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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 4 octobre 2016.

Paul Purrey naît chez ses grands-parents maternels à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 2 août 1878. Ses parents, Jeanne Guionnet et son époux Jacques Purrey, tonnelier, résident à Saint-André-et-Appelles (Gironde).

Résidant alors à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Paul Purrey s’engage dans l’armée pour trois ans au moment où il doit effectuer son service militaire. Il sert au sein du 108e régiment d'infanterie jusqu’à sa démobilisation en mars 1902.

Installé en 1902 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au 13, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), Paul Purrey exercera toute sa vie l’activité de marchand de vins en gros. Il épouse en juin 1905 à Paris (18e arr.) Berthe Augustine Bassée, avec laquelle il aura une fille, Madeleine (1903-1993) et dont il divorcera en juillet 1924. Lors des graves inondations de la Marne en 1910, Purrey devient membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Franc-maçon, Purrey participe à la loge locale Germinal, qui a inauguré son temple, rue Transversale, en mars 1911. Elle accueille notamment des militaires de l’école de gymnastique.

Proche des radicaux-socialistes qui tiennent alors la municipalité, Purrey va s’engager à l’occasion du conflit qui oppose la majorité du maire Eugène Voisin, de l’adjoint Georges Briolay et de leur idéologue, Louis Rey, à un groupe dissident, conduit par Achille Ernest Mermet et Henri Vel-Durand. Lors d’un scrutin municipal partiel en mai 1911, provoqué par la démission de cinq dissidents, Paul Purrey prend la deuxième place de la liste constituée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, soutenue par les radicaux-socialistes. Ce sont cependant les dissidents qui l’emportent, avec le soutien des libéraux et des socialistes. L’année suivante, dans la même configuration, les radicaux-socialistes sont battus et Achille Ernest Mermet devient maire.

Pendant la première guerre mondiale, Paul Purrey est brièvement mobilisé en août 1914 au sein du 30e régiment territorial d'infanterie ; mais, dès le 4 septembre, il est réformé pour « obésité » par une commission siégeant à Chartres ; cette décision sera confirmée en juin 1915.

Après le conflit, Paul Purrey mène une action professionnelle, étant vice-président de l’Union des commerçants de Joinville-le-Pont et rejoignant la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, spiritueux et cidres de Paris en 1917.

Ayant quitté Joinville pour la capitale, Purrey connaîtra des difficultés économiques, son établissement de vins en gros de Bercy faisant faillite en mai 1925. Il reprendra cependant cette activité, dans la banlieue sud, à Athis-Mons (Seine-et-Oise, act. Essonne). Remarié avec Laure Henriette Lévêque, native de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1925 à Paris (12e arr.), Purrey s’installe à Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il réside en 1937 en compagnie d’une fille de sa nouvelle épouse, issue de son premier mariage.

La loge Germinal ayant disparu, Purrey fréquente la loge Le Niveau social de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) dont il est Honorable en 1938. Pendant la deuxième guerre mondiale, le nom de Paul Purrey figure sur une liste des dignitaires de la franc-maçonnerie relevant du Grand Orient de France, publiée le 23 septembre 1942 par le Journal officiel de l’État français. Les francs-maçons ont fait l’objet de persécution sous le régime de Vichy.

Si leur rôle précis n’est pas encore connu, il est probable que les époux Paul et Laure Henriette Purrey sont engagés dans la Résistance. Laure Henriette Purrey figure d’ailleurs à ce titre dans les Dossiers administratifs de résistants conservés par la Service historique de la Défense français.

À la Libération en 1944, Paul Purrey fait fonction de maire de Wissous ; il prend la suite de Pierre Laffargue, qui avait été nommé par le gouvernement de Vichy en 1941 puis confirmé en juin 1942.

Purrey est élu maire avec l’étiquette socialiste (SFIO) en avril 1945. En septembre 1946, le dirigeant communiste André Marty est l’orateur d’une grande réunion publique organisée par le PCF « pour commémorer le souvenir du grand Lénine, fondateur de l'État socialiste ». Paul Purrey figure à la tribune en tant que maire socialiste de Wissous à côté de personnalités communistes et de M. Labeyrie, maire de Versailles. Purrey exerce son mandat jusqu’aux élections municipales d’octobre 1947 et a pour successeur René Girard-Iametti, maire jusqu’en 1960.

Paul Purrey est décédé le 19 juillet 1950 à Longjumeau (Seine-et-Oise, act. Essonne), il résidait toujours à Wissous, où il est inhumé. Il était âgé de 71 ans.

Mairie de Wissous (photo récente, Wikipédia)

 

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16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 00:01

Jean Baptiste Brutus Vauvray naît probablement le 17 nivôse an 2 (6 janvier 1794) à Paris (3e arr.), selon la date qui figure sur les listes électorales de Joinville-le-Pont en 1848. D’autres sources généalogiques mentionnent une date un peu antérieure, le 27 frimaire an 2 (17 décembre 1793). Il est le fils de Marie Françoise Réaux et de Pierre Vauvray. À sa naissance, comme à celle d’un frère aîné, ses deux parents ne sont pas mariés. Ils se marient le 13 fructidor an 2 (30 août 1794) à Paris. Il se présente aussi bien sous le prénom « Jean Baptiste » que sous celui de « Brutus », qu’il semble toutefois préférer.

Sa mère est éventailliste. Le métier du père n’est pas connu formellement, mais il est très probable qu’il est ferblantier lampiste, de même que l’est un de ses frères. C’est également la profession qu’exerce Brutus Vauvray. La famille compte sept enfants, dont une fille morte très jeune.

Le 22 mai 1813, Brutus Vauvray épouse à Paris (2e arr.), en l’église Notre-Dame de Bonne Nouvelle, Marie Geneviève Vandenbosch, elle aussi parisienne. Ils auront sept enfants.

C’est en 1818 qu’est fondée l’entreprise de ferblanterie Vauvray, installée à Paris (6e arr.) rue Phélipeaux (act. rue Réaumur). Au moins deux de ses fils seront associés et continueront l’activité.

