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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 00:01

Marie Arabelle Slooper naît vers 1780 à Rumford, dans l’Essex, en Angleterre. Son nom est généralement écrit Sloper, mais également parfois Hoper. Elle utilisera quant à elle la graphie Slooper. Elle est la fille de William Sloper et de son épouse Marguerite Bell.

Au moment de son décès, le registre d’état-civil mentionne qu’elle est née « aux Indes ». Il est possible que son père soit l’officier anglais se rendant aux Indes, qui a procédé à la « Capture de deux noirs malais fugitifs de l’Ile de France » (act. Île Maurice). Une correspondance est envoyée à ce sujet par le poste français au Cap de Bonne-Espérance (act. Afrique-du-Sud) en direction du bureau des Colonies rattaché au secrétariat d'État à la Marine.

En août 1818, Marie Arabelle Slooper, qui est protestante, est mariée avec Jean Grillard.

En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,

Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.

Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.

Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.

En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an 9, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834 ; il est aussi père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.

Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon. Jean Grillard devient maire du village en 1826 et meurt en avril 1828.

Seule héritière de Jean Grillard, Marie Arabelle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle dispose de fonds à hauteur de 289 680 francs.

Marie Arabelle épouse en mai 1829 à Paris (10e arr.) un notaire, Gilbert Juge. Ils s’installent à Ollainville, dans la maison de La Roche, où ils ont trois domestiques à demeure. Son second mari y décède en novembre 1849.

Au début des années 1850, Marie Arabelle séjourne dans ses deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université. Elle négocie des prêts et acquiert d’autres biens immobiliers à Paris, comme une maison rue Lemercier, dans le quartier Batignolles-Monceau et un hôtel rue de Londres. Elle achète également des terres à Ollainville.

Marie Arabelle Slooper meurt le 9 octobre 1856 à Soisy-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne), village à 25 kilomètres d’Ollainville. Elle était deux fois veuve, âgée d’environ 76 ans et n’avait pas eu d’enfant.

Le hameau de La Roche à Ollainville (Essonne)

 

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4 novembre 2025 2 04 /11 /novembre /2025 00:01

Jean Grillard, qui a 61 ans en 1828, est donc né vers 1760 ou 1761 à Versailles, selon les archives de l’Essonne. Peut-être faut-il l’assimiler à Jean Louis Grillard, né le 11 avril 1760 à Versailles (act. Yvelines), fils de Françoise Lejeune et Jean Baptiste Grillard, marchand de vin. Il est baptisé le même jour dans la paroisse Notre-Dame. Plusieurs sources orthographient son patronyme comme Gaillard ou Gullard, mais la forme Grillard est confirmée par les archives départementales de l’Essonne (état-civil) comme celles du Val-de-Marne (cadastre).

À une date inconnue, Jean Grillard se marie avec Marie Arabelle Slooper, originaire d’Angleterre et qui a très probablement vécu en Inde.

En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,

Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.

Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.

Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.

En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834, et père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.

Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon.

En 1826, Jean Grillard prend la succession d’Auguste Accoyer et devient maire d’Ollainville, commune rurale qui compte alors environ 475 habitants.

Jean Grillard meurt le 22 avril 1828 à Ollainville, dans son domicile du hameau de la Roche, il est noté sur l’état-civil communal comme âgé de 62 ans, propriétaire et maire. Son épouse, Marie Arabelle Slooper, est sa seule héritière. Elle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle récupère des fonds à hauteur de 289 680 francs. Ils semblent ne pas avoir eu d’enfants.

La château de La Roche à Ollainville (Essonne)

 

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 00:01

Emmanuel de Vignault (dont le nom est fréquemment également orthographié Vignau) naît probablement au cours des années 1550 ou 1560, vraisemblablement dans le sud-ouest de la France. Il est sans doute le fils de Bertrand de Vignault, jurat de Libourne (act. Gironde) en 1557, et maire de la ville en 1565. Dans cette région, les membres du collège municipal (maire et jurats) sont élus, en général pour un mandat d’un an. En tant que maire, Bertrand de Vignault participe, le 15 avril 1565 à la réception organisée par le roi Henri IV à Bordeaux (act. Gironde).

En 1597 et 1598, c’est Emmanuel de Vignault qui assure la fonction de maire de Libourne. Il a alors le titre de conseiller du roi et exerce la charge de receveur général des taillons en Guyenne. Il succède à la mairie à François de Sauvanelle. En juillet 1599, Émeric David est élu pour le remplacer.

