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8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 00:01

Anne Adélaïde Favray naît le 16 février 1783 à Paris, paroisse Saint-Barthélemy (île de la Cité). Elle est la fille de Marie-Étiennette Renault et de son époux Jean-François Favray, miroitier opticien. La famille vit quai de l’Horloge.

En mars 1808, toujours domiciliée chez ses parents, elle épouse Charles Pierre Chapsal qui se déclare alors employé et devient un grammairien et auteur célèbre en publiant, en 1817, une Nouvelle grammaire française, qui va connaître un grand succès et assurer la richesse du couple. Anne Adélaïde aurait été une ancienne élève de Charles Pierre Chapsal, professeur au lycée Louis-le-Grand ; l’établissement n’était pas mixte, mais Chapsal avait peut-être des élèves privés.

Le couple vit rue de la Cerisaie (4e arr.) puis boulevard Beaumarchais (3e arr.). au cours du mois de septembre 1835, ils acquièrent une résidence secondaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune alors rurale sur les bords de Marne. Le château de Polangis, situé sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, appartient alors à Jean-Claude Moynat Jean Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9, puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837).

Inscrit sur la liste censitaire des électeurs de la commune de Joinville en 1837, Charles Pierre Chapsal figure alors en 49e position sur 61, par ordre de revenu. Mais en 1838, il est l’électeur le plus imposé et le restera jusqu’en 1848. Élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1840, il provoque en 1843 le renversement du maire en place Laurent Nicolas Pinson, et prend sa place jusqu’en 1848 ; il est à nouveau élu en 1852 jusqu’à sa mort en 1858 et siège en outre au conseil d’arrondissement à partir de 1855.

La commune de Joinville était une des rares du département à ne pas disposer d’un établissement de culte paroissial. Une église est construite à partir de 1856 sur des plans de l'architecte Claude Naissant, avec un financement communal et un prêt sans intérêt des époux Chapsal. Inaugurée en 1860, après la mort de Charles Pierre Chapsal en janvier 1858, elle prend le nom de « Saint-Charles-Borromée ». Dans les vitraux, on trouve des représentations de saint Charles Borromée et de sainte Adélaïde. Plus tard, la deuxième église de la ville, située sur le territoire de Polangis, portera le nom de Sainte-Anne (1910).

Restée seule propriétaire du domaine de Polangis, Anne Adélaïde Chapsal y vit en compagnie d’Auguste Courtin (1825-1908), fils naturel de Charles Pierre Chapsal, dont elle fera son fils adoptif ; il est élu maire de Joinville après le décès de Charles Pierre Chapsal. Il avait figuré dans les recensements communaux de Joinville sous le nom d’Émile Chapsal. Anne Adélaïde et Charles Pierre Chapsal avaient eu un enfant ensemble, François Charles Chapsal (1809-1831), mort à Hyères (Var) lors d’un déplacement en février 1831.

La veuve Chapsal continue une activité caritative, qui était celle du couple, par exemple en souscrivant en faveur de victimes d’inondations en novembre 1866.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le territoire de Polangis est, avec celui adjacent du Tremblay, le lieu de la bataille de Champigny. Toute la population de Joinville quitte le territoire. Le château de Polangis, qui a été vidé de ses meubles, devient le logis du général Ducrot, qui tente d’assurer la défense de l’Est de la capitale ; il y tient un conseil de guerre le 30 novembre 1870. La veuve Chapsal avait, en septembre 1870, participé à une souscription de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) organisée par la commune de Joinville-le-Pont ; elle fournir une aide de 1 000 francs, équivalente à celle de l’ensemble du conseil municipal, sur les 3 029 francs récoltés dans la ville.

Anne Adélaïde Chapsal meurt le 16 février 1880 à Joinville, jour de son 97e anniversaire, dans son château de Polangis. Son décès est déclaré par son adoptif Joinville, Auguste Courtin, et par Jules Guillet (1831-1905), vétérinaire militaire en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et exploitant de la ferme du domaine de Polangis. Elle est inhumée au cimetière de Joinville. Une rue de la commune porte le nom de « rue Chapsal ».

Par testament, Anne Adélaïde Chapsal lègue l’importante somme de 36 000 francs qui est répartie également entre le bureau de bienfaisance de Joinville-le-Pont, la fabrique de l'église de Saint-Charles-Borromée et la commune. En octobre 1911, lors de l’inauguration d’un agrandissement de la mairie de Joinville, une plaque est apposée pour les « bienfaiteurs de la commune » ; la veuve Chapsal y figure chronologiquement en troisième position, son mari étant le premier en date.

Un an après le décès, en février 1881, Auguste Courtin, héritier unique du château de Polangis, vend le domaine à la Société immobilière de Polangis, qui va le lotir et démolir le château en 1904.

Auguste Courtin avait démissionné, en cours de mandat, de ses fonctions municipales en 1876 et quitté Joinville l’année suivante. Il s’installe à Salbris (Loir-et-Cher), où il acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et devient, en 1884, maire de Salbris, fonction qu’il exerce jusqu’en 1900. Il siège de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher. Son fils André Courtin (1859 - après 1942), né au château de Polangis, ingénieur agronome, exploitant agricole devient aussi maire libéral de Salbris (1900-1912) et élu départemental (1901-1907) ; syndicaliste et mutualiste, il est chevalier de la Légion d’honneur.

