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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 00:01

Emmanuel de Vignault (dont le nom est fréquemment également orthographié Vignau) naît probablement au cours des années 1550 ou 1560, vraisemblablement dans le sud-ouest de la France. Il est sans doute le fils de Bertrand de Vignault, jurat de Libourne (act. Gironde) en 1557, et maire de la ville en 1565. Dans cette région, les membres du collège municipal (maire et jurats) sont élus, en général pour un mandat d’un an. En tant que maire, Bertrand de Vignault participe, le 15 avril 1565 à la réception organisée par le roi Henri IV à Bordeaux (act. Gironde).

En 1597 et 1598, c’est Emmanuel de Vignault qui assure la fonction de maire de Libourne. Il a alors le titre de conseiller du roi et exerce la charge de receveur général des taillons en Guyenne. Il succède à la mairie à François de Sauvanelle. En juillet 1599, Émeric David est élu pour le remplacer.

En tant que conseiller du roi, il est possible qu’il siège au parlement de Bordeaux, créé en 1451, suspendu en 1453 puis relancé en 1462. Les taillons sont un impôt institué en 1549 par le roi de France Henri II en vue de subvenir aux besoins financiers liés au maintien des armées. Il s’ajoute à la taille, principale contribution perçue par le souverain.

Conséquemment à sa fonction municipale, Emmanuel de Vignault est en 1598, président de l'hôpital de Libourne, comme l’avait été en 1565 Bertrand de Vignault.

On retrouve Emmanuel de Vignault exerçant toujours la charge receveur des aides, tailles et taillon à Étampes (act. Essonne) en 1598. Il réside alors à Paris, rue Saint-Germain l’Auxerrois. Il est devenu receveur général dans la généralité de Soissons en 1601. Créée en 1595, cette circonscription administrative et fiscale correspond grosso modo à l’actuel département de l’Aisne.

En octobre 1598, Emmanuel de Vignault donne à Nicole de Poncellet, son épouse, une rente de 200 écus « sur un moulin situé sur la première arche du pont de Saint-Maur-des-Fossés » (act. Val-de-Marne).

Selon les archives de la famille de Condé, conservées au château de Chantilly (act. Oise), un décret du 25 septembre 1604 mentionne « la saisie de la maison et ferme de Poulangis près le pont de Saint-Maur, sur Emmanuel de Vignault ». Le domaine de Poulangis (act. Polangis) se situe le territoire de l’actuelle commune de Joinville-le-Pont et pour une partie sur celle adjacente de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À la même date, l’adjudication est prononcée au profit de Martin Fayet, contrôleur des Guerres.

Ni la date de décès d’Emmanuel de Vignault ni ses éventuels enfants ne sont connus.

Armes de Libourne

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 00:01

Un document, conservé aux Archives nationales et provenant du Châtelet de Paris, le tribunal de l’ancien régime, mentionne un acte daté du 30 avril 1561. Selon la transcription de cet acte François Dony transmet à son père, Gilles Dony, contrôleur de l'extraordinaire des guerres, ses droits en la succession d'Anne Morin, sa mère, sur une maison, jardin granges, bergerie à Polangis (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) et au terroir de Polangis (act. Joinville et Champigny-sur-Marne), sur des terres au terroir de Champigny, sur une maison et jardin à Noisy-le-Grand près le cimetière et l'église, sur des terres au terroir du Poncelet (près Tournan), sur des terres et une maison à Moisenay (près Melun) et sur des rentes à Charonne (près Paris).

La fonction de contrôleur de l'extraordinaire des guerres correspond un officier financier chargé de gérer des dépenses militaires non prévues dans le budget ordinaire, notamment en temps de guerre.

Le domaine de Polangis, entré en 1482 dans le patrimoine de la famille Valton, était passé le siècle suivant, par mariage, dans celui des Le Caron.

Ni Gilles ni François Dony, pas plus qu’Anne Morin, n’ont pu être identifiés dans la période concernée du 16e siècle.

Peut-être s’agit-il de membres de la famille d’Ongnies, dont Louis Le Caron dit Charondas, héritier de Polangis, était proche. En effet, en tant que lieutenant général, il faisait fonction d’adjoint de Louis d’Ongnies, comte de Chaulnes, bailli de Compiègne, dans la seconde moitié du 16e siècle. Les prénoms Gilles et François étaient fréquents dans la famille d’Ongnies.

