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18 décembre 2025 4 18 /12 /décembre /2025 00:01

Henri Jomain naît le 13 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Léonide Françoise Freulon et de son époux Jean Marie Jomain.

Son père, après avoir été domestique chez un cultivateur de son village natal, Saint-Bonnet-des-Bruyères (Rhône) devient serrurier et crée à Paris, en 1866, une importante société industrielle. Elle équipe de nombreuses organisations privées et publiques, comme le palais de l’Élysée et obtient quantité de récompenses lors des rendez-vous professionnels, notamment un diplôme d’honneur lors de l’exposition universelle de Paris en 1900. Installée jusqu’au début des années 1900 à Paris, rue des Écluses-Saint-Martin (10e arr.), elle est déplacée dans un vaste terrain situé rue Brancion (15e arr.) pour répondre au développement de l’activité.

En avril 1898, Henri Jomain s’engage pour trois ans dans l’armée au moment où il doit faire son service militaire. Il intègre une compagnie d’ouvriers de l’artillerie, la 10e d’abord puis la première en décembre. Il est démobilisé en avril 1901 et rejoint alors la société familiale, dont devient le directeur. Elle s’intitule désormais Jomain & fils, et son frère cadet, André, futur avocat, travaille avec lui.

Le mariage d’Henri Jomain a lieu en mai 1910 à Paris (11e arr.). Il avait été précédé, en juillet 1906 et août 1907, par la venue au mode de deux filles, que les parents avaient reconnues.

L’intérêt du patron pour son arrondissement l’amène à participer à des activités publiques ; depuis au moins 1905, il assure la présidence d’une société de préparation militaire, La Jeune Armée. Ces organismes visent à la fois à favoriser la pratique sportive et à soutenir le sentiment patriotique, après la défaite française de 1871 face aux armées allemandes.

Il s’associe ainsi à une œuvre anti tuberculose en janvier 1910. La même année, en mai, Henri Jomain intègre la commission locale chargée d’examiner les prêts à consentir aux victimes des graves inondations qui ont touché la ville au premier trimestre. En décembre, il est nommé au sein de la Commission scolaire du 15e arr.

Dans le domaine professionnel, Jomain devient conseiller du commerce extérieur en mai 1910. Au sein de l’usine Jomain, une société de secours mutuels est constituée en 1907. Elle compte 122 adhérents en 1911.

Usines Jomain rue Brancion à Paris

Au début de la première guerre mondiale, en août 1914, Henri Jomain est mobilisé dans un dépôt automobile. Il est retiré en novembre 1914 du service armé et est détaché dans l’entreprise familiale. Celle-ci a en effet transformé une partie de son matériel et l'a notablement augmenté afin de pouvoir fabriquer des obus de divers calibres, selon la Revue parlementaire économique et financière.

Après le conflit, Henri Jomain continue la gestion de l’entreprise familiale ; elle compte 300 ouvriers en 1934. Son mandat de conseiller du commerce extérieur est renouvelé en 1922. Il siège également comme conseiller au Comptoir national d'escompte de Paris, une des banques qui donneront naissance à la BNP.

La situation sociale de l’entreprise est dénoncée dans le quotidien communiste L’Humanité en février 1932, qui reproche une diminution de salaire de 5% et appelle les ouvriers à s’organiser en syndicat et à faire grève. Ce sera le cas plus tard, en janvier 1934, à l’occasion d’une baisse de rémunération décidée par les successeurs d’Henri Jomain.

L‘entrepreneur prend un rôle actif dans l’organisation de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 à Paris.

Dans la continuité de son engagement civique local, Henri Jomain devient en décembre 1927, adjoint au maire du 15e arrondissement de Paris, l’industriel chimiste Paul Auguste Barruel (1841-1931). Il est reconduit dans ses fonctions en 1929 ; après la disparition de Barruel, en août 1931, il reste l’adjoint du nouveau maire, François Bonneau, nommé en février 1932.

Henri Jomain meurt le 25 juillet 1932 à Paris (17e arr.), dans son domicile de la rue Théodore de Banville, où il était installé depuis 1930. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse. Âgé de 55 ans, il était père de quatre enfants. Ses obsèques sont célébrées le 28 juillet à l’église Saint-François de Sales de Paris (17e arr.). Son unique fils, Marcel, assure la continuité de l’entreprise familiale.

