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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 00:01

Adrienne Cécile Flore Renz naît le 22 février 1899 à Borgerhout (Belgique), dans la province d'Anvers en Flandre. Elle est la fille de Gabrielle Flore Célina Carré et d’Arsène Léopold Renz. Leurs deux familles ont une grande réputation dans le milieu du cirque, en France pour la première, en Allemagne pour le second. Léopold Renz était un écuyer-voltigeur ; Gabrielle Carré a été danseuse de l'Opéra de Paris et dresseuse de chiens.

Ses parents sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, où ils achètent une propriété avenue Racine et exploitent en 1911 une guinguette, établissement de bal populaire auprès des parisiens.

Devenue ouvrière en cinématographe, Adrienne Renz épouse en janvier 1920 à Joinville Marcel Chagnon, commerçant, dont la famille était originaire de Corrèze. Avec sa belle-mère, Adrienne et Marcel Chagnon poursuivent l’exploitation de l’établissement de danse sur patins à roulettes, situé quai de Polangis, devenu le Petit Robinson.

Personnel du Petit-Robinson en 1932

Le couple eut deux enfants : Gabriel, dit Gaby, musicien et salarié de la SACEM, et Daniel, dit Dany, qui reprit le nom de sa mère et fut un artiste de cirque très réputé.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon des témoignages de l’ancien maire communiste de Joinville, Robert Deloche, et de l’historien local Michel Riousset, Adrienne Chagnon, toujours propriétaire du Petit-Robinson, prend une part active à la Résistance.

Après la Libération, elle est candidate représentant l’Union des femmes françaises (UFF), proche des communistes, pour les premières élections municipales auxquelles les femmes peuvent voter et sont éligibles.

Quatre femmes sont élues parmi les 27 membres de l’assemblée locale à Joinville : Amélie Trayaud, future maire de la ville en 1953, Adrienne Chagnon, Juliette Derrien et Valentine Nicolas. La liste d’union qui regroupe des communistes, des socialistes et des radicaux recueille environ 62% des 6 447 suffrages exprimés sur 6 621 votants pour 7 811 inscrits. Robert Deloche est réélu maire.

Lors du scrutin suivant, en 1947, Adrienne Chagnon n’est pas réélue.

Adrienne Chagnon meurt le 12 octobre 1993 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Elle est inhumée à Joinville dans le caveau familial. Elle était âgée de 93 ans.

Tombes de la famille Chagnon à Joinville-le-Pont

 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 00:01

Albert Favin naît le 18 mars 1884 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Alix Bathilde Bigé et de son époux, Victor François Favin, chauffeur mécanicien.

En 1904, Albert Favin exerce le même métier de chauffeur mécanicien et a déménagé avec ses parents dans la commune riveraine de Joinville-le-Pont. Il travaille à l’usine des eaux de la ville de Paris dans cette localité. Il y conduira toute sa carrière professionnelle, étant nommé en 1924 maître-chauffeur.

Le service militaire de Favin se déroule entre septembre 1905 et septembre 1907 dans la 7e section de Commis et ouvriers d'administration (COA). Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans la 24e section de Commis et ouvriers d'administration puis passe en décembre 1915 au 55e régiment d’infanterie avant d’être affecté en mai 1916 aux ateliers de construction de Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il rejoint en juillet 1917 le 1er régiment de génie.

Lors des élections municipales qui suivent le conflit, en novembre 1919, Albert Favin est candidat en huitième position sur la liste socialiste unifiée (SFIO) conduite par Georges Laruelle, ancien conseiller municipal.

Au premier tour, la liste socialiste fait face à une liste conduite par Henri Vel-Durand (radicaux dissidents, radicaux-socialistes officiels et socialistes indépendants, dont plusieurs anciens de la SFIO) et à une liste libérale et conservatrice. Elle obtient une moyenne de 500 voix, soit 30,1% des 1 695 suffrages exprimés pour 1 715 votants sur 2 491 inscrits. Au second tour, face à la seule liste de Vel-Durand, la liste SFIO obtient 502, 34,3% des 1 518 suffrages exprimés pour 1 537 votants. Elle n’a pas d’élu. Favin avait obtenu 500 voix au premier tour (30,1%) et 496 au second (32,7%).

