Adolphe Eugène Meslin naît le 31 décembre 1876 à Paris (11e arr.). Il est le fils de deux ouvriers cartonniers, Élisa Joséphine Jeanne Petitpas et son époux Paul Louis Alfred Meslin.
Devenu artisan doreur sur cuir et résidant 5, rue de Montmorency à Paris (3e arr.), Adolphe Eugène Meslin épouse en février 1904 dans ce même arrondissement Marie Germaine Granger. Ils auront au moins deux filles.
La famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1925. Meslin intervient en août lors de l’assemblée générale de la caisse des écoles pour critiquer le caractère onéreux d’un voyage à Versailles. En octobre, il est élu trésorier de la section socialiste SFIO, qui a probablement été reconstituée en 1924, après le passage de la totalité de ses membres en 1920 au parti communiste. Le secrétaire est Georges Roger, futur adjoint au maire ; Claude Noizat, délégué aux Fédérations, complète le bureau.
Peut-être Meslin figure-t-il sur la liste de cartel des gauches constituée avec les radicaux-socialistes et des socialistes indépendants pour les élections municipales de mai 1925. La liste recueille une moyenne de 648 voix, soit 28,4% des 2275 suffrages exprimés pour 2310 votants sur 2761 inscrits. La liste du cartel devance celle des communistes (480 voix, 21,1%) et arrive derrière l’Union républicaine (1080 voix, 47,5%). Au second tour, après le retrait des communistes, l’Union républicaine d’Henri Vel-Durand remporte les 27 sièges à pourvoir.
Adolphe Eugène Meslin meurt le 2 décembre 1938 à Joinville. Il était âgé de 61 ans et résidait avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.
Nestor Jean Marie de Caluwé naît le 15 juillet 1845 à Gand (Belgique) dans une famille de la noblesse flamande. Il épouse en octobre 1871 à Paris (3e arr.) Marie Augustine Eugénie Carlier, fille d’un maroquinier. Il monte lui-même, toujours en 1871, une entreprise de maroquinerie, qui obtient un prix lors de l’exposition universelle de 1878. Elle est dissoute en 1879 mais de Caluwé continue d’exercer le métier de maroquinier.
Nestor et Augustine de Caluwé auront quatre filles. Ils s’installent au début du siècle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, au 8, rue de Brétigny (qui devient après-guerre l’avenue du président Wilson), où ils élèvent plusieurs de leurs petits-enfants.
Nestor de Caluwé est candidat aux élections municipales générales de 1904 à Joinville sur une liste définie comme nationaliste par Le Petit Parisien (Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult, Dupré). La liste s’oppose à celle du maire radical-socialiste Eugène Voisin et à une liste socialiste (Lacroix, Lebègue). Nestor de Caluwé figure en 20e position sur 23 et obtient lors du 1er tour le 1er mai, 321 voix, soit 28,7% des suffrages exprimés, se situant ainsi au 43e rang sur 53 candidats. Il n’est pas élu au second tour, sa liste remportant un seul des 23 sièges en jeu.
En décembre 1917, de Caluwé participe à la collecte humanitaire organisée par le maire de Joinville, Ernest Mermet (radical dissident).
Nestor de Caluwé meurt le 1er février 1923 à Joinville. Il était veuf et âgé de 77 ans.
Eugin Thime naît le 10 février 1830 à La Charité-sur-Loire (Nièvre). Il est le fils de Marguerite Guillemot et de son époux Jean Baptiste Thime, tisserand. Son prénom sera fréquemment orthographié Eugène.
Tailleur de pierres à Nevers (Nièvre), Eugin Thime y épouse en octobre 1855 Anne Genevois, lingère, originaire du Maine-et-Loire. Les milieux d’origine des deux mariés sont très modestes, leurs parents ne sachant pas signer. Ils résident rue de la Préfecture puis rue des Juifs ; Thime est devenu cordonnier. En 1861, la famille, qui a alors deux enfants, s’installe à Paris, d’abord rue Caumartin (9e arr.), ensuite rue Saint-Nicolas-d’Antin (8e arr.) exerçant toujours le métier de cordonnier-bottier.
Lors de la naissance de leur cinquième enfant en 1872, les Thime vivent à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Trois ans plus tard, ils sont dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où naît la dernière fille de la famille.
