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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 00:01

Louis Jules Debeuré naît le 7 janvier 1831 à Triconville (Meuse). Il est le fils de Marguerite Anne Julie Devraine et de son époux Nicolas Debeuré, tisserand.

Il est cordonnier à Paris, où il épouse en avril 1854 (6e arr.) Marie Anne Justine Bousquet. Au cours des années 1860, il devient doreur sur métaux et vit dans le 11e arrondissement de Paris, dans le quartier de la Folie-Méricourt. Il installa sa société de dorure au mercure dans le même quartier, rue de Nemours.

Au début des années 1880, Debeuré est propriétaire d’une maison de campagne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), route de la Brie (act. av. Galliéni), dans le quartier de Palissy. Il va s’impliquer dans la vie locale.

Il est d’abord membre de la fanfare locale mais il s’en retire, en octobre 1884, pour consacrer tout son temps à la société d’escrime et de tir Les Volontaires de Joinville et Champigny, fondée le même mois. Dans le contexte de la défaite encore récente de la France face aux troupes prussiennes et allemandes en 1870, de nombreuses sociétés de ce type voient le jour. Celle de Joinville et Champigny démarre avec une centaine d’adhérents. Elle en compte 163 en 1866, dont 38 tireurs actifs.

L’objectif de ces organismes de tir, de gymnastique et d'exercices militaires est patriotique. Mais, dans un contexte où la montée de forces populistes est sensible, le conseiller général du département de la Seine, Faillet, qui fait approuver en novembre 1887 une subvention pour Les Volontaires de Joinville et de Champigny précise : « Quoique nous ne soyons pas boulangistes, nous sommes disposés à venir en aide à toutes les sociétés de cette nature qui ont pour objet la défense de la France démocratique. »

Si le démarrage de la société fut rapide, la vie associative va s’avérer très compliquée. En 1885, le propriétaire du stand, le cafetier Vingdlet, se brouille avec Debeuré. L’assemblée générale de fin d’année est agitée, avec la démission du porte-drapeau après une pétition de 32 signataires. Le journaliste radical-socialiste Henry Vaudémont essaie « de donner de l’entrain à la société ». Mais il témoigne en juin 1888 : « J’essuyai presque autant de déboires que Debeuré lui-même, ce qui n’est pas peu dire. »

Lors des élections municipales de mai 1888 à Joinville, Debeuré est candidat sur la liste du républicain modéré Gabriel Pinson, maire sortant. La lise emporte dès le premier tour 17 des 21 sièges à pourvoir, et en récupère un de plus au second tour, tandis que les radicaux-socialistes en obtiennent trois, derrière Alphonse Demeestère. Avec 283 voix, Debeuré est le dernier des élus du premier tour.

Un mois après le scrutin, le maire réélu meurt. La désignation d’Eugène Voisin pour le remplacer est l’occasion d’un rapprochement entre la majorité municipale et les radicaux. Debeuré, libre-penseur affirmé, comptait de nombreux amis parmi ces derniers. Il est désigné, en décembre, comme membre du bureau de bienfaisance, en charge du fonctionnement du fourneau.

Louis Jules Debeuré meurt le 5 janvier 1890 à Joinville, dans sa maison de campagne. Il était âgé de 59 ans et vivait de ses rentes depuis 1888. Il avait semble-t-il eu deux enfants, dont une fille morte très tôt.

Debeuré est inhumé au Père-Lachaise, en présence de beaucoup de joinvillais et de commerçants du quartier de la Folie-Méricourt. Le député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard, l’adjoint au maire de Joinville, Honoré Jullien et l’ancien conseiller général et militant de la libre-pensée Brisson-Joly prononcèrent des discours au cimetière parisien du Père-Lachaise, où il eut des obsèques civiles. Henry Vaudémont, ancien vice-président de la société de tir, malade, fit lire un message.

Route de la Brie, Joinville-le-Pont

 

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 00:01

Eugène Jules Maurice Delawarde naît le 9 janvier 1882 à Paris (12e arr.). Il est le fils posthume d’Eugène Auguste Delawarde (décédé le 8 décembre 1881, qui était serrurier) et de Julia Hélène Eugénie Leclerc, qui réside rue de Picpus. Son père, ancien marin, avait été un des acteurs des incidents de Sakai, qui opposèrent dans la baie de Yokohama un bateau français à des samouraïs nippons en 1868.

