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24 septembre 2026 4 24 /09 /septembre /2026 00:01

Lucien Boismaigre naît le 27 juin 1884 à Paris (20e arr.). Il est le sixième des huit enfants de Clémentine Léocadie Sauceret et de Louis Philéas Boismaigre. Sa mère est ouvrière cartonnière. Ses parents ne sont pas mariés, malgré la publication en décembre 1894 d’un avis de mariage dans la mairie d’arrondissement. La famille vit rue de la Plaine puis rue Auger.

Le père, qui utilise le prénom de Pierre (1850-1900), est ouvrier galochier, c’est-à-dire fabricant de chaussures à semelles de bois. Il est natif de Saint-Brisson-sur-Loire (Loiret), de parents alors non mariés. En novembre 1894, Louis Philéas Boismaigre est élu membre du conseil d’administration de la Société coopérative des ouvriers galochiers de la Seine, association fondée en 1874 et dirigée par Paul Eugéne Girard, Joseph Duperray étant le troisième administrateur. Peut-être est-ce ce même Boismaigre qui avait, en février 1877, souscrit « pour les ouvriers lyonnais », puis, en février 1884, avait été délégué par le cercle du Parti ouvrier du quartier Marguerite (Paris, 11e arr.) au comité électoral du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire du 19e arrondissement avec le citoyen Dulucq. Il aurait aussi participé, au sein de la coopérative des galochiers, à une collecte en septembre 1895 « pour les verriers de Carmaux, défenseurs des droits du suffrage universel ». Il meurt en mars 1900 à Paris (20e arr.), quand Lucien a 16 ans.

Lorsqu’il est convoqué en 1904 pour ses obligations militaires, Lucien Boismaigre est enregistré comme étant de petite taille (1 m 54) et travaillant comme sculpteur. Il aurait dû effectuer son service en 1905, mais il est ajourné à deux reprises. Il rejoint le 87e régiment d'infanterie en octobre 1907, puis est réformé par une commission siégeant à Soissons (Aisne) en décembre pour « faiblesse de constitution » ; il est alors considéré comme devant effectuer des services auxiliaires en cas d’appel. Il vit dans le 20e arrondissement, rue des Haies puis rue du Clos. En 1911, il habite, avec Jeanne Verneret, mécanicienne, native d’Autun (Saône-et-Loire), chez la mère de cette dernière à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), rue Mauconseil.

Mobilisé au début de la première guerre mondiale, Lucien Boismaigre est de nouveau réformé le 9 août 1914 pour « bronchite chronique ». Une révision de sa situation a lieu en septembre 1915 et il est envoyé au front au sein du 26e régiment d'infanterie.

Le mariage de Lucien Boismaigre avec Jeanne Verneret est célébré en janvier 1916 à Paris (20e arr.). Ils reconnaissent deux enfants nés antérieurement.

Sa santé conduit de nouveau à sa réforme en décembre 1916, où l’on diagnostique une « tuberculose costale, anciennement opérée, récidivée et fistulée ». Après-guerre, les médecins militaires jugent son état « moyen » en septembre 1922 ; une pension d’invalidité de 10% lui a été accordée en février 1920, portée deux ans plus tard à 20%, puis ramenée en octobre 1924 au montant initial, son état étant alors jugé « assez bon. »

Le livret militaire de Lucien Boismaigre mentionne, en août 1919, une condamnation à deux mois de prison pour recel par le tribunal correctionnel de la Seine. Les faits sont sans doute amnistiés, la ligne ayant été rayée.

En 1926, la famille Boismaigre est domiciliée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne. Il est toujours sculpteur sur bois et son fils cadet éponyme est ébéniste.

Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Boismaigre est candidat sur la liste communiste conduite par Roger Benenson (1900-1945), ouvrier mécanicien, plus tard député (1936-1940) puis interné pendant la deuxième guerre mondiale, déporté et mort en Allemagne dans le camp de concentration de Drütte. Sous l’étiquette de Bloc ouvrier et paysan, la liste recueille 18% des suffrages exprimés, derrière celle du maire sortant Stephen Durande (divers droite, 1875-1951, 39%) et une autre dirigée par Georges Briolay (radical-socialiste, 1863-1940), sous l’étiquette de concentration des gauches. Le parti communiste considère qu’il s’agit d’un « cartel socialo-bourgeois » et refuse de se désister. Au second tour, ses candidats obtiennent 12% des votes et sont tous battus, la droite ayant 41% et 5 élus, Briolay recueillant 45% et 22 sièges, devenant le nouveau maire.

Lucien Boismaigre avait recueilli 339 votes au premier tour, soit 16% des 2126 exprimés pour 2969 électeurs inscrits, tous masculins.

Vivant toujours à Joinville, veuf depuis novembre 1951, Lucien Boismaigre meurt le 8 janvier 1962 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était hospitalisé. Il était âgé de 77 ans et avait eu trois enfants.