Blason des d’Ongnies

 

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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 23:22

Louis Le Caron naît le 25 novembre 1536 à Paris (certaines sources mentionnent 1534). Il est le fils d’Anne Valton et de son époux Pierre Le Caron. Sa mère est dame de Vaux et reçoit en dot le domaine de Polangis (situé actuellement sur les communes de Joinville-le-Pont et Champigny-sur-Marne, Val-de-Marne). Son père, seigneur de Caulx a eu une carrière militaire comme héraut puis roi d'armes, avant de prendre la fonction de maître des eaux et forêts de Meaux et Crécy (act. Seine-et-Marne). Louis Le Caron prendra le titre de signeur de Canly, qui était déjà en usage dans sa famille paternelle plus d’un siècle auparavant.

Après avoir fait de brèves études de droit à Bourges et à Orléans, Louis Le Caron est reçu avocat à Paris en 1552, c’est-à-dire probablement à 16 ans. Il publie des ouvrages littéraires, une Poésie (1554) en l’honneur d’une certaines Claire puis, l’année suivante, une Philosophie, dédiée à Marguerite, duchesse de Berry et des Dialogues (1556) où il se confronte notamment à Ronsard ou Rabelais ; dans l’un d’eux, De la tranquillité d'esprit ou du souverain bien, retrace des discussions qu’il a eues avec son oncle, Jourdain Valton, dans le domaine de Polangis.

S’étant inventé une origine grecque, Louis Le Caron adopte le pseudonyme de Charondas, assurant descendre d’une famille catholique venue en France à la suite du concile de Ferrare. Lors de son mariage, en 1561 avec Jeanne Le Valloys (ou Levallois), ses parents lui transmettent la seigneurie de Canly, en Picardie, une maison à Paris, rue Saint-Antoine, et le domaine de Polangis. Après le décès de sa première femme, il se remarie en avril 1568 à Compiègne (act. Oise) avec Marie de Hénault.

Dans ses Panégyriques (1566-1567), il se plaint, selon Lucien Pinvert qui lui consacre un article dans la Revue de la Renaissance (septembre 1901), d’avoir une « charge ennuyeuse », peut-être celle de et greffier des Eaux et forêts de Château-Thierry. Recommandé par Renaud de Beaune, qui a été archevêque de Bourges et de Sens, auprès de la reine-mère, Catherine de Médicis, il est nommé lieutenant-général de Clermont en Beauvaisis, dont le bailli est Louis d'Ongnies, comte de Chaulnes. Il s’installe à Clermont, où il rédige plusieurs ouvrages de droit, qui auront une longue influence comme les Pandectes du droit français (1593), le Coutumier de Paris (1595) ou le Droit civil parisien (1605). À plusieurs reprises, notamment dans les Pandectes, il s’oppose aux opinions de Montaigne.

Fin 1588, Louis Le Caron Charondas est député du tiers état pour le comté de Clermont aux États généraux convoqués à Blois par le roi Henri III. Il démissionne de sa fonction de lieutenant en 1595.

Louis Le Caron Charondas meurt le 18 septembre 1613 à Clermont. Il était probablement âgé de 76 ans. Il avait une fille de son mariage avec Jeanne Le Valloys et sans doute dix enfants de son union avec Marie de Hénault.

Portrait de Louis Le Caron

 

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2 septembre 2025 2 02 /09 /septembre /2025 00:01

Pierre Le Caron naît vers 1510. Il est le fils de Michelle du Puis d'Angest, seconde épouse de son père, Laurent Le Caron. Originaire de Compiègne, Laurent Le Caron (1455-1540) avait d’abord été marié avec Marguerite de Creil ; il était lieutenant général, civil et criminel, au baillage de Compiègne (act. Oise) de 1486 à 1526. En août 1497 le roi Charles VIII lui remet à Moulins des lettres patentes de noblesse ; il porte les titres de seigneur de Canly, de Fleury et de Berlette.

Pierre Le Caron porte le titre de seigneur de Caulx. Il mène une carrière militaire d’officier, dans la fonction de héraut d'armes au titre de Bretagne ; il accèdera ensuite au grade suprême dans la fonction, celui de roi d'armes de France au titre de Champagne. Il supervise l’activité des hérauts d’une marche, chargés notamment de reconnaître les troupes et de transmettre les messages.