Devenu graveur, Eugène Delawarde, en tant que fils aîné de veuve, ne fait qu’un service militaire d’un an en 1903-1904 au 15e bataillon d’artillerie. Cependant, l’année suivante, il perd sa mère et se retrouve alors déchu de ses droits à dispense, pendant lequel il devient brigadier. Il doit donc faire un second service militaire, toujours dans l’artillerie ; il perd ses galons de brigadier et redevient canonnier. Il vit dans le 10e arrondissement de Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis puis s’installe galerie de la Bourse, à côté de la boutique où il travaille.

Le premier mariage de Delawarde durera peu ; il est célébré en septembre 1908 à Paris (10e arr.) avec Charlotte Renée Pâquet, mais le divorce intervient dès juillet 1911. Il a une fille en août 1912 avec sa nouvelle compagne, Mathilde Célina Blot, qu’il épouse Paris (15e arr.) en mars 1913. Le mois suivant, Delawarde rachète le commerce de graveur héraldiste où il était employé et le transfère rue Croix-des-Petits-Champs.

Mobilisé dès le début de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, il retrouve dès novembre son grade de brigadier puis devient maréchal des logis en août 1915. Il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire en mai 1917 et embarque de Marseille pour rejoindre l’armée d’Orient avec le 109e régiment d’artillerie lourde. Après avoir été confirmé dans son grade, il est rapatrié en janvier 1919 et démobilisé en avril. Dans la réserve, il devient lieutenant en juin 1919.

Le comportement de Delawarde lui vaut deux citations à l’ordre du régiment en octobre 1916 puis en novembre 1918, ainsi qu’une autre à l’ordre de l’armée en décembre 1918. Il est décoré de la Croix de guerre.

Après-guerre, Delawarde déplace son atelier de graveur héraldiste et son logement rue de Paris, dans le centre de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y est installé en 1925 et s’implique, cette année-là, dans la reconstitution du comité d’union et d’action républicaines dont Félix Soulié est le président. Il est membre de ce rassemblement local des conservateurs et libéraux, au côté de plusieurs personnalités locales, comme le futur adjoint René Kirbühler, ou Georges Defert, qui sera maire en 1953.

Dans sa nouvelle ville, Delawarde change de métier. Il devient entrepreneur de transport en 1926, obtenant en janvier 1928 le marché d’enlèvement des ordures ménagères grâce à sa proposition de remplacement des voitures hippomobiles par des automobiles pour accélérer le service. Cependant, il fait faillite en mars 1929. Il poursuivra ensuite le travail de camionneur.

En février 1935, le comité dont Delawarde est membre se transforme en Union des républicains, à vocation uniquement municipale. Une incompatibilité est édictée entre les fonctions de membre du bureau et de conseiller municipal. Kirbühler devient président et Delawarde, secrétaire général. Léon Lesestre, président sortant est nommé président d’honneur avant d’être élu deux mois plus tard maire.

L’Union des républicains de Joinville publie en avril un décide, en avril, « de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument est de politique nationale, car elle dit se souvenir « des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle présente un programme de diminution des « charges écrasantes », atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs et « application des lois sociales. »

Delawarde s’implique dans la vie sociale locale. Il est secrétaire en 1934 de l’Union des commerçants et industriels dont Lucien Girard est le président. Il continue cette fonction en 1936. Il s’associe en mai 1934 à la création d’un comité de soutien aux chômeurs, mouvement humanitaire porté par des commerçants. En 1937, il contribue à la Société d’encouragement au dévouement, portée par des directeurs d’école.

L’activité de transport de marchandises de Delawarde va prendre un curieux tournant en 1936. Le quotidien communiste L'Humanité l’accuse, en novembre, de briser le blocus sur les exportations d’armes pour les belligérants de la guerre civile espagnole. Il convoie, via l’Italie de Mussolini, 80 tonnes de matériel de guerre, dont 40 obusiers et 4 000 obus, à destination des troupes rebelles du général Franco, insurgé contre le gouvernement républicain, sous une fausse destination soi-disant pour le Pérou.

Deux ans plus tard, en décembre 1938, c’est le quotidien royaliste Action française qui l’accuse au contraire de « trafic pour l'Espagne rouge ». Prétextant un chargement pour Rangoon, en Birmanie, douze camions affrétés par Delawarde emportent 600 tonnes de munitions à Marseille pour une destination que le journal d’extrême-droite estime être Barcelone, dernier bastion des troupes républicaines.