À l’occasion des élections législatives du 21 aout 1881, Thime est, avec le conseiller municipal Alphonse Demeestère, l’un des deux délégués des électeurs joinvillais au sein du Comité central anti-opportuniste composé dans les cantons de Vincennes et Charenton (département de la Seine), qui soutient le député, classé à l’extrême gauche, Alfred Talandier, qui l‘emporte contre le bonapartiste Charles Delagneau, ancien préfet.
Membre de la société de libre-pensée de Saint-Maur-des-Fossés, Thime va jouer un rôle dans la propagation des idées anticléricales dans la région. Il introduit en 1885 dans sa société les joinvillais qui, comme Henry Vaudémont, peinaient à créer un groupe propre à Joinville. Ce dernier, journaliste, présente Thime comme un « humble et dévoué serviteur de la République et de la libre-pensée ». Il était probablement franc-maçon et membre de la loge Le Globe de Vincennes.
En juillet 1885, Thime est de nouveau l’un des quatre délégués des électeurs de Joinville au sein du comité central radical-socialiste du département de la Seine, avec Henri Diot, Demeestère, conseillers municipaux et Louis Vaudey, ancien conseiller municipal. Les trois autres sont commerçants tandis que Thime se présente comme ouvrier. Vaudémont raconte une soirée de l’hiver 1887 où Demeestère (70 ans), Thime et lui-même sont revenus d’une réunion radicale à Charenton vers 1h du matin par un pied de neige (env. 6 km).
Au cours des élections municipales de mai 1888, Thime est candidat en 20e position pour 21 sièges sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, qui se présente contre celle du maire sortant républicain, Gabriel Pinson. Les radicaux emportent seulement trois sièges, et Thime n’est pas élu.
Thime participe à la campagne de Jules Ferdinand Baulard lors de sa réélection en 1893. Il est une dernière fois désigné comme délégué de Joinville au bureau de l’Union des radicaux-socialistes de la 2e circonscription de Sceaux en février 1897 ; il semble cependant avoir déjà quitté son domicile de la rue d’Aval l’année précédente. En 1898, il est remplacé par Diot dans cette fonction.
Deux filles d’Eugin Thime, Alexandrine et Antoinette avaient épousé à Joinville en 1880 et 1883 deux fils de Justine Zo et QueveutDieu Ythier, Ernest et QueveutDieu Gustave. Ces mariages, comme la naissance d’Alfred Eugène en 1878 ou l’enterrement d’Arthur Francis en 1891 à Joinville, avaient eu pour témoins des personnalités de la libre-pensée et du radicalisme du canton.
Toujours cordonnier, Thime réside avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine) entre 1899 et 1902 puis avenue Parmentier à Paris (11e arr.) en 1904.
Un mois jour pour jour après son épouse, Eugin Thime meurt le 26 décembre 1904 à l’hôpital Saint-Antoine (Paris, 12e arr.). Il était âgé de 74 ans.
Pierre Victor Reclus naît le 30 septembre 1831 à Bergerac (Dordogne). Il est le fils de Marie Venencie et d’Antoine Tonin Reclus, coutelier.
Il vit à Paris où naît sa fille Henriette Clarisse Amélie quand il n’a que 15 ans. Il épouse sa mère, Virginie Louise Leroy, neuf ans plus tard en février 1856 à Paris (6e arr.).
Cette même année 1856, Victor Reclus, qui a ouvert une boutique d’horlogerie rue Dauphine à Paris (6e arr.), dépose en mars son premier brevet d’invention « pour un genre de compteur pour les voitures ». Il essaiera d’exploiter ce brevet, destiné aux fiacres des Petites-Voitures de Paris, mais sans grand succès semble-t-il.
Déménageant son atelier rue des Lavandières-Sainte-Opportune (1er arr.) en 1858 puis rue du Temple (4e arr.) en 1860, Reclus va déposer de nombreux autres brevets dans des domaines variés : en février 1857, pour un système de télégraphie aérienne ; en août 1858, pour un réveil-matin, etc.
La fabrique de Reclus est, après celle de Japy, une des plus conséquentes de Paris et emploie plusieurs dizaines d’employés. Les produits Reclus font l’objet de présentations techniques, parfois par lui-même, dans les revues professionnelles. Il siège également à plusieurs reprises au conseil de la Chambre syndicale de l'horlogerie.
