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24 octobre 2025 5 24 /10 /octobre /2025 00:01

Début de la biographie de Pierre Claude Pajol

Claude Pierre Pajot naît le 3 février 1772 à Besançon (Franche-Comté, act. Doubs). Il est le fils de Françoise Élisabeth Nodier et de son époux André Joseph Pajot. Il utilisera ensuite la désignation « Pierre Claude Pajol ». Sa mère, Françoise Élisabeth (1744-1821), est la fille de Joseph Nodier (1695-1776), architecte et entrepreneur du bâtiment. Son frère, Antoine Melchior Nodier fut magistrat pendant la Révolution française et maire de Besançon (1790-1791) ; il a eu comme fils Charles Nodier (1780-1844), académicien français et écrivain romantique, qui est donc le cousin germain de Pierre Claude Pajol.

Du côté paternel, la famille est originaire de Nozeroy (act. Jura). Son arrière-grand-père, Jean Claude Pajot (1676-1752) a été médecin chirurgien et apothicaire ; son grand-père, Charles Léopold Pajot (1714-1748) a exercé la fonction de procureur au Parlement de Besançon, qu’a également obtenu son père André Joseph Pajot (1746-1811), avant de devenir commissaire à la poste aux lettres sous le premier Empire.

Étudiant en droit, il arrive à Paris en avril 1789 et participe au mouvement révolutionnaire en juillet. Participant aux actions dans le quartier Saint-Victor où il habite, il est nommé le 13 juillet sergent d'une compagnie de volontaires et participe le lendemain à la prise de la Bastille. Il retourne dans sa famille fin octobre 1789 et s’engage dans le régiment de la garde nationale de la ville. Il est sergent major de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de volontaires du Doubs en janvier 1792, quand il est nommé officier en tant que sous-lieutenant au 82e régiment d'infanterie.

Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire de Pajol dans la cavalerie légère. Devenu général en mars 1807, il participe à de très nombreuses opérations militaires dans l’armée impériale, notamment aux côtés de Hoche, Marmont, Davout ou Kléber.

En mars 1808 Pierre Pajol épouse Marie Louise Élise Oudinot, la fille d’un autre général, âgée de 17 ans (il en a 36). Ses parents ont acheté, en l’an 9 (1801), le domaine de Polangis (ou Poulangis), vaste ensemble situé sur les bords de Marne, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), mais sur la rive gauche, alors quasiment inhabitée. Nicolas Charles Oudinot et son épouse, Françoise Charlotte née Derlin, dont Marie Louise est l’aînée des sept enfants, décident de lui apporter, en dot, le domaine de Polangis. Il est valorisé dans l’acte notarial 100 000 francs, le mobilier du château valant 20.000 fr. s’y ajoutent et 150.000 fr. en liquide, valeurs et créances. Le patrimoine et les revenus du ménage permettent au général Pajol et à son épouse d’occuper une position brillante au sein de la société impériale. Marie Louise, malgré son jeune âge, est dite être très organisée. Quant au général Pajol, il a d’indéniables talents militaires, auxquels s’ajoutent une vraie culture. Il dispose d’une bibliothèque riche d’ouvrages historiques et philosophiques.

À la fin de l’Empire, en juin 1814, Pajol et sa femme vendent Polangis à André-François Miot (1762-1841). Ancien haut fonctionnaire, devenu ministre des Affaires étrangères en 1794-95, administrateur de la Corse, ministre du royaume de Naples puis intendant de la maison royale d’Espagne. Il venait d’être nommé comte de Mélito et menait désormais une carrière littéraire, notamment comme traducteur du grec ancien.

Le famille Pajol habite désormais Paris d’abord dans le Faubourg Saint-Germain, puis dans les nouveaux quartiers de la Chaussée d’Antin. Avec l’appui d’Oudinot, Pajol retrouve un commandement prestigieux, celui de la division de cavalerie du roi ; lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, en mars 1815, il est nommé pair de France. Après l’abdication de l’empereur suite à la défaite de Waterloo, Pajol est mis à la retraite. Il se lance dans les affaires, exploitant le premier bateau à vapeur à traverser la Manche, puis affecté à une desserte fluviale en Normandie. C’est un échec et son épouse, Marie-Louise, dans l’intérêt de leurs enfants, obtient en juillet 1817, du tribunal de première instance du département de la Seine un jugement de séparation de biens ; Pajol doit alors 120 000 fr. à sa femme.

À suivre

Portrait du général Pajol

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 00:01

Marie Louise Élise Oudinot naît le 21 août 1790 à Bar-le-Duc (act. Meuse). Elle est la fille de François Charlotte Derlin et de son époux Nicolas Charles Oudinot. Elle est l’aînée des sept enfants du couple et son père en aura ultérieurement quatre autres après son remariage.

Son père (1767-1847) ancien sergent dans régiment d’infanterie du Médoc (1784-1787) avait ensuite quitté l’armée, mais il la rejoint comme lieutenant-colonel au 3e bataillon de la Meuse en 1792. Il fera ensuite une très brillante carrière sous la Révolution, le premier Empire comme sous la Restauration ou la monarchie de Juillet. Il est général, maréchal, ministre d’État.

Ses parents ont acheté, en l’an 9 (1801), le domaine de Polangis (ou Poulangis), vaste ensemble situé sur les bords de Marne, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), mais sur la rive gauche, alors quasiment inhabitée. La famille se partage certainement entre plusieurs résidences : Bar-le-Duc (où naissent six des sept enfants de la famille Oudinot entre 1790 et 1808), Paris où les généraux ont un lieu d’accueil et donc La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et leur nouveau château de Polangis.