Sculpteur sur bois conçu sur l’IA Mistral à partir de la description physique de Lucien Boismaigre dans sa fiche militaire

 

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16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 00:01

Jean Baptiste Brutus Vauvray naît probablement le 17 nivôse an 2 (6 janvier 1794) à Paris (3e arr.), selon la date qui figure sur les listes électorales de Joinville-le-Pont en 1848. D’autres sources généalogiques mentionnent une date un peu antérieure, le 27 frimaire an 2 (17 décembre 1793). Il est le fils de Marie Françoise Réaux et de Pierre Vauvray. À sa naissance, comme à celle d’un frère aîné, ses deux parents ne sont pas mariés. Ils se marient le 13 fructidor an 2 (30 août 1794) à Paris. Il se présente aussi bien sous le prénom « Jean Baptiste » que sous celui de « Brutus », qu’il semble toutefois préférer.

Sa mère est éventailliste. Le métier du père n’est pas connu formellement, mais il est très probable qu’il est ferblantier lampiste, de même que l’est un de ses frères. C’est également la profession qu’exerce Brutus Vauvray. La famille compte sept enfants, dont une fille morte très jeune.

Le 22 mai 1813, Brutus Vauvray épouse à Paris (2e arr.), en l’église Notre-Dame de Bonne Nouvelle, Marie Geneviève Vandenbosch, elle aussi parisienne. Ils auront sept enfants.

C’est en 1818 qu’est fondée l’entreprise de ferblanterie Vauvray, installée à Paris (6e arr.) rue Phélipeaux (act. rue Réaumur). Au moins deux de ses fils seront associés et continueront l’activité.

En 1829, Vauvray est réputé pour produire une lampe à huile en cuivre jaune. Il obtient en octobre 1842 un brevet pour des « améliorations apportées à la lampe à régulateur » avec un autre brevet en juillet 1843, il fait protéger un procédé de carbonisation du bois et une nouvelle amélioration de la lampe. L’atelier Vauvray participe, en 1843 à la septième exposition des produits de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries de Paris. Il présente des lampes mécaniques, des lampes soleil à pied et suspendue, des pendules en bronze et en zinc, mais surtout ses lampes à régulateur et lyres à gaz pour lesquelles il a également un brevet. Ses produits sont également retenus pour l’exposition universelle de 1855 à Paris.

Rue Phélipeaux à Paris (Wikipédia)

Dans un domaine un très différent, Brutus Vauvray reprend, en mars 1847, un brevet pour « un système et un mode mécanique d’enseignement » dénommé « mécanisme de l’éducation ». Le dispositif a fait l’objet d’un brevet accordé en juillet 1841 à Louis Jérôme Napoléon Mouret (1810-1877), greffier devenu agent d’affaires et résidant alors à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Il repose sur la compétition entre de petits groupes d’élèves, réunis dans des petits espaces séparés sous la surveillance d’un seul maître. Il ne semble pas que Brutus Vauvray ait mis en œuvre les méthodes préconisées.

Depuis au moins 1847, les époux Vauvray résident à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Enregistré en tant que propriétaire Brutus Vauvray figure en 18e position parmi les contribuables communaux de l’année, ce qui lui vaut de se situer en 1848 sur la liste des 96 électeurs censitaires (10% de la population de 960 habitants de la commune).

Il est élu conseiller municipal en juillet 1852, le maire étant le grammairien Charles Pierre Chapsal. Il est réélu en juillet 1855, toujours avec le même édile puis en 1861. Auguste Courtin, fils adoptif de Chapsal, a pris sa succession.

En 1856, Vauvray fait partie des 52 habitants de Joinville qui font des dons pour l'armée d'Orient, combattant alors en Crimée (Russie, act. Ukraine).

Brutus Vauvray meurt le 31 mai 1863 à Joinville-le-Pont, à l’âge de 67 ans. Il est enterré dans le nouveau cimetière de la commune, inauguré en 1861 dans le quartier de Palissy.

Les deux fils de Brutus Vauvray ont pris sa succession dans la vente de lampes en 1850.

Schéma du « mécanisme d’éducation » (INPI)

 

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24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 00:01

Claude Auguste Bossus naît le 23 mai 1851 à Jussey (Haute-Saône). Il est le fils de Françoise Roussey et de son époux Claude Bossus. Ce dernier est, en 1857, facteur rural des postes dans la commune voisine de Noroy-le-Bourg ; la même année, en novembre, la mère de Claude Auguste meurt, alors qu’il a 6 ans.

Il est recensé avec la classe 1871 au titre de ses obligations militaires, mais non tiré au sort pour effectuer le service. Il est cependant possible qu’il se soit engagé dans une unité militaire ou un corps-franc ; Bossus est membre, jusqu’à son décès, de la Société nationale de retraites Les vétérans des armées de terre et de mer dans sa commune de résidence.

Claude Bossus fils vit en 1887 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est chaudronnier. Il réside route de la Brie (act. avenue Gallieni) dans le quartier de Palissy, créé une dizaine d’années plus tôt sur la rive gauche de la Marne. Il épouse dans cette ville en juillet 1887 Augustine Gougenot, employée de commerce, également native de Jussey. À partir de 1889, ils exploitent l’épicerie – débit de vin située à l’heure adresse, reprise sans doute de Jean Troupel, un des témoins de leur mariage.