La circulation n’est pas sans danger. Eugène Delawarde blesse sérieusement aux jambes un agriculteur de Cannes-Écluse (Seine-et-Marne) en octobre 1937 alors qu’il circulait de nuit. Plus grave, en novembre 1938, près de Rouen, un camion de la maison Delawarde chargé de caisses d'obus prend feu. La déflagration fut très violente. Les maisons voisines, dont les habitants avaient pu être évacués à temps, ont été très endommagées. Les lignes téléphoniques ont été coupées pendant plusieurs heures. Il n’y eut cependant aucun blessé.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le comité de Joinville d’assistance aux prisonniers, enregistre en février 1943 les dons de Delawarde l’année précédente.

Eugène Jules Maurice Delawarde meurt le 9 mai 1947 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de quatre enfants. En décembre 1936, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire pour ses 33 ans de services et 4 campagnes.

 

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 00:01

Ernest Barberolle naît le 16 octobre 1861 à Paris (5e arr.). Il est le fils Marie Dauphin, couturière, et de son mari époux Marie Barberolle, employé. Il est d’abord sertisseur puis joailler rue de Turbigo à Paris (3e arr.). Il épouse, vers 1890, Jeanne Marie Camille Desportes.

L’activité sportive de Barberolle commence à l’aviron en 1881. Après avoir été rameur, Barberolle est barreur dès le printemps 1882 pour les équipes de la Société nautique de la Marne (SN Marne), installée sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dont les couleurs sont bleu et blanc. Il pèse alors 49 kilos, un poids qu’il dépassera un peu au cours de sa carrière, mais en 1936, il est encore mesuré à 52 kilos. Il est de taille réduite (1 m. 55) et était surnommé Petit Barberolle, son faible poids et la sûreté de son coup d'œil en firent un barreur émérite selon ses camarades. Dans le « monde léger » des barreurs, il est considéré comme un roi par Germain Chaussat en 1921.

Barberolle, 1901, à gauche

Entre 1893 et 1897, se réoriente vers le cyclisme sur route comme sur piste, de nouveau avec un club de Joinville-le-Pont, le Vélo-Club de Joinville. Il est sprinter, remportant un course sur piste au vélodrome de l’Est à Paris en juillet 1897.

Pour se rapprocher de son lieu d’entraînement, la famille Barberolle déménage à Joinville et s’installe sur l’île Fanac en 1910 ou 1911. Barberolle revient à l’aviron.

La SN Marne est une des plus prestigieuses formations de l’aviron français. Un des moments forts de la saison est le match par bateaux de huit rameurs et un barreur, qu’elle dispute au printemps contre le Rowing club de Paris. En 1938, la presse calcula que Barberolle avait gagné deux fois le match en qualité de rameur, barré vingt et une fois le huit de la SN Marne et obtenu quatorze fois à la victoire.

Sélection aux Jeux olympiques d'été de 1920 à Anvers, Ernest Barberolle dispute avec Gabriel Poix et Maurice Bouton l'épreuve d’aviron de deux avec barreur. Ils remportent la médaille d'argent. Il est alors âgé de 58 ans. Les journaux le qualifient de scientifique, rusé et fougueux. Vers cette époque, Barberolle abandonne son activité de joailler.

Au cours des années 1930, avec son avancée en âge, la popularité de Barberolle augmente. Il est qualifié de maître barreur par une athlète, Mlle Chevassus, dont il barre l’embarcation. La presse remarque qu’il est inamovible, soulignant la façon dont il coordonnait ses rameurs en hurlant dans son porte-voix. L’âge n’empêche pas Barberolle d’avoir un comportement sanguin. Ainsi, après le match à huit rameurs entre la SN Marne et le Rowing-Club de Paris en 1936, remporté par les joinvillais, Boutteny, président du Rowing-Club, reproche à Barberolle d'avoir légèrement coupé la ligne du bateau du Rowing après le pont de Saint-Cloud. En réplique, le barreur frappa le dirigeant d'un coup de poing. Selon les journaux, « l'incident n'eut pas de suite, mais Barberolle mit assez de temps à se calmer. »

À 78 ans, Barberolle participe encore au match annuel de mai 1938. C’est semble-t-il sa dernière participation à une course officielle.

Déjà en 1926, le quotidien La Presse considérait que « l’ancêtre est chaque année plus jeune ». Dans un long portrait qu’il lui consacre en octobre 1927, H. Coutance, dans le même journal, considère que « Barberolle c'est tout le rowing parisien ». Il passe sa vie sur l’eau, « quelquefois en canoë, d'autrefois il se contente d'une barquette qu'on dirait construite pour un enfant », il est « affable, gai luron. »

Ernest Barberolle meurt le 5 septembre 1948 à Joinville. Il était âgé de 86 ans et avait eu deux filles. Outre sa médaille olympique, Ernest Barberolle avait obtenu une médaille d'or de l'Éducation physique en mai 1938.

