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28 juillet 2025 1 28 /07 /juillet /2025 00:01

André François Martin naît le 4 juin 1900 à Chatillon-sous-Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

En 1901, André François séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand André a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

En novembre 1918, André Martin, qui exerce le métier de tourneur mécanicien, est incarcéré à la prison de Fresnes pour une raison qui n’est pas connue. Début janvier 1919, il signe un engagement dans l’armée pour quatre ans et est affecté au 7e régiment de dragons. Il est envoyé en Allemagne, dans les troupes d’occupation françaises. Le 25 février, il manque à l’appel et, le 25, il est déclaré déserteur ; mais comme il est revenu le 26, l’armée note dans son dossier militaire que c’est « à tort » que cette déclaration a été faite mais il est placé en locaux disciplinaires. Toujours en Allemagne, il manque une nouvel fois à l’appel le 14 juin 1919, s’étant évadé, et est de nouveau déclaré comme étant en désertion. Il est arrêté le 1er août. Le 7 août 1920, les faits pour lesquels il avait été condamné sont amnistiés. Il poursuit son service militaire au sein du 9e régiment de dragons. En février 1921, il est sur l’île d’Oléron (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime), dans le 57e régiment d'infanterie pui de nouveau dans une unité de dragons, le 4e, en septembre 1921. Il obtient un congé libérable en novembre 1922.

De nouveau domicilié chez sa mère à Joinville-le-Pont, il épouse en novembre 1928 dans cette ville Blanche Marie Joséphine Aribaud, fille d’épiciers de Luc-sur-Orbieu (Aude).

À l’instar de sa sœur, de son frère et sans doute de sa mère, André Martin s’engage dans l’action politique au sein du parti communiste (PCF). Il est candidat élections municipales de 1929 et 1935 ainsi qu’au scrutin municipal complémentaire de 1934.

En mai 1929, les frères René et André Martin figurent tous deux sur la liste du Bloc Ouvrier-Paysan, appellation des candidatures communistes de l’époque. Au premier tour, il obtient 340 voix pour 1715 votants (19,8%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

En octobre 1934, des élections partielles pour pourvoir dix postes rendus vacants par suite de décès ou démissions ; quatre groupes sont en lice, deux regroupant des libéraux et conservateurs avec des radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et le PCF. André Martin figure en sixième position. Il recueille au premier tour 408 suffrages pour 2297 exprimés (17,8%) et 2360 votants sur 3225 inscrits. Devancés de quelques voix, les socialistes se retirent de même qu’une des autres listes. Au deuxième tour, Martin est gratifié de 745 votes pour 1903 exprimés (39,1%) et 1964 votants. Aucun des candidats communistes n’est élu.

Lors des élections municipales de mai 1935, pour le renouvellement normal du conseil municipal, on retrouve quatre listes, les radicaux-socialistes et les libéraux-conservateurs ayant chacun leur propre rassemblement, la SFIO et le PCF concourant de nouveau séparément. André Martin, qui indique être métallurgiste, figure en onzième position derrière Robert Deloche. Son score du premier tour est de 671 voix sur 2856 suffrages, soit 23,5%. Les socialistes et les communistes se rassemblent pour le second tour et Martin est alors crédité de 1103 bulletins à son nom pour 2899 exprimés (38%). Il n’est pas élu, mais, pour la première fois, deux communistes entrent au conseil.

Employé par la société Gnome et Rhône, qui fabrique des moteurs d’avions, fait l’objet d’une affectation spéciale dans le cadre de la réserve de l’armée. Il conserve cette affectation au début de la deuxième guerre mondiale en septembre 1939 puis est réaffecté, le mois suivant, au dépôt d’artillerie 341 de Fontainebleau. Avec la défaite, il quitte l’armée le 2 août 1940.

Le 19 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne contre les forces allemandes, André Martin est tué boulevard Sébastopol à Paris, alors que se déroulent des combats entre les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les soldats du Reich. Il vivait à proximité, rue de Montmorency et était toujours employé par Gnome et Rhône en tant que tourneur-outilleur.

Selon l’historien de la Libération de Paris, Gilles Primout, André Martin était peut-être un des membres du groupe FFI, mais il n’a pas été formellement identifié. Les archives du Service historique de la Défense mentionnent son décès en tant que « victime civile ». Son acte de décès ne porte pas la mention « Mort pour la France ». Il était âgé de 44 ans et n’avait semble-t-il pas eu d’enfant. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

André Martin (Arch. fam.)