Vers 1534, Pierre Le Caron épouse Anne Valton, issue d’une famille de magistrats. Le père d’Anne, Jourdain Valton, prend, en 1526, la succession du père de Pierre, Laurent Le Caron à la lieutenance de Compiègne. Anne avait apporté, en dot, de domaine de Poulangis (act. Polangis, à Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Pierre Le Caron ajoutera à son titre de Caulx celui de sieur de Poulangis ainsi que celui de Canly au décès de son père.

Pour l’entretien de leur domaine, les époux Le Caron commandent en juin 1546 des travaux de maçonnerie auprès d’Augustin Lefèbvre, à Saint-Maur-des-Fossés (act. Val-de-Marne).

En septembre 1558, Pierre Le Caron est nommé, par le roi Henri II, maître des eaux et forêts de Meaux et Crécy (act. Seine-et-Marne).

La date de décès de Pierre Le Caron n’est pas connue.

Pierre et Anne Le Caron ont eu deux fils, Louis et Jean. L’aîné s’invente une origine grecque et se fait appeler Loÿs Le Caron de Charondas (1536-1613). Avocat à l’âge de 17 ans, il sera un juriste réputé, publiant plusieurs ouvrages de droit en latin, contestant fréquemment les positions de Montaigne. Il fait également imprimer des poèmes, dont la qualité littéraire est parfois contestée et des dialogues, dans lesquels il met en scène sa proximité avec Rabelais. Il se réfère souvent à son oncle, Philippe Valton (mort en avril 1578), conseiller du roi et auditeur au Châtelet de Paris (tribunal), seigneur de Saint-Souplex et de Fouvery. 

Le domaine de Polangis est la propriété, en 1561, de François Dony et de son père Gilles Dony, héritiers d’Anne Morin. Peut-être s’agit-il de membres de la famille d’Ongnies, dont Louis Le Caron était proche, en étant l’adjoint au baillage de Compiègne.

Armes de Pierre Le Caron, roi d'armes

 

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 00:01

Henry Jean Baptiste Joseph Fréville naît le 14 septembre 1843 à Marœuil (Pas-de-Calais). Il est le fils Augustine Béthencourt et d’Henry Fréville, domestique, qui reconnaît en être le père. Ses parents se marient dans la même commune une semaine plus tard.

La famille vit ensuite dans l’Oise à Montataire puis dans la commune voisine de Creil. C’est dans cette dernière ville que Henri Jean Baptiste Fréville épouse en juin 1864 Horeline Élisa Hubert, originaire du lieu et couturière. La famille est installée en 1866 à Persan (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise) où Henri Fréville est ouvrier d’usine.

Ils rejoignent ensuite Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) ; leur deuxième fils y naît en août 1870 et Henri Fréville est désormais puddleur en fonte. Comme la quasi-totalité des habitants de la commune, la famille Fréville se réfugie dans Paris le 15 septembre 1870, tandis que les troupes allemandes font le siège de la capitale.

Ouvrier puddleur (Wikipédia)

Ayant rejoint le 232e bataillon de la Garde nationale, Henri Fréville poursuit son activité au sein de l’unité après le 18 mars 1871, qui marque l’insurrection de la population parisienne en réaction à la tentative des troupes du gouvernement, installé à Versailles, pour désarmer la ville après la reddition du 6 février. Un Comité central de la Garde nationale a été constitué et, le 28 mars, la Commune de Paris est proclamée et agit comme un gouvernement révolutionnaire.

Dans les derniers jours des combats, pour répondre à la fusillade de plus de quatre cents insurgés, les autorités de la Commune de Paris font exécuter une cinquantaine d’otages. Deux versions du comportement d’Henri Fréville existent. Selon la notice biographique publiée dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de Jean Maitron, il refuse, le 26 mai, de faire partie du peloton d’exécution, ce qui provoque son incarcération dans la prison de la Roquette. Il y est arrêté le 28 mai par des soldats de l’armée de Versailles. Selon de compte-rendu de presse de son procès, qui se tien devant le septième conseil de guerre à Saint-Germain-en-Laye, en janvier 1872, il aurait été incarcéré plus tôt du fait de sa « tiédeur » et aurait quitté la prison le matin même de l’exécution, soit le 26 mai.

