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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 00:01

Guillaume Élie Le Foullon naît vers 1697 à Paris. Il est le fils de Marie Jeanne Geoffroy, première épouse de Guillaume Le Foulon (vers 1670 – 1734). La famille de sa mère est composée d’artisans plombiers fontainiers réputés. Du côté de son père, ses ascendants dont le nom s’écrit aussi Foulon, Foullon, Le Foulon, Lefoulon ou Lefoullon, constituent un groupe vivant dans « large aisance ». Selon Olivier Meslay, historien de l’art français, « On devine aux noms de propriétés ou de seigneurie qui allongent le nom de Le Foullon (de Polangis, du Plessis) que la famille est prête à s’établir dans la noblesse après avoir accédé à la bourgeoisie parisienne. Les Le Foullon sont avant tout une famille d’architectes et d’entrepreneurs. »

Comme son père et ses ancêtres, Guillaume Élie Le Foullon devient maître maçon, entrepreneur et architecte. Il épouse en octobre 1724 Marie Marthe Rousseau.

En 1731, Guillaume Le Foullon père avait acheté le domaine de Polangis, situé sur les bords de Marne, relevant alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. L’espace où se situait maison et la ferme sont incluses aujourd’hui dans la commune de Joinville-le-Pont, les terres agricoles continuant sur une partie de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Le Foullon père avait fait appel à un architecte expert parisien, M. Quiriot, vraisemblablement pour examiner les modifications à faire sur ces bâtiments,

Selon l’historien Michel Moineau, Guillaume Élie Le Foullon achète le château en 1748. Suite à la mort de son père, il était sans doute partagé avec les héritiers, sa mère (qui meurt en 1752) et sa sœur Geneviève. Il agrandit le château dans le style Louis XV, lui donnant un fronton triangulaire percé d'un œil-de-bœuf et trente-deux fenêtres en façade. Pour un autre historien, Georges Bousquié, il décide – parlant de la demeure de Polangis - « de l'augmenter considérablement parce qu'elle est dans une des plus belles situations du monde. »

La demeure est mise en location en mai 1749. Elle comprend un corps de logis de maître, un logement de domestiques, une chapelle, des écuries, une remise, une cour et une avant-cour, avec 12 arpents de jardin (soit 4 hectares), clos de murs. La ferme et les terrains agricoles ne sont pas concerné par le bail.

Lors du mariage en octobre 1751 à Paris de sa fille, Marie Marthe, avec le chapelier Henry Danloux, Guillaume Élie Le Foullon lui apporte la maison de Polangis, avec la ferme et les terres qui l’entourent plus une somme de 4 000 livres tournoi.

Guillaume Élie Le Foullon meurt le 6 mai 1766 à Paris. Il était âgé d’environ 69 ans et père de deux enfants. Il résidait rue Basse du Rempart, dans le quartier de la porte Saint-Denis et le ressort de la paroisse Saint-Laurent.

Son fils, également nommé Guillaume Élie Le Foullon (1729-1804), toujours architecte et entrepreneur, construisit dans les années 1770 un hôtel particulier à Paris rue du Mont-Blanc (act. rue de la Chaussée-d'Antin, 9e arr.) qui devint en 1807, après son décès, la propriété du cardinal Fesch, archevêque de Lyon, grand collectionneur de peintures et très proche de la famille Bonaparte. Il acquit en 1789 le domaine dit de Pâris-Pâté, à Bercy (act. Paris 12), appartenant à Mégret de Sérilly. Il assura, après la mort de son beau-frère Henry Danloux (1718-1767) et de sa sœur, Marie Marthe (1730-1770) l’éducation des six enfants vivants du couple, et notamment du peintre Henry Pierre Danloux (1753-1809). Marié une première fois avec Marie Constance Cucu d’Hérouville en mai 1752, il se remaria en messidor an 2 (juillet 1794) avec sa nièce, Marie Simonne Danloux. Il éleva également Jules Danloux (1790-1869), fils de son neveu, Henry Pierre Danloux et de Marie Pierrette Antoinette de Saint-Redan, celui-ci s’étant exilé en Angleterre pendant la révolution française.

Vue du château de Polangis

 

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 00:01

Les sources du 16e et du 17e siècle identifient deux Charles de Valliech (ou Charles Valliech) à Paris. Le nom est rare et semble provenir du midi toulousain. Il est possible qu’il s’agisse de la même personne, mais il est imaginable que ce soient des individus apparentés, par exemple un père et un fils éponymes. De nombreuses variations orthographiques existent, comme Valliez, Vallier, Valtech, Vualiech, Valiech ou Valdir.

L’historienne Béatrice Véniel (Une histoire de peaux et de laines, les mégissiers parisiens, CTHS, Paris, 2008) rapporte : « Les mégissiers traitaient en blanc les peaux - achetées aux bouchers - pour approvisionner les artisans du cuir. Surtout, ils triaient et nettoyaient la laine et la vendaient. Ils étaient donc à la fois des artisans - mécaniques - et des marchands ». Dans le contexte de la crise des industries de la laine, le roi Henri IV en besoin d’argent « pour subvenir à ses grandes et urgentes affaires », procède à l’affermage du contrôle de cette activité « à un bourgeois de Paris, Charles de Valliech ou Vallier pour 100 000 écus (300 000 livres). »

Ce dernier, demeurant rue Saint-Honoré, sous-traite le contrôle, comme en 1587 où il charge « Guillaume Regnault, marchand peaussier teinturier de cuirs, rue de la Tabletterie (paroisse Saint-Opportune), du droit de marque des cuirs et magis qui arriveront en la ville de Paris. »

Aucune source ne permet actuellement de connaître les données d’état-civil de Charles de Valliech, mais on supposera que, pour avoir pu contractualiser avec le souverain en 1587, il est probablement né au moins au cours des années 1560.

On rencontre ensuite Charles de Valliech, peut-être le même, en tant que secrétaire du duc d’Épernon. Jean-Louis de Nogaret, duc d'Épernon (1554-1642), gouverneur de Guyenne, Amiral de France et colonel général de l’infanterie. Selon l’historien Georges Bousquié, qui a publié un article consacré à Charles de Valliech (Deux familles d'aventuriers à Polangis au 18e siècle, revue Vieux Saint-Maur, 1948), le duc d'Épernon est le « plus riche seigneur de France, une des plus grandes figures de l'époque » et Valliech est son homme de confiance.

Charles de Valliech épouse en 1602 Marie Rouillard. Il entre en 1615 au service d'Épernon, où il a la charge de régler l'administration de la maison, les recettes et les dépenses. Le duc assiste, en février 1618 à Paris, au mariage de Marguerite de Valliech avec Pierre d'Ollone, fils d’un secrétaire du roi.

En décembre 1623, Charles de Valliech acquiert le domaine de Poulangis, situé dans le ressort de la paroisse de Fontenay-sous-Bois. Ultérieurement, le terrain, dont le nom est désormais Polangis, relèvera de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés puis sera rattaché à la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, devenue en 1831 Joinville-le-Pont (act. Val-de-Marne). La vente se serait faite auprès des Minimes du Bois de Vincennes, dont le couvent se trouve dans le Bois de Vincennes, selon Bousquié ; cependant, les archives du château de Chantilly mentionnent que la vente est assurée définitivement en juillet 1624, entre Valliech et Antoine Fayet, curé de Saint-Paul à Paris ; à cette date, Valliech est toujours qualifié de premier secrétaire du duc. Le prêtre, qui est également chanoine de Paris, chantre et chanoine de Saint-Maur-des-Fossés, a hérité cette propriété de son frère, Martin Fayet, contrôleur des guerres, qui l’avait acquise lors d’une adjudication en 1604.

En juin 1626, Charles de Valliech obtient de l’abbaye de Saint-Maur le droit d'avoir une chapelle domestique dans son château.

Guillaume Girard, autre ancien secrétaire du duc d'Épernon qui publie en 1655 sa biographie, rapporte que, en décembre 1623, « Valliech, son ancien secrétaire, ayant employé sous lui des gens qui n'avaient pas été très soigneux ou très honnêtes, lui manqua de plus de cinquante mille livres, ce que ce bon maître lui pardonna franchement ». Une vingtaine d’années plus tard, après la mort du duc, ses héritiers essaieront, sans succès, de demander le remboursement de cette somme aux héritiers de Valliech.

Selon Bousquié, qui relativise les appréciations de Girard, Charles de Valliech est « Un valet de comédie, un héros picaresque qui fait ce que fait et qui vaut ce que vaut son maître ». Il le présente comme « dévot et dénué de scrupules », « ambitieux, aussi roué que cupide, aimant le luxe et la dépense ». Il assure qu’il s'endette partout et est « toujours en procès avec ses créanciers » et mentionne huit condamnations à partir de 1623.

Bousquié mentionne une dernière condamnation en 1629, auprès d’un apothicaire de Paris. Il en conclut « Il est vraisemblable qu'à ce moment il est quasi ruiné et fort malade ». Il situe son décès cette même année.

En 1635, la propriété de Polangis est mise en adjudication, malgré la tentative de leur fille, Marguerite d’Olonne, pour la conserver. Le château, qui était mentionné au 13e siècles, a été détruit en 1904.

Deux articles de Georges Bousquié sont publiés dans la revue Le Vieux Saint-Maur sous le titre Deux familles d'aventuriers à Polangis au 17e Siècle. Le premier, sorti en 1948, concerne la famille de Valliech ; le second, l’année suivante, traite des de la Grange d’Arquien.

Vue de l'emplacement château de Polangis (1750)

 

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 00:01

Antoine Fayet naît vers 1575. Il est le fils de Jeanne Le Bossu et de son époux Antoine Fayet. Sa mère est la fille d'un receveur général des monnaies. Son père est sieur de Margency (act. Val-d'Oise). Il est conseiller du roi et trésorier de l'extraordinaire des guerres, c’est-à-dire gestionnaire des fonds nécessaires pour les activités militaires et non prévues au budget ordinaire. En 1563, il est nommé secrétaire du roi, titre qui reconnaît son appartenance à la noblesse. Les Fayet ont une origine ancienne dans le Gévaudan (act. Lozère, Occitanie).

La famille compte quatre garçons et une fille. L’aîné, Olivier, est président de la première chambre des enquêtes du Parlement de Paris ; Nicolas, est secrétaire d’État (directeur d’une administration centrale) et président en mars 1616 de la Chambre des comptes de Paris ; Martin est trésorier provincial des guerres.

Antoine Fayet fils fait des études de théologie à l’université de Paris, dite de Sorbon. Il en sort avec le titre de docteur et assure la fonction de conseiller au parlement de Paris. Il est nommé curé de l’église Saint-Paul de Paris en 1597. Il conservera cette fonction jusqu’à 1627. L’église sera reconstruite au 19e siècle et prend alors le nom de Saint-Paul-Saint-Louis.

En 1604, Martin Fayet, frère d’Antoine, avait acquis le domaine de Polangis, comprenant notamment une maison et une ferme sur un vaste terrain, situé sur la rive gauche de la Marne, dans l’actuel territoire de la commune de Joinville-le-Pont et, pour une petite partie, également de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À son décès, Antoine Fayet en hérite. Il transmettra lui-même une part à leur frère Olivier et à sa fille Bonne, le moulin à eau situé sous l’arche du pont de Saint-Maur (act. pont de Joinville). En décembre 1623, Antoine Fayet vend le domaine de Polangis à Charles de Valliech, premier secrétaire du duc d’Épernon.

Il y a sans doute un lien entre la propriété du domaine de Polangis et le fait que l’abbé Antoine Fayet est nommé chantre et chanoine de l’église de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés. L’abbaye de Saint-Maur, dont l’église était une fondation, avait été jusqu’en 1482 propriétaire du domaine. Il était également chanoine de Paris.

C’est en sa qualité de docteur de la Faculté de théologie de l’Université de Paris (la Sorbonne) qu’Antoine Fayet est nommé en décembre 1612 à la tête d’une députation de quatre docteurs. Ils sont chargés par le doyen de la faculté, P. Bottereau, d’examiner un livre de Martin Bécan (1563-1624), dit Becanus, intitulé La Controverse d’Angleterre touchant la puissance du Roi et du Pape. L’auteur est un jésuite des Pays-Bas espagnols, théologien catholique de la Contre-Réforme. Les conclusions sont présentées à la reine régente, Catherine de Médicis, au chancelier et garde des sceaux Nicolas Brûlart de Sillery et au cardinal Jean de Bonzi, évêque de Béziers. Les rapporteurs considèrent que « le livre renfermait quantité de choses dangereuses et d’une grande importance » et en recommandent la censure. Le cardinal de Richelieu témoigne dans ses mémoires : « Un orage s’éleva (…) contre les jésuites pour un livre composé par un des leurs, nommé Becanus (…). Ce livre fut vu en France en novembre [1612], et accusé par aucuns docteurs en leur assemblée du premier de décembre, comme proposant le parricide des rois et des princes pour une action digne de gloire ». La reine préféra attendre l’avis de Rome, où siège la papauté, avant de décider de ladite censure.

Le débat s’inscrit dans les débats en France sur la primauté de l’autorité des rois sur celle du pape. Pour l’historien Nicolas Sanders, la dénonciation vient de ce que les docteurs parisiens estiment que les doctrines du jésuite sont dangereuses, Becanus professant le pouvoir temporel des papes sur les rois.

En novembre 1623, sollicite l’acquisition d’un terrain situé dans le Faubourg Saint-Antoine à Paris, pour y construire une chapelle qui soit une succursale de l’église Saint-Paul, destinée aux résidents du quartier, en forte croissance démographique. Il achète, probablement avec les moyens qu’il a retiré de la vente du domaine de Polangis, un terrain en octobre 1624 auprès de Jean de Vitry, seigneur de Reuilly.

La construction de l’édifice se fait en 1625 rue Saint-Bernard et il est nommé Sainte-Marguerite. Cependant, les demandes de Fayet et des habitants du Faubourg pour en faire une église succursale se heurtent à l’opposition des marguilliers de Saint-Paul, laïcs élus par l’assemblée de notables de la paroisse, chargé de la gestion du conseil de fabrique paroissial. Le parlement de Paris jugea, en juillet 1629, que le bâtiment devait rester une simple chapelle, devant servir de sépulture aux membres de la famille Fayet. Mais, une seconde décision de la même instance décida, en août 1631 (confirmée par deux arrêts d’août 1632 et mai 1633), que la chapelle serait érigée en succursale. L’abbé Fayet, qui avait abandonné la cure de Saint-Paul en 1627, fait alors célébrer un service dominical dans le nouveau temple. L’extension du bâtiment se fait en 1634.

Antoine Fayet meurt le 10 février 1634 à Paris. Il était âgé d’environ 69 ans et est enterré dans l'église Sainte-Marguerite. Ses héritiers continuèrent à financer les travaux de l’église. Un plaque apposée dans l’édifice mentionne qu’il en fut, en 1634 le curé fondateur. Son portrait est accroché dans la sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dont il avait été le cinquième curé, avec l’indication « Fayet Antoine 1597-1627 » et l’inscription « Messire Antoine Fayet, conseiller au Parlement de Paris et curé de Saint-Paul, mort le 10 février 1634. »

Portrait de l’abbé Antoine Fayet, sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris

 

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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 00:01

Maurice Gustave Bisson naît à Paris (12e arr.) le 13 mai 1885 Paris. Il est le fils d’un comptable. Gustave Bisson, et de son épouse, Blanche Marvie, couturière. Il exerce d’abord la profession de courtier en librairie puis, comme son père celle de comptable et deviendra négociant en vins et directeur administratif de la Société des entrepôts Morel et Lefort, fonction qu’il exerce toujours en 1946.

Maurice Bisson épouse Rosa Zapel à Meaux (Seine et Marne), en février 1909. Ils auront trois enfants. Elle est la sœur cadette de Réparate Zapel, qui s’était mariée en août 1905 avec Léon Lesestre, futur maire de Joinville.

Après avoir effectué d’octobre 1906 à septembre 1908, un service militaire dans le 4e régiment de hussards, Maurice Bisson est mobilisé lors de la première guerre mondiale en août 1914 dans le 22e section de commis et ouvriers de l’armée (COA). Bien que classé comme pouvant effecteur un service armé, il est déclaré inapte à servir dans d’autres unités que les COA du fait de l’aggravation de sa myopie, mesurée à 9 en septembre 1917. Il rejoint la 24e section de COA en juin 1915 puis la 4E en mars 1916. Il est nommé caporal en septembre 1917 et promu sergent en octobre 1918. Il est démobilisé en mars 1919.

En 1923, Maurice Bisson, qui réside rue Bobillot, dans le quartier de la Butte-aux-Cailles, est président de la section de la ligue d’Action française du 13e arrondissement et le reste jusqu’en 1932. Il assure en outre la présidence de la section d’Ivry-Vitry (Seine, act. Val-de-Marne). En juin 1932, après avoir quitté son domicile parisien, il est remplacé dans le 13e arrondissement et devient président de la section de Joinville-le-Pont en remplacement de Pernot ; il l’est toujours en 1936. Il s’est installé avenue de la République, à la même adresse que Léon Lesestre. En 1939, il envoie une nouvelle contribution volontaire au mouvement royaliste de Charles Maurras.

La section joinvillaise, issue d’un groupe de la région nogentaise existant en 1920, est active depuis 1925. Elle semble cependant en sommeil en 1931 et reprend de l’activité après l’arrivée de Bisson. Son siège est dans le café Georges, rue du Pont. De 1932 à 1934, Bisson est membre du comité pour la banlieue parisienne de la fédération de la ligue pour Paris et la banlieue.

Léon Lesestre, beau-frère de Maurice Bisson, est élu maire de Joinville sur une liste de droite en 1935. Il reste maire de la commune en 1942 et pendant toute la seconde guerre mondiale ; le conseil municipal, nommé par arrêté préfectoral du 20 février 1942, comprend un des fondateurs de l’Action française à Joinville, le Dr Georges Bitterlin.

En 1942, Maurice Bisson devient membre de la Société d'histoire ecclésiastique de la France. Il y est toujours actif en 1948.

Maurice Bisson décède à Joinville-le-Pont le 5 novembre 1957. Il était âgé de 72 ans.

Sa fille aînée, Claire (1909-2002) est religieuse et avait cotisé à l’Action française (1938) ; son fils Marcel (1913-1991) est technicien du bâtiment et sous-lieutenant du génie lors de la guerre en 1939. Le plus jeune, Pierre (1920-1940), sert pendant la deuxième guerre mondiale dans le 4e régiment de hussards, où son père avait fait son service militaire ; il est déclaré Mort pour la France à La Croix-Saint-Leufroy (act. Clef-Vallée-d'Eure), Eure.

Affiche de promotion du quotidien l’Action française en 1931 (Wikipédia)

 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 00:01

Cécile Hélène Marc naît le 15 mars 1914 à Pau (Basses-Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques). Elle est la fille de Louise Marie Schrader (1885-1980) et de son époux Lucien François Marc (1877-1914). Sa mère est médecin. Son père, natif de Rouen, docteur en géographie, s’engage dans l’armée, fait l’école spéciale de Saint-Cyr-Coëtquidan et sert dans les forces coloniales à Madagascar et en Afrique de l’Ouest. Affecté à l’état-major en 1911, avec le grade de capitaine, il est en 1913 stationné à Pau. Il est tué dans les premiers jours de la première guerre mondiale, le 15 septembre 1914, lors des combats du Chemin des Dames à La Ville-au-Bois. Il est titulaire de la médaille coloniale et chevalier de la Légion d’honneur.

Les trois filles de la famille, dont la dernière est née posthume, sont reconnues pupilles de la nation. Si leur mère est parisienne de naissance, elle est la fille d’une personnalité bordelaise, Franz Schrader (1844-1924), géographe, cartographe et peintre paysagiste français, qui fut aussi président Club alpin français et officier de la Légion d’honneur. En matière géographique, il est proche des idées d’Élisée Reclus, son beau-frère, et le père de Cécile, Lucien Marc sera son élève. Celui-ci prend le nom d’usage de « Marc-Schrader » après son mariage, par exemple pour signer en 1913 des articles dans la revue Le Tour du monde, décrivant son activité d’administrateur colonial, sous le titre Quand j'étais maire de Tombouctou. Comme ses deux sœurs, Cécile utilisera également le nom d’usage Marc-Schrader jusqu’à son mariage.

Faisant, dans la suite de sa mère, des études médicales à Paris, Cécile Marc-Schrader est externe des hôpitaux de Paris et obtient son diplôme de docteur en 1940. Elle s’est spécialisée dans la pédiatrie, la gynécologie, les accouchements et la gymnastique médicale. Elle ouvre un cabinet rue Denfert-Rochereau (5e arr.).

En 1941, Cécile Marc-Schrader entre à la Fondation française pour l'étude des problèmes humains, organisme soutenu par le gouvernement de Vichy qui a pour objet d’étudier « sous tous les aspects les mesures propres à sauvegarder, améliorer et développer la population française » et de « synthétiser des efforts poursuivis en dehors d’elle ou dans son sein et développer la science de l’homme. ». Elle a été fondée par le chirurgien et biologiste Alexis Carrel (1873-1944), qui en est le régent. Défendant des thèses racistes et eugénistes, membre en 1937 du Parti populaire français (PPF, extrême-droite) de Jacques Doriot, Alexis Carrel est suspendu de ses fonctions en août 1944 par le gouvernement provisoire, se défend de toute collaboration avec l’Allemagne et il n’est pas jugé.

Selon l’historien Alain Drouard, « Rien ne serait plus erroné que de considérer tous les membres de la Fondation comme des collaborateurs ou des fascistes à la solde de l’occupant, même si tel a dû être le cas pour certains d’entre eux ». Il indique que « les docteurs Jean Sutter, Pierre Royer et Cécile Goldet, à l’époque Marc-Schrader, [étaient] engagés dans la résistance ». Dans son livre Une Inconnue des sciences sociales, La Fondation Alexis Carrel (MSH, Paris, 1992), il précise concernant la situation de la Fondation, après la suspension d’Alexis Carrel : « Tout aurait été réglé de manière informelle par le Dr Bernard Lafay, alors au cabinet de Pasteur Vallery-Radot, assisté à l’intérieur de la Fondation par Mme Cécile Goldet, née Marc Schrader, membre de la Fondation et résistante. »

En mai 1945 Cécile Marc-Schrader épouse Antoine Gustave Goldet, ingénieur à Paris (5e arr.) et prend alors le nom de Cécile Goldet.

L’activité de Cécile Marc-Schrader pendant la deuxième guerre mondiale a fait l’objet d’une confusion avec celle de sa belle-sœur (y compris dans la notice que lui a consacrée le Sénat). Cécile Goldet (1901-1987), sœur d’Antoine, s’est engagée en tant qu’infirmière dans la résistance, et servit au sein du maquis du Vercors. Elle fut l'une des sept infirmières soignant des combattants dans la grotte de la Luire à Saint-Agnan-en-Vercors (Drôme), faite prisonnière par les Allemands le 27 juillet 1944 et déportée à Ravensbrück avec ses collègues. Elle décorée de la médaille de l’Ordre de la Libération.

Après-guerre, tout en poursuivant son activité médicale, Cécile Goldet (née Marc-Schrader) participe en 1960 à la création du Mouvement français pour le planning familial.

Elle s’engage en politique et adhère en 1962 au Mouvement Démocratique Féminin, introduite par Marie-Thérèse Eyquem puis en 1964 à la Convention des institutions républicaines (CIR), formation fondée par François Mitterrand. Elle devient en 1965 conseillère municipale du village de Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne).

Dans le cadre de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (dont la CIR est membre avec notamment le Parti socialiste SFIO), Cécile Goldet est candidate aux élections législatives dans la quatrième circonscription de Paris en mars 1967, où elle obtient 3 310 voix pour 34 210 suffrages exprimés (9,7%). En 1970, elle est trésorière de l'Association pour l'étude de l'avortement.

En juin 1971, le congrès d'unification des socialistes à Épinay-sur-Seine voit la constitution du Parti socialiste (PS), regroupant diverses formations dont la SFIO et la CIR. Cécile Goldet intègre le secrétariat de la Fédération socialiste de Paris au titre du CERES, mouvement de Jean-Pierre Chevènement. Elle siège au comité directeur du PS en 1975 et défend, au sein de ce mouvement, des positions féministes.

Elle représente les socialistes dans la même circonscription parisienne en mars 1973, recueillant 8 433 des 28 039 suffrages exprimés au second tour (30,1%) ; elle n’est pas élue. Lors de ce même scrutin, Hélène Goldet, fille de Cécile, est candidate, avec le soutien de la Ligue communiste révolution (LCR) dans une autre circonscription de la capitale.

Lors des élections sénatoriales du 25 septembre 1977 pour le département de Paris, Cécile Goldet figure en troisième position sur la liste du PS et du Mouvement des radicaux de gauche, qui obtient deux sièges. Elle n’est pas élue, mais entre au Sénat le 29 mai 1979, au lendemain du décès de Georges Dayan. Membre du groupe socialiste, elle en devient vice-présidente en 1980.

Au sein de la haute assemblée, Cécile Goldet, qui a pris sa retraite de gynécologue en 1982, s’investit dans la lutte contre les discriminations au travail et pour l'égalité professionnelle. Elle vote en 1981 la loi portant abolition de la peine de mort. Elle est présidente du groupe d'études sénatorial des problèmes des déshérités et du quart-monde (1980-1986).

Cécile Goldet meurt le 27 octobre 2019 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Elle était âgée de 105 ans et mère de trois enfants. Elle est inhumée à Fleury-en-Bière.

Cécile Goldet (cl. Sénat)

 

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2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 00:01

Jules Florentin Royer naît le 30 mars 1842 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Flore Charbonnet et de son époux Félix Eugène Royer. Ils vivent rue L’Évêque (act. rue Boissy-d’Anglas Paris 8e arr.) et son père est coutelier.

En 1858, il fréquente l’atelier de Tissier, professeur d'architecture, situé rue des Fossés du Temple à Paris (act. rue Amelot, 11e arr.) et réside alors rue Léon à La Chapelle-Saint-Denis (act. Paris, 18e arr.). Il réussit le concours d’entrée et intègre, en novembre 1859, l’École des Beaux-Arts de Paris.

Installé comme architecte boulevard du Prince-Eugène (act. bd Voltaire, Paris 11e arr.), Jules Royer épouse Marie Thonille Rigoulot, fille d’un entrepreneur de menuiserie parisien. Tout en maintenant son activité principale et sa résidence à Paris, Jules Royer acquiert une propriété dans le nouveau quartier de Palissy, sur la rive gauche de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils y résident principalement l’été et leur fille y naît en octobre 1871, peu après que les troupes d’occupation allemandes ont quitté la cité. Probablement c’est lui le Royer qui est en 1868 membre répartiteur du bureau de bienfaisance de Joinville.

Employé comme vérificateur au service permanent d'architecture de la Ville de Paris, Jules Royer devient en février 1892 réviseur des travaux d’architecture de la ville. À partir de 1896, Royer installe son bureau personnel à Joinville, avenue du Château (act. av. Foch).

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville, trois listes se présentent. Les radicaux-socialistes soutiennent le maire sortant, Eugène-Voisin ; les socialistes révolutionnaires présentent une candidature incomplète ; et une partie des sortants ayant rompu avec le maire, ainsi que les conservateurs, constituent le troisième pôle. Jules Royer figure parmi les candidats, étiquetés comme nationalistes.

Au premier tour, la liste radicale de Voisin obtient 50,2% des suffrages exprimés et 15 sièges, la droite suivant avec 31,9% tandis que les socialistes sont à 14,9%. Les radicaux récupèrent sept des huit siège en ballotage, en laissant un à la droite. Royer a recueilli 337 voix, soit 30,1% ; il n’est pas élu. Le maire Eugène-Voisin est réélu.

Jules Florentin Royer meurt le 24 octobre 1909 à Joinville. En janvier de cette même année 1909, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants. Son fils aîné Félix est aussi architecte à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Le cadet, Jules, est dessinateur.

Certificat d’admission de Jules Royer à l’École des Beaux-Arts de Paris (coll. INHA)

 

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28 juin 2025 6 28 /06 /juin /2025 00:01

Romain Joseph Charles Guyot naît le 1er février 1879 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Mathilde Joséphine Maréchal et de son marié Auguste Romain Guyot ; ils vivent rue des Gravilliers. Son père est ébéniste et meurt en août 1885, quand il a 7 ans ; sa mère décède en mai l’année suivante, le laissant orphelin à 8 ans.

Appelé à faire son service militaire, Romain Guyot, qui est ingénieur géomètre, est en ajourné une première fois en 1901, de nouveau l’année suivante puis exempté pour « bronchite spécifique. »

Alors qu’il réside dans le 20e arrondissement, rue Perdonnet, Romain Guyot épouse en mai 1901 Eugénie Marguerite Prin, fille d’un courtier parisien. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier nouvellement loti de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves).

Lors des graves inondations du premier trimestre 1910, qui voit la rivière Marne recouvrir une grande partie du territoire communal et notamment les voies de Polangis, Romain Guyot fait partie des membre de la commission municipale qui organise le service de désinfection. Avec des élus, ils visitent les locaux inondés, délivrent ou non une permission de réintégration, mettent à disposition, à titre gratuit, des produits pour permettre la désinfection des boues et immondices.

Désireux de cacher ses économies, sans le dire à sa femme, Romain Guyot met l’importante somme de 1 076 francs sous la cendre du poêle de son mois de la salle à manger en juillet. Il avait attendu un ouvrier supposé le ramoner depuis six mois et supposait qu’il ne viendrait plus en été. Pourtant, il se présente en août, quand Guyot est en déplacement. Considérant que l’entrepreneur de fumisterie était responsable de son préposé, Guyot lui demande le remboursement de la somme, tandis que celui-là assure que c’est « la négligence et l’imprudence » de M. Guyot qui avaient provoqué le vol. La 7e chambre du tribunal de la Seine a décidé en mars 1913 que, quelle qu'ait été l'imprudence de M. Guyot, le patron est néanmoins responsable de son commis et a été condamné à rembourser. L’ouvrier fut condamné à six mois de prison.

Pendant la première guerre mondiale, la situation militaire de Romain Guyot est requalifiée et il est reconnu apte à faire un service armé en avril 1915, d’abord dans le 37e régiment territorial d'infanterie puis dans le 35e et le 260e. En août 1915, il est versé dans le 2e groupe d’aviation et transféré en septembre 1917 dans le 3e groupe. Il est promu au grade de brigadier en octobre 1918. Au moment de sa démobilisation en février 1919, il était stationné à Casablanca, au Maroc sous protectorat français.

Après le conflit, Romain Guyot est l’un des vingt membres délégués par le Conseil général de ce département pour participer aux travaux du Tribunal des dommages de guerre de la Seine. Il y côtoie un de ses voisins, l’architecte Émile Georges Muckensturm.

En juillet 1935, Guyot fait partie des 24 personnes qui, aux côtés de la commune de Joinville-le-Pont, la compagnie Est-Lumière, en tant que propriétaires de terrains, constituent l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis, un canal creusé au moment du lotissement du quartier.

Les autorités ayant décidé, en février 1934, de lancer un projet de reconstruction du pont de Joinville, une enquête est prescrite en vue de la déclaration d'utilité publique. Romain Guyot est nommé commissaire enquêteur en août 1936 et rend un avis favorable. L’agrandissement du pont sera réalisé pendant la deuxième guerre mondiale.

L’épouse de Romain, Eugénie Guyot, meurt au domicile conjugal de Joinville en mars 1943. Dans cette même ville, en décembre la même année, Romain Guyot reconnaît la naissance deux enfants hors de son union, Jacques René Auguste Guyot (1925-2005) et Pierre Guyot. Il épouse leur mère Diana Paule Angéline de Mayer en janvier 1944 à Joinville. Elle vient de la province d'Anvers, en Flandre (Belgique).

Romain Joseph Charles Guyot meurt le 28 mars 1964 au Perreux-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans et père d’au moins deux enfants.

L’inondation de 1910 à Polangis (Joinville-le-Pont)

 

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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 00:01

Élie Camille Pierre Nivelle naît le 4 mars 1853 à Montignac-Charente (act. Montignac-Charente, Charente). Il est le fils de Marie Peyraud et de son époux Camille Nivelle. Son père est poëlier et originaire du département voisin de la Vienne.

Devenu chemisier, il vit à Paris ou, pendant le siège de la capitale par les forces prussiennes lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s’engage dans la compagnie de marche du 38e bataillon de la Garde nationale.

Il continue son service militaire après le 18 mars, jour du début de l’insurrection de la Commune de Paris, quand la Garde nationale refuse de rendre les canons en sa possession aux forces ennemies. Il fait partie de l'artillerie fédérée, la troupe des communards, et se rend à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) en tant que canonnier. Il y est blessé le 23 avril, rentre chez ses parents à Paris puis rejoint un oncle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il reste jusqu’à la fin de la Commune le 25 mai. Il est arrêté le 17 juin à Paris. Le 4e conseil de guerre considère qu’il a « de bons antécédents » et le condamne le 23 novembre 1871 à un an de prison.

En janvier 1878, Élie Nivelle est encore employé d’un commerce de chemiserie à Paris et épouse à Dijon (Côte-d'Or) Anne Émilie Martin, demoiselle de magasin. Ils vivent d’abord dans le 16e arrondissement de Paris (rue Mesnil, rue Copernic, avenue Victor-Hugo et rue de la Pompe), puis, dans les années 1890, dans le 18e (rue des Abbesses).

À partir de 1903, la famille vit alternativement à Saint-Nazaire-sur-Charente et Soubise, deux communes voisines de Charente-Inférieure (act. Charente-Maritime) où ils sont propriétaires.

Élie Nivelle meurt le 6 novembre 1920 à Soubise. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants.

Un panneau déposé sur le pont d’Asnières rend hommage à la « Sortie des fédérés. »

 

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24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 00:01

Alexandre Louis Ernest Trépreau naît le 9 décembre 1890 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Louise Courtois et de son époux Ernest Charles Trépreau. Ses parents sont fabricants de chaussures et vivent boulevard de Charonne. Ils s’installent ensuite rue Dorian (12e arr.) puis, en 1898, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). En 1910, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves) ; le père est alors employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier ; il sera ultérieurement représentant de commerce.

Devenu électricien, Alexandre Trépreau dépose plusieurs brevets, pour un radiateur électrique en novembre 1909, puis pour des perfectionnements aux disjoncteurs en janvier 1910. Il complète son travail d’innovation avec trois brevets en 1911 pour un chauffe-eau électrique instantané, qu’il commercialise sous la marque Hydra-Lux ; il le présente au concours Lépine de Paris en septembre 1910. La revue Science progrès découverte commente en novembre 1910 : « L’appareil n’est pas destiné à chauffer de très grandes quantités d’eau comme pour un bain par exemple, mais il trouvera sa place dans les cabinets des médecins et des dentistes, chez les coiffeurs et dans les cabinets de toilette des appartements modernes. »

Pour protéger ses inventions, Trépreau dépose ses marques en 1909 auprès du Bureau international de l'Union pour la protection de la propriété́ industrielle et fait publier cette inscription dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, Cuba, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse…

Appelé en décembre 1911 à faire son service militaire, Alexandre Trépreau intègre le 46e régiment d’artillerie de campagne, dans lequel il est maître pointeur en septembre 1912. Il est victime d’une chute, en mai 1913, qui le blesse au genou droit puis démobilisé en novembre 1913.

De nouveau appelé en août 1914 au déclenchement de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, son activité militaire lui vaut une citation en février 1916 à l’ordre de la division. Il est évacué en mars 1916 pour une « angine aigüe ». Après avoir repris son poste en mai, il souffre de problèmes rénaux, qui lui valent une réforme temporaire en juillet 1916 pour « albuminerie persistante ». Son état est confirmé en octobre la même année, puis en juin 1917 et en mai 1918. Le conflit étant terminé, il se voit attribuer en octobre 1919 une pension de 20% pour asthénie générale avec trace d’albumine. En septembre 1920, il est affecté à des services auxiliaires, du fait d’une néphrite chronique, d’albumine, de céphalées, d’essoufflement, et d’amaigrissement, sa pension étant alors fixée à 10%. En novembre 1929, il est définitivement réformé de ses obligations militaires, avec une pension de 35% pour des reliquats de néphrite et de l’hypertension.

Pendant son second congé-maladie lors de la guerre, Alexandre Trépreau épouse en décembre 1916 à Paris (11e arr.) Ernestine Claire Werren, cartonnière. Toujours domicilié avenue de l’Île à Joinville, avec ses parents, Trépreau abandonne son activité commerciale pour un temps et est contremaître ; en avril 1925, il recherche une « place stable. »

Abonné au journal royaliste Action française, Alexandre Trépreau, dont le père partage les opinions, participe à de nombreux appels à souscription du quotidien d’extrême-droite. Ainsi, en janvier 1918, les deux envoient 5 francs chacun avec la mention suivante : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ».

Répondant à un appel intitulé « Le million de la défense sociale contre l’or bolchévik », en juillet 1919, Alexandre Trépreau s’inscrit « Pour la paix qui passe, par la Monarchie » puis en septembre la même année en écrivant « Vive Daudet, le sauveur de la France ». Il participe à de nouveaux appels en avril 1921 « Pour la reconstitution nationale », en décembre de ladite année « Pour conserver la victoire » et en mai 1924 « Pour l’action nationale. »

Une fois de plus en compagnie de son père, ils font partie des 22 joinvillais qui contribuent en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. En décembre 1927 puis en mars 1929, Alexandre Trépreau est de nouveau mentionné comme contributeur à l’Action française.

En matière professionnelle, Alexandre Trépreau reprend une activité commerciale indépendante, avec une boutique d’appareils de TSF (téléphonie sans fil, radio), implantée rue de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qu’il exploite en 1931.

Après la mort de son père en février 1932 et de son épouse en août de cette année-là, il quitte Joinville et vit rue de Charonne à Paris (11e arr.). Son entreprise de Charenton fait faillite en mars 1935. Travaillant toujours comme électricien et demeurant rue Marqfoy (act. rue Robert-Blache, Paris 10e arr.), Alexandre Trépreau se remarie avec Marie Émilia Jeanne Gondouin, sténodactylo,

Au début de la deuxième guerre mondiale, il est hospitalisé à La Salpêtrière puis travaille comme magasinier électricien en 1940.

Alexandre Trépreau meurt le 28 mars 1959 à Argentan (Orne). Il était âgé de 68 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant. En février 1916, il a été décoré de la Croix de guerre.

Schéma du chauffe-eau Hydra-Lux

 

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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 00:01

Ernest Charles Trépreau naît le 21 décembre 1852 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Louise Danneel et de Pierre Trépreau ; ils vivent rue Marie-Stuart (2e arr.). Pendant le siège de Paris, lors de la guerre franco-allemande, il envoie un message à sa famille par pigeon-voyageur, daté du 16 décembre 1870 à Château-Gontier (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) : « familles Trépreau, Guillier bien portantes ». C’est le seul moyen de communication avec la capitale à ce moment.

En juin 1877, fabricant de chaussures et vivant toujours rue Marie-Stuart, il épouse à Paris (6e arr.) la fille d’un autre chausseur, Marie Louise Courtois. En septembre 1885, la manufacture de chaussures Trépreau et Courtois est dissoute, et Trépreau continue seul l’activité encore au même endroit.

En 1898, la famille vit à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1910, s’installe à Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Il est à ce moment employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier puis devient ultérieurement représentant de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, les époux Trépreau participent à une souscription pour les invalides de la guerre, diffusée dans le quotidien L’Écho de Paris en Aisne 1915.

Après-guerre, en compagnie de son fils Alexandre, qui vit avec lui, Ernest Trépreau contribue financièrement au quotidien royaliste Action française en transmettant le message suivant en janvier 1918 : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ». Toujours avec le même fils, il participe à un appel en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras, le dirigeant du mouvement. Vingt-deux joinvillais y contribuent

Son frère, Auguste Trépreau (1855-1928), libraire et papetier, dirigeant d’organisations professionnelles, s’était exprimé au moment de l’affaire Dreyfus dans le quotidien antisémite La Libre Parole en 1898 et 1900. Il avait ensuite fondé une formation de défense des entrepreneurs et était devenu conseiller municipal de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Auguste Trépreau meurt le 8 février 1932 à Joinville et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Il était âgé de 79 ans et père de trois enfants.

Usine Pathé à Joinville-le-Pont

 

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