Lors de cette même année 1889, Claude Bossus participe à l’organisation d’un banquet qui aura lieu en janvier 1890. Il se tient en l’honneur de Jules Ferdinand Baulard (1827-1910), ancien ouvrier devenu chef d’entreprise de bombage de verre, militant républicain pendant la révolution de 1848 et lors de la Commune de Paris, ancien conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1884-1888) et conseiller général de la Seine (1886-1890). Baulard venait d’être élu député en 1889 et siégeait à l’extrême-gauche de l’Assemblée nationale, dans les rangs radicaux ; il était libre-penseur et franc-maçon.

L’initiative du banquet revient à Marie Henri Brégeot, dit Henry Vaudémont, dit Gringoire (1855-1896), journaliste et éditeur de journaux, écrivain, conférencier économique et scientifique, également libre-penseur et franc-maçon ; il est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire radical Voix des communes. Deux autres commerçants de même tendance participent à la préparation : Alphonse Demeestère (1816-1894), hôtelier-restaurateur, républicain en 1848, conseiller municipal et dirigeant du comité radical-socialiste d’arrondissement, libre-penseur ainsi que Gustave Gobert (1858-1924), marchand de vin et restaurateur.

Suite au décès d’un adjoint au maire de Joinville-le-Pont, Nicolas Chéret, des élections municipales partielles sont organisées en mars 1890 pour pourvoir cinq postes vacants ; Henry Vaudémont constitue une liste radicale-socialiste, sur laquelle figure Bossus. Elle obtient trois des sièges, mais ce dernier n’est pas élu.

Claude Bossus s’implique de nouveau dans les festivités marquant l’élection d’un conseiller général radical-socialiste en mai 180 puis après la réélection de Baulard en tant que député en septembre 1893.

En tant que commerçant, Claude Bossus prend également part aux fêtes de son quartier. Il est ainsi secrétaire de la Commission de la fête des Villas Palissy, en juin 1891 puis trésorier en août 1893. Il se charge de l’organisation des fêtes de l’été 1900, au nom du comité, qui s’élargit au nouveau quartier de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne,

En 1892, à l’occasion du 22 septembre (centenaire de la République), l’hebdomadaire radical Voix des communes remarque que « La fête a été célébrée assez mollement par le vieux Joinville mais beaucoup plus allègrement par Palissy et Polangis. Les maisons Bossus, Hype, Provost, Maroufin illuminaient la route. »

Le Tribunal correctionnel de la Seine, en mai 1895, condamne Claude Bossus à une amende de 200 francs « pour infraction à la loi sur la vente des beurres. »

Le couple a eu trois enfants, dont les deux filles sont mortes très jeunes. Au décès d’Augustine Bossus, en mars 1903, leur fils a 12 ans.

En octobre 1904, Claude Bossus fut victime d’un vol domestique que le quotidien socialiste L’Humanité (09/10/1904) raconte sous le titre « Une petite bonne qui s'amuse » : « Célestine Bourdinet, bonne chez M. Bossu, habitant route de Bry, trouvait que la vie était monotone. Aussi rêvait-elle de se payer un jour une vraie noce. Malheureusement, l'argent lui manquait. Ayant découvert que son patron possédait une somme de onze cents francs, elle s'en emparait avant-hier et prenait la fuite. Son premier soin fut d'acheter une magnifique couronne de 30 francs, qu'elle porta sur la tombe de son fiancé, décédé l'an dernier puis, pour une somme de 35 francs, elle loua une voiture pour la journée. Avec le véhicule, elle vint à Paris, y fit un souper fin, s'offrit le théâtre, puis songea à rentrer à Joinville mais, au moment de partir, elle décida de rapporter quelque chose à une de ses amies malade et dans un état de dénuement complet. Aussi pensa-t-elle qu'un gigot serait le bien reçu, et elle réveilla un boucher qui, tout en maugréant, lui fournit une pièce de choix. Très gaie, elle reprit sa voiture et, en arrivant à destination, sortait un louis de sa poche pour l'offrir comme pourboire du cocher, quand elle fut cueillie par les agents de M. Rogeaux [commissaire de police], que le patron de la petite bonne avait prévenu. Au commissariat, Célestine Bourdinet ne fit aucune difficulté pour reconnaître son vol, et donna avec beaucoup de gaieté les détails les plus complets sur la noce qu'elle avait faite. M. Rogeaux a envoyé la petite bonne au Dépôt. »

La bonne des Bossus s’appelait Marie Charon en 1901. Il n’est pas possible d’identifier une Célestine Bourdinet. Peut-être s’agit-il de Célestine Bourdenet, née vers 1884 dans le Doubs.

Claude Bossus meurt le 29 avril 1907 Joinville à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 55 ans et toujours marchand de vin, son établissement se situant probablement à l’emplacement de l’actuel café Le Mocca.

Son fils Émile Bossus (1890-1980), enseignant dans une école privée de Joinville puis comptable dans une entreprise d’assurance, est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Sergent en septembre 1915, rétrogradé caporal en octobre 1916, il est cassé de son grade en septembre 1917 pour « avoir manqué au travail pendant la journée ». La famille vit toujours à Joinville en 1971.