Il est condamné le 5 janvier pour avoir été « coupable d’avoir porté des armes apparentes et un uniforme dans le mouvement insurrectionnel de Paris » et se voit appliquer une peine de déportation simple, prenant en compte qu’il n’aurait pas participé aux massacres.

Quittant la France sur le bâtiment de transport à vapeur le Var, le 1er octobre 1872, il arrive à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) le 9 février 1873 puis est débarqué, le 17 du même mois, sur l’île des Pins, où est installé le bagne.

Le 15 janvier 1879, Henri Fréville obtient une remise de peine. Il peut quitter le territoire sur le navire Navarin le 3 juin 1879, après avoir passé plus de six ans dans le territoire colonial du Pacifique.

De retour en métropole, Henri Fréville rejoint son épouse qui était retournée chez sa mère dans sa ville natale de Creil avec deux de leurs trois enfants, tandis que le troisième est élevé par la mère d’Henri, à Persan. Il devient chauffeur de machines à vapeur.

Dans la seconde moitié des années 1880, la famille s’installe à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Ils ont deux nouveaux enfants.

Henri Fréville meurt le 17 juin 1896 à Saint-Denis, exerçant toujours son activité de chauffeur. Il était âgé de 52 ans. Ses quatre garçons comme sa fille étaient tous morts au moment de son décès.

Bagne de l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie (Wikipédia)

 

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1 mars 2025 6 01 /03 /mars /2025 00:01

Jacques Kléber Martin nait le 5 avril 1914 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Suzanne Clotilde Gabrielle Berton et de son époux, Arthur Julien Kléber Martin. Son père, originaire du village voisin de Bichancourt, est alors militaire de carrière depuis 1904, avec le grade de maréchal-des-logis au sein du 42e régiment d’artillerie et devient maréchal des logis chef deux mois après sa naissance. Pendant la première guerre mondiale, il est nommé adjudant en avril 1915. Il meurt au combat en août 1916, sa conduite ayant fait l’objet de deux citations ; à titre posthume, il est décoré en septembre 1920 de la Médaille militaire.

Sa mère l’élève dans un autre village proche, Viry-Noureuil, dont elle est originaire. Après-guerre, elle est employée au ministère des régions libérées. Elle meurt à Paris en février 1929, Jacques ayant alors 14 ans. Il avait été déclaré « adopté par la Nation » par le tribunal civil de Paris en mai 1919.

En 1937, Jacques Martin est étudiant au séminaire du diocèse catholique de Paris à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il obtient une des bourses d’enseignement supérieur accordées pour faits de guerre accordées par l’Académie de Paris. Il est ordonné prêtre le 20 avril 1946 et célèbre ensuite sa première messe dans le village de Bichancourt où était né son père.

Il est en 1967 curé de la paroisse Sainte-Agnès d'Alfort, à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne), dont l’église, classée monument historique, est l’œuvre de l’architecte Marc Brillaud de Laujardière. De 1969 à 1976, il est en charge de Notre-Dame du Sacré-Cœur, toujours à Maisons-Alfort. Prenant alors la succession du père André Rideau, il rejoint alors la cure de Saint-Charles-Borromée, dans la commune limitrophe de Joinville-le-Pont et y reste jusqu’en 1989, cédant la place au père Dominique Vaillant.

Il vit dans une maison de retraite municipale de Joinville-le-Pont, rue Émile-Moutier, et s’intéresse à la généalogie de sa région d’origine, le Chaunois (de Chauny, Aisne). Il mène des études sur cent-vingt familles du secteur.

Jacques Martin meurt à l’âge de 89 ans, le 23 janvier 2004 à Créteil (Val-de-Marne), où il était soigné à l’hôpital intercommunal. Il est inhumé à Viry-Noureuil.

Il laisse un « testament spirituel », rédigé en septembre 1979 :

J'entrerai dans l'éternité

avec tout ce qui a fait mes raisons de vivre et d'agir dans mon existence,

(…) 

Le passage à cette nouvelle vie sera la découverte de la Lumière et de la Paix

annoncées par Jésus

En décembre 2005, le Cercle généalogique et historique des amis du Père Martin est fondé ; l’association a pour président Dominique Cagniart, résident de Joinville-le-Pont, où le siège est installé, qui est également originaire du Chaunois. Le but social est « la perpétuation du souvenir de l'abbé Jacques Martin, précurseur des recherches généalogiques en Pays Chaunois (Aisne) ». L’association met en place un site internet, Mémoires du Chaunois, actif jusqu’en 2013.

