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23 juillet 2023 7 23 /07 /juillet /2023 01:01

Antoine Démont naît le 16 nivôse an 10 (6 janvier 1802) à Villié (act. Villié-Morgon, Rhône). Il est le fils d’Anne Cholet et de son époux Antoine Demont.

Après avoir perdu sa mère assez jeune, sans doute quand il avait huit ans, il vit avec son père, qui était probablement vigneron, à Corcelles (act. Corcelles-en-Beaujolais, Rhône).

Il fait un tour de France en tant que compagnon charpentier en 1829. À partir de septembre, il réside dans un hôtel garni à Paris (12e arr.), rue du faubourg Saint-Martin, haut lieu des métiers du bois dans la capitale.

En novembre 1829 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), Antoine Démont épouse Henriette Apolline Destouches. Elle est la fille de Louis Destouches (1760-1850), limonadier et marchand de vin, conseiller municipal de la commune de 1818 à 1843. Ce sont d’ailleurs deux élus locaux qui sont ses témoins, Hippolyte Pinson, menuisier et Jean Marie Molette, instituteur tandis que ceux du mari sont des charpentiers.

Devenu, comme son beau-père, marchand de vin, vit quai Beaubourg (act. quai Pierre-Brossolette). Il s’engage dans la garde nationale de Paris où il est élu en avril 1834 lieutenant du 3e bataillon de la 3e Légion de banlieue, qui couvre la commune de Joinville-le-Pont.

Il semble se séparer de son épouse, puisque celle-ci est recensée seule en 1841 à Joinville alors qu’ils l’étaient tous les deux en 1836. Le divorce, institué pendant la période révolutionnaire, avait été supprimé sous la Restauration.

Présenté comme nouvel entrant, Démont rejoint la 2e Compagnie de chasseurs de la Garde nationale, qui est basée à Saint-Maur. Il est élu sous-lieutenant en mars 1846, Hacar étant capitaine. En avril 1852, il est lieutenant dans la 4e compagnie du 4e bataillon.

En matière professionnelle, Démont a repris son métier de charpentier. Profitant de l’élan donné à la formation de coopératives depuis la révolution de février 1848, et malgré la persistance de la loi Le Chapelier qui empêchait en principe les coalitions professionnelles, va être à l’initiative de ce que la presse décrit comme un « curieux essai d’association entre patrons et ouvriers ». Il rassemble les patrons et ouvriers charpentiers des villages de Joinville-le-Pont, Saint-Maur, Saint-Maurice pour soumissionner pour les travaux publics, et notamment ceux du canal latéral à la Marne. Le Moniteur industriel remarque qu’un décret récent permettait ces groupements, et qu’on avait également vu une société de 6000 ouvriers et 60 patrons soumissionner pour les travaux du chemin de fer de Paris à Lyon.

Outre son activité d’entrepreneur de bâtiment rue du Port-Créteil, à Saint-Maur, Antoine Démont installe sur la Marne, à Joinville-le-Pont, un bateau-lavoir. En juillet 1854, il s’y trouve quand il aperçoit un canot, chargé de huit personnes, emporté vers le barrage. Il plonge et le ramène vers le rivage. Mais en en descendant, une des passagères tombe à l’eau ; un de ses compagnons qui tente de la secourir, mais ils sont tous deux entraînés par la violence du courant. Démont les ramène cependant l'un et l'autre. Cependant, quelques instants à peine ensuite, un palefrenier tombe lui aussi dans la rivière en faisant baigner deux chevaux. Démont le sauve, puis rattrape également les deux animaux. Plusieurs journaux de la presse parisienne, mais aussi de province, rendent compte de ses exploits et soulignent qu’il reçut les applaudissements de nombreux spectateurs.

Un décret le désigne, en août 1865, en tant que conseiller municipal de Saint-Maur. Il exerce le mandat jusqu’en 1870.

Antoine Démont meurt le 23 juin 1875 à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil. Il était âgé de 73 ans. Peut-être était-il père d’une fille.

Le canal à Joinville-le-Pont en 1856

 

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17 juin 2023 6 17 /06 /juin /2023 01:01

Suite de la biographie d’Albert Kownacki

Le professeur de biologie, publiciste et dirigeant de l’Association philotechnique, société d’éducation populaire, Albert Kownacki exprime en octobre 1907 son opinion sur l’utilité de l’enseignement philotechnique : « donner au jeune homme une éducation plus complète, plus coûteuse par conséquent. Le courage, le labeur incessant ne suffisent pas, il faut le travail aidé du savoir ». Il analyse que si, « Aux États-Unis, les fabricants disent que s'ils peuvent lutter contre l'Europe avec des salaires deux fois plus élevés, c'est que leurs ouvriers plus instruits travaillent plus vite, mieux et savent tirer meilleur parti des machines ». Il considère que cette « influence prépondérante de l'instruction sur la puissance de production apparaît partout et en tout temps ». Il prend un exemple : « dès le XVIIIe siècle, l'Écossais, naguère pauvre et ignorant, l'emportait sur l'Anglais dans toutes les carrières parce que le Parlement d'Édimbourg avait doté le pays d'un enseignement public. »

Ses conférences, en 1907, sont toujours extrêmement centrées sur Herbert Spencer et sa sociologie : la conservation de l’espèce, l’évolution de la famille, les institutions cérémonielles, la genèse des institutions politiques, la religion, la morale évolutionniste… En mai, il aborde cependant un sujet décalé : La transmission de la pensée, à partir d’un cas de télépsychie. Il ose, pour sa conférence d’ouverture des cours, en octobre, un titre provocateur : « Ici on forme des lâches. »

Le père d’Albert Kownacki, Joseph, qui était venu les rejoindre à Joinville-le-Pont, meurt à l’âge inhabituel de 101 ans en janvier 1908. Il est célébré par la communauté polonaise émigrée en France comme le dernier officier survivant de l’insurrection contre les russes en 1830. La même année, Kownacki devient président de l’association philotechnique de Joinville. Il est également fondateur et président des associations philotechnique de Vitry et de La Varenne, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Au long de ses cours, le fils poursuit en 1908 son regard sur l’œuvre du sociologue anglais Herbert Spencer, développant l’approche morale : égoïsme, altruisme, vie individuelle. Puis, après avoir causé en mai sur L’idée de justice à travers les âges, et avoir établi en octobre que La Terre est la seule planète habitable, il entame un nouveau cycle consacré à Karl Marx et au Capital à partir de décembre. Il poursuit à partir du même matériau en 1909.

La villa des Kownacki, dans le quartier de Palissy, est inondée pendant les crues séculaires de la Marne entre janvier et mars 1910. Cependant, Kownacki refuse de demander une indemnisation. Au contraire, il participe à l’organisation d’une Loterie lancée par le docteur Chéhadé Charles Zalta en faveur des sinistrés ; il prononce une allocution lors du versement des aides aux sinistrés.