En septembre 1869, Reclus s’associe aux ouvriers de sa fabrique qui organisent une pétition « pour les familles des victimes des mineurs de la Loire », la fusillade aux abords du puits Quentin, du hameau de Brûlé à la Ricamarie avait fait, le 16 juin, 14 morts lorsque la troupe avait tiré sur les familles qui essayaient d’empêcher l’arrestation des grévistes.
S’il reste toujours domicilié à Paris, comme nombre de personnes disposant d’une certaine aisance, il a acquis une résidence secondaire en banlieue. Il s’établit, à proximité des bords de Marne, dans le quartier nouvellement créé de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est membre du bureau de bienfaisance de cette commune en 1868.
En janvier 1869, un décret nomme Pierre Victor Reclus en tant que conseiller municipal de Joinville en remplacement de Jean-Louis Ancelet, décédé, dans la municipalité dirigée par Auguste Courtin. Il est élu dans la même fonction lors des premières élections municipales suivant l’instauration de la troisième République, qui ont lieu les 25 et 28 septembre 1870. Auguste Courtin, conservateur, reste maire. Reclus ne siège plus dans l’assemblée élue en juillet 1871. La commune avait été fortement touchée par la guerre franco-prussienne, qui avait provoqué l’évacuation de la population, la destruction du pont entre les deux rives, la mort de plus de 2000 soldats sur les terrains entre Joinville et Champigny puis l’occupation pendant six mois par les troupes allemandes.
Reclus conservera un lien avec la commune, où son neveu, Georges Reclus, s’installe au début du 20e siècle en tant que boucher dans le même quartier de Palissy. Peut-être est-ce Victor Reclus qui participe, en septembre 1894 et comme secrétaire à l’assemblée générale d’une coopérative de consommation, La Populaire, présidée par le journaliste Henry Vaudémont. C’est également possible qu’il soit le Reclus qui participe, avec 260 autres souscripteurs, toujours dans son quartier, à une souscription « pour les affamés de Carmaux », en faveur des grévistes des verreries, lancée par la compagne de Vaudémont, Victoria Bès, et un militant radical-socialiste, Pierre Jules Tireau
Sous la troisième République, Victor Reclus continue le développement de son activité, en investissant notamment dans le domaine électrique, faisant breveter une pendule électrique. Il crée une marque (un Soleil, V.R.) qu’il appose sur ses modèles d’horlogerie et une autre pour les baromètres (R entouré d'un losange).
Attentif à mettre en avant ses ouvriers, il intervient à plusieurs reprises pour qu’ils reçoivent des médailles. Il appuie dès 1874, la fondation de l’école d'horlogerie de Paris. Reclus participe aux deux expositions universelles de Paris en 1878 et 1889. Lors de la première, il obtient deux médailles d'argent ; il est récompensé d’une médaille d'or à la seconde.
En 1890, l'horlogerie électrique de la maison V. Reclus est installée dans le nouveau Musée commercial de la Bourse de commerce de Paris. En 1896, ses horloges électriques sont présentées lors de l'exposition de la Société internationale des électriciens.
On retrouve en 1897 Victor Reclus en tant que membre du comité d'admission de l'Exposition universelle de 1900 à Paris pour la classe 25 (éclairage électrique).
Il continue son travail d’inventeur, avec en 1887 un brevet pour une pendule à remontoir électrique, avec distribution électrique de l'heure et de la sonnerie ; puis en 1899 pour une table à projections lumineuses et à variations de couleurs fonctionnant par déclenchement monétaire, et la même année, un autre pour une table à images et à réclames mobiles.
S’il l’avait quitté adolescent, Reclus conservait un attachement à sa Dordogne natale. Son épouse décède en septembre 1884 dans la commune de Prigonrieux, proche de Bergerac, où il acquiert un château dans le hameau de Nébouts. Il s’y installe lui-même vers 1905 et y poursuit, au moins un temps son activité d’horlogerie.
Il est signalé comme y résidant toujours en 1920, alors qu’il avait atteint 89 ans. Par contre, il n’y réside plus en 1926. La date de son décès n’est pas connue.
Ferdinand Marie Louis Huby naît le 25 septembre 1880 à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Claudine Noël Boutonné, couturière, et de Louis Léon Huby, héritier d’une lignée d’imprimeurs.
La famille est une première fois expropriée à Paris lors de l'élargissement de la rue de la Grande-Truanderie en 1900 puis une seconde fois en 1902 à Nanterre, pour l’agrandissement de la rue du Chemin-de-fer. Le père installe son imprimerie à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) puis la cède en 1904 à son fis qui y réside désormais.