 

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 00:01

René Jean Martin naît le 2 décembre 1897 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.

Ils vont vivre à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, René Jean séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand René a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).

Alors menuisier pendant la première guerre mondiale, René Martin s’engage en juillet 1916, à l’âge de 18 ans, devançant de deux ans l’appel de sa classe. Il signe un contrat de trois ans et est affecté dans la marine. Il sert sur le croiseur-cuirassé Ernest-Renan. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1916, le Renan faisant route sur Salonique, aborde à vingt nœuds le vapeur italien Helvetia et le coupe en deux. Le naufrage fait, selon Il Naufragio dell'Helvetia, 15 morts, 115 personnes sont secourues. La plupart des passagers étaient des soldats italiens rentrant en permission. En juillet 1917, il devient matelot timonier, toujours sur le Ernest-Renan. Il est affecté en janvier 1918 à un bâtiment de servitude de Corfou (Grèce) puis en novembre la même année au Tourville, navire-école servant à l’apprentissage du canonnage. Le Ernest-Renan fait partie des bateaux menaçant de leurs canons en janvier 1919 le port de Sébastopol, qui font face à une révolte des marins, dont notamment André Marty, future icône du parti communiste ; René Martin n’y a probablement pas participé, contrairement à une légende propagée dans sa famille.

Après-guerre, René Martin sera libéré des obligations militaires en novembre 1932 et réformé, classé invalide à 100%, du fait d’une tuberculose pulmonaire. Il travaille en 1921 comme employé de chemin de fer. Il vit avec sa mère, sa sœur et le fils de cette dernière, encore dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont, avenue Jamin.

Signalé dans son livret militaire comme résidant à Meaux (Seine-et-Marne) en 1925, route de Varreddes, il est cependant présent à Joinville, où il est, en compagnie de son frère André, candidat sur la liste du parti communiste lors de élections municipales de mai 1929. Au premier tour, il obtient 345 voix pour 1715 votants (20,1%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste du Bloc Ouvrier-paysan se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu tandis que la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.

Indiquant vivre dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1930, René Martin est de retour à Joinville en 1932, où il se met en couple avec Suzanne Henriette Robichon (1898-1968), alors mariée mais séparée ; ils résident rue des Lilas (act. rue Pierre-Allaire).

En 1933, René et Suzanne sont installés à Meaux, de nouveau route de Varreddes. Il est redevenu menuisier biseauteur de glaces. Lors d’une querelle avec des voisins, en juillet 1933, « pour un motif sans grande importance » selon le Journal de Seine-et-Marne, René et Suzanne sont, de même que leurs deux adversaires, condamnés pour voies de fait réciproques, à 25 francs d’amende.

René Jean Martin meurt le 29 juin 1938 à Meaux. Il était toujours menuisier et âgé de 40 ans.

René Martin sur le croiseur cuirassé Ernest-Renan, 1916 (Arch. fam.)

 

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Louise Puisay naît le 23 juillet 1866 à Gençay (Vienne). Elle est la fille de Rose Diot et de son époux Célestin Puisay, maçon. Le couple a huit enfants et elle est la plus jeune. Ils vivent rue de l’Échelle.

Lors du recensement de 1881, elle a alors 14 ans, Marie Louise est notée comme exerçant la profession de couturière. En 1891, elle est à Bordeaux (Gironde) en tant que domestique. Elle donne naissance en avril à une fille d’un père non dénommé, qui, lors de son décès, en janvier 1892, est indiquée comme venant des Enfants assistés et est inhumée au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux.

Après avoir donné naissance à une nouvelle fille en mars 1895, encore à Bordeaux, elle épouse en février 1896 à Bordeaux, le père qui a reconnu l’enfant, Jean Martin, employé de commerce bordelais.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, elle séjourne de nouveau dans son village maternel chez ses parents avec ses trois enfants. Puis les époux Martin s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910.

En compagnie de ses trois enfants, Marie Louise Martin déménage dans le quartier proche de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Elle indique en 1911 exercer de nouveau le métier de couturière, tandis que sa fille aînée, Thérèse, est employée à l’usine cinématographique Pathé, implantée également à Polangis.

Pendant la première guerre mondiale, l’aîné de ses fils, René (1897-1938) s’engage dans la marine en juillet 1916, devançant son service militaire obligatoire. Il sert dans la marine, sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan qui, après la fin du conflit, navigue en mer Noire.