Son neveu, Lucien Barberolle (1885-apr. 1950), graveur-ciseleur, fut conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1925-1929), de tendance républicain socialiste indépendant (centre-droit) ; il était également peintre et sculpteur, décoré de la Croix de guerre.

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 00:01

Julien Aimé Auguste Delorance naît le 12 avril 1886 à Merville (Nord). Il est le fils Victor d’Arthémise Virginie Lesimon et de son époux, Aimé Delorance, nacellier, originaire de Belgique. En 1906, il vit à Watten (59£), où sa mère est marchande de légumes, et est constructeur de bateaux. Il se marie à Épône (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en octobre 1919 avec Marie Françoise Bourse. Ils auront trois filles.

À partir de 1920, les Delorance vivent à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) puis, en 1926, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et en 1923 dans celle limitrophe de Champigny-sur-Marne.

D’abord charpentier construisant des bateaux, activité en vogue sur les bords de Marne où le nautisme est prisé, Delorance devient ensuite menuisier à Paris.

En 1932, il appartient à la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il souscrit pour le quotidien de cette formation, Le Populaire, et dans une collecte de « défense socialiste et républicaine pour la paix et le désarmement. »

Julien Delorance meurt le 6 décembre 1946 à Champigny-sur-Marne. Il était âgé de 60 ans.

Bateaux sur la Marne

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 01:01

Pierre Louis Perre naît le 29 janvier 1847 à Lyon. Il est le fils de Catherine Baume et de son époux, Pierre Michel Perre, sculpteur. Il fait des études à l’École impériale des Beaux-Arts de la ville où il obtient, en 1862, un prix dans la discipline « Principes et bosse » dont le professeur est le peintre Pierre Bonirote.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Perre est mobilisé dans l’armée française. Il a adopté le prénom de Pétrus.

Ayant ouvert une bijouterie en or rue du Temple à Paris (3e arr.), il s’y marie en octobre 1873 avec Angéline Hugon, originaire de Franche-Comté. Après la naissance de deux enfants, la famille s’installe rue du Parc-Royal (4e arr.) où il exploite une bijouterie jusqu’environ 1887.

Après avoir été marbrier, Perre devient constructeur de bateaux de plaisance à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il s’établit sur le quai de la Marne pendant les années 1890. Il est un des introducteur de cette activité qui fut, jusqu’à la première guerre mondiale, florissante sur les bords de Marne.

Le premier engagement public de Perre se situe dans le cadre sportif. Il est le secrétaire des courses de la Société de la voile de Nogent-Joinville, présidée par P. Meurgey, qui s’est reconstituée en 1896 après une mise en sommeil (elle avait été fondée en 1888). Le siège du club est situé à côté de l’atelier de Perre, qui en assure la gestion. Des régates sont organisées les dimanches matin et on compte 13 voiliers en 1900. Abandonnant le secrétariat en 1901, Perre continue de siéger au conseil d’administration au moment où la Société lance une course pour yachts à moteur entre Joinville et Neuilly-sur-Marne.

Vers 1903, Perre cède son activité nautique à son fils Armand, qui connaîtra trois ans après des difficultés économiques. Pour sa part, Pétrus Perre se lance en politique en étant candidat pour les élections municipales de mai 1904 sur la liste conduite par le maire sortant Eugène Voisin, qui est soutenue par le comité radical-socialiste local. Elle se présente face à une liste conservatrice, composée de quatre conseillers municipaux sortants qui ont rompu avec le maire, et  une liste socialiste-révolutionnaire. Alors qu’il s’était jusqu’ici montré assez prudent sur le plan politique, Voisin accepte cette fois de faire campagne pour le programme radical-socialiste et contre le nationalisme et le cléricalisme de ses adversaires. La liste Voisin obtient au total des deux tours 22 des 23 sièges à pourvoir, n’en laissant qu’un seul ses opposants de droite. Au premier tour Perre recueille 573 voix soit 51,2% des 1 119 suffrages exprimés pour 1 363 inscrits. Il est élu.

L’ancien député Jules Ferdinand Baulard, qui a contribué à implanter le radicalisme dans l’Est parisien, est satisfait du résultat. Il considère que sa formation et ses amis, qui avaient « été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser » va être en mesure de « décrasser notre commune ».

