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29 septembre 2026 2 29 /09 /septembre /2026 00:01

François Pierre Châtenay naît le 7 septembre 1754 à Charenton-le-Pont (act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Madelaine Doucet, originaire de Montreuil (act. Seine-Saint-Denis) et de son époux François Châtenay, jardinier dans le quartier des Carrières, natif du village voisin de Maisons-Alfort. Il est baptisé le lendemain dans l’église de Conflans (auj. détruite) et a pour marraine Étiennette Chevallier, de Charenton et pour parrain, Pierre Vattier, officier aux greniers à sel, résidant à Paris, paroisse Saint-Germain l’Auxerrois. François Pierre Châtenay est présent à Charenton lors de plusieurs évènements familiaux (1783-1785), notamment au décès de son père en mai 1783 et à celui de sa mère en janvier 1784.

François Pierre Châtenay se marie en février 1787 à Champigny-sur-Marne (act. Val-de-Marne) avec Louise Victoire Labille, native du village. Son père est décédé. Il exerce alors la fonction de domestique chef chez Antoine Louis Hyacinthe Hocquart, procureur général à la Cour des Aides de Paris, domicilié à Paris, rue Payenne, dans le quartier du Marais et la paroisse Saint-Paul (adresse officielle de Châtenay) ; Hocquart possède également le château de Coeuilly, situé aujourd’hui sur le territoire de Champigny-sur-Marne (act. Val-de-Marne), qui constitue la résidence principale de la famille Châtenay, ses huit enfants y naissant.

François Pierre Châtenay est qualifié de « bourgeois de Paris » par le notaire qui rédige leur contrat de mariage. C’est un statut social et juridique sous l’ancien régime. Pour être bourgeois de Paris, selon l'article 173 de la Coutume de Paris, il faut y avoir son domicile comme locataire ou comme propriétaire pendant plus d’un an. Il permet d’exercer des fonctions publiques. Les bourgeois de Paris étaient exempts de payer la taille (impôt), mais devaient payer les taxes de la ville, contribuer à la charité publique et s'armer à leurs frais pour participer à la milice urbaine. Lors de la révolution française de 1789, ce statut sera contesté ; c’est le cas par exemple, dans le Cahier de doléances de Fontenay-sous-Bois (act. Val-de-Marne) qui s'élève contre l'excès des impositions et contre les privilèges, y compris ceux des bourgeois de Paris.

À la fin de la monarchie de Louis XVI, Antoine Hocquart devient en mars 1789 président de la Cour des Aides de Paris. François Pierre Châtenay est apparemment l’intendant du domaine, un château du 13e siècle, reconstruit au milieu du 18e siècle après son acquisition par la famille Hocquart. Les biens de Louis Hyacinthe Hocquart (dont la propriété de Coeuilly) firent l’objet d’une saisie révolutionnaire en germinal an 2 (mars 1794). Accusé de « calomnier le peuple, diffamer la représentation nationale, et à appeler le retour de la tyrannie et la contre-révolution », Hocquart est condamné à mort le 1er floréal an 2 et guillotiné (avril 1794).

Sous le régime du Directoire, François Pierre Châtenay, qui réside toujours à Champigny, est employé de la Trésorerie nationale en ventôse an 4 (mars 1796). Il officie à la direction du Grand-Livre de la dette publique. Créé par Joseph Cambon, député en août 1793, ce registre unifiait les créances que les citoyens possédaient sur l'État, comme les anciennes dettes de la monarchie ou les emprunts révolutionnaires, qui étaient convertis en une rente perpétuelle unique à 5 %. Mais l’inflation provoquée par la pénurie d’assignats, en mars 1796, conduit à l’annulation en septembre 1797, des deux-tiers de la dette publique. Châtenay est encore employé, possiblement dans la même administration, en floréal an 6 (mai 1798).

À partir de nivôse an 9, Châtenay se déclare instituteur lors des actes d’état-civil, vivant encore à Champigny en thermidor an 9 (juillet 1801). Il est installé avec sa famille en l’an 10 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), commune riveraine de Champigny. Il vit rue Saint-Maur, dans le centre du village (act. rue de Paris) avec quatre enfants, trois étant décédés et l’aînée ne les ayant pas suivis. Un autre instituteur avait été mentionné antérieurement, en l’an 3, nommé Cintu ou Contu. Mais il n’est plus présent à Pont-de-Saint-Maur quand Châtenay est recensé.

À partir de 1813, Châtenay est identifié comme instituteur primaire à Champigny. Il réside dans la Grande-Rue (act. rue Roger-Salengro).

François Pierre Châtenay siège au conseil municipal de Champigny, dont le maire est depuis 1816 et jusqu’en 1826, Auguste Philippe Hilaire Duverger de Villeneuve, avocat puis commissaire-priseur ; il sera de nouveau édile de 1847 à 1851. Au premier semestre 1817, Châtenay est adjoint au maire, en remplacement de Lucien Alexandre Delussault. Il exerce la fonction jusqu’en 1820, où il aura comme successeur Gervais Coutenet. En tant qu’adjoint, ils signe de nombreux actes d’état-civil.

Sur le plan professionnel, Châtenay est épicier en 1821, dans la Grande-Rue. À partir de 1828, il se présente comme « ancien employé » et ses fils gèrent le magasin.

