Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Achille Mermet

La première incursion connue d’Achille Mermet dans le domaine politique se fait lors des élections municipales de mai 1908 à Joinville-le-Pont, où il réside. Il est présent sur la liste du maire sortant, Eugène Voisin, présentée par le comité radical-socialiste présidé par Albert Gallas. Elle remporte 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à une liste dite socialiste évolutionniste, composée de dissidents socialistes et radicaux ainsi que de libéraux, et un autre à un indépendant. Les socialistes SFIO, qui se présentaient aussi, n’ont pas d’élu. Mermet accède à sa fonction au second tour, avec 600 voix pour 1 188 suffrages exprimés (50,5%). Eugène Voisin est reconduit, avec comme adjoints Georges Briolay et Paul Villain.

Les séjours estivaux à Noirmoutier du professeur Mermet dans sa villa La Fougeraie et son yacht Milianne ont une finalité d’abord touristique. Cependant, il devient également une personnalité locale. En août 1908, lors d’une excursion sur l’île organisée par le Touring-Club de France, Mermet est un des quatre orateurs à s’adresser aux visiteurs, avec le maire de Noirmoutier, le préfet de Vendée et le président de la Ligue Maritime. Il n’oublie pas son engagement politique, qui s’intensifie après sa retraite de l’enseignement en janvier 1910.

En juillet de cette même année, Mermet est candidat républicain au conseil général dans le canton de Noirmoutier, qui contient les deux communes de l’île vendéenne. Son adversaire conservateur, Jeanneau, étiqueté progressiste, est réélu. Cependant, Mermet se félicite d’avoir su grouper 500 voix qui constitueraient « le noyau des démocrates » face aux « représentants des régimes déchus ».

Un Comité républicain radical de l’île de Noirmoutier est constitué et Mermet est désigné comme président en août 1910. Dans une allocution, reproduite par le quotidien Le Phare de la Loire, il rend hommage aux « vieux et sincères républicains du pays ». Il assure que « notre grand parti démocratique représente l’ordre avec l’honneur et la liberté pour toutes les idées religieuses » et honore les catholiques fervents qui, à côté des libres-penseurs, ne pensent pas que les établissements laïques sont « des écoles du diable », mais des centres éclairés où on apprend le respect de toutes les libertés. Bien qu’il se déclare indépendant, le Comité, selon Mermet, « compte sur la bienveillance de l'Administration, puisque, préfets et sous-préfets sont des républicains radicaux, comme nous ». Il entend défendre « les fonctionnaires qu’on essaye d'intimider, et tous les humbles, tous les exploités, ouvriers de la ferme ou de l’atelier, marins, prêcheurs, palourdiers que l'on traite comme des esclaves, paludiers dont ou fraude les bulletins de vote ».

Lors d’un hommage rendu, en septembre 1910, à M. Stoecklin, greffier, républicain et président de la société de gymnastique du canton au Cercle des Travailleurs de Noirmoutier, Mermet constate l’efficacité de sa candidature cantonale : « M. Jeanneau, réélu, s’est définitivement rallié à la gauche du Conseil général. »

Exerçant également des responsabilités en matière sociale, Achille Mermet est, en 1911, président de la Société de secours mutuels de l’île de Noirmoutier, une structure ancienne qui fonctionnait déjà en 1883 au profit des pêcheurs.

À ce titre, il accueille, en août 1911 Gaston Guillemet, ancien député de la Vendée, président de l’Union des Sociétés mutualistes du département sur le thème des retraites ouvrières, après l’adoption de la loi du 5 avril 1910. Mermet, d’après Le Phare de la Loire, « montre le travailleur d’hier, ouvrier de l’usine, de l’atelier ou des champs, atteint par la vieillesse, brisé par la fatigue et les maladies, incapable de gagner son pain, sans ressources, à charge à lui-même, à la société, obligé de tendre la main en attendant la mort quelque part, sur les grands chemins... Avec la nouvelle loi, au contraire, c’est moyennant un versement quotidien infime, le pain assuré pour les vieux jours ». Mermet s’étonne cependant que la nouvelle loi ne compte pas autant d’adhérents qu’il estimait être en droit d’en attendre. Il reconnaît cependant qu’elle est « perfectible. »

Mermet est également membre du bureau de l’Union des présidents des sociétés de secours mutuels de France.

Au cours du mois d’octobre 1912, participe au congrès du parti radical-socialiste à Tours, en tant que délégué de la Vendée. Il était pourtant à Joinville-le-Pont en conflit avec la structure locale de cette formation.

