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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie de Marcel Mayer

Marcel Ernest Gustave Mayer naît le 20 juin 1883 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Louise Columeau et de son époux Frédéric Marie Mayer, résidant rue Nollet, tous deux photographes.

La famille Mayer fait partie des pionniers de la photographie. En avril 1848, les frères Mayer fondent, sous le patronage de Louis Daguerre l’Athénée de photographie. Ils s’associent à partir de 1855 à Pierre Louis Pierson dans une société florissante. Ils ont le statut de « photographes de sa majesté l’empereur » Napoléon III. Les frères Mayer, à l’origine du studio, sont le grand-père de Marcel, Gustave Adolphe (1811-1867) et ses cadets Louis Frédéric (1814-1885) et Ernest Léopold (1817-1895).

En 1901, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris. Marcel Mayer est, comme son père et ses aïeux, photographe. Il devance l’appel au service militaire et signe un engagement pour quatre ans en novembre 1902. Il sert au sein du 13e régiment d’artillerie et est nommé musicien en août 1903. Il est démobilisé en novembre 1906.

Pendant sa période sous les drapeaux, il reconnaît, en octobre 1903, être le père d’un garçon, né à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) de sa compagne Blanche Suzanne Renaud, orfèvre. L’enfant, Raymond Marcel Mayer, meurt en janvier 1904.

Au sortir de l’armée, fin 1906, Marcel Mayer est embauché par la firme Pathé-Cinéma, qui dispose notamment d’usines à Vincennes et Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il a le statut de voyageur.

Il est chargé, par le directeur, Charles Pathé, de suivre les succursales étrangères de la la firme à partir de 1911, et notamment de la représenter en Allemagne. Il réside à Berlin dans la Friedrichstrasse en octobre 1912 puis, en avril 1913, dans le quartier de Tempelhof et la Dreibundstrasse. Il s’y rend probablement avec sa nouvelle épouse, Juliette Bigler, lingère, leurs noces ayant eu lieu une semaine avant son départ, en avril 1913, à Saint-Maur-des-Fossés.

Au déclenchement de la première guerre mondiale, Marcel Mayer est toujours à Berlin ; en tant que citoyen d’un pays ennemi, son mobilier est placé sous séquestre. Il réussit à quitter la ville et à rejoindre la France, ce qui lui vaudra d’être considéré comme un combattant volontaire. Il rejoint son unité le 12 août 1914. Il est affecté en septembre 1915 au 62e régiment d’artillerie (RA), où il est nommé brigadier en janvier 1917 puis maréchal des logis (sous-officier) en avril la même année. Il est affecté au 63e RA en octobre. Au cours du mois de mars 1918, il est « intoxiqué légèrement par les gaz » selon son livret militaire et rejoint, en août, le 68e RA. Après la fin du conflit, il est démobilisé en janvier 1919.

Son comportement militaire a valu à M. Mayer une citation à l’ordre du régiment en septembre 1917 : « Excellent gradé et courageux. Rentré d’Allemagne en France après la déclaration de guerre pour rejoindre son corps. »

Ayant repris son activité chez Pathé-Cinéma, Mayer s’occupe notamment de la restitution des biens de Pathé saisis par les autorités allemandes. Il prend, en juillet 1923, la succession de Victor Dosse (1863-1946) à la direction de l’usine de Joinville. Il intègre le comité de direction de la société et exerce sa fonction jusque 1932. Il est alors remplacé par René Nadal (1886-1939), également directeur des Studios de Saint-Maurice.

À suivre

Marcel Mayer (à gauche) dans l’usine de Joinville-le-Pont (Fondation Jérôme Seydoux Pathé)

 

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Georges Capgras

À la sortie de la guerre, la situation du peintre Georges Capgras change beaucoup. Il se sépare de sa seconde épouse et son fils, revenu d’Amérique pour combattre pendant le conflit, d’abord dans l’Est de la France puis dans les zouaves avec l’armée d’Orient, est grièvement blessé. Après un bref retour aux États-Unis, il revient en France et meurt, en décembre 1919 des suites de ses infirmités de guerre. Il est enterré à Saint-Maur-des-Fossés, ville de ses grands-parents paternels. En matière professionnelle, Georges Capgras ne fait plus mention de son emploi au Crédit foncier et paraît se consacrer exclusivement à ses activités artistiques. Il vit de nouveau à Paris (9e arr.), dans le quartier Saint-Georges, rue Gaillard renommée ensuite rue Escudier.

Il entreprend des randonnées, en particulier en Alsace, qu’il parcourt à pied et sac au dos. Outre sa participation systématique au Salon des artistes français à Paris, il a des expositions personnelles, comme en novembre 1920 à la galerie Allard, rue des Capucines à Paris mais aussi à Lille, Nancy, Tokyo ou Copenhague. Récompensé par la médaille d'or au Salon des artistes français en 1923 pour le triptyque Terre d’Alsace, il est mis hors compétition dans les salons suivants.

Un des éléments marquants de l’évolution du peintre, c’est son adhésion au spiritisme où, selon ses compagnons, « il trouva la consolation » de la disparition de son fils. Il devient vice-président de l’Union spirite de France (USF) et reste membre du comité de l’association jusqu’à son décès. Il participe activement aux travaux, donne en avril 1936 une conférence sur Le spiritisme et l’art à Paris. Il fait également cadeau à l’USF de son triptyque, Vers la lumière pour sa salle de réunion.