François Pierre Châtenay meurt le 7 mai 1838 à Champigny, âgé de 83 ans. Son fils aîné, André François (1789-1869), continue l’exploitation du commerce familial après avoir servi comme sous-officier dans l’armée impériale et été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Le château de Coeuilly à Champigny-sur-Marne

 

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 00:01

Antoine Fayet naît vers 1575. Il est le fils de Jeanne Le Bossu et de son époux Antoine Fayet. Sa mère est la fille d'un receveur général des monnaies. Son père est sieur de Margency (act. Val-d'Oise). Il est conseiller du roi et trésorier de l'extraordinaire des guerres, c’est-à-dire gestionnaire des fonds nécessaires pour les activités militaires et non prévues au budget ordinaire. En 1563, il est nommé secrétaire du roi, titre qui reconnaît son appartenance à la noblesse. Les Fayet ont une origine ancienne dans le Gévaudan (act. Lozère, Occitanie).

La famille compte quatre garçons et une fille. L’aîné, Olivier, est président de la première chambre des enquêtes du Parlement de Paris ; Nicolas, est secrétaire d’État (directeur d’une administration centrale) et président en mars 1616 de la Chambre des comptes de Paris ; Martin est trésorier provincial des guerres.

Antoine Fayet fils fait des études de théologie à l’université de Paris, dite de Sorbon. Il en sort avec le titre de docteur et assure la fonction de conseiller au parlement de Paris. Il est nommé curé de l’église Saint-Paul de Paris en 1597. Il conservera cette fonction jusqu’à 1627. L’église sera reconstruite au 19e siècle et prend alors le nom de Saint-Paul-Saint-Louis.

En 1604, Martin Fayet, frère d’Antoine, avait acquis le domaine de Polangis, comprenant notamment une maison et une ferme sur un vaste terrain, situé sur la rive gauche de la Marne, dans l’actuel territoire de la commune de Joinville-le-Pont et, pour une petite partie, également de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). À son décès, Antoine Fayet en hérite. Il transmettra lui-même une part à leur frère Olivier et à sa fille Bonne, le moulin à eau situé sous l’arche du pont de Saint-Maur (act. pont de Joinville). En décembre 1623, Antoine Fayet vend le domaine de Polangis à Charles de Valliech, premier secrétaire du duc d’Épernon.

Il y a sans doute un lien entre la propriété du domaine de Polangis et le fait que l’abbé Antoine Fayet est nommé chantre et chanoine de l’église de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés. L’abbaye de Saint-Maur, dont l’église était une fondation, avait été jusqu’en 1482 propriétaire du domaine. Il était également chanoine de Paris.

C’est en sa qualité de docteur de la Faculté de théologie de l’Université de Paris (la Sorbonne) qu’Antoine Fayet est nommé en décembre 1612 à la tête d’une députation de quatre docteurs. Ils sont chargés par le doyen de la faculté, P. Bottereau, d’examiner un livre de Martin Bécan (1563-1624), dit Becanus, intitulé La Controverse d’Angleterre touchant la puissance du Roi et du Pape. L’auteur est un jésuite des Pays-Bas espagnols, théologien catholique de la Contre-Réforme. Les conclusions sont présentées à la reine régente, Catherine de Médicis, au chancelier et garde des sceaux Nicolas Brûlart de Sillery et au cardinal Jean de Bonzi, évêque de Béziers. Les rapporteurs considèrent que « le livre renfermait quantité de choses dangereuses et d’une grande importance » et en recommandent la censure. Le cardinal de Richelieu témoigne dans ses mémoires : « Un orage s’éleva (…) contre les jésuites pour un livre composé par un des leurs, nommé Becanus (…). Ce livre fut vu en France en novembre [1612], et accusé par aucuns docteurs en leur assemblée du premier de décembre, comme proposant le parricide des rois et des princes pour une action digne de gloire ». La reine préféra attendre l’avis de Rome, où siège la papauté, avant de décider de ladite censure.

Le débat s’inscrit dans les débats en France sur la primauté de l’autorité des rois sur celle du pape. Pour l’historien Nicolas Sanders, la dénonciation vient de ce que les docteurs parisiens estiment que les doctrines du jésuite sont dangereuses, Becanus professant le pouvoir temporel des papes sur les rois.

En novembre 1623, sollicite l’acquisition d’un terrain situé dans le Faubourg Saint-Antoine à Paris, pour y construire une chapelle qui soit une succursale de l’église Saint-Paul, destinée aux résidents du quartier, en forte croissance démographique. Il achète, probablement avec les moyens qu’il a retiré de la vente du domaine de Polangis, un terrain en octobre 1624 auprès de Jean de Vitry, seigneur de Reuilly.

La construction de l’édifice se fait en 1625 rue Saint-Bernard et il est nommé Sainte-Marguerite. Cependant, les demandes de Fayet et des habitants du Faubourg pour en faire une église succursale se heurtent à l’opposition des marguilliers de Saint-Paul, laïcs élus par l’assemblée de notables de la paroisse, chargé de la gestion du conseil de fabrique paroissial. Le parlement de Paris jugea, en juillet 1629, que le bâtiment devait rester une simple chapelle, devant servir de sépulture aux membres de la famille Fayet. Mais, une seconde décision de la même instance décida, en août 1631 (confirmée par deux arrêts d’août 1632 et mai 1633), que la chapelle serait érigée en succursale. L’abbé Fayet, qui avait abandonné la cure de Saint-Paul en 1627, fait alors célébrer un service dominical dans le nouveau temple. L’extension du bâtiment se fait en 1634.