En 1829, Vauvray est réputé pour produire une lampe à huile en cuivre jaune. Il obtient en octobre 1842 un brevet pour des « améliorations apportées à la lampe à régulateur » avec un autre brevet en juillet 1843, il fait protéger un procédé de carbonisation du bois et une nouvelle amélioration de la lampe. L’atelier Vauvray participe, en 1843 à la septième exposition des produits de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries de Paris. Il présente des lampes mécaniques, des lampes soleil à pied et suspendue, des pendules en bronze et en zinc, mais surtout ses lampes à régulateur et lyres à gaz pour lesquelles il a également un brevet. Ses produits sont également retenus pour l’exposition universelle de 1855 à Paris.

Rue Phélipeaux à Paris (Wikipédia)

Dans un domaine un très différent, Brutus Vauvray reprend, en mars 1847, un brevet pour « un système et un mode mécanique d’enseignement » dénommé « mécanisme de l’éducation ». Le dispositif a fait l’objet d’un brevet accordé en juillet 1841 à Louis Jérôme Napoléon Mouret (1810-1877), greffier devenu agent d’affaires et résidant alors à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Il repose sur la compétition entre de petits groupes d’élèves, réunis dans des petits espaces séparés sous la surveillance d’un seul maître. Il ne semble pas que Brutus Vauvray ait mis en œuvre les méthodes préconisées.

Depuis au moins 1847, les époux Vauvray résident à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Enregistré en tant que propriétaire Brutus Vauvray figure en 18e position parmi les contribuables communaux de l’année, ce qui lui vaut de se situer en 1848 sur la liste des 96 électeurs censitaires (10% de la population de 960 habitants de la commune).

Il est élu conseiller municipal en juillet 1852, le maire étant le grammairien Charles Pierre Chapsal. Il est réélu en juillet 1855, toujours avec le même édile puis en 1861. Auguste Courtin, fils adoptif de Chapsal, a pris sa succession.

En 1856, Vauvray fait partie des 52 habitants de Joinville qui font des dons pour l'armée d'Orient, combattant alors en Crimée (Russie, act. Ukraine).

Brutus Vauvray meurt le 31 mai 1863 à Joinville-le-Pont, à l’âge de 67 ans. Il est enterré dans le nouveau cimetière de la commune, inauguré en 1861 dans le quartier de Palissy.

Les deux fils de Brutus Vauvray ont pris sa succession dans la vente de lampes en 1850.

Schéma du « mécanisme d’éducation » (INPI)

 

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24 juin 2026 3 24 /06 /juin /2026 00:01

Claude Auguste Bossus naît le 23 mai 1851 à Jussey (Haute-Saône). Il est le fils de Françoise Roussey et de son époux Claude Bossus. Ce dernier est, en 1857, facteur rural des postes dans la commune voisine de Noroy-le-Bourg ; la même année, en novembre, la mère de Claude Auguste meurt, alors qu’il a 6 ans.

Il est recensé avec la classe 1871 au titre de ses obligations militaires, mais non tiré au sort pour effectuer le service. Il est cependant possible qu’il se soit engagé dans une unité militaire ou un corps-franc ; Bossus est membre, jusqu’à son décès, de la Société nationale de retraites Les vétérans des armées de terre et de mer dans sa commune de résidence.

Claude Bossus fils vit en 1887 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est chaudronnier. Il réside route de la Brie (act. avenue Gallieni) dans le quartier de Palissy, créé une dizaine d’années plus tôt sur la rive gauche de la Marne. Il épouse dans cette ville en juillet 1887 Augustine Gougenot, employée de commerce, également native de Jussey. À partir de 1889, ils exploitent l’épicerie – débit de vin située à l’heure adresse, reprise sans doute de Jean Troupel, un des témoins de leur mariage.

Lors de cette même année 1889, Claude Bossus participe à l’organisation d’un banquet qui aura lieu en janvier 1890. Il se tient en l’honneur de Jules Ferdinand Baulard (1827-1910), ancien ouvrier devenu chef d’entreprise de bombage de verre, militant républicain pendant la révolution de 1848 et lors de la Commune de Paris, ancien conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1884-1888) et conseiller général de la Seine (1886-1890). Baulard venait d’être élu député en 1889 et siégeait à l’extrême-gauche de l’Assemblée nationale, dans les rangs radicaux ; il était libre-penseur et franc-maçon.

L’initiative du banquet revient à Marie Henri Brégeot, dit Henry Vaudémont, dit Gringoire (1855-1896), journaliste et éditeur de journaux, écrivain, conférencier économique et scientifique, également libre-penseur et franc-maçon ; il est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire radical Voix des communes. Deux autres commerçants de même tendance participent à la préparation : Alphonse Demeestère (1816-1894), hôtelier-restaurateur, républicain en 1848, conseiller municipal et dirigeant du comité radical-socialiste d’arrondissement, libre-penseur ainsi que Gustave Gobert (1858-1924), marchand de vin et restaurateur.

Suite au décès d’un adjoint au maire de Joinville-le-Pont, Nicolas Chéret, des élections municipales partielles sont organisées en mars 1890 pour pourvoir cinq postes vacants ; Henry Vaudémont constitue une liste radicale-socialiste, sur laquelle figure Bossus. Elle obtient trois des sièges, mais ce dernier n’est pas élu.

Claude Bossus s’implique de nouveau dans les festivités marquant l’élection d’un conseiller général radical-socialiste en mai 180 puis après la réélection de Baulard en tant que député en septembre 1893.