Comme l’ensemble de la section de Joinville de la SFIO, Favin adhère en décembre 1920 au parti communiste SFIC. Il souscrit, en avril 1921, en faveur du développement de la nouvelle formation.

Marié en juillet 1908 à Saint-Maurice avec une plumassière, Maria Prévost (née Stöcklé), il aura une fille et élèvera la fille d’un premier mariage de son épouse.

Après avoir reçu la médaille d’honneur communale en juillet 1929, Favin prend sa retraite en tant que brigadier-chauffeur en avril 1939.

Peut-être est-ce lui qui, en 1971, contribue à la solidarité syndicale dans le journal des retraités des services publics du syndicat CGT, La Voix des anciens.

Albert Favin meurt le 1er septembre 1974 à Créteil  (Val-de-Marne). Il résidait probablement encore à Joinville et était âgé de 90 ans.

La rue du Canal à Joinville-le-Pont

 

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 00:01

Jean Aubignat naît le 25 octobre 1870 à Gelles (Puy-de-Dôme), au village de Say. Il est le fils de Françoise Tournade et de son mari, François Aubignat, cultivateurs.

En 1901, Jean Aubignat est mineur de profession et vit avec Marie Chassac, originaire de Liginiac en Corrèze, où elle est née en 1868, ancienne cultivatrice, séparée de son mari, Jean Besse, avec lequel elle avait eu quatre enfants. Jean Aubignat réside avec elle à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue, dans le même immeuble que son frère et homonyme Jean Aubignat (1867-1950), lequel vit également avec Marie Chassac (1862-1917), sœur de sa propre compagne portant aussi le même prénom.

C’est probablement le plus jeune Jean Aubignat qui est la victime d’une agression à l’usine des eaux de Joinville-le-Pont, commune limitrophe de Saint-Maurice, établissement qui appartient à la ville de Paris. Mi-octobre 1910, il faisait une ronde dans les dépendances de l'usine où il était gardien de nuit. Attaqué par des individus qui le frappèrent à coups de bâton, il est blessé à la tête puis secouru par des voisins qui répondent à son appel au secours. Le journal L'Éclair rattache cet incident à la situation sociale de l’entreprise. Des grévistes seraient venus pour saboter l’excitateur des eaux, qui allait remplacer 80 hommes. Ils s’en seraient pris à lui par ce qu’il tentait de les empêcher d’accéder à la machine, selon Le Figaro.

À l’instar de son frère, Jean Aubignat, sa compagne et ses quatre enfants ont déménagé à Joinville, au 5, rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse). Il est terrassier pour la ville de Paris et sa conjointe est blanchisseuse.

Après la première guerre mondiale, Jean Aubignat va s’engager dans l’action politique. C’est sans doute lui qui souscrit pour les élections législatives en faveur du parti communiste en décembre 1927. Lors des élections municipales de mai 1929, il est candidat en 10e position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, présentée par le PCF à Joinville-le-Pont. Au premier tour, la liste de concentration républicaine du maire sortant, Stephen Durande est en tête avec 42,6% des voix, devant l’Union des gauches (radicaux-socialistes et socialistes Sfio) de Georges Briolay à 35,9%, les communistes recueillant 16%. Jean Aubignat obtient 337 des 2 126 suffrages (15,8%) pour 2 969 inscrits.

Au second tour, la gauche radicale et socialiste l’emporte avec 45,9% des voix et 22 sièges, contre 41,6% et 5 sièges à la droite, les communistes refluant à 12,5% et n’ayant pas d’élu.