Antoine Fayet meurt le 10 février 1634 à Paris. Il était âgé d’environ 69 ans et est enterré dans l'église Sainte-Marguerite. Ses héritiers continuèrent à financer les travaux de l’église. Un plaque apposée dans l’édifice mentionne qu’il en fut, en 1634 le curé fondateur. Son portrait est accroché dans la sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, dont il avait été le cinquième curé, avec l’indication « Fayet Antoine 1597-1627 » et l’inscription « Messire Antoine Fayet, conseiller au Parlement de Paris et curé de Saint-Paul, mort le 10 février 1634. »

Portrait de l’abbé Antoine Fayet, sacristie de l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris

 

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28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 00:01

Anatole Alphonse Désiré Pujet naît le 1er mai 1873 à Marigny-Marmande, en Indre-et-Loire.  Il est le fils d’Adélaïde Françoise Beudard et de son époux Alexandre Pujet. Son père est instituteur public, comme l’était déjà son grand-père paternel. Son oncle, Alphonse Pujet (1840-1925), professeur de mathématiques pures à la faculté des sciences de Rennes fut adjoint au maire de Rennes de 1886 à 1889 ; il a été fait officier de l’instruction publique et chevalier de la Légion d'honneur. Dans la fratrie d’Anatole Pujet, ses deux sœurs et un de ses trois frères deviennent également instituteurs.

Au gré des affectations scolaires du père, la famille vit en Indre-et-Loire (Beaumont-en-Véron, Le Petit-Pressigny) puis en Ille-et-Vilaine (Pocé-les-Bois, Sens-de-Bretagne, Bruz).

Suivant les cours du lycée de Rennes (Ille-et-Vilaine), Anatole Pujet reçoit son diplôme du baccalauréat de lettres en 1890. Il est gratifié, en août 1892, du premier prix national de version grecque lors des épreuves du Concours général. Il entre à l'école normale supérieure les candidats de Paris dans la section des lettres en 1893 et bénéficie d’une bourse qui prend en compte les six enfants de la famille. Il obtient le droit de fréquenter les conférences de l’année 1893-1894 de la section des sciences historiques et philologiques au sein de l’École pratique des hautes études.

Après sa scolarité, il effectue un service militaire dans le 41e régiment d'infanterie, où il est caporal.

En janvier 1899, dans le contexte de l’affaire Dreyfus, A. Pujet, qui se présente comme, licencié ès lettres, adhère à la Ligue de la Patrie française qui vient de se former sous l’impulsion de Maurice Barrès et Jules Lemaître. Elle professe des opinions nationaliste, antidreyfusarde et réactionnaire. Pujet ne semble pas y avoir été particulièrement actif, du moins dans le domaine public.

À la différence du reste de sa famille, qui est fidèle à l’instruction publique, Anatole Pujet prend un poste de professeur de lettres au sein d’une institution privée laïque, l’école du Parangon à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), devenue au début du 20e siècle, une école coloniale pratique sous la direction de la famille Rousseau.

C’est avec le Dr Henri Rousseau, directeur du Parangon, que Pujet, qui y est professeur, participe en novembre 1902 au dîner de l’Union coloniale française. Au contraire d’une partie du corps enseignant, Anatole Pujet ne réside pas dans la vaste propriété où est installée l’institution, qui accueille à côté d’élèves français des originaires de l’empire colonial, principalement d’Indochine et quelques étrangers. Elle prodigue des cours pratiques, en particulier d’agriculture et un peu de mécanique, à côté de l’instruction de base. L’école jouit du soutien de personnalités coloniales et de l’Alliance française, qui fournit des bourses à certains pensionnaires.

Un des élèves vietnamiens du Parangon, au sortir de sa scolarité en 1911, est victime d’un accident de vélo en Bourgogne où il séjournait pour des vacances. Nguyên-văn-Dáng meurt des suites de ses blessures à Dijon en janvier 1912. Il est enterré à Joinville-le-Pont et Pujet édite un ouvrage illustré de plusieurs photos, À la mémoire de Nguyên-văn-Dáng.

En août 1913, Pujet est chargé de la proclamation des lauréats de l'année de l’école du Parangon.

Anatole Pujet meurt le 27 septembre 1914 à Joinville. Âgé de 41 ans, il était toujours professeur et célibataire. En janvier 1913, il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d'académie.

Anatole Pujet, La Dépêche coloniale illustrée, 1913/01/15

 

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26 mai 2025 1 26 /05 /mai /2025 22:39

Louise Éléonore Delalonde naît le 7 novembre 1854 à Cherbourg (act. Cherbourg-Octeville, Manche). Elle est la fille de fille Sophie Louise Le Mignon et de son époux Napoléon Delalonde. Son père est vérificateur des douanes mais également poète. Il a été membre de la société académique des sciences, belles-lettres et arts de Cherbourg.

Ses deux parents sont décédés dans sa jeunesse : lorsqu’elle a 9 ans pour sa mère en 1863 et 14 ans pour son père. Louise Delalonde est alors confiée au docteur Frédéric Auguste Guiffart, médecin de la marine et directeur du service de santé de l’hôpital civil de Cherbourg, chevalier de la Légion d’honneur. Il l’envoie en région parisienne. En 1871, elle reçoit en tant qu’orpheline et fille d’un fonctionnaire, une pension civile de 1 140 francs.

Devenue professeure de lettres, elle épouse en octobre 1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle réside, le docteur Henri Jean Ferdinand Rousseau, professeur de sciences dans l’institution du Parangon. C’est un établissement laïque privé d’enseignement réputé de Joinville qu’exploite son père, Ferdinand Rousseau, à l’époque maire adjoint et l’année suivante maire de la commune.