Après avoir eu en 1926 une compagne, Jeanne Chaumon, veuve et employée de commerce, Georges Capgras épouse en novembre 1927 à Paris (6e arr.) l’artiste peintre Henriette Louise Emma Desportes. Parmi les témoins du mariage, on compte Paul Doumer, alors président du Sénat, qui deviendra président de la République en 1931 et sera assassiné l’année suivante. Autres témoin, le peintre Paul Chabas (1869-1937), qui était comme Capgras un ancien élève de Bouguereau ; un autre artiste peintre, Marcel Baschet (1862-1941), malade le jour de la noc, s’était fait excuser. Avec Henriette Desportes, Géo Capgras s’intéresse à la Bretagne, notamment à la ville de Dinan (Côtes-d'Armor) où son épouse réside. Leur union est dissoute par un troisième divorce en juillet 1930 à Paris.

Paul Doumer (1857-1937), qui deviendra président de la République en 1931 et sera assassiné l’année suivante, avait « une très profonde affection », selon la présentation faite en en septembre 1937 par la Revue spirite. Leurs sentiments mutuels s’étaient resserrés leurs deuils cruels : le Président perdit quatre de ses fils à la guerre et Capgras, son fils unique. Ce dernier avait fait le portrait de Paul Doumer qui était présenté au Salon de 1927, et la présidence du Sénat avait acquis le triptyque Terre d’Alsace pour l’exposer dans son salon d’honneur. Paul Doumer avait reçu Georges Capgras dans sa résidence officielle de Rambouillet (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Même si Capgras n’enseigne pas, des artistes se réfèrent à lui, notamment Hélène Benoit-Courcier (1891-1982), peintre versaillaise, originaire du Pas-de-Calais. Selon des sources qu’il n’a pas été possible de vérifier, il aurait également eu une influence sur les peintres Paul-Albert Laurens, Albert Malet, Marcel-Lenoir, Georges Pacouil, Alexander Ossipovich Orlowsky, Renée Unik, Louis, Ludovic et Henri Louis Vallée ainsi qu’Yves Pallies.

Sociétaire des Artistes français depuis 1898, Georges Capgras était également en 1928 membre du comité directeur de la Société des peintres de montagne. En tant que membre du comité de l’Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs, c’est lui qui présente le rapport annuel lors de l’assemblée générale de cette association, en mai 1939 dans l'École des beaux-arts de Paris.

Georges Capgras meurt le 5 août 1947 à Paris (16e arr.), dans la pension de la rue Chardon-Lagache où il résidait. Il était âgé de 81 ans et père de deux enfants.

Le peintre a été décoré des Palmes académiques comme officier d'académie en janvier 1905 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1909, en tant qu’artiste peintre. Il est fait chevalier du Mérite agricole en septembre 1913 pour sa contribution en tant que dessinateur du Crédit foncier de France. En avril 1925, il devient chevalier de la Légion d’honneur. Son nom est inscrit, sous la forme Géo Capgras, sur la liste des bienfaiteurs de la ville de Saint-Maur, figurant sur une plaque installée dans la mairie.

Georges Gonzalès lui rend hommage en novembre 1947 dans le bulletin de l’Union spirite de France, Survie. Dans le même numéro, le président de l’union, André Dumas, consacre un article intitulé « Géo Capgras se manifeste » au sujet d’une « apparition » qui serait survenue à Paris et qui est racontée par Mlle Leguet, adhérente à l’association.

Plusieurs expositions ont présenté des tableaux de Géo Capgras au 21e siècle. C’est la cas en particulier du musée de Saint-Maur (Val-de-Marne) qui a présenté, en février 2014 une maquette du triptyque Terre d’Alsace, qui est conservé au musée du Luxembourg à Paris, dans la collection du Sénat. Une conférence de Carine Delaporte, attachée de conservation et médiatrice du musée, a été consacrée au peintre, dont une quarantaine d’œuvres sont conservées dans la commune. Dans la même ville, une exposition lors de l’hiver, 2019-2020. Montre La nature sous la neige. « Art/Enfer. Créer à Verdun, 1914-1918 », organisée en novembre et décembre 2022 au Mémorial de Verdun-Champ de bataille à Fleury-devant-Douaumont (Meuse), a affiché L’Enlisé (1917).

Les œuvres de Géo Capgras figurent dans les collections de musées internationaux, notamment en Argentine, à Buenos-Aires ; au Brésil, à la Pinacothèque de São Paulo ; au Danemark, au musée de Copenhague et aux États-Unis, au musée des beaux-arts de San-Francisco (Californie). En France, ses toiles sont conservées par les musées des beaux-arts de Calais (Pas-de-Calais) et de Dijon (Côte-d'Or) et par le musée de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) ; à Paris, on garde sa production au Musée du Luxembourg au Musée de l'armée aux Invalides et à l’hôtel de ville.