En tant que commerçant, Claude Bossus prend également part aux fêtes de son quartier. Il est ainsi secrétaire de la Commission de la fête des Villas Palissy, en juin 1891 puis trésorier en août 1893. Il se charge de l’organisation des fêtes de l’été 1900, au nom du comité, qui s’élargit au nouveau quartier de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne,

En 1892, à l’occasion du 22 septembre (centenaire de la République), l’hebdomadaire radical Voix des communes remarque que « La fête a été célébrée assez mollement par le vieux Joinville mais beaucoup plus allègrement par Palissy et Polangis. Les maisons Bossus, Hype, Provost, Maroufin illuminaient la route. »

Le Tribunal correctionnel de la Seine, en mai 1895, condamne Claude Bossus à une amende de 200 francs « pour infraction à la loi sur la vente des beurres. »

Le couple a eu trois enfants, dont les deux filles sont mortes très jeunes. Au décès d’Augustine Bossus, en mars 1903, leur fils a 12 ans.

En octobre 1904, Claude Bossus fut victime d’un vol domestique que le quotidien socialiste L’Humanité (09/10/1904) raconte sous le titre « Une petite bonne qui s'amuse » : « Célestine Bourdinet, bonne chez M. Bossu, habitant route de Bry, trouvait que la vie était monotone. Aussi rêvait-elle de se payer un jour une vraie noce. Malheureusement, l'argent lui manquait. Ayant découvert que son patron possédait une somme de onze cents francs, elle s'en emparait avant-hier et prenait la fuite. Son premier soin fut d'acheter une magnifique couronne de 30 francs, qu'elle porta sur la tombe de son fiancé, décédé l'an dernier puis, pour une somme de 35 francs, elle loua une voiture pour la journée. Avec le véhicule, elle vint à Paris, y fit un souper fin, s'offrit le théâtre, puis songea à rentrer à Joinville mais, au moment de partir, elle décida de rapporter quelque chose à une de ses amies malade et dans un état de dénuement complet. Aussi pensa-t-elle qu'un gigot serait le bien reçu, et elle réveilla un boucher qui, tout en maugréant, lui fournit une pièce de choix. Très gaie, elle reprit sa voiture et, en arrivant à destination, sortait un louis de sa poche pour l'offrir comme pourboire du cocher, quand elle fut cueillie par les agents de M. Rogeaux [commissaire de police], que le patron de la petite bonne avait prévenu. Au commissariat, Célestine Bourdinet ne fit aucune difficulté pour reconnaître son vol, et donna avec beaucoup de gaieté les détails les plus complets sur la noce qu'elle avait faite. M. Rogeaux a envoyé la petite bonne au Dépôt. »

La bonne des Bossus s’appelait Marie Charon en 1901. Il n’est pas possible d’identifier une Célestine Bourdinet. Peut-être s’agit-il de Célestine Bourdenet, née vers 1884 dans le Doubs.

Claude Bossus meurt le 29 avril 1907 Joinville à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 55 ans et toujours marchand de vin, son établissement se situant probablement à l’emplacement de l’actuel café Le Mocca.

Son fils Émile Bossus (1890-1980), enseignant dans une école privée de Joinville puis comptable dans une entreprise d’assurance, est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Sergent en septembre 1915, rétrogradé caporal en octobre 1916, il est cassé de son grade en septembre 1917 pour « avoir manqué au travail pendant la journée ». La famille vit toujours à Joinville en 1971.

La route de Brie (act. avenue Gallieni) à Joinville-le-Pont, début du 20e siècle

 

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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 00:01

François Antoine Cabis naît le 26 février 1808 à Ribeauvillé (Haut Rhin). Il est le fils de Catherine Krauss et de son époux, également nommé François Antoine Cabis, garde forestier. La famille, dont le nom est fréquemment orthographié Kavis, vit dans les villages voisins de Fortschwihr en 1809 puis de Kaysersberg en 1816. Le père meurt en décembre 1821 dans ce lieu, lorsqu’il a 13 ans et que la mère élève 8 enfants.

Engagé dans l’armée, vers 1827, il sert comme grenadier pendant cinq ans au sein du 52e régiment d'infanterie de Ligne. Il fait notamment la campagne des Dix-Jours (août 1831), pendant la belgo-néerlandaise. Le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier avait envahi la Belgique pour reconquérir les huit provinces qui avaient fait sécession le 4 octobre 1830. Avec l'armée expéditionnaire française, les forces belges repoussent l'assaut néerlandais.

Blessé à la jambe gauche pendant les combats, François Antoine Cabis réside en 1833 à Saint-Dié, sur le versant lorrain des Vosges. Pour son comportement pendant sa période sous les drapeaux, il est décoré de l’ordre belge de Léopold en mars 1833, parmi un groupe de 304 militaires français sont décorés pour leur comportement durant le siège d'Anvers. Il est ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre la même année.

François Antoine Cabis épouse en août 1834 à Ribeauvillé Marie Lochmannn (ou Lockmann), fille d’un autre grenadier, Jean Jacques Lochmannn (1778-1840), également chevalier de la Légion d’honneur. La famille est importante, puisque 11 enfants nés vivants sont répertoriés entre 1835 et 1852. Ils vivent dans le Haut-Rhin, à Hunawihr, Zellenberg, Sundhoffen et Réguisheim. Dans cette dernière ville, il obtient le bénéfice d’un débit de tabac.

Après l’annexion de la majeure partie de l’Alsace en 1871, la famille s’installe à Saint-Dié-des-Vosges, dans le quartier de Foucharupt. N’ayant pas de ressources personnelles et disposant d’une retraite limitée de 300 francs, il obtient des secours de la chancellerie.

En mars 1872, il s’installe à Lezay (Deux-Sèvres) avec son fils cadet, Xavier Ernest, où il reprend également un bureau de tabac. Il transfère la gestion de l’établissement à son fils peu après. Les époux Cabis optent en juillet 1872 à Lezay pour la nationalité française, refusant de devenir citoyens de l’empire allemand.

Début 1884, quittant les Deux-Sèvres, Marie et Antoine Cabis rejoignent Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit un autre de leurs fils, Eugène, sous-officier de gendarmerie. Ils vivent dans la caserne, rue de Paris.

Marie Cabis y décède en juin 1884. François Antoine Cabis meurt également à Joinville-le-Pont le 12 février 1885, à l’âge de 76 ans.