En tant que conseiller du roi, il est possible qu’il siège au parlement de Bordeaux, créé en 1451, suspendu en 1453 puis relancé en 1462. Les taillons sont un impôt institué en 1549 par le roi de France Henri II en vue de subvenir aux besoins financiers liés au maintien des armées. Il s’ajoute à la taille, principale contribution perçue par le souverain.

Conséquemment à sa fonction municipale, Emmanuel de Vignault est en 1598, président de l'hôpital de Libourne, comme l’avait été en 1565 Bertrand de Vignault.

On retrouve Emmanuel de Vignault exerçant toujours la charge receveur des aides, tailles et taillon à Étampes (act. Essonne) en 1598. Il réside alors à Paris, rue Saint-Germain l’Auxerrois. Il est devenu receveur général dans la généralité de Soissons en 1601. Créée en 1595, cette circonscription administrative et fiscale correspond grosso modo à l’actuel département de l’Aisne.

En octobre 1598, Emmanuel de Vignault donne à Nicole de Poncellet, son épouse, une rente de 200 écus « sur un moulin situé sur la première arche du pont de Saint-Maur-des-Fossés » (act. Val-de-Marne).

Selon les archives de la famille de Condé, conservées au château de Chantilly (act. Oise), un décret du 25 septembre 1604 mentionne « la saisie de la maison et ferme de Poulangis près le pont de Saint-Maur, sur Emmanuel de Vignault ». Le domaine de Poulangis (act. Polangis) se situe le territoire de l’actuelle commune de Joinville-le-Pont et pour une partie sur celle adjacente de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À la même date, l’adjudication est prononcée au profit de Martin Fayet, contrôleur des Guerres.

Ni la date de décès d’Emmanuel de Vignault ni ses éventuels enfants ne sont connus.

Armes de Libourne

 

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26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 18:15

Jourdain Valton est le fils de Catherine Leboille (ou Le Boille) et de Jean Valton, dont elle est la première épouse. Sa date de naissance n’est pas connue ; plusieurs généalogistes la situent vers 1490, ce qui n’est pas possible, sa mère étant décédée probablement à la fin des années 1460 et son père remarié en 1472. Il est probable qu’il est venu au monde aux alentours de 1460.

La famille vit à Paris, le père, Jean Valton, étant praticien en cour d’église (1474) c’est-à-dire juriste devant un tribunal ecclésiastique, notaire (1490) puis également audiencier de l'officialité (tribunal ecclésiastique) de Paris en 1505, date de son décès. La famille est domiciliée rue Saint-Antoine, près de l’ancienne église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

Le premier acte conservé mentionnant Jourdain Valton est l’acquisition, conjointement avec son père, en août 1482, de l’hôtel ou manoir de Poulangis. Le domaine, qui fait 78 hectares, comprend également une ferme. Il se situe dans le quartier actuel de Polangis, principalement dans la commune de Joinville-le-Pont, et partiellement à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). L’achat se fait auprès des religieux, abbé et couvent de Saint-Maur-des-Fossés et comprend « une masure, cour, jardin et pourpris [enclos] », « tous clos tout autour de murailles », avec plusieurs pièces de terres et prés. Les acquéreurs s’engagent à payer 16 sols parisis de cens et 13 livres 12 sols parisis de rente à l’abbaye.

En mars 1493, Jourdain Valton prend possession de deux maisons à Paris, l'une rue Saint-Antoine, au coin de la rue Saint-Paul, à l'Image Notre-Dame, l'autre rue Saint-Paul, à l'enseigne de la Souche. Elles viennent de la succession d'Hémon Lebarbier (ou Le Barbier), son neveu, fils de sa sœur aînée Marguerite Valton. Les vendeurs sont ses frères Paul Valton, maître ès arts et licencié en décret (droit), et François Valton, qui était l’année précédente sergent et garde du buisson de croix de la forêt de Crécy-en-Brie (act. Crécy-la-Chapelle, Seine-et-Marne). Jourdain et ses deux frères sont qualifiés de bourgeois de Paris. La transaction se fait au prix de 60 livres tournois pour chaque maison. Jourdain rachète, le même jour, pour 36 livres tournois, la rente de 48 sous parisis, que percevait son père pour les deux maisons. Il agrandira sa propriété de la rue Saint-Antoine en novembre 1495 puis en mars 1496.