En mai 1908, pour les élections municipales suivantes, tous les élus sortants qui se représentent sont membres du comité radical-socialiste. La liste du maire fait face à une liste socialiste SFIO et une liste socialiste évolutionniste, composée d’anciens socialistes et de personnalités plus libérales. La liste Eugène Voisin conserve 21 des 23 sièges, dont six sont pourvus au premier tour et Perre en fait partie. Perre a eu 648 votes pour 1 319 inscrits.

Il participe, en juin 1909 à une rencontre avec le sous-secrétaire d’État à l’intérieur, Adolphe Maujan, par ailleurs député de la circonscription et également radical, pour discuter de la règlementation applicable à la construction des bateaux destinés au canotage que le gouvernement entend réglementer, eu égard au grand nombre d’accidents et de noyades. Les sports nautiques et le tourisme des bords de Marne sont une activité économique majeure à Joinville.

L’inondation centennale de la Marne de janvier 1910, qui recouvre une grande partie des terrains riverains et oblige à l’arrêt des activités économiques ainsi qu’aux relogements de centaines de familles dans la commune, touche un tiers du territoire municipal et 53 rues sur 89. Perre, qui a déménagé avenue de l’Étoile, à proximité de son ancien atelier, a organisé tout seul le service de sauvetage dans son quartier. Lorsque l’eau commence  se retirer, dans la troisième semaine de février, Perre participe à l’organisation des désinfections.

Du fait de cet engagement, sa santé se dégrade et Perre est absent de la réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal tenue à la fin du même mois. Dans les graves crises qui secouent le groupe radical-socialiste et la municipalité, Perre reste solidaire du maire, Eugène Voisin, malade, et de la majorité sortante mais ne peut plus participer aux activités publiques.

Il n’est probablement pas candidat au renouvellement de son mandat lors des élections municipales de mai 1912, qui voient la défaite des radicaux face à une coalition de dissidents, de libéraux, de conservateurs et de socialistes SFIO. Perre déménage avec sa femme et son fils pour aller habiter à Puteaux, avenue de la République. Il y meurt le 3 décembre 1913, à l’âge de 66 ans et est inhumé au cimetière Montparnasse

Ses obsèques civiles, des délégations du comité radical-socialiste, de la société des Vétérans de la guerre de 1870, et de la libre-pensée de Joinville sont présentes, conduites par Jacob Kauff, autre constructeur de bateaux, le futur maire Georges Briolay et le chimiste Louis Rey. Par contre, signe des tensions persistantes, le nouveau conseil municipal élu en 1912 n’est pas représenté.

Pétrus Perre avait obtenu plusieurs récompenses pour son dévouement, une première fois en août 1887 pour avoir porté secours en 1886 à des personnes en danger de se noyer puis, une médaille de bronze en janvier 1911 pour son comportement lors de l’inondation de l’année précédente. Il reçut également les palmes d’officier d’académie et une médaille d'argent en janvier 1912, à l’occasion de l’inauguration de l’agrandissement de la mairie de Joinville. il allait recevoir la médaille commémorative d’ancien combattant de 1870 lorsque sa mort est survenue.

Joinville sous les eaux en 1870

 

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 01:01

Jacob Kauff naît le 16 mai 1857 à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Caroline Elvire Bascou, blanchisseuse et de Jacob Kauff, grenadier au 1er régiment de la Garde impériale, qui ne sont pas mariés mais vivent ensemble dans la caserne de la Garde dans la commune. Son père le reconnaît à la naissance, sa mère fera de même en 1893.

Devenu menuisier Jacob Kauff épouse en mars 1883 à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine) Marguerite Stock, couturière.

Ayant repris l’atelier de construction de bateaux de Charles Strologo à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), situé au 71, quai de la Marne Kauff y poursuivait la construction de canots et canoës. Il y est installé avec son épouse en 1909. Il l’exploite toujours en 1913 mais il l’a cédé ensuite à Bernard Renault, qui en est le patron en 1921. Les bâtiments ont été détruits pour permettre le passage de l’autoroute A4 en viaduc au-dessus de Joinville au cours des années 1970.

Après les graves inondations qui ont submergé une grande partie des communes riveraines de la Marne au premier trimestre 1910, Kauff est désigné par le préfet de la Seine comme marinier prud’homme. Il est chargé de l’organisation des secours par bateau pour la partie située en amont du pont de Joinville. Un autre marinier prud’homme a en charge l’aval, Arnoult, basé quai Moisson (act. quai Gabriel-Péri).

L’importance du sauvetage était majeure, non seulement en cas d’inondation, mais encore lors des parties de canot, très populaire les samedis et dimanche sur les bords de Marne et en particulier à Joinville.