Récipiendaire de plusieurs récompenses en 1910 et 1912 pour son activité de préparation militaire, Henri Jomain a été décoré des Palmes académiques, comme officier d'académie en février 1907 puis comme officier de l’instruction publique en mai 1912. Il devient chevalier de la Légion d’honneur en mai 1928.

Henri Jomain (Le Petit Parisien 6 février 1928)

 

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16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Marcel Guyon

Marcel Guyon forme, en août 1944, un centre d’instruction pour la division alpine. Il rejoint les Forces françaises libres et prend, en janvier 1945, le commandement de la 11e compagnie indochinoise. Il est démobilisé en novembre 1945 dans la caserne Grigan à Toulon.

Il s’installe dans cette ville après s’être séparé de son épouse pour « incompatibilité d’humeur » selon une enquête de moralité conduite par la gendarmerie. Il vit avec une nouvelle compagne place Noël-Verlaque et ils gèrent une épicerie. Après un constat d’adultère à la demande de sa femme, le tribunal civil de Toulon l’a condamné, en mai 1947, à une amende de 1 500 francs pour « entretien de concubine au domicile conjugal ». Guyon signale aux gendarmes qui l’interrogent en juin 1950 qu’il poursuit sa cohabitation avec sa maîtresse et qu’il « désire l’épouser dès qu’il sera libre ». Il semble bien que le divorce n’ait pas été prononcé.

Le dossier militaire du capitaine mentionne la condamnation mais considère que « La moralité de Marcel Jules Guyon n’est pas entamée par la condamnation légère qu’il a reçue ». Il est promu, dans la réserve au grade de chef de bataillon en juin 1949 et est admis à l’honorariat en août la même année, après sa retraite militaire.

L’activité de Marcel Guyon se poursuit en Guinée française où il est gérant de la Plantation du Sankaran, qui cultive notamment des fromagers et des agrumes. Il a constitué avec Claude Le Sourd une société du Sankaran. Les deux associés seront en conflit en 1952.

Au départ de Guyon, mobilisé dans l’armée en 1940, l’administration française avait nommé un garde pour surveiller son exploitation. Il ne put empêcher la survenue de deux incendies, en janvier 1946 puis mars 1947, qui ravagent largement la plantation. Un arrêt du Conseil d’État en avril 1957 confirme la responsabilité publique, mais limite fortement l’indemnité réclamée par les propriétaires, Guyon et Le Sourd.

Lors des élections municipales de juin 1950 à La Seyne-sur-Mer (Var), Marcel Guyon est en candidat, en dixième position, sur la liste du Rassemblement du peuple français (gaulliste) dirigée par Paul Pietrera. Le scrutin est remporté par les communistes de Toussaint Merle (54,1%, 15 sièges) devant les socialistes SFIO (Charles Arnaud, 27,6%, 7 sièges). Les gaullistes recueillent une moyenne de 1 709 voix, soit 17,8% des 9 589 suffrages exprimés pour 9 682 votants sur 13 062 inscrits. La liste de Paul Pietrera a cinq élus, dont Marcel Guyon en quatrième place. Le quotidien régional La République estime que « Le grand vaincu de la consultation est le RPF », qui perd un siège par rapport au scrutin de 1947.

Marcel Guyon meurt le 26 juin 1954 Toulon où il résidait avenue Nobel. Il était âgé de 61 ans, toujours marié et aurait eu une fille.

Décoré de la Croix de guerre avec palmes et étoile pour sa participation au conflit de 1914-1918, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1918 était devenu officier en mai 1951.

Fin

Vue de Kouroussa (Guinée)

 

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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 00:01

Suite de la biographie de Marcel Guyon

Revenu à Joinville, Marcel Guyon et son frère Fernand montent une entreprise de travaux de bâtiment à Voncq (Ardennes). Il y épouse en septembre 1920 Julienne Lucienne Suzanne Billeron, fille d’un vigneron de la commune.

Il quitte la métropole en 1928 pour rejoindre la Guinée, colonie française de l’Ouest africain, où il prend la direction d’une usine de la société des Grands travaux africains (GTA) à Baro, dans le cercle de Kankan (Haute-Guinée). L’entreprise, qui portait antérieurement le nom de Buffet et Herbelin, a son siège social à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Elle s’est implantée en Guinée française, où elle exploite une importante scierie à Kankan, terminus du chemin de fer de Guinée. Elle acquiert un terrain de 78 hectares à Baro, pour créer des cultures vivrières et des pépinières d'arbres exotiques et y installe une autre scierie. En juillet 1937, GTA cède le domaine de Baro à un autre établissement, les Plantations de la Guinée française.