En mars 1495, Jourdain Valton acquiert, pour 50 écus d'or, la charge de jaugeur des poids et mesures du bailliage et de la vicomté d'Évreux (act. Eure) auprès de Jean Hue, seigneur de Villiers.

Jourdain Valton, qui est alors ferron (marchand de fer) épouse l’arrière-petite-fille de Jean Hue, Catherine Aleaume. Elle est la fille de Ferry Aleaume, sieur de Sainville et de La Grange-aux-Bois et de Perrine Chartier. Par sa mère (de la famille orléanaise des Chartier), comme par son père (familles Aleaume et Hue), elle descend d’Eudes le Maire. Le mariage est situé vers 1510 ou 1512 par certains généalogistes, ce qui est compatible avec une date de naissance supposée de 1487 pour Catherine. Cependant, l’activité juridique conduite au nom des époux remonte à 1496. Il faut donc conjecturer un mariage plus ancien avec probablement quelqu’un d’apparenté, dont seraient nées deux filles en 1478 et 1487.

Eudes le Maire était au XIe siècle édile de Chalo (actuellement Chalo-Saint-Mars, Essonne), et avait obtenu du roi Philippe Ier, en contrepartie de la défense de la ville d’Étampes (act. Essonne), la mairie de Chalo en fief – ce qui explique son surnom – et l'exemption des redevances pour ses descendants, les « hoirs Chalo ». Le privilège dit « Chartier », du nom de la branche principale, fut supprimé sous Henri IV.

D’après l’historien Noël Valois, à la fin du XVe siècle, ceux qui se reconnaissaient comme étant « issus de la lignée d’Eudes le Maire », s’étaient constitués en communauté et élisaient régulièrement des « gardes de la franchise » pour veiller à l’effectivité de leurs libertés auprès des maîtres des requêtes de l’Hôtel du roi. Jourdain Valton œuvre, dès janvier 1499, à la défense des droits, qui avaient été étendus aux époux des descendantes, et obtient, jusqu’en 1515, plusieurs jugements contre tous les percepteurs d’impôts qui le poursuivent. Le dossier judiciaire mentionne les décisions favorables à son égard contre les fermiers collecteurs d’impôts de Conflans, Corbeil, Étampes, Lagny, Maisons-sur-Seine, Mantes, Melun, Meulan, Moret, Saint-Denis, Saint-Mammès et Villeneuve-le-Roi. Jourdain Valton a fait compiler un cartulaire de 441 feuillets, tout entier consacré aux privilèges fiscaux des descendants d’Eudes le Maire et aux siens propres.

L’historien et archiviste Olivier Guyotjeannin a prononcé à Madrid (Espagne) en 2013 une conférence sur Les privilèges de Chalo-Saint-Mars : une grande famille, du faux au cartulaire. Il estime que les titres dont auraient bénéficié Eudes le Maire et ses descendants sont légendaires, tout en jugeant extraordinaire la compilation faite par Jourdain Valton : « cet objet singulier montre que le cartulaire parvient toujours à plier une documentation choisie dans des cadres reçus. »

En septembre 1505, à la mort de son père, Jourdain Valton est devenu l’unique propriétaire du domaine de Polangis. Il développe ses propriétés parisiennes. L’historien de l’art, Étienne Hamon, le prend en exemple : « La noblesse parisienne traditionnelle (…) n’était plus en mesure de concurrencer la bourgeoisie marchande sur le terrain de la commande. Le constat s’impose dans le domaine civil où les constructions des grands négociants comme Jourdain Valton donnaient le ton de l’architecture domestique ». Son hôtel de la rue Saint-Antoine jouxte celui du seigneur de Montmorency.

La date de décès de Jourdain Valton n’est pas connue ; elle est ultérieure à 1515. Il avait été fait, d’après Étienne Hamon, seigneur d’Heurtebise, du nom d’un hameau de la commune de Baslieux-sous-Châtillon (Marne).

Il a eu au moins trois enfants. L’aînée, Anne, épouse Pierre Le Caron et lui apporte en dot le domaine de Polangis. Le second, Philippe, fut conseiller et auditeur des causes du Châtelet de Paris entre 1539 & 1559 ; il était seigneur de Saint-Souplex et de Fouvery. Le troisième, Charles a été avocat au parlement ; il résidait à Polangis en 1543.