Tombe Chapsal au cimetière de Joinville

Voir aussi :

Auguste Courtin, enfant de Noël puis châtelain (1/3) ; Auguste Courtin, maire de Joinville à la fin du 2d empire (2/3) ; Auguste Courtin, agriculteur solognot et maire de Salbris (3/3)

Charles-Pierre Chapsal que la grammaire rend riche (1/3) ; Charles-Pierre Chapsal châtelain à Polangis (2/3) ; Charles-Pierre Chapsal, maire, père et grand-père de maires (3/3)

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 00:01

Marie Arabelle Slooper naît vers 1780 à Rumford, dans l’Essex, en Angleterre. Son nom est généralement écrit Sloper, mais également parfois Hoper. Elle utilisera quant à elle la graphie Slooper. Elle est la fille de William Sloper et de son épouse Marguerite Bell.

Au moment de son décès, le registre d’état-civil mentionne qu’elle est née « aux Indes ». Il est possible que son père soit l’officier anglais se rendant aux Indes, qui a procédé à la « Capture de deux noirs malais fugitifs de l’Ile de France » (act. Île Maurice). Une correspondance est envoyée à ce sujet par le poste français au Cap de Bonne-Espérance (act. Afrique-du-Sud) en direction du bureau des Colonies rattaché au secrétariat d'État à la Marine.

En août 1818, Marie Arabelle Slooper, qui est protestante, est mariée avec Jean Grillard.

En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,

Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.

Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.

Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.

En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an 9, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834 ; il est aussi père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.

Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon. Jean Grillard devient maire du village en 1826 et meurt en avril 1828.

Seule héritière de Jean Grillard, Marie Arabelle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle dispose de fonds à hauteur de 289 680 francs.

Marie Arabelle épouse en mai 1829 à Paris (10e arr.) un notaire, Gilbert Juge. Ils s’installent à Ollainville, dans la maison de La Roche, où ils ont trois domestiques à demeure. Son second mari y décède en novembre 1849.

Au début des années 1850, Marie Arabelle séjourne dans ses deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université. Elle négocie des prêts et acquiert d’autres biens immobiliers à Paris, comme une maison rue Lemercier, dans le quartier Batignolles-Monceau et un hôtel rue de Londres. Elle achète également des terres à Ollainville.

Marie Arabelle Slooper meurt le 9 octobre 1856 à Soisy-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Essonne), village à 25 kilomètres d’Ollainville. Elle était deux fois veuve, âgée d’environ 76 ans et n’avait pas eu d’enfant.

Le hameau de La Roche à Ollainville (Essonne)

 

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4 novembre 2025 2 04 /11 /novembre /2025 00:01

Jean Grillard, qui a 61 ans en 1828, est donc né vers 1760 ou 1761 à Versailles, selon les archives de l’Essonne. Peut-être faut-il l’assimiler à Jean Louis Grillard, né le 11 avril 1760 à Versailles (act. Yvelines), fils de Françoise Lejeune et Jean Baptiste Grillard, marchand de vin. Il est baptisé le même jour dans la paroisse Notre-Dame. Plusieurs sources orthographient son patronyme comme Gaillard ou Gullard, mais la forme Grillard est confirmée par les archives départementales de l’Essonne (état-civil) comme celles du Val-de-Marne (cadastre).

À une date inconnue, Jean Grillard se marie avec Marie Arabelle Slooper, originaire d’Angleterre et qui a très probablement vécu en Inde.

En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,

Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.

Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.

Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.

En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834, et père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.

Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon.

En 1826, Jean Grillard prend la succession d’Auguste Accoyer et devient maire d’Ollainville, commune rurale qui compte alors environ 475 habitants.

Jean Grillard meurt le 22 avril 1828 à Ollainville, dans son domicile du hameau de la Roche, il est noté sur l’état-civil communal comme âgé de 62 ans, propriétaire et maire. Son épouse, Marie Arabelle Slooper, est sa seule héritière. Elle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle récupère des fonds à hauteur de 289 680 francs. Ils semblent ne pas avoir eu d’enfants.

La château de La Roche à Ollainville (Essonne)

 

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 01:01

Suite de la biographie de Pierre Claude Pajol

Un nouvel investissement patrimonial, avec une dimension économique, est fait par les époux Pierre Claude et Marie Louise Pajol en 1821. Ils achètent, pour 40 000 francs, les reste de l’ancienne abbaye du Paraclet à Quincey, act. Ferreux-Quincey, Aube). Fondée en novembre 1131 par Abélard (1079-1142), philosophe et théologien chrétien, elle a eu pour première abbesse son épouse, Héloïse (1092-1164). Ancienne élève d’Abélard et mère de leur enfant Astrolabe, Héloïse fut d’abord une intellectuelle en vue dans le Paris du 12e siècle, puis une écrivaine réputée, notamment pour ses lettres à Abélard qui, châtré du fait de leur liaison scandaleuse, vivait dans un monastère à Nantes. Héloïse fut enterrée au Paraclet, puis les reste d’Abélard y furent transportés à la fin du 15e siècle. L’abbaye, restée prestigieuse, fut fermée pendant la Révolution française le 14 novembre 1792, les ossements d’Héloïse et d’Abélard étant transférés ; ils reposent désormais dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Le domaine du Paraclet, vendu en novembre 1792 comme « bien d’émigré » au domestique d’un curé, appartient ensuite à un notaire, qui commence à démolir l’église, puis à un fripier parisien qui continue la destruction. Le comédien et directeur de théâtre, Jacques-Marie Boutet de Monvel (1745-1812), l’achète en 1794 et aménage la demeure abbatiale, restée debout, pour l’habiter. La famille de Monvel cède le domaine lors d’une vente aux enchères.

Les époux Pajol font entourer l’ancien tombeau d’une plantation funéraire et y élèvent une colonne votive, en forme d’obélisque, indiquant l’endroit où avaient reposé les restes d’Héloïse et d’Abélard. Marie Louise Pajol s’occupe de l’aménagement des lieux.