La même année 1910, Albert Kownacki publie une Histoire de douze ans (1898-1910), consacrée à l’expérience de La Coopération des idées, une université populaire implantée faubourg Saint-Antoine à Paris (11e arr.). Ses conférences de l’année, dont le rythme semble fléchir, s’intéressent à Auguste Comte et au positivisme. Mais il persiste à communiquer aussi sur la cosmologie, entretenant les auditeurs de la Coopération des Idées, qui devient le lieu principal de son enseignement, de La fin du monde d'après la science.

Il consacre un autre livre, en 1911, à Jules Ferry et l’enseignement populaire. Ses premiers cours de l’année, en automne, sont sur Le Pragmatisme, de William James, Bergson et Le régime des eaux dans le bassin de la Seine. À partir de novembre, il entame une série consacrée au corps humain. Il s’interroge en décembre que Comment on se meut.

L’approche du corps humain par Kownacki se poursuit en 1912 : travail, fatigue, repos en janvier, apport des aliments et de l’air en mars, dépuration et protection en avril, transmission des informations en mai, direction et contrôle du cerveau en juin. Mais il n’oublie pas les techniques, évoquant en mai Les grands paquebots et la sécurité des voyageurs.

Les interventions de Kownacki en 1913 se font toutes à l’université populaire du Faubourg Saint-Antoine, nouvelle appellation de la Coopération des Idées. Son programme comporte huit séances consacrées à la philosophie de Bergson : la vie consciente, déterminisme et problème de la liberté, représentation du monde et système nerveux, matière et mémoire, mémoire et cerveau, mémoire et esprit, union de l’âme au corps.

Il démarre en décembre une deuxième série de son enseignement bergsonien par l’Évolution créatrice. Elle continue en mai et juin 1914.

Albert Kownacki est hospitalisé en septembre 1914 pendant trois semaines « en vue d’une opération grave. »

À la suite de cette détérioration de son état de santé, il poursuit son activité associative, mais ne donne plus que rarement de cours ni de conférences – sauf, à une occasion, en juin 1920 sur Les maladies du langage et de la personnalité pour L'Émancipation de Vincennes.

Il vit depuis au moins 1926 et toujours en 1936 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Victor-Hugo, à l’hospice Lenoir-Jousserand, un établissement desservi par des employés laïques, ce qui était encore rare dans les organismes hospitaliers. S’il n’a plus d’activités physiques, il conserve cependant certaines responsabilités et correspond probablement avec ses interlocuteurs. Il organise ainsi en novembre 1927 les 25 ans de la société d’éducation populaire joinvillaise.

Il est présent, jusqu’en juillet 1934, aux manifestations organisées dans les écoles de Joinville. Cette année-là, Kownacki est toujours vice-président de l’Union des philotechniques, fondée en 1901, alors présidée par Paul Strauss, ancien ministre et président du sénat.

Devenu membre titulaire de la Société astronomique de France en mai 1934, Albert Kownacki, s'inscrit comme membre perpétuel de cette association en 1941. Il est alors âgé de 90 ans.

Selon les tables de succession des archives départementales du Val-de-Marne, Albert Kownacki est mort le 8 décembre 1944 à Saint Mandé. Il était âgé de 94 ans et père de trois enfants ; ses deux filles, Gabrielle et Marthe Kownacka, furent artistes peintres, comme leur mère et leur grand-père. Son fils Marcel fut deux fois blessé et fait prisonnier pendant la première guerre mondiale, où il obtint la Croix de guerre et la Médaille militaire. 

Décoré des médailles de bronze (1888), d’argent (1906) et de vermeil de l’instruction des adultes, Kownacki avait obtenu les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1888 et officier de l’instruction publique en juillet 1896. Il était titulaire du Mérite agricole et avait été fait, en juillet 1914, chevalier de la Légion d’honneur.

Fin

Bulletin de l'union des associations philotechniques de 1934. Albert Kownacki en est alors vice-président

 

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15 juin 2023 4 15 /06 /juin /2023 01:01

Suite de la biographie d’Albert Kownacki

La part la plus importante de l’engagement public du professeur Albert Kownacki est son engagement dans l’éducation populaire.  

À parti de 1881, il s’implique dans l'Association Philotechnique où il assure un enseignement gratuit pour adultes comme professeur et conférencier. En novembre 1881, il cause sur « Comment on arrive » au lycée Fontanes de Paris. En janvier 1882, son thème d’intervention est l'Origine de l'homme. Il développe en mars 1883 les principes de l'éducation intégrale. Au lycée Charlemagne, en février 1888, on l’entend sur La dernière catastrophe.

Devant la section des sciences économiques et sociales du Comité des travaux historiques et scientifiques de Paris, en juin 1887, Kownacki présente une contribution sur les effets de l’enseignement professionnel et technique donné par l'Association philotechnique au point de vue de l'économie politique. Créée en 1848, l’association connait depuis 1870 un grand développement avec 10 000 auditeurs dans ses 330 cours donnés dans 22 sections. Kownacki que le programme « cherche à se plier aux besoins, aux exigences de l'industrie et du commerce contemporains ». Aux cours commerciaux qu’elle délivrait à l’origine, elle a adjoint l’horlogerie, la menuiserie, le travail des métaux, l'électricité, la reliure. Faute de professeurs, elle n'a pu établir un enseignement de pâtisserie, mais par contre elle a réussi à créer un cours d'arabe. Depuis 1870, des femmes ont été admises parmi les auditeurs et parmi les professeurs.

Au sein de l’École de sociologie de la rue Cadet, il traite, en 1888 de l'Évolution de la morale puis de la morale évolutionniste en avril, de l'Évolution organique et de la morale en mai. Le même mois, il poursuit sur les sentiments égoïstes et altruistes, En juin, il se consacre aux conceptions primitives.

En juillet 1889, Kownacki est élu au bureau de l’association, présidé par Ed. Jacques, président du Conseil général de la Seine. Il en devient secrétaire l’année suivante, sous la présidence de Jules Ferry. Avec l’ancien ministre de l’éducation Léon Bourgeois, Kownacki prononce le discours d'ouverture des cours en décembre 1893. Il devient secrétaire général en juillet 1896, Ferdinand Buisson étant devenu le président. Puis il est désigné l’année suivante comme vice-président, toujours avec le même.

On retrouve des conférences de Kownacki en octobre 1892 au lycée Charlemagne sur L'œil et la vision. Il discourt en avril 1894 à propos d’une femme poète : Simone Arnaud. En octobre 1896, à l'école communale de la rue de Belzunce (10e arr.), il parle de L'Art de prolonger la vie.

Le Féminisme est un thème qu’il traite dans une autre école, celle de la rue La Vieuville (18e arr.) en mars 1898 ; l’annonce précise que « Les dames sont invitées » à l’invitation de la Société républicaine des Conférences populaires. Kownacki examine d’abord les raisons économiques qui sont selon lui la « cause première du mouvement féministe : l'homme détenteur de tous les avantages sociaux forçant la femme à une sorte de lutte pour la concurrence sur le marché du travail ». Postulant que « Tout ce qui est juste finit par triompher », Kownacki « déduit du passé oppresseur la justesse et la justice des revendications féminines et sa déduction de l'avenir est que les deux pôles humains reposeront un jour sur l'assise de droits équivalents et d'égalité fraternelle ». Pour y arriver, il « exhorte les femmes à évoluer sans heurts, méthodiquement ». Il remarque que « Trois États de l'Amérique du Nord ont accordé aux femmes leurs droits politiques. Il y est déjà reconnu qu'elles les exercent avec un grand discernement ». Pour lui, « la femme est appelée par la force des choses à triompher sur le terrain politique, comme sur le terrain économique ». Il qualifie « d'infâme trafic » les mariages d'argent et conclut en citant le dirigeant social-démocrate allemand August Bebel « La femme jouira dans la société future des mêmes droits et des mêmes avantages que les hommes ». Il reprendra ce thème en septembre 1900, à l’occasion d’un congrès féministe, devant L'Égalité, université populaire du 7e arrondissement.