Extrait du cartulaire de Jourdain Valton (1515)

 

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26 novembre 2024 2 26 /11 /novembre /2024 00:01

Suite de la biographie de Henry Coëylas

La toile donnée par Henry Coëylas au Salon de Paris de mai 1890 L’Atelier de maroquiniers de la rue Croulebarbe, est considéré dans La Nation par Alexandre Duchemin comme la meilleure composition de la salle : « Jamais l’artiste n’a été mieux inspiré et jamais il n’a traité un sujet avec autant de maestria et de sûreté ». Selon Olivier Merson (1822-1902) peintre et critique d'art, qui écrit dans Le Monde illustré, « Son tableau est tout bonnement très vrai. Une odeur sui generis vous prend au nez quand on le regarde ; vous sentez que vous êtes bien avec des gens qui lavent, brossent et ratissent des peaux ». L’œuvre est achetée par la Ville de Paris.

Continuant dans la représentation du travail, Coëylas expédie au Salon des Champs-Élysées en mars 1891 Les Trieuses de la cartonnerie Lourdelet à Aubervilliers, que le quotidien Le Public assure être « Un très beau tableau plein de vie et de vérité. »

En janvier 1892, Coëylas participe au concours pour la décoration de la salle à manger de l’Hôtel de Ville, avec un grand plafond qui représente la synthèse des Halles.

S’intéressant à l’histoire, Coëylas remet au Salon des Champs Élysées d’avril 1894 Marie-Stuart et François II qui est décrit ainsi dans Le Public : « La gracieuse et malheureuse reine était à l’époque choisie par le peintre dans tout l’éclat de sa beauté (1550). Son pauvre petit mari de seize ans, le roi François II, tout malingre, s’appuie contre elle d’un mouvement câlin et la contemple avec adoration. »

Une immense toile, représentant Une Séance du Conseil municipal de Paris, est réalisée en 1897. Il fait figurer les 80 conseillers, deux préfets et une soixantaine de personnes de l’administration ou de journalistes. Son travail est jugé assez sévèrement dans la presse parisienne. Pour L’Éclair, M. Coeylas « a fait un gros effort, mais un effort devant lequel les passions désarmeront ». L’avocat Léon Roger-Milès (1859-1928), signataire de l’article, estime que « cela manque de gaîté : je sais bien que beaucoup de têtes d’élus manquent de caractère ; c’est là une qualité que ne peut pas donner le suffrage universel ». Assurant que la toile est « d’un intérêt relatif », il conclut, en historien, en pensant à ce que pourront dire les futurs spectateurs : « Était-ce donc possible que ces gens-là fussent quelque chose, puisque leur souvenir n'est plus rien aujourd’hui ! »

Dans L’Événement, le romancier Léo Claretie (1862-1924) est encore plus sévère : « M. Coeylas a condamné une grande toile qui ne lui avait rien fait à supporter les figures de tous les conseillers municipaux en séance pour la discussion du budget de 1897. Voilà-t-il pas un événement à fixer sur le lin ? L’effet est piètre. C'est tout noir, vert et rouge, noir pour les redingotes, vert pour les banquettes, et rouge par les murs. »

Une des toiles les plus reproduites de Cœylas est celle qu’il montra au Salon de 1903, Au Muséum, Laboratoire de Taxidermie, Reconstitution du Dronte. Le dronte, ou dodo de l’île Maurice, est un animal disparu, dont la reproduction par le taxidermiste parisien est devenue célèbre.

On retrouve des travaux de Coeylas lors des expositions de la Société des artistes français, dont il était membre : en avril 1904, Le Gave, puis en 1906, Le Coin d'église. Il cesse de figurer sur les annuaires avec mention de son activité de peintre en 1913. Il réside alors rue de Navarre, dans le 5e arrondissement.

Pendant la première guerre mondiale, en juin 1916, Henry Coeylas répond à une enquête, lancée par la revue Les Annales politiques et littéraires sur le mot « poilu » et son remplacement éventuel par un autre mot exprimant la même idée. Il propose le mot diamant : « C'est peut-être moins sonore, mais plus riche de vérité. Diamant en grec, signifie indomptable : l'héroïsme de nos défenseurs n'est-il pas aussi pur, aussi brillant, aussi limpide, aussi résistant que le diamant ? (…) Les trois règnes de la nature auraient ainsi trois vocables dans l'armée, les représentant : Le règne animal : Marsouin, le règne végétal : Bleuet, le règne minéral : Diamant. »

Après-guerre, Henry et Jeanne Coëylas s’installent à Draveil (Seine-et-Oise, act. Essonne), à proximité de leur fils cadet.

L’aîné, Auguste, né en novembre 1875, docteur en médecine et dentiste, meurt pendant la première guerre mondiale en novembre 1914, mais sans doute pas du fait du conflit car il n’était pas mobilisé.

Le second, René, né en juin 1879 fut également artiste, en tant que dessinateur et sculpteur. Il devint fonctionnaire, notamment au ministère des finances et dans des instances publiques et ministérielles. Il fut un militant socialiste très actif au sein de la SFIO à Paris, en Seine-et-Oise (et notamment à Draveil) ainsi que dans le Var. Résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, René Coëylas fit fonction de maire de Saint-Raphaël à la Libération (1944-1945) puis fut conseiller municipal de cette ville (1947-1959) où il mourut en août 1961.

Henry Coëylas meurt le 12 avril 1923 à Draveil, à son domicile du boulevard Beauséjour, à l’âge de 78 ans. Il est incinéré le 16 au cimetière du Père-Lachaise à Paris (20e arr.) et inhumé dans la tombe familiale, dans la 60e division. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie depuis janvier 1904.

En 2024, le Musée de Bruges (Belgique) présente une œuvre de Henry Coeylas dans le cadre de son exposition Rebel Garden. Son travail est également rappelé en, mars 2024, lors d’une nouvelle présentation du dodo de l’île Maurice au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Fin

Henry Coëylas, L’Atelier de taxidermie

 

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24 novembre 2024 7 24 /11 /novembre /2024 00:01

Début de la biographie de Henry Coëylas

Marie Henry Coëylas naît le 7 juin 1844 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). il est le fils de Louise Pauline Aubusson et de son époux Pierre Auguste Maximilien Coëylas Soupessendet, buraliste receveur des contributions indirectes. Par un jugement de janvier 1875, sa mère (avec ses frères et neveux) obtient de reprendre le nom patronymique « Aubusson de Cavarlay », que son propre père avait abandonné sous la Révolution, pendant la Terreur. L’acte de naissance de Henry Coëylas est alors rectifié.

Selon l’homme de lettres d'origine polonaise Apollon Mlochowski de Belina, qui dresse en juin 1882 un portrait de lui dans le quotidien La Presse, « Coeylas a commencé ses études artistiques en 1865, dans l'Académie artistique de la rue de l'École de Médecine. L'année suivante il entra à l'École nationale des beaux-arts, dans l'atelier de Pils, où il faisait déjà des progrès rapides quand des raisons particulières l'obligèrent à interrompre ses études. »

Ses premiers maîtres sont Isidore Pils, peintre militaire et orientaliste (1815-1875) et Gabriel Ferrier (1847-1914) également orientaliste.

Devenu employé de commerce, Henry Coëylas fait en janvier 1875 à Paris (1er arr.) ce que de Belina qualifie comme « un assez brillant mariage » avec Hélène Jeanne Jolly, fille de teinturiers de la rue de Rivoli. Il établit lui-même une teinturerie spéciale de noir rue du Jour (1er arr.) qu’il exploite en 1877 et jusqu’en 1884.

Parallèlement, Henry Coëylas a repris ses travaux artistiques dans l'atelier de Gustave Boulanger (1824-1888, orientaliste) et Jules Lefebvre (1834-1912, représentant de l'art académique). À partir de 1877, sans abandonner encore son métier de teinturier, il se présente comme artiste peintre.

La première fois qu’il expose, au Salon de Paris, en mai 1879, il présente un Portrait. C’est l’année suivante, en 1880, qu’il est remarqué par la critique, avec Cyparisse, pleurant le cerf qu’il vient de tuer. Pour de Belina, c’est « une toile véritablement remarquable ». Le poète Émile Blémont (1839-1927) lui envoie de « sympathiques encouragements » dans Le Réveil social trouvant le tableau « un peu grêle et un peu pâteux, mais d’un bon travail et d’une très sincère impression (…) avec une rare intuition synthétique. »

Le Pardon ! qu’il présente au Salon de Versailles en juillet 1882 est, pour le critique littéraire Jules de Marthold (1847-1927) « une scène sentimentale de la vie moderne avec un tact exquis et une couleur absolument juste » avec lequel il « est pardieu bien sûr d’avoir pour lui tous les cœurs et aussi les amateurs ». La toile lui vaut une médaille de vermeil.

