Suite de la biographie de Fernand Paraïso
Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »
Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »
Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble.
Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »
Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »
Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.
Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.
Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.
Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »
S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.
Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.
Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.
Son fils Michel Paraïso et plusieurs de ses neveux ont adopté le patronyme de Fernand-Paraïso, qui est porté par leurs descendants.
Fin
/image%2F1166198%2F20260603%2Fob_789bab_maison-paraiso-2.jpg)
La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin
commenter cet article …

/image%2F1166198%2F20220312%2Fob_017271_parangon-preparation-militaire.png)
/image%2F1166198%2F20260304%2Fob_321603_lauze-francois-jean.jpg)
/image%2F1166198%2F20260207%2Fob_e30403_bagne-ile-nou.jpg)
/image%2F1166198%2F20251109%2Fob_0242bf_arredores-de-sao-paulo.png)
/image%2F1166198%2F20250913%2Fob_c967e8_grange-arquien-jean-jacques.jpg)
/image%2F1166198%2F20250912%2Fob_c99a7c_polangis-trudaine-1750.png)
/image%2F1166198%2F20250911%2Fob_4a1302_libourne-armes.png)
/image%2F1166198%2F20250622%2Fob_9370e3_1871-04-04-sortie-asnieres.jpg)
/image%2F1166198%2F20250621%2Fob_6f8ad1_usine-pathe-2.jpg)