Parmi les nouveaux sujets qu’il aborde au tournant du siècle figure Matière brute et matière vivante en novembre 1900 et L'Origine des espèces un mois plus tard. Au début du 20e siècle, il évoque Les Origines de la civilisation en février 1901 puis la Civilisation primitive, morale et religieuse en mars. Il se consacre, avec des projections, à L'Homme primitif en avril. En mai, il s’intéresse à une Tournée d'inspection dans les couvents de Camaldules par un général de l'ordre, une très ancienne congrégation religieuse catholique bénédictine, disparue au 18e siècle. En octobre, Kownacki parle de La Maladie des mystiques. Il interroge, le mois suivant : Peut-on démontrer la vérité ? Puis, pour clôturer l’année, en décembre à Vincennes expose L'art d'arriver au vrai.

C’est accompagné de pièces anatomiques que, de nouveau à Vincennes, on retrouve le professeur de biologie venant parler du Squelette en janvier 1902. Il se consacre ensuite aux questions religieuses, avec Un autodafé au dix-septième siècle le même mois à Paris (11e arr.) puis L’Inquisition en février, de retour à Vincennes. Il étudie le linceul du Christ en juin. La biologie revient au premier rang avec Le cerveau et la pensée ainsi que La physiologie et la question sociale et Le mécanisme de la pensée en mai. En juin, Les maladies du langage et de la personnalité, puis en juillet Le cerveau et ses fonctions et en août Les maladies de la mémoire et du langage sont à son programme. En octobre, il examine L’inconscient et le spiritisme, un mois plus tard La folie et l’éducation. Les sciences de la Terre concernent Kownacki aussi, comme Les volcans et la constitution du globe en août.

L’association philotechnique de Joinville-le-Pont est créée en 1902. Elle inaugure ses cours le 22 novembre en présence du député radical Adolphe Maujan. Kownacki en confie la présidence à Henri Vel-Durand, conseiller d’arrondissement également radical. Kownacki a quitté sa fonction de vice-président de l’association-sœur de Paris et est devenu délégué de la Ligue de l’enseignement. Il prononce, chaque année en novembre, les discours d’ouvertures des cours, qui sont accompagnés d’une partie musicale, avec des élèves des cours de musique. Les élèves de la société d’enseignement populaire installée à Joinville participent à ces manifestations, notamment en jouant de la musique, sous la direction de Louise Allaire.

Au cours de l’année 1903, les thèmes politiques et philosophiques sont mis au premier plan. En janvier, Kownacki discute de La liberté, d’après Stuart Mill puis en mars L’individu contre l’État de Herbert Spencer. Il aborde la Question d'Alsace-Lorraine en mars et les Deux Républiques en avril puis Comment on est devenu transformiste. Démocratie et parlementarisme est à l’ordre du jour en mai puis La révolte de l’homme en septembre. L’intolérance à travers l’histoire est son sujet d’octobre. L’astronomie en images est au programme de novembre autour des Étoiles filantes. Les deux thèmes se retrouvent en décembre, encore avec des illustrations, pour Histoire du calendrier.

Pour l’an 1904, philosophie, économie et politique montrent la diversité des centres d’intérêt de Kownacki. Il organise d’abord en janvier un débat autour de Deux années d'action républicaine (1902-1903). Il discute ensuite ce même mois Les conseils d’un milliardaire, M. Andrew Carnegie. Puis il profite de son centenaire pour exposer la philosophie de Kant en février, avant d’examiner l’idéal américain d’après le président Roosevelt en mai. L’Hygiène humane l’occupe en octobre, puis il revient à la philosophie d’Herbert Spencer (l’inconnaissable) et à Darwin en novembre (les origines des espèces).

Les conférences d’Albert Kownacki en 1905 vont mélanger les questions biologiques et astronomiques. Il débute par La planète Mars en janvier, enchaîne L'air et la vie, se consacrant surtout à Herbert Spencer : philosophie, principes de biologie, développement de l’intelligence, psychologie, métaphysique, religion… L’œuvre du théoricien du darwinisme social (1820-1903) nourrit de très nombreuses séances dans les universités populaires, comme la Coopération des Idées ou l’Aube sociale.

À suivre

Joseph Kownacki, père d'Albert, officier polonais émigré et centenaire

 

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13 juin 2023 2 13 /06 /juin /2023 01:01

Début de la biographie d’Albert Kownacki

Stanislas Albert Jean Kownacki naît le 6 juin 1850 à Noyon (Oise). Il est le septième enfant d’Alexandrine Bullet et de son époux Joseph Kownacki. Son père, jeune officier polonais réfugié en France, a été un des artisans de l’insurrection polonaise contre l’occupation russe en 1830 ; il avait d’abord été ingénieur dans les chemins de fer et était devenu professeur de dessin.

Après avoir vécu à Noyon, Albert Kownacki suit un cours de rhétorique au lycée Charlemagne à Paris (4e arr.). Au cours la guerre franco-allemande de 1870, Kownacki se retrouve enfermé dans la capitale pendant le siège de Paris (20 septembre 1870 – 28 janvier 1871). Âgé de 20 ans, il décide de s’engager dans l’armée, mais le bureau de recrutement de la mairie du quatrième arrondissement refuse sa candidature à cause de sa petite taille (il fait 1 mètre 49) et de son état maladif. Il tente alors de rejoindre la garde nationale, milice supplétive, sans plus de succès. Enfin, il rejoint le Bataillon des jeunes qu’organisait Joachim Durandeau, directeur du journal Le Baccalauréat. Mais le commandant de la place de Paris, le général Louis Jules Trochu s’écria, selon le témoignage de Kownacki : « Il ne manquait plus que cela : jouer aux soldats ! ». Et il refusa l’autorisation de constituer la nouvelle unité et de lui fournir des armes.

Faute de pouvoir combattre, Albert Kownacki passe son baccalauréat à la session de novembre 1870. Il réside en 1877 rue du Petit-Musc, dans le quartier du Marais (4e arr.). L’année suivante, Kownacki devient directeur associé de l'institution Mary, une école privée de Clichy-la-Garenne (Seine, act. Hauts-de-Seine) ; il y vit, rue de Neuilly.

En mars 1877 à Paris (3e arr.), Albert Kownacki, qui vit alors rue du Petit-Musc (4e arr.), épouse Gabrielle Krahnass, artiste peintre qui expose aux salons de Paris sous le nom de Gabrielle Kownacka après l’avoir fait à Poitiers (Vienne) sous son patronyme. Elle est, comme lui, fille d’un officier polonais réfugié en France, François Krahnass, devenu comptable.