Fin

 

Portrait publié dans la Revue moderne 15/09/1922

Portrait de la Revue moderne retouché par intelligence artificielle (ChatGPT) – la coupe de cheveux paraît très irréaliste

 

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28 juillet 2025 1 28 /07 /juillet /2025 00:01

André François Martin naît le 4 juin 1900 à Chatillon-sous-Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

En 1901, André François séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand André a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

En novembre 1918, André Martin, qui exerce le métier de tourneur mécanicien, est incarcéré à la prison de Fresnes pour une raison qui n’est pas connue. Début janvier 1919, il signe un engagement dans l’armée pour quatre ans et est affecté au 7e régiment de dragons. Il est envoyé en Allemagne, dans les troupes d’occupation françaises. Le 25 février, il manque à l’appel et, le 25, il est déclaré déserteur ; mais comme il est revenu le 26, l’armée note dans son dossier militaire que c’est « à tort » que cette déclaration a été faite mais il est placé en locaux disciplinaires. Toujours en Allemagne, il manque une nouvel fois à l’appel le 14 juin 1919, s’étant évadé, et est de nouveau déclaré comme étant en désertion. Il est arrêté le 1er août. Le 7 août 1920, les faits pour lesquels il avait été condamné sont amnistiés. Il poursuit son service militaire au sein du 9e régiment de dragons. En février 1921, il est sur l’île d’Oléron (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime), dans le 57e régiment d'infanterie pui de nouveau dans une unité de dragons, le 4e, en septembre 1921. Il obtient un congé libérable en novembre 1922.

De nouveau domicilié chez sa mère à Joinville-le-Pont, il épouse en novembre 1928 dans cette ville Blanche Marie Joséphine Aribaud, fille d’épiciers de Luc-sur-Orbieu (Aude).

À l’instar de sa sœur, de son frère et sans doute de sa mère, André Martin s’engage dans l’action politique au sein du parti communiste (PCF). Il est candidat élections municipales de 1929 et 1935 ainsi qu’au scrutin municipal complémentaire de 1934.

En mai 1929, les frères René et André Martin figurent tous deux sur la liste du Bloc Ouvrier-Paysan, appellation des candidatures communistes de l’époque. Au premier tour, il obtient 340 voix pour 1715 votants (19,8%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

En octobre 1934, des élections partielles pour pourvoir dix postes rendus vacants par suite de décès ou démissions ; quatre groupes sont en lice, deux regroupant des libéraux et conservateurs avec des radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et le PCF. André Martin figure en sixième position. Il recueille au premier tour 408 suffrages pour 2297 exprimés (17,8%) et 2360 votants sur 3225 inscrits. Devancés de quelques voix, les socialistes se retirent de même qu’une des autres listes. Au deuxième tour, Martin est gratifié de 745 votes pour 1903 exprimés (39,1%) et 1964 votants. Aucun des candidats communistes n’est élu.

Lors des élections municipales de mai 1935, pour le renouvellement normal du conseil municipal, on retrouve quatre listes, les radicaux-socialistes et les libéraux-conservateurs ayant chacun leur propre rassemblement, la SFIO et le PCF concourant de nouveau séparément. André Martin, qui indique être métallurgiste, figure en onzième position derrière Robert Deloche. Son score du premier tour est de 671 voix sur 2856 suffrages, soit 23,5%. Les socialistes et les communistes se rassemblent pour le second tour et Martin est alors crédité de 1103 bulletins à son nom pour 2899 exprimés (38%). Il n’est pas élu, mais, pour la première fois, deux communistes entrent au conseil.

Employé par la société Gnome et Rhône, qui fabrique des moteurs d’avions, fait l’objet d’une affectation spéciale dans le cadre de la réserve de l’armée. Il conserve cette affectation au début de la deuxième guerre mondiale en septembre 1939 puis est réaffecté, le mois suivant, au dépôt d’artillerie 341 de Fontainebleau. Avec la défaite, il quitte l’armée le 2 août 1940.

Le 19 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne contre les forces allemandes, André Martin est tué boulevard Sébastopol à Paris, alors que se déroulent des combats entre les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les soldats du Reich. Il vivait à proximité, rue de Montmorency et était toujours employé par Gnome et Rhône en tant que tourneur-outilleur.

Selon l’historien de la Libération de Paris, Gilles Primout, André Martin était peut-être un des membres du groupe FFI, mais il n’a pas été formellement identifié. Les archives du Service historique de la Défense mentionnent son décès en tant que « victime civile ». Son acte de décès ne porte pas la mention « Mort pour la France ». Il était âgé de 44 ans et n’avait semble-t-il pas eu d’enfant. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

André Martin (Arch. fam.)

 

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 00:01

René Jean Martin naît le 2 décembre 1897 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

Ils vont vivre à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, René Jean séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand René a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

Alors menuisier pendant la première guerre mondiale, René Martin s’engage en juillet 1916, à l’âge de 18 ans, devançant de deux ans l’appel de sa classe. Il signe un contrat de trois ans et est affecté dans la marine. Il sert sur le croiseur-cuirassé Ernest-Renan. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1916, le Renan faisant route sur Salonique, aborde à vingt nœuds le vapeur italien Helvetia et le coupe en deux. Le naufrage fait, selon Il Naufragio dell'Helvetia, 15 morts, 115 personnes sont secourues. La plupart des passagers étaient des soldats italiens rentrant en permission. En juillet 1917, il devient matelot timonier, toujours sur le Ernest-Renan. Il est affecté en janvier 1918 à un bâtiment de servitude de Corfou (Grèce) puis en novembre la même année au Tourville, navire-école servant à l’apprentissage du canonnage. Le Ernest-Renan fait partie des bateaux menaçant de leurs canons en janvier 1919 le port de Sébastopol, qui font face à une révolte des marins, dont notamment André Marty, future icône du parti communiste ; René Martin n’y a probablement pas participé, contrairement à une légende propagée dans sa famille.

Après-guerre, René Martin sera libéré des obligations militaires en novembre 1932 et réformé, classé invalide à 100%, du fait d’une tuberculose pulmonaire. Il travaille en 1921 comme employé de chemin de fer. Il vit avec sa mère, sa sœur et le fils de cette dernière, encore dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont, avenue Jamin.