Marié en octobre 1904 à Nogent-sur-Marne avec Marie Berthe Jolivet, Ferdinand Huby prend une part active à la vie de l’Union des commerçants. Lors de l’inondation de la Marne en 1910, il prend part aux activités humanitaires.
F. Huby est l’éditeur de plusieurs ouvrages et brochures, notamment la monographie de Basile Nivelet, intitulée « Joinville-le-Pont » et parue en 1910, qui constitue le second ouvrage historique sur la ville. Il publie aussi la liste des secours aux inondés parue en septembre 1911 et les discours prononcés aux obsèques du maire Achille Mermet, le 4 décembre 1919. Il adhère en 1923 au club Joinville sportif.
L’imprimerie de Ferdinand Huby, implantée rue du Pont, est toujours active en 1933. La destruction de cette rue pour la réfection du pont en 1937 a probablement provoqué son départ.
La date de décès de Ferdinand Huby n’est pas connue. Il a eu trois enfants.
Adelson Constant Pernez naît le 28 septembre 1843 à Leuze (Hainaut, Belgique). Il est le fils de Thérèse Nicole Lemaire et de son époux, Constant Pernez, corroyeur.
Il travaille également le cuir, s’installant à Paris (11e arr.), rue Vieille-du-Temple, où il est coupeur en chaussures et se marie, en mars 1868 avec Marie Emélie Caroline Vuillier, piqueuse de bottines.
Bien qu’ayant fait son service militaire en Belgique, Pernez est engagé volontaire en 1870 dans l’armée française qui combat les troupes prussiennes et allemandes. En mars 1889, il bénéficie d’une autorisation de résidence permanente à Paris.
Il s’installe après sa retraite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit une partie de sa belle-famille. Il y réside en 1908, année où il obtient par décret sa naturalisation française en août 1908. Sa sœur et son frère s’y installent aussi.
Vers 1912, il est désigné comme administrateur du bureau municipal de bienfaisance. Pendant la guerre, il souscrit régulièrement à diverses collectes humanitaires.
Pernez est élu conseiller municipal en 1919 sur la liste de Henri Vel-Durand, qui rassemble des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants et s’oppose au premier tour à une liste libérale ainsi qu’à une autre socialiste SFIO. Au premier tour, Pernez obtient 770 suffrages exprimés (45,5%) sur 1 715 votants pour 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 977 voix sur 1 537 (64,4%).
Lors des séances du conseil municipal, Pernez est assidu jusqu’à ce qu’il tombe malade fin 1923. Le journal radical-socialiste Voix des communes le qualifie de « courtois et aimable ». En 1920, il est vice-président de l’Union sportive de Joinville.
Adelson Pernez meurt en cours de mandat à Joinville le 17 décembre 1924. Il était âgé de 81 ans.
Prudent Moire naît le 14 avril 1822 à Fresnoy-le-Château (Aube). Il est le fils d’Anne Payn et de son époux Edme Moire, cultivateurs.
Lui-même est tonnelier lors de son mariage avec Jeanne Françoise Désirée Rousseau en octobre 1845 à Paris (12e arr.). Il vit rue du Marché Saint-Honoré. Il réside toujours à Paris en 1874, boulevard Saint-Germain et est alors limonadier.
En 1891, Moire est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), vivant de ses rentes.
En mai 1892, Moire est candidat aux élections municipales dans cette commune sur la liste du maire radical Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste, qui remporte 22 des 23 sièges à pourvoir face à une liste plus à droite de Bocquentin et Barborin, qui fera élire un seul de ses membres.
Moire obtient au premier tour 354 voix sur 639 suffrages exprimés (55,4%) et est élu. Il sera réélu en mai 1896, toujours sur la liste radicale-socialiste d’Eugène Voisin, qui n’a pas de concurrent. Le journaliste Henry Vaudémont, dans l’hebdomadaire radical localVoix des communes, le présente en mai1896 comme une « figure descendue d’un cadre antique venant enseigner aux modernes la sobriété de gestes et de paroles des anciens ». Il ne se représente pas en 1900.
Prudent Moire meurt le 5 avril 1907 à Joinville, à l’âge de 84 ans. Il était veuf et avait deux enfants.