Robert Lisambard (1902-1978), charpentier fer puis plombier, gendre de Jean Aubignat, était également candidat sur la liste communiste de 1929 et le fut de nouveau lors des élections municipales de Joinville en mai 1935.

Jean Aubignat meurt le 25 novembre 1961 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). il était toujours domicilié à Joinville-le-Pont, rue de Paris, et est inhumé dans cette commune.

Marie Chassac, compagne de Jean Aubignat

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 00:01

André Georges Roger Cyrille Dunet naît le 5 décembre 1927 à Paris (12e arr.). Il est le fils de deux domestiques, Damir Odette Georgina Alliaume, qui vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et Georges Marcel Auguste Dunet, résidant à Évreux (Eure).

En 1931, la famille s’installe dans le nouvelle cité de 385 logements installée dans le quartier de Palissy à Joinville, rue de l’Égalité, par la société d’Habitations à bon marché (HBM) de Montreuil. Georges Dunet est devenu cantonnier de la ville de Paris, tandis que Damir Dunet est employée de la société cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier.

Selon sa notice nécrologique, publiée dans le magazine municipal de Joinville, André Dunet « partira à Paris peu avant la guerre. Homme d’engagements, il luttera contre les Allemands et, à la Libération, il rejoindra la Croix-Rouge. »

Après la deuxième guerre mondiale, André Dunet devient un responsable syndical, d’abord dans sa branche professionnelle, les Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT). Il est responsable de la fédération des PTT de la Confédération générale du travail (CGT) en 1962. En avril 1952, en tant que membre du Conseil économique, il fait partie d’une délégation française qui se rend à la Conférence économique internationale de Moscou. Le Conseil économique, ancêtre du Comité économique, social et environnemental, avait été ré par l’article 25 de la constitution du 13 octobre 1946 qui fondait la 4e République ; c’est un lieu de débat autour de la reconstruction et de la modernisation économique de la France.

En 1975, André Dunet est un collaborateur permanent du bureau confédéral de la CGT, attaché au secteur international, où il a en charge les relations avec « l’Europe non-socialiste », certaines organisations internationales (Organisation internationale du travail, Organisation des Nations-Unies, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture – FAO) ainsi qu’avec la Fédération syndicale mondiale (FSM), d’obédience communiste. Il est chargé du Bulletin de presse international.

En 1981 et jusqu’en 1990, André Dunet est secrétaire de la commission OIT de la CGT et siège régulièrement à Genève, ville-hôte de l’institution. Il intervient ainsi en 1987 au cours d’un d’une conférence pour examiner les suites de la Déclaration de l’OIT sur l’apartheid en Afrique du Sud. Pour le polémiste Jean Montaldo (La Maffia des syndicats, Albin-Michel, Paris, 1981) André Dunet est, en tant que délégué de la FSM un « agent de formation » de l’influence communiste au sein des syndicats et des organisations internationales.

En mars 1981, André Dunet est nommé membre du Comité économique et social des Communautés européennes, siégeant à Bruxelles, où il remplace Georges Croese. Il met en cause à plusieurs reprises l’orientation politique de l’Europe, faisant par exemple en 1987 une déclaration sur « Chômage, austérité, flexibilité, remise en cause des acquis sociaux ».

Il reprend la même critique en 1988 : « la commission européenne n’entend nullement modifier ses choix et orientations en matière sociale. La rigueur et l’austérité demeureront... » Il démissionne de sa fonction en mai 1988 et est remplacé par Joël Decaillon.

André Dunet s’était réinstallé à Joinville en 1973, dans une nouvelle résidence gérée par l’Office municipal d’habitations à loyers modérés (HLM). Il s’agit cependant d’un groupe de standing plus élevé, des immeubles à loyer normal, situé rue Hippolyte-Pinson, dans le centre-ville. Il crée l’amicale des locataires de la résidence, dont il assumera la présidence pendant 36 ans.