À suivre

La Fougeraie, maison de Mermet à Noirmoutier

 

Partager cet article
Repost0
26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Achille Mermet

Résidant alors à Paris (5e arr.), rue de Poissy, Achille Mermet, professeur lycée Charlemagne et chef du laboratoire de chimie de l’école centrale, épouse Émilie Quirot en juillet 1882 à Joinville-le-Pont. Tous les témoins du mariage sont membres de la Légion d’honneur : Jean Baptiste Dumas est grand-croix, Charles Lenglier, proviseur du lycée Charlemagne, Adrien Javary, professeur à l’École polytechnique et le docteur Léandre Devailly sont tous trois chevaliers.

La famille de la mariée est installée dans une vaste demeure, rue de Paris à Joinville, dans laquelle le nouveau couple va s’installer. Le père d’Émilie, Théodore Quirot est professeur et directeur de l’institution d’enseignement privée laïque du Parangon à Joinville, qui comprend une part importante d’enseignement pratique. La mère de celui-ci, Désirée Lavenue, est la fille adoptive de Jean Marie Molette, chef d’institution et conseiller municipal de Joinville, qui épousa en deuxième noces Louis Ferdinand Rousseau, professeur puis lui aussi directeur du Parangon et maire de Joinville.

Quant à la mère d’Émilie, Jeanne Amiel est la fille d’un conseiller municipal de la commune et la nièce d’un célèbre peintre portraitiste. L’environnement familial dans lequel se trouve Achille Mermet va sans doute contribuer à son aisance financière et à son engagement dans la vie civique.

Il poursuit cependant son œuvre scientifique et pédagogique, non sans une certaine forme d’humour parfois. L’ancien juriste et théoricien anarchiste Émile Gautier, devenu chroniqueur scientifique pour Le Journal, ayant évoqué l’intérêt qu’il y aurait à faire des cures de fraises, Mermet évoqua un échange qu’il eut à ce sujet avec son maître, Dumas. Ce dernier consommait beaucoup de fraises, croyant à leur efficacité contre les douleurs. Il supposait que la lithine pouvait en être en la cause. Spécialiste de l’analyse spectrale, Mermet, après analyse de différentes variétés, constata qu’il y avait de la lithine dans quelques espèces, mais extrêmement peu, ce qui rendait impossible que les fraises puissent avoir l'efficacité nécessaire pour améliorer l'état des rhumatisants. Par contre, il trouva, en quantités énormes, des phosphates. Il conclut, dans une lettre au Journal, publiée en 1902, que consommer de tels aliments n’était donc « pas sans inconvénients. »

L’Union des physiciens est créée en 1906 par un professeur de Rouen, Abel Buguet et Achille Mermet en prend la présidence. C’est la première association de professeurs de sciences dans l’enseignement secondaire. Son bulletin est présenté par Mermet comme une « Mutuelle des Idées ». Un Service de Renseignements accueille les questions des adhérents auxquelles d’autres abonnés répondent dans les numéros suivants. Dans les deux premières années, plus de 200 questions sont posées. Selon la physicienne et historienne des sciences Nicole Hulin, Achille Mermet appelle le professeur à une véritable conversion : de « théoricien distingué », il est « invité à se transformer en praticien habile. »

En 1909, Mermet quitte sa fonction et devient président honoraire, tout en restant membre du bureau. À la fin de l’année, il prend sa retraite de l’enseignement et est nommé professeur honoraire.

Si le domicile de Mermet est à Joinville-le-Pont, il a un second lieu d’attache, l’île de Noirmoutier, en Vendée. Il y séjourne dès la fin du 19e siècle et engage en 1898 la construction d’une propriété, la Fougeraie, dans le site du Bois de la Chaize. Située rue Sainte-Agathe, elle est, en 2011, signalée au patrimoine des Pays-de-la-Loire.

Stationné dans la baie de l’Anglée, le yacht Milianne, un cotre de 27 tonneaux, construit à Bordeaux en 1874, appartient à Mermet en 1902. Naviguant notamment sur les côtes du sud de la Bretagne, il s’inquiète des conditions d’accueil des plaisanciers dans les ports. Ainsi en 1906, il se plaint dans Yachting gazette du mouillage de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) d’où, d’après lui, son yacht revient tel « une dame en robe blanche qui sortirait d’une visite dans une mine de houille ! »

En septembre 1909, Mermet écrit à Arthur Coquard compositeur et critique musical du quotidien L’Écho de Paris, habitué de Noirmoutier, pour lui signaler un phénomène de « mer en feu » particulièrement spectaculaire, auquel il a assisté au large de Pornic (Loire-Inférieure) et qui dure environ 20 minutes. Plusieurs quotidiens parisiens et revues de géographie accueillent son témoignage. Mermet se demande s’il y aurait un lien avec des manifestations sismiques, cosmiques ou météorologiques, qu’il estime particulièrement nombreuses en 1909 dans « notre pauvre globe breloqué comme un sac de noix. »

À suivre

Le yacht Milianne de Mermet

 

Partager cet article
Repost0
24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 00:01

Début de la biographie d’Achille Mermet

Ernest Mermet est né le 5 mai 1849 à Villeneuve-sur-Yonne (Yonne) ; il utilisera, dès son adolescence, le prénom d’Achille. Il est le fils de François Marie Mermet et de Marguerite Putois. Son père, originaire de Cerdon (Ain) est alors agent spécial du chemin de fer de Paris à Lyon. Il sera ensuite employé comme architecte de la Ville de Paris. Sa mère est née à Villeneuve-sur-Yonne.