La route de Brie (act. avenue Gallieni) à Joinville-le-Pont, début du 20e siècle

 

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29 mars 2026 7 29 /03 /mars /2026 00:01

Louis Philippe Huardeau naît le 2 février 1754 à La Varenne et est baptisé dans l’église Saint-Hilaire. Il est le fils de Marie Marguerite Prunier et de son époux Louis Aimable Huardeau, voiturier. Le hameau de La Varenne Saint-Hilaire occupe la majeure partie du territoire de la presqu’île de Saint-Maur-des-Fossés ; il est annexé en 1790 par cette dernière commune (act. Val-de-Marne).

Devenu voiturier comme son père, Louis Huardeau épouse en avril 1782, à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, Marguerite Bizouard. Les époux ne savent pas signer.

Au début de la révolution française de 1789, les époux vivent dans le village de Pont-de-Saint-Maur, qui dépend également de la paroisse Saint-Nicolas mais se constitue, en novembre 1790, en tant que commune distincte sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et deviendra, en 1931, Joinville-le-Pont.

Lors de la mise en vente en brumaire an 5 (novembre 1796) des biens nationaux, qui appartenaient antérieurement à des aristocrates ayant quitté le territoire ou à des congrégations religieuses, quatre résidents de la commune se portent acquéreurs pour un total de sept hectares de terres. Parmi eux, Edme Lheureux (1733-1798) cultivateur et marchand de bois, premier maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (1790-1792), Jean Acher (1752-1837), épicier puis marchand de bois, procureur, agent municipal faisant fonction de maire (1795-1800) et Jacques Roch Vingdlet (1754-1824), carrier, conseiller municipal, adjoint et maire (1790-1824). Louis Huardeau, acquiert trois arpents de terre (soit un hectare et demi) au prix de quatre livres.

La famille Huardeau réside rue du Pont, une des principales artères du village où se trouve la mairie et une chapelle, Saint-Léonard.

Au cours des années 1810, la famille vit de nouveau dans le bourg de Saint-Maur. Louis Huardeau meurt le 27 février 1823 dans cette commune. Il était âgé de 79 ans et son épouse avait donné naissance à treize enfants, dont six ou sept sont morts en bas âge.

Annonce de la mise en vente des biens nationaux

 

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17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 00:01

Henri Stanislas Parisot naît le 25 septembre 1822 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Marie Caroline Marchal et de son époux, Joseph Parisot. Son père est un ébéniste et passementier (producteur et vendeur d’ornements textiles ou décoratifs) forain. Henri Parisot travaille comme ébéniste et vit rue de la Tixéranderie (7e arr., rue aujourd’hui disparue quand la rue de Rivoli a été tracée).

Lors de son premier mariage, en juin 1844 à Paris (4e arr., quartier de Saint-Merry), il dit exercer le métier de passementier. Il prend pour femme une très jeune fille, Clara Augustine Letellier, couturière, âgée de 16 ans. Ils sont installés rue de la Vieille-Tannerie (4e arr.). La mariée meurt à peine un an plus tard, en juillet 1845, elle a alors 17 ans et ils sont domiciliés rue Moreau (8e arr.).

Retourné vivre chez sa mère, qui est séparée de son père, rue de la Coutellerie (7e arr.), Henri Parisot, qui se déclare de nouveau ébéniste, se remarie en mars 1846 à Paris (7e arr.) avec Delphine Jeanne Gachet, marchande de quatre saisons dans la même rue. Peu après leurs noces, ils s’orientent vers des activités artistiques. Selon le quotidien Le Droit (22 avril 1859) « En 1847, Stanislas Parisot était chanteur comique dans un de ces cafés où les consommateurs sont obligés, bon gré mal gré, d’avaler avec leur limonade ou leur grog, une romance, une cavatine ou une chansonnette » ; son épouse est également devenue musicienne.

Au cours de cette même année 1847, rencontre Marguerite Choland, épouse de Jean Pierre Doumene, dont elle a un fils, sourd-muet ; elle est sensiblement plus âgée qu’Henri, ayant alors environ 44 ans, quand il en a 25. Tous les deux quittent leurs conjoints et vivent ensemble avec l’enfant.

Mme Doumene gagnait alors sa vie comme culottière et, suivant l’enseignement de Parisot, devient comédienne. Lui se réoriente vers la prestidigitation ; grâce à l’épargne de sa compagne, le couple achète une grande voiture de saltimbanque et tout le matériel nécessaire pour se produire dans les fêtes et les foires.

S’ils poursuivent leur relation jusqu’à la fin des années 1850, elle ne semble pas exclusive, puisqu’en septembre 1856, à Marseille, Henri Parisot déclare à l’état-civil la naissance d’un fils de son épouse légitime. Il se présente comme ébéniste et indique qu’il réside avec son épouse Grand Chemin d’Aix.