L’amicale est, comme plusieurs autres à Joinville, affiliée à la Confédération nationale du logement (CNL), structure proche du parti communiste. André Dunet apparaît comme le principal responsable de la CNL sur Joinville. C’est lui qui conduit les listes de la CNL lors des élections au conseil d’administration de l’OPHLM municipal entre 1983 et 2010. Sa liste, qui est souvent seule en lice, remporte généralement les trois sièges à pourvoir, sauf en 1992 où elle n’en a que deux avec 79% des suffrages exprimés. Dunet est constamment réélu administrateur.

En 1987, avec son colistier Georges Sicre, André Dunet s’oppose à la vente de logements HLM, souhaitée le conseil d'administration de l'office à l’instigation du maire, Pierre Aubry (divers droite). Le préfet lui donne raison en mai 1992, mais avant cette date, 150 appartements avaient été vendus.

Apparaissant régulièrement aux côtés des élus communistes de la ville, André Dunet participait également aux souscriptions lancées par le quotidien du PCF L’Humanité, par exemple en 1997, 1999 et 2006

André Dunet est mort le 17 octobre 2019 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 91 ans et résidait toujours à Joinville-le-Pont.

 

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 01:01

 

Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.

Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.

Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.

Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).

La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.

Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.

La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.

 

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 01:01

Alexandre Legay nait le 21 janvier 1905 à Bourganeuf (Creuse). Il est le fils de Jeanne Tabaud et de son époux, Léonard Legay, cultivateur.

Comme un grand nombre d’originaires du Limousin, Legay va être maçon en région parisienne. Il vit à Paris. Il épouse en février en 1930 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) Madeleine Marie Trayaud, fille d’un tailleur de pierres et d’Amélie Eugénie Duteyrat, tous les deux Creusois également.

Les époux Legay s’installent avenue du Bac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, en compagnie d’Amélie Trayaud, devenue veuve fin 1930. Ils donnent naissance à une fille.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Alexandre Legay, tout comme son épouse, s’engage dans la Résistance à l’occupation nazie en France. Membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), groupe d’obédience communiste, sa participation à la lutte de libération est ensuite reconnue au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Par arrêté du 26 septembre 1944, Alexandre Legay est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont. Il fait fonction de conseiller municipal, le président de la délégation étant Robert Deloche, futur maire, communiste.

Cependant, un arrêté du 31 janvier 1945 enregistre la démission d’Alexandre Legay, motivée par l'application de l'article 35 de la loi du 5 avril 1884 sur l’organisation des communes. Legay est remplacé par Louis-René Loutellier. Bien que le motif exact ne soit pas précisé, c’est le deuxième alinéa de l’article cité qui s’applique ici : « Dans les communes de 501 habitants et au-dessus, les ascendants et les descendants, les frères et les alliés au même degré ne peuvent être simultanément membres du même conseil municipal ». En effet, sa belle-mère, Amélie Trayaud, figure également dans la délégation spéciale. Elle sera, ultérieurement, brièvement maire de Joinville en 1953.

Adhérents à la cellule Noger du Parti communiste français (PCF) à Joinville, les Legay et Amélie Trayaud offrent un cadeau au secrétaire général du PCF, Maurice Thorez et à sa femme, Jeannette Vermeersch, qui est conservé aux archives municipales d’Ivry-sur-Seine, sa commune d’élection. Il s’agit d’un insigne représentant Maurice Thorez et Marcel Cachin, autre dirigeant communiste, et datant de 1938, qu’ils présentent dans un petit écrin rouge.

Lors du cinquième anniversaire de la Libération de Joinville, Legay fait partie des organisateurs en tant que responsable FTP.

Après la mort de sa première épouse en janvier 1969, Alexandre Legay se remarie en mai 1970 à Joinville avec Andrée Marcelline Lapeyre.

La date de son décès n’est pas connue.