Dans l’ancien moulin, au bord de la rivière Ardusson, dans la commune Saint-Aubin, une fabrique de limes et de matériel agricole est établie en 1823. L’aciérie est constituée sous forme de société, dont Pajol est un des associés ; elle vit assez difficilement. Pajol tente de s’inspirer de méthodes qu’il va voir en 1826 en Angleterre, mais l’entreprise fait faillite. Il rachète le moulin en septembre 1830 et vend la ferme au baron Charles Walckenaer. En décembre 1831, la comtesse Pajol obtient par ordonnance royale le droit de transformer l’ancienne aciérie en un moulin à blé et à huile.

En juillet 1830, après la démission du roi Charles X, le comte Pajol est rappelé, avec la fonction de lieutenant-général, pour empêcher les tentatives de résistance des royalistes légitimistes. Il se rend à Rambouillet, où le souverain est installé et l’accompagne dans son départ vers l’étranger. La famille vit de nouveau en région parisienne.

Arrivant d'Asie une épidémie de choléra se propage rapidement à partir de la fin du mois de mars 1832. Elle touche une grande partie de l’Europe dans les mois et années qui suivent. En région parisienne, 18 000 personnes meurent de la maladie selon les estimations médicales, principalement des personnes de milieux populaires. Cependant, elle touche également une partie de l’élite, comme par exemple Casimir Périer, président du conseil des ministres. La comtesse Pajol, décède de la maladie en avril 1832 à Paris.

Le général Pajol et ses deux fils de la comtesse Marie Louise vendent en 1835 le domaine du Paraclet au baron Charles Walckenaer, dont la famille y réside toujours en 2025.

Il est intégré à la Chambre des pairs en novembre 1831 et il y vote constamment en faveur du gouvernement. Conservant sa lieutenance, Pajol réprime énergiquement les émeutes de février 1831, juin 1832 et avril 1834. Il est mis à la retraite en octobre 1842, alors qu’il a 70 ans.

Le comte et lieutenant général Pierre Claude Pajol décède le 20 mars 1844 à Paris (10e arr.), à son domicile, 35, rue Joubert. Selon ses Jean-Marie Thiébaud, médecin et généalogiste, « il meurt des suites d'une chute dans l'escalier des Tuileries après une visite à Louis-Philippe », roi des Français. Il est d’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, puis son corps est transféré à Nozeroy, au chevet de l'église, et enfin ses héritiers construisent un cimetière familial, adjacent au cimetière municipal.

Il était père de trois enfants ; sa fille mourut jeune, tandis que ses deux fils Pajol devinrent généraux. L’aîné, Charles ; Pajol, fut également sculpteur. Il est l’auteur du mausolée, érigé en 1878, où est sa sépulture à Nozeroy.

Le nom du général Pajol est gravé sur l'Arc de Triomphe de la place de l’étoile Charles-de-Gaulle à Paris. Il est décoré de la Légion d'honneur comme chevalier (décembre 1803), officier (juin 1804), commandant (avril 1809), grand officier (février 1814), grand aigle (uin1815) puis grand cordon (août 1830). Il a été fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il détient aussi plusieurs décorations étrangères, figurant dans l’ordre du Lion de Bavière, celui de Maximilien-Joseph de Bavière, ainsi que ceux de l'Aigle blanc (Pologne) et de l'Épée de Suède. Une rue a été dénommé Pajol à Paris (18e arr.) et une autre à Melun (Seine-et-Marne) ; la ville de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) a également une rue du Général Pajol.

Une statue de Pierre Claude Pajol, due à son fils, avait été dressée à Besançon ; elle a été statue fondue en 1942. Un de ses portraits est exposé dans la mairie de Besançon, un autre au château de Compiègne.

Fin

Figurine en étain du général Pajol

 

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24 octobre 2025 5 24 /10 /octobre /2025 00:01

Début de la biographie de Pierre Claude Pajol

Claude Pierre Pajot naît le 3 février 1772 à Besançon (Franche-Comté, act. Doubs). Il est le fils de Françoise Élisabeth Nodier et de son époux André Joseph Pajot. Il utilisera ensuite la désignation « Pierre Claude Pajol ». Sa mère, Françoise Élisabeth (1744-1821), est la fille de Joseph Nodier (1695-1776), architecte et entrepreneur du bâtiment. Son frère, Antoine Melchior Nodier fut magistrat pendant la Révolution française et maire de Besançon (1790-1791) ; il a eu comme fils Charles Nodier (1780-1844), académicien français et écrivain romantique, qui est donc le cousin germain de Pierre Claude Pajol.

Du côté paternel, la famille est originaire de Nozeroy (act. Jura). Son arrière-grand-père, Jean Claude Pajot (1676-1752) a été médecin chirurgien et apothicaire ; son grand-père, Charles Léopold Pajot (1714-1748) a exercé la fonction de procureur au Parlement de Besançon, qu’a également obtenu son père André Joseph Pajot (1746-1811), avant de devenir commissaire à la poste aux lettres sous le premier Empire.

Étudiant en droit, il arrive à Paris en avril 1789 et participe au mouvement révolutionnaire en juillet. Participant aux actions dans le quartier Saint-Victor où il habite, il est nommé le 13 juillet sergent d'une compagnie de volontaires et participe le lendemain à la prise de la Bastille. Il retourne dans sa famille fin octobre 1789 et s’engage dans le régiment de la garde nationale de la ville. Il est sergent major de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de volontaires du Doubs en janvier 1792, quand il est nommé officier en tant que sous-lieutenant au 82e régiment d'infanterie.

Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire de Pajol dans la cavalerie légère. Devenu général en mars 1807, il participe à de très nombreuses opérations militaires dans l’armée impériale, notamment aux côtés de Hoche, Marmont, Davout ou Kléber.

En mars 1808 Pierre Pajol épouse Marie Louise Élise Oudinot, la fille d’un autre général, âgée de 17 ans (il en a 36). Ses parents ont acheté, en l’an 9 (1801), le domaine de Polangis (ou Poulangis), vaste ensemble situé sur les bords de Marne, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), mais sur la rive gauche, alors quasiment inhabitée. Nicolas Charles Oudinot et son épouse, Françoise Charlotte née Derlin, dont Marie Louise est l’aînée des sept enfants, décident de lui apporter, en dot, le domaine de Polangis. Il est valorisé dans l’acte notarial 100 000 francs, le mobilier du château valant 20.000 fr. s’y ajoutent et 150.000 fr. en liquide, valeurs et créances. Le patrimoine et les revenus du ménage permettent au général Pajol et à son épouse d’occuper une position brillante au sein de la société impériale. Marie Louise, malgré son jeune âge, est dite être très organisée. Quant au général Pajol, il a d’indéniables talents militaires, auxquels s’ajoutent une vraie culture. Il dispose d’une bibliothèque riche d’ouvrages historiques et philosophiques.

À la fin de l’Empire, en juin 1814, Pajol et sa femme vendent Polangis à André-François Miot (1762-1841). Ancien haut fonctionnaire, devenu ministre des Affaires étrangères en 1794-95, administrateur de la Corse, ministre du royaume de Naples puis intendant de la maison royale d’Espagne. Il venait d’être nommé comte de Mélito et menait désormais une carrière littéraire, notamment comme traducteur du grec ancien.

Le famille Pajol habite désormais Paris d’abord dans le Faubourg Saint-Germain, puis dans les nouveaux quartiers de la Chaussée d’Antin. Avec l’appui d’Oudinot, Pajol retrouve un commandement prestigieux, celui de la division de cavalerie du roi ; lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, en mars 1815, il est nommé pair de France. Après l’abdication de l’empereur suite à la défaite de Waterloo, Pajol est mis à la retraite. Il se lance dans les affaires, exploitant le premier bateau à vapeur à traverser la Manche, puis affecté à une desserte fluviale en Normandie. C’est un échec et son épouse, Marie-Louise, dans l’intérêt de leurs enfants, obtient en juillet 1817, du tribunal de première instance du département de la Seine un jugement de séparation de biens ; Pajol doit alors 120 000 fr. à sa femme.

À suivre

Portrait du général Pajol

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 00:01

Marie Louise Élise Oudinot naît le 21 août 1790 à Bar-le-Duc (act. Meuse). Elle est la fille de François Charlotte Derlin et de son époux Nicolas Charles Oudinot. Elle est l’aînée des sept enfants du couple et son père en aura ultérieurement quatre autres après son remariage.

Son père (1767-1847) ancien sergent dans régiment d’infanterie du Médoc (1784-1787) avait ensuite quitté l’armée, mais il la rejoint comme lieutenant-colonel au 3e bataillon de la Meuse en 1792. Il fera ensuite une très brillante carrière sous la Révolution, le premier Empire comme sous la Restauration ou la monarchie de Juillet. Il est général, maréchal, ministre d’État.

Ses parents ont acheté, en l’an 9 (1801), le domaine de Polangis (ou Poulangis), vaste ensemble situé sur les bords de Marne, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), mais sur la rive gauche, alors quasiment inhabitée. La famille se partage certainement entre plusieurs résidences : Bar-le-Duc (où naissent six des sept enfants de la famille Oudinot entre 1790 et 1808), Paris où les généraux ont un lieu d’accueil et donc La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et leur nouveau château de Polangis.

La famille vit à Polangis où elle est recensée en l’an 10 (1802). Mais un seul de leurs enfants est répertorié avec eux, Auguste Numa (1799-1835) qui sera colonel et mourra lors de combats en Algérie. Les aînés, dont Marie Louise, 12 ans, restent sans doute à Bar-le-Duc une partie de l’année.

Cependant, c’est bien à Pont-de-Saint-Maur que Marie Louise se marie, en mars 1808, avec le général de brigade Pierre Pajol. Elle a 17 ans, et lui 36. Dans sa corbeille de mariage, ses parents ont placé le domaine de Polangis, valorisé 100 000 francs, auxquels s’ajoutent le mobilier du château (20.000 fr.) et 150.000 fr. en liquide, valeurs et créances. Le patrimoine et les revenus du ménage permettent au général et à son épouse d’occuper une position brillante au sein de la société impériale. Elle est réputée être très organisée, et lui ajoute à ses talents militaires une vraie culture, disposant d’une riche bibliothèque d’ouvrages historiques et philosophiques.

À la fin de l’Empire, en juin 1814, Pajol et sa femme vendent Polangis à André-François Miot (1762-1841). Ancien haut fonctionnaire, devenu ministre des Affaires étrangères en 1794-95, administrateur de la Corse, ministre du royaume de Naples puis intendant de la maison royale d’Espagne. Il venait d’être nommé comte de Mélito et menait désormais une carrière littéraire, notamment comme traducteur du grec ancien.

