprise est dénoncée dans le quotidien communiste L’Humanité en février 1932, qui reproche une diminution de salaire de 5% et appelle les ouvriers à s’organiser en syndicat et à faire grève. Ce sera le cas plus tard, en janvier 1934, à l’occasion d’une baisse de rémunération décidée par les successeurs d’Henri Jomain.

L‘entrepreneur prend un rôle actif dans l’organisation de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 à Paris.

Dans la continuité de son engagement civique local, Henri Jomain devient en décembre 1927, adjoint au maire du 15e arrondissement de Paris, l’industriel chimiste Paul Auguste Barruel (1841-1931). Il est reconduit dans ses fonctions en 1929 ; après la disparition de Barruel, en août 1931, il reste l’adjoint du nouveau maire, François Bonneau, nommé en février 1932.

Henri Jomain meurt le 25 juillet 1932 à Paris (17e arr.), dans son domicile de la rue Théodore de Banville, où il était installé depuis 1930. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse. Âgé de 55 ans, il était père de quatre enfants. Ses obsèques sont célébrées le 28 juillet à l’église Saint-François de Sales de Paris (17e arr.). Son unique fils, Marcel, assure la continuité de l’entreprise familiale.

Récipiendaire de plusieurs récompenses en 1910 et 1912 pour son activité de préparation militaire, Henri Jomain a été décoré des Palmes académiques, comme officier d'académie en février 1907 puis comme officier de l’instruction publique en mai 1912. Il devient chevalier de la Légion d’honneur en mai 1928.

Henri Jomain (Le Petit Parisien 6 février 1928)

 

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