Son fils aîné, prénommé aussi François Antoine selon la tradition familiale, avait servi pendant 21 ans dans l’armée, notamment comme tambour-major, et était, comme lui, chevalier de la Légion d’honneur.

Un autre de ses fils, Eugène, chez lequel il vivait à Joinville, connaîtra un parcours moins glorieux. Il fit l’objet, en 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction, ce qu’il fit. Une partie du Bois de Vincennes, lieu du meurtre, fut dénommée « Bois Cabis » ; elle est aujourd’hui lotie et correspond à un espace situé à Joinville-le-Pont, autour des rues de la Paix et Aristide Briand, bordé par l’avenue Jean-Jaurès et la rue Chapsal.

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre

L’ancien Bois Cabis à Joinville-le-Pont

 

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20 avril 2026 1 20 /04 /avril /2026 10:54

Mise à jour de la biographie publiée le 12/03/2022

Adolphe Alexandre Clément naît le 11 décembre 1864 à La Ferté-Saint-Cyr (Loir-et-Cher). Il est le fils de Philomène Blanchard et de son époux, Adolphe Blaise Clément, marchand de charbon. Ils vivent au faubourg de Bretagne.

Son père meurt en octobre 1874, lorsque Adolphe a 9 ans. Sa mère se remarie en juin 1877 à La Ferté-Saint-Cyr avec Silvain Jean Pierre Lecomte, vigneron dans le village voisin de Montlivault, mais décède à son tour en avril 1880 à La Ferté, son fils ayant 15 ans.

En 1876, le jeune Adolphe n’était pas recensé à La Ferté-Saint-Cyr où sa mère résidait avec ses trois autres enfants. Il est recensé pour ses obligations militaires en 1884 et réside alors à Melun (Seine-et-Marne), où il est garçon épicier. En tant que fils aîné d’orphelins (deux frères et une sœur), il est dispensé de service militaire. Il fait cependant plusieurs périodes dans la réserve de l’armée en avril 1888, avril 1891, octobre 1897 et mai-juin 1900.

Il réside à Paris et Neuilly-sur-Seine entre 1886 et 1891. Devenu employé de commerce et vivant en 1893 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Lannes, Adolphe Clément y épouse en mai 1894 Marie Goutal, domestique, native du Cantal. Ils s’installent à Paris (18e arr.) où ils exploitent une épicerie, rue Jean-Robert. Ils ont un commerce à Stains (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Carnot en 1898 puis en 1902 dans le même département à Montreuil.

En 1911, ils sont à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils sont toujours épiciers, rue de Paris, dans le centre-ville, à proximité de la gare. Après la première guerre mondiale, ils déménagent pour la rue du Viaduc, dans le même quartier, où ils vont créer un hôtel meublé.

Lors des élections municipales de mai 1925 à Joinville, Adolphe Clément est candidat sur la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident), qui a le soutien des mouvements libéraux et conservateurs de la ville. Le programme de la liste vouait l’application des lois de laïcité « sans rigueur et sans sectarisme », le maintien de l’octroi pour l’entrée des marchandises à Joinville et des économies dans les dépenses budgétaires. Face à une liste du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants), qui obtient 28,4% des suffrages exprimés et une liste communiste, qui a 21,1%, la liste des sortants arrive nettement en tête avec 47,5%. Au second tour, elle remporte les 27 sièges à pourvoir et Clément est élu conseiller municipal. Vel-Durand est réélu maire. Après son décès, il est remplacé en octobre 1928 par Stephen Durande (conservateur).

Au cours du scrutin de mai 1929, il n’est pas candidat.

Adolphe Clément meurt le 22 janvier 1938 à Joinville. Il était âgé de 74 ans et père de deux enfants.

Il n’a pas de lien familial avec Édouard Clément (1843-1922), président de société musicale et candidat de centre-droit aux élections municipales de Joinville-le-Pont (1904-1911) ni avec Lucien Clément (1885-1955), conseiller municipal conservateur de la même ville (1934-1944).

Joinville-le-Pont, rue de Paris, l'épicerie Clément est sur la droite

 

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 00:01

Yves Marie Quillerou naît le 1er décembre 1888 à Maël-Pestivien (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Il est le fils de Marie Catherine Le Rolland et de son époux François Marie Quillerou, laboureur, qui vivent dans ce bourg bretonnant.

Peu après sa naissance, la famille gagne Caen où le père devient employé du Chemin de fer de l’État et travaille à la gare principale de la préfecture du Calvados. Ils vivent à proximité, rue de Vaucelles.

En 1908, Yves Quillerou séjourne au Mans (Sarthe) où il travaille comme comptable. Lors du recrutement pour le service militaire, il est réformé temporairement en octobre 1909 puis définitivement en août 1910 pour « faiblesse générale. »

À partir de 1909, il vit à Paris, d’abord dans le 14e arrondissement rue Vandamme, puis dans le 17e, rue Boursault. Il est employé comme mécanicien par les Machines Chambon entreprise fondée en 1887 pour la construction de machines d'emballage et d'impression.

Dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), Yves Quillerou épouse en décembre 1912 Germaine Léonie Chenu, employée comme sa mère, vivant rue de la Révolution-Française et dont le père a disparu.

Pendant la première guerre mondiale, Yves Quillerou est, en décembre 1914, repositionné comme « bon pour le service armé ». Cependant, il n’est pas envoyé dans les rangs des combattants, l’inspecteur des forges de Paris demandant son détachement à l’usine Chambon de la rue de Crimée, où il œuvre comme tourneur. Il reste dans cette fonction pendant la durée de la guerre ; en décembre 1918, il est transféré à l’usine Renard, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (5e arr.). Il est démobilisé en septembre 1919.

Il s’installe avec son épouse à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune riveraine de Saint-Maur, avenue Jamin, dans le quartier de Polangis. Son frère Victor le rejoint ; soldat dans les troupes coloniales, celui-ci avait, en avril 1909, été arrêté au cours d’une permission pour convalescence pour avoir été mêlé à un assassinat avec deux autres jeunes gens. Il ne sera cependant pas condamné pour ce fait et va exercer le métier de chaudronnier.