La famille vit à Polangis où elle est recensée en l’an 10 (1802). Mais un seul de leurs enfants est répertorié avec eux, Auguste Numa (1799-1835) qui sera colonel et mourra lors de combats en Algérie. Les aînés, dont Marie Louise, 12 ans, restent sans doute à Bar-le-Duc une partie de l’année.

Cependant, c’est bien à Pont-de-Saint-Maur que Marie Louise se marie, en mars 1808, avec le général de brigade Pierre Pajol. Elle a 17 ans, et lui 36. Dans sa corbeille de mariage, ses parents ont placé le domaine de Polangis, valorisé 100 000 francs, auxquels s’ajoutent le mobilier du château (20.000 fr.) et 150.000 fr. en liquide, valeurs et créances. Le patrimoine et les revenus du ménage permettent au général et à son épouse d’occuper une position brillante au sein de la société impériale. Elle est réputée être très organisée, et lui ajoute à ses talents militaires une vraie culture, disposant d’une riche bibliothèque d’ouvrages historiques et philosophiques.

À la fin de l’Empire, en juin 1814, Pajol et sa femme vendent Polangis à André-François Miot (1762-1841). Ancien haut fonctionnaire, devenu ministre des Affaires étrangères en 1794-95, administrateur de la Corse, ministre du royaume de Naples puis intendant de la maison royale d’Espagne. Il venait d’être nommé comte de Mélito et menait désormais une carrière littéraire, notamment comme traducteur du grec ancien.

Le famille Pajol habite désormais Paris d’abord dans le Faubourg Saint-Germain, puis dans les nouveaux quartiers de la Chaussée d’Antin. Avec l’appui d’Oudinot, Pajol retrouve un commandement prestigieux, celui de la division de cavalerie du roi ; lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, en mars 1815, il est nommé pair de France. Après l’abdication de l’empereur suite à la défaite de Waterloo, Pajol est mis à la retraite. Il se lance dans les affaires, exploitant le premier bateau à vapeur à traverser la Manche. C’est un échec et son épouse, Marie-Louise, dans l’intérêt de ses enfants, obtient en juillet 1817, du tribunal de première instance du département de la Seine un jugement de séparation de biens ; Pajol doit alors 120 000 fr. à sa femme.

Un nouvel investissement patrimonial, avec une dimension économique, est fait par les époux Pajol en 1821. Ils achètent, pour 40 000 francs, les reste de l’ancienne abbaye du Paraclet à Quincey, act. Ferreux-Quincey, Aube). Fondée en novembre 1131 par Abélard (1079-1142), philosophe et théologien chrétien, elle a eu pour première abbesse son épouse, Héloïse (1092-1164). Ancienne élève d’Abélard et mère de leur enfant Astrolabe, Héloïse fut d’abord une intellectuelle en vue dans le Paris du 12e siècle, puis une écrivaine réputée, notamment pour ses lettres à Abélard qui, châtré du fait de leur liaison scandaleuse, vivait dans un monastère à Nantes. Héloïse fut enterrée au Paraclet, puis les reste d’Abélard y furent transportés à la fin du 15e siècle. L’abbaye, restée prestigieuse, fut fermée pendant la Révolution française le 14 novembre 1792, les ossements d’Héloïse et d’Abélard étant transférés ; ils reposent désormais dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Le domaine du Paraclet, vendu en novembre 1792 comme « bien d’émigré » au domestique d’un curé, appartient ensuite à un notaire, qui commence à démolir l’église, puis à un fripier parisien qui continue la destruction. Le comédien et directeur de théâtre, Jacques-Marie Boutet de Monvel (1745-1812), l’achète en 1794 et aménage la demeure abbatiale, restée debout, pour l’habiter. La famille de Monvel cède le domaine lors d’une vente aux enchères.

Les époux Pajol font entourer l’ancien tombeau d’une plantation funéraire et y élèvent une colonne votive, en forme d’obélisque, indiquant l’endroit où avaient reposé les restes d’Héloïse et d’Abélard. Marie Louise Pajol s’occupe de l’aménagement des lieux.

Dans l’ancien moulin, au bord de la rivière Ardusson, dans la commune Saint-Aubin, une fabrique de limes et de matériel agricole est établie en 1823. L’aciérie est constituée sous forme de société, dont Pajol est un des associés ; elle vit assez difficilement. Pajol tente de s’inspirer de méthodes qu’il va voir en 1826 en Angleterre, mais l’entreprise fait faillite. Il rachète le moulin en septembre 1830 et vend la ferme au baron Charles Walckenaer. En décembre 1831, la comtesse Pajol obtient par ordonnance royale le droit de transformer l’ancienne aciérie en un moulin à blé et à huile.

En juillet 1830, après la démission du roi Charles X, le comte Pajol est rappelé, avec la fonction de lieutenant-général, pour empêcher les tentatives de résistance des royalistes légitimistes. Il se rend à Rambouillet, où le souverain est installé et l’accompagne dans son départ vers l’étranger. La famille vit de nouveau en région parisienne.