Le famille Pajol habite désormais Paris d’abord dans le Faubourg Saint-Germain, puis dans les nouveaux quartiers de la Chaussée d’Antin. Avec l’appui d’Oudinot, Pajol retrouve un commandement prestigieux, celui de la division de cavalerie du roi ; lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, en mars 1815, il est nommé pair de France. Après l’abdication de l’empereur suite à la défaite de Waterloo, Pajol est mis à la retraite. Il se lance dans les affaires, exploitant le premier bateau à vapeur à traverser la Manche. C’est un échec et son épouse, Marie-Louise, dans l’intérêt de ses enfants, obtient en juillet 1817, du tribunal de première instance du département de la Seine un jugement de séparation de biens ; Pajol doit alors 120 000 fr. à sa femme.

Un nouvel investissement patrimonial, avec une dimension économique, est fait par les époux Pajol en 1821. Ils achètent, pour 40 000 francs, les reste de l’ancienne abbaye du Paraclet à Quincey, act. Ferreux-Quincey, Aube). Fondée en novembre 1131 par Abélard (1079-1142), philosophe et théologien chrétien, elle a eu pour première abbesse son épouse, Héloïse (1092-1164). Ancienne élève d’Abélard et mère de leur enfant Astrolabe, Héloïse fut d’abord une intellectuelle en vue dans le Paris du 12e siècle, puis une écrivaine réputée, notamment pour ses lettres à Abélard qui, châtré du fait de leur liaison scandaleuse, vivait dans un monastère à Nantes. Héloïse fut enterrée au Paraclet, puis les reste d’Abélard y furent transportés à la fin du 15e siècle. L’abbaye, restée prestigieuse, fut fermée pendant la Révolution française le 14 novembre 1792, les ossements d’Héloïse et d’Abélard étant transférés ; ils reposent désormais dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Le domaine du Paraclet, vendu en novembre 1792 comme « bien d’émigré » au domestique d’un curé, appartient ensuite à un notaire, qui commence à démolir l’église, puis à un fripier parisien qui continue la destruction. Le comédien et directeur de théâtre, Jacques-Marie Boutet de Monvel (1745-1812), l’achète en 1794 et aménage la demeure abbatiale, restée debout, pour l’habiter. La famille de Monvel cède le domaine lors d’une vente aux enchères.

Les époux Pajol font entourer l’ancien tombeau d’une plantation funéraire et y élèvent une colonne votive, en forme d’obélisque, indiquant l’endroit où avaient reposé les restes d’Héloïse et d’Abélard. Marie Louise Pajol s’occupe de l’aménagement des lieux.

Dans l’ancien moulin, au bord de la rivière Ardusson, dans la commune Saint-Aubin, une fabrique de limes et de matériel agricole est établie en 1823. L’aciérie est constituée sous forme de société, dont Pajol est un des associés ; elle vit assez difficilement. Pajol tente de s’inspirer de méthodes qu’il va voir en 1826 en Angleterre, mais l’entreprise fait faillite. Il rachète le moulin en septembre 1830 et vend la ferme au baron Charles Walckenaer. En décembre 1831, la comtesse Pajol obtient par ordonnance royale le droit de transformer l’ancienne aciérie en un moulin à blé et à huile.

En juillet 1830, après la démission du roi Charles X, le comte Pajol est rappelé, avec la fonction de lieutenant-général, pour empêcher les tentatives de résistance des royalistes légitimistes. Il se rend à Rambouillet, où le souverain est installé et l’accompagne dans son départ vers l’étranger. La famille vit de nouveau en région parisienne.

Arrivant d'Asie une épidémie de choléra se propage rapidement à partir de la fin du mois de mars 1832. Elle touche une grande partie de l’Europe dans les mois et années qui suivent. En région parisienne, on estime que 18 000 personnes meurent de la maladie. Ce sont principalement des personnes de milieux populaires, vivant dans des quartiers insalubres. Cependant, elle touche également une partie de l’élite. Dans son journal, le maréchal de Castellane écrit : « Tous nos ministres sont malades (…) ; on ne conçoit rien à ce fléau ». Le docteur Augustin Fabre tient la liste des « Personnes de distinction mortes du choléra. France » ; parmi elles, « Casimir Périer, président du conseil des ministres (…), la comtesse Pajol, fille du maréchal Oudinot ». Elle est décédée le 18 avril 1832 à Paris (10e arr.). Elle était âgée de 41 ans et mère de trois enfants, dont une fille morte jeune.

À Joinville-le-Pont, l’épidémie de choléra de 1832 fit 18 victimes, dont 9 sont mortes. Dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, il y eut 46 personnes atteintes et 25 trépas.

Selon Marc Oudinot, au décès de sa fille aînée, « Le maréchal Oudinot ne maîtrisa sa peine qu'en se consacrant à faire distribuer des soins et des secours dans tous les alentours de Jeand'Heurs, où il avait invité sa famille à se regrouper, confiant dans la salubrité du lieu ». Le château est situé à L'Isle-en-Rigault (Meuse).

Le général Pajol et les deux fils de la comtesse Marie Louise vendent en 1835 le domaine du Paraclet au baron Charles Walckenaer, dont la famille continue d’y résider en 2025. Les deux garçons Pajol devinrent généraux.

Façade Est de l’ancienne maison abbatiale du Paraclet (Wikipédia)

 

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20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 00:01

Nicolas Charles Marie Oudinot naît le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc (act. Meuse), capitale du duché de Bar, rattaché à la France en 1766. Il est le fils de Marie Anne Adam et de son époux Nicolas Oudinot, artisan brasseur et distillateur.

Il suit une scolarité à Bar puis à Toul, et s'engage pour trois ans dans l’armée, rejoignant en 1784 le régiment du Médoc. Il le quitte en 1787 avec le rang de sergent. Il retrouve la vie civile et se marie dans sa ville natale avec Charlotte Françoise Derlin en septembre 1789. Elle donne naissance à sept enfants.

Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire d’Oudinot, par ailleurs bien documentée, nous contentant de quelques repères.

Pendant la Révolution, il reprend du service et est nommé lieutenant-colonel en 1791 au 3e bataillon de volontaires de la Meuse. Il est fait général de brigade en juin 1794 et combat en Allemagne.

D’après l’historien Georges Bousquié, en 1801 « séduit sans doute par la beauté du lieu sauvage, giboyeux et poissonneux à souhait, il achète 50.000 livres le domaine de Polangis avec ses dépendances qui appartenait à Jacques-François-Pascal-Alain de la Bertinière et à Dame Anne-Geneviève Gentil, son épouse ». La Bertinière (vers 1750-1823) est un ancien mousquetaire et capitaine d'infanterie, acquéreur de biens nationaux en région parisienne et dans l’Allier, qui a également peut-être été un agent de l’Angleterre pendant la révolution française.

La famille vit à Polangis où elle est recensée en l’an 10 (1802). Un seul de leurs enfants est répertorié avec eux, Auguste Numa (1799-1835) qui sera colonel et mourra lors de combats en Algérie. Les aînés (Marie Louise, 12 ans, Nicolas, 11 ans, Nicolette, 7 ans et Émilie, 6 ans) sont placés probablement auprès de nourrices. Il en est de même de Joséphine, un an, née en frimaire an 10 (décembre 1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, dans la maison de Polangis.

Dans son domaine de Polangis, le général Oudinot se lie avec deux propriétaires voisins, dont son biographe et descendant, Marc Oudinot, assure qu’ils avaient des demeures à Polangis, mais qui en réalité devaient plutôt résider dans des communes alentour.

La première de ces relations est la famille Delamare. Très riche, Achille Joseph Delamare (1790-1872) fit les guerres de l’Empire et servit ensuite, comme Oudinot sous la Restauration ; son fils, Achille Delamare, fut l’aide de camp d’Oudinot. Achille Joseph Delamare est, de 1830 à 1835, maire de Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne), commune très proche de Polangis. Il devient comte par une des dernières décisions du roi Charles X puis le second empire le fait sénateur.

L’amitié avec Antoine Julie Prosper Hoüard (1762-1820), autre voisin, paraît avoir été la plus forte ; celui-ci fit d’ailleurs d’Oudinot et d’un de ses fils, Charles Louis Victor, ses héritiers. Originaire de Dieppe et fils de magistrat, agent de change, il est devenu le devenu syndic de la profession et présida notamment à la construction de la Bourse de Paris, le Palais Brogniart. Célibataire, il était, selon Marc Oudinot, un fin lettré.

Le moment clé du séjour des Oudinot à Polangis se situe le 14 floréal an 10 (04/05/1802). Ce soir-là, Oudinot donne un dîner avec plusieurs généraux, dont Delmas, Fournier, Monnier, Bourcier et Marmont. Bonaparte, premier consul depuis peu, avait des relations difficiles avec une partie de la hiérarchie militaire. C’est par exemple le cas de Delmas lors d’un Te Deum organisé à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour célébrer le jour de Pâques la signature du concordat avec le pape. Interrogé par le futur empereur sur ce qu’il pensait de cette belle cérémonie, il aurait répondu : « C’était plutôt une belle capucinade ! Nous changeons nos dragonnes en chapelets. Il manquait à votre fête ce million d’hommes qui sont morts pour abolir les pasquinades et détruire la superstitions ! »

Pendant le dîner Polangis, plusieurs assistants font part de leur mauvaise humeur, notamment Delmas et Fournier qui auraient évoqué un projet d’attentat contre Bonaparte, prévu pour le lendemain, 16 floréal, où il devait assister à une représentation de Sémiramis, œuvre Rossini à l'Opéra de Paris.

La police, informée des discussions, arrête plusieurs comparses et cherche à retrouver Delmas, qui s’est enfuit. Il se réfugie à Polangis, où Oudinot le cache. Une perquisition est menée par des gendarmes, mais il parvient à échapper. Oudinot, qui était absent au moment de l’arrivée des forces de l’ordre, se met en colère à son retour devant le colonel qui l’interroge : « Où cachez-vous Delmas, mon général ? » : « Ainsi, vous avez profité de mon absence pour venir sans péril crocheter mes appartements ! Ah ! si je me fusse trouvé chez moi, vous auriez, monsieur, et vivement, sauté le pas. J'ai des fusils de la poudre et du plomb ; j'aurais armé mes domestiques, et vous eussiez senti les caresses de nos balles. »

Si ce n’est les désagréments de ses convocations pour témoignage, la prudence d’Oudinot, comme celle de Marmont, firent qu’il n’y eut pas de suite à cet incident et que ses relations avec Bonaparte restèrent bonnes.

Nicolas Charles Marie Oudinot est élu en 1803, député de la Meuse, mais il ne participe pas aux réunions de la Chambre. En 1807, il sert en Pologne.

Le mariage de la fille aînée de Oudinot, Marie Louise Élise, née en août 1790 à Bar-le-Duc, est célébré en mars 1808 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Elle épouse Pierre Claude Pajol (1772-1844), général français de la Révolution et de l’Empire et reçoit, en dot, le domaine de Polangis, dans lequel elle s’installe avec son époux. Marie Louise mourra en avril 1832, au cours de l'épidémie de choléra qui touche Paris.

Après la victoire de Wagram, Oudinot est nommé maréchal d'Empire en juillet 1809. Devenu duc de Reggio en avril 1810, Napoléon lui confie le gouvernement du royaume de Hollande, puis celui de Berlin et Oudinot participe aux campagnes de Russie puis de France. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire, avec 34 blessures au total.