Insigne offert à Maurice Thorez, PCF

 

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 01:01

Léonard Henri Pinturier naît le 14 septembre 1876 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Marie Marot et de son époux Jean Pinturier, maçon, tous deux originaires de la Creuse.

Devenu maçon comme son père, Léonard Pinturier se marie en avril 1904 à Paris (4e arr.) avec Françoise Marie Magdeleine Victoria Antony.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Léonard Pinturier s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande. Son rôle est homologué au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Après-guerre, Pinturier est vice-président des Vieux travailleurs joinvillais et président du groupe action coopérative de Joinville.

Après le départ du maire communiste Robert Deloche, puis l’intérim assuré par une autre élue du même parti, Amélie Trayaud, la liste de la municipalité sortante, réunissant les communistes et certains radicaux est conduite par Henri Bideaux, conseiller sortant. La liste communiste obtient 10 sièges, les socialistes SFIO en ont 3, le MRP 2 et deux listes de droite en ont 6 chacune. Georges Defert (Rassemblement de la gauche républicaine, droite) devient maire. Pinturier n’est pas élu.

Cependant, il est proclamé conseiller municipal en mai 1957, en remplacement de Solange Delain. Pinturier siège régulièrement au premier semestre 1958, mais est plusieurs fois absent dans la deuxième partie de l’année. Son mandat n’est pas renouvelé en 1959, le scrutin étant cette fois majoritaire.

Dans une étude universitaire sur Les élus municipaux de banlieue parisienne au prisme de l’encadrement communiste, de la Libération aux années 1960, Paul Boulland, chercheur au Centre d'histoire sociale du XXe siècle (CNRS – Université Paris 1) considère Pinturier comme un exemple du type de militants pouvant incarner la continuité historique du parti communiste ou représenter les populations parmi lesquelles ils militaient dans les associations. Il oppose cette catégorie à celle des jeunes militants et issus de la production, seuls valorisés par la logique de promotion dans l’appareil.

Léonard Henri Pinturier meurt le 22 septembre 1970 à Joinville. Il était âgé de 94 ans. Il avait eu au moins une fille.

 

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 01:01

Victor Doyen naît le 3 mai 1897 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Cousson et de son compagnon, Victor Doyen, maçon, qui le reconnaît.

En décembre 1919 à Joinville, Victor Doyen épouse Françoise Belbéoch, sœur de Joseph Belbéoch, qui sera militant communiste et combattant dans les rangs de la Résistance, tué lors de la bataille du pont de Joinville le 25 août 1944. Il vivait alors dans la commune voisine de Saint-Maurice.

Alors employé de commerce, après avoir été épicier en 1915, Victor Doyen est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Il est incorporé en janvier 1916 dans le 10e bataillon de chasseurs à pied. En mai 1916, il est fait prisonnier au fort de Condé, à Chivres-Val. (Aisne). Il est interné en Allemagne à Giessen (Hesse) d’où il est libéré le 12 décembre 1918. Il est réintégré dans le 26e bataillon de chasseurs à pied et démobilisé en septembre 1919.

Après son retour à la vie civile, Victor Doyen est employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est ; il en est congédié en juin 1920 pour « absence illégale et prolongée. »

La famille Doyen vit après-guerre à Joinville, rue du Canal. Devenu chauffeur mécanicien, Doyen travaille dès 1921 à la Compagnie des Eaux de la Ville de Paris, située à Joinville dans le même quartier.

Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Doyen est candidat, en 17e position sur 27, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, soutenue par le parti communiste et conduite par Roger Bénenson, futur député.

Au premier tour de scrutin, Doyen obtient 338 voix sur 1715 suffrages exprimés (19,7%) pour 2491 inscrits. La liste communiste se maintient au second tour face à celles du cartel des gauches et à celle de la municipalité sortante, libérale et conservatrice. Elle n’obtient aucun siège et son score recule à une moyenne de 278 voix (12,5%), l’alliance entre les radicaux-socialistes et le socialistes SFIO obtenant 22 conseillers municipaux avec 1025 voix (46%) tandis que la liste de droite a 5 élus avec 929 votes (41,6%).