Arrivant d'Asie une épidémie de choléra se propage rapidement à partir de la fin du mois de mars 1832. Elle touche une grande partie de l’Europe dans les mois et années qui suivent. En région parisienne, on estime que 18 000 personnes meurent de la maladie. Ce sont principalement des personnes de milieux populaires, vivant dans des quartiers insalubres. Cependant, elle touche également une partie de l’élite. Dans son journal, le maréchal de Castellane écrit : « Tous nos ministres sont malades (…) ; on ne conçoit rien à ce fléau ». Le docteur Augustin Fabre tient la liste des « Personnes de distinction mortes du choléra. France » ; parmi elles, « Casimir Périer, président du conseil des ministres (…), la comtesse Pajol, fille du maréchal Oudinot ». Elle est décédée le 18 avril 1832 à Paris (10e arr.). Elle était âgée de 41 ans et mère de trois enfants, dont une fille morte jeune.

À Joinville-le-Pont, l’épidémie de choléra de 1832 fit 18 victimes, dont 9 sont mortes. Dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, il y eut 46 personnes atteintes et 25 trépas.

Selon Marc Oudinot, au décès de sa fille aînée, « Le maréchal Oudinot ne maîtrisa sa peine qu'en se consacrant à faire distribuer des soins et des secours dans tous les alentours de Jeand'Heurs, où il avait invité sa famille à se regrouper, confiant dans la salubrité du lieu ». Le château est situé à L'Isle-en-Rigault (Meuse).

Le général Pajol et les deux fils de la comtesse Marie Louise vendent en 1835 le domaine du Paraclet au baron Charles Walckenaer, dont la famille continue d’y résider en 2025. Les deux garçons Pajol devinrent généraux.

Façade Est de l’ancienne maison abbatiale du Paraclet (Wikipédia)

 

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20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 00:01

Nicolas Charles Marie Oudinot naît le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc (act. Meuse), capitale du duché de Bar, rattaché à la France en 1766. Il est le fils de Marie Anne Adam et de son époux Nicolas Oudinot, artisan brasseur et distillateur.

Il suit une scolarité à Bar puis à Toul, et s'engage pour trois ans dans l’armée, rejoignant en 1784 le régiment du Médoc. Il le quitte en 1787 avec le rang de sergent. Il retrouve la vie civile et se marie dans sa ville natale avec Charlotte Françoise Derlin en septembre 1789. Elle donne naissance à sept enfants.

Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire d’Oudinot, par ailleurs bien documentée, nous contentant de quelques repères.

Pendant la Révolution, il reprend du service et est nommé lieutenant-colonel en 1791 au 3e bataillon de volontaires de la Meuse. Il est fait général de brigade en juin 1794 et combat en Allemagne.

D’après l’historien Georges Bousquié, en 1801 « séduit sans doute par la beauté du lieu sauvage, giboyeux et poissonneux à souhait, il achète 50.000 livres le domaine de Polangis avec ses dépendances qui appartenait à Jacques-François-Pascal-Alain de la Bertinière et à Dame Anne-Geneviève Gentil, son épouse ». La Bertinière (vers 1750-1823) est un ancien mousquetaire et capitaine d'infanterie, acquéreur de biens nationaux en région parisienne et dans l’Allier, qui a également peut-être été un agent de l’Angleterre pendant la révolution française.

La famille vit à Polangis où elle est recensée en l’an 10 (1802). Un seul de leurs enfants est répertorié avec eux, Auguste Numa (1799-1835) qui sera colonel et mourra lors de combats en Algérie. Les aînés (Marie Louise, 12 ans, Nicolas, 11 ans, Nicolette, 7 ans et Émilie, 6 ans) sont placés probablement auprès de nourrices. Il en est de même de Joséphine, un an, née en frimaire an 10 (décembre 1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, dans la maison de Polangis.

Dans son domaine de Polangis, le général Oudinot se lie avec deux propriétaires voisins, dont son biographe et descendant, Marc Oudinot, assure qu’ils avaient des demeures à Polangis, mais qui en réalité devaient plutôt résider dans des communes alentour.

La première de ces relations est la famille Delamare. Très riche, Achille Joseph Delamare (1790-1872) fit les guerres de l’Empire et servit ensuite, comme Oudinot sous la Restauration ; son fils, Achille Delamare, fut l’aide de camp d’Oudinot. Achille Joseph Delamare est, de 1830 à 1835, maire de Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne), commune très proche de Polangis. Il devient comte par une des dernières décisions du roi Charles X puis le second empire le fait sénateur.

L’amitié avec Antoine Julie Prosper Hoüard (1762-1820), autre voisin, paraît avoir été la plus forte ; celui-ci fit d’ailleurs d’Oudinot et d’un de ses fils, Charles Louis Victor, ses héritiers. Originaire de Dieppe et fils de magistrat, agent de change, il est devenu le devenu syndic de la profession et présida notamment à la construction de la Bourse de Paris, le Palais Brogniart. Célibataire, il était, selon Marc Oudinot, un fin lettré.

Le moment clé du séjour des Oudinot à Polangis se situe le 14 floréal an 10 (04/05/1802). Ce soir-là, Oudinot donne un dîner avec plusieurs généraux, dont Delmas, Fournier, Monnier, Bourcier et Marmont. Bonaparte, premier consul depuis peu, avait des relations difficiles avec une partie de la hiérarchie militaire. C’est par exemple le cas de Delmas lors d’un Te Deum organisé à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour célébrer le jour de Pâques la signature du concordat avec le pape. Interrogé par le futur empereur sur ce qu’il pensait de cette belle cérémonie, il aurait répondu : « C’était plutôt une belle capucinade ! Nous changeons nos dragonnes en chapelets. Il manquait à votre fête ce million d’hommes qui sont morts pour abolir les pasquinades et détruire la superstitions ! »

Pendant le dîner Polangis, plusieurs assistants font part de leur mauvaise humeur, notamment Delmas et Fournier qui auraient évoqué un projet d’attentat contre Bonaparte, prévu pour le lendemain, 16 floréal, où il devait assister à une représentation de Sémiramis, œuvre Rossini à l'Opéra de Paris.