Lors des élections municipales de novembre 1919, Yves Quillerou est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Georges Laruelle (1884-1964), voyageur de commerce et conseiller municipal de Joinville-le-Pont, élu en 1912 puis démissionnaire pendant la guerre. Il figure en 18e position des 25 candidats. Les concurrents sont une liste radicale, conduite par Henri Vel-Durand et une liste d’union libérale et conservatrice. Lors du précédent scrutin, les radicaux dissidents (dont Vel-Durand) avaient fait l’union avec les conservateurs et les socialistes SFIO pour remporter la mairie face aux radicaux-socialistes officiels.

En 1919, au 1er tour, la liste Vel-Durand est en tête avec 45%, devant la SFIO à 29%. La droite, qui avait atteint 26% se retire avant le second tour. Les scores sont de 65% pour la liste radicale et 35% pour la SFIO, qui n’a pas d’élu. Quillerou avait recueilli 492 votes sur 1694 suffrages exprimés (soit 29%) pour 1715 votants et 2491 inscrits. Il obtient au deuxième tour 500 voix pour 1518 (33%) ; la participation est de 62%.

Après décembre 1920, la totalité des adhérents socialistes SFIO, dont Laruelle, passent au nouveau parti communiste.

Au cours de cette même année 1920, Yves Quillerou ouvre un magasin de quincaillerie, dans le quartier des Batignolles à Paris (17e arr.). Il va vivre un temps dans ce quartier, rue des Moines, puis revenir à Joinville vers 1932, toujours avenue Jamin. Son père, qui était redevenu cultivateur à Maël-Pestivien et était désormais veuf, le rejoint et meurt à Joinville en avril 1934.

Après la deuxième guerre mondiale, Yves Quillerou est employé de bureau. Il meurt le 11 janvier 1947 à Joinville-le-Pont dans son domicile de l’avenue Jamin. Il était âgé de 58 ans et père d’une fille.

Vue ancienne du village de Maël-Pestivien (noce)

 

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12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 14:18

Marie Marthe Le Foullon naît en 1730 à Paris. Elle est la fille de Marie Marthe Rousseau et de son époux Guillaume Élie Le Foullon (vers 1697-1766).

Son père est, comme ses ascendants, un important maître maçon et architecte parisien, disposant d’une aisance certaine. Leur nom est retranscrit de manière différente selon les sources (Foulon, Foullon, Le Foulon, Lefoulon ou Lefoullon), Le Foullon semblant être l’usage le plus courant.

En octobre 1751 Marie Marthe Le Foullon épouse à Paris, en l’église Saint-Laurent, Henry Danloux, chapelier, natif de Sedan (Ardennes) où son père était tisseur. Le couple exploite une boutique, à l’enseigne des Quatre vents, située sur le Pont au Change qui relie à Paris l’île de la Cité à la place du Châtelet et est alors bâti. Ils vivent dans l’appartement situé au-dessus du commerce.

Le grand-père de Marie Marthe, Guillaume Le Foullon avait acheté en 1731 le domaine de Polangis, situé sur les bords de Marne, relevant alors de la paroisse de Fontenay-sous-Bois et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés. L’espace où se situait maison et la ferme sont incluses aujourd’hui dans la commune de Joinville-le-Pont, les terres agricoles continuant sur une partie de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Le fils de ce dernier et père de Marie Marthe, Guillaume Élie Le Foullon avait hérité du domaine en en 1748 et y avait réalisé d’importants travaux d’embellissement. Le château, rénové dans le style Louis XV, avait un un fronton triangulaire percé d'un œil-de-bœuf et trente-deux fenêtres en façade. Selon historien, Georges Bousquié citant l’abbé Leboeuf, la demeure est « dans une des plus belles situations du monde. »

Marie Marthe reçoit en dot, la maison de Polangis, avec la ferme et les terres qui l’entourent plus une somme de 4 000 livres tournoi lors de ses noces avec Henry Danloux. La maison avait été mise en location en 1749.

La maison est occupée en 1754 par M. Jourdain du Parc ; un avis publié dans les Affiches de Paris en mai cette année-là la propose à la vente ou à la location. Un nouvel avis, inséré en octobre 1761 pour les mêmes motifs indique comme interlocutrice la cousine de Marie Marthe, Mlle Compagnon. Puis, en février 1762, c’est une vente par licitation aux requêtes du Palais qui est annoncée ; elle concerne tout le domaine de Polangis mais également l’ancienne maison de son père Guillaume Élie Le Foullon, rue Saint-Jacques de la Boucherie à Paris. . Les acheteurs de Polangis sont très probablement Louis Allain de la Coeurtière et son épouse Marie Marguerite Bourgeois.

Après la mort de son époux Henry, en mars 1767, Marie Marthe Danloux va donner naissance à une fille posthume en novembre. Elle se remarie en avril 1768 avec Jean Claude Blanc.

Marie-Marthe Le Foullon, épouse Blanc, veuve Danloux meurt le 26 février 1770. Elle était âgée de 40 ans et mère de six enfants vivants, issus de ses premières noces.

C’est son frère, Guillaume Élie Le Foullon (1729-1804), éponyme de son père, qui va prendre soin des enfants qui ont alors 17, 12, 11, 6, 4 et 2 ans. Il élèvera aussi Jules, le fils de l’aîné et peintre portraitiste Henry Pierre Danloux (1753-1809), lorsque celui-ci émigrera en Angleterre pendant la révolution française. Guillaume Élie épousera aussi la plus jeune fille de Marie-Marthe, Marie Simonne Danloux (1767-1830) en juillet 1794.

Portrait de Constance Le Foullon par Henry Pierre Danloux

 

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26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 18:15

Jourdain Valton est le fils de Catherine Leboille (ou Le Boille) et de Jean Valton, dont elle est la première épouse. Sa date de naissance n’est pas connue ; plusieurs généalogistes la situent vers 1490, ce qui n’est pas possible, sa mère étant décédée probablement à la fin des années 1460 et son père remarié en 1472. Il est probable qu’il est venu au monde aux alentours de 1460.

