Henri Jomain naît le 13 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Léonide Françoise Freulon et de son époux Jean Marie Jomain.
Son père, après avoir été domestique chez un cultivateur de son village natal, Saint-Bonnet-des-Bruyères (Rhône) devient serrurier et crée à Paris, en 1866, une importante société industrielle. Elle équipe de nombreuses organisations privées et publiques, comme le palais de l’Élysée et obtient quantité de récompenses lors des rendez-vous professionnels, notamment un diplôme d’honneur lors de l’exposition universelle de Paris en 1900. Installée jusqu’au début des années 1900 à Paris, rue des Écluses-Saint-Martin (10e arr.), elle est déplacée dans un vaste terrain situé rue Brancion (15e arr.) pour répondre au développement de l’activité.
En avril 1898, Henri Jomain s’engage pour trois ans dans l’armée au moment où il doit faire son service militaire. Il intègre une compagnie d’ouvriers de l’artillerie, la 10e d’abord puis la première en décembre. Il est démobilisé en avril 1901 et rejoint alors la société familiale, dont devient le directeur. Elle s’intitule désormais Jomain & fils, et son frère cadet, André, futur avocat, travaille avec lui.
Le mariage d’Henri Jomain a lieu en mai 1910 à Paris (11e arr.). Il avait été précédé, en juillet 1906 et août 1907, par la venue au mode de deux filles, que les parents avaient reconnues.
L’intérêt du patron pour son arrondissement l’amène à participer à des activités publiques ; depuis au moins 1905, il assure la présidence d’une société de préparation militaire, La Jeune Armée. Ces organismes visent à la fois à favoriser la pratique sportive et à soutenir le sentiment patriotique, après la défaite française de 1871 face aux armées allemandes.
Il s’associe ainsi à une œuvre anti tuberculose en janvier 1910. La même année, en mai, Henri Jomain intègre la commission locale chargée d’examiner les prêts à consentir aux victimes des graves inondations qui ont touché la ville au premier trimestre. En décembre, il est nommé au sein de la Commission scolaire du 15e arr.
Dans le domaine professionnel, Jomain devient conseiller du commerce extérieur en mai 1910. Au sein de l’usine Jomain, une société de secours mutuels est constituée en 1907. Elle compte 122 adhérents en 1911.
Usines Jomain rue Brancion à Paris
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Au début de la première guerre mondiale, en août 1914, Henri Jomain est mobilisé dans un dépôt automobile. Il est retiré en novembre 1914 du service armé et est détaché dans l’entreprise familiale. Celle-ci a en effet transformé une partie de son matériel et l'a notablement augmenté afin de pouvoir fabriquer des obus de divers calibres, selon la Revue parlementaire économique et financière.
Après le conflit, Henri Jomain continue la gestion de l’entreprise familiale ; elle compte 300 ouvriers en 1934. Son mandat de conseiller du commerce extérieur est renouvelé en 1922. Il siège également comme conseiller au Comptoir national d'escompte de Paris, une des banques qui donneront naissance à la BNP.
La situation sociale de l’entreprise est dénoncée dans le quotidien communiste L’Humanité en février 1932, qui reproche une diminution de salaire de 5% et appelle les ouvriers à s’organiser en syndicat et à faire grève. Ce sera le cas plus tard, en janvier 1934, à l’occasion d’une baisse de rémunération décidée par les successeurs d’Henri Jomain.
L‘entrepreneur prend un rôle actif dans l’organisation de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 à Paris.
Dans la continuité de son engagement civique local, Henri Jomain devient en décembre 1927, adjoint au maire du 15e arrondissement de Paris, l’industriel chimiste Paul Auguste Barruel (1841-1931). Il est reconduit dans ses fonctions en 1929 ; après la disparition de Barruel, en août 1931, il reste l’adjoint du nouveau maire, François Bonneau, nommé en février 1932.
Henri Jomain meurt le 25 juillet 1932 à Paris (17e arr.), dans son domicile de la rue Théodore de Banville, où il était installé depuis 1930. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse. Âgé de 55 ans, il était père de quatre enfants. Ses obsèques sont célébrées le 28 juillet à l’église Saint-François de Sales de Paris (17e arr.). Son unique fils, Marcel, assure la continuité de l’entreprise familiale.
Récipiendaire de plusieurs récompenses en 1910 et 1912 pour son activité de préparation militaire, Henri Jomain a été décoré des Palmes académiques, comme officier d'académie en février 1907 puis comme officier de l’instruction publique en mai 1912. Il devient chevalier de la Légion d’honneur en mai 1928.
Henri Jomain (Le Petit Parisien 6 février 1928)
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