Toujours en Haute-Guinée, Marcel Guyon est devenu en 1936 le gérant d’une importante concession forestière à Finamoussaya dans le cercle de Kouroussa, Son épouse y meurt en décembre 1937.

Dans la réserve de l’armée d’infanterie, Marcel Guyon est promu capitaine en juillet 1938. Il est remobilisé à la déclaration de la deuxième guerre mondiale, rejoignant en septembre 1939 le 4e bataillon de tirailleurs sénégalais. Il embarque, en avril 1940, sur le navire Singïa du port de Conakry (Guinée) pour Marseille et est affecté au centre transition des troupes coloniales de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales). Après la campagne de France, il retourne en janvier 1941 en Guinée, où il est démobilisé. Puis il revient en métropole en août la même année. Il s’installe dans le village de Les Vans (Ardèche) où il avait épousé, en juillet 1940, Marie Christine Marafico.

Selon ses propres déclarations et le témoignage de A. J. Fabre, président du comité local de Libération des Vans, Marcel Guyon a rejoint la résistance civile dès son arrivée dans le village, en novembre 1941. Dans la clandestinité, il adopte le pseudonyme de capitaine Sangard au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il s’occupe notamment de permettre aux réfractaires au service du travail obligatoire (STO) de se cacher dans les montagnes avoisinantes et fournit un appui financier aux résistants.

Les clandestins se retrouvent autour de deux déserteurs du STO (Pierre Gilles alias Pierre et Max Lacroix, dit Max) sous la direction de Guyon. Selon l’historien Vincent Peyric-Ziélinski, le maquis de Pigère et Brahic s’installe sur le Gras de Naves en novembre 1943. Il est rattaché à l’Armée secrète, un mouvement plutôt d’obédience gaulliste, animé par d’anciens militaires. En mars 1944, il prend le commandement de la première unité armée des FFI dans la région, le maquis de Brahic, qui va servir de base à la constitution de plusieurs compagnies de l’Armée secrète dans le sud de l’Ardèche.

Après plusieurs accrochages avec des troupes allemandes au cours du mois de juillet, le principal fait militaire est la Bataille de Banne, le 29 juillet. Les forces de la Résistance identifient un très important convoi ennemi en provenance d’Alès, guidé par un avion de reconnaissance, fort de 400 hommes environ transportés par 19 camions, protégé à l’avant par une chenillette blindée, et disposant d’une auto mitrailleuse avec un canon de 75 mm. Après de violents combats, les Allemands doivent se retirer vers Alès le soir. Côté FFI, on déplore un mort, et plusieurs blessés dont deux graves. La bataille est depuis présentée comme « la première grande victoire remportée en Ardèche par la Résistance armée ». Cependant, l’armée allemande exerce des représailles le lendemain, bombardant le village qui est pillé et largement détruit. Au moins sept civils sont tués.

À suivre

Vue du village de Les Vans

 

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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie de Marcel Guyon

Marcel Jules Guyon naît le 5 octobre 1892 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Camille Eugénie Fourquet et de son ancien mari Théophile Eugène Guyon. Les époux sont en effet divorcés depuis le mois de juin. Le père, qui est cuisinier, retourne vivre dans son village natal, Bouray-sur-Juine (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il devient agriculteur. Il n’est pas présent pour l’accouchement ni pour la déclaration de naissance. La mère est originaire de Nainville-les-Roches (Seine-et-Oise, act. Essonne) et travaille comme couturière. Elle reste vivre à Joinville, avec un nouveau compagnon, luis aussi venant de Bouray-sur-Juine, Jules Victor Maleine, qui déclare la naissance de Marcel.

En 1901, Camille Fourquet vit à Joinville en compagnie des deux plus jeunes des quatre enfants de son mariage (dont Marcel) et avec les trois suivants, nés de son compagnonnage. Ils résident dans le quartier de Palissy, avenue du Rond-Point ; les grands-parents maternels vivent à proximité.

Effectuant son service militaire à partir d’octobre 1913, Marcel Guyon est affecté au 29e régiment de dragons, une unité dont les soldats, normalement, se déplacent à cheval mais combattent à pied.