La famille vit à Paris, le père, Jean Valton, étant praticien en cour d’église (1474) c’est-à-dire juriste devant un tribunal ecclésiastique, notaire (1490) puis également audiencier de l'officialité (tribunal ecclésiastique) de Paris en 1505, date de son décès. La famille est domiciliée rue Saint-Antoine, près de l’ancienne église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

Le premier acte conservé mentionnant Jourdain Valton est l’acquisition, conjointement avec son père, en août 1482, de l’hôtel ou manoir de Poulangis. Le domaine, qui fait 78 hectares, comprend également une ferme. Il se situe dans le quartier actuel de Polangis, principalement dans la commune de Joinville-le-Pont, et partiellement à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). L’achat se fait auprès des religieux, abbé et couvent de Saint-Maur-des-Fossés et comprend « une masure, cour, jardin et pourpris [enclos] », « tous clos tout autour de murailles », avec plusieurs pièces de terres et prés. Les acquéreurs s’engagent à payer 16 sols parisis de cens et 13 livres 12 sols parisis de rente à l’abbaye.

En mars 1493, Jourdain Valton prend possession de deux maisons à Paris, l'une rue Saint-Antoine, au coin de la rue Saint-Paul, à l'Image Notre-Dame, l'autre rue Saint-Paul, à l'enseigne de la Souche. Elles viennent de la succession d'Hémon Lebarbier (ou Le Barbier), son neveu, fils de sa sœur aînée Marguerite Valton. Les vendeurs sont ses frères Paul Valton, maître ès arts et licencié en décret (droit), et François Valton, qui était l’année précédente sergent et garde du buisson de croix de la forêt de Crécy-en-Brie (act. Crécy-la-Chapelle, Seine-et-Marne). Jourdain et ses deux frères sont qualifiés de bourgeois de Paris. La transaction se fait au prix de 60 livres tournois pour chaque maison. Jourdain rachète, le même jour, pour 36 livres tournois, la rente de 48 sous parisis, que percevait son père pour les deux maisons. Il agrandira sa propriété de la rue Saint-Antoine en novembre 1495 puis en mars 1496.

En mars 1495, Jourdain Valton acquiert, pour 50 écus d'or, la charge de jaugeur des poids et mesures du bailliage et de la vicomté d'Évreux (act. Eure) auprès de Jean Hue, seigneur de Villiers.

Jourdain Valton, qui est alors ferron (marchand de fer) épouse l’arrière-petite-fille de Jean Hue, Catherine Aleaume. Elle est la fille de Ferry Aleaume, sieur de Sainville et de La Grange-aux-Bois et de Perrine Chartier. Par sa mère (de la famille orléanaise des Chartier), comme par son père (familles Aleaume et Hue), elle descend d’Eudes le Maire. Le mariage est situé vers 1510 ou 1512 par certains généalogistes, ce qui est compatible avec une date de naissance supposée de 1487 pour Catherine. Cependant, l’activité juridique conduite au nom des époux remonte à 1496. Il faut donc conjecturer un mariage plus ancien avec probablement quelqu’un d’apparenté, dont seraient nées deux filles en 1478 et 1487.

Eudes le Maire était au XIe siècle édile de Chalo (actuellement Chalo-Saint-Mars, Essonne), et avait obtenu du roi Philippe Ier, en contrepartie de la défense de la ville d’Étampes (act. Essonne), la mairie de Chalo en fief – ce qui explique son surnom – et l'exemption des redevances pour ses descendants, les « hoirs Chalo ». Le privilège dit « Chartier », du nom de la branche principale, fut supprimé sous Henri IV.

D’après l’historien Noël Valois, à la fin du XVe siècle, ceux qui se reconnaissaient comme étant « issus de la lignée d’Eudes le Maire », s’étaient constitués en communauté et élisaient régulièrement des « gardes de la franchise » pour veiller à l’effectivité de leurs libertés auprès des maîtres des requêtes de l’Hôtel du roi. Jourdain Valton œuvre, dès janvier 1499, à la défense des droits, qui avaient été étendus aux époux des descendantes, et obtient, jusqu’en 1515, plusieurs jugements contre tous les percepteurs d’impôts qui le poursuivent. Le dossier judiciaire mentionne les décisions favorables à son égard contre les fermiers collecteurs d’impôts de Conflans, Corbeil, Étampes, Lagny, Maisons-sur-Seine, Mantes, Melun, Meulan, Moret, Saint-Denis, Saint-Mammès et Villeneuve-le-Roi. Jourdain Valton a fait compiler un cartulaire de 441 feuillets, tout entier consacré aux privilèges fiscaux des descendants d’Eudes le Maire et aux siens propres.

L’historien et archiviste Olivier Guyotjeannin a prononcé à Madrid (Espagne) en 2013 une conférence sur Les privilèges de Chalo-Saint-Mars : une grande famille, du faux au cartulaire. Il estime que les titres dont auraient bénéficié Eudes le Maire et ses descendants sont légendaires, tout en jugeant extraordinaire la compilation faite par Jourdain Valton : « cet objet singulier montre que le cartulaire parvient toujours à plier une documentation choisie dans des cadres reçus. »

En septembre 1505, à la mort de son père, Jourdain Valton est devenu l’unique propriétaire du domaine de Polangis. Il développe ses propriétés parisiennes. L’historien de l’art, Étienne Hamon, le prend en exemple : « La noblesse parisienne traditionnelle (…) n’était plus en mesure de concurrencer la bourgeoisie marchande sur le terrain de la commande. Le constat s’impose dans le domaine civil où les constructions des grands négociants comme Jourdain Valton donnaient le ton de l’architecture domestique ». Son hôtel de la rue Saint-Antoine jouxte celui du seigneur de Montmorency.

La date de décès de Jourdain Valton n’est pas connue ; elle est ultérieure à 1515. Il avait été fait, d’après Étienne Hamon, seigneur d’Heurtebise, du nom d’un hameau de la commune de Baslieux-sous-Châtillon (Marne).