Alors élève de l’école municipale Turgot à Paris (3e arr.), tout juste âgé de 17 ans, Achille Mermet est admis en octobre 1866 à l’école normale de l’enseignement spécial de Cluny (Saône-et-Loire) avec une bourse d’État en pension complète. L’école, dont c’est la première rentrée, a été fondée à l'initiative du ministre de l'Instruction publique Victor Duruy, pour développer les enseignants rejoignant les établissements à vocation technique. Elle s'installa dans les bâtiments de l'ancienne abbaye et fonctionna jusqu’en 1891.

Toujours de manière précoce, à 20 ans, Achille Mermet devient préparateur d'histoire naturelle à l'école normale de Cluny après avoir terminé sa scolarité en 1869. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Mermet déclara s’être engagé volontairement.

Après le conflit, dans le même établissement de Cluny, il devient préparateur de chimie. Il est reçu premier en septembre 1872 à l’agrégation de sciences physiques et naturelles et devient professeur de l’enseignement spécial au lycée Charlemagne de Paris (4e arr.).

Jusqu’à la disparition de l’établissement en 1891, Achille Mermet se montrera attaché à l'école normale de Cluny, à son évolution et à sa défense. Il fait partie des fondateurs, en 1871, de l’Association amicale des anciens élèves de l'École normale spéciale, dont il devient administrateur en 1874. Il en sera le président de 1882 à 1884. Démissionnaire de ce poste pour raison de santé (il aurait contracté la typhoïde), il restera cependant au sein du comité d’administration de l’association.

Dans son discours de prise de fonction à la présidence, il précise sa conception de l’association. Refusant de la cantonner à la seule aide sociale, il met en avant le développement de l'enseignement spécial et l'amélioration du sort de ses fonctionnaires, qu’il considère comme « des déclassés dans l'enseignement secondaire ». En accord avec ses principes, il contribue à la révision des programmes de l’école et à l’évolution de l’enseignement spécial au sein du cursus des lycées de France. Il plaide pour l’école de Cluny soit déplacée à Paris. En juillet 1890, Mermet fait partie d’une délégation de trois personnes qui tentent, sans succès, de convaincre le ministre de revenir sur la décision, prise par l’Assemblée nationale, de supprimer l’école.

Tout en conservant son enseignement au lycée Charlemagne, Mermet devient en 1873 préparateur en chef des cours de chimie de l'École centrale des arts et manufactures et chimiste des laboratoires de l'École des hautes-études. Il revendique être l’élève du chimiste Jean Baptiste Dumas, membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, et qui fut ministre sous la deuxième République avant de devenir sénateur pendant le second empire.

Membre de la Société internationale des électriciens et de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, Mermet mène des recherches, seul ou en collaboration avec B. Delachanal, ingénieur et ancien élève de l'École centrale. Il publie notamment en 1883 un article sur les Creusets de nickel et l’année suivante sur l’Explosion du verre trempé dans la revue La Nature.

Sa principale publication a été un manuel, intitulé Manipulations de chimie : métalloïdes, publié en 1885 et qui connut plusieurs rééditions. Il est de nouveau republié en 1919, dans une version raccourcie. Illustré de 283 figures, le manuel se veut un ouvrage pratique où l'abondance des détails garantit la réussite de l'expérience et la sécurité du manipulateur. Il vise également à permettre des expériences avec une économie de matériel.

À suivre

 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 00:01

Louis Achille Delobel naît le 9 septembre 1862 à Paris (17e arr.). Il est le fils de Catherine Adélaïde Léontine Bardou et de son mari, Louis Marie Achille Delobel, menuisier.

Élève de l'École normale à seize ans, il fut instituteur de la Ville de Paris depuis l'âge de dix-neuf ans. Il se marie en janvier 1885 à Paris (7e arr.) avec Emélie Constance Courtois. Ils vivent boulevard de la Tour-Maubourg.

Parallèlement à son travail d’enseignant, Delobel a une activité scientifique. Il contribue au Nouveau dictionnaire des sciences et de leurs applications, paru en quatre volumes chez Delagrave à Paris entre 1890 et 1910. Il était dirigé par Paul Poiré, Rémy et Edmond Perrier ainsi qu’Alexandre Joannis. Achille Delobel est également membre de la franc-maçonnerie.