La police, informée des discussions, arrête plusieurs comparses et cherche à retrouver Delmas, qui s’est enfuit. Il se réfugie à Polangis, où Oudinot le cache. Une perquisition est menée par des gendarmes, mais il parvient à échapper. Oudinot, qui était absent au moment de l’arrivée des forces de l’ordre, se met en colère à son retour devant le colonel qui l’interroge : « Où cachez-vous Delmas, mon général ? » : « Ainsi, vous avez profité de mon absence pour venir sans péril crocheter mes appartements ! Ah ! si je me fusse trouvé chez moi, vous auriez, monsieur, et vivement, sauté le pas. J'ai des fusils de la poudre et du plomb ; j'aurais armé mes domestiques, et vous eussiez senti les caresses de nos balles. »

Si ce n’est les désagréments de ses convocations pour témoignage, la prudence d’Oudinot, comme celle de Marmont, firent qu’il n’y eut pas de suite à cet incident et que ses relations avec Bonaparte restèrent bonnes.

Nicolas Charles Marie Oudinot est élu en 1803, député de la Meuse, mais il ne participe pas aux réunions de la Chambre. En 1807, il sert en Pologne.

Le mariage de la fille aînée de Oudinot, Marie Louise Élise, née en août 1790 à Bar-le-Duc, est célébré en mars 1808 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Elle épouse Pierre Claude Pajol (1772-1844), général français de la Révolution et de l’Empire et reçoit, en dot, le domaine de Polangis, dans lequel elle s’installe avec son époux. Marie Louise mourra en avril 1832, au cours de l'épidémie de choléra qui touche Paris.

Après la victoire de Wagram, Oudinot est nommé maréchal d'Empire en juillet 1809. Devenu duc de Reggio en avril 1810, Napoléon lui confie le gouvernement du royaume de Hollande, puis celui de Berlin et Oudinot participe aux campagnes de Russie puis de France. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire, avec 34 blessures au total.

Veuf depuis 1810, Nicolas Charles Marie Oudinot se remarie en janvier 1812 à Vitry-Le-François (Manche) avec Marie-Charlotte Eugénie Julienne de Coucy. Sous la restauration, il est commandant en chef de la garde nationale parisienne, major-général de la Garde royale, pair de France, ministre d'État.

Nicolas Charles Marie Oudinot meurt le 13 septembre 1847 à Paris. Il était âgé de 80 ans et père de 11 enfants.

Titulaire de nombreuses décorations, il portait notamment la Grand-croix de Saint-Louis, le Grand aigle de la Légion d'honneur et le titre de Chevalier du Saint-Esprit. Plusieurs villes ont évoqué sa mémoire dans des voies : la ville d’Oran disposait, avant l’indépendance, d’un boulevard Oudinot. Nancy à une rue du Maréchal-Oudinot, Bar-le-Duc et Paris des rues Oudinot et Joinville-le-Pont a une avenue Oudinot. Le nom d’Oudinot figure également sur l’Arc de Triomphe de Paris, place Charles-de-Gaulle.

Le maréchal Oudinot

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 00:01

Jacques François Pascal Allain de la Bertinière naît début 1750, sans doute à Paris. Il est le fils de Marie Marguerite Bourgès, dite Bourgeois et de son époux Louis Allain de la Coeurtière. La famille Allain, de petite noblesse, dispose de la titulature des deux seigneuries et Jacques François Pascal Allain se désigne comme écuyer, utilisant de manière habituelle le nom de La Bertinière.

Sa mère est la fille d’un marchand parisien. Son père est commissaire de la marine, officier conseillant le commandement en matière administrative et financière.

Il sert comme officier dans une compagnie de mousquetaires jusqu’à la dissolution en décembre 1775 des deux unités existantes par le roi Louis XV. Il est ensuite intégré, avec le rang de capitaine, dans un régiment d'infanterie.

En 1770, les parents sont propriétaires du domaine de Polangis, alors nommé Poulangis ou Poulangy, situé dans le ressort de la paroisse Saint-Nicolas et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés, relevant des princes de Condé. Il est actuellement sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne, toutes deux aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Ils possèdent également deux maisons à Paris, rue Saint-Honoré.

Après le décès de Louis Allain de la Coeurtière, probablement en 1786, son épouse transmet en octobre 1786 la nue-propriété des quatre maisons dont elle dispose à ses deux fils, Antoine François Louis Allain de la Coeurtière et Jacques François Pascal Allain de la Bertinière.

Le mariage de Jacques François Pascal Allain de la Bertinière avec Anne Geneviève Gentil est célébré en novembre 1779 à Paris, en l’église Saint-André-des-Arts.

La révolution française de 1789 va entraîner la saisie puis la vente de possession de l’église, devenus biens nationaux. Louis Gentil, père d’Anne Geneviève, ancien agent de la chancellerie de France, achète en septembre 1791, l’abbaye de Sept-Fons, située à Diou (act. Allier). Mais il décède en septembre 1792, laissant la propriété de l’ancienne abbaye à sa fille. Elle fait l’objet d’un contentieux, qui sera tranché par le conseil d’État en la faveur des époux La Bertinière en janvier 1818.