Après le déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, Marcel Guyon reçoit sa première citation, à l’ordre de la division, dès le mois d’octobre pour sa participation à des combats à Aix-Noulette (Pas-de-Calais) : « a chargé avec son escadron contre l’infanterie ennemie, a traversé devant son officier la première ligne ; arrêté par la seconde, a montré le plus grand sang-froid, s’efforçant de rattraper les chevaux des cavaliers démontés, est rentré à cheval dans nos lignes. »

Il va se voir confier des responsabilités. Il est nommé brigadier en novembre 1914 puis maréchal des logis en octobre 1915. Devenu officier en octobre 1916, comme sous-lieutenant, il est d’abord rattaché au 220e régiment d'infanterie puis, en décembre, au 2e régiment de zouaves et de tirailleurs, unité d'infanterie légère où sont notamment présents des soldats venant d’Afrique.

Rien qu’au cours de l’année 1917, il se voit décerner cinq citations. En avril, la division met en exergue : « Gradé d’un courage remarquable. Au cours de la nuit du 3 au 4 avril, a séjourné pendant cinq heures dans la première ligne allemande et a rapporté des renseignements importants ». Puis son régiment parle d’un « Officier d’une bravoure exceptionnelle, en assurant son service de quart sous un bombardement très violent » en mai où il est blessé ; il le sera une deuxième le mois suivant, toujours lors de la bataille du Chemin des Dames. En novembre, c’est le corps d’armée qui remarque un « Officier d’un entrain et d’une bravoure remarquable ; a dirigé sur le Chemin des Dames une série de reconnaissances très hardies qui lui ont permis d’entrer jusqu’à la première ligne allemande et de ramener prisonnier un sous-officier. »

Affecté en juillet 1918 au 13e régiment de marche et de tirailleurs, il est de nouveau cité à l’ordre du corps d’armée : « Chef de section remarquable de courage et de sang-froid. A été pour ses hommes pendant deux jours pénibles, un modèle d’énergie et de bravoure ». Il est promu, en octobre, au grade de lieutenant et est désigné alors à la 10e armée :« Au cours de l’attaque du 23 août, a entraîné sa section à l’assaut de positions fortement tenues, s’est emparé de haute lutte d’une crête garnie de mitrailleuses, capturant la garnison et s’emparant de plusieurs mitrailleurs ».

Peu avant la fin du conflit, le Grand Quartier Général met en avant son comportement le 3 octobre : « Avec une poignée d’hommes à l’assaut d’un blockhaus ennemi garni de mitrailleuses et, après un combat acharné, a réduit la garnison capturant 20 prisonniers de la garde dont un officier. Poursuivant ensuite sa marche en avant, et arrêté par un réseau de fil de fer défendu âprement, n’a pas hésité à se frayer un passage à la cisaille et a atteint l’objectif qui lui était assigné et l’a conservé. »

Au cours de l’année, il est deux fois blessé par balle, en février au bras gauche, puis en août au poignet gauche également. Il est démobilisé en août 1919.

À suivre

1914, soldat devant le château d’Aix-Noulette (Wikipasdecalais)

 

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 00:01

Début de la biographie de Marcel Mayer

Marcel Ernest Gustave Mayer naît le 20 juin 1883 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Louise Columeau et de son époux Frédéric Marie Mayer, résidant rue Nollet, tous deux photographes.

La famille Mayer fait partie des pionniers de la photographie. En avril 1848, les frères Mayer fondent, sous le patronage de Louis Daguerre l’Athénée de photographie. Ils s’associent à partir de 1855 à Pierre Louis Pierson dans une société florissante. Ils ont le statut de « photographes de sa majesté l’empereur » Napoléon III. Les frères Mayer, à l’origine du studio, sont le grand-père de Marcel, Gustave Adolphe (1811-1867) et ses cadets Louis Frédéric (1814-1885) et Ernest Léopold (1817-1895).

En 1901, la famille habite à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris. Marcel Mayer est, comme son père et ses aïeux, photographe. Il devance l’appel au service militaire et signe un engagement pour quatre ans en novembre 1902. Il sert au sein du 13e régiment d’artillerie et est nommé musicien en août 1903. Il est démobilisé en novembre 1906.

Pendant sa période sous les drapeaux, il reconnaît, en octobre 1903, être le père d’un garçon, né à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) de sa compagne Blanche Suzanne Renaud, orfèvre. L’enfant, Raymond Marcel Mayer, meurt en janvier 1904.

Au sortir de l’armée, fin 1906, Marcel Mayer est embauché par la firme Pathé-Cinéma, qui dispose notamment d’usines à Vincennes et Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il a le statut de voyageur.