Il reçoit une médaille d’argent au Salon d’Amiens (Somme) en juin 1883 puis la même année en septembre une médaille d’or à l’Exposition de Rochefort (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime) et, le même mois, de nouveau une médaille de vermeil à Versailles.

La Société des artistes indépendants présente La Jeune fille au papillon d’Henry Coëylas en 1884 à côté d’Odilon Redon, Georges Seurat ou Paul Signac. Il accroche au Salon de Paris en juin la même année L’Atelier de teinture, jugé comme « une très bonne étude » dans La Cravache parisienne qui voit « L’opposition de lumière ou plutôt la dissemblance de jour des deux salles de la teinturerie, celle où se passe la scène et celle de droite, éclairée d’en haut par un vitrail, est d’une justesse absolue ». Il reçoit une médaille de bronze à l’Exposition de Dijon (Côte-d'Or) en juillet 1887.

Si aucune activité politique significative de Coëylas n’est connue, c’est probablement lui (ou son père) qui participe en octobre 1887 à un souscription républicaine pour les élections législatives lancée notamment par le quotidien Le Siècle.

Lorsque, en février 1888, un incendie d'une importance considérable éclate hier dans un des pavillons des Halles Centrales de Paris, Henry Coëylas vient en voisin et réalise un croquis, qu’il remet dans la Salle des Dépêches du journal Le Figaro où il est fort remarqué.

À suivre

Henry Coëylas, portrait (arch. fam.)

 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 01:01

Paul Purrey naît chez ses grands-parents maternels à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 2 août 1878. Ses parents, Jeanne Guionnet et son époux Jacques Purrey, tonnelier, résident à Saint-André-et-Appelles (Gironde). Il épouse en juin 1905 à Paris (18e arr.) Berthe Augustine Bassée, avec laquelle il aura une fille, Madeleine (1903-1993) et dont il divorcera en juillet 1924.

Installé en 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au 13, rue des Corbeaux, Goujon exercera toute sa vie l’activité de marchand de vins en gros. Il mène une action professionnelle, étant vice-président de l’Union des commerçants municipale et rejoignant la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, spiritueux et cidres de Paris en 1917. Lors des graves inondations de la Marne en 1910, Purrey devient membre de la commission de répartition des secours aux inondés.

Proche des radicaux-socialistes qui tiennent alors la municipalité, Purrey va s’engager à l’occasion du conflit qui oppose la majorité du maire Eugène Voisin, de l’adjoint Georges Briolay et de leur idéologue, Louis Rey, à un groupe dissident, conduit par Achille Ernest Mermet et Henri Vel-Durand. Lors d’un scrutin municipal partiel en mai 1911, provoqué par la démission de cinq dissidents, Paul Purrey prend la deuxième place de la liste constituée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, soutenue par les radicaux-socialistes. Ce sont cependant les dissidents qui l’emportent, avec le soutien des libéraux et des socialistes. L’année suivante, dans la même configuration, les radicaux-socialistes sont battus et Achille Ernest Mermet devient maire.

Franc-maçon, Purrey participe à la loge locale Germinal, qui a inauguré son temple, rue Transversale, en mars 1911. Elle accueille notamment des militaires de l’école de gymnastique.

Ayant quitté Joinville pour la capitale, Purrey connaîtra des difficultés économiques, son établissement de vins en gros de Bercy faisant faillite en mai 1925. Il reprendra cependant cette activité, dans la banlieue sud, à Athis-Mons (Seine-et-Oise, act. Essonne). Remarié avec Laure Henriette Lévêque en janvier 1925 à Paris (12e arr.), Purrey s’installe à Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il réside en 1937.

La loge Germinal ayant disparu, Purrey fréquente la loge Le Niveau social de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) dont il est Hon.'. en 1938. Pendant la guerre, le nom de Paul Purrey figure sur une liste des dignitaires de la franc-maçonnerie relevant du Grand Orient de France, publiée le 23 septembre 1942 par le Journal officiel de l’État français.

À la Libération, Paul Purrey fait fonction en 1944 de maire de Wissous ; il est élu en 1945 et exerce son mandat jusqu’en 1947.

Paul Purrey est décédé le 19 juillet 1950 à Longjumeau (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il était âgé de 71 ans.

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