Vignette du site Mémoires du Chaunois

 

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13 février 2025 4 13 /02 /février /2025 00:01

Reprise d’un article publié le 13/01/2022 en fonction d’arches nouvelles, suite

La famille Marescaux s’installe ensuite à Joinville, où vit également Delort. Elle réside en 1911 quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Palissy.

Outre son magasin de la rue de la Roquette, l’entreprise ouvre une usine quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle compte plusieurs dizaines d’ouvriers, et dix-neuf d’entre eux trouveront la mort au cours de la première guerre mondiale. Pendant la durée du conflit, Marescaux produit pour les besoins de l’armée et des soldats mobilisés lui sont affectés, dont Delort, Marius Alphonse Levaltier ou Antoine Duranthon. Elle embauche aussi des femmes.

Pendant la première guerre mondiale (1914-1918), les usines Marescaux se voient octroyer plusieurs marchés militaires, notamment pour la fabrication de bombes. Il sera imposé après la fin du conflit pour les bénéfices qu’il a faits à la faveur desdits marchés. Marescaux fait partie des souscripteurs de la collecte humanitaire organisée en décembre 1917 à Joinville. Une « Plaque commémorative 1914-1918 des Établissements Marescaux » est apposée sur l’usine ; après la fermeture de l’établissement, elle a été déplacée et se trouve aujourd’hui dans le cimetière communal, près du Monument aux Morts. Elle porte la mention « « A la mémoire du personnel de la Maison mort pour la France » et comporte 19 noms.

Après-guerre, la société Marescaux publie de nombreuses annonces pour participer à la reconstruction du Nord, zone largement détruite pendant les combats et l’occupation allemande. Il met en avant son statut de fournisseur des ministères de la guerre et de la marine, du génie, de l'artillerie, de la ville de Paris et d’autres grandes administrations.

Cependant, l’activité se réduit dès décembre 1918 et l’usine de Joinville se sépare d’une partie de son personnel, en particulier des femmes, ce qui provoque la colère des sections locales du Parti socialiste SFIO. Pour relancer sa production, Marescaux investit en 1924 dans de nouvelles machines de découpage, matriçage, forgeage, laminage et emboutissage de métaux à froid et à chaud.

Le fils de son associé, Abel Delort, a été condamné en septembre 1923 à cinq ans de prison pour avoir tenté de tuer son père. Jean Delort, qui en avait réchappé, meurt en juillet 1924 à Joinville.

C’est probablement la disparition de son partenaire au capital social, lequel était veuf et dont l’héritier était alors incarcéré, qui provoque la mise en liquidation judiciaire en avril 1925 de l’entreprise Émile Marescaux, basée rue de la Roquette. Cependant, l’usine de Joinville poursuit son activité. Elle est touchée par les inondations de la Marne en janvier 1926. En octobre 1923, Émile Marescaux avait créé une deuxième société, la Société anonyme des métaux bruts et ouvrés (SAMBO), au capital de 500 000 francs. Elle proposait des produits en zinc, plomb et étain et était basée rue Saint-Sabin ; les deux entreprises disposaient du même téléphone. La SAMBO est dissoute en avril 1926.

Cette année-là, Marescaux paraît avoir quitté Joinville.

Émile Marescaux meurt le 22 janvier 1941 aux Loges-en-Josas (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est signalé dans l’état-civil comme exerçant la profession de garde-champêtre. Il était âgé de 72 ans et père d’une fille.

Selon l’annuaire Didot-Bottin de 1911, il a été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie.

Fin 

Voir aussi :

Plaque commémorative des morts pendant la première guerre mondiale, anciens établissements Marescaux, act. cimetière de Joinville

 

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9 février 2025 7 09 /02 /février /2025 00:01

Charles Louis Marescaux naît le 21 juin 1843 à Marquette-lez-Lille, Nord. Il est le fils de Marie Florentine Augustine Wilbaut et de son mari, Louis François Marescaux, cordonnier.

En avril 1868, Charles Marescaux est ferblantier et épouse à Lille Louise Victorine Flament, fille d’un lampiste et cousine d’un ferblantier, Henri Flament. C’est sans doute avec lui que Marescaux crée une fabrique de ferblanterie, installée rue des Tanneurs. Il s’associe aussi à son beau-frère, Gustave Languebien, quincailler, pour créer un établissement situé rue des Suaires toujours à Lille.