Veuf depuis 1810, Nicolas Charles Marie Oudinot se remarie en janvier 1812 à Vitry-Le-François (Manche) avec Marie-Charlotte Eugénie Julienne de Coucy. Sous la restauration, il est commandant en chef de la garde nationale parisienne, major-général de la Garde royale, pair de France, ministre d'État.

Nicolas Charles Marie Oudinot meurt le 13 septembre 1847 à Paris. Il était âgé de 80 ans et père de 11 enfants.

Titulaire de nombreuses décorations, il portait notamment la Grand-croix de Saint-Louis, le Grand aigle de la Légion d'honneur et le titre de Chevalier du Saint-Esprit. Plusieurs villes ont évoqué sa mémoire dans des voies : la ville d’Oran disposait, avant l’indépendance, d’un boulevard Oudinot. Nancy à une rue du Maréchal-Oudinot, Bar-le-Duc et Paris des rues Oudinot et Joinville-le-Pont a une avenue Oudinot. Le nom d’Oudinot figure également sur l’Arc de Triomphe de Paris, place Charles-de-Gaulle.

Le maréchal Oudinot

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 00:01

Jacques François Pascal Allain de la Bertinière naît début 1750, sans doute à Paris. Il est le fils de Marie Marguerite Bourgès, dite Bourgeois et de son époux Louis Allain de la Coeurtière. La famille Allain, de petite noblesse, dispose de la titulature des deux seigneuries et Jacques François Pascal Allain se désigne comme écuyer, utilisant de manière habituelle le nom de La Bertinière.

Sa mère est la fille d’un marchand parisien. Son père est commissaire de la marine, officier conseillant le commandement en matière administrative et financière.

Il sert comme officier dans une compagnie de mousquetaires jusqu’à la dissolution en décembre 1775 des deux unités existantes par le roi Louis XV. Il est ensuite intégré, avec le rang de capitaine, dans un régiment d'infanterie.

En 1770, les parents sont propriétaires du domaine de Polangis, alors nommé Poulangis ou Poulangy, situé dans le ressort de la paroisse Saint-Nicolas et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés, relevant des princes de Condé. Il est actuellement sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne, toutes deux aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Ils possèdent également deux maisons à Paris, rue Saint-Honoré.

Après le décès de Louis Allain de la Coeurtière, probablement en 1786, son épouse transmet en octobre 1786 la nue-propriété des quatre maisons dont elle dispose à ses deux fils, Antoine François Louis Allain de la Coeurtière et Jacques François Pascal Allain de la Bertinière.

Le mariage de Jacques François Pascal Allain de la Bertinière avec Anne Geneviève Gentil est célébré en novembre 1779 à Paris, en l’église Saint-André-des-Arts.

La révolution française de 1789 va entraîner la saisie puis la vente de possession de l’église, devenus biens nationaux. Louis Gentil, père d’Anne Geneviève, ancien agent de la chancellerie de France, achète en septembre 1791, l’abbaye de Sept-Fons, située à Diou (act. Allier). Mais il décède en septembre 1792, laissant la propriété de l’ancienne abbaye à sa fille. Elle fait l’objet d’un contentieux, qui sera tranché par le conseil d’État en la faveur des époux La Bertinière en janvier 1818.

Selon une généalogie établie par Andreas Gölzer, La Bertinière aurait été, pendant la période révolution, un agent au service de Bertrand Barère (1755-1841), membre du Comité de salut public pendant 17 mois à partir d’avril 1793. Il est arrêté et comparaît au tribunal révolutionnaire le 29 ventôse an 2, mais Barère le fait libérer. Toujours d’après A. Gölzer, La Bertinière aurait été un des rédacteurs de L'Argus et du Babillard. Il serait devenu agent de l'Angleterre, protégé par Jean-Baptiste Dubois, dit Dossonville (1753-1832), policier français passé au service de la Grande-Bretagne et sa déporté sous le Directoire. La Bertinière se serait sauvé après l’arrestation de Dossonville le 18 fructidor an 5 (04/09/1797).

Ayant récupéré, à la mort de sa mère fin 1786, l’usufruit de la maison de Polangis, il le vend en mars 1791 à Antoine-Joseph Kropper, ancien marchand poêlier et à sa femme Marguerite-Françoise Villaume. Après le décès de Kropper en juin 1794, La Bertinière récupère le château de Polangis. Il y réside alors et célèbre dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en fructidor an 2 (septembre 1794) le mariage de sa fille, Louise Ulrique Bathilde (qui a tout juste 14 ans) avec Alexandre Antoine Joseph Keyser de Lisle, chef du service des transports militaires de l’armée du Nord. Dans le registre d’état-civil, La Bertinière et son gendre précisent que leurs noms n’ont « aucunes qualifications féodales ou nobiliaires ». Le mariage ne dure pas, et Louise Ulrique Bathilde se remarie, toujours dans le même village en ventôse an 6 (février 1798) à François Jean Pajot de La Varenne ; elle a 17 ans. Elle meurt en prairial an 7 (mai 1799), juste après ses 19 ans et la naissance d’une fille, qui ne vivra pas.

À une date inconnue, certainement pendant la révolution, La Bertinière et son épouse publient ensemble deux chansons, imprimées par Boulard à Paris. Le recueil comprend la « Chanson du citoyen Allain-Labertinière » et la « Chanson de la citoyenne Allain, femme Labertinière, aux défenseurs de la patrie, au nom des femmes » qui comprend les vers suivants : « Jurons fidélité aux valeureux défenseurs // Eux seuls peuvent prétendre conquérir nos cœurs ». Pour l’historienne américaine Suzanne Desan, l’œuvre s’inscrit dans une série de réunions de clubs, de Nantes à Nîmes, où des jeunes femmes s'engageaient à fuir les aristocrates et à n'offrir leur cœur qu'aux républicains et aux soldats.