Claude Marin Thierry Mathieu naît le 13 novembre 1760 à Sucy-en-Brie (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Besnard et de son époux Claude Mathieu. Il est laboureur dans la plaine de La Varenne-Saint-Maur.
Le cahier de doléances des « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés », est rédigé en prévision des états généraux convoqués par le roi Louis XVI ; il est daté du 14 avril 1789.
Pour l’historien Henri Pouvereau, ce texte « formule des plaintes naïves — le roi tout puissant n'est-il pas une manière de Dieu? — à propos des inondations de la Marne qui déracinent tous les grains et transportent de la vase et du sable ; des années de sécheresse, qui sont plus redoutables encore; du terrain sablonneux qui rend les charrois trop pénibles. — Ah! Si Sa Majesté faisait construire « un pavé» comme tout irait mieux!
Par contre, le ton devient plus âpre quand se trouvent relatés les multiples dégâts occasionnés par le gibier et par « Messieurs les gentilshommes » invités du prince de Condé qui saccagent à plaisir et se rient des poursuites judiciaires. Que justice égale soit rendue aux petits comme aux grands! Que le droit de chasse soit limité!
« Enfin, et pour tant de malheurs, qu'une diminution d'impôts soit accordée à la paroisse. »
Le cinquième signataire du cahier de doléances est mentionné en tant que « Matthieu » sur le manuscrit de ce document. Il est très probable qu’il s’agisse de Claude Marin Mathieu. Si plusieurs Mathieu sont connus à la même époque dans la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur (Nicolas, Jean Claude, Nicolas Hubert, Claude Hubert), Claude Marin Mathieu qui, lui, réside à La Varenne est le seul à jouer un rôle politique dans cette période.
Les autres signataires sont Jean Charles Dessaint, blanchisseur au port de Créteil, Jean Buchot, journalier dans le même village, Jean Jacques Géant, laboureur à La Varenne, Jacques Maurice Bouillon, aubergiste au même lieu, Claude Martin Claudin, berger toujours à La Varenne et Louis-Philippe Riguet, laboureur au port de Créteil.
Le village de La Varenne est au centre d’une péninsule, en réalité presque vide, qui constitue aujourd’hui le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. La paroisse Saint-Hilaire, dont il est le siège, compte pour environ 99% du territoire de la future commune. Mais par rapport aux 560 habitants de Saint-Maur et aux 410 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), les 80 résidents de La Varenne ne pèsent guère, même en y ajoutant les autres hameaux comme celui du Port de Créteil.
Une grande partie de la population se prononce en faveur d’une union des deux paroisses de Saint-Maur et La Varenne, au cours d’une assemblée tenue le 30 janvier 1790. Claude Marin Mathieu, figure peut-être dans les municipalités élue en 1790 et 1791 à La Varenne (dont les listes ne sont pas connues). Il est ensuite notable dans la municipalité unifiée de Saint-Maur élue en décembre 1791.
En mars 1791, il épouse Marie Marguerite Joret (ou Jorray) dans la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne. Ils auront au moins deux enfants.
Devenu charretier, Claude Marin Mathieu meurt le 11 février 1818 à La Queue-en-Brie, (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il était veuf et âgé de 58 ans.
Georges Maizière naît le 11 mai 1841 à Tannay, Ardennes. Il est le fils reconnu de Pierre Albert Maizière, fermier, et non reconnu de Marie Suzanne Tristant.
Il exerce, comme deux de ses frères, le métier de marchand de futailles, des récipients en bois qui pour le vin ou des liqueurs dans le quartier de Bercy à Paris (12e arr.) et réside dans le même arrondissement, rue Villiot. En 1886, il épouse Marie Sophie Gaucheret, veuve d’un marchand de vins, Jacques Mourand.
Retiré des affaires au milieu des années 1890, il s’installe à Joinville-le-Pont, dans le quartier nouvellement créé de Polangis. Il vit avenue du Parc, puis avenue des Lilas.
Lors des élections municipales de mai 1904, Maizière est candidat en 15e position sur la liste radicale-socialiste du maire sortant, Eugène Voisin. Elle s’oppose à une liste dite apolitique, mais qualifiée par ses adversaires de réactionnaire et à une liste socialiste incomplète. Les radicaux affichent leur réprobation du nationalisme et du cléricalisme. Au premier tour, il recueille 515 sur 1 119 votants (46%) pour 1 363 Inscrits, et est élu au second, la majorité municipale ayant 22 des 23 sièges à pourvoir.