Après-guerre, les trois enfants de Marie Louise Martin, qui vivent toujours avec elle ou à proximité, vont avoir un engagement militant à gauche, au parti communiste. Lors des élections municipales générales de mai 1929, les deux frères René et André figurent sur la liste communiste qui se présente à Joinville-le-Pont, tandis que son gendre et sa fille participent à des appels relayés dans le quotidien L’Humanité.

Le contexte rend probable qu’on puisse assimiler Marie Louise Martin à la « camarade Martin », désignée sans plus de précision dans la presse communiste, qui est candidate lors des élections municipales complémentaires de septembre et octobre 1928 à Joinville, rendues sont nécessaires pour remplacer le maire, Henri Vel-Durand, décédé, et deux autres sièges vacants.

Les femmes n’ont alors pas le droit de vote, bien qu’un mouvement en faveur de leur droits de citoyennes ait existé avec, par exemple, Astié de Valsayre, résidente à Joinville-le-Pont. Mais, faute de pouvoir siéger, avaient-elles le droit d’être candidates à une élection ? Le débat juridique a lieu et plusieurs formations présentent des femmes lors de scrutins locaux, certaines étant même déclarées élues, comme Joséphine Pencalet à Douarnenez en 1925.

Le parti communiste (Pcf) présente donc à l’automne 1928 une liste de Bloc ouvrier-paysan dirigée par Roger Benenson (1900-1945), mécanicien, futur député de Seine-et-Marne (1937-1940), comprenant Jules Guervin (1889-1956) ébéniste et donc la « camarade Martin ». Elle s’oppose à une liste de la gauche républicaine, associant des radicaux et des socialistes SFIO et à une autre de l’Union républicaine, qui a le soutien de la majorité municipale.

Pour le Pcf, il s’agit d’affirmer « l’opposition de classe » à « toutes les ligues féministes de pacotille. »

Aucune loi n’interdit de présenter une candidate, mais la préfecture envoie à la municipalité de Joinville une note pour que soient annulées toutes les voix qui se portent sur le nom de Mme Martin. La municipalité de droite obéit à la demande des autorités. Le nombre de suffrages qui se sont prononcés en faveur de la candidate communiste n’est donc connu que de manière approximative et L’Humanité l’estime à 286, soit 16% des votants.

Les communistes protesteront. Ils qualifient le refus de compter les votes « d’acte arbitraire » et « d’abus de pouvoir » et titrent que « Préfecture et municipalité truquent le scrutin de Joinville ». Pour eux, il n’appartient pas à un maire de se substituer aux tribunaux administratifs pour apprécier la validité des suffrages émis. Au second tour, les communistes présentent les mêmes candidats, tandis que la liste de centre-gauche emporte les trois sièges.

Après la mort de son fils aîné, René, en 1938, Marie Louise reste à Joinville avec sa fille Marie Thérèse et son fils cadet André. Les deux sont résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. André est tué en août 1944 lors des combats pour la Libération de Paris, boulevard de Sébastopol.

Marie Louise Martin meurt le 4 mars 1945 à Joinville. Elle était âgée de 78 ans.

L’Humanité (1er et 8 octobre 1928) relate la candidature de « la camarade Martin » à Joinville-le-Pont

 

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27 février 2025 4 27 /02 /février /2025 00:01

Colette Morel naît le 13 mars 1928 à Fougères (Ille-et-Vilaine). Elle est la fille d’Adèle Marie Bonnier et de son mari, Ange Morel, issu d’ouvriers ardoisiers de Bretagne.

Ses parents vivaient à Segré (Maine-et-Loire) mais voulaient échapper à leur destin de d’ouvrière en chaussure et de perreyeux (ardoisier) et s’étaient rendus à Paris en 1926, vivant de petits boulots. Ils revinrent à Fougères, où la mère travailla en usine et le père comme maçon.

Son grand-père paternel, nommé également Ange Morel, avait été le meneur de la grève de décembre 1905 aux ardoisières La Forêt à Bel-Air-de-Combrée. La vie des ouvriers de l’Anjou, où elle passe sa jeunesse, marqua Colette Morel et détermina son engagement ultérieur, selon son témoignage.

Reparti en région parisienne, ses parents s’installent à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), où son père s’engage dans le parti communiste vers 1937. Ils disposent d’un peu plus de confort, mais son père quitte alors le domicile familial à l’été 1939 pour rejoindre une infirmière suédoise engagée auprès des réfugiés républicains espagnols.