En décembre 1913, Kauff représente le comité radical-socialiste de Joinville aux obsèques civiles de Pétrus Perre, autre constructeur de bateaux, ancien conseiller municipal de la commune. Deux autres représentants de cette tendance sont là, Georges Briolay (futur maire de la commune), en tant que délégué des Vétérans de la guerre de 1870-1871, et Louis Rey, au titre de la libre-pensée. Kauff est alors âgé de 56 ans.

La date de décès de Jacob Kauff n’est pas connue.

L’inondation de la Marne en 1910

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 01:01

Maurice Morlot naît le 28 décembre 1893 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Clarisse Louise Leneveu et de Pierre Morlot, ciseleur qui vivent rue des Acacias.

Sans doute est-ce lui qui, alors charpentier et âgé de 18 ans, vivant avenue de Bry dans la commune voisine du Perreux, est renversé par une automobile à Ville-d’Avray alors qu’il circulait à vélo en mai 1912. L’année suivante, en mars, il s’engage pour trois ans à Nogent-sur-Marne, devançant son service militaire, déclarant la profession d’imprimeur. Il est affecté au 5e régiment de chasseurs à cheval. Il passera ensuite dans un régiment de hussards puis dans une unité de génie pendant la première guerre mondiale. Il est démobilisé en août 1919.

Marié avec Émilienne Marie Bauer, native de Romainville, Maurice Morlot vit à compter de 1924, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Il exerce la profession de régisseur de films. Il assure la régie générale du film Le Glas, film de Maurice Charmeroy en 1924, aux studios de Courbevoie et de La Villette celle de deux films d’Alexandre Ryder en 1929 et 1930. En 1931 et 1934, il est l’administrateur de René Hervil toujours à Courbevoie pour Nicole et sa vertu. C’est à Joinville qu’il travaille comme assistant de René Guissart pour Dédé en 1934 et le film musical Toi, c'est moi en 1936. Au studio d’Épinay et dans les environs de Marseille et de Toulon, il assure la régie de l’adaptation de Chéri-Bibi par Léon Mathot en 1937. Toujours en Provence, il administre la réalisation de Bifur 3 par Maurice Cam.

En compagnie d’un autre joinvillais, Alphonse Sauvageau, Maurice Morlot fonde en juin 1933 le Syndicat du personnel français de la production cinématographique, qui rassemble des administrateurs, régisseurs ou assistants-metteurs en scène. Il en est le président. Son organisation adhère à la Fédération nationale des syndicats d'artisans français du film, dont Morlot est le secrétaire général en 1934.

Un des combats menés en 1934, c’est la revendication d’une limitation des techniciens étrangers, notamment allemands, aux tournages en France. En juin 1934, l’assemblée générale du syndicat réunit 83 adhérents.

À l’expiration de son mandat en décembre 1934, Morlot décide de ne pas solliciter son renouvellement, faisant état de l’impossibilité dans laquelle il était de dégager suffisamment de temps pour l’activité syndicale. Il est cependant élu vice-président et René Montis prend la présidence.

Après la réunification de la CGT avec la CGTU en 1936, la Fédération nationale des syndicats des artisans du film décide, le 7 mai 1937, de se transformer en Syndicat général des artisans du film et d’adhérer à la Fédération du spectacle de la CGT. La nouvelle organisation rassemble metteurs en scène, opérateurs de prises de vues, ingénieurs du son et ingénieurs spécialisés, personnel de la production ainsi que la presse filmée. Son objectif est de « maintenir la qualité professionnelle des artisans de la production du film ». Il vise à la signature de la convention collective des techniciens contribue à l'élaboration du texte d'application des quarante heures. Les metteurs en scène André Berlhomieu et Marcel L'Herbier sont respectivement président et secrétaire général, tandis que Sauvageau est vice-président. Ultérieurement, l’organisation sera rebaptisée Syndicat des Techniciens de la Production Cinématographique.

Maurice Morlot meurt le 22 juillet 1973 à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il était âgé de 79 ans. Sa fille Denise sera scripte de cinéma et épousera le réalisateur et résistant Christian-Jaque.

 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 01:01

 

Georges Louis Anatole Tabouret naît le 28 mai 1883 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Mélanie Festnot et de son mari, Anatole Étienne Tabouret, tous deux fabricants de chaussures rue de la Verrerie.

Ayant perdu son père dès 1887, Georges Tabouret eut un service militaire écourté en 1904-1905. De petite taille (1 m 62), il exerce également le métier de fabricant et marchand de chaussures à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), ville où il réside avec sa mère depuis 1907.

Il épouse en octobre 1912 à Troësnes (Aisne) Marcelle Julie Vachaux.

Pendant la première guerre mondiale, Georges Tabouret est mobilisé dans le 52e régiment d’infanterie, basé à Fontainebleau. Il est fait prisonnier en Argonne le 8 janvier 1915 et interné en Allemagne à Meschède (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Il est rapatrié le 19 décembre 1918, ayant passé pratiquement quatre ans en captivité.

Après le conflit, il reprend son activité de chausseur à Charenton. Il réside toujours dans la commune en 1931 avec son épouse et sa mère, mais il s’installe ensuite dans la commune proche de Joinville-le-Pont, où il réside au cours de la deuxième guerre mondiale.

Il s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande au sein des Forces française de l’intérieur (FFI). Il participe aux combats de la libération de Paris et de sa banlieue. Le 25 août 1944, il est tué lors de la bataille livrée par les FFI pour empêcher la retraite des troupes allemandes au pont de Joinville. Plusieurs centaines de soldats allemands et des chars viennent participer aux combats, tandis que les FFI ont du mal à obtenir munitions et renforts. « En fait environ 500 soldats allemands ont attaqué les barricades pour s'emparer du Pont de Joinville et ainsi ménager un axe de sortie vers l'Est aux troupes qui fuyaient Paris. La population de Joinville qui avait érigé ces barricades participa aux combats, ce qui explique l'âge de certaines victimes, en ravitaillant les combattants en munitions. L'affrontement durera toute l'après-midi. »

Certains allemands, installés dans la gare du Chemin de fer de la Bastille à Joinville-le-Pont, occuperont les lieux jusque dans la matinée du 26 août. La bataille fait 19 morts parmi les combattants de la Résistance et les civils, dont Georges Tabouret, tué le 25. Il avait 61 ans.

Georges Tabouret n’est pas apparenté aux frères Charles et Henri Tabouret, militants socialistes puis communiste à Joinville-le-Pont entre les deux guerres.

Plaque à la mémoire des insurgés FFI sur le pont de Joinville

 

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Georges Defert

Après l’avènement de la 5e République, des élections sont organisées le même jour pour les conseils municipaux et les conseils généraux (départementaux) le 8 mars 1959. Le mode de scrutin a été modifié, instaurant le scrutin majoritaire dans les deux assemblées.

Après avoir devancé au premier tour ses concurrents gaulliste (UNR) et démocrate-chrétien (MRP), Defert remporte au second tour la triangulaire qui l’oppose à un communiste et un socialiste. Il est élu conseiller général de la Seine le 15 mars 1959.

Pour le scrutin municipal, malgré la coalition entre l’UNR, le MRP et la SFIO, qui recueille 1 756 voix pour 7 488 suffrages exprimés (23,5%) sur 7 780 votants et 10 276 inscrits, la liste Defert arrive en tête avec 3 084 votes (41,2%), devant les communistes qui en ont 2 412 (32,2%). Il creuse l’écart au second tour avec 52,4% et les 27 sièges.

Au sein de la municipalité, Georges Defert s’entoure d’Albert Gaulin, Léon Belhomme, Jean-Pierre Garchery, Pierre Perly, Georges Derou et Pierre Lambert.

Se rapprochant du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Georges Defert s’oppose à la majorité gouvernementale du général de Gaulle, prenant position en faveur du Non lors du référendum sur l’autodétermination en Algérie en 1962.

Sur le plan local, il obtient le soutien du conseil général en avril 1963, lorsqu’il s’oppose au remplacement du stade municipal par un parking, supposé nécessaire pour un projet de stade de 100 000 places envisagé dans le Bois de Vincennes.

Lors des élections suivantes, Georges Defert est largement réélu, tant lors des scrutins municipaux en 1965 et 1970, que pour les élections cantonales de 1967 et 1970, qui concernent désormais le Val-de-Marne, formé par formé par scission de l’ancien département de la Seine en 1967.

Il poursuit la construction d’immeubles dans la ville et engage la réalisation d’un nouvel hôtel de ville, qu’il inaugure en 1975 après avoir rasé l’ancienne mairie. Son dernier projet, de grande ampleur, est la construction d’un centre nautique avec piscine sur l’île Fanac, qui devrait être alors reliée par une bretelle routière. Il n’aura cependant pas le temps de le mettre en œuvre.

L’ampleur des investissements provoque une hausse considérable des impôts locaux et l’opposition d’une importante partie des habitants.