Toujours instituteur, Delobel est nommé en banlieue. Il réside en 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où son épouse s’engage dans une association humanitaire, la société de l’Allaitement maternel. Lui-même se préoccupe des ravages que fait la tuberculose chez les instituteurs et institutrices. Il sera le fondateur de la Société antituberculeuse de l'enseignement primaire dont il restera le trésorier.

Revenu à Paris, vers 1900, la famille Delobel réside boulevard Beaumarchais (11e arr.). En plus de son rôle dans la Société antituberculeuse, Achille Delobel se préoccupe de favoriser l’envoi des petits parisiens à la mer, à la montagne et à la campagne. Après avoir présenté un rapport sur ce sujet aux élus de la capitale, il constitue l’Œuvre des colonies scolaires de vacances, dont il est le fondateur et le trésorier en 1904.

Il publie en 1906 un Annuaire de l'enseignement primaire du département de la Seine, Paris 1906.

Achille Delobel meurt le 27 juin 1906 à Paris (11e arr.). Il était âgé de 43 ans et père d’une fille. Il enseignait à ce moment à l’école de la rue Popincourt.

Le jour même de sa disparition paraît un ouvrage qu’il avait écrit avec le Docteur Henri Triboulet, médecin des hôpitaux de Paris : Les Œuvres de l'enfance. Et une semaine plus tard était inauguré le dispensaire pour lequel il s’était mobilisé depuis dix ans. La Revue philanthropique lui consacre une longue notice d’hommage en septembre 1906.

Dans ses œuvres, Achille Delobel défendait une vision hygiéniste et optimiste de son métier et de la société : « À l'aurore du vingtième siècle, quand l'évolution sociale s'accentue de plus en plus dans le sens de la solidarité et de la fraternité, le médecin et l'instituteur, ces représentants autorisés de la devise : Mens sana in corpore sano, auront l'honneur d'être les premiers dans la marche en avant pour un avenir meilleur ». Le conseil municipal de Paris lui rend hommage en assurant qu’il « fut donc non seulement un excellent maitre, mais en dehors même de sa mission d'éducateur un citoyen utile à la société » et octroie un secours à sa veuve, laissée sans ressource.

Poursuivant son engagement social, son épouse recevra plusieurs médailles pendant la première guerre mondiale pour son activité d’infirmière.

Il n’y a pas de lien entre Achille et Emélie Delobel et Fénelon Delobel, qui vécut à Joinville une dizaine d’année avant leur arrivée.

 

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 00:01

Paul Charles Victor Guye naît le 10 juin 1876 à Paris (4e arr.). Il est le fils d’Eugénie Justine Caroline Asselin et de son mari Pierre Étienne Achille Guye, cordonnier.

À dix-huit ans, Guye, qui est employé de commerce, devance le service militaire et s’engage dans l’armée pour cinq ans. Il est affecté au 27e régiment d’infanterie ; en juin, 1895, il est réformé à Dijon (Côte-d'Or), une pleurésie purulente étant diagnostiquée. Il devient ensuite professeur de langue anglaise puis inspecteur à l’école Berlitz.

Marié en janvier 1901 à Paris (11e arr.) avec une institutrice, Marthe Le Vasseur, ils vivent boulevard Beaumarchais. Après le décès de son épouse, Paul Guye se remarie en novembre 1910 à Paris (9e arr.) avec une secrétaire de l’école Berlitz, Marthe Dreyfus. Ils s’installent d’abord boulevard des Italiens, puis rue Choron et rue Saint-Hilaire à Colombes, (Seine, act. Hauts-de-Seine).

En 1914, Paul Guye enseigne en Angleterre, probablement à Harrogate, dans le Yorkshire, où il demande à adhérer au Touring club de France. Il est à Londres en 1917. Son exemption du service militaire armé est confirmée à deux reprises.

Après le conflit mondial, la famille Guye s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle réside en 1926 avenue d’Hill (act. avenue de la Plage) dans le quartier de Palissy. Guye reprend une activité commerciale et semble bénéficier d’un certain confort financier.

Dans sa nouvelle commune, Paul Guye s’engage dans l’action politique. Il préside le Comité d’union républicaine et d’action sociale, principale organisation locale de la droite libérale et conservatrice. En octobre 1932, il présente sa démission de président du comité pour des raisons de santé. Les membres ne l’acceptent pas et confient l’intérim à Lucien Pinton.

Paul Guye meurt le 12 septembre 1933 à Joinville. Il était âgé de 57 ans et père de deux filles. En janvier 1912, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

La presse locale lui rend hommage, y compris l’hebdomadaire Voix des communes, de ses opposants radicaux-socialistes, qui remarque qu’il « ne comptait que des amis à Joinville » tandis que le journal libéral Union régionale dit qu’il était « très estimé du comité d’union républicaine dont il était le président. »

Le Pont de Joinville et le quartier de Palissy

 

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 00:01

Avant la première guerre mondiale, la notoriété de l’école du Parangon devient assez grande. Henri Rousseau a associé, en 1909, son fils aîné, Louis, à la direction. Il est spécialement en charge de l’accueil des élèves étrangers. L’école est présente en 1913 à l’exposition universelle de Gand, présentant une bibliothèque pliante portative construite par les élèves, contenant une petite collection de produits coloniaux.