Pendant la guerre, Colette et sa mère sont réfugiées dans le Maine-et-Loire. Son père est d’abord soldat en Syrie, où il est chauffeur d’un colonel. Il reviendra comme résistant, interné pour son engagement communiste puis évadé et rallié aux Forces françaises de l’intérieur.

En 1943, la famille retourne en banlieue parisienne, à Joinville-le-Pont, commune riveraine de Saint-Maur. Colette et sa mère s’installent rue du Canal. Peut-être fait-elle, cette année-là, une première figuration dans un film, L'escalier sans fin de Georges Lacombe avec Pierre Fresnay et Madeleine Renaud. Elle est également figurante dans un film de Henri Decoin, sorti en 1947, Le Café du cadran.

Ange Morel participe militairement à la libération de Joinville au cours de la bataille du pont de Joinville, le 25 août 1944. Il est proposé par le comité local de Libération et nommé, en septembre 1944, membre de la délégation spéciale qui gère la ville, et fait donc fonction de conseiller municipal. Il sera élu à ce même poste lors du premier scrutin local en avril 1945.

Malgré des relations difficiles avec son père, selon son témoignage, Colette Morel adhère aux Jeunesses communistes en 1944. Sa mère travaille à l'ambassade de l'Union soviétique à Paris.

Colette Morel, le 14 juillet 1945 à Joinville-le-Pont (in Ma vie en rouge, Cheminements, 2004)

 

En juillet 1946 à Joinville, Colette Morel se marie avec Robert Henri Jacquemin ; dans son autobiographie, elle témoigne : « Mon mariage avec Robert n’a pas duré. »

Colette mène une carrière dans la presse du Parti communiste puis dans l’organe du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP), Droit et Liberté. Elle y publie plusieurs séries d'articles comme Juifs de toutes races, où elle conteste la notion de « race juive. »

Elle rejoint en décembre 1954 le service de presse de l’ambassade d’Union soviétique (URSS) en France puis des revues économiques nationales qui, selon l’éditeur de son autobiographie (Ma vie en rouge, Cheminements, 2004) « lui a permis de vivre les grands bouleversements du 20e siècle aux premières loges. »

Dans ce texte, elle évoque fréquemment un mal-être, qui la conduit à changer de lieu d’habitation et de travail après de nombreux conflits avec ses collègues ou familiers. Elle quitte le parti communiste en ne reprenant pas sa carte d’adhérente en 1963 ; selon l’historien Guillaume Bourgeois, le motif serait l'affaire Servin-Casanova, qui avait vu l'exclusion en février 1961 par la direction du Parti communiste français deux responsables, Marcel Servin et Laurent Casanova, accusés de « révisionnisme ». Elle reste par contre militante au MRAP et assure, toujours selon G. Bourgeois, qu’elle « considère son engagement comme une lutte pour les plus démunis. »

Remariée en en février 1955 à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) avec David Grunblatt Colette Morel divorcera une seconde fois en février 1963. Elle donne naissance, en mars 1958, à une fille, Catherine, dont le calvaire moral conduira à sa mort de faim en janvier 1997, ce qui marquera profondément Colette.

Colette Morel meurt le 14 novembre 2021 à Saint-Barthélemy-d'Anjou (Maine-et-Loire). Elle était âgée de 93 ans.

Voir aussi 

Colette Morel en 1991 (in Ma vie en rouge, Cheminements, 2004)

 

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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 15:42

Jeannine Folie naît le 17 juillet 1932 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Germaine Carillon et de son époux Eugène Édouard Joseph Folie. Sa mère est originaire de l’Yonne ; elle sera décorée en 1946 de la médaille de bronze de la Famille française pour avoir élevé cinq enfants. Son père, natif du Pas-de-Calais, fut d’abord ajusteur mécanicien et employé de chemin de fer puis est boucher à sa naissance ; il meurt en mai 1949, lorsqu’elle a 16 ans. Ses parents habitent à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), boulevard du Centre. Ils déménagent dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, et résident en 1936 dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. av. Jean-d’Estienne-d’Orves).

En juillet 1956 Jeannine Folie, épouse à Joinville André Marcel Langat, tourneur sur métaux, résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, adjoint au maire puis conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1947-1959).