Il est chargé, par le directeur, Charles Pathé, de suivre les succursales étrangères de la la firme à partir de 1911, et notamment de la représenter en Allemagne. Il réside à Berlin dans la Friedrichstrasse en octobre 1912 puis, en avril 1913, dans le quartier de Tempelhof et la Dreibundstrasse. Il s’y rend probablement avec sa nouvelle épouse, Juliette Bigler, lingère, leurs noces ayant eu lieu une semaine avant son départ, en avril 1913, à Saint-Maur-des-Fossés.

Au déclenchement de la première guerre mondiale, Marcel Mayer est toujours à Berlin ; en tant que citoyen d’un pays ennemi, son mobilier est placé sous séquestre. Il réussit à quitter la ville et à rejoindre la France, ce qui lui vaudra d’être considéré comme un combattant volontaire. Il rejoint son unité le 12 août 1914. Il est affecté en septembre 1915 au 62e régiment d’artillerie (RA), où il est nommé brigadier en janvier 1917 puis maréchal des logis (sous-officier) en avril la même année. Il est affecté au 63e RA en octobre. Au cours du mois de mars 1918, il est « intoxiqué légèrement par les gaz » selon son livret militaire et rejoint, en août, le 68e RA. Après la fin du conflit, il est démobilisé en janvier 1919.

Son comportement militaire a valu à M. Mayer une citation à l’ordre du régiment en septembre 1917 : « Excellent gradé et courageux. Rentré d’Allemagne en France après la déclaration de guerre pour rejoindre son corps. »

Ayant repris son activité chez Pathé-Cinéma, Mayer s’occupe notamment de la restitution des biens de Pathé saisis par les autorités allemandes. Il prend, en juillet 1923, la succession de Victor Dosse (1863-1946) à la direction de l’usine de Joinville. Il intègre le comité de direction de la société et exerce sa fonction jusque 1932. Il est alors remplacé par René Nadal (1886-1939), également directeur des Studios de Saint-Maurice.

À suivre

Marcel Mayer (à gauche) dans l’usine de Joinville-le-Pont (Fondation Jérôme Seydoux Pathé)

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 00:01

Antoine Joseph Kropper naît le 9 février 1735 à Paris. Il est le fils de Dorothée Colson (1700-1779) et de son époux Joseph Kropper (1683-1751). Sa mère est la fille d'un maître serrurier parisien. Son père est originaire d’Alsace et était à Strasbourg, le premier commis de Jean Adam Acker, plus célèbre poêlier strasbourgeois. Il s’installe à Versailles en 1715 puis constitue, en octobre la même année, une société avec Gabriel Hamon, faïencier au faubourg Saint-Antoine à Paris, pour faire le commerce de « poêles d'Allemagne, soit de terre ou faïence ». Ils installent leur manufacture rue de Charonne. L’introduction d’appareils de chauffage en faïence, moins coûteux, moins dangereux et beaucoup plus esthétiques, va avoir un grand succès. Son mariage lui apporta aussi des avantages, car les poêles nécessitaient des pèces relevant de la serrurerie. Il se voit décerner le titre de marchand poêlier ordinaire du roi.

À la mort de son père, en avril 1751, sa veuve poursuit la direction de l’entreprise, alors installée rue de la Roquette, comme marchande poêlière du roi. Elle transmet la fonction à son fils dans son contrat de mariage en février 1754. Antoine Joseph Kropper, reconnu lui aussi comme marchand poêlier ordinaire du roi, épouse Suzanne Lebrun, fille d’un marchand de laine. Elle meurt en février 1761, après avoir mis au monde deux enfants, dont un mort en bas âge. Antoine Joseph Kropper se remarie en novembre 1763 à Paris avec Marguerite Françoise Villaume, native de Raon-l’Étape (act. Vosges).

C’est la manufacture Kropper qui installe, en 1758, des poêles dans le château ce Versailles. Selon Régine de Plinval de Guillebon, historienne spécialiste de la céramique, la maison équipa également les hôtels de la Guerre et de la Marine ainsi que les châteaux royaux de Marly, Vincennes et Paris. II avait également dans sa clientèle des grands de la Cour, tels le duc de Chevreuse, le marquis de Polignac, le marquis de Villeroy ou le duc de Bouillon.