Au début du conflit, alors que son fils Louis est mobilisé, Henri Rousseau s’efforce de maintenir l’activité de l'Institution du Parangon. La rentrée est cependant décalée de deux semaines, début octobre 1914. L’enseignement est offert gratuitement aux enfants de mobilisés.

Dès le 3 août 1914, une Œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants est constituée au Parangon, sous la conduite du Dr Rousseau et de son épouse. Le sculpteur et médailliste Jules Édouard Roiné en est le vice-président.

En 1915, les activités de la Société de gymnastique et de préparation militaire du Parangon reprennent sous la conduite d’un militaire blessé.

Cependant, faute sans doute d’une clientèle suffisante, l’école ferme définitivement en 1917. Ses bâtiments servent à l’implantation d’un hôpital américain cette même année. À la fin du conflit, le service de santé de la Croix-Rouge française prend le relais. Après-guerre, la transformation du Parangon est envisagée par le département de la Seine, mais son aménagement est jugé trop coûteux. Ce sont finalement les Sœurs de l'Assomption qui s’y installent. Elles mènent une activité de garde-malades pour les pauvres.

Après la fermeture de ses établissements, le docteur Rousseau cesse son activité médicale en 1917.

En complément de son activité médicale, Henri Rousseau avait poursuivi son travail scientifique et fait œuvre de naturaliste. Outre des articles dans le Journal des campagnes, il publie plusieurs ouvrages comme Herbiers d’enseignement (1888), Atlas des plantes médicinales et vénéneuses (1895, réédité en 1920), Les Plantes nuisibles (1902). Il est également l’auteur d’ouvrages pédagogiques et de brochures scientifiques ou médicales, comme Contribution à l’étude de l’acide chromique (1878) ou Secours à donner aux noyés en attendant l’arrivée du médecin (1874).

Le Dr Rousseau est également impliqué dans plusieurs associations. Il est signalé comme membre de l’association de lutte contre l’alcoolisme La Tempérance entre 1881 et 1885. Depuis 1885, il participe à la Société nationale d'horticulture de France et y est toujours actif en 1905. Il intègre la Société de géographie commerciale de Paris en 1900 et continue d’y participer jusqu’en 1914. Sa contribution à l’Association française pour l'avancement des sciences est signalée en 1889-1890. Il est un des conseillers du Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) en 1902 et en 1905. Enfin, il préside à partir de 1910 la Société de gymnastique du Parangon, structure de l'Union nationale des sociétés de tir de France.

En septembre 1923, il participe au congrès des jardins ouvriers qui se tient à Strasbourg (Bas-Rhin).

Henri Rousseau meurt le 23 octobre 1926 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et était père de deux fils. Henri Rousseau était titulaire de nombreuses décorations : outre au moins six distinctions agricoles, il est officier de l’ordre de Nicham Iftikar (Tunisie), titulaire de la médaille annamite de Khim Kaï (Viêt-Nam), des Palmes académiques comme officier d’académie (mai 1889) puis officier de l’instruction publique (janvier 1897), et chevalier de la Légion d’honneur (juillet 1926).

Son fils aîné, Louis Jules, fut associé à la direction de l’institution du Parangon à partir de 1909, officier et décoré de la Croix de guerre.

Son fils cadet, Paul, avocat à la cour d'appel puis procureur et juge, épousa Alice Roiné, fille du sculpteur Jules-Édouard Roiné.

Henri Rousseau, Les Plantes nuisibles

 

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 01:01

Devenu seul directeur de l’école du Parangon en 1897, Henri Rousseau était apprécié des élèves, même si sa très petite taille lui valait quelques sobriquets, comme ceux de Petit Bout ou Mégot. Il recevait chaque semaine dans son salon certains pensionnaires, pris parmi les plus méritants, et, outre des rafraîchissements, leur proposait de la musique et des récitations de vers. La remise des prix annuelle fin juillet ou début août, instituée par son père et poursuivie par son frère, devint, au fil des années, un véritable évènement, largement couvert par la presse hebdomadaire ou quotidienne.

La transformation de l’école du Parangon en une école pratique coloniale, à partir de 1899, est l’œuvre majeure d’Henri Rousseau. Elle aura un important impact dans l’opinion publique.

La création d’un enseignement colonial partit d’une réflexion que la France, qui venait de conquérir Madagascar, le Tonkin et l'Annam s’ajoutant à la Cochinchine, la Guinée, le Dahomey, la Côte d'Ivoire ou le Congo qui complétaient ainsi l’empire français, déjà composé des Antilles, de l'Algérie, de la Tunisie et du Sénégal. Pour les partisans de cette expansion coloniale, c’est-à-dire la plupart des partis républicains et une grande partie des milieux économiques, il fallait désormais mettre en valeur ces régions.

