Jean Baptiste Desmoulins naît le 23 août 1728 à Saint-Maur-des-Fossés (prévôté de Paris, act. Val-de-Marne) ; il est baptisé le lendemain dans l’église de la paroisse Saint-Nicolas du bourg. Saint-Nicolas. Il est le fils de Jeanne Chaumont et de son époux Jean Desmoulins ; la famille vit dans le village du Pont-de-Saint-Maur, limitrophe de celui de Saint-Maur, et qui deviendra en 1831 Joinville-le-Pont.
Le père Jean Desmoulins (parfois désigné également comme Jean Baptiste) est officier de la Ville de Paris, un agent du pouvoir royal, qui agit sous les ordres de Gabriel Jérôme de Bullion, comte d'Esclimont, prévôt de Paris (1721–1752). Son propre père, François Desmoulins (v 1653-1718) exerçait déjà la même profession et résidait également Saint-Maur. Plusieurs personnes de leur entourage assurent des fonctions juridiques au Châtelet, le tribunal de Paris. C’est le cas des familles Bonot et Baudet, dont certains membres sont les parrains des enfants Desmoulins, notamment de Jean Baptiste et de sa sœur Jeanne Catherine, qui est parrainée par Jean Baudet, huissier à cheval au Chatelet, greffier, notaire, tabellion à Charenton.
À la mort de son père, en février 1738 à Saint-Maur, Jean Baptiste Desmoulins a 9 ans. Il semble avoir subi l’influence de son oncle par alliance Nicolas Cornu, garde des plaisirs du roi de la capitainerie de Vincennes (chargé de la surveillance et de la conservation du gibier dans les domaines royaux).
En mai 1751, Jean Baptiste Desmoulins, est procureur de la prévôté à Saint-Mandé, bourg situé de l’autre côté du parc de Vincennes par rapport à Saint-Maur. Il épouse en novembre 1754 à Villevaudé (act. Seine-et-Marne) Marie Anne Chicot, fille d’un maréchal-ferrant ; il est alors procureur au baillage de Saint-Maur.
Les Archives nationales conservent un acte de juin 1754 (publié par Georges Saouter, dans la revue Le Vieux Saint-Maur, parue en 1984) lequel intervient Jean Baptiste Desmoulins, procureur au baillage de Saint-Maur, résidant à Vincennes et faisant office de greffier. Marie Prout, veuve d’un vigneron Charles Louis Borgat, a été conduite chez Nicolas Cornu, vigneron au Pont-de-Saint-Maur, après avoir été victime d’un accident. La voiture de Charles Contour, vigneron à Vincennes, lui est passée dessus, du fait d’un écart de son cheval. L’audience se tient quatre jours plus tard, après audition des parties, des témoins et d’un médecin. Elle aboutit, selon un acte rédigé par Jean François Hanot, notaire et tabellion au baillage de Saint-Maur, en présence de Jean Baptiste Desmoulins, au désistement de la plaignante, qui reçoit en compensation 200 livres versés par Charles Contour. Ce dernier est le père de Jean Charles Contour (1750-1807),
Les sources ne citent pas son prénom, mais il est probable que l’avocat Desmoulins qui s’occupe de plusieurs affaires pour des corporations est Jean Baptiste. En 0761, il défend à Paris la communauté des maîtres queux et cuisiniers-traiteurs qui fait saisir des casseroles et autres ustensiles de concurrents irréguliers. En 1766, c’est au profit des maîtres boulangers que Me Desmoulins intervient.
À partir de 1769, Jean Baptiste Desmoulins est identifié comme « huissier à verge au Chatelet de Paris ». La verge, qui est fréquemment en ébène garni d'ivoire permet de signifier un acte officiel et d’exiger l'obéissance de la personne touchée. En juin de cette année, selon ce que rapporte Georges Saouter (Vieux Saint-Maur, 1985), le blanchisseur Nicolas Rousselle, marguillier de la fabrique (gestionnaire de la paroisse) l’accuse, dans le d’être un « coquin, voleur d'une somme de 28 livres 17 sols dans le cabaret de Jean Compoint ». Il veut le faire interdire de ses fonctions et plusieurs autres villageois se mêlent à la querelle. Les auteurs des injures publiques présenteront des excuses.
Répertorié dans sa fonction d’huissier dans l’État de la magistrature en France (Duhamel, 1788), Jean Baptiste Desmoulins est toujours présenté comme exerçant la fonction en 1798.
La révolution française fait de lui un « citoyen actif » de la nouvelle commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, nom adopté par la municipalité qui se constitue en septembre 1790. Le village du Pont-de-Saint-Maur disposait d’un rôle de taille (impôts) particulier, mais restait rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Le directoire du département a admis cette séparation, et un premier maire, le marchand de bois Edme Lheureux, est élu.
Le village est rattaché au canton de Vincennes (avec Fontenay et Saint-Mandé), contrairement à Saint-Maur, qui participe à celui de Charenton. « L’assemblée primaire générale des citoyens actifs du canton de Vincennes » se réunit, à partir du 18 octobre 1790 dans les appartements royaux du château de Vincennes. Pierre Langlois en fait le récit dans le bulletin CLIO 94 (1989). Au côté du maire de Saint-Mandé, Edme Gabriel Gendron, désigné comme président provisoire en tant que doyen et du greffier de Vincennes, deux scrutateurs sont désignés, « au bénéfice de l’âge » et parce qu’ils « savent parfaitement lire et écrire » ; l’un vient de Fontenay et l’autre de Pont-de-Saint-Maur. Il est désigné comme « Desmoulins père », certainement parce que son fils éponyme est également présent dans l’assemblée où l’on compte plus de 240 participants. L’assemblée a commencé à 9 heures du matin pour élire d’abord son président définitif. À 20 h, le président de séance se retiré, se disant fatigué, remplacé par Denis Antoine Paul Dallet, chanoine de la Sainte-Chapelle de Vincennes. Peu après, les deux scrutateurs se déclarent fatigués et demandent à être remplacés. Desmoulins cède alors sa place au secrétaire de la municipalité du Pont-de-Saint-Maur Nicolas Jacques Spycket, tandis que le maire Edme Lheureux est désigné en tant qu’assistant.
L’assemblée primaire était la structure véritablement politique, qui devait décider des représentants aux niveaux supérieurs, la municipalité ayant eu, dans une première phase, un rôle plus administratif. Jean Baptiste Desmoulins peut donc être considéré comme ayant été le premier habitant de la commune (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) a avoir exercé une fonction politique.
En l’an 10 (1802), les époux Jean Baptiste et Marie Anne Desmoulins vivent dans le village de Pont-de-Saint-Maur, quai Beaubourg (act. quai du Barrage, Joinville-le-Pont). Il est recensé comme rentier.
Jean Baptiste Desmoulins meurt le 20 nivôse de l’an 11 (10 janvier 1803) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est rentier et âgé de 75 ans. Ce sont deux notables du village qui déclarent son décès : Jean Victor Bainville, artisan du bâtiment, et Jean Louis Ambelouis garde de la porte du Bois de Vincennes.
Père de cinq enfants, son fils aîné éponyme, Jean Baptiste Desmoulins, devient lui aussi huissier, après avoir servi dans la marine de guerre.
L'ancien Chatelet de Paris (gravure)
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