Début de la biographie de Pierre Claude Pajol
Claude Pierre Pajot naît le 3 février 1772 à Besançon (Franche-Comté, act. Doubs). Il est le fils de Françoise Élisabeth Nodier et de son époux André Joseph Pajot. Il utilisera ensuite la désignation « Pierre Claude Pajol ». Sa mère, Françoise Élisabeth (1744-1821), est la fille de Joseph Nodier (1695-1776), architecte et entrepreneur du bâtiment. Son frère, Antoine Melchior Nodier fut magistrat pendant la Révolution française et maire de Besançon (1790-1791) ; il a eu comme fils Charles Nodier (1780-1844), académicien français et écrivain romantique, qui est donc le cousin germain de Pierre Claude Pajol.
Du côté paternel, la famille est originaire de Nozeroy (act. Jura). Son arrière-grand-père, Jean Claude Pajot (1676-1752) a été médecin chirurgien et apothicaire ; son grand-père, Charles Léopold Pajot (1714-1748) a exercé la fonction de procureur au Parlement de Besançon, qu’a également obtenu son père André Joseph Pajot (1746-1811), avant de devenir commissaire à la poste aux lettres sous le premier Empire.
Étudiant en droit, il arrive à Paris en avril 1789 et participe au mouvement révolutionnaire en juillet. Participant aux actions dans le quartier Saint-Victor où il habite, il est nommé le 13 juillet sergent d'une compagnie de volontaires et participe le lendemain à la prise de la Bastille. Il retourne dans sa famille fin octobre 1789 et s’engage dans le régiment de la garde nationale de la ville. Il est sergent major de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de volontaires du Doubs en janvier 1792, quand il est nommé officier en tant que sous-lieutenant au 82e régiment d'infanterie.
Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire de Pajol dans la cavalerie légère. Devenu général en mars 1807, il participe à de très nombreuses opérations militaires dans l’armée impériale, notamment aux côtés de Hoche, Marmont, Davout ou Kléber.
En mars 1808 Pierre Pajol épouse Marie Louise Élise Oudinot, la fille d’un autre général, âgée de 17 ans (il en a 36). Ses parents ont acheté, en l’an 9 (1801), le domaine de Polangis (ou Poulangis), vaste ensemble situé sur les bords de Marne, dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne), mais sur la rive gauche, alors quasiment inhabitée. Nicolas Charles Oudinot et son épouse, Françoise Charlotte née Derlin, dont Marie Louise est l’aînée des sept enfants, décident de lui apporter, en dot, le domaine de Polangis. Il est valorisé dans l’acte notarial 100 000 francs, le mobilier du château valant 20.000 fr. s’y ajoutent et 150.000 fr. en liquide, valeurs et créances. Le patrimoine et les revenus du ménage permettent au général Pajol et à son épouse d’occuper une position brillante au sein de la société impériale. Marie Louise, malgré son jeune âge, est dite être très organisée. Quant au général Pajol, il a d’indéniables talents militaires, auxquels s’ajoutent une vraie culture. Il dispose d’une bibliothèque riche d’ouvrages historiques et philosophiques.
À la fin de l’Empire, en juin 1814, Pajol et sa femme vendent Polangis à André-François Miot (1762-1841). Ancien haut fonctionnaire, devenu ministre des Affaires étrangères en 1794-95, administrateur de la Corse, ministre du royaume de Naples puis intendant de la maison royale d’Espagne. Il venait d’être nommé comte de Mélito et menait désormais une carrière littéraire, notamment comme traducteur du grec ancien.
Le famille Pajol habite désormais Paris d’abord dans le Faubourg Saint-Germain, puis dans les nouveaux quartiers de la Chaussée d’Antin. Avec l’appui d’Oudinot, Pajol retrouve un commandement prestigieux, celui de la division de cavalerie du roi ; lors du retour de Napoléon pour les Cent-Jours, en mars 1815, il est nommé pair de France. Après l’abdication de l’empereur suite à la défaite de Waterloo, Pajol est mis à la retraite. Il se lance dans les affaires, exploitant le premier bateau à vapeur à traverser la Manche, puis affecté à une desserte fluviale en Normandie. C’est un échec et son épouse, Marie-Louise, dans l’intérêt de leurs enfants, obtient en juillet 1817, du tribunal de première instance du département de la Seine un jugement de séparation de biens ; Pajol doit alors 120 000 fr. à sa femme.
À suivre
Portrait du général Pajol
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