Selon une généalogie établie par Andreas Gölzer, La Bertinière aurait été, pendant la période révolution, un agent au service de Bertrand Barère (1755-1841), membre du Comité de salut public pendant 17 mois à partir d’avril 1793. Il est arrêté et comparaît au tribunal révolutionnaire le 29 ventôse an 2, mais Barère le fait libérer. Toujours d’après A. Gölzer, La Bertinière aurait été un des rédacteurs de L'Argus et du Babillard. Il serait devenu agent de l'Angleterre, protégé par Jean-Baptiste Dubois, dit Dossonville (1753-1832), policier français passé au service de la Grande-Bretagne et sa déporté sous le Directoire. La Bertinière se serait sauvé après l’arrestation de Dossonville le 18 fructidor an 5 (04/09/1797).

Ayant récupéré, à la mort de sa mère fin 1786, l’usufruit de la maison de Polangis, il le vend en mars 1791 à Antoine-Joseph Kropper, ancien marchand poêlier et à sa femme Marguerite-Françoise Villaume. Après le décès de Kropper en juin 1794, La Bertinière récupère le château de Polangis. Il y réside alors et célèbre dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en fructidor an 2 (septembre 1794) le mariage de sa fille, Louise Ulrique Bathilde (qui a tout juste 14 ans) avec Alexandre Antoine Joseph Keyser de Lisle, chef du service des transports militaires de l’armée du Nord. Dans le registre d’état-civil, La Bertinière et son gendre précisent que leurs noms n’ont « aucunes qualifications féodales ou nobiliaires ». Le mariage ne dure pas, et Louise Ulrique Bathilde se remarie, toujours dans le même village en ventôse an 6 (février 1798) à François Jean Pajot de La Varenne ; elle a 17 ans. Elle meurt en prairial an 7 (mai 1799), juste après ses 19 ans et la naissance d’une fille, qui ne vivra pas.

À une date inconnue, certainement pendant la révolution, La Bertinière et son épouse publient ensemble deux chansons, imprimées par Boulard à Paris. Le recueil comprend la « Chanson du citoyen Allain-Labertinière » et la « Chanson de la citoyenne Allain, femme Labertinière, aux défenseurs de la patrie, au nom des femmes » qui comprend les vers suivants : « Jurons fidélité aux valeureux défenseurs // Eux seuls peuvent prétendre conquérir nos cœurs ». Pour l’historienne américaine Suzanne Desan, l’œuvre s’inscrit dans une série de réunions de clubs, de Nantes à Nîmes, où des jeunes femmes s'engageaient à fuir les aristocrates et à n'offrir leur cœur qu'aux républicains et aux soldats.

Les époux La Bertinière vendent, en ventôse an 9 (mars 1801) le domaine de Polangis à Nicolas Charles Marie Oudinot (1767-1847), général, futur maréchal et duc de Reggio. Ils s’installent ensuite à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise) et s’occupent de leur propriété de l’Allier, où La Bertinière introduit la culture de la betterave sucrière.

Il meurt le 28 septembre 1823 dans sa demeure de Sept-Fons, à Diou. Il est âgé de 73 ans. Faute d’héritier direct, sa nièce Louise Caroline hérite de la propriété de sa maison du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Morte en juin 1834 à Pontoise, Anne Geneviève Allain de la Bertinière fait un legs au bureau de bienfaisance de la ville.

Ancienne abbaye de Sept-Fons à Diou (Allier) - Wikipédia

 

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 00:01

Le nom de « Polangis » désigne un territoire, actuellement situé sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), qui a relevé successivement de la paroisse de Fontenay-sous-Bois puis de celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés avant d’être rattaché aux deux villes de Joinville (anciennement La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur jusqu’en 1831) et Champigny.

Le nom a connu diverses formes mentionnées dans les textes anciens : Poleng, Poulange, Poulangis… L’abbé Lebeuf, historien du diocèse de Paris, le relie au nom du pont sur la rivière Marne (actuel pont de Joinville), dont l’appellation ancienne était Pons Olini en latin, ou Pont Olins. Lebeuf traduit Pouleng par « champ cultivé dans un creux. »

Il est possible également de rechercher une hypothèse latine, notamment le substantif bas latin pullamen qui désigne un jeune animal, et particulièrement un poulain. Plusieurs noms de lieux sont apparentés, comme Poulangy (Haute-Marne), Poligny (Jura) ou Polminhac (Cantal) et peuvent éventuellement être reliés à cette racine.

La base Mérimée, du ministère de la culture, assure que le manoir de Polangis est attesté en 1207. Un château, comprenant également une chapelle, un parc et la ferme, est construit au début du 18e siècle puis agrandi à la fin de la même période. Il est détruit en 1904, le terrain étant loti.

Plusieurs des propriétaires du château de Polangis ont joué un rôle significatif dans l’histoire locale, voire dans l’histoire nationale. Quatre d’entre eux ont d’ailleurs donné leurs noms à des voies de la commune de Joinville (Chapsal, Courtin, Jamin et Oudinot). L’avenue du Parc garde le souvenir du domaine, mentionné aussi dans le boulevard de Polangis (partagé entre Joinville et Champigny) et la quai de Polangis, dans la première cité.

Nous examinerons dans de prochains articles ce qu’il est possible de savoir sur la trentaine de personnes, actuellement identifiées, parmi les propriétaires dudit domaine, en commençant par Jean Valton (Jehan Valleton) en 1482.

Polangis dans la carde l'abbé Delavigne, 1740

 

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2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 00:01

Jules Florentin Royer naît le 30 mars 1842 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Flore Charbonnet et de son époux Félix Eugène Royer. Ils vivent rue L’Évêque (act. rue Boissy-d’Anglas Paris 8e arr.) et son père est coutelier.

En 1858, il fréquente l’atelier de Tissier, professeur d'architecture, situé rue des Fossés du Temple à Paris (act. rue Amelot, 11e arr.) et réside alors rue Léon à La Chapelle-Saint-Denis (act. Paris, 18e arr.). Il réussit le concours d’entrée et intègre, en novembre 1859, l’École des Beaux-Arts de Paris.

Installé comme architecte boulevard du Prince-Eugène (act. bd Voltaire, Paris 11e arr.), Jules Royer épouse Marie Thonille Rigoulot, fille d’un entrepreneur de menuiserie parisien. Tout en maintenant son activité principale et sa résidence à Paris, Jules Royer acquiert une propriété dans le nouveau quartier de Palissy, sur la rive gauche de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils y résident principalement l’été et leur fille y naît en octobre 1871, peu après que les troupes d’occupation allemandes ont quitté la cité. Probablement c’est lui le Royer qui est en 1868 membre répartiteur du bureau de bienfaisance de Joinville.

Employé comme vérificateur au service permanent d'architecture de la Ville de Paris, Jules Royer devient en février 1892 réviseur des travaux d’architecture de la ville. À partir de 1896, Royer installe son bureau personnel à Joinville, avenue du Château (act. av. Foch).

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville, trois listes se présentent. Les radicaux-socialistes soutiennent le maire sortant, Eugène-Voisin ; les socialistes révolutionnaires présentent une candidature incomplète ; et une partie des sortants ayant rompu avec le maire, ainsi que les conservateurs, constituent le troisième pôle. Jules Royer figure parmi les candidats, étiquetés comme nationalistes.

Au premier tour, la liste radicale de Voisin obtient 50,2% des suffrages exprimés et 15 sièges, la droite suivant avec 31,9% tandis que les socialistes sont à 14,9%. Les radicaux récupèrent sept des huit siège en ballotage, en laissant un à la droite. Royer a recueilli 337 voix, soit 30,1% ; il n’est pas élu. Le maire Eugène-Voisin est réélu.

Jules Florentin Royer meurt le 24 octobre 1909 à Joinville. En janvier de cette même année 1909, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants. Son fils aîné Félix est aussi architecte à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Le cadet, Jules, est dessinateur.

Certificat d’admission de Jules Royer à l’École des Beaux-Arts de Paris (coll. INHA)

 

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Louise Puisay naît le 23 juillet 1866 à Gençay (Vienne). Elle est la fille de Rose Diot et de son époux Célestin Puisay, maçon. Le couple a huit enfants et elle est la plus jeune. Ils vivent rue de l’Échelle.

Lors du recensement de 1881, elle a alors 14 ans, Marie Louise est notée comme exerçant la profession de couturière. En 1891, elle est à Bordeaux (Gironde) en tant que domestique. Elle donne naissance en avril à une fille d’un père non dénommé, qui, lors de son décès, en janvier 1892, est indiquée comme venant des Enfants assistés et est inhumée au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux.

Après avoir donné naissance à une nouvelle fille en mars 1895, encore à Bordeaux, elle épouse en février 1896 à Bordeaux, le père qui a reconnu l’enfant, Jean Martin, employé de commerce bordelais.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, elle séjourne de nouveau dans son village maternel chez ses parents avec ses trois enfants. Puis les époux Martin s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910.

En compagnie de ses trois enfants, Marie Louise Martin déménage dans le quartier proche de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Elle indique en 1911 exercer de nouveau le métier de couturière, tandis que sa fille aînée, Thérèse, est employée à l’usine cinématographique Pathé, implantée également à Polangis.

Pendant la première guerre mondiale, l’aîné de ses fils, René (1897-1938) s’engage dans la marine en juillet 1916, devançant son service militaire obligatoire. Il sert dans la marine, sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan qui, après la fin du conflit, navigue en mer Noire.

Après-guerre, les trois enfants de Marie Louise Martin, qui vivent toujours avec elle ou à proximité, vont avoir un engagement militant à gauche, au parti communiste. Lors des élections municipales générales de mai 1929, les deux frères René et André figurent sur la liste communiste qui se présente à Joinville-le-Pont, tandis que son gendre et sa fille participent à des appels relayés dans le quotidien L’Humanité.

Le contexte rend probable qu’on puisse assimiler Marie Louise Martin à la « camarade Martin », désignée sans plus de précision dans la presse communiste, qui est candidate lors des élections municipales complémentaires de septembre et octobre 1928 à Joinville, rendues sont nécessaires pour remplacer le maire, Henri Vel-Durand, décédé, et deux autres sièges vacants.

Les femmes n’ont alors pas le droit de vote, bien qu’un mouvement en faveur de leur droits de citoyennes ait existé avec, par exemple, Astié de Valsayre, résidente à Joinville-le-Pont. Mais, faute de pouvoir siéger, avaient-elles le droit d’être candidates à une élection ? Le débat juridique a lieu et plusieurs formations présentent des femmes lors de scrutins locaux, certaines étant même déclarées élues, comme Joséphine Pencalet à Douarnenez en 1925.

Le parti communiste (Pcf) présente donc à l’automne 1928 une liste de Bloc ouvrier-paysan dirigée par Roger Benenson (1900-1945), mécanicien, futur député de Seine-et-Marne (1937-1940), comprenant Jules Guervin (1889-1956) ébéniste et donc la « camarade Martin ». Elle s’oppose à une liste de la gauche républicaine, associant des radicaux et des socialistes SFIO et à une autre de l’Union républicaine, qui a le soutien de la majorité municipale.

Pour le Pcf, il s’agit d’affirmer « l’opposition de classe » à « toutes les ligues féministes de pacotille. »

Aucune loi n’interdit de présenter une candidate, mais la préfecture envoie à la municipalité de Joinville une note pour que soient annulées toutes les voix qui se portent sur le nom de Mme Martin. La municipalité de droite obéit à la demande des autorités. Le nombre de suffrages qui se sont prononcés en faveur de la candidate communiste n’est donc connu que de manière approximative et L’Humanité l’estime à 286, soit 16% des votants.

Les communistes protesteront. Ils qualifient le refus de compter les votes « d’acte arbitraire » et « d’abus de pouvoir » et titrent que « Préfecture et municipalité truquent le scrutin de Joinville ». Pour eux, il n’appartient pas à un maire de se substituer aux tribunaux administratifs pour apprécier la validité des suffrages émis. Au second tour, les communistes présentent les mêmes candidats, tandis que la liste de centre-gauche emporte les trois sièges.

Après la mort de son fils aîné, René, en 1938, Marie Louise reste à Joinville avec sa fille Marie Thérèse et son fils cadet André. Les deux sont résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. André est tué en août 1944 lors des combats pour la Libération de Paris, boulevard de Sébastopol.

Marie Louise Martin meurt le 4 mars 1945 à Joinville. Elle était âgée de 78 ans.

L’Humanité (1er et 8 octobre 1928) relate la candidature de « la camarade Martin » à Joinville-le-Pont

 

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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 00:01

Constantin Ernest Chavignot naît le 7 mai 1830 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Aglaé Cécile Seignoret et de son époux. Son père, Martin Benoit Chavignot (1803-1868) était maître charpentier et est devenu entrepreneur de maçonnerie, réputé avoir construit plus de « cent maisons dans Paris ». Il était un des fondateurs et administrateurs d’une société financière, le Sous-comptoir des entrepreneurs. Ils vivent à Paris (9e arr.), boulevard des Capucines.

Comme son père, Constantin Chavignot devient entrepreneur de bâtiment, avec le titre d’architecte. Il épouse en avril 1860 à Paris (10e arr.) Ernestine Louise Clotilde Battarel, fille d’un avocat. Ce même mois, les Chavignot père et fils constituent, avec un autre architecte constructeur, Armand Desnues, la société immobilière Chavignot père, fils & Desnues.

Ils vivent à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), dans la Grande-Rue où résident les Battarel.

En 1881, les deux frères de son épouse, Arthur et Pierre Ernest Battarel s’associent à Constantin Chavignot, pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. Les époux Chavignot résident à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château avec leurs deux enfants.

Dans le quotidien La Lanterne, en octobre 1885, en compagnie d’autres propriétaires voisins, s’insurge dans une lettre ouverte d’une campagne menée dans un autre journal, Le Pays, suite à un accident, critiquant les cheminots de la ligne du chemin de fer de Vincennes. Les signataires indiquent : « nous n'avons toujours eu qu'à nous louer de l'urbanité des chefs et de la complaisance des agents. »

Au sein d’un hebdomadaire local, Voix des communes, les Battarel et Chavignot s’opposent au tracé prévu pour le tramway devant relier Vincennes à Joinville et Chennevières, présentant un contre-projet par rapport à celui soutenu par le conseil municipal, qui sera mis en œuvre.

Les associés Battarel et Chavignot créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir, commençant l’urbanisation de cette partie du territoire, jusqu’à ce moment très peu peuplé puisqu’il ne comptait guère qu’une ferme, une auberge et leur demeure. Les frères Battarel meurent en septembre 1900 et juillet 1901, tous deux célibataires et sans enfants. Les époux Chavignot deviennent les seuls propriétaires du domaine de Polangis.

Constantin Chavignot meurt le 22 mars 1900 à Joinville, dans son château de Polangis. Il était âgé de 69 ans et avait eu deux enfants. Son fils Henri sera ingénieur architecte et poursuivra l’aménagement du domaine.

Plan du château de Polangis à Joinville-le-Pont

 

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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 00:01

Élie Camille Pierre Nivelle naît le 4 mars 1853 à Montignac-Charente (act. Montignac-Charente, Charente). Il est le fils de Marie Peyraud et de son époux Camille Nivelle. Son père est poëlier et originaire du département voisin de la Vienne.

Devenu chemisier, il vit à Paris ou, pendant le siège de la capitale par les forces prussiennes lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s’engage dans la compagnie de marche du 38e bataillon de la Garde nationale.

Il continue son service militaire après le 18 mars, jour du début de l’insurrection de la Commune de Paris, quand la Garde nationale refuse de rendre les canons en sa possession aux forces ennemies. Il fait partie de l'artillerie fédérée, la troupe des communards, et se rend à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) en tant que canonnier. Il y est blessé le 23 avril, rentre chez ses parents à Paris puis rejoint un oncle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il reste jusqu’à la fin de la Commune le 25 mai. Il est arrêté le 17 juin à Paris. Le 4e conseil de guerre considère qu’il a « de bons antécédents » et le condamne le 23 novembre 1871 à un an de prison.

En janvier 1878, Élie Nivelle est encore employé d’un commerce de chemiserie à Paris et épouse à Dijon (Côte-d'Or) Anne Émilie Martin, demoiselle de magasin. Ils vivent d’abord dans le 16e arrondissement de Paris (rue Mesnil, rue Copernic, avenue Victor-Hugo et rue de la Pompe), puis, dans les années 1890, dans le 18e (rue des Abbesses).

