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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 00:01

François Joseph Andrès naît le 10 mars 1863 à Erstein (Bas-Rhin). Il est le fils aîné des sept enfants de Madeleine Willmann et de son époux, François Antoine Andrès, pécheur. La famille réside toujours en Alsace en 1872, après l’annexion allemande de 1870. Par contre, en 1881 elle est installée à Paris (18e arr.), rue Bonnet. Sa mère meurt en septembre cette année-là et le père est cantonnier.

François Joseph Andrès, qui exerce le métier de plombier épouse en juin 1886 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Pierrette Feydel, journalière.

Le couple est installé en 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et demeure dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire). François Joseph Andrès est membre de la Société symphonique de Joinville, fondée en octobre 1908. Il est également membre du comité radical et radical-socialiste de Joinville.

Les élections municipales de mai 1912 à Joinville sont marquées par la fin du mandat de 25 ans du maire, Eugène Voisin, malade, qui se retire, et par la division des radicaux-socialistes qui le soutenaient. La liste radicale-socialiste officielle est conduite par un adjoint, Georges Briolay et Andrès en fait partie. Les trois autres listes ont passé un accord de fusion au second tour sur la base de leurs résultats : radicaux dissidents, socialistes SFIO et libéraux-conservateurs.

Les résultats du premier tour ne sont pas connus précisément, mais la liste radicale dissidente arrive en tête, tandis que la liste officielle obtient entre 25 et 30 % des suffrages exprimés. Au second tour, la coalition emporte les 27 sièges à pourvoir et Achille Mermet (radical dissident) est élu maire. Andrès n’est pas élu.

À la déclaration de guerre, en août 1914, François Joseph Andrès était en Alsace en visite dans sa famille. Ancien soldat français, il est interné pendant dix-huit mois, s’évade et revient à Joinville.

Selon une « rumeur », rapportée par l’hebdomadaire radical Voix des communes en mars 1915, il aurait été dénoncé comme s’étant rendu en Allemagne et considéré comme un espion ; son épouse indique qu’elle compte porter plainte. Il est de retour à Joinville en avril 1916 et rencontre alors Georges Briolay, président du comité radical-socialiste officiel.

François Joseph Andrès meurt le 8 septembre 1920 à Joinville. Il était alors employé et âgé de 57 ans. Il n’a pas eu d’enfants.

Inondation de la Marne à Joinville-le-Pont en 1919

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 00:01

Honoré Jean Genevay naît le 26 novembre 1888 à Villeurbanne (Rhône, act. Lyon métropole), Il est le fils d’Anne Félicie Parret, enjoliveuse, et de son époux Aimé Genevay, passementier. Ils vivent cité Delassalle.

Alors employé de commerce, Honoré Genevay devance son service militaire et s’engage dans l’armée pour trois ans en décembre 1906 à Lyon. Il est affecté au 19e escadron du train des équipages, où il est promu brigadier en juillet 1907, brigadier-fourrier en septembre la même année puis maréchal des logis un an après. Démobilisé en décembre 1909, il devient dans la réserve sergent-major, chef du train régimentaire du 157e régiment d’infanterie.

Quittant la région lyonnaise pour celle de Paris, Honoré Genevay vit d’abord à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire puis s’installe, avec son père, en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis. Il est devenu comptable et épouse en juin 1914 à Paris (6e arr.) Jeanne Marie Lidie Cabour, modiste ; ils s’installent à Joinville.

Son père, vénérable d’une loge maçonnique en 1911, possède une petite usine à Joinville de fabrication de sommiers et literie, mais fait faillite en 1923.

Pendant la première guerre mondiale, Genevay est mobilisé au sein du 159e régiment d’infanterie puis du 14e régiment de tirailleurs et sert comme sergent-major. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre du régiment en novembre 1917 : « Sous-officier très dévoué. Pendant la période du 15/08 au 28/10/1917, a assuré le ravitaillement des compagnies de premières lignes, sans se laisser arrêter ni par les bombardements violents, ni par les gaz toxiques ». Il sort du conflit blessé, avec de plaies multiples de la face, suite à une chute de cheval.

Après le conflit, Genevay est fabricant de literie en 1921. La famille est installée avenue du Château, voie qui sera renommée plus peu après avenue Foch, toujours à Polangis. En 1926, il est employé commercial dans la firme cinématographique Pathé, installée à Joinville-le-Pont dans le même quartier. À partir de 1931, il est artisan tapissier et son épouse l’accompagne comme matelassière.

À l’occasion des élections municipales de mai 1929, Genevay se porte candidat sur la liste de Concentration des gauches, conduite par Georges Briolay, qui comprend des radicaux-socialistes, des socialiste indépendants et des membres du parti socialiste SFIO. Elle arrive en tête au premier tour, avec 42,8% des suffrages exprimés devant le maire sortant, Stephen Durande (droite) à 38,8% et les communistes (18,4%). Au second tour, les gauches emportent 22 des 27 sièges à pourvoir en obtenant 45,9%, les conservateurs ayant les cinq autres avec 41,6% tandis que le PCF n’a pas d’élu (12,5%). Au premier tour, Genevay avait obtenu 749 voix pour 1 715 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 491 inscrits. Il est élu au second tour et Briolay devient maire.

Au sein du conseil municipal, si Genevay figure dans la majorité solidaire du maire, il se prononce cependant en juin 1929 contre le changement d’appellation de la rue du Cimetière qui devient, sur proposition du premier adjoint socialiste, Georges Roger, rue de l’Égalité.

Dans la ville, Genevay prend une part active à la vie locale. Il est entre 1934 et 1938, président de la commune libre de Polangis, structure d’animation du quartier. Il est administrateur de la caisse des écoles en 1935. Représentant sa commune, il est désigné en août 1934 membre de la Commission administrative de l'hôpital intercommunal de Créteil. Il fait également partie en mars 1933 des initiateurs d’une Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants de Joinville-le-Pont, présidée par Henri Fraissange.

La vie municipale est agitée, le parti socialiste SFIO retirant son appui à la municipalité. Un accord électoral avec les libéraux et conservateurs permet la conservation de la majorité lors d’élections municipales partielles en octobre 1934, mais la rupture de cette alliance conduit à une compétition élargie pour les élections municipales de mai 1935.

Pour cette échéance, Genevay est élu en avril 1935 vice-président du Groupement des gauches républicaines, présidé par le radical Gabriel Vélard et qui comprend aussi des socialistes indépendant, dont l’adjoint au maire sortant, Roger, dissident de la SFIO.

Il participe avec le maire à la liste qui revendique au bilan de la municipalité d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concède avoir dû augmenter les impôts, mais assure qu’il s’agit de charges imposées à la commune (contingent d’incendie, indemnités de chômage, moins-values sur les recettes).

La liste radicale obtient 26,8% au premier tour, largement devancée par l’Union des républicains (droite, 32,6%) et talonnée par les communistes (23,5%), qui fusionnent entre les deux tours avec les socialistes SFIO (12,3%). La droite, avec 40% et 25 sièges, devance légèrement la gauche communiste et socialiste (39,7%, 2 élus), tandis que les radicaux sont distancés (19,5%, pas d’élu).

Honoré Genevay, qui est alors artisan tapissier, a obtenu 791 voix pour 2 856 suffrages exprimés (27,7%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits au premier tour. Il est crédité au second tour de 607 voix pour 2 899 suffrages exprimés (20,9%) sur 2 924 votants.

Honoré Genevay meurt le 4 février 1942 à Joinville. Il était âgé de 53 ans et père de trois enfants, dont deux morts très jeunes. Décoré de la Croix de guerre, il était également titulaire des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis février 1939. Son père, qui l’avait rejoint à Joinville en 1934, meurt sur place trois mois plus tard.

Le pont de Joinville en 1939

 

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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 05:01

Gustave Séraphin Guy naît le 1er août 1873 à Boujailles (Doubs). Il est le fils de Marie Victorine Claudet et de Louis Guy, cultivateurs, tous deux originaires du village voisin de La Rivière-Drugeon.

Au cours des années 1880, la famille quitte la Franche-Comté pour la région parisienne, à Saint-Ouen (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Ardoin, où le père devient emballeur. Peu après la naissance de son septième enfant, la mère meurt en août 1888. Le père suit peu après, en novembre 1890. Gustave Guy a alors 17 ans.

Devenu ouvrier caoutchoutier, il épouse en octobre 1893 à Saint-Ouen Joséphine Emma Boulon, cravatière. Ils vivent avenue des Batignolles. Gustave Guy fait en 1894-1895 un service militaire au 120e régiment d’infanterie qui ne dure qu’un an, au lieu de deux normalement, son frère aîné étant également mobilisé. Devenu veuf en mai 1902, Gustave Guy se remarie en décembre 1904 à Paris (8e arr.) avec Élise Gaillot, couturière.

Entre 1893 et 1914, Gustave Guy a douze adresses différentes, déménageant donc en moyenne tous les dix-huit mois : six à Saint-Ouen, cinq à Paris (17e, 18e et 19e arrondissements) et une à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne).

Après avoir été convaincu de coups et blessures volontaires, en décembre 1913, Gustave Guy est condamné, en mai 1914 par la cour d’appel de Paris à huit jours prison.

Mobilisé au début de la première guerre mondiale en août 1914 au sein du 16e régiment territorial d’infanterie, il est affecté en septembre la même année à la société du Gaz de Paris, rue Condorcet (9e arr.) et y reste jusqu’à sa démobilisation, en février 1919.

Après-guerre, Gustave Guy est électricien et vit dans le 18e arrondissement, rue Belliard. C’est peut-être lui qui, présenté comme électricien au Gaz de Paris, participe en mai 1919 à Paris au 5e congrès de la Fédération de l’Éclairage de la Confédération générale du travail (CGT) et est élu membre du comité fédéral pour la section gaz.

La famille va s’installer en 1932 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans la cité d’habitations à bon marché Égalité, nouvellement construite dans le quartier de Palissy. En 1936, Gustave Guy est retraité.

Gustave Guy est membre de la section de Joinville du parti communiste. Il meurt le 2 juillet 1938 à Joinville et est enterré au cimetière communal. Il était âgé de 64 ans et père de deux enfants, le premier étant mort jeune. Le quotidien L’Humanité lui rend hommage.

Son fils, Roger Guy, issu de son second mariage, secrétaire des Jeunesses communistes de Joinville, est arrêté en octobre 1940 par les autorités françaises, puis transféré comme otage à la force d’occupation allemande et déporté dans le camp de concentration d’Auschwitz, où il meurt en septembre 1942.

Voir Roger GUY, « un camarade très estimé »

La cité Égalité à Joinville-le-Pont

 

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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 05:01

Henri Auguste Petit naît le 24 octobre 1869 à Briis-sous-Forges (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils d’Euphémie Élisabeth Benoit, cuisinière, et de son mari Auguste Jérémie Petit, garçon de magasin.

Toujours en région parisienne, Henri Petit se déplacera fréquemment puisqu’on mentionne à son sujet, dans les différentes sources, 21 adresses entre 1889 et 1927.

Alors frotteur de parquets, Henri Petit vit à Levallois-Perret, rue Victor-Hugo, lorsqu’il est recensé pour son service militaire en 1889. Orphelin de père, il fait un service raccourci à dix mois à partir de novembre 1890 au sein du 115e régiment d’infanterie.

En août 1892 à Paris (9e arr.), Henri Auguste Petit, alors employé de banque, épouse Pauline Lucie Poullain, employée de commerce. Ils vivent rue Ganneron, dans le 18e arrondissement, puis s’installent brièvement à Saint-Maur-des-Fossés en 1901 plus durablement, à partir de 1905 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). On lui connaît cinq domiciles dans cette ville pendant une dizaine d’années de séjour à peine, plus un passage dans la commune adjacente de Champigny. Il vit d’abord dans le quartier du Centre, rue Vautier, puis dans celui de Palissy, avenue Gille puis dans celui de Polangis (avenue Pauline, rond-point de Polangis – act. place de Verdun, puis avenue Jamin).

À partir de 1898, Henri Petit devient employé de la Ville de Paris, au sein du service de désinfection de la direction de l’hygiène.

En novembre 1911, Petit devient membre de la commission exécutive du groupe socialiste SFIO de Joinville, dont Émile Lebègue, graveur, est le secrétaire. Le groupe était membre depuis sa fondation de la Section française de l’internationale ouvrière, mais il prolongeait l’existence de structures plus anciennes, existant depuis au moins 1887.

Avec d’autres socialistes, dont le cheminot André Flambard, Petit participe à la création d’une éphémère Ligue de défense économique qui plaide pour la création de boucheries et de boulangeries municipales, Mais ils protestent quand le journal local radical Voix des communes rapportent qu’un d’entre eux aurait traité les commerçants de « voleurs. »

Le socialisme-révolutionnaire puis la SFIO n’ont eu, jusqu’ici qu’une influence limitée à Joinville : scores réduits sur le plan électoral, impact assez faible des coopératives, diffusion restreinte de l’hebdomadaire local, poids des syndicats restreint à de rares entreprises, dont l’usine du Bi-Métal qui connaît une longue grève en 1910.

Pour les élections municipales de 1912, la SFIO est pour la première fois en mesure de présenter une liste complète de 23 candidats. Derrière Lebègue, Petit figure en cinquième position des candidatures ratifiées par la Fédération de la Seine du parti.

Joinville est dirigée depuis 25 ans par un maire, Eugène Voisin, qui s’appuie sur le parti radical-socialiste. Malade et âgé, il ne se représente pas, ce qui a accéléré une crise politique locale. Un quart des sortants ont fait dissidence tandis que la droite se structure. L’opposition aux radicaux-socialistes va conduire à un phénomène électoral inédit. Trois listes, les radicaux scissionnistes, les socialistes et l’union libérale-conservatrice, passent un accord proportionnaliste : ils conviennent de constituer, à l’issue du premier tour, une liste commune pour le second tour sur la base des résultats, sans s’engager à gouverner la ville ensemble. Seule la liste radicale officielle, conduite par l’adjoint Georges Briolay, est exclue de l’accord.

Après la première partie du scrutin, la coalition se répartit donc les 23 places à prendre : dix pour les radicaux dissidents, sept pour les socialistes et six pour les libéraux et conservateurs. La liste SFIO avait obtenu environ 22% des suffrages exprimés. Au second tour, le regroupement proportionnaliste bat les radicaux-socialistes et emporte tous les sièges ; Petit est élu, en dernière position,

Au mois de juillet 1912 Petit intervient en conseil municipal sur une question touchant à son domaine professionnel, la désinsectisation. L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes remarque qu’il habite Champigny,

Lors de deux réunions publiques organisées par la SFIO à Joinville en avril 1913, Petit fait partie des orateurs avec quatre autres conseillers municipaux Lebègue, Scornet, Lacroix et Flambard. Il est désigné, en février 1914 comme électeur sénatorial.

Mobilisé au déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, Henri Petit est affecté au service GVC (garde des voies et communications) et rattaché au 35e régiment territorial d’infanterie. Après avoir divorcé en avril 1911, il épouse, en août 1916 à Paris (12e arr.) Émelie Louise Joanin, couturière, originaire du Creusot (Saône-et-Loire). Il est affecté à novembre 1917 à la préfecture du département de la Seine, où il reprend ses anciennes attributions et libéré des obligations militaires la semaine suivant l’armistice en novembre 1918. Il vit alors à Paris (20e arr.), rue des Pyrénées.

Après-guerre, Henri Petit poursuit son activité au sein du service d’hygiène de la Ville de Paris jusqu’en 1926 ; il reçoit alors la médaille d’honneur communale pour ses 28 ans de fonction en tant que chef désinfecteur. Il quitte alors le service public et devient en 1927 concierge rue de la Tour-d’Auvergne (9e arr.). Il a alors 58 ans.

La date de décès d’Henri Petit n’est pas connue. Il était mort lorsque sa seconde épouse est elle-même décédée en novembre 1945 à Boulogne-Billancourt et était père d’au moins une fille.

Il n’a pas de liens avec plusieurs autres Petit qui ont siégé au conseil municipal de Joinville.

La maison Denis, avenue Pauline, lieu de réunion de la SFIO à Joinville-le-Pont

 

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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Au cours de l’année 1911, le climat politique continue à se tendre à Joinville-le-Pont, alors que le maire, Eugène Voisin, malade, est souvent absent et a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux futures élections municipales de 1912. Les deux adjoints, « Villain et Briolay remplacent du mieux qu’ils peuvent le maire » selon l’hebdomadaire radical Voix des communes.

C’est le cas en particulier lors de d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal, qui se tient en février 1911 avec 300 participants. Le plus souvent, c’est Georges Briolay qui répond aux interpellations du public, sur les associations, la voirie, les services publics. Lorsque le représentant des Républicains libéraux (droite), l’avocat Louis Gallas lui demande « si le conseil est homogène », Briolay répond qu’il n’en sait rien ; tous les conseillers municipaux sauf un « font ou ont fait partie du comité radical-socialiste ; s’il y a des dissidents, c’est à eux de le dire ». Un ordre du jour de défiance est proposé par les socialistes unifiés de la SFIO et soutenu par les libéraux ; il reçoit le soutien de 30 des 300 citoyens présents. Pour Voix des communes, « Briolay a supporté tout le poids de ce débat avec bonhomie. »

La crise s’intensifie en mars lorsqu’un conseiller radical, Louis Rey, dénonce des incidents dans l’école de Polangis, que l’on qualifierait sans doute un siècle plus tard de harcèlement. C’est Briolay qui avait reçu cette plainte en mairie. Le scandale éclate dans l’opinion publique Le curé chasse de l’église où elle faisait le catéchisme la mère de famille qui a dénoncé la situation. Le 21 mars, le conseil municipal évoque la situation dans un tumulte et cinq conseillers municipaux quittent la séance. Rey remarque que les protestataires reprochent « non pas les faits, mais la divulgation des faits » et maintient : « elle était nécessaire, les scandales ont cessé ». Le comité radical-socialiste de Joinville estimera ensuite que « l’école laïque doit être à l’abri de toute critique et que sa défense est l’orgueil du Parti radical-socialiste. »

Cependant, les opposants démissionnent de leur mandat municipal et il faut organiser en mai 1911 des élections partielles pour pourvoir sept postes vacants, soit plus du tiers du conseil. Les six démissionnaires se représentent, accompagnés sur une liste de protestation par un de leurs sympathisants. Parmi eux, on compte Henri Vel-Durand et Achille Mermet, tous deux radicaux et futurs maries de la ville. Le comité radical-socialiste officiel ne présente pas de liste, mais son président et plusieurs de ses membres figurent sur celle présentée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville. Ils échouent et les dissidents remportent les sept sièges avec le soutien aussi bien des libéraux que des socialistes.

La presse radicale fait état du désarroi du comité radical-socialiste, dont le bureau démissionne. Briolay est élu président en juin 1911 après une séance d’audition des ex-démissionnaires dont l’exclusion est demandée par plusieurs adhérents qui critiquent une « campagne équivoque haineuse, de mensonge » avec des attaques contre Briolay et Rey. Le bureau renouvelé met en place une procédure de parrainage pour l’admission de nouveaux membres dans le comité.

Un des derniers actes du long passage d’Eugène Voisin à la mairie de Joinville (45 ans, dont 24 comme maire) est l’inauguration de l’agrandissement de la mairie ; son état de santé fait que ce sont ses adjoints qui le représentent.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, quatre listes s’alignent : Georges Briolay conduit celle des de la majorité sortante, avec dix des 23 conseillers en poste et le soutien du comité radical-socialiste. Avec environ 27% des suffrages exprimés, elle est devancée par les radicaux dissidents (environ 31%), et suivie par les socialistes SFIO (22%) et les libéraux (19%). Ces trois groupements ont passé un accord de fusion en vue du second tour sur une base proportionnelle à leur score : la coalition permet donc de faire élire 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Par contre, les radicaux-socialistes sont battus et n’ont pas d’élu.

En août 1912, Briolay signe en tant ancien adjoint au maire et président du comité radical-socialiste, une Lettre ouverte à Hainsselin, Beauvais et Arnaud, trois des élus de la nouvelle majorité municipale, le premier ancien socialiste, le deuxième libéral et le troisième ex-radical. Il reconnaît que « le Parti radical-socialiste à Joinville a été battu, bien battu » mais l’attribue « à une coalition honteuse ». Briolay reproche à Hainsselin de s’être fait élire pour promouvoir ses intérêts personnels ; il attaque les insinuations qu’aurait faites Beauvais sur son train de vie ; enfin il s’indigne de ce qu’Arnaud le mette en cause pour avoir « emprunté » un instrument de musique, qu’il assure avoir « acheté il y a 21 ans ». Par contre, Briolay revendique sa responsabilité dans l’échec d’Henri Vel-Durand lors de l’élection cantonale de juin 1912 : « Si vous m’accusiez de m’être employé à faire ramasser une veste à Vel-Durand à l’élection au conseil général, ne cherchez pas. Oui, c’est moi le coupable. Je le reconnais. J’avoue : c’est la récompense de sa trahison à la cause radicale-socialiste. »

En juin 1913, avec Louis Rey auquel il reste manifestement très lié, Briolay participe à une souscription pour les victimes du scandale de Couffouleux : un instituteur de la commune de Peux-et-Couffouleux, dans l’Aveyron, avait essuyé des tirs de carabine, parce qu’il utilisait un manuel d’histoire laïque, ce que contestait le curé et les deux-tiers des parents de cette petite école de campagne.

L’adjoint au maire et conseiller d’arrondissement, Henri Vel-Durand, est exclu en juillet 1913 du parti radical-socialiste de la Seine, pour avoir combattu le comité de Joinville et l’ancienne municipalité.

Le congrès des Fédération des Comités républicains radicaux et radicaux-socialistes de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre alors une grande partie de l’actuel Val-de-Marne, se tient en janvier 1914 à Joinville-le-Pont, au restaurant Jullien, dans l’île Fanac. Le journal Le Radical note que c’est « incontestablement une des circonscriptions de la Seine où le Parti radical et radical-socialiste a pu s'organiser le plus fortement ». Près de 1 200 personnes y participent, pour désigner le candidat unique du Parti aux prochaines élections législatives. Adolphe Chéron est désigné à l’unanimité.

À suivre

Georges Émile Briolay dans la mairie de Joinville-le-Pont

 

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

Tout en poursuivant son mandat d’adjoint au maire, Charles Chaussée devient un polémiste virulent, s’en prenant préférentiellement aux communistes détenant une responsabilité locales, notamment les deux conseillers municipaux Robert Deloche et Paul Rouhaud, ainsi que le député Parsal. Il signe systématiquement ses tribunes en tant que « docteur vétérinaire, adjoint au maire de Joinville, officier de la Légion d’honneur. »

Deux organes de presse locaux accueillent les textes de Chaussée : l’Union régionale à partir de février 1937 et jusqu’en juillet 1939 (35 tribunes), et la Banlieue de Paris à compter d’octobre 1938 avec 7 tribunes de cette date à mars 1939. Il cite souvent, pour les attaquer, des articles de l’hebdomadaire communiste Le Réveil et parfois, pour appuyer ses dires, les journaux Gringoire (nationaliste) ou Je suis partout (extrême-droite, antisémite).

Le thème le plus fréquent est celui des « mensonges communistes » que Chaussée reprend, à dix reprises, dans les titres de ses textes. Autre antienne, l’appel à la démission des élus du PCF ; ainsi, douze articles, entre juin 1938 et août 1939 appellent au départ du député Parsal, souvent avec des textes totalement redondants. Chaussée s’en prend à l’activité politique de Deloche, à ses responsabilités en Afrique du Nord que lui a confiées le parti communiste ; il inclut aussi dans les rubriques locales des deux journaux des entrefilets, non signés, qui s’en prennent à la vie privée des élus communistes. À plusieurs reprises, il demande qu’on les arrête, comme en octobre 1937 ou en décembre 1938.

En juin 1937, Chaussée estime que Robert Deloche a été « promu pour son activité révolutionnaire au Maroc » et qu’il est un agent de « l’Armée rouge de France ». En octobre la même année, il qualifie le même Deloche « d’agent chargé par Staline de fomenter des révoltes en Algérie et au Maroc. En octobre 1938, il dénonce « ses menées révolutionnaires, antifrançaises et anticoloniales » et ses « paroles impudentes contre le maire de Joinville, le conseil municipal, l’armée et ses chefs en particulier en Afrique du Nord ». Il s’en prend en particulier au soutien qu’il aurait apporté, en Tunisie, au parti nationaliste d’Habib Bourguiba, le Néo-Destour.

Dans une tribune de novembre 1938, Chaussée estime que Deloche est un « triste sire au passé trouble » et « au présent suspect ». Faisant référence à un écrit du ministre de l’intérieur, Albert Sarraut (« Le communisme, voilà l’ennemi »), Ch. Chaussée lui intime : « Faites fonctionner votre commission de la hache, à l’exemple d’Hitler. »

Certains articles de Chaussée portent sur d’autres sujets. Ainsi, il défend la retraite en octobre 1937 en critiquant polémiquant « on donne des aides aux réfugiés espagnols pas aux vieux travailleurs ». Il traite de « Natalité et jeunesse » le même mois. Il salue « la victoire des nationaux » lors d’une élection sénatoriale partielle en avril 1938 à Paris.

En octobre 1938, Chaussée est de nouveau désigné comme électeur sénatorial sur la liste de droite. Il signe, en avril 1939, avec tous ses collègues du conseil municipal, y compris les deux communistes, un appel « Aux contribuables joinvillais » dénonçant l’inscription d’office au budget communal d’une garantie communale accordée à un organisme d’habitations à bon marché.

Après la signature du pacte germano-soviétique, Chaussée assure que « la présence d’individus qui sont à la fois des camarades d’Hitler et de Staline est intolérable » dans les assemblées françaises. Les deux élus communistes de Joinville sont déchus de leur mandat en février 1940, comme tous les membres du même parti qui n’ont pas fait connaître leur opposition audit pacte.

Par contre, l’activité des autres membres du conseil municipal – qui aurait dû cesser en mai 1941 – est prolongée. Lesestre reste maire en vertu d’un arrêté ; c’est Chaussée qui présente les « félicitations du conseil municipal » pour son investiture.

En février 1942, un arrêté préfectoral nomme les membres de l’assemblée ; Chaussée est maintenu dans son poste de premier adjoint, de même que Béal et Kirbühler, tandis que Caillon est remplacé par Bautsch. La majorité des élus de 1935 est maintenue.

La municipalité prend l’initiative, en octobre 1943, de créer un  comité d’entraide aux travailleurs en Allemagne et à leurs familles dont Chaussée est vice-président. Les 12 et 13 juillet 1944, alors que les forces alliées ont débarqué en France depuis cinq semaines, Chaussée est toujours un adjoint au maire actif, au côté de Lesestre et Béal, participant à ce titre à la distribution des prix dans les écoles.

Le rôle de Chaussée sous l’occupation fait qu’il est arrêté par le comité local de Libération le 20 août 1944 en même temps que Lesestre, Bautsch, Kirbühler et Béal. Ils sont transférés au camp de Drancy où ils restent six mois. A. Dély, secrétaire du comité d’épuration de Joinville-le-Pont, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, dans laquelle il conteste la fin de leur incarcération qu’il trouve « pour le moins prématurée. »

Charles Chaussée meurt le 10 avril 1967 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 86 ans et père de trois enfants. Il était titulaire de nombreuses décorations : Croix de guerre (1914-1918) avec trois étoiles de bronze, médaille du Maroc avec deux agrafes, médaille coloniale, officier du Nicham-Iftikar (Tunisie) et du Ouissam alaouite (Maroc), chevalier du Mérite agricole, chevalier de la Légion d’honneur depuis juillet 1915 et officier depuis mai 1935.

Fin

La Banlieue de Paris, journal auquel collaborait Chaussée avant-guerre

 

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4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 06:01

Suite de la biographie de Charles Chaussée

À son départ de l’armée active en 1925, Charles Chaussée s’installe en tant que vétérinaire, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), ville desservant deux hippodromes, ceux de Vincennes et du Tremblay. Il réside à proximité du Bois de Vincennes, rue Émile Moutier. En décembre 1927, il soutient une thèse de doctorat à l’École nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort, commune voisine de Joinville intitulée : Des injections intraveineuses d'alcool camphré chez le cheval. Disposant désormais du titre de docteur vétérinaire, il collabore régulièrement au Bulletin de l'Académie vétérinaire de France à partir de 1933.

En septembre 1934, Chaussée est sélectionné par le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville, structure fondée en 1912 qui rassemble les membres des formations libérales et conservatrices dans la commune de Joinville. Il figure sur la liste de concentration pour des élections municipales complémentaires, négociée entre le Comité et le parti radical-socialiste du maire en place, Georges Briolay (radical-socialiste). Elle comprend six candidats du comité et quatre radicaux-socialistes sous la houlette d’un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, coprésidé par Lesestre (conservateur) et Herluison radical). Le programme prévoit de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Les candidats soulignent « être des hommes nouveaux, indépendants » tout en assurant ne « pas pouvoir faire de miracles en sept mois », durée de leur mandat avant les élections générales.

La liste du Comité de coordination fait face à trois concurrents : le parti communiste, le parti socialiste SFIO et une liste d’un Groupe indépendant, largement composé de commerçants et sur laquelle se retrouve également des radicaux-socialistes. La SFIO était alliée du maire en 1929 et quatre socialistes avaient été élus, dont un adjoint au maire, mais ils avaient rompu avec la SFIO ou démissionné de leur mandat depuis.

Les candidats du Comité de coordination arrivent en tête au premier tour avec 37,0% du vote populaire, devant le Groupe indépendant (25,5%), les communistes (17,8%) et la SFIO (17,6%). Chaussée arrive en deuxième position des 40 candidats avec 869 voix pour 2 295 suffrages exprimés (37,9%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, le Groupe indépendant et la SFIO s’étant retirés, le Comité de coordination remporte les dix sièges à pourvoir avec 59,5% des votes. Chaussée est élu avec 1 105 voix pour 1 903 suffrages exprimés (58,1%) sur 1 964 votants.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville désigne en décembre 1934 Chaussée comme vice-président, à côté de Léon Lesestre président. Le comité se transforme en février 1935 en Union des républicains qui décrète l’incompatibilité entre les fonctions du bureau et du conseil municipal. René Kirbühler est nommé président et Chaussée quitte donc sa fonction. Il est par contre signataire du programme, adopté en mars, qui prévoit une » diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

En avril, l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour constituer une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument de cette rupture est le souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et [francs]-maçons. »

La liste de l’Union des républicains se présente aux élections municipales de mai 1935 comme constituée « d’hommes d’ordre et d’action », « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle a pour compétiteurs le groupement des gauches républicaines du maire sortant, Briolay (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), une liste communiste derrière Robert Deloche et une liste incomplète de la SFIO, conduite par Robert Derivière.

Le premier tour voit l’Union des républicains arriver en tête, avec 32,6% des votes, devant les radicaux (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes (12,3%). Chaussée obtient 950 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Après le regroupement des deux listes de gauche, l’Union des républicains l’emporte d’une courte tête au second tour avec 41% et 25 élus contre 39% aux communistes et socialistes (2 élus) et 20% (pas d’élu). Chaussée est reconduit avec 1 158 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,9%) sur 2 924 votants.

Lors de l’élection de la municipalité, Léon Lesestre est désigné comme maire, tandis que Chaussée est premier adjoint, avec à ses côtés Caillon, Béal et Kirbühler. Dans l’hebdomadaire Gazette de l’Est, Claude Noizat, membre du parti social-national (extrême-droite) se félicite du résultat : « Enfin, nous avons des hommes au conseil municipal. »

Les attributions de Chaussée portent sur la voirie, le chômage et les œuvres sociales. C’est lui ainsi qui reçoit en juin, avec le maire, une délégation de 16 membres de commission exécutive la du comité des chômeurs qi vient réclamer l’adjonction de deux chômeurs à la commission paritaire qi gère leurs indemnités, demande le prêt d’une salle municipale pour leur comité, réclame augmentation d’un franc par jour de l’allocation de chef de famille, ainsi que l’attribution de bons de charbon, de vivres, de bains-douches ou de coiffeur. Elle demande aussi une assistance médicale, avec médicaments et spéciallités gratuits. Le comité regroupe 108 sans-emploi.

En octobre 1935, Chaussée est désigné comme électeur sénatorial sur une liste de droite.

À suivre

Decrombecque, Chaussée, Lorry et Hainsselin à Joinville, 1936

 

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 06:01

Début de la biographie de Charles Chaussée

Charles Albert Vincent Chaussée naît le 19 décembre 1880 au Mans (Sarthe). Il est le fils de Louise Blot et de son mari Augustin Louis Chaussée, fabricant de fromage, installés rue des Maillets.

En 1895, la famille vit à Angers (Maine-et-Loire) où il est élève au lycée David d’Angers. Il obtient plusieurs prix, notamment en gymnastique et, en octobre 1898, il intègre l’école vétérinaire de Toulouse (Haute-Garonne). Il en ressort diplômé en 1902 et, ayant signé un engagement volontaire dans l’armée en novembre 1899, il entre comme aide vétérinaire stagiaire (aspirant) à l’école d’application de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire). À sa sortie de l’école, en août 1903, il devient aide-vétérinaire (sous-lieutenant) et est affecté au 10e régiment d’artillerie.

Transféré au 12e régiment de hussards en mai 1905, il y est nommé vétérinaire en second en septembre la même année (lieutenant). Il est détaché aux batteries montées de la division d’Oran (Algérie). Il participe à la vie mondaine locale, notamment à un banquet des originaires du Maine et de l’Anjou en décembre 1906 à Oran.

Propriétaires de chevaux, ’il les engage dans des courses à Oran, en les montant lui-même : Sourire-d’Avril (1907), Ajaccio (1909), Onagre (1910). Membre de la Société hippique d’Oran, il en devient le vétérinaire en janvier 1908.

En janvier 1908, Charles Chaussée part, avec son unité, au Maroc, où la France a obtenu lors de la conférence d’Algesiras en 1906 des « droits spéciaux » et s’est installée à Casablanca, avant de mettre en place le protectorat en 1912. Le territoire, soumis à des luttes internes, est considéré comme étant en guerre par l’armée française. Chaussée est en charge du service de l’artillerie et du train des postes d’Oudja, Aïn-Sfa et Taforalt.

Affecté au 3e régiment de spahis en avril 1910, Charles Chaussée retourne en Algérie en septembre la même année et  est détaché à la place de Constantine. Il est ensuite stationné à Biskra et rentre brièvement en France métropolitaine pour épouser, en octobre 1910 à Poitiers (Vienne), Louise Euphémie Désirée Aimée Moguet, fille d’un instituteur d’Haspres (Nord).

De nouveau envoyé au Maroc en mai 1911, il voyage avec son unité sous les ordres du capitaine Freyssunge à bord du paquebot à vapeur Aquitaine Il, de la Compagnie des Transports Maritimes. Il transporte d'Oran à destination de Casablanca 4 officiers, 16 sous-officiers, 221 hommes de troupe, 177 convoyeurs indigènes et 436 chevaux et mulets.

Séjournant à Rabat, Charles Chaussée, passé en janvier 1914 au 1er régiment de chasseurs d’Afrique, est nommé en mars vétérinaire major (capitaine). Malade, il rentre en France en mai puis renonce à son congé dès l’entrée en guerre en août 1914.

Au cours de la première guerre mondiale, nommé au 111e régiment d'artillerie lourde, Charles Chaussée fait l’objet de trois citations pour son activité où il est qualifié comme ayant « fait preuve dans l'exercice de ses fonctions d'un zèle et d'une activité inlassables ». Le 5 octobre 1915, il a soigné sous le feu 27 chevaux blessés par les obus. Le 28 août 1916, a fait preuve de la même conscience professionnelle pendant un bombardement d'avions qui jetait bas 66 chevaux. Il devient en 1918 vétérinaire divisionnaire de la 151e division et est remarqué en mai-juin 1918 à Soissons, puis en Champagne et sur l'Aisne en octobre-novembre. Il est félicité pour avoir « su conserver, dans de bonnes conditions, une cavalerie soumise à une très dure épreuve. »

Un nouveau pansement métallique pour les chevaux est préconisé par Chaussée, qui en précise l’emploi dans une publication de la Revue générale de médecine vétérinaire en mai 1917.

Après le conflit, Charles Chaussée est officier au sein du 61e puis du 22e régiment d’artillerie et en octobre 1920 dans le 5e groupe d’artillerie à cheval. Il rejoint pour un mois en mai 1921 l’armée française d’occupation des pays rhénans, en Allemagne. Resté en activité, il obtient en juillet 1921 une pension d’invalidité chiffrée à 10% pour emphysème pulmonaire, qui sera portée à 25% en mai 1925, même si son état général est qualifié de « très bon ». Alors en congé en demi-solde, il prend sa retraite de l’armée en février 1925

Maintenu dans la réserve militaire, Charles Chaussée assure en 1932 et 1933 le classement des chevaux de la région parisienne. Il est promu en juin cette même année vétérinaire major de 1e classe (commandant).

À suivre

Le pansement métallique pour chevaux Chaussée

 

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31 août 2022 3 31 /08 /août /2022 06:01

Antoine Mathon naît le 5 septembre 1880 à Vaux [act. Vaux-en-Beaujolais, Rhône] au lieudit La Cime des Prés. Il est le fils d’Annette Chavel et de son mari Antoine Mathon, vigneron.

Il exerce le métier de jardinier en 1900 à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) quand il est recensé pour ses obligations militaires. Il fait son service à partir de novembre 1901 au 149e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en septembre 1902 puis sergent un an plus tard, et libéré l’année suivante.

Retourné en région parisienne où il reprend d’abord son métier à Asnières, Antoine Mathon épouse en juin 1905 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Léonie Marie Louise Courty, brodeuse. Ils s’installent dans le centre-ville de Joinville, rue de Paris. À partir de 1906, Antoine Mathon est employé par la firme cinématographique Pathé-Cinéma, qui dispose d’usines dans la commune.

Mobilisé en août 1914 au début de la première guerre mondiale dans le 12e régiment d’infanterie, Antoine Mathon est blessé à trois reprises : en juin 1915 à Metzeral (Haut-Rhin), il est touché à la main gauche par un obus ; en décembre 1915 Hartmannswiller (Haut-Rhin), son visage est atteint par un éclat de torpille ; enfin en août 1918, il est intoxiqué par les gaz et blessé par balle à la jambe gauche par des éclats de grenade. Il est démobilisé en février 1919.

Le comportement d’Antoine Mathon lui a valu deux citations. La première en septembre 1917, à l’ordre du régiment, est sobre : « Bon sous-officier, ayant toujours accompli son devoir ». La seconde en septembre 1918, à l’ordre de la division, a plus d’emphase : « Sous-officier d’un courage à toute épreuve, quoique blessé et intoxiqué, n’a pas voulu se laisser évacuer, faisant l’admiration de ses hommes, par son mépris du danger. »

Ayant repris son activité chez Pathé-Cinéma, Antoine Mathon se spécialise dans le développement de films. Il s’intéresse aussi à la vie sociale et devient en 1923 le trésorier de la section de Joinville des Prévoyants de l’avenir, importante organisation d’épargne populaire ; il prend la succession d’un des fondateurs de cette société de secours mutuels à Joinville en 1897, Louis Castanet. Mathon exerce toujours cette fonction en 1933.

Sur le plan politique, Antoine Mathon prend part à la création de la section de Joinville du Parti social français (PSF), formation d’extrême-droite fondée en juillet 1936 par le colonel François de La Rocque. Il en est le trésorier et continue ce rôle en 1938. Le président de la section est Georges Defert, futur maire de Joinville en 1953. Le PSF rassemble régulièrement plusieurs centaines de personnes lors de ses réunions mensuelles à Joinville. Ses membres participent au regroupement local des conservateurs et libéraux, l’Union des républicains, et plusieurs des élus lors des élections municipales de mai 1935 sont membres du PSF ou proche de lui, comme le maire Lesestre, un adjoint, Chaussée ou plusieurs conseillers municipaux, tels Defert et Clerté.

Résidant antérieurement à Alger, dans le quartier de Belcourt, rue de Lyon (act. avenue Mohamed Belouizdad), Antoine Mathon retourne en métropole et vit en 1961 à Paris (14e arr.), 11, rue Delambre.

Antoine Mathon meurt le 23 novembre 1961 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 81 ans, veuf et père d’un fils. Ses obsèques ont lieu dans l’église Notre-Dame des Champs de Paris (6e arr.) et il est inhumé au cimetière parisien de Thiais.

Titulaire de nombreuses décorations, Antoine Mathon avait notamment la Croix de guerre, la Médaille militaire, la médaille interalliée, la médaille de bronze de la mutualité et la médaille d'argent du travail. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur peu avant son décès, en février 1961.

Photo familiale d’Antoine Mathon dit Tony

 

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27 août 2022 6 27 /08 /août /2022 06:01

Felix Louis Déat naît le 5 décembre 1885 à Brest (Finistère). Il est le fils d’Amélie Ernestine Le Roux et de son mari Joseph Déat, employé dans la marine. Ils vivent rue Marengo.

Au moment de son recensement pour le service militaire en 1905, il est employé dans la marine et domicilié avec ses parents à Guérigny (Nièvre). Il fait son service militaire à partir d’octobre 1906 dans la 14e section d’infirmiers ; il est nommé caporal en juillet 1907 sergent puis en janvier 1908 et démobilisé en septembre la même année.

Embauché en novembre 1908 comme employé surnuméraire des Postes et télégraphes, il est alors installé à Gannat (Allier). Il épouse en mai 1909 à Albertville (Savoie) Marie Balbine Céline Bernardi, fille d’un industriel italien producteur de pâtes (vermicellier). Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue des Familles. Dans les Postes, Déat est devenu commis ambulant.

Au début de la première guerre mondiale en août 1914, il reste affecté à son administration puis, en février 1916, rejoint le 8e régiment de génie. Blessé en décembre 1917 lors d’une chute sur le front de bataille, il est déclaré inapte au service armé et retourne aux PTT. Après-guerre, il obtient en juin 1920 une pension de 246 francs pour son infirmité au genou et à la cuisse gauche.

En novembre 1919, Felix Déat est candidat en quatrième position sur la liste présentée par le parti socialiste SFIO aux élections municipales de Joinville, conduite par un ancien conseiller municipal, Georges Laruelle. Elle arrive en seconde position, avec 29,0% des votes, devant le Bloc indépendant de Jules Beauvais (droite libérale et conservatrice) mais derrière l’Union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand, qui regroupe des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, dont d’anciens élus SFIO de 1912. Déat obtient 499 voix pour 1 694 suffrages exprimés (29,5%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits.

Au second tour, après le retrait du Bloc indépendant, la liste socialiste, qui intègre alors Henri Lacroix, conseiller SFIO sortant, est distancée avec 34,5% du corps électoral contre 65,5% pour le centre-droit, et n’a pas d’élu. Déat obtient 506 voix pour 1 518 suffrages exprimés (33,3%) sur 1 537 votants.

L’année suivante, en février 1920, Déat est désigné comme membre de la commission exécutive de la section de Joinville de la SFIO, dont André Flambard est le secrétaire.

Comme la totalité des adhérents de Joinville, Felix Déat devient probablement membre du nouveau parti communiste constitué en décembre 1920 suite au congrès de Tours.

Felix Déat meurt le 25 mars 1922 à Paris (7e arr.), où il était hospitalisé. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin. Il était âgé de 36 ans, était domicilié dans l’arrondissement rue Godefroy-de-Cavaignac et était père de deux enfants.

Ancien bureau de poste de Joinville-le-Pont, vers 1900

 

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