Le 15 février 1872, pour répondre à l’annexion d’une partie du territoire français par l’Empire allemand, l’Alsace-Lorraine, en 1871, « Les ouvriers de la maison Languebien et Marescaux, fabricants de ferblanterie et poêlerie, s’engagent à travailler une par jour, après la journée achevée et pendant un mois à dater d'aujourd'hui, au profit de l’œuvre de la délivrance du territoire ». Selon l’article publié dans le quotidien Le Progrès du Nord, « les patrons s’engagent chacun à consacrer par jour la valeur de deux heures de travail d’ouvrier. »

En juin 1874 à Lille, la presse mentionne que Marescaux-Flament fait faillite et son matériel de ferblanterie comme ses matières premières sont vendus. Cependant, Charles Marescaux se présente toujours comme ferblantier en juillet 1876 et l’activité de l’entreprise Languebien et Marescaux, se poursuit avec notamment la diffusion d’un allumoir électrique en 1880.

Début 1879, Charles Marescaux est devenu voyageur de commerce pour des sociétés lilloises.

Sa vie privée est particulièrement compliquée. Vivant à Marquette-lez-Lille Nord, hameau de l’Abbaye depuis 1868 jusqu’en 1873, la famille déménage à Lille, rue des Suaires puis rue Notre-Dame et rue des Urbanistes, avant de rejoindre la commune voisine de La Madeleine, rue de Marquette en 1882. Pendant cette période, son épouse donne naissance à ses six premiers enfants.

Revenu à Lille, rue Solférino, Charles Marescaux fait paraître le 8 mai 1883 un avis dans le quotidien régional Le Progrès du Nord. Il « informe le public qu’à partir de ce jour, il ne reconnaîtra plus les dettes que pourrait contracter sa femme Louise Victorine Flament ». Le message est reproduit le jour suivant.

Cependant, le couple ne se sépare pas, puisqu’il donne naissance, en septembre 1885 à un septième enfant, mais c’est le docteur accoucheur qui en fait la déclaration à l’état-civil, le père étant dit empêché ; la mère est domiciliée Cour Wagram, dans la rue des Sarrazins. Une procédure de divorce a été engagée, qui aboutit par un jugement du tribunal civil de Lille le 13 mai 1886. Cependant, un huitième enfant naît le 10 mai, cinq mois après la déclaration juridique mais l’état-civil de Lille ne fait pas mention de cette séparation lors de l’enregistrement de la naissance, déclarée par la sage-femme qui a procédé à l’accouchement ; le père est une nouvelle fois mentionné comme absent.

Louise Victorine Flament se remarie en septembre 1887 à Lille avec un veuf, fileur de coton, Julien Victor Cnudde.

Pour sa part, Charles Marescaux s’installe à Amiens (Somme) avec la plupart de ses enfants, sauf le dernier bébé. Il a une nouvelle compagne, Célinie Tilmont, également originaire du Nord et de 25 ans sa cadette ; elle donne naissance à son neuvième enfant (et première fille) en avril 1888.

En janvier 1890, Charles Marescaux se suicide par asphyxie au gaz de carbone dans une chambre calfeutrée, en entraînant dans son décès les trois garçons qui vivaient avec lui, âgés de 13, 10, et 7 ans.

Les comptes-rendus de presse mentionnent « une maison d’assez belle apparence, composée de deux étages », dans un quartier central de la ville-préfecture de la Somme. Ils signalent que Marescaux était sans emploi depuis août 1889, mais qu’il conservait des bons rapports avec des commerçants qui lui promettaient une nouvelle situation. Célinie Tilmont est présentée comme sa maîtresse, qu’il envisageait d’épouser ; elle s’occupait des trois enfants les plus jeunes (le dernier né étant resté avec sa mère) qui sont décrits comme « très intelligents ». Il n’est fait aucune mention des trois aînés, mais Émile, le plus âgé, mentionnait l’adresse de son père à Amiens lorsqu’il a souscrit, dans cette ville, en novembre 1888, un engagement dans l’armée où il servait en janvier 1890.