En mars 1965, Langat, qui utilise le prénom de Madeleine et travaille comme corsetière, est à son tour candidate pour les élections municipales de Joinville sur la liste d’Union démocratique conduite par Henri Bideaux, ancien conseiller municipal et commerçant. Madeleine Langat figure en seizième position, avec l’étiquette communiste comme 24 des autres postulants, mais la liste comprend également un socialiste, un radical-socialiste et un républicain.

Au premier tour, la liste arrive en deuxième position, avec une moyenne de 2 316 suffrages soit 29,9% des 7 758 exprimés pour 7 974 votants et 10 441 inscrits. Elle est devancée par le maire sortant, Georges Defert (divers droite), qui obtient 45,4% et précède une liste gaulliste, qui a 26,6% des votes et se retire. Au second tour, la liste communiste recueille 38,1% des bulletins déposés. Elle n’a pas d’élu. Defert est réélu maire.

Pendant le mois de mai 1965, l’hebdomadaire communiste local Le Réveil signale qu’elle est hospitalisée et transmet à Mme Langat les vœux de la section joinvillaise du parti communiste et ceux de l’Union des femmes françaises, dont elle est membre.

Jeannine Langat meurt le 7 mars 2019 à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Elle était âgée de 76 ans.

Voir aussi : André Langat, résistant et adjoint au maire de Joinville

Goûter de l’Union des femmes françaises à Joinville en 1945

 

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6 novembre 2024 3 06 /11 /novembre /2024 00:01

René Louis Malpart naît le 28 décembre 1897 à Lorient (Morbihan). Il est le troisième fils d’Adolphine Louise Peyrecave et de son mari Jules Émile Malpart. Ils vivent rue Paul-Bert puis s’installent à Brest (Finistère).

Son père, marchand forain ambulant, meurt, à 26 ans, en juin 1898 à Brest alors qu’il était hospitalisé. Sa mère se remarie en juillet 1900 à Brest avec Charles Louis Laudic, commissionnaire, avec lequel elle aura sept autres enfants. La famille vit entre Brest, principalement, et Lorient (1911-1913). Selon la généalogie de Laure Titelein, Louise Peyrecave, fille naturelle d’une chanteuse en février 1875 à Nantes, aurait elle-même été chanteuse de rue, sans doute après le décès son deuxième époux en mai 1937 à Brest. Elle-même décède en avril 1956 à Colombes, sans-domicile.

Devenu sculpteur sur bois, René Louis Malpart est appelé, à 18 ans, pour son service militaire au cours de la première guerre mondiale. Il est affecté au 62e régiment d'infanterie puis passe en septembre la même année au 161e. En janvier 1917, il est évacué suite à des blessures au poignet gauche par coup de feu et à des troubles de l’audition à l’oreille gauche, qui lui vaudront une reconnaissance partielle d’invalidité. Son comportement au combat est salué en juillet la même année par une citation à l’ordre du régiment : « Belle conduite au feu. »

Le 15 juillet 1918, Malpart est fait prisonnier par l’armée allemande à La Neuville-au-Larris (Marne). Il est détenu à Bad Langensalza (Thuringe), d’où il est rapatrié en janvier 1919. Il est alors affecté au 19e régiment d'infanterie et démobilisé en septembre 1919.

Revenu à Brest, René Louis Malpart, domicilié rue de Sébastopol, travaille comme docker. En mai 1920, il est arrêté après avoir « été surpris volant des marchandises sur les quais du port de commerce, au préjudice de l'armée serbe » selon La Dépêche de Brest. Il est condamné à un mois de prison avec sursis, sa peine étant amnistiée en avril 1921. Il séjourne alors à Granville, dans la Manche.

Ayant repris son métier de sculpteur, René Louis Malpart épouse en juillet 1921 Marie Félicité Jan, native d’une commune de l’agglomération brestoise. Ils vont s’installer en région parisienne, à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Leur domicile se situe rue Jeanne-d’Arc, dans le quartier de Polangis, qui est partagé avec la commune de Joinville-le-Pont. De fait, René Louis Malpart aura une activité civique dans cette dernière ville.

Il rejoint l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), créée en 1917 et présidée par l’écrivain Henri Barbusse. Il est trésorier de la section de Joinville. Il est également membre du Parti communiste français.

En avril 1927, René Malpart participe au grand prix cycliste de L’Humanité, organe du PCF

René Louis Malpart meurt le 1er juillet 1928 à Champigny-sur-Marne, âgé de 30 ans. Il était décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze, et avait aussi obtenu la médaille de la victoire et la médaille commémorative.