Il a eu au moins trois enfants. L’aînée, Anne, épouse Pierre Le Caron et lui apporte en dot le domaine de Polangis. Le second, Philippe, fut conseiller et auditeur des causes du Châtelet de Paris entre 1539 & 1559 ; il était seigneur de Saint-Souplex et de Fouvery. Le troisième, Charles a été avocat au parlement ; il résidait à Polangis en 1543.

Extrait du cartulaire de Jourdain Valton (1515)

 

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25 mars 2025 2 25 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Salomon Hirsch

départementales au sein du parti radical. Il est proche d’Édouard Herriot, président de la Chambre, ancien président du conseil et président du comité exécutif du parti. Il est très lié à un jeune militant, Pierre Mendès-France, ainsi qu’au dirigeant du Parti socialiste SFIO, Léon Blum, tous deux futurs chefs du gouvernement. Il est, en 1926, président des fédérations de banlieue et vice-président de la fédération de la Seine. Il soutient en mars le désistement dans des élections législatives partielles à Paris en faveur des candidats communistes, contre une partie de autres responsables radicaux.

Fin 1927, Salomon Hirsch devient président de la commission nationale Commerce et Industrie du parti radical. Il l’animera ensuite en défendant avec force les intérêts des classes moyennes. Il présentera des rapports chaque année lors des congrès radicaux, avec une compétence technique évidente, mais n’entraînant pas souvent l’enthousiasme militant. Cependant, arborant des favoris gigantesques, Hirsch est un personnage pittoresque, attirant l’attention de la presse et de congressistes.

Tout en continuant à présider la commission du commerce et de l’industrie, il entre en décembre 1930 à la commission de discipline et en 1932 à celle de politique générale.

Le quotidien royaliste Action française voient dans la présence de Salomon Hirsch à la gauche d’Édouard Herriot en juin 1932 lors d’un déjeuner au Grand-Orient de France la preuve que « Radicalisme = judéo-maçonnerie ». Un autre organe d’extrême-droite, Gringoire, remarque que, dans les congrès radicaux, « le nombre des congressistes qu'on n'écoute pas est considérable » ; il range parmi eux « Salomon Hirsch, gros homme à favoris blancs, dont un monocle allume le regard, et qui, sur un gilet crème, étale une imposante chaîne d'or. Il parle au nom des commerçants. On le surnomme tantôt le Veau d'Or, tantôt le Vieux Marcheur. »

Toujours dans la presse extrêmise, Je suis partout commente en novembre 1934 la présence de Hirsch au congrès radical de Nantes : « Salomon Hirsch est le personnage d’opérette que nous avons déjà décrit. Petit. Veston noir brodé. Une barbe taillée à la François-Joseph. Plus exactement, il a deux houppettes poudrées de blanc collées de chaque côté des joues. Il ne peut pas rire à cause de son monocle. Mais tous ceux qui aperçoivent le monocle avec le ruban noir, l’émulsion parallèle de poils neigeux de chaque côté du menton ne peuvent que difficilement réprimer l'envie de se tordre. »

La presse plus modérée, comme Paris-soir, commente en octobre 1935 une de ses interventions dans le congrès radical-socialiste : Les congressistes « eurent l'avantage d'entendre M. Salomon Hirsch, à qui revenait le soin d'ouvrir le débat sur les questions commerciales et industrielles. Spécialiste sévère de ces problèmes et rapporteur immuable de la Commission du Commerce du parti, M. Salomon Hirsch, tout en reconnaissant que les décrets-lois avaient permis au gouvernement d'équilibrer le budget, fit connaître qu'il estimait que ceux-ci n'avaient pas aidé à la reprise des affaires et réclama une plus juste répartition des impôts. Il fut bref et applaudi. »

L'Ère nouvelle, en juillet 1936, voit dans ses idées « la défense radicale des classes moyennes » au moment où la gauche est arrivée au pouvoir. Selon Salomon « c'est pure démagogie que d'affirmer aux masses, ainsi que certains osent le faire, que ces charges nouvelles ne viendront pas s’incorporer dans les prix de revient et qu'elles ne s'ajouteront pas aux prix de vente. Voici plusieurs années déjà que les industries françaises travaillent sans bénéfices et même souvent à perte : leurs bilans ne comportent donc plus aucune place permettant d'y inclure de nouvelles charges sans que les consommateurs aient à en éprouver aucun désagrément, il faut avoir le courage de le dire clairement ». Il défend ensuite le point de vue de sa commission « c’est le rôle du parti radical, parti de défense des classes moyennes, d'exiger que des mesures soient prises en faveur du moyen commerce et de la moyenne industrie. Il faut les mettre l'un et l’autre à même de ne pas disparaître et de passer de ta forme économique d’hier à celle de demain ».

On retrouve dans un organe radical, La Démocratie, en octobre 1937, un commentaire sur son attitude « Salomon Hirsch a été des premiers à mettre en garde les républicains contre les dangers de la politique sociale suivie par le cabinet Blum pour le seul profit des « masses ouvrières » à l’exclusion des autres catégories, non moins intéressantes, des travailleurs de l’artisanat, du petit commerce, de la petite industrie et de l’agriculture. »

Le mois suivant, le quotidien économique La Journée industrielle lui consacrait un article intitulé « Les jugements de Salomon » : « Depuis les temps les plus reculés, l’honorable M. Salomon Hirsch présente dans les congrès radicaux un rapport sur les questions commerciales. Il n’a point manqué à Lille à cette tradition. (…) Car si personnellement M. Hirsch ne semble pas personnellement « broyé » entre les « magnats » et le prolétariat, il a le légitime souci que les classes moyennes ne le soient pas plus que lui. C'est dans cet esprit que M. Salomon Hirsch a vivement dénoncé à Lille les conséquences déplorables pour les classes moyennes des accords Matignon. On ne saurait qu’applaudir celte observation. »

En avril 1938, Hirsch est attaqué par le député Darquier de Pellepoix, qui prononce à la Chambre un long discours antisémite. Il cède la présidence de la commission du commerce et de l’industrie en août 1938, mais en novembre, il préside toujours une séance du congrès radical. Et il intervient en février 1939 en tant que président d’honneur de la commission du commerce auprès du ministre Gentin.