À côté de son activité médicale et scientifique, Henri Rousseau s’implique dans la gestion du Parangon, derrière son demi-frère Théodore Quirot et son frère aîné Jules Rousseau. Il en prend seul la direction en 1897, après la mort de son père et de ses deux frères. Avec le concours actif de son épouse, il transforme le Parangon en une « école coloniale », destinée à former de manière pratique les jeunes Français ou originaires d’Indochine, d’Afrique, de Madagascar comme des Antilles à l’exploitation agricole de ces territoires.

Charles Pâquet, petit-fils du maire de Joinville, Eugène Voisin, qui sera président de la Société nationale des architectes de France, résistant et maire-adjoint de Vincennes, est élève au Parangon. Il témoigne en 1969 sur la vie dans l’établissement Rousseau : En 1897, « Le docteur Henri Rousseau en fut le directeur et vint également y habiter avec sa femme née Louise Delalonde, dont les cheveux étaient d'un beau blond vénitien et cela surprenait d'autant plus qu'elle était très brune de naissance et qu'alors les femmes n'avaient pas l'habitude comme à l'heure actuelle de changer, pour certaines, la couleur de leurs cheveux presque chaque semaine. (…) Certains élèves, les pensionnaires seulement, pris parmi les plus méritants, étaient une fois par semaine conviés à ce que l'on appelait « le salon », où toute la famille Rousseau était réunie, ainsi que certains professeurs dont M. Ferroni qui enseignait le violon et qui en charmait l'assistance ; des vers y étaient également récités, souvent par Mme Henri Rousseau qui s'intéressait aussi au théâtre. Il était alors servi ce qu'on appelait des rafraîchissements consistant en sirops de grenadine, citron, etc. »

Louise Rousseau s’intéresse à la botanique et notamment à la sériciculture (culture de la soie). Elle installe une magnanerie (élevage de ver à soie) dans le parc.

Elle promeut ses conceptions pédagogiques et intervient lors du Congrès colonial de Marseille, en 1904, pour défendre « l’importance du rôle colonial de la femme ». Elle regrette que « l’enseignement que l’éducation féminine en France a été jusqu’ici franchement hostile à la colonisation. »

Louise Rousseau fut un auteur prolifique. Elle était une des initiatrices de ce qu’on appelait, au tournant du vingtième siècle, le « roman pour jeunes filles », qui connaît encore quelques succès sous d’autres noms (roman de gare).

Parmi ses œuvres, on citera Amoureuses et jalouses (1894), Le Chagrin de Clélia (1894) ou Le Sacrifice de l’amour (1901). Louise Rousseau publie aussi des textes édifiants, des poèmes et du théâtre. Elle connaît un certain succès avec Histoire de chevalerie (années 1890). Elle utilise parfois le pseudonyme de Ludovic Delys.

Avec la Première guerre mondiale, l’école coloniale cesse de fonctionner. Un hôpital américain s’y installera en fin de conflit. Mais, dès 1914, Louise Rousseau anime une œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants dont le but est « de recueillir et de soigner les pauvres petits dont le père, veuf ou divorcé, est appelé sous les drapeaux » comme le rapporte le quotidien socialiste L'Humanité.

Louise Rousseau est morte le 16 novembre 1924 à Joinville-le-Pont. Elle était âgée de 70 ans et mère de deux enfants. Décorée des Palmes académiques comme femme de lettres, en tant qu’officier d'académie en février 1899 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1907, elle est faite chevalière du mérite agricole en février 1914 « pour ses travaux très importants et publications nombreuses sur la sériciculture en France et aux colonies ». Une voie de la commune s’appelle « villa Rousseau », mais il n’est pas clair qu’elle ait été dénommée du fait de sa famille ; par contre, une autre voie porte le nom d’impasse Jules-Rousseau, d’après son beau-frère.

Louise Rousseau

 

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8 mai 2025 4 08 /05 /mai /2025 00:01

Suite de la biographie de Napoléon Casalini

L’ancien officier de cavalerie italien puis agent secret de la reine d’Espagne Isabelle II, Napoléon Casalini a établi définitivement sa résidence en France. Vers 1874, il rejoint comme professeur de musique l’institution Rousseau-Quirot, établie dans un vaste parc, rue de Paris à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et qui prendra ensuite le nom d’école du Parangon, selon le nom de l’ancienne demeure du 17ème siècle, qui fut la propriété de Mme de Lafayette.

L’école privée laïque est dirigée par Ferdinand Rousseau, maire de Joinville et par Nicolas- Quirot. Elle comprend un pensionnat de garçons et prépare au baccalauréat des élèves français et étrangers, avec 130 élèves en 1896 (dont 15 étrangers). De même que les dirigeants, la plupart des enseignants, dont Casalini, résident sur place. Il enseigne la musique. En 1889, Jules Rousseau prend la succession de son père et de Nicolas Quirot, tous deux décédés. À sa mort en 1897, c’est son frère, le Dr Henri Rousseau, qui devient directeur. C’est probablement à ce moment-là que Napoléon Casalini est nommé sous-directeur le l’établissement.

Répertorié en 1891 comme « étranger », il est inscrit, en 1892, au fichier central de la Sûreté nationale. Il est enregistré comme « français » au recensement de l’année 1896. Sa fonction à la direction de l’école du Parangon est décrite par un ancien élève, Charles Pâquet, petit-fils du maire de Joinville-le-Pont à cette époque, le radical-socialiste Eugène Voisin : « L'autorité était concentrée dans les mains du sous-directeur, Napoléon Casalini. « Casa » était la figure légendaire du Parangon. Il criait, il sifflait beaucoup, et il faisait très peur quand on le voyait descendre de sa chambre, qui était au-dessus du vestiaire, vêtu d'un grand capuchon dans lequel il se drapait jusqu'aux chevilles. Les élèves punis au piquet étaient assurés, à chacune de ses allées et venues, lorsqu'il passait près d'eux, de recevoir une gifle, car il avait la main leste ». Mais il en garde aussi un souvenir plus positif : « Cet Italien était aussi un maestro, un musicien de grand talent, que les élèves aimaient entendre chanter ou jouer du piano ou encore raconter ses exploits guerriers car, ce n'était pas le moindre élément de son pittoresque. »

À la fin du 19e siècle, le Dr Henri Rousseau et son épouse, l’écrivaine Louis Rousseau, transforment le pensionnat du Parangon en « école coloniale ». Elle vise à fournir un enseignement pratique, pour former des colons et assurer la mise en valeur des colonies et protectorats français. Elle obtient un soutien significatif des autorités politiques et des milieux coloniaux, notamment de l’Alliance française. L’école accueille aussi des élèves assez nombreux, venant notamment d’Indochine, d’Afrique occidentale et de Madagascar. 

Continuant d’exercer ses fonctions de sous-direction, Napoléon Casalini prend également en charge d’autres activités. Il est ainsi un des animateurs de la Société de gymnastique du Parangon, créée en janvier 1910, qui, outre le développement du sport, contribue à la préparation militaire. La même année, il prend part à la fondation de la Société de tir de Joinville-le-Pont, dont le docteur Rousseau est le président et qui a pour directeur Antoine Poulitou (1878-1911), instructeur à l’école de gymnastique de Joinville et franc-maçon.

N'abandonnant pas la musique, Casalini exécute un solo de mandoline en février 1907 lors d’une réunion à Paris organisée par L'Yonne radicale et radicale-socialiste, organisation dont s’occupe un instituteur joinvillais, Basile Nivelet.

Intéressé aussi à l’image imprimée, Casalini devient en 1892 membre de la Société d'excursions des amateurs de photographie. Il l’est toujours en 1899.

Au début de la première guerre mondiale, l’école du Parangon tente, sans grand succès, de continuer son activité. Elle accueille également, à l’initiative des époux Rousseau, une association philanthropique, l'Œuvre de patronage et d'hospitalisation des Enfants pendant la guerre, dont le statuaire et graveur en médailles Jules Édouard Roiné (1857-1916), médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1900, est le vice-président.

Après la fin du conflit, Napoléon Casalini est installé en dehors de l’école du Parangon, qui a cessé de fonctionner, mais toujours rue de Paris à Joinville. Il est encore professeur de musique en 1921, à l’âge de 78 ans.

Napoléon Casalini meurt le 19 septembre 1927 à Joinville, dans son domicile de la rue de Paris, à l’âge de 83 ans. Il est présenté comme rentier et célibataire dans l’état-civil. Il laisse un testament olographe.

Décoré de l'ordre italien de Saint-Maurice et de Saint-Lazare pour son action militaire, il avait également reçu des récompenses françaises. Au titre des Palmes académiques, il avait été fait officier d'académie en février 1898 puis officier de l’instruction publique en janvier 1913 pour ses fonctions de sous-directeur de l'institution du Parangon et de professeur de musique. Il avait également été récipiendaire en août 1912 d’une lettre de félicitations du ministre de la guerre, Alexandre Millerand, pour son action au sein de la société de gymnastique du Parangon.

Fin 

Portrait de Napoléon Casalini, La Dépêche coloniale illustrée 1913/01

 

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6 mai 2025 2 06 /05 /mai /2025 00:01

Début de la biographie de Napoléon Casalini

Gaspard Napoléon Hercule Casalini naît probablement en 1843 à Rome (États pontificaux, act. Italie). Son prénom de naissance est Napoleone, mais il utilisera ensuite une forme francisée pour son état-civil/ Selon le témoignage d’un de ses anciens élèves (l’architecte Charles Pâquet), rédigé en 1951 et se référant à la fin des années 1890, il aurait été « un ancien officier de cavalerie, un des seuls survivants alors, disait-on, de la guerre d'Italie, et décoré de l'ordre de Saint-Maurice et de Saint-Lazare ». Si son statut militaire et sa décoration sont possibles, sa participation à la guerre d’Italie en 1859 ou aux opérations ultérieures jusqu’à la proclamation du royaume d’Italie en mars 1861, paraît difficile, vu son jeune âge. Mais les élèves de l’institution du Parangon, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il enseignait, aimaient, d’après Ch. Pâquet, l’entendre « raconter ses exploits guerriers. »

Marié avec Adèle Sforza Cesarini, également native de Rome et qui porte le nom d’une famille aristocratique, Napoléon Casalini, vit à Paris en 1869.

La reine d’Espagne, Isabelle II, avait fait face à un coup d’État du général Juan Prim et contrainte à un exil en France le 30 septembre 1868. Désireuse d’obtenir des renseignements sur la situation dans son pays, elle confie une mission secrète en Espagne au comte de Labruyère. Avec l’accord de la souveraine déchue, ce dernier s’adjoint un secrétaire, Napoléon Casalini, chargé de transmettre une correspondance chiffrée dont son épouse, Adèle Casalini, est seule à posséder la clé de déchiffrement.

Dans le cadre de cette mission, Napoléon Casalini se rend en Espagne, pendant six semaines, du 1er janvier au 15 février 1869, après avoir perçu une avance pour ses frais de 10 000 francs. À son retour, il fait état de dépenses supplémentaires et réclame une somme supplémentaire de 15 000 francs. Plusieurs démarches amiables son faites auprès de l’ancienne souveraine, y compris de sa belle-mère, qui souligne que sa fille a dû engager ses bijoux pour couvrir les traites faites par son époux espion. Après l’échec de ces tentatives, Casalini s’adresse au tribunal civil de Paris par une assignation adressée à l’ancienne reine et à son mari, don François d’Assises, le 20 juillet 1869.

Il recrute l'avocat Denis-Charles Duverdy, maire de Maisons-Laffitte, et un procès se tient le 9 février 1870 au palais de justice. Napoléon Casalini a engagé l’action en son nom propre et en celui de son épouse, mais cette dernière est décédée à Paris le 12 janvier. L’avocat des défenseurs soulève l’argument de l’incompétence du tribunal, arguant qu’il s’agit d’un conflit entre étrangers et qu’il ne relève donc pas de la justice française. Me Duverdy considère qu’une exception à cette règle est prévue, quand les parties sont domiciliées en France. Le juge se range à son argument et se déclare compétent, condamnant le couple royal aux dépens, et renvoyant débat sur le fond à une audience ultérieure. Elle n’aura pas lieu, la défense ayant fait appel.

Le jugement en appel se tient le 8 juillet 1870 devant la première chambre de la Cour impériale de Paris. Il commence par un « fait sans précédent » selon le quotidien La Liberté, l’avocat de la reine d'Espagne s’étant fait voler toutes les pièces d'un procès après les avoir déposées chez l'habilleur. Il aboutit à un renversement de la décision de première instance, soulignant que les anciens souverains espagnols avaient reçu un asile en France, mais n’y avaient pas établis leur domicile. De ce fait, il déclare l’incompétence de la justice française, renvoie les parties à se pourvoir devant la justice espagnole et condamne les époux Casalini aux dépens de première instance et d’appel.

À suivre

La reine Isabelle II d’Espagne et son mari, don François d’Assises (Wikipédia)

 

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4 mai 2025 7 04 /05 /mai /2025 00:01

Mise à jour de l’article paru le 12 novembre 2014.

Suite de la biographie de Joseph Fournier

Joseph Michel Fournier, qui vit rue de la Pissotte à Vincennes, retrouvera un poste d’administrateur du département le 18 messidor an 7 (6 juillet 1798) mais est destitué par le Directoire exécutif dès le 28 fructidor (14 septembre) la même année. Il conteste sa révocation dans le journal L'Ennemi des oppresseurs, publié par Charles Duval en signant « Fournier, républicain pour la vie ». Il s’adresse à Pierre-François Réal qu’il qualifie de « encore commissaire du directoire exécutif près l’administration centrale du département de la Seine » auquel il reproche « sa négligence ordinaire. »

Une lettre ouverte, qu’il paraphe avec deux autres administrateurs révoqués, Raisson et Lefebvre est incluse dans un article du Journal des hommes, sur la « Propension du pouvoir à tout envahir » et la « Nécessité de résister à ses entreprises » insiste de nouveau sur « un événement aussi récent qu’inouï » qui a provoqué leur départ, la liste des jurés que Réal a voulu changer, contre les règles du tribunal criminel.

Toujours désireux de servir l’administration républicaine, Fournier demande à devenir sous-préfet. Il n’obtient pas satisfaction mais devient, en l’an 9 (1801) la direction de la filature de lin et de chanvre, maison de Mesme, installée à Paris, rue Saint-Avoye (act. rue du Temple, 3e arr.). Le 2 prairial an 10 (22 mai 1802), il accueille le ministre de l’intérieur, Jean-Antoine Chaptal, chimiste et médecin, qui visite sa filature. Il lui présente les machines qu’il a mises au point pour traiter le lin et le chanvre. Ses produits et machines sont montrés au public, lors des sept jours de la troisième Exposition des produits de l'industrie française dans la cour carrée du Louvre à Paris de l’an 10 (1802). Dans un roman historique, Messidor An II - Dans les mirages de la foi (Mémogrames, 2025), l’écrivain Charikov met en scène un dialogue houleux entre un jeune homme et Fournier. Séverin disait « La mécanique est ingénieuse, mais le résultat est fort imparfait. Trop de déchet, des fils trop courts, trop épais et cassants… ». Il reprochait à Fournier d’appliquer au lin les mêmes procédés que ceux que l’on applique au coton, malgré la différence des matières. Cependant, le jury de l’exposition accorda à Fournier une mention honorable.

Joseph Michel Fournier quitte semble-t-il sa fonction d’entrepreneur textile en nivôse an 11 (janvier 1803). Il a, en 1807, un poste de receveur du droit de navigation à Sierck-les-Bains, Moselle. Sa femme donne naissance en 1809 à un de leurs enfants en Allemagne, à Prüm (duché du Bas-Rhin, act. Rhénanie-Palatinat).

Peut-être est-ce Joseph Michel le « Fournier, propriétaire à Pantin », qui fait partie du collège électoral d'arrondissement de Saint-Denis en novembre 1807 chargé de choisir les candidats pour le Conseil d'arrondissement. Il est membre de ce conseil de 1812 à 1821.

Ayant repris sa carrière dans l’enseignement, Joseph Michel Fournier est principal du collège à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise). Il devient en mars 1818 associé correspondant de la Société pour l'instruction élémentaire. Quittant la région parisienne, Fournier est nommé en octobre 1820, principal de collège à Gannat (Allier). C’est une institution communale et il exerce toujours la fonction en 1836, à 72 ans. Son fils aîné, Joseph Aimé, est professeur dans le même établissement.

Joseph Michel Fournier meurt le 11 avril 1843 à Paris (2e arr.). Il était domicilié rue de la Tour d'Auvergne. Âgé de 80 ans, il était père de six enfants. Il est inhumé le 17 au cimetière de Montmartre (act. Paris).

Fin 

Ancienne école de Gannat, peut-être à rapprocher du collège dirigé par Fournier

 

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2 mai 2025 5 02 /05 /mai /2025 00:01

Mise à jour de l’article paru le 12 novembre 2014.

Début de la biographie de Joseph Fournier

Joseph Michel Fournier, naît à Chartres (Eure-et-Loir) le 6 avril 1763 selon les documents d’état-civil ultérieurs ; son baptême, le 10 avril, est enregistré dans l’église Saint-Hilaire de Mainvilliers, qui est devenu plus tard une commune limitrophe de Chartres. Il est le fils de Jeanne Brissot et de son mari, Joseph Fournier. Ce dernier, issu d’un maître charpentier éponyme, est alors compagnon menuisier ; à partir de 1766, il se présente comme apprêteur de bas (modiste fabricant) et sera ensuite sacristain.

Devenu instituteur, Joseph Michel Fournier épouse à Paris en mai 1789 Madeleine Grillon. Maître de pension à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en 1791, il est également le secrétaire greffier de la mairie. En 1792, il est désigné comme représentant du canton de Pantin au département de la Seine ; il figure sur la liste des candidats pour les fonctions d’administrateur du département en décembre 1792 et janvier l’année suivante, mais n’est pas élu par l’Assemblée électorale. Sans doute faut-il l’assimiler à Joseph Michel Fourmis, nom par ailleurs inconnu, mais qui figure sur la liste des huit électeurs du canton de Pantin en 1792, seul représentant de sa commune. L’Assemblée électorale de Paris, dans sa séance du 19 janvier 1793 examine une lettre dudit Fourmis, qui demande à se disculper, « ayant ouï dire qu’il avait été inculpé » ; l’instance départementale passe à l’ordre du jour, relevant que « le citoyen Fourmis n’a point été inculpé. »

C’est l’administration municipale de Pantin, dont il est le secrétaire, qui décide de son divorce, à sa demande, en floréal an 2 (mai 1794). Le maire de Pantin, François Roullier, son frère, le cultivateur Jacques Roullier, le greffier du juge de paix cantonal Jean Baptiste Lacombe ainsi qu’un membre du comité de surveillance révolutionnaire du canton, Jean Kauffmann, témoignent de l’absence de Madeleine Grillon de la maison maritale depuis plus de six mois ; elle ne répond pas à la convocation et réside chez Ganzer, cultivateur à Pantin.

En l’an 4 (1796) Joseph Michel Fournier est nommé commissaire du Directoire exécutif du département dans le canton de Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) ; il exerce la même fonction à partir de vendémiaire an 5 (septembre / octobre 1796) pour le canton de Vincennes (act. Val-de-Marne).

Nommé membre de l’Administration centrale du département de la Seine par le Directoire exécutif, sans doute en fructidor an 4, il est le seul représentant de la banlieue parmi les cinq administrateurs, et est en charge des biens nationaux et du contentieux des émigrés. Le collège est présidé par Joubert. Il appelle, avec ses collègues, à l’inscription sur les registres civiques en insistant : « Ne vous privez par, par votre négligence, du titre glorieux de citoyen français ».

De nouveau désigné le 28 fructidor an 5 (14/09/1797), il sera remplacé au renouvellement semestriel de germinal an 6 (mars / avril 1798), toujours avec Joubert comme président. Incitant à la participation aux administrations municipales, il assure, en compagnie des autres administrateurs, que voter est faire « exercice du premier des droits d’un peuple libre. »

Remarié en messidor an 5 (juin 1797) à Vincennes avec Marie Catherine Geneviève Bourdon, Joseph Michel Fournier est domicilié dans cette commune rue du Midi. Il a pour témoins des fonctionnaires de l’administration municipale du canton, du corps législatif du Conseil des Cinq-cents et du ministère de l’intérieur. Il préside l'administration cantonale de Vincennes en l’an 6 (1798), signant par exemple le registre d’état-civil de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont) comme agent municipal le 30 brumaire. C’est peut-être lui qui est inscrit sur la liste des notables communaux du département de la Seine de l’arrondissement de Sceaux en fructidor an 9 (1801), sous la désignation de « Fournier, limonadier à Vincennes. »

À suivre

Vue de Pantin en 1814 (Wikipédia)

 

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 00:01

Début de la biographie de Salomon Hirsch

Hirsch Salomon naît le 7 décembre 1865 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il est le fils de Rousse Clara Strauss et de son mari, Samuel Salomon, négociant. Bien que sa mère soit native de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et son père de Nîmes (Gard), leurs deux familles sont originaires d’Alsace. Après Marseille, la famille vit à Orange (Vaucluse) en 0867 puis à Limoges (Haute-Vienne) en 1869.

Les parents vivront séparés à partir des années 1870. En 1879, Hirsch Salomon vit avec sa mère à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire. En novembre 1881, âgé de 16 ans, il est condamné par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris à 25 francs d’amende pour « outrages et violence aux agents » ; il sera réhabilité par la cour d’appel de Paris en juillet 1894.

Titulaire d’un brevet simple de l’enseignement primaire, Hirsch Salomon devient instituteur en 1882 et le reste deux ans. La réforme engagée par Jules Ferry, rendant l’enseignement public, laïque et obligatoire, avait nécessité le recrutement rapide d’enseignants. En 1885, il s’engage dans l’armée. Il sera réformé à cause d’une affection organique du cœur.

Il devient membre de la Société des agriculteurs de France en février 1891, et est concessionnaire de la provende Garreaud, rue du faubourg Saint-Honoré à Paris, vendant des produits d’hygiène, de santé et de nourrissage pour animaux. Il ouvre ensuite un commerce dans le même domaine à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine) rue Honnet en 1894, puis le déplace dans la commune voisine de Clichy en 1896, rue de l’Assomption. Il l’exploite jusqu’en 1905. Il obtient des médailles d’or lors de foires-expositions en France à Paris (1890), Orléans (1891) ou un grand-prix à Poitiers (1899).

En décembre 1891, Hirsch Salomon épouse à Paris (8e arr.) Léa Strauss, fille d’un industriel, né aux États-Unis. C’est vers cette date qu’il décide de changer son appellation : il se présente désormais comme « Salomon Hirsch », faisant de son prénom un patronyme et de son nom un prénom d’usage.

Parfois en association avec son beau-père, Granville Strauss dit Smith, Salomon Hirsch va investir aussi dans l’industrie. Il préside ainsi en juillet 1896 la Société nationale des inventions nouvelles, dont Strauss est administrateur. Il acquiert aussi en 1896, à Clichy, une entreprise de tentures artistiques.

Il achète, en mai 1894 la société L’Épine & Cie qu’il transforme en Compagnie française des fonderies nouvelles, consacrée à la fabrication du nickel, à partir de minerai provenant de Nouvelle-Calédonie. Il obtient deux médailles d’or aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900. L’usine, installée rue Rennequin à Paris (17e arr.) emploie une cinquantaine d’ouvriers.

Pour défendre les intérêts professionnels du secteur, Salomon Hirsch prend l’initiative de constituer, en novembre 1896, la Chambre syndicale du nickel et de ses alliages. Il en est élu président. Invoquant des raisons de santé, il vend en 1901 son usine et cesse provisoirement ses fonctions à la Chambre syndicale du nickel.

La question coloniale intéresse beaucoup Salomon Hirsch, aussi bien à propos de l’agriculture que de l’industrie. Il fonde un Syndicat colonial en 1898, qu’il préside et adhère à la Ligue coloniale française, siégeant à son comité directeur.

Pour soutenir la connaissance de ces questions, Salomon Hirsch devient un éditeur de presse. Il est directeur du quotidien La Politique coloniale entre 1890 et 1892 et un des fondateurs d’un autre journal, La Dépêche coloniale. Il dirige également une publication agricole, L’Avenir des campagnes.

À suivre

Portrait Salomon Hirsch, 1898

 

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14 décembre 2024 6 14 /12 /décembre /2024 00:01

Simone Marie Françoise Loth naît le 16 janvier 1922 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Mélanie Marie Louise Lorin et de son époux Auguste Charles Loth, 25 ans, fourreur.

Son père, fourreur, est d’origine alsacienne ; il a été 14 mois prisonnier de guerre en Allemagne en 1917-1918. Sa mère, native de Joinville, est elle-même fille d’un candidat conservateur, sur la liste du Bloc indépendant, aux élections municipales de Joinville en novembre 1919. Ils vivent dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

En juillet 1946 à Joinville, Simone Loth épouse Jean Louis Albert Pariselle, sculpteur.

Institutrice, Simone Pariselle deviendra directrice de l’école primaire publique de Polangis, qui accueille les enfants des deux quartiers de la rive gauche de la Marne, Palissy et Polangis. Ce dernier quartier étant à cheval sur les communes de Joinville et Champigny, des élèves de cette dernière ville fréquentent également l’école.

Depuis les années 1970 jusqu’aux années 1990, Simone et Jean Louis Pariselle vont être des militants du Parti socialiste. Ils aménagent un bureau dans leur domicile de l’avenue des Platanes, qui sert de bureau à la commission administrative de la section locale.

Simone est membre de cette commission, où elle assume la fonction de trésorière. Jean Louis est élu conseiller municipal de la commune en 1978 et désigné comme adjoint au maire, le communiste Guy Gibout, en charge des affaires scolaires. Il assume cette fonction jusqu’en 1983.

À la fin des années 1990, le couple Pariselle s’installe à Champs-sur-Yonne (Yonne), allée des Chaumes.

Après la mort de son mari, en octobre 2008, Simone va se consacrer à la sauvegarde de l’œuvre de Jean Louis Pariselle. Elle collabore avec Marianne Guyot, qui publie Vie et œuvres de Jean-Louis Pariselle (Vaux éd., 2011).

En janvier 2012, le conseil municipal de la commune accepte le legs des sculptures fait par Simone et « s’engage à ce qu’il reste la propriété inaliénable de la commune ». Une exposition est présentée lors des Journées du Patrimoine 2022 à Champs-sur-Yonne.

Elle assure la transmission de ses outils à l’école Boulle (Paris, 12e arr.), qu’il avait fréquentée. Une exposition est organisée en octobre 2013 dans les locaux de l’établissement ; bien qu’âgée de 91 ans, Simone Pariselle est présente au vernissage.

Simone Pariselle meurt quelques jours plus tard, le 24 octobre 2013 à Champs-sur-Yonne. Elle est inhumée à Joinville-le-Pont, auprès de ses parents et de son époux. Elle était mère d’un fils.

Voir aussi Jean-Louis Pariselle, sculpteur et grand cœur

Simone Pariselle (arch. BW)

 

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