Dans le contexte très cloisonné des corporations de métier au 18e siècle, la maison Kropper dut faire face à de nombreuses contestations judiciaires. En 1762, des poêles d'Antoine Joseph Kropper sont saisis à la demande des maîtres peintres et sculpteurs, parce qu'ils étaient ornés de sculptures. Parmi eux, il y avait notamment trois poêles destinés au Roi et un à Madame de Pompadour. Antoine Joseph cède en 1775 à Jean Charles Kropper, son frère, la tête des affaires familiales. Il est aussi maître poêlier, puis entre à l'Académie Saint-Luc en 1778, émanation de la corporation des peintres et sculpteurs, ce qui lui permet d’orner les poêles de sculptures en toute impunité.

Parmi les innovations des Kropper, outre les décors, figure la possibilité de faire cuire des aliments directement dans les poêles grâce à de petits fours aménagés.

Ayant manifestement acquis une belle fortune, Antoine Joseph Kropper abandonne aussi à son frère le domicile de la rue de la Roquette à Paris, et s’installe en famille dans le château de Polangis. Situé sur la rive gauche de la Marne, relevant de la paroisse Saint-Nicolas et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés, le domaine avait été aménagé et agrandi au milieu du 18e siècle par les Le Foullon, une famille de maîtres maçons et architectes. Il a été intégré, en 1790, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (renommée en 1831 Joinville-le-Pont) ; une partie des terres relèvent aujourd’hui aussi de la commune voisine de Champigny-sur-Marne (act. Val-de-Marne).

Agrandi dans le style Louis XV, le manoir de Polangis dispose de 32 fenêtres en façade et est agrémenté d’un fronton triangulaire. Le domaine inclut plusieurs bâtiments annexe dont une chapelle et une ferme. Les terres ont une superficie d’environ 78 hectares.

Vendu vers 1761 à Jacques François Pascal Allain de la Bertinière, ancien capitaine et alors avocat, le domaine de Polangis est en location. Cependant, en 1791, si la famille Allain conserve la nue-propriété, l’usufruit est vendu à Kropper et à son épouse Marguerite Françoise. Il avait auparavant, en 1787, sous-loué la ferme à Joseph Brucelle, qui y installe une auberge. C’est dans cette auberge que séjourne discrètement, du 21 au 28 février 1789, Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791), qui vient de Provence et y retourne aussitôt.

Si Antoine Joseph Kropper ne s’occupe plus d’industrie, il garde une activité économique, par exemple en vendant en août 1775, une maison avec jardin qu’il possédait dans la village de Charonne, à François Gabriel Perrier, géographe du roi.

Pendant la révolution française, Antoine Joseph Kropper ne semble pas avoir de problème particulier. Il dispose d’une Carte de sureté, délivrée en avril 1793, qui indique qu’il a quitté Polangis et est revenu dans son ancienne demeure de la rue de la Roquette.

Cependant, son épouse Marguerite-Françoise Kropper est entendue comme témoin dans le cadre de l’instruction du procès des hébertistes, ou « exagérés », au début de l’année 1794, par le juge Charles Harny. Il en est de même de sa sœur, Marie Anne Dorothée Kropper, mariée à Nicolas Héricourt, autre poêlier renommé. Toutes deux assurent ne pas avoir d’informations au sujet du complot allégué.

Antoine Joseph Kropper retourne à Polangis, où il meurt le 8 messidor an 2 (26 juin 1794). L’état-civil de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune dont dépendait le château, signale qu’il était domicilié rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il était âgé de 59 ans et père de trois enfants, dont deux filles vivantes. Son frère et un neveu poursuivent l’activité de poêlerie.

Projet Kropper pour l’intendance de Besançon, Poêle Kropper de l’hôtel de La Lande, musée Adrien Dubouché, Limoges

 

 

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 00:01

Guillaume Élie Le Foullon naît vers 1697 à Paris. Il est le fils de Marie Jeanne Geoffroy, première épouse de Guillaume Le Foulon (vers 1670 – 1734). La famille de sa mère est composée d’artisans plombiers fontainiers réputés. Du côté de son père, ses ascendants dont le nom s’écrit aussi Foulon, Foullon, Le Foulon, Lefoulon ou Lefoullon, constituent un groupe vivant dans « large aisance ». Selon Olivier Meslay, historien de l’art français, « On devine aux noms de propriétés ou de seigneurie qui allongent le nom de Le Foullon (de Polangis, du Plessis) que la famille est prête à s’établir dans la noblesse après avoir accédé à la bourgeoisie parisienne. Les Le Foullon sont avant tout une famille d’architectes et d’entrepreneurs. »

Comme son père et ses ancêtres, Guillaume Élie Le Foullon devient maître maçon, entrepreneur et architecte. Il épouse en octobre 1724 Marie Marthe Rousseau.