Fin décembre 1889, Célinie Tilmont quitte Amiens, peut-être afin de rejoindre sa famille pour la fin d’année. Quand elle revient, le 14 janvier 1890, elle ne peut entrer dans la maison qui est close. Elle va voir une voisine, qui lui dit n’avoir pas vu M. Marescaux depuis une dizaine de jours. Elle se rend alors à la police et revient avec le commissaire et un agent, qui doivent forcer la porte. Une fois entrés, ils constatent que la chambre est hermétiquement fermée, porte et fenêtre obturées par du papier. Ils y découvrent quatre corps, celui du père tenant son aîné dans un lit, et les deux autres sur une autre couche. Sur le sol, des casseroles contenant des cendres de charbon de bois, qui ont produit le gaz mortel. Plusieurs lettres figuraient sur un meuble, dont le contenu n’a pas été publié ; l’une était destinée au procureur. Selon la police, la mort remonterait aux alentours du 4 janvier.

Le premier article est celui publié dans Le Progrès de la Somme, qui a été télégraphié le même jour à une demi-douzaine de quotidiens parisiens et est repris, généralement intégralement, par des journaux dans toute la France (les sites de la Bibliothèque nationale de France permettent d’en identifier 45). Ils rendent compte de ce qu’ils qualifient pratiquement tous de de « drame », ajoutant de nombreux adjectifs : émouvant, épouvantable, horrible, terrible, sombre, de famille. Deux titres se distinguent un peu : L'Observateur français associe le drame à « la misère » (ce qui ne ressort pourtant pas du contenu de l’article) tandis que La Nation titre sur un « émouvant suicide. »

Le Progrès de la Somme, dans son second papier le 16 janvier, évoque l’émotion publique, et les récriminations contre « la conduite de cet homme, père de trois enfants, gentils, intelligents, pleins d’espoir comme on l’est à leur âge, et qui, parce qu’il souffre ou se désespère, assassine — on peut dire le mot — ces chers petits êtres ». Le journal régional écarte l’hypothèse d’un suicide collectif, « Car enfin il n’est pas possible que des enfants de cet âge songent à mourir ! » Un fait trouble le rédacteur : « Marescaux avait un chien qu’il enferma dans sa cour après lui avoir donné à manger pour plusieurs jours ; il avait eu plus de pitié pour son chien que pour ses enfants. »

Le fils aîné, Émile Marescaux (1869-1941), devint un industriel dans la ferronnerie à Paris et Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Le boulevard d’Alsace-Lorraine à Amiens (Arch. dép. Somme)

 

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20 septembre 2024 5 20 /09 /septembre /2024 01:01

Jean Louis Destouches naît le 27 juin 1756 au village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont). Il est le fils de Louis Destouches et de Marie Michèle Cornu. Il épouse Cécile Hélène Serain en 1786 à la paroisse Saint Thomas de Crépy (Oise). Jean Destouches exerce la profession de marchand de vins.

Il est élu en novembre 1790 dans la municipalité de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur dirigée par Edme Lheureux, après la scission en février du village, qui refusait d’être rattaché à Saint-Maur-des-Fossés.

Après des incidents alors que Jean-Charles Contour a été élu maire fin 1792, il semble regretter cette séparation. Dans une lettre de la municipalité de Saint Maur au conseil de Paris, datée du 25 août 1792, le maire de Saint-Maur, Gauthier, déplore que « deux municipalités ont été tolérées » (celle de Saint-Maur et celle La Branche du Pont) et demande si cette dernière doit subsister. Son courrier fait mention d’une « liste des citoyens de La Branche qui étaient partisans de l’union », dans laquelle figure le premier maire, E. Lheureux, Vingdlet, et Jean Destouches accompagné de ses deux frères Pierre Antoine, bourrelier et Louis, limonadier et marchand de vin.

Jean Louis Destouches est à nouveau notable à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, dans la municipalité de l’an 8 (1800), constituée autour de Laurent Pinson après le rétablissement des municipalités communales.

Vers 1813, la famille Destouches s’installe à Crépy-en-Valois (Oise). Cependant, elle garde des liens avec La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur où résident une partie de leurs relations.

Jean Louis Destouches meurt le 2 avril 1832 à Crépy-en-Valois. Il était âgé de 75 ans et père de trois enfants.

Sceau de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, an 12

 

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17 juin 2024 1 17 /06 /juin /2024 01:01

Alfred Marie Noël Parthiot naît le 26 mai 1890 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils Marguerite Fusz et de son époux Gabriel Paul Parthiot, qui vivent rue de l’Alouette. Sa mère, originaire de Moselle, dans la Lorraine occupée par l’Allemagne depuis 1871, a opté en 1872 pour la nationalité française. Son père, natif de l’Aube, est comptable.