Le Dr Rousseau soutenait qu’on ne s’improvise pas colon, et qu’il faut encourager des départs, non dans l’illusion de faire fortune, amis pour accéder à un emploi rémunérateur. Il expliquait son intention : « J'ai limité le rôle colonial de mon établissement à la seule formation d'un colon travailleur, exploitant par lui-même, ou se mettant au service d’exploitations ». L'élève colon trouvait dans le domaine une ferme, un atelier et un jardin potager qui lui fournissaient les instruments propres à sa formation pratique. L’enseignement du Parangon était, par cet axe professionnel, nettement différencié des formations offertes par les chambres de commerce, et encore plus de celui de l'École coloniale, qui avait pour objet l’éducation des fonctionnaires. Si l’artisanat n’était pas négligé, le Parangon s’intéressait en priorité aux agriculteurs.

La clientèle de départ était constituée de jeunes gens, en particulier des campagnes, pour lesquels le Dr Rousseau négociait des subventions auprès des conseils généraux. Outre un apprentissage de langues étrangères, le programme des études comprenait la géographie, la botanique, la chimie agricole et industrielle, l'agriculture avec l'arboriculture, l'horticulture et la viticulture, la comptabilité et les principaux éléments du commerce, l'électrotechnique, la météorologie, l'hygiène et des notions de médecine humaine et vétérinaire, l’entretien et l’usage des machines ainsi que le dessin. Selon ses La Quinzaine coloniale, « Un élève qui sortira de Joinville-le-Pont ne saura pas tous les métiers à fond, mais il saura un peu de tous les métiers. Il sera en mesure de forger un écrou, de manœuvrer un appareil télégraphique, de débiter une pièce de bois, de lever un plan, de conduire une machine à vapeur; il saura faire du beurre et du fromage, préparer une peau et la tanner. »

Le Dr Rousseau devient une personnalité du monde colonial, recevant beaucoup de délégations, participant aux banquets et congrès et s’exprimant dans la presse de ce milieu. L’orientation agricole de l’enseignement fait qu’à partir de 1907, une proportion croissante des élèves va venir des populations indigènes, avec neuf jeunes originaires de l’Indochine ou de la Chine françaises, dont le prince Myngoon, fils du roi déchu de Birmanie Min Doon, réfugié à Hanoï.

Le soutien de l'Alliance française élargit le recrutement à quelques zones d’Afrique, comme Fernand Paraiso, originaire du Dahomey et descendant d’esclave, futur officier de l’armée française et résistant à l’occupation allemande. Un nombre limité d’autres élèves sont venus des Antilles ou d’Afrique du Nord.

Dans l'école du Parangon

 

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 00:01

Henri Jean Ferdinand Rousseau naît le 23 février 1846 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et de Louis Ferdinand Rousseau. Sa mère est la fille adoptive de Jean Marie Molette, fondateur de l’école qui porte son nom, probablement le premier établissement pérenne dans la commune, et conseiller municipal. Son père, professeur dans ladite institution, en sera le repreneur à la mort de Molette et la développera, en l’installant dans le château du Parangon.

Ayant fait d’abord des études scientifiques, Henri Rousseau obtient une licence dans ce domaine. Pendant qu’il est encore étudiant, il est mobilisé dans l’ambulance du Parangon, hôpital auxiliaire créé par son père dans le domaine où était implantée son école, au cours de la guerre franco-prussienne de 1870. Selon l’historien Jean Roblin, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont, situés à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny reçoivent une « véritable pluie de fer » entre novembre 1870 et janvier 1871. Le Parangon arborait sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge ; il fut épargné au début. Mais, le 9 janvier, un obus éclata dans l’escalier du bâtiment occupé par un frère d’Henri, Jules Rousseau et son épouse. Femmes et enfants furent envoyés à Paris. La famille Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

Après-guerre, Henri Rousseau poursuit un cursus de médecine, devenant docteur, lauréat de la faculté de Paris en 1878. Il est installé dans le domaine du Parangon et épouse, à Joinville en octobre 1875 une jeune professeure de lettres, orpheline et originaire de Cherbourg (Manche). Elle conduira ensuite, à ses côtés, une carrière littéraire, dramatique, mondaine et humanitaire.

Contrairement à son père et à son frère, Henri Rousseau n’a pas d’activité politique publique majeure. Cependant, en juillet 1888, il appuie la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien, lors d’une élection municipale complémentaire. Il représente une tendance républicaine modérée. En juin 1892/06/04, le conseil municipal de Joinville le nomme membre de la commission des logements insalubres, présidée par François Nicolas Couppé, adjoint au maire.