La rupture des relations entre Parisot et Marguerite Doumene donne lieu à un procès en avril 1859 devant le Tribunal civil de la Seine à Paris. Il demande que le matériel de l’activité foraine lui soit attribué, tandis que Marguerite accepte de le lui donner, à condition qu’il revienne vivre avec elle ; Les juges rejettent la revendication Parisot et le condamne aux dépens. Les échanges de lettres entre les deux anciens compagnons, publiées par Le Droit, sont reprises dans l’hebdomadaire L'Illustration. Les deux journaux ont, semble-t-il, scrupuleusement respecté l’orthographe. Le chroniqueur de ce dernier titre, Henrys, commente, considérant que les deux ont répondu au « cri de l’indépendance bohémienne ». Lorsque Marguerite fut abandonnée pour « les yeux d’une autre belle », elle « écrivit à l’infidèle une lettre capable d’attendrir un rocher, et ornée d’une orthographe à tirer les larmes des yeux ». Il cite la conclusion : « Mon bien aimés jatans un peus despoir ce qui me fera survivre quelque jour de plus ta femme celle qui taime jusque au tonbaux. Margeurite. Tu ces que rin que nous deux pouvons gagnes de largens tu le cet demain ci tu veux, tu le cet tu ne peut travailles avec dautre comme à nous deux. »

Au cours des années 1880, la carrière de Parisot atteint un sommet. S’il joue principalement dans la banlieue parisienne, il a des admirateurs en province. Ainsi, en le Journal de Fourmies, raconte en juillet 1882, sous la plume de B. Delbos : « Heureux l'arrondissement où Parisot, dit Papillon, installera son théâtre. (…) Quand les enfants de Châtillon, ou d'Arcueil-Cachan, ou de Villejuif, le voient arriver avec sa caravane de guimbardes bariolées, trainées par des rosses étiques, ils crient : « vive Papillon ! vive notre Papillon ! » (…) Depuis plus de trente ans qu'il fait les fêles des environs de Paris, il n'a eu que des succès. (…) Cet homme commande à quatorze artistes de drame et de comédie, à une dizaine de musiciens (…),  à trois ou quatre pitres et à une demi-douzaine de danseuses ; ce grand homme ne rougit pas d'opérer lui-même. Il fait la parade devant le théâtre, il danse, il cabriole, il lâche d'épouvantables calembours (…) Aussi peut-il se permettre avec ce peuple reconnaissant les plus audacieuses privautés. C'est lui qui disait, l'an dernier, aux naturels d'Aubervilliers-Ies-Verlus : ‘’Entrez à la Grâce de Dieu, entrez, entrez ! Si vous ne pleurez pas comme des veaux, je vous prouverai que vous êtes des ânes’’. Allez, la musique ! »

En mai 1897, le Journal de Saint-Denis salue le Théâtre Papillon, habitué de la fête du Landy dans cette commune : « l’interprétation est irréprochable et M. Parisot est entouré d’une pléiade d’artistes de talent dont les états de service sur les principaux théâtres sont une nouvelle garantie de succès ». Le Figaro, en juillet la même année remarque le « chauvinisme » d’une de ses pièces, Les Martyrs de Strasbourg ou l’Alsace en 1870.

La Presse, autre quotidien parisien, commente : « Au-delà des fortifications, nous signalerons la présence de deux estimables théâtres forains, très connus dans la banlieue parisienne, le théâtre des Beaux-Arts et le théâtre Papillon, qui font de louables efforts pour donner à leur clientèle l'idée des pièces en vogue du répertoire moderne. »

Henri Parisot meurt le 3 juillet 1899 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il donnait probablement une représentation dans le cadre des fêtes de la ville. Il était domicilié à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Grimaud-Carrel. Veuf pour la deuxième fois depuis février 1892, il était père d’un enfant et avait six petits-enfants.

Sa disparition fut mentionnée dans de nombreux journaux. La Presse titre La fin d'un banquiste (terme désignant alors les saltimbanques) et assure « Il savait faire rire jusqu'aux larmes ses auditeurs ». La Justice voit en lui « le pitre qui pendant plus de soixante ans réjouit tous les amateurs de parade » et relève que ses obsèques ont eu lieu à Joinville au milieu d'une grande affluence de personnes. Le Petit Journal rend hommage à « un vieux forain connu de toutes les populations de la banlieue parisienne ». Pour Le Gaulois, il était le doyen de la banque et « Personne mieux que le père Papillon ne savait adresser un boniment au public. »

Un spectacle musical, Mamzelle Pioupiou, d’Alexandre Bisson sur une partition de Jean-Baptiste William Chaumet, s’inspire d’Henri Parisot, reprenant même son pseudonyme. Le quotidien Le Soleil rend compte de la première en juin 1889, au théâtre de la Porte Saint-Martin : « L’illustre Papillon, banquiste, jongleur et prestidigitateur, promène par le monde une maigre troupe de paillasses et hercules de la décadence. »

Affiche de Mamzelle Pioupiou, s’inspirant de la vie d’Henri Parisot

 

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24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 00:01

Alexandre Louis Ernest Trépreau naît le 9 décembre 1890 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Louise Courtois et de son époux Ernest Charles Trépreau. Ses parents sont fabricants de chaussures et vivent boulevard de Charonne. Ils s’installent ensuite rue Dorian (12e arr.) puis, en 1898, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). En 1910, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves) ; le père est alors employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier ; il sera ultérieurement représentant de commerce.