En 1731, Guillaume Le Foullon père avait acheté le domaine de Polangis, situé sur les bords de Marne, relevant alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. L’espace où se situait maison et la ferme sont incluses aujourd’hui dans la commune de Joinville-le-Pont, les terres agricoles continuant sur une partie de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Le Foullon père avait fait appel à un architecte expert parisien, M. Quiriot, vraisemblablement pour examiner les modifications à faire sur ces bâtiments,

Selon l’historien Michel Moineau, Guillaume Élie Le Foullon achète le château en 1748. Suite à la mort de son père, il était sans doute partagé avec les héritiers, sa mère (qui meurt en 1752) et sa sœur Geneviève. Il agrandit le château dans le style Louis XV, lui donnant un fronton triangulaire percé d'un œil-de-bœuf et trente-deux fenêtres en façade. Pour un autre historien, Georges Bousquié, il décide – parlant de la demeure de Polangis - « de l'augmenter considérablement parce qu'elle est dans une des plus belles situations du monde. »

La demeure est mise en location en mai 1749. Elle comprend un corps de logis de maître, un logement de domestiques, une chapelle, des écuries, une remise, une cour et une avant-cour, avec 12 arpents de jardin (soit 4 hectares), clos de murs. La ferme et les terrains agricoles ne sont pas concerné par le bail.

Lors du mariage en octobre 1751 à Paris de sa fille, Marie Marthe, avec le chapelier Henry Danloux, Guillaume Élie Le Foullon lui apporte la maison de Polangis, avec la ferme et les terres qui l’entourent plus une somme de 4 000 livres tournoi.

Guillaume Élie Le Foullon meurt le 6 mai 1766 à Paris. Il était âgé d’environ 69 ans et père de deux enfants. Il résidait rue Basse du Rempart, dans le quartier de la porte Saint-Denis et le ressort de la paroisse Saint-Laurent.

Son fils, également nommé Guillaume Élie Le Foullon (1729-1804), toujours architecte et entrepreneur, construisit dans les années 1770 un hôtel particulier à Paris rue du Mont-Blanc (act. rue de la Chaussée-d'Antin, 9e arr.) qui devint en 1807, après son décès, la propriété du cardinal Fesch, archevêque de Lyon, grand collectionneur de peintures et très proche de la famille Bonaparte. Il acquit en 1789 le domaine dit de Pâris-Pâté, à Bercy (act. Paris 12), appartenant à Mégret de Sérilly. Il assura, après la mort de son beau-frère Henry Danloux (1718-1767) et de sa sœur, Marie Marthe (1730-1770) l’éducation des six enfants vivants du couple, et notamment du peintre Henry Pierre Danloux (1753-1809). Marié une première fois avec Marie Constance Cucu d’Hérouville en mai 1752, il se remaria en messidor an 2 (juillet 1794) avec sa nièce, Marie Simonne Danloux. Il éleva également Jules Danloux (1790-1869), fils de son neveu, Henry Pierre Danloux et de Marie Pierrette Antoinette de Saint-Redan, celui-ci s’étant exilé en Angleterre pendant la révolution française.

Vue du château de Polangis

 

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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 00:01

Guillaume Le Foullon naît vers 1670 à Paris. Il est le fils de fils Julienne Duval et de son époux Jacques Le Foullon. La famille paternelle, dont le nom s’orthographie aussi Foulon, Foullon, Le Foulon, Lefoulon ou Lefoullon, comprend des artisans du bâtiment, entrepreneurs de maçonnerie réputés dans la capitale depuis au moins 1600. Elle est peut-être originaire de Normandie. Robert Le Foullon, maître maçon, intervenait ainsi en 1602 pour Marie de Luxembourg, duchesse de Mercœur et de Penthièvre.

Après son mariage avec Marie Jeanne Geoffroy, en juin 1696 à Paris, Guillaume Le Foullon devient l’année suivante des deux enfants mineurs de ses beaux-parents disparus.

Il se présente comme maître maçon et entrepreneur puis se définira également comme architecte. Il reconstruit une maison rue Saint-Thomas-du-Louvre en 1700 pour un chanoine de l'église royale de Saint-Nicolas et mène de nombreuses opérations dans la capitale. La famille de son épouse est spécialisée dans la plomberie.

Son épouse meurt en novembre 1724, lui léguant ses biens tout en réservant un diamant, évalué à deux-cents livres tournoi, à son exécuteur testamentaire, un maçon qui figure parmi leurs alliés.