Georges Defert meurt le 30 octobre 1975 à Joinville, en cours de mandats de maire et de vice-président du conseil général du Val-de-Marne. Il était âgé de 79 ans et avait été fait chevalier de la Légion d’honneur. La place de la mairie de Joinville-le-Pont porte son nom.

Son successeur et allié, Jean Pierre Garchery, perdra les élections de 1977 du fait en particulier du ressentiment par rapport à l’augmentation des impôts locaux.

Fin

La mairie de Joinville, bâtie sur les choix de Georges Defert

 

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 01:01

Suite de la biographie de Georges Defert

À l’issue du conflit de 1939-1945, Georges Defert est devenu ingénieur diplômé de l’Institut industriel du Nord, un établissement de la faculté catholique de Lille. Il est directeur d’une société de transport.

Après la Libération, lors des élections municipales d’avril 1945, la liste d’Union républicaine démocratique (URD), qui s’appuie sur les forces issues de la Résistance et du comité local de Libération, emporte tous les sièges avec 61% des suffrages. Elle est composée de communistes, de radicaux et de socialistes. C’est Robert Deloche (PCF) qui est élu.

Le scrutin suivant, en novembre 1947 est bien plus serré. La liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), sur laquelle figure Defert est en tête avec 3 066 voix en moyenne pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits ; elle obtient 13 sièges. Le PCF et certains radicaux, sur la liste Union républicaine et résistante recueillent 3 017 votes (43,3%) et également 13 sièges. C’est finalement la SFIO, qui n’a eu que 452 électeurs en sa faveur (6,5%) et se contente d’un seul siège, qui permettra cependant la réélection de Robert Deloche. Peu avant la fin de son mandat, ce dernier est exclu du PCF et démissionne de son mandat de maire et conseiller général.

Une élection partielle est organisée pour le remplacer : en l’absence de deux élus de gauche, la candidate communiste Amélie Trayaud a 12 voix mais Defert provoque la scission de la droite en défendant la candidature de Pierre Perly contre celle de Pierre Calmon, candidat du groupe RPF. Avec 5 voix pour le premier et 8 pour le second, la division des élus conservateurs permet à la communiste d’accéder, pour deux mois, en février 1953, à la fonction de maire.

Le scrutin d’avril 1953 se présente donc dans des conditions très différentes. Defert, associé à Jean-Pierre Garchery, a entraîné trois autres conseillers municipaux qui présentent une liste opposée à celle du RPF, sous l’étiquette du Rassemblement des gauches républicaines (RGR), qui regroupe des forces divers, pas toutes de gauches, dont d’anciens membres du PSF.

Bien que l’hebdomadaire anticommuniste Nouvelle Union régionale prenne ouvertement position contre lui, reprochant son attitude lors du vote de février, c’est la liste Defert qui arrive en tête des deux principales formations de droite, bien qu’elles obtiennent chacune six sièges. Son Union pour la gestion des affaires municipales a 1 488 voix sur 6 748 suffrages exprimés (22%), tandis que l'Action municipale et sociale (RPF) en a 1 334 (19,8%). Les démocrates-chrétiens recueillent 620 votes (9,2%) et deux sièges, tandis que les socialistes progressent avec 827 voix (12,3%) et trois élus. Les communistes, une fois de plus alliés à certains radicaux, arrivent en tête, mais leurs 2 405 suffrages (35,6%) ne leur apportent que 10 sièges. Malgré le soutien de la SFIO, ils doivent donc abandonner le poste de maire Defert, qui coalise les 14 voix RGR, RPF et MRP.

Personnellement, Defert avait été soutenu par 1 529 personnes (22,7%). Il prend comme adjoints Pierre Calmon (RPF), Albert Gaulin (indépendant) et Georges Moutenot (MRP).

Dès son premier mandat, Defert va engager une politique d’urbanisme très dynamique, confiant l’Office municipal d’Habitations à loyers modérés (HLM) la construction de plusieurs groupes importants et accueillant d’autres investisseurs, comme Coopération et Famille.

La municipalité Defert conserve les institutions sociales et de loisirs, acquises sous le mandat de Robert Deloche. Il négocie des jumelages internationaux en Allemagne et en Angleterre. Les groupes scolaires sont agrandis.

Son engagement politique s’accentue : Defert est candidat aux élections sénatoriales de la Seine en juin 1958 sur la liste de Georges Laffargue.

A suivre

Joinville-le-Pont en 1976, vue au-dessus du parc du Parangon

 

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