Devenu électricien, Alexandre Trépreau dépose plusieurs brevets, pour un radiateur électrique en novembre 1909, puis pour des perfectionnements aux disjoncteurs en janvier 1910. Il complète son travail d’innovation avec trois brevets en 1911 pour un chauffe-eau électrique instantané, qu’il commercialise sous la marque Hydra-Lux ; il le présente au concours Lépine de Paris en septembre 1910. La revue Science progrès découverte commente en novembre 1910 : « L’appareil n’est pas destiné à chauffer de très grandes quantités d’eau comme pour un bain par exemple, mais il trouvera sa place dans les cabinets des médecins et des dentistes, chez les coiffeurs et dans les cabinets de toilette des appartements modernes. »

Pour protéger ses inventions, Trépreau dépose ses marques en 1909 auprès du Bureau international de l'Union pour la protection de la propriété́ industrielle et fait publier cette inscription dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, Cuba, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse…

Appelé en décembre 1911 à faire son service militaire, Alexandre Trépreau intègre le 46e régiment d’artillerie de campagne, dans lequel il est maître pointeur en septembre 1912. Il est victime d’une chute, en mai 1913, qui le blesse au genou droit puis démobilisé en novembre 1913.

De nouveau appelé en août 1914 au déclenchement de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, son activité militaire lui vaut une citation en février 1916 à l’ordre de la division. Il est évacué en mars 1916 pour une « angine aigüe ». Après avoir repris son poste en mai, il souffre de problèmes rénaux, qui lui valent une réforme temporaire en juillet 1916 pour « albuminerie persistante ». Son état est confirmé en octobre la même année, puis en juin 1917 et en mai 1918. Le conflit étant terminé, il se voit attribuer en octobre 1919 une pension de 20% pour asthénie générale avec trace d’albumine. En septembre 1920, il est affecté à des services auxiliaires, du fait d’une néphrite chronique, d’albumine, de céphalées, d’essoufflement, et d’amaigrissement, sa pension étant alors fixée à 10%. En novembre 1929, il est définitivement réformé de ses obligations militaires, avec une pension de 35% pour des reliquats de néphrite et de l’hypertension.

Pendant son second congé-maladie lors de la guerre, Alexandre Trépreau épouse en décembre 1916 à Paris (11e arr.) Ernestine Claire Werren, cartonnière. Toujours domicilié avenue de l’Île à Joinville, avec ses parents, Trépreau abandonne son activité commerciale pour un temps et est contremaître ; en avril 1925, il recherche une « place stable. »

Abonné au journal royaliste Action française, Alexandre Trépreau, dont le père partage les opinions, participe à de nombreux appels à souscription du quotidien d’extrême-droite. Ainsi, en janvier 1918, les deux envoient 5 francs chacun avec la mention suivante : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ».

Répondant à un appel intitulé « Le million de la défense sociale contre l’or bolchévik », en juillet 1919, Alexandre Trépreau s’inscrit « Pour la paix qui passe, par la Monarchie » puis en septembre la même année en écrivant « Vive Daudet, le sauveur de la France ». Il participe à de nouveaux appels en avril 1921 « Pour la reconstitution nationale », en décembre de ladite année « Pour conserver la victoire » et en mai 1924 « Pour l’action nationale. »

Une fois de plus en compagnie de son père, ils font partie des 22 joinvillais qui contribuent en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. En décembre 1927 puis en mars 1929, Alexandre Trépreau est de nouveau mentionné comme contributeur à l’Action française.

En matière professionnelle, Alexandre Trépreau reprend une activité commerciale indépendante, avec une boutique d’appareils de TSF (téléphonie sans fil, radio), implantée rue de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qu’il exploite en 1931.

Après la mort de son père en février 1932 et de son épouse en août de cette année-là, il quitte Joinville et vit rue de Charonne à Paris (11e arr.). Son entreprise de Charenton fait faillite en mars 1935. Travaillant toujours comme électricien et demeurant rue Marqfoy (act. rue Robert-Blache, Paris 10e arr.), Alexandre Trépreau se remarie avec Marie Émilia Jeanne Gondouin, sténodactylo,

Au début de la deuxième guerre mondiale, il est hospitalisé à La Salpêtrière puis travaille comme magasinier électricien en 1940.

Alexandre Trépreau meurt le 28 mars 1959 à Argentan (Orne). Il était âgé de 68 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant. En février 1916, il a été décoré de la Croix de guerre.

Schéma du chauffe-eau Hydra-Lux

 

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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 00:01

Ernest Charles Trépreau naît le 21 décembre 1852 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Louise Danneel et de Pierre Trépreau ; ils vivent rue Marie-Stuart (2e arr.). Pendant le siège de Paris, lors de la guerre franco-allemande, il envoie un message à sa famille par pigeon-voyageur, daté du 16 décembre 1870 à Château-Gontier (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) : « familles Trépreau, Guillier bien portantes ». C’est le seul moyen de communication avec la capitale à ce moment.