En 1731, Guillaume Le Foullon achète le domaine de Polangis, situé sur les bords de Marne, relevant alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. L’espace où se situait maison et la ferme sont incluses aujourd’hui dans la commune de Joinville-le-Pont, les terres agricoles continuant sur une partie de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Pour probablement examiner les modifications à faire sur ces bâtiments, Le Foullon fait appel à un architecte expert parisien, M. Quiriot. Polangis

Polangis était la propriété de la famille de la Grange d’Arquien. Jean Jacques la Grange l’avait achetée en 1639 puis elle était passée, après son décès vers 1642 à son fils aîné, François, qui l’occupait en 1667. Peut-être l’a-t-il transmise à ses descendants ; cependant, les sources connues actuellement ne permettent pas d’identifier le vendeur avec lequel Le Foullon fait affaire.

En mars 1733 à Paris, Guillaume Le Foulon contracte une nouvelle union avec Marie Michelle de Moye. Il meurt l’année suivante, le 4 mai 1734 à Paris. Il résidait alors rue Saint-Jacques de la Boucherie. Il était père de deux enfants, né de ses premières noces.

Selon l’historien de l’art français, Olivier Meslay, qui décrit le milieu dans lequel vivent les Le Foullon, assurant qu’ils disposent d’une « large aisance » : « On devine aux noms de propriétés ou de seigneurie qui allongent le nom de Le Foullon (de Polangis, du Plessis) que la famille est prête à s’établir dans la noblesse après avoir accédé à la bourgeoisie parisienne. Les Le Foullon sont avant tout une famille d’architectes et d’entrepreneurs. »

Le fils aîné, qui porte le nom de Guillaume Élie Le Foullon, poursuit l’activité du père et reprend, en 1748, le domaine de Polangis.

Plan du domaine de Polangis

 

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6 août 2025 3 06 /08 /août /2025 00:01

Jean Paul Manuel Rodriguez naît le 29 décembre 1922 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Pauline Chaline et de son époux Manuel Rodriguez.

La mère, native de Joinville, couturière, travaillait pour la maison Chanel à Séville, où elle a épousé son père vers 1910, selon les sources familiales. Le père, espagnol originaire de Séville, a fondé en 1919 un atelier de mécanique situé à Joinville, rue du Viaduc, les établissements Rodriguez & Fils. Ils faisaient des « constructions mécaniques, machines à bois, construction de toutes machines sur plan » selon leur cartes de visite.

Comme ses deux frères aînés, Emmanuel (1913-1993) et Paul Léon (1914-1994), Jean travaille avec son père dans l’entreprise familiale.

Le Service historique de la Défense atteste de l’engagement de Jean Rodriguez dans la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale. Les sources familiales décrivent ainsi son parcours. En mars 1943 il est requis pour le Service du travail obligatoire (STO) et envoyé en Allemagne. Il s’évade en février 1944 et rentre en France dans la clandestinité. En août 1944, il s’engage dans les Francs-tireurs et partisans (FTP) et participe aux combats pour la Libération de Joinville-le-Pont. Il est en particulier présent dans la bataille du pont de Joinville le 25 août, aux côtés de Robert Deloche, dit commandant Vila, futur maire communiste de Joinville. Il est sous les ordres d’Alexandre Legay (1905-1990), maçon, militant communiste et ensuite conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1944-1945).

Toujours selon la généalogie familiale, Jean Rodriguez dispose d’une carte de membre des Milices patriotiques, structures montées par le parti communiste lorsque le décret du 24 septembre 1944 met fin à l’existence des FFI (Forces françaises de l’intérieur) pour regrouper les anciens FTP. Elles sont dissoutes en novembre 1944.

En août 1945, Jean Rodriguez épouse à Joinville Micheline Renée Lizot. La mère de son épouse et les deux frères de celle-ci ont été des militants communistes également impliqués dans la Résistance à Joinville.

Jean Rodriguez meurt le 28 juillet 1975 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Selon son petit-fils Quentin Rodriguez, il aurait été atteint d’un cancer. Il était âgé de 52 ans et père de deux enfants.

La barricade du pont de chemin de fer de Joinville pendant la bataille de la Libération en août 1944

 

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 00:01

Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.

En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.

Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.

Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.

En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.

Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.

Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.

La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.

Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.

Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.

Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.

Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.

Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.

Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.

Le château de Polangis, seule vue connue

 

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