À partir de 1903, la famille vit alternativement à Saint-Nazaire-sur-Charente et Soubise, deux communes voisines de Charente-Inférieure (act. Charente-Maritime) où ils sont propriétaires.

Élie Nivelle meurt le 6 novembre 1920 à Soubise. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants.

Un panneau déposé sur le pont d’Asnières rend hommage à la « Sortie des fédérés. »

 

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26 mai 2025 1 26 /05 /mai /2025 22:39

Louise Éléonore Delalonde naît le 7 novembre 1854 à Cherbourg (act. Cherbourg-Octeville, Manche). Elle est la fille de fille Sophie Louise Le Mignon et de son époux Napoléon Delalonde. Son père est vérificateur des douanes mais également poète. Il a été membre de la société académique des sciences, belles-lettres et arts de Cherbourg.

Ses deux parents sont décédés dans sa jeunesse : lorsqu’elle a 9 ans pour sa mère en 1863 et 14 ans pour son père. Louise Delalonde est alors confiée au docteur Frédéric Auguste Guiffart, médecin de la marine et directeur du service de santé de l’hôpital civil de Cherbourg, chevalier de la Légion d’honneur. Il l’envoie en région parisienne. En 1871, elle reçoit en tant qu’orpheline et fille d’un fonctionnaire, une pension civile de 1 140 francs.

Devenue professeure de lettres, elle épouse en octobre 1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle réside, le docteur Henri Jean Ferdinand Rousseau, professeur de sciences dans l’institution du Parangon. C’est un établissement laïque privé d’enseignement réputé de Joinville qu’exploite son père, Ferdinand Rousseau, à l’époque maire adjoint et l’année suivante maire de la commune.

À côté de son activité médicale et scientifique, Henri Rousseau s’implique dans la gestion du Parangon, derrière son demi-frère Théodore Quirot et son frère aîné Jules Rousseau. Il en prend seul la direction en 1897, après la mort de son père et de ses deux frères. Avec le concours actif de son épouse, il transforme le Parangon en une « école coloniale », destinée à former de manière pratique les jeunes Français ou originaires d’Indochine, d’Afrique, de Madagascar comme des Antilles à l’exploitation agricole de ces territoires.

Charles Pâquet, petit-fils du maire de Joinville, Eugène Voisin, qui sera président de la Société nationale des architectes de France, résistant et maire-adjoint de Vincennes, est élève au Parangon. Il témoigne en 1969 sur la vie dans l’établissement Rousseau : En 1897, « Le docteur Henri Rousseau en fut le directeur et vint également y habiter avec sa femme née Louise Delalonde, dont les cheveux étaient d'un beau blond vénitien et cela surprenait d'autant plus qu'elle était très brune de naissance et qu'alors les femmes n'avaient pas l'habitude comme à l'heure actuelle de changer, pour certaines, la couleur de leurs cheveux presque chaque semaine. (…) Certains élèves, les pensionnaires seulement, pris parmi les plus méritants, étaient une fois par semaine conviés à ce que l'on appelait « le salon », où toute la famille Rousseau était réunie, ainsi que certains professeurs dont M. Ferroni qui enseignait le violon et qui en charmait l'assistance ; des vers y étaient également récités, souvent par Mme Henri Rousseau qui s'intéressait aussi au théâtre. Il était alors servi ce qu'on appelait des rafraîchissements consistant en sirops de grenadine, citron, etc. »

Louise Rousseau s’intéresse à la botanique et notamment à la sériciculture (culture de la soie). Elle installe une magnanerie (élevage de ver à soie) dans le parc.

Elle promeut ses conceptions pédagogiques et intervient lors du Congrès colonial de Marseille, en 1904, pour défendre « l’importance du rôle colonial de la femme ». Elle regrette que « l’enseignement que l’éducation féminine en France a été jusqu’ici franchement hostile à la colonisation. »

Louise Rousseau fut un auteur prolifique. Elle était une des initiatrices de ce qu’on appelait, au tournant du vingtième siècle, le « roman pour jeunes filles », qui connaît encore quelques succès sous d’autres noms (roman de gare).

Parmi ses œuvres, on citera Amoureuses et jalouses (1894), Le Chagrin de Clélia (1894) ou Le Sacrifice de l’amour (1901). Louise Rousseau publie aussi des textes édifiants, des poèmes et du théâtre. Elle connaît un certain succès avec Histoire de chevalerie (années 1890). Elle utilise parfois le pseudonyme de Ludovic Delys.

Avec la Première guerre mondiale, l’école coloniale cesse de fonctionner. Un hôpital américain s’y installera en fin de conflit. Mais, dès 1914, Louise Rousseau anime une œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants dont le but est « de recueillir et de soigner les pauvres petits dont le père, veuf ou divorcé, est appelé sous les drapeaux » comme le rapporte le quotidien socialiste L'Humanité.

Louise Rousseau est morte le 16 novembre 1924 à Joinville-le-Pont. Elle était âgée de 70 ans et mère de deux enfants. Décorée des Palmes académiques comme femme de lettres, en tant qu’officier d'académie en février 1899 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1907, elle est faite chevalière du mérite agricole en février 1914 « pour ses travaux très importants et publications nombreuses sur la sériciculture en France et aux colonies ». Une voie de la commune s’appelle « villa Rousseau », mais il n’est pas clair qu’elle ait été dénommée du fait de sa famille ; par contre, une autre voie porte le nom d’impasse Jules-Rousseau, d’après son beau-frère.

Louise Rousseau

 

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