Le quotidien communiste L’Humanité publie un article expliquant que « Notre camarade René Malpart se noie accidentellement dans la Marne », rappelant son rôle à la section de l’ARAC de Joinville et son adhésion au parti communiste. L’appel à participer aux obsèques est relayé également par la section de Joinville du Secours rouge international, l’organisation communiste du secteur appelant à venir avec drapeaux et insignes.

 

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4 août 2024 7 04 /08 /août /2024 01:01

Georges Guy Gérard Legras naît le 3 juin 1927 à Tours (Indre-et-Loire). Il est le fils d’Adrienne Élisabeth Lelong et de son mari Jacques Georges Ernest Legras, voyageur de commerce. Ils vivent, avec les grands-parents paternels, rue Avisseau, dans le quartier de la cathédrale.

En 1931, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), au centre-ville, rue Émile-Moutier. Le père est devenu projectionniste ; il sera ensuite ingénieur du son. La ville de Joinville comporte plusieurs sites importants consacrés au cinéma (studios de production et entreprises de traitement des films notamment).

Pendant la deuxième guerre mondiale, on trouve un « Georges Legras » enregistré, sans autre précision, dans les Dossiers administratifs de résistants conservés par les archives du Service historique de la Défense.

Après le conflit, Georges Legras est assistant monteur en cinéma. Le 10 novembre 1949, il se trouve dans l’immeuble du 19, rue Saint-Georges à Paris (9e arr.). Anciennement utilisé par la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) pendant l'occupation allemande de Paris, il a été affecté après la Libération à plusieurs organisations liées au parti communiste, notamment le Front national, qui y a son siège, comme des mouvements d’anciens combattants.

Georges Legras et une de ses collègues, Ina Brocki, travaillaient au 4e étage. Ils sont retrouvés recroquevillés, complètement carbonisés, par les sauveteurs sur le palier du 3e étage. L’accident a fait une autre victime, Germaine Fromentin, et huit blessés.

Plusieurs sociétés d’exploitation de films avaient une activité dans l’immeuble : Armor, Miramar et le studio Saint-Georges. L’enquête a estimé que le feu aurait pris dans les sous-sols, suite à un court-circuit, et aurait embrasé des pellicules de film stockées dans les caves, dans des conditions non conformes à la règlementation. Il s’est ensuite propagé très rapidement dans les étages.

Georges Legras a été déclaré mort le 10 novembre 1949 à Paris (9e arr.). Il était célibataire, âgé de 22 ans et toujours domicilié chez ses parents à Joinville-le-Pont et son corps a été inhumé dans le cimetière communal de cette ville.

Des obsèques solennelles ont été organisées pour deux des trois victimes, Germaine Fromentin et Georges Legras. Elles se sont déroulées le 19 novembre à la Maison des Métallurgistes, rue Jean-Pierre-Timbaud à Paris (11e arr.). Tous les deux ont été salués comme des camarades de lutte et des militants par des dirigeants du Front National, tels Laurent Casanova, Pierre Villon. Plusieurs hauts responsables communistes étaient présents, comme Léon Mauvais et Charles Tillon.

Jacques, le père de Georges Legras, a été candidat communiste lors des élections municipales de Joinville-le-Pont en mars 1965.

Lutte contre l’incendie dans l’immeuble, L’Humanité, 11/11/1949

 

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30 juillet 2024 2 30 /07 /juillet /2024 14:35

Jacques Georges Ernest Legras naît le 25 juillet 1903 à Paris (20e arr.). Il est le fils Blanche Ernestine Marie Denis et de son époux Georges Victor Alexis Legras. Ils vivent cours de Vincennes et son père est voyageur de commerce. Son père avait été marié une première fois en janvier 1894, mais son épouse était décédée dix jours plus tard ; il avait contracté une nouvelle union avec Blanche six mois plus tard.

La famille d’installe dans la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), située de l’autre côté du Bois de Vincennes, où ils résident rue de Créteil (act. boulevard du Maréchal-Leclerc), dans le centre-ville, en 1911. Après la première guerre mondiale, pendant laquelle ni le père, trop âgé, ni le fils, trop jeune, ne sont pas mobilisés, les Legras déménagent à Tours (Indre-et-Loire), d’abord rue Bernard-Palissy puis rue Avisseau, dans le centre de la commune. Jacques épouse en décembre 1925 à Saint-Calais (Sarthe), Adrienne Elisabeth Lelong, couturière. Il est voyageur de commerce, comme son père. Suite au décès de celui-ci, en janvier 1927, puis à la naissance de leur enfant en juin, le nouveau couple et la mère de Jacques reviennent à Joinville-le-Pont.