En juin 1877, fabricant de chaussures et vivant toujours rue Marie-Stuart, il épouse à Paris (6e arr.) la fille d’un autre chausseur, Marie Louise Courtois. En septembre 1885, la manufacture de chaussures Trépreau et Courtois est dissoute, et Trépreau continue seul l’activité encore au même endroit.

En 1898, la famille vit à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1910, s’installe à Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Il est à ce moment employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier puis devient ultérieurement représentant de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, les époux Trépreau participent à une souscription pour les invalides de la guerre, diffusée dans le quotidien L’Écho de Paris en Aisne 1915.

Après-guerre, en compagnie de son fils Alexandre, qui vit avec lui, Ernest Trépreau contribue financièrement au quotidien royaliste Action française en transmettant le message suivant en janvier 1918 : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ». Toujours avec le même fils, il participe à un appel en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras, le dirigeant du mouvement. Vingt-deux joinvillais y contribuent

Son frère, Auguste Trépreau (1855-1928), libraire et papetier, dirigeant d’organisations professionnelles, s’était exprimé au moment de l’affaire Dreyfus dans le quotidien antisémite La Libre Parole en 1898 et 1900. Il avait ensuite fondé une formation de défense des entrepreneurs et était devenu conseiller municipal de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Auguste Trépreau meurt le 8 février 1932 à Joinville et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Il était âgé de 79 ans et père de trois enfants.

Usine Pathé à Joinville-le-Pont

 

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16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 00:01

Jean Charles Blanchet naît le 12 septembre 1759 et est baptisé le 13 en l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne). Il est le fils de Geneviève Deschamps et de Jacques Blanchet. Comme son grand-père maternel, son père est charron. Il est originaire de Bourgogne, de la vicomté d’Auxonne, maintenant partagée entre les départements de la Côte-d'Or et du Jura.

La famille compte treize enfants, dont Charles est le sixième. Elle vit dans le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), à la porte d’entrée dans le parc de Vincennes (act. Bois de Vincennes). La bourgade comprend un port, recevant du bois flotté et un pont sur la Marne qui voit passer de nombreux véhicules.

À l’instar de son père, Charles Blanchet est lui aussi charron, ce qui en fait un spécialiste des engins roulant en bois comme les charrettes. Il est qualifié de « maitre charron » en l’an 6 (1798) et poursuit l’administration de l’atelier familial.

En janvier 1793 à Conflans-Charenton (act. Charenton-le-Pont, Val-de-Marne), Charles Blanchet épouse Louise Françoise Pierret, fille d’un charpentier de la commune. Ils vivent à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur dans la maison des Blanchet.

Charles Blanchet est un intermédiaire pour la location d’une maison de maître située en face de son atelier en l’an 12 (1804), la même que celle que son père proposa à des locataires en 1781 et 1793.

Le père de Charles, Jacques Blanchet a été membre en tant que notable, de l’assemblée municipale mise en place en novembre 1790, quand le village de Pont-de-Saint-Maur s’est séparé de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, nouvellement créée. Les institutions municipales sont suspendues à partir de 1793. Quand elles sont reconstituées, en floréal an 8 (mai 1800), c’est Charles Blanchet qui siège à son tour dans le conseil général administrant la commune. Le maire est Laurent Pinson, marchand de bois scié.

Charles Blanchet meurt le 3 mars 1821 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Le registre d’état-civil mentionne qu’il est décédé « hors de son domicile sur le bord de la Marne ». Il était âgé de 61 ans et père de sept enfants.

Un charron et son apprenti à la fin du 18e siècle

 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 00:01

Jacques Blanchet naît à une date inconnue, antérieure à 1731, probablement à Foucherans, paroisse de la vicomté d’Auxonne (act. Jura) où réside la famille lors de son mariage en 1752. Ses parents sont Charlotte Gouerne et Guillaume Blanchet.

Alors majeur, donc âgé de plus de 21 ans, Jacques Blanchet épouse en novembre 1752, en l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Val-de-Marne) Geneviève Deschamps, fille d’un charron.

Jacques Blanchet est lui aussi charron, ce qui en fait un spécialiste des charrettes autres engins roulant en bois. La famille vit dans le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), à la porte d’entrée dans le parc de Vincennes (act. Bois de Vincennes). Le village dispose d’un port, recevant du bois flotté venant de Haute-Marne. Le pont voit passer de nombreux véhicules.

Entre 1781 et 1793, Jacques Blanchet sert à deux reprises d’intermédiaire pour la location d’une maison de maître située en face de son atelier.

Rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, le village de Pont-de-Saint-Maur décide en novembre 1790 de constituer une municipalité autonome de celle de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, au grand déplaisir des édiles de cette dernière. La nouvelle commune prend le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (elle sera rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831).

Jacques Blanchet, en tant que notable, est membre du conseil général (équivalent d’un conseil municipal) de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, élu pour deux ans fin 1790 ; le maire est Edme Lheureux (1733-1798).