Signalé dans son livret militaire comme résidant à Meaux (Seine-et-Marne) en 1925, route de Varreddes, il est cependant présent à Joinville, où il est, en compagnie de son frère André, candidat sur la liste du parti communiste lors de élections municipales de mai 1929. Au premier tour, il obtient 345 voix pour 1715 votants (20,1%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste du Bloc Ouvrier-paysan se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu tandis que la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

Indiquant vivre dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1930, René Martin est de retour à Joinville en 1932, où il se met en couple avec Suzanne Henriette Robichon (1898-1968), alors mariée mais séparée ; ils résident rue des Lilas (act. rue Pierre-Allaire).

En 1933, René et Suzanne sont installés à Meaux, de nouveau route de Varreddes. Il est redevenu menuisier biseauteur de glaces. Lors d’une querelle avec des voisins, en juillet 1933, « pour un motif sans grande importance » selon le Journal de Seine-et-Marne, René et Suzanne sont, de même que leurs deux adversaires, condamnés pour voies de fait réciproques, à 25 francs d’amende.

René Jean Martin meurt le 29 juin 1938 à Meaux. Il était toujours menuisier et âgé de 40 ans.

René Martin sur le croiseur cuirassé Ernest-Renan, 1916 (Arch. fam.)

 

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 00:01

Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.

En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.

Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.

Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.

En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.

Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.

Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.

La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.

Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.

Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.

Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.

Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.

Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.

Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.

Le château de Polangis, seule vue connue

 

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24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 00:01

Alexandre Louis Ernest Trépreau naît le 9 décembre 1890 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Louise Courtois et de son époux Ernest Charles Trépreau. Ses parents sont fabricants de chaussures et vivent boulevard de Charonne. Ils s’installent ensuite rue Dorian (12e arr.) puis, en 1898, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). En 1910, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves) ; le père est alors employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier ; il sera ultérieurement représentant de commerce.

Devenu électricien, Alexandre Trépreau dépose plusieurs brevets, pour un radiateur électrique en novembre 1909, puis pour des perfectionnements aux disjoncteurs en janvier 1910. Il complète son travail d’innovation avec trois brevets en 1911 pour un chauffe-eau électrique instantané, qu’il commercialise sous la marque Hydra-Lux ; il le présente au concours Lépine de Paris en septembre 1910. La revue Science progrès découverte commente en novembre 1910 : « L’appareil n’est pas destiné à chauffer de très grandes quantités d’eau comme pour un bain par exemple, mais il trouvera sa place dans les cabinets des médecins et des dentistes, chez les coiffeurs et dans les cabinets de toilette des appartements modernes. »

Pour protéger ses inventions, Trépreau dépose ses marques en 1909 auprès du Bureau international de l'Union pour la protection de la propriété́ industrielle et fait publier cette inscription dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, Cuba, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse…

Appelé en décembre 1911 à faire son service militaire, Alexandre Trépreau intègre le 46e régiment d’artillerie de campagne, dans lequel il est maître pointeur en septembre 1912. Il est victime d’une chute, en mai 1913, qui le blesse au genou droit puis démobilisé en novembre 1913.

De nouveau appelé en août 1914 au déclenchement de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, son activité militaire lui vaut une citation en février 1916 à l’ordre de la division. Il est évacué en mars 1916 pour une « angine aigüe ». Après avoir repris son poste en mai, il souffre de problèmes rénaux, qui lui valent une réforme temporaire en juillet 1916 pour « albuminerie persistante ». Son état est confirmé en octobre la même année, puis en juin 1917 et en mai 1918. Le conflit étant terminé, il se voit attribuer en octobre 1919 une pension de 20% pour asthénie générale avec trace d’albumine. En septembre 1920, il est affecté à des services auxiliaires, du fait d’une néphrite chronique, d’albumine, de céphalées, d’essoufflement, et d’amaigrissement, sa pension étant alors fixée à 10%. En novembre 1929, il est définitivement réformé de ses obligations militaires, avec une pension de 35% pour des reliquats de néphrite et de l’hypertension.

Pendant son second congé-maladie lors de la guerre, Alexandre Trépreau épouse en décembre 1916 à Paris (11e arr.) Ernestine Claire Werren, cartonnière. Toujours domicilié avenue de l’Île à Joinville, avec ses parents, Trépreau abandonne son activité commerciale pour un temps et est contremaître ; en avril 1925, il recherche une « place stable. »

Abonné au journal royaliste Action française, Alexandre Trépreau, dont le père partage les opinions, participe à de nombreux appels à souscription du quotidien d’extrême-droite. Ainsi, en janvier 1918, les deux envoient 5 francs chacun avec la mention suivante : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ».

Répondant à un appel intitulé « Le million de la défense sociale contre l’or bolchévik », en juillet 1919, Alexandre Trépreau s’inscrit « Pour la paix qui passe, par la Monarchie » puis en septembre la même année en écrivant « Vive Daudet, le sauveur de la France ». Il participe à de nouveaux appels en avril 1921 « Pour la reconstitution nationale », en décembre de ladite année « Pour conserver la victoire » et en mai 1924 « Pour l’action nationale. »

Une fois de plus en compagnie de son père, ils font partie des 22 joinvillais qui contribuent en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. En décembre 1927 puis en mars 1929, Alexandre Trépreau est de nouveau mentionné comme contributeur à l’Action française.