Les époux La Bertinière vendent, en ventôse an 9 (mars 1801) le domaine de Polangis à Nicolas Charles Marie Oudinot (1767-1847), général, futur maréchal et duc de Reggio. Ils s’installent ensuite à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise) et s’occupent de leur propriété de l’Allier, où La Bertinière introduit la culture de la betterave sucrière.

Il meurt le 28 septembre 1823 dans sa demeure de Sept-Fons, à Diou. Il est âgé de 73 ans. Faute d’héritier direct, sa nièce Louise Caroline hérite de la propriété de sa maison du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Morte en juin 1834 à Pontoise, Anne Geneviève Allain de la Bertinière fait un legs au bureau de bienfaisance de la ville.

Ancienne abbaye de Sept-Fons à Diou (Allier) - Wikipédia

 

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 00:01

Le nom de « Polangis » désigne un territoire, actuellement situé sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), qui a relevé successivement de la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis de celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés avant d’être rattaché aux deux villes de Joinville (anciennement La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur jusqu’en 1831) et Champigny.

Le nom a connu diverses formes mentionnées dans les textes anciens : Poleng, Poulange, Poulangis… L’abbé Lebeuf, historien du diocèse de Paris, le relie au nom du pont sur la rivière Marne (actuel pont de Joinville), dont l’appellation ancienne était Pons Olini en latin, ou Pont Olins. Lebeuf traduit Pouleng par « champ cultivé dans un creux. »

Il est possible également de rechercher une hypothèse latine, notamment le substantif bas latin pullamen qui désigne un jeune animal, et particulièrement un poulain. Plusieurs noms de lieux sont apparentés, comme Poulangy (Haute-Marne), Poligny (Jura) ou Polminhac (Cantal) et peuvent éventuellement être reliés à cette racine.

La base Mérimée, du ministère de la culture, assure que le manoir de Polangis est attesté en 1207. Un château, comprenant également une chapelle, un parc et la ferme, est construit au début du 18e siècle puis agrandi à la fin de la même période. Il est détruit en 1904, le terrain étant loti.

Plusieurs des propriétaires du château de Polangis ont joué un rôle significatif dans l’histoire locale, voire dans l’histoire nationale. Quatre d’entre eux ont d’ailleurs donné leurs noms à des voies de la commune de Joinville (Chapsal, Courtin, Jamin et Oudinot). L’avenue du Parc garde le souvenir du domaine, mentionné aussi dans le boulevard de Polangis (partagé entre Joinville et Champigny) et la quai de Polangis, dans la première cité.

Nous examinerons dans de prochains articles ce qu’il est possible de savoir sur la trentaine de personnes, actuellement identifiées, parmi les propriétaires dudit domaine, en commençant par Jean Valton (Jehan Valleton) en 1482.

Polangis dans la carde l'abbé Delavigne, 1740

 

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2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 00:01

Jules Florentin Royer naît le 30 mars 1842 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Flore Charbonnet et de son époux Félix Eugène Royer. Ils vivent rue L’Évêque (act. rue Boissy-d’Anglas Paris 8e arr.) et son père est coutelier.

En 1858, il fréquente l’atelier de Tissier, professeur d'architecture, situé rue des Fossés du Temple à Paris (act. rue Amelot, 11e arr.) et réside alors rue Léon à La Chapelle-Saint-Denis (act. Paris, 18e arr.). Il réussit le concours d’entrée et intègre, en novembre 1859, l’École des Beaux-Arts de Paris.

Installé comme architecte boulevard du Prince-Eugène (act. bd Voltaire, Paris 11e arr.), Jules Royer épouse Marie Thonille Rigoulot, fille d’un entrepreneur de menuiserie parisien. Tout en maintenant son activité principale et sa résidence à Paris, Jules Royer acquiert une propriété dans le nouveau quartier de Palissy, sur la rive gauche de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils y résident principalement l’été et leur fille y naît en octobre 1871, peu après que les troupes d’occupation allemandes ont quitté la cité. Probablement c’est lui le Royer qui est en 1868 membre répartiteur du bureau de bienfaisance de Joinville.

Employé comme vérificateur au service permanent d'architecture de la Ville de Paris, Jules Royer devient en février 1892 réviseur des travaux d’architecture de la ville. À partir de 1896, Royer installe son bureau personnel à Joinville, avenue du Château (act. av. Foch).

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville, trois listes se présentent. Les radicaux-socialistes soutiennent le maire sortant, Eugène-Voisin ; les socialistes révolutionnaires présentent une candidature incomplète ; et une partie des sortants ayant rompu avec le maire, ainsi que les conservateurs, constituent le troisième pôle. Jules Royer figure parmi les candidats, étiquetés comme nationalistes.

Au premier tour, la liste radicale de Voisin obtient 50,2% des suffrages exprimés et 15 sièges, la droite suivant avec 31,9% tandis que les socialistes sont à 14,9%. Les radicaux récupèrent sept des huit siège en ballotage, en laissant un à la droite. Royer a recueilli 337 voix, soit 30,1% ; il n’est pas élu. Le maire Eugène-Voisin est réélu.

Jules Florentin Royer meurt le 24 octobre 1909 à Joinville. En janvier de cette même année 1909, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants. Son fils aîné Félix est aussi architecte à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Le cadet, Jules, est dessinateur.

Certificat d’admission de Jules Royer à l’École des Beaux-Arts de Paris (coll. INHA)

 

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