Ils vivent dans le quartier central, rue Émile-Moutier. Toujours employé commercial en 1931, Jacques Legras devient projectionniste de cinéma ; il sera ingénieur du son en 1949. En novembre cette année-là, son fils unique, Georges, âgé de 22 ans et qui travaille également dans le cinéma, comme assistant monteur, meurt dans un incendie à Paris (9e arr.). Il se trouvait alors dans l’immeuble de la rue Saint-Georges qui abritait plusieurs organisations liées au Parti communiste, dont le Front national ; ainsi que des maisons d’édition ou des sociétés cinématographiques. Les obsèques des trois victimes du feu rassemblent de nombreuses personnalités proches du PCF.

Vivant toujours à Joinville-le-Pont, Jacques Legras est candidat, en mars 1965 lors des élections municipales sur la liste d’Union démocratique conduite par Henri Bideaux, ancien conseiller municipal et commerçant. Redevenu représentant de commerce, Legras figure en quatorzième position, avec l’étiquette communiste comme 24 des autres postulants, mais la liste comprend également un socialiste, un radical-socialiste et un républicain.

Au premier tour, la liste communiste arrive en deuxième position, avec une moyenne de 2 316 suffrages soit 29,9% des 7 758 exprimés pour 7 974 votants et 10 441 inscrits. Elle est devancée par le maire sortant, Georges Defert (divers droite), qui obtient 45,4% et précède une liste gaulliste, qui a 26,6% des votes et se retire. Au second tour, la liste communiste recueille 38,1% des bulletins déposés. Elle n’a pas d’élu.

Jacques Legras meurt le 4 février 1980 à Paris (13e arr.) où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Joinville-le-Pont, rue des Réservoirs, était veuf et âgé de 76 ans.

Obsèques de Georges Legras, fils de Jacques Legras, 19 novembre 1949

 

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16 juin 2024 7 16 /06 /juin /2024 00:27

Henri Swinnen naît le 17 septembre 1887 à Chênée (act. Liège, Wallonie, Belgique). Il est le fils d’Antoinette Vander-Elts et de son époux Jean Swinnen. Le couple a eu au moins huit enfants, dont Henri est le plus jeune. Ils sont tous deux originaire du Brabant-Flamand, donc probablement de langue flamande, mais sont installés en région francophone au moins depuis 1875, d’abord à Angleur puis à Chênée, dans la province de Liège. Son père y est fondeur en zinc en usine.

Les parents divorcent en avril 1892, quand Henri a 4 ans. Le père reste à Chênée, où il se remarie en mai 1893. La mère vient s’installer en France, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle réside, en 1898 dans le centre-ville, rue de Paris. Une des sœurs aînées d’Henri, Henriette, a épousé en octobre 1898, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, Félix Joseph Crépin, avec lequel elle avait eu un enfant dans la même commune en avril 1896.

Henri vit avec sa mère, rue des Marronniers puis rue Vautier, dans le centre-ville et enfin avenue Arago, dans le quartier de Polangis, à partir de 1913.

Il a obtenu la nationalité française par décret en décembre 1908. Après avoir été ajourné un mois pour maladie, Henri Swinnen, qui est mécanicien, fait son service militaire à partir de novembre 1909 au 32e régiment d’artillerie. Il est démobilisé en septembre 1911.

Devenu menuisier, Henri Swinnen épouse en avril 1914 à Joinville Aline Martinès, dont le père est ouvrier d’usine dans la même commune.

Rappelé au début de la première guerre mondiale en août 1914, il est blessé au poignet en octobre 1917. Il quitte le service armé en juillet 1919.

Après le conflit, Henri Swinnen est militant au parti communiste à Joinville, formation issue de la transformation du Parti socialiste SFIO en décembre 1920 dont tous les adhérents locaux ont voté la motion d’acceptation des conditions d’adhésion de l’internationale communiste.

Séparé de son épouse, Henri Swinnen élève avec sa mère une fille, Simone, née en septembre 1919 à Joinville. Elle meurt en mai 1921 d’un accident ; le décès provoque une émotion au sein de la section communiste locale et le quotidien L’Humanité en fait l’écho. En juin 1921, le tribunal civil de la Seine prononce le divorce « au profit du mari. »

Encore domicilié à Joinville et menuisier, Henri Swinnen se remarie en mars 1922 à Saint-Maur-des-Fossés avec Lorentine Augusta Armandine Chollet, mécanicienne et veuve. Elle décèdera en mars 1925.

Résidant en décembre 1923 à Coullons (Loiret), Henri Swinnen revient ensuite sur les bords de Marne, en premier lieu à Saint-Maur, boulevard de Créteil où il habite en novembre 1928 puis à Créteil, dans l’allée Centrale de l’île Brise-Pain. Il s’y installe en octobre 1929.

Travaillant dans la menuiserie à Saint-Maur, Henri Swinnen partage sa vie avec Anna Marie Louise Jezequellou, native du Finistère, journalière et illettrée. Les trois enfants de sa compagne vivent avec eux en 1931 ; ils ont 18, 17 et 12 ans. Au chômage en 1936, il exploite le terrain de sa maison à des fins agricoles.

Henri Swinnen meurt le 25 septembre 1954 à Créteil, dans son domicile de l’île Brise-Pain. Il était âgé de 67 ans et avait eu un enfant.

L’île Brise-Pain à Créteil par WIlly Ronnis

 

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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 19:40

Aline Marie Hanicka naît le 11 novembre 1933 à Varsovie (Pologne). Elle est la fille de Valéria Constance Mantey et de Witold Hanicki.

Son père est ingénieur. Il est originaire en août 1900 de Tereszky, ville située en Russie selon son état-civil, qu’il faut probablement rattacher à l’Ukraine actuellement.

Sa mère, née en juin 1899 à Paris, exerce la profession de sténodactylo, est la fille d’un directeur de l’Assistance publique de Paris, Donat Émile Mantey, qui a en charge des établissements en banlieue comme Bois-d'Arcy (Seine-et-Oise, act. Yvelines) puis en province tels Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) ou Abbeville (Somme). La grand-mère maternelle d’Aline Hanicka, Flora Valeria née Desvaux a pour sœur Anita Desvaux, militante socialiste, mariée avec Jean Laurent Frederick Longuet, journaliste, avocat, homme politique socialiste français membre de la SFIO ; c’est un des petits-fils du philosophe et rédacteur du Manifeste du parti communiste, Karl Marx.

Valéria Mantey, bien que née en France et n’ayant résidé que quelques années en Pologne, avait perdu la nationalité française ; elle la retrouvera en novembre 1937, la famille séjournant de nouveau en France, à Taverny (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise) où naît le frère d’Aline, Jean, en 1935.

Selon l’historien Jacques Girault, Aline Hanicka fréquente, après la deuxième guerre mondiale, vers 1946-1947, un groupe de jeunes animé par Yvan Craipeau. Militant syndical, ancien résistant et dirigeant d’organisations trotskistes, il est instituteur dans une école de Taverny. Elle-même deviendra également institutrice. Le groupe animé par Crépeau comprend des jeunes communistes, mais aussi des chrétiens progressistes et avait une activité principalement sportive.

C’est grâce à ce groupe qu’elle rencontre Roger Beaumont, qui sera lui aussi instituteur, et séjournant alors en sanatorium à Bouffémont (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), commune voisine de Taverny. Toujours d’après J. Girault, Roger Beaumont et ses camarades de club « suivaient de très près les actions des prêtres-ouvriers ». Il exerçait des responsabilités locales aux scouts de France. Résidant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), il avait été adhérent aux Jeunesses du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) dans cette ville de 1947 à 1950.

Cependant, fréquentant Aline Hanicka et les membres de son groupe, il change d’opinion et rejoint le parti communiste français (PCF) en décembre 1953 ; elle-même le fait l’année suivante. Ils se marient, en mars 1954 à Joinville-le-Pont et vivent dorénavant dans cette commune.

Roger Beaumont est élu conseiller municipal de la commune voisine de Champigny-sur-Marne, où il enseignait. Après leur divorce et son remariage, il va quitter les bords de Marne pour s’installer à Sens, dans l’Yonne, où il devient inspecteur départemental de l’Éducation nationale.

Aline Hanicka conserve, selon le pédagogue Bernard Furet, la garde de leurs deux garçons. En mars 1999, elle participe à une souscription lancée dans le quotidien communiste L’Humanité aux côtés de militants communistes de Champigny.

Elle meurt le 17 janvier 2007 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Elle était âgée de 73 ans.

Joinville-le-Pont, écoles

 

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