Nommé membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance de Joinville en décembre 1904, Maizière est relevé de ses fonctions le 9 décembre 1907 par le président du Conseil, ministre de l'Intérieur, Georges Clémenceau, sur rapport du Préfet de la Seine.
Georges Maizière et son épouse élevaient le petit-fils de cette dernière, Georges Mourand, apprenti en 1911 à la scierie de Georges Marchaterre à Joinville.
Son épouse meurt en octobre 1917 à Joinville ; Georges Maizière avait alors 76 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.
Charles Hippolyte Pinson naît le 2 avril 1793 dans une commune qui s’appelle, depuis peu, La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et qui deviendra plus tard Joinville-le-Pont.
Il est le fils de Laurent François Pinson (1755-1814), marchand de bois et de Jeanne Marguerite Mathieu (1764-1843). En 1791, Laurent François Pinson est le deuxième officier municipal de la commune, avec Edme Lheureux, le premier maire de la commune, qui compte alors 400 habitants. Laurent François Pinson est nommé maire en 1800 par le préfet de la Seine, Nicolas Frochot, lors du rétablissement de cette fonction, supprimée en 1795. Il meurt en fonction le 27 décembre 1814 dans sa commune.
Le frère aîné d’Hippolyte Pinson, Laurent-Nicolas Pinson (1788-1867), également marchand de bois devient à son tour adjoint au maire en 1822 (ou peut-être en 1821), le maire étant Claude Joseph Jacmart. Il est maire en 1830. C’est lui qui obtient en 1831 du roi Louis-Philippe que la commune soit désormais appelée Joinville-le-Pont en l'honneur de François d'Orléans, prince de Joinville (1818-1900), troisième fils de Louis-Philippe. Il s’agit pour lui de marquer, de manière définitive, la séparation de Joinville et Saint Maur, qui ne formaient qu’une seule paroisse avant la Révolution de 1789. Il reste maire jusqu’en 1843.
Hippolyte Pinson travaille à Joinville-le-Pont en qualité de menuisier. Le bois, qui arrive par flottage sur la Marne jusqu’au port et au pont de Joinville, est sans doute la principale source d’activité économique de la commune au début du 19ème siècle et la plupart des membres de la famille Pinson ont un métier dans ce domaine. Dans les années 1850, Hippolyte Pinson indique exercer la profession de propriétaire.
Il se marie le 16 mars 1815 à Nogent-sur-Marne avec Adélaide Henriette Beuzeville (1797-1879). Ils auront trois enfants, dont deux meurent en bas âge.
Hippolyte Pinson devient en 1852 adjoint du grammairien Charles Pierre Chapsal, maire de Joinville. Il continue d’exercer cette fonction quand Chapsal, mort en fonction en 1858, est remplacé par son fils adoptif, Auguste Courtin. Le conseil municipal compte alors 16 membres, dont un seul adjoint. Hippolyte Pinson reste en fonction jusqu’aux élections de 1870, qui suivent la chute de l’empire.
Hippolyte Pinson signe une grande partie des actes d’état civil pendant la période de son mandat. C’est lui qui marie, le 23 septembre 1869, le grand économiste français Léon Walras, alors âgé de 35 ans, qui épouse une Joinvillaise, Honorine Ernestine Ferbach, avec laquelle il a déjà eu deux enfants. Léon Walras indique avoir son domicile à Joinville, mais je n’ai, pour l’instant, pas trouvé de sources sur l’éventuel séjour dans la cité de l’inventeur de la théorie de l’équilibre général.
Hippolyte Pinson meurt le 20 février 1881 à Joinville le Pont à l'âge de 87 ans. Son neveu, Gabriel Pinson (1835-1888), était alors maire de Joinville-le-Pont depuis 1878 et le reste jusqu’à sa mort en 1888.
Une rue de Joinville-le-Pont est nommée « Hippolyte Pinson » ; on y trouve notamment la poste principale et un important groupe de logements.
Depuis la Révolution, sur une période de 98 ans, des membres de la famille Pinson auront siégé comme adjoint ou maire pendant au moins 68 ans, dont Hippolyte pour un total de 44 années. Il est d’ailleurs étonnant de remarquer que trois maires de Joinville portèrent le nom de Pinson, mais qu’ils ne sont, eux, célébrés par aucune voie ni aucun bâtiment.