Membre de l’Association française pour l’avancement des sciences, Kownacki présente une communication sur les maîtres d’études à son congrès de Montpellier en 1879 et y constitue, l’année suivante une section pédagogique. Il est l’un des principaux orateurs et le secrétaire général du Congrès de l'Éducation et de l'Enseignement qui se tient à Paris en octobre 1879 puis en mars 1880.

Ayant déménagé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), le couple s’installe en 1883 d’abord dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. Avenue du Président-Wilson) puis sur la rive droite, avenue de la Marne. En 1891, la famille retourne à Palissy, rue du 42e de Ligne, où elle restera installée des dizaines d’années.

Kownacki enseigne la biologie en lycée et est notamment chargé du cours de morale à l’École de sociologie à Paris en 1887. Il est connu par ses idées anticléricales. Mais son activité principale est celle de publiciste. Il collabore notamment à des publications à vocation pédagogique : Bien Public, Estafette du Nord, La Science pour tous, Le Journal du lundi, Cahiers de l’Université populaire, Bulletin de l'Association philotechnique, L'Union morale (organe de la ligue française d'éducation).

Il consacre en 1889 un ouvrage au directeur d’une de ces publications, Le Journal du lundi, Émile Baras, journaliste économique, ancien responsable de La Semaine financière, un auteur dont il vantait la probité.

Dans son nouveau territoire de résidence, Albert Kownacki est délégué cantonal de l’Éducation nationale pour la circonscription de Saint-Maur et membre de la commission d’examen du certificat d’études.

Albert Kownacki est affilié à la franc-maçonnerie française. Il donne en février 1883, une Conférence intitulée « La France maçonnique et le gouvernement de la République d'après les cléricaux » pour l’installation des officiers de la loge L'École mutuelle, du Grand-Orient de France. À partir de 1884, il est orateur et surveillant de la loge L'Avant-Garde Maçonnique, dont le temple se situe au siège du Grand-Orient, rue Cadet. Il en est le vénérable en 1886. Il rejoint en 1903 la loge Les Rénovateurs de Clichy, dont le ministre de la guerre, Maurice Berteaux, a été le vénérable.

À suivre

Le premier ouvrage d'Albert Kownacki

 

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9 juin 2023 5 09 /06 /juin /2023 01:01

Marie Émilie Nathalie de Virieu Pupetière naît le 25 décembre 1786 à Paris, dans le quartier de Saint-Sulpice (act. 6e arr.). Les archives reconstituées de l’état-civil de Paris mentionnent les années 1784 et 1787, toujours à la même date, mais les autres sources permettent de confirmer qu’il s’agit bien de 1786. Selon les sources généalogistes (Base Perfit), elle est une ludovicienne, c’est-à-dire une descendante du roi de France Louis IX (Saint-Louis).

Elle est la fille d’Élisabeth Digeon de Monteton et de son époux François Henri comte de Virieu et seigneur de Pupetière.

Son père François-Henri, marquis de Virieu, né en 1754 à Grenoble fut militaire, député de la Noblesse aux états généraux de 1789, fut président de l'Assemblée constituante en 1790. Puis il combattit avec les troupes royalistes. Il mourut lors des combats devant Lyon en octobre 1793.

François-Henri de Virieu

La mère d’Émilie, était fille d’un comte, négociant protestant de Bordeaux, sa ville de naissance en 1760. Elle fut, lors des deux dernières années de vie de celle-ci, dame de compagnie de Madame Sophie, fille de Louis XV et de Marie Leszczyńska (1734-1782). Sous la révolution française, en 1793, elle partit se réfugier en Suisse avec ses deux filles, Stéphanie et Émilie, tandis que leur jeune frère Aymon était confié à sa nourrice à Lyon. Elle eut là-bas une vie miséreuse selon l’historien républicain Louis Blanc (Histoire de la révolution française, 1869), devenant ravaudeuse. Mais lorsqu’elle revint en France, en 1804, elle récupéra une part de sa fortune et put racheter les terres de Pupetière, de Montrevel et du Grand-Lemps (Isère), où elles ’installa et mourut en 1837.

Élisabeth de Virieu

Émilie de Virieu Pupetière épouse, en messidor an 13 (juillet 1805), sans doute à Creys-et-Pusignieu (act. Creys-Mépieu, Isère) Adelphe Édouard Henri Pourroy de Lauberivière, vicomte de Quinsonnas. Cependant, le mariage n’est pas enregistré dans l’état-civil communal. Né en 1774, il est lui aussi, par sa mère, Catherine Claudine de Chaponay, descendant de Saint-Louis. Originaires d’Aragon, d’où ils furent chassés au 16e siècle, les Quinsonnas viennent via le Béarn et font souche en Dauphiné au début du 17e siècle.

Selon Théophile de Lamathière, l’auteur du Panthéon de la Légion d'honneur, « C’est à l’estime dont a toujours joui cette famille illustre, qu’on doit attribuer ce fait rare, que son château de Mérieu a été défendu et gardé pendant la Révolution par des gens du village, et que la plus grande partie des biens de la famille ne furent pas vendus [comme biens nationaux]. » Adelphe de Quinsonas était chevalier de l’ordre de Malte. Agriculteur, il a pris en charge des œuvres de bienfaisance et a fondé à Morestel (Isère) une communauté de sœurs qui élèvent les enfants et soignent les malades.

Émilie, vicomtesse de Quinsonnas, vit en région parisienne à la fin du premier Empire. Elle possède une résidence à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). En mai 1812, elle commence à faire distribuer des soupes à la Rumford aux indigents de la commune. Inventée par Benjamin Thompson, un américain qui était resté fidèle à la couronne d’Angleterre pendant la guerre d’indépendance et s’était ensuite réfugié en Bavière, la soupe est confectionnée à partir d'orge perlé, de pois, de légumes assaisonnés de bière et de vinaigre. La vicomtesse continue, conjointement avec le comte de Sussy, Jean-Baptiste Collin, alors ministre des Manufactures et du Commerce à faire livrer du pain chaque semaine pour les pauvres des bords de Marne.

Son engagement est aussi politique, contrairement à son mari, qui se consacre aux domaines caritatif et agricole uniquement. Émilie de Quinsonnas est liée à Sosthènes de La Rochefoucauld, un homme politique ultraroyaliste, aide de camp du comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X. Quand La Rochefoucauld entre clandestinement à Paris, en mars 1814, il regroupe des partisans du retour des Bourbons et ils impriment des proclamations en cachette. Parmi les militants légitimistes, trois femmes, la marquise Eugène de Montesquiou, la comtesse Achille du Cayla et la vicomtesse de Quinsonnas. Pour La Rochefoucauld « Mme de Quinsonnas, qu’il suffit de nommer pour peindre le dévouement le plus éprouvé, imagina, en se retirant à pied à minuit, d’en placer un exemplaire entre les planches qui ferment chaque boutique. »

Son parti poursuit une activité sous le règne du roi Louis XVIII, auxquels ils reprochent sa modération. La Rochefoucauld poursuit, jusqu’en 1823 au moins, des échanges épistolaires avec la vicomtesse de Quinsonnas, qui s’est installée au château de Mérieu à Creys.

Elle entretient aussi des relations avec l’écrivain romantique Alphonse de Lamartine (1790-1869), compagnon de jeunesse de son frère Aymon et qui professe aussi, dans les années 1820, des opinions royalistes – il ralliera le camp républicain en 1848. Il lui écrira au sujet d’Émilie : « Elle m'aimait à cause de toi, et je le lui rendais à cause de toi »

Émilie de Quinsonnas meurt le 12 février 1832 dans son château de Mérieu, à Creys-et-Pusignieu. Elle était âgée de 45 ans et mère de cinq enfants. L’un d’eux, Octavien servit dans l’armée russe, notamment dans les guerres contre les Turcs et en Géorgie. Rentré en France en 1822, il fut nommé pair de France. Il créa des établissements de bienfaisance, d’abrod à Moscou, avec un refuge pour les Français ou étrangers malheureux. Sur les terres familiales, il fonda des écoles gratuites pour les enfants des deux sexes et des lits pour les vieillards pauvres à Crémieu (Isère). En Seine-et-Marne, on lui doit une école gratuite pour les garçons à Brie-Comte-Robert.

Blason des Quinsonnas

 

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5 juin 2023 1 05 /06 /juin /2023 01:01

Début de la biographie de Claude Pierre Jacmart

Claude Pierre Jacmart naît le 4 octobre 1781 à Villiers-sur-Marne (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Catherine de La Motte (ou Delamotte) et de son époux, Pierre Noël Jacmart, entrepreneur de bâtiment. Il est l’aîné des 13 enfants du couple, qui vit sans discontinuer à Villiers.

Claude Pierre Jacmart exerce, comme l’a fait son père et plusieurs de ses frères, la profession de marchand de bois. Il est désigné comme adjoint au maire de Villiers, Henri de Saint-Martin, inspecteur de division militaire, fonction dont il demande, en août 1809 à être déchargé dans une lettre au préfet de la Seine-et-Oise « du fait de ses occupations et ses fréquents voyages. »

Continuant à résider à Villiers, il exerce en 1813 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), commune distante de 6 kilomètres de Villiers qui sera renommée Joinville-le-Pont en 1831. Le village est alors un port important pour le flottage du bois.

Son père vit à Paris à sa mort en mai 1815. Claude Pierre Jacmart assume alors la responsabilité de la famille. Il est nommé, en remplacement de Saint-Martin, maire de Villiers en 1815.

Il exerce la fonction pendant deux mois, succédant à Saint-Martin. Pendant les Cent-Jours, après le retour au pouvoir de Napoléon Ier, un décret du 20 avril 1815 restaure, pour les communes de moins de 5 000 habitants, la loi de décembre 1789, qui prévoit l’élection au suffrage censitaire des maires et des conseillers. Les élections ont lieu en mai. Mais, en juillet, les maires écartés sont rétablis dans leur fonction par l’administration du roi Louis XVIII sous la seconde Restauration. Henri de Saint-Martin reprend alors son poste et l’occupera jusqu’en 1825.

Sa mère meurt en décembre 1816. Il est recensé à Villiers en 1817 avec quatre de ses frères, dont le plus jeune a 14 ans, et une sœur de 18 ans ; ils hébergent également un commis et un domestique. Le formulaire indique qu’il quitte la commune. Il s’installe alors à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur avec une partie de sa fratrie. En mai 1819, il épouse à Pontoise (Seine-et-Oise) Marie Victoire Boissy, fille de marchands de farine et ils résident à Pont-de-Saint-Maur.

La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur a été érigée en commune en 1790, à partir d’un village dépendant de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés. Elle est incluse dans l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine et compte 418 habitants en 1820.

Depuis la Restauration, la vie politique municipale est agitée avec cinq maires en quatre ans. Après la mort de Laurent François Pinson, marchand de bois, en 1814, la succession est assurée par Mathurin Lemaire, commerçant Jacques-Roch Vingdlet, carrier Jean Baptiste Louis Besançon, traiteur puis l’avocat Jean Joseph Robin qui est installé en avril 1818.

Un fonctionnaire de la préfecture de la Seine demande, en juin cette même année, le remplacement de deux membres du conseil municipal, René Neveu, adjoint en fonction et Pierre Alexandre, ancien adjoint, du fait de la « négligence avec laquelle la commune de La Branche du Pont de Saint-Maur était administrée ». En août, Claude Pierre Jacmart est nommé adjoint au maire en remplacement de René Neveu, son expérience administrative semblant avoir prévalu sur son ancienne allégeance au régime bonapartiste.

Mentionnant son mauvais état de santé, Jean Joseph Robin envoie, en septembre 1821 sa démission au sous-préfet de l’arrondissement. Ce dernier prend alors un arrêté désignant Claude Pierre Jacmart pour exercer la fonction de maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, mentionnant qu’il est marié, a deux enfants et dispose d’une fortune de 3 000 francs, ce qui lui permet d’être électeur dans le dispositif du suffrage censitaire. Laurent Nicolas Pinson, fils de l’ancien maire Laurent François Pinson, devient adjoint au maire en octobre 1821, tandis que son cousin, Charles Hippolyte Pinson, menuisier, rentre au conseil municipal en janvier 1827.

Le rôle des maires fait question sous la Restauration. Lors d’un débat au parlement en 1818, le ministre de l’Intérieur Joseph-Henri-Joachim Lainé, qui appartient au parti des ultras, défend la conception du maire en tant que fonctionnaire, chef de localité. Face à lui, le chef de file des libéraux, François Guizot, considère qu’il s’agit d’un notable, porte-parole qu’il faut choisir parmi les conseillers municipaux élus au suffrage censitaire.

Lorsque Claude Pierre Jacmart entame son mandat, les parcelles du territoire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, séparées par la Marne, ne sont plus reliées par un pont. La rive gauche, qui comprend notamment la ferme et château de Polangis est séparée du bourg, depuis la destruction, le 30 mars 1814, du pont de Saint-Maur lors des combats avec armées d’Autriche, du Wurtemberg et les cosaques de Russie.

Les travaux de reconstruction du pont constituent l’élément marquant du début de la mandature de Claude Jacmart. En 1822, on entame la restauration de cinq des sept arches du pont. À l’achèvement de celle-ci, en 1824, le dernier moulin à grains du pont est démoli.

Entre 1826 et 1835, le pont est reconstruit sous la direction de l’ingénieur Alphonse Baude (qui construira en 1840 avec Victor Lenoir la gare de l’Ouest à Paris, future gare Montparnasse). Le nouveau pont, qui fait 436 mètres de long, comporte trois arches sur le petit bras de la Marne, deux sur l'île Fanac et six sur le grand bras.

La réouverture du pont va permettre un développement démographique de la commune. La population du village passe à 584 habitants en 1831.

À suivre

Signature de C. P. Jacmart

 

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24 mai 2023 3 24 /05 /mai /2023 01:01

Suite de la biographie de Joseph Routier

Joseph Timoléon Routier de Bullemont ayant choisi de s’appeler dorénavant Joseph Routier, un choix qu’il justifiera ensuite par son engagement républicain s’installe avec son épouse (selon le droit américain), Léonide, à proximité de Sacramento, capitale de la Californie.

Il doit devenir l’intendant du vaste domaine appartenant au capitaine Joseph Folsom, appelé Paterson, d’environ 6 lieues carrées, soit près de 140 km². Ce dernier fit partie des premiers militaires états-uniens venus s’installer dans le nouveau territoire des États-Unis, en 1846. La Californie a été annexée suite après la guerre américano-mexicaine de 1845. Elle devient, en 1850, le 31e État de l’Union. Le nom de Folsom a été donné à la ville qu’il avait fondée sous le nom de Granite, à proximité de son exploitation.

Joseph Routier doit planter et entretenir une vigne et un verger. Cependant, les premières plantations ne peuvent être faites, les semences transportées par bateau ayant pourri. Folsom meurt en juillet 1856. Il reste cependant sur place, reprenant la gestion et, en 1863, la propriété d’une partie du domaine.

Il exploite une ferme, baptisée Rancho Rio de los Americanos, située sur la rive sud de l’American river, de près de 90 hectares, dont une quarantaine en vigne et autant en verger, une vingtaine d’hectares étant consacrés à l’élevage. Il cultive notamment des prunes, amandes, pêches, abricots et oranges. Ses vignes sont constituées à partir d’un cépage de Tokay. Son vin acquiert une grande réputation.

En 1858, Joseph Routier est inscrit sur les listes d’immigration du comté de Sacramento. En juillet 1859, il est inscrit sur les listes électorales. Une cérémonie religieuse de mariage de Charles Marie Joseph Timoléon Routier de Bullemont avec Léonide Jadin est célébrée dans l’église catholique de Sacramento en novembre 1863. Cette dernière est toujours légalement mariée en France.

En 1871, la ligne de chemin de fer Sacramento Valley Railroad ouvre une gare à proximité du domaine des Routier sur la ligne secondaire reliant Sacramento à Folsom. Elle prend le nom de Routier station ; un bureau de poste attenant, installé en 1887, se nomme également Routier postoffice, et le village qui se développe prend lui aussi la dénomination de Routier, comptant environ 75 familles installées dans les années 1890.

La desserte ferroviaire, après la fin de la guerre de Sécession, va favoriser le développement de la ferme. Une conserverie de fruits est installée en 1876. Les améliorations apportées aux fruits, notamment les prunes et les pêches, sont remarquées dans les journaux professionnels. Il obtient une médaille d’or en 1886 lors de l’exposition de la Citrus Fair Association de Sacramento.

Sa prospérité étant établie, Joseph Routier prend part aux affaires publiques. Il est une des personnalités de la communauté française de Californie. Il est ainsi, en 1870, président du comité constitué à Sacramento pour soutenir l’effort de guerre français. Après la défaite devant l’armée allemande, il reste vice-président du comité qui tient une réunion, en août 1871 dans la capitale californienne. La presse parisienne publie une de ses résolutions : « Nous, citoyens Français-Américains de Californie, félicitons cordialement la France du choix qu'elle a fait pour Président de la République française de M: A. Thiers, qui s'est montré son ami vrai en adoptant une ligne de politique ferme et droite, et qui ne froisse ni les susceptibilités des partis politiques ni les grands intérêts des puissances européennes; Nous félicitons le peuple français des sages réformes de l'instruction publique et de la nouvelle loi militaire, .qui sont les seules; et les plus solides bases de la régénération de la France et du respect dû à sa forme républicaine de gouvernement ». En 1872, le même comité lance une autre souscription pour la « libération du territoire », à savoir l’Alsace-Lorraine, incluse dans l’empire allemand.

Selon le témoignage de sa femme, Joseph Routier, après avoir appris la fin du régime de Napoléon III, aurait envisagé de se rendre en France. Une dépêche télégraphique envoyée début 1871 par pigeon voyageur à Paris (alors assiégée par les forces coalisées autour de la Prusse) depuis Saint-Bonnet (probablement Saint-Bonnet-de-Joux, Saône-et-Loire) à son frère Lucien, secrétaire général de la préfecture de police, mentionne « oncle inquiet sur Timoléon ». Il est peut-être fait référence à un projet de retour. Il ne serait cependant jamais revenu d’après son épouse.

L’instauration de la troisième République va permettre la restauration du droit de divorce, aboli en France le 8 mai 1816, puis rétabli par une loi du 27 juillet 1884. Léonide Jadin obtient un jugement du tribunal civil de la Seine rompant son union d’avec qu’André Borel d’Hauterive en juillet 1888 ; elle avait vécu, pendant 35 ans, dans une situation de polyandrie.

Au cours des années 1870, Joseph Routier s’engage dans la vie politique californienne. Il est d’abord juge de paix du Township de Brighton, où se situe sa résidence. En 1877, il est élu membre de l’assemblée législative de l’État qui tient sa 22e session ordinaire. Il figurait sur la liste du parti républicain. C’est avec la même étiquette qu’il est élu en 1882 membre du Sénat de Californie, où il siège jusqu’en 1886. Lorsqu’il finit son mandat, il devient président de la commission de la pêche et de la chasse, mise en place par le gouverneur. Il a à ce moment quitté la formation conservatrice pour rejoindre le parti démocrate.

L’environnement économique de l’activité viticole se dégrada dans les années 1890, du fait de la montée des ligues antialcooliques et de sécheresses. Joseph Timoléon Routier poursuivit cependant son train de vie assez dispendieux, du fait notamment de l’accueil de visiteurs fréquents, en s’endettant. Il dut céder une partie de son domaine à ses créanciers en 1894, puis le reste en 1897. Il ne conserva alors qu’une maison plus modeste.

Joseph Timoléon Routier de Bullemont fut tué le 5 février 1898 dans un accident, sa calèche ayant été renversées par un écart du cheval au moment où il rentrait dans son domaine le 6 février 1898 à Sacramento. Il était âgé de 72 ans. De nombreux journaux américains, de Boston à la Californie, publièrent des informations nécrologiques. Il en fut de même pour l’hebdomadaire de la communauté américaine à Paris. Il était père de trois enfants, issus de son deuxième mariage, dont deux moururent jeune ; son fils George était décédé en 1888 sur le domaine à 29 ans, après avoir eu deux descendants, fille et garçon.

Les lieux environnants le domaine continuèrent à porter le nom de Routier : le village, la poste, la gare. Au 21e siècle, l’ensemble est inclus dans l’agglomération de Sacramento ; une voie, Routier road, longue de 2 300 mètres, parcourt la ville à proximité de l’ancienne résidence.

Plusieurs des frères de Bullemont ont joué un rôle significatif en France ou en Belgique. L’aîné, Lucien (1822-1904) fut secrétaire général de la préfecture de police de Paris ; il épousa Louise Charlotte Jadin, sœur de la seconde épouse de Joseph. Emmanuel (1836-1913) devint membre de la Société royale de botanique de Belgique et auteur de plusieurs ouvrages. Alfred (1840-1872), natif de Belgique, a été critique d’art à Paris. Son neveu, Armand, fut commissaire de Paris à Joinville-le-Pont et Paris.

Fin

La propriété Routier et le chemin de fer

 

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22 mai 2023 1 22 /05 /mai /2023 01:01

Début de la biographie de Joseph Routier

Charles Marie Joseph Timoléon Routier de Bullemont naît le 4 mars 1825 à Tailly (Somme). Il est le fils de Lucie Jenny Joseph Vassel et de son époux Alexandre Annibal Routier de Bullemont. La famille de son père est d’une petite noblesse de Picardie, lui-même étant propriétaire terrien.

La famille sera fort nombreuse, puisqu’elle a compté au moins 15 enfants nés vivants. Ils déménagent fréquemment, d’abord dans la Somme, puis à Paris en 1830 et en Belgique à partir de 1834, dans différentes provinces : d’abord celle de Liège, à Fallais, dans la commune de Braives puis en Flandre, à Anvers en 1840. Les parents s’installeront ensuite dans le Luxembourg belge, où ils procèderont à différents essais agricoles, avant de revenir s’installer en France, dans la Meuse, après la fin de la guerre franco-prussienne.

Pour sa part, Joseph Routier de Bullemont est employé, en 1846, au sein des cristalleries du Val-Saint-Lambert, installées près de Liège, sur le site de l’ancienne abbaye de Seraing.

Il quitte la Belgique pour s’installer, début 1848, à Paris. Il s’inscrit probablement à l’université et prend part à la révolution de 1848, qui renverse, en février, le régime du roi Louis-Philippe.

Son frère aîné, Lucien Routier de Bullemont (1822-1904), employé à la préfecture de police de Paris, est adhérent depuis février 1848 à la Société républicaine centrale, présidée par le dirigeant socialiste Louis-Auguste Blanqui. Il en devient un des orateurs. Cependant, en février 1850, il collabore avec le nouveau préfet de police, Auguste Carlier, pour lequel il rédige une circulaire aux commissaires de police titrée « Le socialisme, c'est la barbarie ».

Pour sa part, Joseph Timoléon Routier de Bullemont assurera être resté fidèle à ses convictions républicaines. Lors de la deuxième phase de la révolution, en juin 1848, il est membre de la Garde mobile, et domicilié dans la caserne de la Grande-Rue-Verte (Paris 8, act. rue de Penthièvre). La classe ouvrière parisienne s’est soulevée contre la suppression des mesures sociales prises par le gouvernement provisoire, et une partie des gardes territoriaux s’est solidarisée avec les insurgés. Il est inculpé pour sa participation à l’insurrection de Juin 1848. Le 30 juillet, la 3e Commission, qui siège en tant que conseil de guerre, décide de le remettre en liberté.

Selon les archives militaires françaises, il est recensé en 1849 pour le service militaire, ayant été omis sur le tableau de recensement de sa classe, en 1845.

Il s’oppose au coup d'État du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, pour se maintenir au pouvoir. Après avoir participé à une assemblée républicaine, rue d’Assas, il est incarcéré à la prison de Mazas, dans la capitale. La résistance, menée par les républicains et soutenue notamment par Victor Schœlcher et Victor Hugo, est un échec. Son frère Lucien lui rend visite dans sa cellule ; il lui conseille de choisir de s’exiler en Amérique pour sortir de prison. Libéré en janvier 1852 sur cette promesse, il obtient du futur empereur Napoléon III l’autorisation de passer neuf mois en Belgique auprès de sa famille avant de traverser l’Atlantique, suite à l’intercession en sa faveur de Léonide Borel d’Hauterive auprès du président de la République, le prince Napoléon. Celle-ci, née Jadin, musicienne, est issue d’une famille d’artistes proches des familles royales depuis plus d’un siècle. Elle est la sœur de Charlotte Louise Jadin, mariée depuis août 1848 à Lucien Routier de Bullemont, frère de Joseph Timoléon. Son mari est un avocat, également historien et éditeur de l’Annuaire de la noblesse.

En attendant son départ pour l’Amérique, Joseph Timoléon Routier de Bullemont épouse Claire Augustine Suleau en août 1852, à Paris (9e arr.). Peut-être est-elle liée à Élysée, vicomte de Suleau (1793-1871), conseiller d’État, préfet, directeur de l’administration des domaines et administrateur de sociétés, sénateur sous le second empire. Cependant, c’est avec Léonide que Joseph Timoléon embarque au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime) le 8 novembre 1852. Ils voyagent jusqu’à San Francisco, via le Cap Horn, un itinéraire de plus de six mois.

Selon le témoignage de Léonide en 1898, un juge ou un officiel, dont elle ne se rappelle plus la fonction exacte, les aurait mariés juste après leur arrivée le 31 mai 1853. À ce moment-là, ils ont tous les deux des époux en France. La femme légitime de Joseph Timoléon, Claire Augustine, meurt à Paris moins d’un mois plus tard, le 22 juin.

À suivre

Joseph Routier

 

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20 mai 2023 6 20 /05 /mai /2023 01:01

Adrienne Louise Léonide Jadin naît le 27 janvier 1816 à Paris (10e arr.). Elle est la fille d’Annette de Molière et de son mari, Adolphe Jadin.

Fils du professeur de chant Georges Jadin, son père est né à Paris en 1794. Il fait une carrière militaire, en tant que capitaine dans l’infanterie, mais mène également, comme bon nombre de membres de sa famille, une activité artistique. Il est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre et de livrets pour des opéras-comiques mis en musique par son père. Il compose également de la musique et publie des articles et poèmes, notamment dans la presse pour enfants ou pour femmes.

En 1830, Adolphe Jadin est membre du conservatoire royal et publie, dans un recueil de Charles Lafillé, Le souvenir des ménestrels, une romance dédiée à Léonide intitulée Plus de bonheur. Au sein du même ouvrage, on trouve une chanson de cette dernière, Le souvenir suppliant, adressée à sa sœur Césarine, avec des paroles de son père. Plusieurs autres œuvres sont attribuées à Léonide, comme La Jouvencelle, ou le Chant chevaleresque. Elle épouse en juillet 1835 à Paris (9e arr.) un avocat, André François Borel d’Hauterive, historien et fondateur de la Revue historique de la noblesse de France.

Léonide Jadin avait été élevée au couvent royal de Versailles. Après des études à Paris, elle enseigna la musique.

Sa sœur cadette, Charlotte Louise, a épousé en août 1848 un employé de la préfecture de police de Paris et orateur régulier de la Société républicaine centrale, présidée par le dirigeant socialiste Louis-Auguste Blanqui, appelé Marie Alexandre Lucien Routier de Bullemont. C’est sans doute par l’intermédiaire de ce dernier qu’elle rencontre Joseph Timoléon Routier de Bullemont, lui aussi républicain engagé, arrêté après l’insurrection de juin 1848.

Il s’oppose au coup d'État du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, pour se maintenir au pouvoir. Après avoir participé à une assemblée républicaine, rue d’Assas, il est incarcéré à la prison de Mazas, dans la capitale. La résistance, menée par les républicains et soutenue notamment par Victor Schœlcher et Victor Hugo, est un échec. Son frère Lucien lui rend visite dans sa cellule ; il lui conseille de choisir de s’exiler en Amérique pour sortir de prison. Libéré en janvier 1852 sur cette promesse, il obtient du futur empereur Napoléon III l’autorisation de passer neuf mois en Belgique auprès de sa famille avant de traverser l’Atlantique, suite à l’intercession en sa faveur de Léonide Jadin, à deux reprises, auprès du président de la République. Elle semble en effet bien introduite à l’Élysée.

Joseph Timoléon Routier de Bullemont épouse Claire Augustine Suleau en août 1852, à Paris (9e arr.). Mais c’était avec Léonide qu’il quitte la France le 8 novembre. Les deux exilés arrivent à San Francisco, le 31 mai 1853, en provenance du Havre et après avoir contourné le Cap Horn. Selon son témoignage, un juge ou un officiel, dont elle ne se rappelle plus la fonction exacte en 1898, les aurait alors mariés juste après leur arrivée. À ce moment-là, ils ont tous les deux des époux en France. La femme légitime de Joseph Timoléon meurt à Paris moins d’un mois plus tard, le 22 juin.

Par républicanisme, assurera-t-il, le fils d’aristocrate adoptera le nom de Joseph Routier pendant tout son séjour en Amérique. Au contraire de son nouveau compagnon, Léonide assure avoir conservé les sentiments royalistes et légitimistes de sa famille.

Immédiatement après leur débarquement, ils s’installent près de Sacramento, capitale de l’État de Californie, où Joseph Routier doit devenir intendant d’une vaste propriété appartenant au capitaine Joseph Folsom, pour y planter et entretenir une vigne et un verger. Les premières plantations ne peuvent être faites, les semences transportées par bateau ayant pourri. Folsom meurt quelques mois plus tard. Joseph Routier reste cependant sur place, reprenant la gestion et, plus tard la propriété du domaine.

Une cérémonie religieuse à Sacramento, en novembre 1863, officialise l’union de Joseph, devenu veuf, avec Léonide, bien qu’elle soit toujours légalement mariée en France. C’est en juillet 1876 qu’André Borel d’Hauterive fait constater, à Paris, la séparation de corps d’avec son épouse. Le divorce, aboli en France par la loi du 8 mai 1816, puis rétabli par une loi du 27 juillet 1884, fait l’objet d’un jugement par le tribunal civil de la Seine en juillet 1888 ; Léonide avait donc vécu, pendant 35 ans, dans une situation de polyandrie.

La famille Routier devient riche, avec la production de vin et de fruits, notamment des prunes et des abricots. Le domaine est souvent cité en exemple dans les publications agricoles. La construction d’une ligne ferroviaire amène une desserte par train, et la gare prend le nom de station Routier, tout comme la poste qui lui est attenante puis le petit village qui se forme. Joseph Routier figure parmi les personnalités éminentes de la communauté française, et Léonide ; elle-même recueille en septembre 1884, notamment parmi les émigrés, une souscription pour les victimes du choléra en France, dont le premier donateur est le gouverneur G. Stoleman.

Joseph Routier s’engage aussi dans la vie politique locale, devenant sénateur de l’État californien au cours des années 1880 avec l’étiquette de Républicain ; après la fin de son mandat, il rejoindra le parti Démocrate.

Au milieu des années 1890, les affaires des Routier périclitent : des sécheresse, et la montée de mouvements antialcooliques les obligent à mettre en vente une partie de leur propriété. À la mort de son mari, survenue en février 1898 à Sacramento après un accident, Léonide, qui ne parle pas l’anglais, assure être sans ressources. Avec l’aide d’amis de son époux, elle peut cependant s’installer dans une demeure plus petite, où elle décède quatre mois plus tard, le 25 juin 1898 à Sacramento.

Elle avait donné naissance à deux enfants pendant son union avec André Borel d’Hauterive : Charles Édouard Edmond (1838-1840) et Jeanne (décédée en 1870). Elle eut ensuite trois enfants de son mariage avec Joseph Routier de Bullemont, dont un seul survécut jusqu’à l’âge adulte, George Louis (1859-1888).

Léonide Routier de Bullemont (coll. Lucie Catlin)

 

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18 mai 2023 4 18 /05 /mai /2023 01:01

Marie Armand Lucien Routier de Bullemont naît le 7 mai 1862 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Élisabeth Alexandrine Rocmont et de Marie Arthur Édouard Routier de Bullemont, alors commis principal à la préfecture de police de Paris. Ses parents se marieront en juillet 1865, toujours à Montrouge.

Un oncle paternel travaille également dans les forces de sécurité parisiennes : Alexandre Routier de Bullemont (1822-1904) sera secrétaire général de la préfecture de police de Paris.

Pour sa part, Armand Routier de Bullemont fait partie des quinze candidats admissibles après les examens pour devenir commissaire de police organisés à Paris en juillet 1885. Il est nommé secrétaire au quartier Saint-Lambert ; il passe dans la même fonction au commissariat du quartier Vivienne en octobre 1887.

C’est en juin 1888 qu’il devient officiellement commissaire de police dans la banlieue. Il rejoint en juillet son poste à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il remplace Charles Wilfrid Carpin. Sa circonscription comprend les communes de Bry-sur-Marne, Champigny, Nogent-sur-Marne et Saint Maur.

En juillet 1891, Routier de Bullemont, est promu en tant que commissaire de police à Paris. Il est remplacé à Joinville par M. Soulliére. Il est affecté au quartier des Ternes (17e arr.). Dans cette fonction, il doit gérer en septembre cette année-là une affaire d'avortement d’une jeune femme, interprète dans un grand magasin de confections du quartier de l'Opéra, droguée puis violée « par une bande de jeunes viveurs » et qui avait, seule, mis fin à sa grossesse dans le lit qu’elle partageait avec sa jeune sœur, âgée de 14 ans. Elle s’était débarrassée du fœtus et avait été dénoncée par une lettre anonyme.

Armand Routier de Bullemont meurt le 15 janvier 1894 à Paris (17e arr.), en fonction de commissaire. Il était âgé de 31 ans et n’était pas marié.

Son père mourut en février 1909 à Bois-Colombes, à 79 ans, après avoir constaté la disparition d’une grosse somme d’argent (9 500 francs). En janvier 1910, sa domestique fut jugée, en compagnie de sa sœur, aux assises de la Seine. Elle fut cependant acquittée, après avoir assuré que la somme était un don du vieillard.

Plusieurs de ses autres oncles paternels ont joué un rôle significatif aux États-Unis, en Belgique et en France. Joseph (1825-1898), d’abord militant républicain en France, deviendra agriculteur en Californie et membre du Sénat de cet État. Emmanuel (1836-1913) fut membre de la Société royale de botanique de Belgique et auteur de plusieurs ouvrages. Alfred (1840-1872), originaire de Belgique, a été critique d’art à Paris.

Le château de Warlus (Somme), demeure de la famille Routier de Bullemont, devenu une maison de la préfecture de police de Paris

 

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