Lors des élections suivantes, Victor Doyen est de nouveau candidat, en 15e position sur la liste communiste, conduite par Robert Deloche, futur maire de la commune après la deuxième guerre mondiale. Il recueille au 1er tour 673 voix sur 2856 suffrages exprimés (23,5%). Il n’est pas candidat au second tour, la liste communiste ayant fusionné avec la liste socialiste SFIO.

Face à la municipalité sortante radicale-socialiste (les socialistes lui ayant retiré leur soutien) et à une liste de droite, les communistes obtiennent deux sièges sur 27, la droite conservatrice emportant tous les autres. Léon Lesestre est élu maire.

Le 4 mars 1939, Victor Doyen obtient une pension. Étant donné son âge, 42 ans, il ne s’agit pas d’une retraite, mais probablement de la suite d’un accident de travail, fréquent dans son métier - il est alors chauffeur désinfecteur, toujours pour la ville de Paris - ou des suites d’une maladie professionnelle. Il décède le mois qui suit.

Victor Doyen meurt le 6 avril 1939 à Joinville. Il avait eu deux enfants.

 

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 01:01

Édouard Henri Vardinal naît le 10 février 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Adélaïde Rousseau et de son époux Constant Vardinal, sellier.

Vivant toujours dans le même arrondissement, Édouard Vardinal devient monteur en bronze. Il fait un service militaire raccourci en 1891-1892, du fait du décès de son père, et épouse en février 1893 à Paris (10e arr.) Louise Eugénie Charbonneix, fille d’un maçon.

Entre 1897 et 1904, la famille vit aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis revient dans à Paris (19e arr.), square Bolivar, en 1907. À partir de 1913, la famille est définitivement installée à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Pendant la première guerre mondiale, Vardinal est d’abord affecté au 29e régiment d’artillerie, basé à Laon (Aisne), puis, à partir de juin 1916 détaché au sein de la maison Vachette, rue du Chemin-Vert à Paris (11e arr.).

Après le conflit, Vardinal travaille à la maison Thibault où il est chef de fabrication pour le montage de bronze.

En novembre 1947, lors des élections municipales à Joinville-le-Pont, Édouard Vardinal figure sur la liste Union républicaine et résistante, qui rassemble des communistes, des radicaux et d’autres personnalités de gauche. La liste obtient une moyenne de 3 017 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44,4%), étant légèrement devancée par la liste gaulliste du RPF avec 3 066 votes (45,1%). Cependant, les deux listes ayant chacune 13 élus, c’est le socialiste SFIO Berthet, seul de sa liste, qui permet au maire sortant Robert Deloche de retrouver son poste.

En 1950, c’est probablement Édouard Vardinal (ou son fils Henri), qui participe en tant que responsable des Vieux travailleurs au 6e anniversaire de la Libération de la ville.

Non élu en 1947, Édouard Vardinal va être appelé à siéger au conseil municipal le 16 mars 1953, en remplacement de Robert Deloche, démissionnaire. Amélie Trayaud, communiste également, est élue maire. Son mandat prit fin dès le 26 avril 1953.

Édouard Vardinal meurt le 1er octobre 1953 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 83 ans. Il avait eu deux enfants.

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 01:01

Simon Charles Lavogade est né le 6 mars 1912 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Charlotte Victorine Guincêtre, ouvrière en cinématographie, et de son mari, Simon Raphaël Pierre Lavogade, bijoutier.

D’abord apprenti bijoutier, métier de sa famille, il est au chômage en 1929 et devient ouvrier métallurgiste à l’usine des Tréfileries et Laminoirs du Havre à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il milite au syndicat CGTU (qui fusionne avec la CGT en 1935) et est un des animateurs de la grève de 1936. La grève mobilisa plus de 200 salariés, avec un cahier de revendications portant principalement sur les salaires. Après 15 jours de conflit et la solidarité des habitants des villes alentour, la reprise se fit avec l'alignement des salaires sur ceux de la métallurgie, le faisant passer de 1 franc de l'heure pour les femmes et 3 francs pour les hommes à 6,25 francs de l'heure pour tous selon le témoignage de Lavogade (L'Humanité, 1996/06/11).

Membre de clubs sportifs ouvriers, Lavogade s'affilia vers 1933 au mouvement Amsterdam-Pleyel. Il adhéra au Parti communiste en 1931 et était un des responsables de la Jeunesse communiste dans la région parisienne. Les Jeunesses communistes de Joinville, où il réside dans le quartier de Polangis, comptaient une centaine de membres en 1937. Début 1938, il fut selon lui « débarqué de la direction de la JC », où il était permanent, lors d'une réunion de la Jeunesse communiste à laquelle il n'avait pu assister, à cause d'une grippe (L'Humanité, 1993/01/08).

Alors sans emploi et sans responsabilité politique, Lavogade s'inscrit comme volontaire lors d’une assemblée de soutien à l'Espagne républicaine. Il se rend en train à Carcassonne, passe clandestinement les Pyrénées et suit une formation militaire à Figueras, avec d’autres volontaires. Il combattit au 4e bataillon de la 14e Brigade internationale, dont il a été nommé commissaire politique selon son témoignage. Le bataillon, avec un effectif franco-belge, portait le nom de Pierre Brachet.

Malade de dysenterie, Lavogade est d’abord hospitalisé dans une station thermale près de Barcelone, puis évacué en France en décembre 1938 par train sanitaire ; il pesait alors moins de cinquante kilos selon son récit.

Soigné gratuitement pendant trois mois au dispensaire de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis), il adhéra à l'AVER (Amicale des Volontaires de l'Espagne Républicaine) et fut envoyé, de février à août 1939, par le syndicat des Métaux, en stage de formation pour les ajusteurs de l'aviation.

À peine embauché chez Bréguet à Aubervilliers, la guerre éclata et il fut affecté à une unité de construction du génie, dans le Jura, il travailla ensuite dans le cinéma et participa à la vie syndicale clandestine. Il évite de justesse la rafle du Vél d'Hiv' en juillet 1942 (L'Humanité, 1993/01/08). Expédié en Allemagne. Il s'évade et revient en France.

En 1943, Lavogade entra à la SNCF comme chauffeur de locomotive. Acteur de la grève insurrectionnelle d'août 1944, il participa aux combats de la libération de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) et s'engagea dans le 5e régiment d'infanterie.

C’est dans cette dernière ville qu’il épouse en octobre 1946 Marie-Louise Lanore.

Après la deuxième guerre mondiale, Simon Lavogade réintègre la Jeunesse communiste et milite au Mouvement de la paix. Il fait partie, avec son épouse, d’une délégation qui visite des entreprises et institutions sociales et culturelles à Bucarest et Constata (Roumanie) en 1976.

Il était père de deux enfants et vivait depuis 1973 dans la cité des Irlandais à Arcueil (Val-de-Marne). Sa fille, Claudine Penvern (née en 1943), syndicaliste, était responsable de l'union locale d'Arcueil du syndicat en mai 1968. Les deux enfants de son fils, Denis Alain Lavogade, s’engageront également politiquement. Fabrice Lavogade appelle à voter, en juin 2017, en faveur de la candidate communiste aux élections législatives, Catherine dos Santos, dans la circonscription de Villejuif (Val-de-Marne) ; sa sœur, Delphine Lavogade (née en 1971) s’associe au même appel. Militante communiste en 1990, elle est élue conseillère municipale d’Arcueil sur la liste d’union de la gauche conduite par Daniel Breuiller en 2014.

Simon Charles Lavogade meurt le 6 mai 2001 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et est inhumé à Arcueil.

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