La disparition en 1889 de son père Ferdinand Rousseau et de Théodore Quirot, les deux fondateurs de l’école du Parangon, puis celle en 1897 de son frère aîné, Jules Rousseau, développeur de cette école, va amener Henri Rousseau à s’impliquer dans la gestion de l’institution du Parangon dont il reprend la direction. Il était jusqu’ici sous-directeur de l’école.

Le docteur Henri Rousseau

 

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 00:01

Louis Jules Rousseau naît le 11 août 1876 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Éléonore Delalonde et d’Henri Jean Ferdinand Rousseau. Sa mère est une personnalité mondaine et une écrivaine et dramaturge. Son père, professeur de science, docteur en médecine, prend la succession de son père et de son frère comme chef de l’école du Parangon. C’est un important établissement privé laïque d’enseignement de Joinville que ses parents transforment en une école pratique d’enseignement colonial.

Après avoir fait des études de droit et de langues à l’École spéciale des langues orientales à Paris, Louis Rousseau épouse en février 1902, à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Jeanne Marie Léonie Poullin, couturière. Ils vivent à Neuilly-sur-Seine en 1903, avenue de Neuilly (act. avenue du Général-de-Gaulle), puis à Saint-Maur-des-Fossés en 1906, boulevard de Créteil avant de s’installer en 1909 à Joinville, dans le vaste parc du Parangon. Louis Rousseau rejoint son père à la tête de l’institution dont il est, en 1911, le directeur au côté de son père. Il est spécialement en charge de l’accueil des étudiants étrangers, nombreux dans l’établissement.

Léonie Rousseau

Ayant effectué son service militaire entre novembre 1897 et septembre 1900, d’abord au 72e régiment d’infanterie puis dans une section d’état-major de recrutement, Louis Rousseau en ressort avec le grade de sergent. Il contribue à créer une Société de préparation militaire au sein de l’école, ce qui lui vaut en juillet 1913 une lettre de félicitations du ministre de la guerre. Il est rappelé au début de la première guerre mondiale et est nommé adjudant en août adjudant puis sous-lieutenant en mars 1916 et enfin, lieutenant à titre temporaire en juillet 1918. Rousseau sert au sein de la mission militaire française auprès de l’armée britannique. Son attitude lui vaut deux citations, l’une à l’ordre de la brigade, l’autre à l’ordre du jour général.

L’école du Parangon, que son père a tenté de maintenir pendant la guerre, ferme en 1917 et le bâtiment devient un hôpital américain. Louis Rousseau et sa famille vont s’installer à Dinard Saint-Enogat (Ille-et-Vilaine), où ils ouvrent d’abord une épicerie en 1920 puis une agence immobilière.

S’étant déjà fait remarquer par des conférences comme naturaliste en 1912, Rousseau adhère en 1914 à la Société nationale d'acclimatation et fait des communications notamment sur les oiseaux.

Louis Rousseau meurt le 7 janvier 1928 à Dinard Saint-Enogat. Il était âgé de 51 ans et avait deux enfants. Décoré de la Croix de guerre, il est inhumé à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Louis Rousseau

 

Partager cet article
Repost0
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 00:01

Jules Marie Ferdinand Rousseau naît le 6 novembre 1837 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et de son mari Louis Ferdinand Rousseau, professeur. Son grand-père maternel est Jean Marie Molette, instituteur de l’école qui porte son nom et dans laquelle son père est employé. C’est un établissement privé, créé en 1825, qui fut probablement la première structure pérenne d’éducation dans la commune. L’institution est reprise en 1851 par Ferdinand Rousseau et porte désormais son nom.

En 1857, il fait l’acquisition d’un vaste terrain, rue de Paris, en limite de Joinville et Saint-Maur, le parc du Parangon, qui accueillit notamment Mme de Lafayette. L’école se développe et atteint 300 élèves. Pour accompagner son développement, Ferdinand Rousseau décide de proposer, outre un enseignement classique, confié à son beau-fils Théodore Rousseau, de mettre en place un enseignement professionnel, dont Jules Rousseau est responsable. L’établissement du Parangon est désormais nommé institution Rousseau-Quirot.