La dernière mention connue de Jacques Blanchet dans les registres de la commune est le 28 ventôse an 4 (18 mars 1796), où il signe comme témoin d’un acte d’état-civil.

Il était alors âgé d’environ 65 ans et était père de 13 enfants. Un de ses fils, Jean Charles Blanchet (1759-1821), lui aussi charron, sera également notable de la même commune en floréal de l’an 8 (mai 1800).

Le métier de charron, extrait de l'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert

 

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30 avril 2025 3 30 /04 /avril /2025 00:01

Auguste Louis Casiez naît le 12 octobre 1846 à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Valentine Marie Constance Montraisin et de son époux Louis Eugène Casiez. Son père, originaire de Saint-Omer (Pas-de-Calais) est perruquier ; il sera ultérieurement facteur des Postes. La famille, dont il est le dernier des six enfants, vit route de Saint-Mandé.

Devenu bijoutier, Auguste Casiez épouse, en décembre 1869 à Charenton, Augustine Victorine Coudret, blanchisseuse. Ils restent vivre à Charenton, rue de Paris.

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, son père Louis Eugène Casiez (1803-1880), bien qu’ayant déjà 66 ans, est engagé dans la Garde nationale, en tant que tambour-maître au 51e bataillon ; son frère aîné, Alexandre Casiez (1841-1906), combat également dans le 55e bataillon de la Garde, en tant que sergent-fourrier. Il poursuit son activité sous la Commune de Paris, la Garde ayant refusé de rendre les canons stationnés dans Paris comme le réclamait les forces d’occupation allemandes après la capitulation. Il sera arrêté puis condamné par le conseil de guerre à 13 mois d’emprisonnement. Auguste prend sa défense dans la presse après le procès en août 1872.

Ayant développé son activité dans le 1er arrondissement de Paris, la famille s’installe en 1875 d’abord rue Saint-Honoré puis rue Sainte-Anne, où il forme en mai 1876 une société de joaillerie avec M. Coulbeaux. Il met fin à cette collaboration en janvier 1877, s’installe rue Baillif et constitue une entreprise nouvelle avec Levasseur, toujours en tant que joailler. Il s’installe ensuite rue de Passy, dans le 16e arrondissement, en 1883.

En 1886, la famille rejoint sa mère à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue de La Varenne. Son frère Alexandre viendra vivre dans la même commune cinq ans plus tard. Ils seront très liés par l’activité qu’ils vont mener localement.

Dans le domaine culturel, Auguste Casiez est trésorier de la Société chorale de Saint-Maur en 1893. Il joue le même rôle dans une structure sociale, à la même date, le Comité de secours aux malheureux. Il est le président fondateur de la société des pupilles de Saint-Maur et administrateur de la caisse des écoles

En février, toujours la même année 1893, il est, en compagnie du conseiller général radical-socialiste, le docteur Georges Laffont, témoin du mariage du secrétaire du Théâtre Lyrique de Paris, M Lamouroux, avec une saint-maurienne, Mlle G. Prin.

Toujours en 1893, Auguste Casiez est l’un des quatre fondateurs de L'Épargne populaire, société d’assurances qui a pour but de développer l'épargne et la prévoyance par la capitalisation. Elle est présidée par une autre personnalité de Saint-Maur, Henry Pouvereau.

Sur le plan politique, Auguste Casiez est membre du comité républicain-radical-socialiste du canton de Saint-Maur, comme son frère Alexandre, qui siège depuis 1890 au conseil municipal. Il soutient en mai 1893 la candidature du Dr Laffont au conseil général et est assesseur d’une de ses réunions publiques en décembre. Il fait partie, en mars 1896 des délégués sénatoriaux désignés par le conseil municipal.

Membre du bureau du Comité républicain radical-socialiste de Saint-Maur, Auguste Casiez est mis en minorité et démissionne avec ses collègues en janvier 1898, à l’occasion d’un conflit au sein des radicaux de la commune. Il sera cependant de nouveau désigné comme délégué sénatorial par les radicaux en décembre 1908.

Il poursuit une activité mutualiste au début du 20e siècle, en tant qu’administrateur de la société de secours mutuels Saint-Louis, dont le siège est à Charenton. Il cède sa bijouterie de la rue Baillif en octobre 1904.

L’appartenance d’Auguste Casiez à la franc-maçonnerie est relevée par les organismes et journaux antimaçonniques à partir de 1908. Il participe aux travaux de la loge La Réforme, basée à Saint-Maur et rattachée au Grand Orient, dont le vénérable est l’ingénieur et industriel Salomon Hirsch, futur dirigeant du parti radical-socialiste. En 1914, sa démission est mentionnée.

Auguste Casiez meurt le 28 février 1917 dans son domicile de la rue de La Varenne à Saint-Maur. Il était âgé de 70 ans et père de six enfants. Il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie en janvier 1908 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1913. Son activité mutualiste avait été récompensée par une mention honorable en janvier 1909 et une médaille de bronze en mars 1912.

Saint-Maur, rue de La Varenne (Arch. dép. Val-de-Marne)

 

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