Alors employé de commerce, Alfred Parthiot est mobilisé au sein du 54e régiment d'infanterie pour son service militaire en octobre 1911. Il accède au grade de caporal en septembre 1912 puis à celui de sergent en octobre 1913. Rendu à la vie civile en novembre, il est rappelé neuf mois plus tard alors que débute la première guerre mondiale en août 1914.

Toujours au sein du 54e RI, Alfred Parthiot va connaître une rapide progression hiérarchique : il est adjudant en septembre 1914 et devient officier dès mars 1915 en tant que lieutenant. Il accède au grade de capitaine en avril 1916.

Ses nouvelles fonctions ne le mettent pas à l’abri des effets des combats. Il est cité à l’ordre de l’armée pour les « qualités de sang-froid, de courage et de commandement » dont il a fait preuve « particulièrement le 19 mai 1916, au cours d'une attaque par les gaz. »

Parthiot est blessé une première fois à Damloup (Meuse) en juin 1916 par des pierres projetées par des éclats d’obus. Ce sont de nouveau des éclats d’obus qui lui provoquent de multiples plaies à la face en septembre la même année à Bouchavesnes-Bergen (Somme).

L’attaque du 25 septembre est racontée par un de ses collègues officiers, le commandant Marcel Émile Weill. Trois bataillons sont prévus pour l’assaut dans la direction d'Allaines. Le 1er lance l’assaut, mais est vite arrêté par le feu de nombreuses mitrailleuses et se replie. Parthiot est à la tête du 2e bataillon qui atteint la première tranchée allemande sous un feu violent de mitrailleuses mais doit aussi stopper sans atteindre son objectif. Il doit également se replier, « ayant tous ses officiers hors de combat ». Le 3e bataillon, qui était en réserve, n'a pas quitté ses emplacements.

Obtenant une permission, Alfred Parthiot épouse en juin 1917 à Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Louise Henriette Deherque, employée. Ses parents vivent dans la même ville.

En décembre 1917, Parthiot est soigné suite à une intoxication par gaz. Il est démobilisé en septembre 1919. Les grades d’officiers qu’il avait obtenu à titre temporaire sont confirmés après qu’il soit passé dans la réserve, et il est promu commandant, chef de bataillon, en décembre 1936. Au cours des années 1930, il est très actif au sein des écoles de perfectionnement des sous-officiers de la deuxième région militaire, qui couvre le Nord de la France, ce qui lui vaut plusieurs remerciements officiels.

Après avoir quitté l’armée, Alfred Parthiot et son épouse s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils acquièrent en novembre 1919 une droguerie située dans le centre-ville, rue de Paris. Il la revend deux ans plus tard, souhaitant s’installer en province pour développer des affaires, passant notamment des annonces dans des journaux bretons et lorrains.

En 1922, il s’associe à un agent immobilier d’Orsay (Seine-et-Oise, act. Essonne). Ils commercialisent notamment un lotissement en vallée de Chevreuse puis un autre à Trouville (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il reprend le cabinet à son nom, avec un nouvel associé en mars 1924.

En 1927, Alfred Parthiot transfère son activité à Villers-Cotterêts (Aisne), avec son épouse comme comptable et se présente comme industriel. Il est, en 1932, le secrétaire du Syndicat d’initiative de Villers-Cotterêts. Il réalise également des affaires dans d’autres villes de de province, comme Angoulême (Charente) en 1934 ou Arras (Pas-de-Calais) en 1935.

Mobilisé dans la réserve au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Parthiot vit à Villers-Cotterêts durant l’occupation de la France par l’Allemagne.

Après le conflit, il exerce comme agent immobilier à La Rochelle (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime) et réside dans la ville proche de Rochefort.

Alfred Parthiot meurt le 26 février 1948 à Rochefort. Il était âgé de 57 ans et n’a pas eu d’enfant. Titulaire de la Croix de guerre pour son comportement en 1915-1916, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en mai 1921 puis officier en septembre 1940. Au moins six citations et témoignages de satisfaction de satisfaction lui avaient été adressés.

Annonce de vente de maison par le cabinet Parthiot

 

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