Selon l’historien Georges Bousquié, qui fut élève du Parangon, « Jules Rousseau fut un merveilleux organisateur de l'orientation et de l'enseignement professionnel. Son école est une des premières écoles libres en France où l'on ait donné cet enseignement. Il en avait compris l'urgente nécessité, pour répondre aux besoins nouveaux de l'industrie. Mais, grand psychologue et soucieux de la formation de l’esprit des enfants, il savait les inconvénients, intellectuels et moraux, des procédés de spécialisation hâtive. Aussi il n'eût jamais abaissé l'éducation au niveau d'un dressage utilitaire. Cet enseignement professionnel, il le voulait élevé, méthodique, « classique à sa façon» disait-il. »

Tandis que son père en est le capitaine, Jules Rousseau est sergent-major de la garde nationale et des sapeurs-pompiers de la commune de Joinville en 1868. En avril 1870 à Joinville, Jules Rousseau épouse Marie Valentine Guillemot, fille d’un vigneron et tisserand de Grésigny, Côte-d'Or. Ils auront un fils.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, le Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Selon l’historien Jean Roblin, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont, situés à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny reçoivent une « véritable pluie de fer » entre novembre 1870 et janvier 1871. Le Parangon arborait sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge ; il fut épargné au début. Mais, le 9 janvier, un obus éclata dans l’escalier du bâtiment occupé par Jules Rousseau et son épouse. Femmes et enfants furent envoyés à Paris. La famille Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

Joinville est occupé depuis fin janvier 1871 par près de 3 000 soldats allemands, majoritairement Wurtembourgeois au début puis Badois et Bavarois ensuite. À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation viennent juste de quitter la commune où elles sont restées près de six mois, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments. Le père de Jules, Ferdinand Rousseau, siège au conseil municipal sous le second empire puis devient adjoint au maire Auguste Courtin (conservateur) avant de le remplacer en 1875. Il sera battu, sous l’étiquette bonapartiste, aux élections municipales de 1878.

Des scouts dans la cour du Parangon

Devenu veuf, Jules Rousseau se remarie en avril 1884 avec Désirée Colette Guillemot, maîtresse de pension à Joinville et sœur cadette de son ancienne épouse. Il doit pour cela obtenir l’autorisation du président de la République en vertu de l’article 162 du code civil, qui prescrit les mariages entre frères et sœurs. Ils auront une fille. Ses témoins sont ses trois frères (Nicolas Quirot, Léon Rousseau et le docteur Henri Rousseau) ainsi que son neveu par alliance, Ernest Mermet, professeur de chimie au lycée Charlemagne, chef de laboratoire à l’école Centrale et futur maire de Joinville. Son beau-père, Pierre Guillemot, est maire du village de Grésigny-Sainte-Reine (Côte-d'Or).

Le mois suivant, en mai 1884, Jules Rousseau est candidat au conseil municipal. Il figure sur la liste républicaine du maire sortant, Gabriel Pinson, qui recueille une moyenne de 310 voix au premier tour, soit environ 85% des suffrages exprimés, face à des candidats réactionnaires qui en ont 15%. Jules Rousseau est élu au second tour. Au cours du mandat, il devient secrétaire (ou syndic) du conseil, complétant le bureau municipal qui comprend le maire et les deux adjoints. En avril 1888, il ne prend pas position lors de la question qui oppose la majorité laïque des élus locaux au conseil de fabrique, gestionnaire de la paroisse. La majorité décide d’engager des poursuites, estimant les comptes inexacts, tandis que quatre conseillers s’y opposent. Rousseau fait partie des trois absents.

Les élections municipales générales de mai 1888 voient s’opposer les républicains modérés, derrière Gabriel Pinson, avec les radicaux-socialistes, alliés à quelques socialistes-révolutionnaires, guidés par Alphonse Demeestère. Jules Rousseau soutient le maire sortant. La liste républicaine a obtenu 17 sièges, contre 4 radicaux. Elle a en moyenne 302 voix. Le mieux élu est Rousseau qui, avec 372 votes, devance ses colistiers y compris le maire et ses adjoints. Il redevient secrétaire du conseil. Le mois suivant, Gabriel Pinson meurt en fonction. La presse locale donne Jules Rousseau en tant que favori pour prendre sa succession. Cependant, au cours d’un vote tendu en août 1888, c’est le premier adjoint, Eugène Voisin, qui l’emporte face à Jules Rousseau. Rousseau quitta la salle absolument seul et paraissant très abattu, selon témoignage de Charles Pâquet, petit-fils d’Eugène Voisin. Il démissionna fin 1889.

À ce moment, avec le décès de son père et de son demi-frère, Jules Rousseau devient le seul dirigeant de l’école du Parangon. Depuis 1885, les remises de prix, organisées chaque année fin juillet ou début août, sont des évènements bénéficiant d’une forte couverture de presse.

En matière sociale, Jules Rousseau prend la présidence de la société de Saint-Nicolas, basée dans la commune voisine de Saint-Maur. Il est également président de la délégation cantonale, en charge de l’enseignement public pour la circonscription de Charenton-le-Pont.

Jules Rousseau meurt le 27 mai 1897 à Joinville. Il était âgé de 59 ans et décoré des Palmes académiques, d’abord comme officier d’académie puis en tant qu’officier de l’instruction publique.

Une voie de la commune de Joinville-le-Pont est baptisée impasse Jules-Rousseau. C’est son frère, le docteur Henri Rousseau, qui prend sa succession à la tête de l’école.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens