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10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 00:01

Suite de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »

Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble.

Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »

Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »

Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.

Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.

Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.

Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »

S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.

Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.

Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso et plusieurs de ses neveux ont adopté le patronyme de Fernand-Paraïso, qui est porté par leurs descendants.

Fin

La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était devenu une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intégre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 00:01

François Lauze naît le 20 mai 1857 à Saint-Julia-de-Bec (Aude). Il est le fils d’Anne Rougé et de son mari Jean Baptiste Lauze. Son père est cordonnier ; selon son arrière-arrière-petit-fils, Laurent Ghirardi, en tant qu’artisan, le cordonnier Lauze « demandait à ses ouvriers qu'ils changent chaque semaine de main pour travailler afin qu'en cas d'accident ils puissent continuer à travailler. »

Lors de son enregistrement pour ses obligations militaires en 1877, François Lauze est noté comme étant de religion catholique et exerçant aussi la profession de cordonnier dans le village de Fitou (Aude). Il va faire quatre ans de service, étant incorporé à Narbonne au sein du 81e régiment d'infanterie en novembre 1878. Il part avec son unité en avril 1881 en Algérie où, selon son livret militaire, il « A fait partie des colonnes appelées à réprimer les mouvements insurrectionnels sur le territoire algérien ». Il revient en métropole en novembre 1882 et est démobilisé le mois suivant.

Reparti en Algérie à titre personnel, il est domicilié en 1883 à Souk-Ahras, dans la province de Constantine. Il rejoint rapidement Alger où il est élève infirmier de l’école professionnelle située dans l'hôpital de Mustapha, commune de l’agglomération algéroise. Il est promu infirmier de 1e classe en novembre 1887. Il va effectuer toute sa carrière au sein de cet établissement civil, exerçant depuis au moins 1892 la fonction de concierge. Selon Laurent Ghirardi (son arrière-petit-fils), il était de ce fait « une personne importante, des personnes s'adressaient à lui par courrier pour obtenir un rendez-vous auprès de médecins de l'hôpital ! »

En août 1888 François Lauze épouse à Mustapha Marie Duteil, couturière, qui vit dans la même ville et est originaire de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Ils résident au sein même de l’hôpital.

La cinquième pandémie de choléra, qui se déclenche en 1881 dans le delta du Bengale (Inde) se propage en Afrique et en Europe et arrive en Algérie en 1896. François Lauze est chargé de la garde de l'ambulant d'El-Kettar (quartier d’Alger, situé au-dessus de Bab El Oued). Il obtiendra pour cela la médaille de bronze des Épidémies en août 1896.

Chargé de la garde de l’établissement civil le plus important d’Algérie, François Lauze se prend d’intérêt à l’aménagement de son espace. Il adhère en 1895 à la Société d’horticulture d’Alger et sera l’un des fondateurs de l’Amicale des jardiniers et horticulteurs. Le quotidien La Dépêche algérienne décrit ainsi son rôle (9 août 1898) : « le concierge, M. François Lauze, qui entretient avec un soin jaloux les deux petits parterres situés à l’entrée même de l'hôpital. Chaque saison est un changement de décor et la mise en scène est aussi brillante que variée. Roses au printemps, verveines, hibiscus, cannas en été, chrysanthèmes en automne et pensées en hiver, attirent les regards des passants, malades ou visiteurs, qui ne peuvent s’empêcher d’admirer le bon goût de M. Lauze et le féliciter de son savoir en horticulture. »

François Lauze tenait également la buvette de l’hôpital « ce qui lui permettait de connaître beaucoup de personnes et surtout d’augmenter ses revenus », selon Laurent Ghirardi.

Dans le domaine social, François Lauze est mis en cause en février 1899 par le quotidien antisémite L'Express algérien qui prend le titre de L’Antijuif, qui lui reproche de réunir les ligueurs dans une des salles de la mairie de Mustapha ; la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen a été fondé l’année précédente, dans le contexte de l’affaire Dreyfus. Mais, affichant également son patriotisme, François Lauze souscrit, le même mois pour la construction du sous-marin « L’Algérie » destiné à la marine nationale. Il est en avril 1899 secrétaire du conseil d'administration de la Bourse du travail de Mustapha, le regroupement local des syndicats. Il est l’un des sociétaires de l'Association amicale et de prévoyance des employés civils de l'Algérie en 1911. Il sera en 1919 président du Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique.

Lauze s’engage également dans de très nombreuses autres activités civiques. Depuis 1895 et jusqu’au moins 1906, il est membre de la Société protectrice des animaux. En 1919, il est vice-président de la Société coopérative des patrons limonadiers La Fourmilière, également vice-président de la Société amicale Les Enfants de l’Aude.

Parallèlement à son engagement social, François Lauze est franc-maçon et participe aux travaux de la loge Le Delta dont il est mentionné comme participant en 1906 et le reste en 1919.

Du fait de son statut social, les deuils familiaux qui touchent François Lauze son largement relayés, en particulier dans la franc-maçonnerie. C’est le cas du décès de son épouse, en février 1906, de son fils aîné Gaston en septembre 1906 puis de son deuxième enfant, sa fille Marguerite en mai 1907. À la disparition de sa femme, François Lauze avait la charge de cinq enfants, dont le plus jeune, Jean, alors âgé de deux ans, va devenir peintre.

Libéré des obligations militaires depuis novembre 1903, François Lauze n’est pas mobilisé pendant la première guerre mondiale ; son deuxième fils, Pierre, sert dans l’aviation.

François Lauze meurt le 27 novembre 1919 à Kouba, commune de la proche banlieue sud-est d'Alger, dans un accident ferroviaire.

Plusieurs articles rendent compte de l’accident, notamment dans les quotidiens algérois La Dépêche algérienne, L’Écho d’Alger et Les Nouvelles. Selon leur récit, François Lauze rendait visite à sa fille Jeanne, institutrice un jeudi (jour non travaillé dans les écoles) à Beni-Amrane, ville kabyle à une soixantaine de kilomètres d’Alger. En arrivant en gare de Rouïba, aidant une jeune fille à descendre des paquets, il fait une chute, et est écrasé par un wagon. Outre le faire-part de la famille, six institutions rendent compte du décès dans la presse le même jour : La Fourmilière, Les Enfants de l’Aude, la Société d’horticulture, l’Amicale des jardiniers, le Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique et la loge maçonnique Le Delta.

Âgé de 62 ans, François Lauze était père de six enfants, dont trois étaient encore vivants. Il avait été décoré de la médaille de bronze de l’Assistance publique en décembre 1912.

François Lauze, arch. fam.

 

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 10:32

Georges Louis Dereaux naît le 5 avril 1894 à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Aline Breton et de son époux, Georges Louis Dereaux.

Sa mère, Marie Aline Breton (1869-après 1917), est originaire du petit village de Pierrefitte (Vosges), proche d’Épinal. Elle est fille de Marie Célestine Barthélémy et de Nicolas Félix Breton. Marie Célestine (1839-1880) est dentellière et décède quand Marie Aline a 11 ans, deux mois, après la naissance d’une sœur. Lors de son mariage, en février 1892, Marie Aline Breton est cuisinière et réside à Châtillon. Son père, Nicolas Félix Breton (1845-1901), domestique, est déclaré sur le registre d’état-civil « dans l’impossibilité légale de donner son consentement » à l’union – alors requis - du fait qu’il a été condamné par la cour d’assises d’Épinal. Il meurt au bagne de l’Île Nou, en Nouvelle-Calédonie, en juin 1901.

Le père de Georges Dereaux, natif d’une famille de vignerons de Ménétréol-sous-Sancerre (Cher), est jardinier.

Alors mouleur en cuivre et en bronze, Georges Dereaux est mobilisé pour son service militaire au début de la première guerre mondiale. Il rejoint en septembre 1914 le 11e régiment d'infanterie, puis est affecté en octobre au 17e et en décembre au 9e régiment de la même arme. En décembre 1916, il est blessé par accident d’une balle au pied et est déclaré « inapte pour deux mois ». Il est réformé en août 1917 par le conseil de révision de Bourges pour « fatigabilité, dyspepsie d’effort, battements de cœur ». Étant « en service commandé » dans un lieu qui n’est pas identifié clairement dans son livret militaire, Georges Dereaux est blessé d’une plaie au flanc gauche par éclat de torpille, avec perforation abdominale en avril 1918. Après la fin de la guerre, le conseil de révision le maintient en janvier 1919 pour un service armé et il est démobilisé en septembre la même année. Ses blessures lui vaudront une pension, d’un montant réduit (340 francs) à partir de mars 1920.

Pendant le conflit, Georges Dereaux épouse en août 1917 à Malakoff, Marie Joséphine Togaert, une brodeuse native de Molenbeek-Saint-Jean (Belgique).

En 1921, Georges Dereaux est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), toujours mouleur en cuivre. Il vit dans le quartier de Palissy, avenue Joyeuse, avec une opticienne, originaire de La Guerche (Cher), également prénommée Marie. Il divorce d’avec son épouse en janvier 1922.

Embauché en 1928 par la mairie de Joinville, il est appariteur, chargé des enquêtes sociales pour les deux quartiers de Palissy et Polangis, situés sur la rive gauche de la rivière Marne.

Avec l’autre appariteur, Justin Morgenthaler (1893-1949), Dereaux devient receveur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers, une des principales organisations sociales de la commune. Il est reconduit dans cette fonction en 1933 et 1934.

À partir de 1931, il vit avenue du Parc, dans le quartier de Polangis. Il se remarie en octobre 1935 à Joinville avec Suzanne Lucienne Nuttin, une veuve originaire de Lille (Nord).

Georges Dereaux meurt le 20 mars 1938 à Créteil, où il est hospitalisé, toujours domicilié à Joinville. Il était âgé de 44 ans et n’a pas eu d’enfant. Ses obsèques sont célébrées en l’église Sainte-Anne de Polangis et il est inhumé au cimetière communal. Le maire de Joinville, Léon Lesestre (1877-1955), prononce une allocution mettant l’accent sur ses activités professionnelles et son rôle mutualiste.

Bagne de l’Île Nou, Nouvelle Calédonie

 

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 00:01

Début de la biographie de Georges Capgras

Georges Capgras naît le 16 mai 1866 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Julienne Germaine Malice et d’Antoine Capgras, le quatrième et dernier de leurs enfants. Sa mère est la fille d’un entrepreneur carrier et propriétaire foncier de Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville. Son père est boulanger dans le village de Poigny (Seine-et-Marne), où la famille vit dans le lieudit Les Forges ; il est originaire de cultivateurs de Caumont (Tarn-et-Garonne).

Les parents vivent ensuite séparés et, en 1880, lors du décès du fils aîné, le domicile du père est déclaré comme « ignoré » dans l’état-civil. Georges vit alors avec sa mère et ses deux sœurs à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), route de Flandres puis dans le 9e arrondissement de Paris rue Rodier et ensuite, dans le 18e, rue Ordener. Il fait un service militaire, sans doute de 1887 à 1889.

Lorsqu’il se marie en février 1893 à Paris (9e arr.), Georges Capgras est employé au Crédit foncier de France, une fonction qu’il continuera au moins jusqu’en 1913, alors comme dessinateur industriel. Il épouse une brésilienne, Joséphine de Barros, native de Bahia, fille d’un importateur de machines pour la navigation fluviale. Ils vivent cité Gaillard (act. rue Paul Escudier).

Parallèlement à ses activités administratives, Georges Capgras suit une formation en peinture à l'école des Beaux-arts de Paris. Il a pour professeurs le peintre réaliste et académique William Bouguereau (1825-1905) ; Georges Callot (1857-1903), spécialiste de tableaux de nus et également décorateur ; Émile-Charles Dameron (1848-1908), artiste vagabond inspiré par la Bretagne ; Charles Hermann-Léon (1838-1907), auteur de d’œuvres animalières. Il fréquente également l'Académie d’Auguste Joseph Delécluse (1855-1928) et se rapproche de Gustave Moreau (1826-1898), représentant du courant symboliste, imprégné de mysticisme. Fin 1896, il fait partie des illustrateurs de La Revue de France, lancée par Georges Rocher et qui cesse de paraître trois ans plus tard.

À partir de 1897, Georges Capgras séjourne au Brésil. Il passe probablement par la Guyane. Sa première exposition connue a lieu à Sao-Paulo en 1898. Il rentre ensuite à Paris, adhère à la Société des artistes français et commence en 1899 à participer au Salon des artistes français, où il sera présent chaque année jusqu’à la fin de sa vie.

Il représente principalement des animaux, notamment des taureaux, dans des paysages du Brésil, de Guyane, de Belgique, de Hollande ou de Bretagne qui lui valent un certain succès et la réputation de peintre animalier. Il adopte la signature de « Géo Capgras ». En juillet 1902, il obtient le divorce. Il restera cependant lié à son fils, Jean Rodolphe Raoul Capgras, né en avril 1895 et qui, en 1914, réside à Lutz (Floride, États-Unis) où il ‘est horticulteur.

Pour sa part Georges Capgras vit dans le 18e arrondissement de Paris, rue Damrémont, rue Paul-Féval, rue Caulaincourt et rue de l'Orient. Il se remarie en octobre 1909 à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) avec Augustine Louise Brulin, employée de commerce.

Outre la peinture, Georges Capgras assure la décoration de la chambre à coucher royale, les plafonds et des panneaux du palais d'Abedin, au Caire, pour le roi d’Égypte Fouad 1er ; il a été reconstruit et agrandi par l'architecte Antonio Lasciac entre 1909 et 1911. Il aménage également le salon de musique du paquebot Gallia, lancé le 26 mars 1913, appartenant à la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, qui desservait l’Amérique latine depuis Bordeaux ; réquisitionné pour transporter des troupes pendant la première guerre mondiale, il fut torpillé par un sous-marin allemand et coulé en octobre 1916 en Méditerranée, entre l’Italie et la Tunisie, faisant environ 1 740 victimes.

Au cours de la première guerre mondiale, le couple s’installe à Fontenay-sous-Bois, rue des Charmes et dans la commune voisine de Saint-Mandé, rue de la Fraternité (Seine, act. Val-de-Marne). S’il n’est pas mobilisé pour porter les armes, du fait de son âge, Georges Capgras est « envoyé au front en tant que peintre officiel aux armées » selon l’écrivaine et chercheuse Jacqueline Chénieux-Gendron. Il est un des rares à s’intéresser aux tranchées, notamment avec L'Enlisé, toile immense, qui décrit l’agonie d’un homme se noyant dans la boue. Il réalise également Verdun, terre sainte, les Muletiers allant vers Douaumont ou une étude de cheval mort. Selon Clément Morro, critique d’art de la Revue moderne, « il remarque dans un entonnoir, un crâne humain ; dans chaque orbite une fleur a poussé ! »

À suivre

Pinacoteca de São Paulo, Géo Capgras, Arredores de São Paulo, 1898

 

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4 octobre 2025 6 04 /10 /octobre /2025 00:01

Jean Jacques de la Grange-d’Arquien naît sans doute en 1586 dans le Nivernais, d’où sa famille est originaire. D’autres sources situent sa naissance aux alentours de 1580. Il est le fils Antoine de la Grange-d’Arquien et de sa première épouse, Marie de Cambrai. Le nom d’Arquien se réfère au village d’Arquian (act. Nièvre).

Sa mère est la fille de Geneviève Le Maréchal et de Jean de Cambrai, seigneur de Villemenard ; elle porte le titre de dame de Soulangis (nom d’un village act. du Cher). Son père est le second fils de Louise de Rochechouart et de Charles de la Grange, seigneur de Montigny. Il porte les titre de marquis d’Arquian, seigneur de Prie et Imphy (Nièvre), Villemart, Chevenon (Charente) et de gentilhomme ordinaire à la chambre du roi. Il exerce les fonctions gouverneur de Metz (1603), Calais (1618), de Sancerre et de Gien ; il sert comme lieutenant-colonel du régiment des Gardes françaises (1589-1610). Son frère aîné, François de La Grange, est maréchal de France. Après la mort de sa première épouse, Antoine de la Grange se remaria d’abord avec Louise de La Châtre puis avec Anne d'Ancienville.

Jean Jacques de la Grange épouse, en juin 1602, une cousine Gabrielle de Rochechouart, dame de Bréviande, fille de Gabrielle d’Allonville et de Gui de Rochechouart, seigneur de Chatillon-le-Roi et gouverneur de Blois.

Jean Jacques de la Grange, qui est comme son père gentilhomme ordinaire à la chambre du roi, prend le titre de marquis de Bréviande (act. Bréviandes, Aube), qu’il ajoute aux seigneuries de Preli, la Bretoche (probablement Villeneuve-sur-Yonne) et Senan (act. Yonne).

Avant son père, Jean Jacques de la Grange fut lui aussi gouverneur de Calais en 1610, ville revenue à la France en 1598 lors de la paix de Vervins, signée avec l’Espagne. Il succèdait à Dominique de Vic. Le duc de Saint-Simon estime dans ses Mémoires, qu’il « ne fit pas grand figure », alors qu’il disait de son père qu’il « servit bien et fidèlement. »

Après la mort de sa première épouse en 1619 à Soulangis, Jean Jacques de la Grange se remarie vers 1622 avec Catherine d’Esterlin fille d’Anne Chaslin et d’Antoine d’Esterlin, seigneur de Pigny.

Il prend possession en 1639 du domaine de Polangis, qui relève alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et est inclus dans la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. Les terres sont situées sur la rive gauche de la Marne, principalement, sur l’espace actuel de Joinville-le-Pont et partiellement de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). L’achat se fait suite à une adjudication, organisée après la saisie en 1635, à la demande de la famille de Condé (titulaire de la baronnie de Saint-Maur et propriétaire du château éponyme), du domaine qui était alors la propriété de Marie de Valliech, née Rouillard, veuve d’un ancien secrétaire du duc d’Épernon.

Jean Jacques de la Grange-d’Arquien meurt vers 1642. Il était âgé d’environ 56 ans et père de quatre enfants. C’est son fils aîné, François, qui reprend le domaine de Polangis.

Le frère de Jean Jacques, Henri Albert de la Grange-d’Arquien (1613-1707) est devenu, après deux veuvages, cardinal sans avoir été ordonné ; il est le père de Marie Casimire Louise de La Grange d'Arquien (1641-1716), reine de Pologne par son mariage avec Jean III Sobieski.

Portrait de Jean Jacques de la Grange d’Arquien

 

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 00:01

Les sources du 16e et du 17e siècle identifient deux Charles de Valliech (ou Charles Valliech) à Paris. Le nom est rare et semble provenir du midi toulousain. Il est possible qu’il s’agisse de la même personne, mais il est imaginable que ce soient des individus apparentés, par exemple un père et un fils éponymes. De nombreuses variations orthographiques existent, comme Valliez, Vallier, Valtech, Vualiech, Valiech ou Valdir.

L’historienne Béatrice Véniel (Une histoire de peaux et de laines, les mégissiers parisiens, CTHS, Paris, 2008) rapporte : « Les mégissiers traitaient en blanc les peaux - achetées aux bouchers - pour approvisionner les artisans du cuir. Surtout, ils triaient et nettoyaient la laine et la vendaient. Ils étaient donc à la fois des artisans - mécaniques - et des marchands ». Dans le contexte de la crise des industries de la laine, le roi Henri IV en besoin d’argent « pour subvenir à ses grandes et urgentes affaires », procède à l’affermage du contrôle de cette activité « à un bourgeois de Paris, Charles de Valliech ou Vallier pour 100 000 écus (300 000 livres). »

Ce dernier, demeurant rue Saint-Honoré, sous-traite le contrôle, comme en 1587 où il charge « Guillaume Regnault, marchand peaussier teinturier de cuirs, rue de la Tabletterie (paroisse Saint-Opportune), du droit de marque des cuirs et magis qui arriveront en la ville de Paris. »

Aucune source ne permet actuellement de connaître les données d’état-civil de Charles de Valliech, mais on supposera que, pour avoir pu contractualiser avec le souverain en 1587, il est probablement né au moins au cours des années 1560.

On rencontre ensuite Charles de Valliech, peut-être le même, en tant que secrétaire du duc d’Épernon. Jean-Louis de Nogaret, duc d'Épernon (1554-1642), gouverneur de Guyenne, Amiral de France et colonel général de l’infanterie. Selon l’historien Georges Bousquié, qui a publié un article consacré à Charles de Valliech (Deux familles d'aventuriers à Polangis au 18e siècle, revue Vieux Saint-Maur, 1948), le duc d'Épernon est le « plus riche seigneur de France, une des plus grandes figures de l'époque » et Valliech est son homme de confiance.

Charles de Valliech épouse en 1602 Marie Rouillard. Il entre en 1615 au service d'Épernon, où il a la charge de régler l'administration de la maison, les recettes et les dépenses. Le duc assiste, en février 1618 à Paris, au mariage de Marguerite de Valliech avec Pierre d'Ollone, fils d’un secrétaire du roi.

En décembre 1623, Charles de Valliech acquiert le domaine de Poulangis, situé dans le ressort de la paroisse de Fontenay-sous-Bois. Ultérieurement, le terrain, dont le nom est désormais Polangis, relèvera de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés puis sera rattaché à la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, devenue en 1831 Joinville-le-Pont (act. Val-de-Marne). La vente se serait faite auprès des Minimes du Bois de Vincennes, dont le couvent se trouve dans le Bois de Vincennes, selon Bousquié ; cependant, les archives du château de Chantilly mentionnent que la vente est assurée définitivement en juillet 1624, entre Valliech et Antoine Fayet, curé de Saint-Paul à Paris ; à cette date, Valliech est toujours qualifié de premier secrétaire du duc. Le prêtre, qui est également chanoine de Paris, chantre et chanoine de Saint-Maur-des-Fossés, a hérité cette propriété de son frère, Martin Fayet, contrôleur des guerres, qui l’avait acquise lors d’une adjudication en 1604.

En juin 1626, Charles de Valliech obtient de l’abbaye de Saint-Maur le droit d'avoir une chapelle domestique dans son château.

Guillaume Girard, autre ancien secrétaire du duc d'Épernon qui publie en 1655 sa biographie, rapporte que, en décembre 1623, « Valliech, son ancien secrétaire, ayant employé sous lui des gens qui n'avaient pas été très soigneux ou très honnêtes, lui manqua de plus de cinquante mille livres, ce que ce bon maître lui pardonna franchement ». Une vingtaine d’années plus tard, après la mort du duc, ses héritiers essaieront, sans succès, de demander le remboursement de cette somme aux héritiers de Valliech.

Selon Bousquié, qui relativise les appréciations de Girard, Charles de Valliech est « Un valet de comédie, un héros picaresque qui fait ce que fait et qui vaut ce que vaut son maître ». Il le présente comme « dévot et dénué de scrupules », « ambitieux, aussi roué que cupide, aimant le luxe et la dépense ». Il assure qu’il s'endette partout et est « toujours en procès avec ses créanciers » et mentionne huit condamnations à partir de 1623.

Bousquié mentionne une dernière condamnation en 1629, auprès d’un apothicaire de Paris. Il en conclut « Il est vraisemblable qu'à ce moment il est quasi ruiné et fort malade ». Il situe son décès cette même année.

En 1635, la propriété de Polangis est mise en adjudication, malgré la tentative de leur fille, Marguerite d’Olonne, pour la conserver. Le château, qui était mentionné au 13e siècles, a été détruit en 1904.

Deux articles de Georges Bousquié sont publiés dans la revue Le Vieux Saint-Maur sous le titre Deux familles d'aventuriers à Polangis au 17e Siècle. Le premier, sorti en 1948, concerne la famille de Valliech ; le second, l’année suivante, traite des de la Grange d’Arquien.

Vue de l'emplacement château de Polangis (1750)

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 00:01

Emmanuel de Vignault (dont le nom est fréquemment également orthographié Vignau) naît probablement au cours des années 1550 ou 1560, vraisemblablement dans le sud-ouest de la France. Il est sans doute le fils de Bertrand de Vignault, jurat de Libourne (act. Gironde) en 1557, et maire de la ville en 1565. Dans cette région, les membres du collège municipal (maire et jurats) sont élus, en général pour un mandat d’un an. En tant que maire, Bertrand de Vignault participe, le 15 avril 1565 à la réception organisée par le roi Henri IV à Bordeaux (act. Gironde).

En 1597 et 1598, c’est Emmanuel de Vignault qui assure la fonction de maire de Libourne. Il a alors le titre de conseiller du roi et exerce la charge de receveur général des taillons en Guyenne. Il succède à la mairie à François de Sauvanelle. En juillet 1599, Émeric David est élu pour le remplacer.

En tant que conseiller du roi, il est possible qu’il siège au parlement de Bordeaux, créé en 1451, suspendu en 1453 puis relancé en 1462. Les taillons sont un impôt institué en 1549 par le roi de France Henri II en vue de subvenir aux besoins financiers liés au maintien des armées. Il s’ajoute à la taille, principale contribution perçue par le souverain.

Conséquemment à sa fonction municipale, Emmanuel de Vignault est en 1598, président de l'hôpital de Libourne, comme l’avait été en 1565 Bertrand de Vignault.

On retrouve Emmanuel de Vignault exerçant toujours la charge receveur des aides, tailles et taillon à Étampes (act. Essonne) en 1598. Il réside alors à Paris, rue Saint-Germain l’Auxerrois. Il est devenu receveur général dans la généralité de Soissons en 1601. Créée en 1595, cette circonscription administrative et fiscale correspond grosso modo à l’actuel département de l’Aisne.

En octobre 1598, Emmanuel de Vignault donne à Nicole de Poncellet, son épouse, une rente de 200 écus « sur un moulin situé sur la première arche du pont de Saint-Maur-des-Fossés » (act. Val-de-Marne).

Selon les archives de la famille de Condé, conservées au château de Chantilly (act. Oise), un décret du 25 septembre 1604 mentionne « la saisie de la maison et ferme de Poulangis près le pont de Saint-Maur, sur Emmanuel de Vignault ». Le domaine de Poulangis (act. Polangis) se situe le territoire de l’actuelle commune de Joinville-le-Pont et pour une partie sur celle adjacente de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À la même date, l’adjudication est prononcée au profit de Martin Fayet, contrôleur des Guerres.

Ni la date de décès d’Emmanuel de Vignault ni ses éventuels enfants ne sont connus.

Armes de Libourne

 

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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 00:01

Élie Camille Pierre Nivelle naît le 4 mars 1853 à Montignac-Charente (act. Montignac-Charente, Charente). Il est le fils de Marie Peyraud et de son époux Camille Nivelle. Son père est poëlier et originaire du département voisin de la Vienne.

Devenu chemisier, il vit à Paris ou, pendant le siège de la capitale par les forces prussiennes lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s’engage dans la compagnie de marche du 38e bataillon de la Garde nationale.

Il continue son service militaire après le 18 mars, jour du début de l’insurrection de la Commune de Paris, quand la Garde nationale refuse de rendre les canons en sa possession aux forces ennemies. Il fait partie de l'artillerie fédérée, la troupe des communards, et se rend à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) en tant que canonnier. Il y est blessé le 23 avril, rentre chez ses parents à Paris puis rejoint un oncle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il reste jusqu’à la fin de la Commune le 25 mai. Il est arrêté le 17 juin à Paris. Le 4e conseil de guerre considère qu’il a « de bons antécédents » et le condamne le 23 novembre 1871 à un an de prison.

En janvier 1878, Élie Nivelle est encore employé d’un commerce de chemiserie à Paris et épouse à Dijon (Côte-d'Or) Anne Émilie Martin, demoiselle de magasin. Ils vivent d’abord dans le 16e arrondissement de Paris (rue Mesnil, rue Copernic, avenue Victor-Hugo et rue de la Pompe), puis, dans les années 1890, dans le 18e (rue des Abbesses).

À partir de 1903, la famille vit alternativement à Saint-Nazaire-sur-Charente et Soubise, deux communes voisines de Charente-Inférieure (act. Charente-Maritime) où ils sont propriétaires.

Élie Nivelle meurt le 6 novembre 1920 à Soubise. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants.

Un panneau déposé sur le pont d’Asnières rend hommage à la « Sortie des fédérés. »

 

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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 00:01

Ernest Charles Trépreau naît le 21 décembre 1852 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Louise Danneel et de Pierre Trépreau ; ils vivent rue Marie-Stuart (2e arr.). Pendant le siège de Paris, lors de la guerre franco-allemande, il envoie un message à sa famille par pigeon-voyageur, daté du 16 décembre 1870 à Château-Gontier (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) : « familles Trépreau, Guillier bien portantes ». C’est le seul moyen de communication avec la capitale à ce moment.

En juin 1877, fabricant de chaussures et vivant toujours rue Marie-Stuart, il épouse à Paris (6e arr.) la fille d’un autre chausseur, Marie Louise Courtois. En septembre 1885, la manufacture de chaussures Trépreau et Courtois est dissoute, et Trépreau continue seul l’activité encore au même endroit.

En 1898, la famille vit à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1910, s’installe à Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Il est à ce moment employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier puis devient ultérieurement représentant de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, les époux Trépreau participent à une souscription pour les invalides de la guerre, diffusée dans le quotidien L’Écho de Paris en Aisne 1915.

Après-guerre, en compagnie de son fils Alexandre, qui vit avec lui, Ernest Trépreau contribue financièrement au quotidien royaliste Action française en transmettant le message suivant en janvier 1918 : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ». Toujours avec le même fils, il participe à un appel en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras, le dirigeant du mouvement. Vingt-deux joinvillais y contribuent

Son frère, Auguste Trépreau (1855-1928), libraire et papetier, dirigeant d’organisations professionnelles, s’était exprimé au moment de l’affaire Dreyfus dans le quotidien antisémite La Libre Parole en 1898 et 1900. Il avait ensuite fondé une formation de défense des entrepreneurs et était devenu conseiller municipal de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Auguste Trépreau meurt le 8 février 1932 à Joinville et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Il était âgé de 79 ans et père de trois enfants.

Usine Pathé à Joinville-le-Pont

 

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