Hospitalisé à la clinique de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu, rue Oudinot, Salomon Hirsch meurt le 4 février 1940 à Paris (7e arr.). Il était âgé de 74 ans et père de cinq enfants et résidait toujours à son domicile de Saint-Maur-des-Fossés. Il est enterré dans le caveau de sa belle-famille, au cimetière Montparnasse de Paris. Son fils aîné Pascal, qui se fera appeler Guy Montmartin, connaîtra une vie d’entrepreneur aux débuts difficiles en France, sera consul général d’Autriche à Paris avant de faire de nouveau des affaires entre les États-Unis, le Canada, la Suisse et la France.

Salomon Hirsch était décoré du Mérite agricole, en tant que chevalier en octobre 1892 puis officier en juin 1908. Il avait reçu les Palmes académiques comme officier d'académie en janvier 1892 et officier de l’instruction publique en juin 1904. Il portait plusieurs médailles coloniales dont l’Ordre du Sultan du Maroc, dont il était commandeur, Nichan Iftikhar (Tunisie) également en tant que commandeur et l’Ordre royal du Cambodge, au titre d’officier. Il portait des médailles de la Mutualité, de bronze en 1912, d’argent en 1920 puis d’or en 1924 ainsi que la médaille d’or d’encouragement au bien, obtenue en 1910. Il était enfin chevalier de la Légion d’honneur depuis mars 1933.

Fin

Caricature de Salomon Hirsch par Jean Eiffel, 1938

 

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23 mars 2025 7 23 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Salomon Hirsch

L’industriel Salomon Hirsch est candidat à la candidature pour l’élection au conseil général dans le canton de Saint-Maur en mai 1909 au sein du parti radical-socialiste. Il est soutenu par la fédération radicale-socialiste de Saint-Maur, mais il est devancé de huit voix par Henri Vel-Durand (conseiller municipal et futur maire de Joinville-le-Pont) lors du congrès qui réunit les militants radicaux de toute la circonscription, et se retire « en soldat discipliné du parti républicain. »

Pendant la première guerre mondiale, Salomon Hirsch, trop âgé, ne peut pas être mobilisé. Il participe à des appels en faveur des soldats démunis en février 1915 ou pour les combattants sans famille en mars 1916.

Après-guerre, tout en continuant son mandat de conseiller du commerce extérieur et son œuvre de propagande en faveur de l’Empire français, en particulier au sein de la Ligue coloniale française, Salomon Hirsch va renforcer son implication dans la vie politique, locale et nationale. Il est élu, en novembre 1919, au premier tour conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés, sur la liste du maire Auguste Marin. Ce sera d’ailleurs le seul mandat électif qu’il gagnera.

Si l’élection de 1919 se tenait dans un contexte ou l’union sacrée de la période de conflit était encore vivace, Salomon Hirsch va rapidement prendre ses distances avec le maire ainsi qu’avec un autre élu de la même liste, Émile Galtier. Ce dernier détient un hebdomadaire local, l’Union régionale et, pour disposer de sa propre tribune, Hirsch fonde en novembre 1922 la Dépêche de Saint-Maur, également hebdomadaire. Les deux hommes entrent dans une violente polémique en janvier 1923. Hirsch s’insurge : « N’ai-je pas le droit, Galtier d’être franc-maçon libre-penseur tout comme vous avez le droit— que je ne vous conteste ni ne vous envie — d'être un clérical ? Je suis franc-maçon et je m’en honore, mais je ne suis ni sectaire rouge, ni sectaire noir. Je suis respectueux des croyances de chacun, même dans ma famille. »

Plusieurs journaux locaux et nationaux font état de la campagne que la Dépêche lance sur le « scandale du gaz », dénonçant les prix fixés par le Syndicat du Gaz, ce qui lui vaut notamment la sympathie de la confédération syndicale CGT. Galtier, qui fut un ardent défenseur des abonnés du gaz, s’est rendu aux explications des compagnies qui souhaitaient le relèvement des tarifs, bloqués pendant la guerre, ce que Hirsch lui reproche. Galtier en vient aux mains avec un ami de Hirsch.

En mars 1924, Hirsch est proposé par le parti radical-socialiste pour figurer, au titre de son contingent, sur la liste de cartel des gauches dans le 4e secteur du département de la Seine, conduite par le socialiste indépendant Pierre Laval. Cependant, deux formations membres du cartel, le Parti socialiste SFIO et l'Union socialiste-communiste annoncent, dans un communiqué en avril, qu’ils « rompraient le cartel des gauches (…) si la candidature du citoyen Salomon Hirsch, conseiller municipal de Saint-Maur, investi par la Fédération radicale de l'arrondissement de Sceaux, était maintenue », lui reprochant de s’être, en 1919, allié à la droite lors des élections municipales de Saint-Maur. Le parti radical proteste, mais Hirsch se retire.

Les élections municipales de Saint-Maur, en 1925, voient Hirsch constituer à Saint-Maur une liste de cartel des gauches. Au premier tour, elle arrive en seconde position avec 24,5% derrière la liste de Marin, le maire sortant, qui a 44,7%. Les communistes suivent avec 20,9%, ainsi qu’une candidature divers-droite (7,4%). Au second tour, l'Union républicaine d’Auguste Marin remporte tous les sièges avec 53,8% des suffrages, tandis que Hirsch et ses colistiers se situent à 46,2%. Lors des élections départementales qui suivent, dans le 1er canton de Saint-Maur, Hirsch est de nouveau battu nettement par Marin, ne recueillant que 14,8% alors qu’une autre candidature radical-socialiste s’opposait aussi à lui.

À suivre

Portrait Salomon Hirsch 193

 

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