En matière professionnelle, Alexandre Trépreau reprend une activité commerciale indépendante, avec une boutique d’appareils de TSF (téléphonie sans fil, radio), implantée rue de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qu’il exploite en 1931.

Après la mort de son père en février 1932 et de son épouse en août de cette année-là, il quitte Joinville et vit rue de Charonne à Paris (11e arr.). Son entreprise de Charenton fait faillite en mars 1935. Travaillant toujours comme électricien et demeurant rue Marqfoy (act. rue Robert-Blache, Paris 10e arr.), Alexandre Trépreau se remarie avec Marie Émilia Jeanne Gondouin, sténodactylo,

Au début de la deuxième guerre mondiale, il est hospitalisé à La Salpêtrière puis travaille comme magasinier électricien en 1940.

Alexandre Trépreau meurt le 28 mars 1959 à Argentan (Orne). Il était âgé de 68 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant. En février 1916, il a été décoré de la Croix de guerre.

Schéma du chauffe-eau Hydra-Lux

 

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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:29

Louis Seive naît le 14 juillet 1872 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Massez et de son compagnon, Claude Marie Seive, qui déclare sa naissance et le reconnaît. Ses parents résident rue des Poiriers. Leur mariage, en décembre 1884 dans le même arrondissement, légitime son ascendance. Sa mère est native de Renaix, ville de Flandre orientale, en Belgique flamande à forte minorité francophone. Son père, natif de la Loire, qui a un jumeau prénommé Claude, est fabricant d’eau de seltz. Il meurt lorsque Louis a 13 ans ; ils vivent alors rue des Pyrénées. Sa mère décède deux ans plus tard à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).

Effectuant un service militaire d’un an, à partir de septembre 1893 au sein du 120e régiment d'infanterie, Louis Seive est démobilisé en octobre 1894, avec le grade de caporal, pour entrer comme élève à l’école nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Admis à la 59e place sur 63 reçus, il poursuit une scolarité passable, obtenant son diplôme en juillet 1898 au 60e et dernier rang. Il avait été exclu de l’internat début janvier 1898 « pour s’être absenté deux jours sans autorisation » et avait poursuivi sa formation comme externe.

Installé dans l’appartement familial de la rue des Pyrénées (quartier Charonne), Seive devient membre de la Société protectrice des animaux en janvier 1899.

Il atteint une certaine notoriété en soignant, en mai 1900, le lion Ménélik, de la ménagerie de la Foire au pain d’épices (act. Foire du Trône), dans le Bois de Vincennes (12e arr.). Atteint d’une pleurésie double, il réagit vivement à l’intervention initiale, mais calmement à la deuxième opération ayant « sans doute senti un soulagement après les premiers soins » selon la presse parisienne et provinciale, qui en rend compte.

En février 1902, Seive autopsie un chien danois et établit qu'il était atteint de la rage ; il envoie ses quatre victimes à l’Institut Pasteur. Un atelier de maréchal-ferrant est également exploité par Seive, rue de Bagnolet, en 1907.

Après avoir effectué en 1896 et 1899 des périodes comme soldat de réserve, Louis Seive devient en juillet 1905 officier, avec le titre d’aide-vétérinaire (sous-lieutenant). Il est promu en août 1909 vétérinaire en second (lieutenant).

Installé en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz), puis rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier), dans le centre-ville, il épouse en mars 1912 à Paris (12e arr.) Léontine Augustine Démaré, native de Tourcoing.

Au cours de la première guerre mondiale, Louis Seive est mobilisé en août 1914 au sein du 19e escadron du train des équipages militaires, où il intègre la 4e compagnie qui compte 281 hommes, 422 chevaux et 167 voitures.

Son comportement lui vaut, en mai 1917, une citation à l’ordre de la division : « Vétérinaire zélé, actif et consciencieux. Au front depuis le début de la campagne, a maintenu son effectif en parfait état avec le minimum de pertes. A assuré le service d'un groupement de chevaux blessés dans un endroit violemment bombardé [en avril 1917]. S'est dépensé sans compter et avec le plus grand dévouement ». Il est nommé en janvier 1918 vétérinaire-major (capitaine) et rendu à la vie civile en avril 1919.

À Joinville-le-Pont, Louis Seive participe, à la souscription « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », organisée par la section locale du mouvement royaliste Action française en juin 1925. Ernest Berger, né en 1889, était le trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. On compte 22 souscripteurs à Joinville.

Louis Seive meurt le 19 novembre 1935 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 63 ans et n’avait pas d’enfant.

Son comportement pendant la première guerre mondiale lui avait valu la Croix de guerre en mai 1917. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, en mars 1923.

Le lion Ménélik par le sculpteur François Pompon, musée d’Orsay, Paris

 

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26 mai 2025 1 26 /05 /mai /2025 22:39

Louise Éléonore Delalonde naît le 7 novembre 1854 à Cherbourg (act. Cherbourg-Octeville, Manche). Elle est la fille de fille Sophie Louise Le Mignon et de son époux Napoléon Delalonde. Son père est vérificateur des douanes mais également poète. Il a été membre de la société académique des sciences, belles-lettres et arts de Cherbourg.

Ses deux parents sont décédés dans sa jeunesse : lorsqu’elle a 9 ans pour sa mère en 1863 et 14 ans pour son père. Louise Delalonde est alors confiée au docteur Frédéric Auguste Guiffart, médecin de la marine et directeur du service de santé de l’hôpital civil de Cherbourg, chevalier de la Légion d’honneur. Il l’envoie en région parisienne. En 1871, elle reçoit en tant qu’orpheline et fille d’un fonctionnaire, une pension civile de 1 140 francs.

Devenue professeure de lettres, elle épouse en octobre 1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle réside, le docteur Henri Jean Ferdinand Rousseau, professeur de sciences dans l’institution du Parangon. C’est un établissement laïque privé d’enseignement réputé de Joinville qu’exploite son père, Ferdinand Rousseau, à l’époque maire adjoint et l’année suivante maire de la commune.

À côté de son activité médicale et scientifique, Henri Rousseau s’implique dans la gestion du Parangon, derrière son demi-frère Théodore Quirot et son frère aîné Jules Rousseau. Il en prend seul la direction en 1897, après la mort de son père et de ses deux frères. Avec le concours actif de son épouse, il transforme le Parangon en une « école coloniale », destinée à former de manière pratique les jeunes Français ou originaires d’Indochine, d’Afrique, de Madagascar comme des Antilles à l’exploitation agricole de ces territoires.

Charles Pâquet, petit-fils du maire de Joinville, Eugène Voisin, qui sera président de la Société nationale des architectes de France, résistant et maire-adjoint de Vincennes, est élève au Parangon. Il témoigne en 1969 sur la vie dans l’établissement Rousseau : En 1897, « Le docteur Henri Rousseau en fut le directeur et vint également y habiter avec sa femme née Louise Delalonde, dont les cheveux étaient d'un beau blond vénitien et cela surprenait d'autant plus qu'elle était très brune de naissance et qu'alors les femmes n'avaient pas l'habitude comme à l'heure actuelle de changer, pour certaines, la couleur de leurs cheveux presque chaque semaine. (…) Certains élèves, les pensionnaires seulement, pris parmi les plus méritants, étaient une fois par semaine conviés à ce que l'on appelait « le salon », où toute la famille Rousseau était réunie, ainsi que certains professeurs dont M. Ferroni qui enseignait le violon et qui en charmait l'assistance ; des vers y étaient également récités, souvent par Mme Henri Rousseau qui s'intéressait aussi au théâtre. Il était alors servi ce qu'on appelait des rafraîchissements consistant en sirops de grenadine, citron, etc. »

Louise Rousseau s’intéresse à la botanique et notamment à la sériciculture (culture de la soie). Elle installe une magnanerie (élevage de ver à soie) dans le parc.

Elle promeut ses conceptions pédagogiques et intervient lors du Congrès colonial de Marseille, en 1904, pour défendre « l’importance du rôle colonial de la femme ». Elle regrette que « l’enseignement que l’éducation féminine en France a été jusqu’ici franchement hostile à la colonisation. »

Louise Rousseau fut un auteur prolifique. Elle était une des initiatrices de ce qu’on appelait, au tournant du vingtième siècle, le « roman pour jeunes filles », qui connaît encore quelques succès sous d’autres noms (roman de gare).

Parmi ses œuvres, on citera Amoureuses et jalouses (1894), Le Chagrin de Clélia (1894) ou Le Sacrifice de l’amour (1901). Louise Rousseau publie aussi des textes édifiants, des poèmes et du théâtre. Elle connaît un certain succès avec Histoire de chevalerie (années 1890). Elle utilise parfois le pseudonyme de Ludovic Delys.

Avec la Première guerre mondiale, l’école coloniale cesse de fonctionner. Un hôpital américain s’y installera en fin de conflit. Mais, dès 1914, Louise Rousseau anime une œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants dont le but est « de recueillir et de soigner les pauvres petits dont le père, veuf ou divorcé, est appelé sous les drapeaux » comme le rapporte le quotidien socialiste L'Humanité.

Louise Rousseau est morte le 16 novembre 1924 à Joinville-le-Pont. Elle était âgée de 70 ans et mère de deux enfants. Décorée des Palmes académiques comme femme de lettres, en tant qu’officier d'académie en février 1899 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1907, elle est faite chevalière du mérite agricole en février 1914 « pour ses travaux très importants et publications nombreuses sur la sériciculture en France et aux colonies ». Une voie de la commune s’appelle « villa Rousseau », mais il n’est pas clair qu’elle ait été dénommée du fait de sa famille ; par contre, une autre voie porte le nom d’impasse Jules-Rousseau, d’après son beau-frère.

Louise Rousseau

 

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31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Guy Pascal Hirsch Montmartin

Parallèlement à la fonction de consul général honoraire d'Autriche à Paris qu’il exerce depuis octobre 1934, qui n’est pas rémunérée, Guy Pascal Hirsch Montmartin reprend une activité industrielle en France. Il crée en juin 1936 la société Amplilux, qui adopte comme slogan « plus de lumière pour moins d’argent ». Il dépose des brevets en France et aux États-Unis, notamment pour des ampoules à réflecteur annulaire mais aussi pour de la peinture, des instrument d’optique ou des dispositifs et d'ornementation. Il devient également administrateur de la Compagnie des Lampes.

Après avoir appris à piloter à Orly (Seine, act. Val-de-Marne) en juin 1936, Hirsch-Montmartin achète un avion Potez 585 qu’il utilise notamment pour se rendre dans sa résidence secondaire de La Baule (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il connaît deux problèmes de navigation en moins d’une semaine. Le 5 janvier 1937, alors qu’il se rendait à Vienne (Autriche), son pilote a dû atterrir dans un champ à Juan-les-Pins (Antibes, Alpes-Maritimes). Le consul général n’a pas été blessé et a pris le train pour Marseille, pour prendre la ligne régulière Air-France. Autre incident le 11 janvier. Parti de Cannes, ayant fait escale à Lyon, piloté cette fois par Hirsch Montmartin, l’avion – à cause du brouillard – s’est posé dans un champ près de Villepinte (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis).

Comme l’avait fait son père, Guy Pascal Hirsch Montmartin s’intéresse à la presse. Il appuie le projet du journaliste Robert Pecquery dit Jacques La Brède de transformer son hebdomadaire, Demain, qu’il avait lancé pour promouvoir l’association qu’il avait constituée, Confédération générale des classes moyennes. Ils le transforment en juin 1937 en quotidien du soir à Paris. Une enquête sur des trafics d’armes figure dans les premiers numéros. Mais le journal arrête sa publication journalière dès le mois de juillet et son édition de semaine peu de mois après.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Hirsch Montmartin signale aux autorités militaires qu’il a évacué avec sa famille dans la villa Kirye, à Peuchateau, commune de Le Pouliguen (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il dirige un garage situé à la Baule, avenue de Chambord. Il embauche des réfugiés juifs, notamment Hélène Komorner.

L’entreprise d’Hirsch Montmartin à La Baule lui est retirée en juin 1943, au nom de la loi du 22 juillet 1941 relative aux entreprises, biens et valeurs appartenant aux Juifs. La famille est, à ce moment, déjà réfugiée en Amérique, sans doute à New-York (États-Unis).

Après la fin de la guerre, toujours résident à New-York, Hirsch Montmartin se rend régulièrement à Montréal (Québec, Canada). Il quitte la métropole étatsunienne en septembre 1946 en compagnie de Pierre Mendès-France et du cinéaste Julien Duvivier sur un vol de la compagnie TWA. Il fait de fréquents séjours à Paris mais revient à New-York où il a le statut de résident permanent et, en 1948, de citoyen des États-Unis.

Allié à une société canadienne, il achète en 1947 la mine d’amiante de Château-Ville-Vieille (Queyras, Hautes-Alpes) et constitue la société Les Amiantes de France. Bénéficiant d’un financement a titre des dommages de guerre, il investit dans la construction d’un téléphérique de 5,4 km et dans une station de traitement du minerai au Clôt du Riou. [Difficultés techniques] La société est mise en liquidation en 1953.

Toujours dans l’exploitation de ce minerai, conjointement avec son gendre canadien Léon Hoffman, Hirsch Montmartin crée à Genève la société Absestospray en août 1958.

Pascal René Guy Laurent Salomon meurt le 29 décembre 1972 à Nice (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 78 ans et père de deux filles. Sa nécrologie est publiée, sous la signature de sa veuve et de sa fille cadette Vivianne par La Presse, quotidien de Montréal (Québec, Canada), ville où il résidait probablement. Il est désigné sous le nom de Guy Pascal Hirsch Montmartin et les deux fonctions mentionnées sont « ancien consul général d'Autriche et président des commissaires généraux de l'Exposition de 1937. »

Selon le journaliste Henry Coston, Hirsch Montmartin appartenait, comme son père, à la franc-maçonnerie.

Fin

Guy Pascal Hirsch Montmartin en 1938

 

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Guy Pascal Hirsch Montmartin

Après ses ennuis judiciaires du début des années 1920, Pascal Hirsch Salomon ne semble avoir qu’une activité en France ; peut-être voyage-t-il à l’étranger. Il s’inscrit en 1927 sur la liste électorale de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), se déclarant comme représentant, et réside avec sa famille avenue des Ailantes.

En 1931, il est domicilié à La Celle-Saint-Cloud (Seine-et-Oise, act. Yvelines), rue de L’Étang-Sec, avec son épouse et des deux filles ; il se déclare administrateur de sociétés et deux domestiques résident chez eux. Il se fait appeler Guy Pascal Hirsch Montmartin, préférant généralement raccourcir en Guy Pascal Montmartin, adoptant le nom de sa belle-famille.

Ayant un temps abandonné les affaires, Guy Pascal Montmartin commence en octobre 1934 une carrière diplomatique. Il est nommé consul général honoraire d'Autriche à Paris. S’il exerce bien la fonction consulaire, la titulature honoraire signifie qu’il n’est pas rémunéré. Il adhère en décembre 1934 au comité du Développement des Relations artistiques entre l'Autriche et la France et assure à partir de 1935 de nombreuses représentations protocolaires et mondaines. Il organise, dans les salons du consulat, une exposition commerciale et artisanale d'Autriche en mai 1935.

La résidence familiale est, en 1936, l’avenue Victor-Hugo à Paris (16e arr.), dans le quartier de la Porte Dauphine. Trois domestiques résident chez eux.

La partie la plus marquante du mandat de Hirsch Montmartin va être liée à l'Exposition universelle de 1937 à Paris. Officiellement dénommée Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne, elle se tient à Paris du juin à novembre 1937. Il est nommé en janvier 1936 commissaire général du gouvernement autrichien pour cette manifestation. En septembre la même année, il est désigné président par l’assemblée générale des commissaires généraux des nations ayant accordé leur participation à l'Exposition, devenant ainsi leur interlocuteur pour les discussions avec le gouvernement français. Le pavillon autrichien est, le 11 juin 1937, l’un des premiers (avec celui du Portugal) à ouvrir.

Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, le 13 mars 1938, toutes les représentations diplomatiques de la République autrichiennes sont sommées de se soumettre aux autorités allemandes. À Paris, Hirsch Montmartin répond à la chancellerie fédérale à Vienne : « Je reçois votre télégramme me donnant ordre arborer le drapeau allemand à croix gammée sur le consulat général d'Autriche. Je vous informe que je refuse d'arborer un autre drapeau que le drapeau autrichien constitutionnel et vous confirme ma démission ». Plusieurs autres diplomates prennent la même attitude, comme le baron Pflugl, délégué permanent de l'Autriche auprès de la Société des nations à Genève ou le consul d'Autriche à Sao-Paulo (Brésil). Le quotidien Paris-soir estime que « Le Consul général à Paris reste fidèle à ses convictions républicaines. »

Le 17 mars, après que l’ambassade d’Allemagne à Paris lui eut donné l’ordre d’amener le pavillon fédéral autrichien qui flottait sur ses bureaux, Hirsch Montmartin publie une note : « j’ai remis les documents consulaires entre les mains de l’envoyé de l’ambassade d’Allemagne. Je crois que c’est un évènement historique sans précédent que de voir disparaître la représentation totale d’un pays dont l’existence constitutionnelle et légale était reconnue par le monde entier. (…) J’ai déclaré que l’on se battait encore en Autriche il y a quelques jours et je crois savoir que les combats continuent. Le régime de terreur institué implique que ces informations sont exactes. Les arrestations en masse dans tous les milieux prouvent bien que l’enthousiasme et l’unanimité ne sont pas tels qu’on les déclare sans quoi les arrestations seraient des persécutions trop tragiques. Bruno Walter, qui n’a fait d’autre politique que celle de l’Art, a été impitoyablement emprisonné ; la princesse Starhemberg, mère du prince, octogénaire, est en prison ; le baron Louis de Rothschild y est aussi et tant d’autres dont on ignore le sort ; en effet, les nouvelles de Vienne ne parviennent plus, les journalistes ne pouvant tout voir, mais seulement dire ce qu’ils apprennent. Un grand nombre d’Autrichiens ne reconnaîtront pas la mainmise sur leur patrie et tant parmi ceux qui sont en Autriche que ceux qui sont à l’étranger, un mouvement national est en formation. Des comités se forment dans les grandes capitales, à Londres notamment sous la présidence du baron Frankenstein, dernier ambassadeur d’Autriche dans la capitale britannique. À New-York et à Paris, d’autres comités se créent. Je me suis personnellement chargé de coordonner tous ces efforts. Aujourd’hui même, je reçois une délégation d’Autrichiens d’Amérique. Il est à souhaiter que tous ces efforts trouvent un appui auprès des gouvernements et qu’on finisse par apprendre la vérité sur les sentiments réels de l’Autriche afin que les gouvernements étrangers du monde entier viennent au secours du droit et de la liberté des peuples et assurent le respect des traités sur lesquels figure leur signature. La paix si menacée du monde en dépend plus que jamais. L’Autriche redeviendra autrichienne. »

Dans la presse, il déclare encore : « Si je n’ai pas arboré le drapeau à croix gammée c’est que la plus grande partie de l’Autriche n’est pas nazie, contrairement à toutes les informations parues dans la presse. Je n’en veux pour preuve que cette information que je reçois de source très sûre : de la frontière suisse on entend nettement la mitraillade dans le Tyrol. En effet, des combats ont lieu sur certaines parties du territoire autrichien. Quant à l’entrée des troupes allemandes en Autriche, elle ne s'est pas effectuée comme on l’a dit au milieu de l’enthousiasme mais à grand renfort de formations nazies, on est parvenu à créer une fausse allégresse. Comme consul général d’Autriche à Paris, je ne connais que l’Autriche qui a été définie par les traités et par la Société des Nations. L’annexion de l’Autriche n’a pas été officiellement reconnue. Telle est la cause de mon refus d'arborer l’emblème du Reich. Au surplus, la logique m’interdisait de faire une telle chose. S'il y a encore une Autriche il n’y a qu'un seul drapeau, s’il n’y a plus d’Autriche, je ne suis plus consul. »

Dans Le Petit Provençal, Camille Ferdy apprécie sous le titre « Un geste » : « Le consul d'Autriche à Paris, M. G.-P. Hirsch Montmartin a refusé de remplacer par le drapeau allemand à croix gammée le drapeau national autrichien flottant sur la façade du consulat et naturellement il a ensuite démissionné. (…) Nous savons bien qu’en réalité, si nobles soient-ils, de tels gestes ne changent rien à la marche des événements. Un ambassadeur et un consul qui ne consentent point à se courber sors le joug et qui sacrifient les avantages de leur situation au sentiment de leur dignité ont immédiatement des successeurs à l'échine plus souple. Les dictateurs n'ont pas de peine à trouver de dociles serviteurs. Mais, pour l'honneur de l'humanité, il n'est pas mauvais que les attentats contre le droit provoquent parfois ces gestes d’indépendance attestant qu'il y a encore quelques esprits fiers et quelques consciences libres en notre époque ou tant de gens et tant de nations semblent se ruer avec un allègre enthousiasme à la plus lourde et la plus dégradante des servitudes. »

Lorsqu’une Entraide autrichienne est fondée à Paris, Hirsch Montmartin la domicilie chez lui, boulevard Malesherbes, et fait partie de son bureau.

À suivre

Le drapeau autrichien maintenu sur le consulat d’Autriche après l’Anschluss en mars 1938

 

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