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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 00:01

Suite de la biographie de Nicolas Chéret

Les préoccupations de Nicolas Chéret sont également sociales. Il reçoit en octobre 1885 une médaille d'argent « pour actes de courage et de dévouement signalés pendant le mois d'août » 1885. La Société nationale d'encouragement au bien lui accorde en 1885 une médaille. En la lui remettant, l’architecte Louis Hugédé, président de la section de la Croix-Rouge à Joinville, parle de « Nombreux sauvetages, nombreux services dans des incendies et autres circonstances périlleuses, dévouement continu aux malades et aux pauvres, soit en s'installant au chevet des malades, soit en leur fournissant les moyens d'adoucir leur position; a adopté l'aîné de onze enfants appartenant à une famille pauvre de la localité et dont la mère venait de mourir, l'a élevé, lui a fait faire ses devoirs religieux et, depuis cinq ans, lui prodigue des soins paternels. Dans un incendie, afin d'alimenter constamment les pompes, il est resté trois heures, les pieds dans l'eau glacée de la rivière. »

Sur le plan philosophique, Nicolas Chéret s’affirme comme un libre-penseur. Il est proche des autres militants de cette école de pensée dans la commune : le futur député Jules Ferdinand Baulard, le principal responsable radical-socialiste de la circonscription, Alphonse Demeestère ou le journaliste Henry Vaudémont. Comme ce dernier et bon nombre d’élus, Chéret est également franc-maçon.

Lors des élections municipales de mai 1884, Nicolas Chéret est candidat. Le maire sortant Gabriel Pinson, républicain modéré, est réélu tandis que des radicaux-socialistes, qui avaient quitté le conseil précédent, reviennent au sein de la municipalité. Chéret est le mieux élu des 21 conseillers, avec 399 voix sur environ 500 votants. À côté d’Eugène Voisin, il devient deuxième adjoint au maire.

En mars 1887, Chéret est le porteur d’une protestation, signée par trois cents personnes, contre la délibération du Conseil municipal de Paris qui supprime sur tous les champs de courses toute espèce de paris, ce qui concerne notamment l’hippodrome de Vincennes. Appartenant à la ville de Paris, cet hippodrome est situé dans le Bois de Vincennes, sur le territoire de la commune Joinville. Il apporte une importante clientèle aux commerces de la commune. Chéret souligne que, outre l’importance économique des courses, les sociétés gestionnaires accordent une subvention pour les pauvres secourus par le bureau de bienfaisance de Joinville.

Les élections municipales de juin 1888 voient un affrontement entre le maire, Gabriel Pinson, qui présente une liste de républicains modérés, et plusieurs de ses anciens colistiers de 1884, soutenus par le comité radical-socialiste, derrière Alphonse Demeestère. Les soutiens du maire obtiennent 18 sièges, contre trois radicaux. Nicolas Chéret, élu avec Pinson, est reconduit dans son poste de deuxième adjoint au maire. Il obtient dès le premier tour 360 voix, au troisième rang, pour environ 550 votants.

La mort de Pinson entraîne son remplacement en juillet 1888 par Eugène Voisin. Chéret devient premier adjoint ; le restaurateur Honoré Jullien devient deuxième adjoint. La municipalité se rapproche des radicaux, qui lui apportent un soutien.

À l’occasion d’une élection législative partielle dans tout le département de la Seine, début 1889, Chéret est, comme le maire Voisin et le conseiller général Baulard, membre d’un groupe de Joinvillais ayant souscrit pour soutenir la candidature d’Édouard Jacques, qui est soutenu par la plupart des formations républicaines, contre le général Boulanger, candidat populiste, qui l’emporte.

Nicolas Chéret meurt le 10 février 1890 à Joinville, en cours de mandat d’adjoint au maire. Il résidait rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier) et était âgé de 63 ans. Il n’a pas eu d’enfant.

Son inhumation est l’objet d’une polémique dans la commune. Marie Henri Brégeot, alias Henry Vaudémont et qui signe alors du pseudonyme de Gringoire rend compte de la cérémonie dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes « Notre pauvre F.°. [frère] Chéret, après avoir résisté à dix-huit mois de maladie, est mort à la suite d’une administration des sacrements exécutée selon la sacrée formule. Cinq cents personnes environ lui ont fait cortège jeudi [13/02/1890]. Parmi celles-ci figuraient au moins deux cents libres-penseurs, dont la conduite, pleine de réserve et de dignité, peut être recommandée comme modèle aux adorateurs du Dieu de charité. M. [Eugène] Voisin, maire, prononça quelques paroles d’adieu sur le caveau provisoire de son premier adjoint. M. [Louis] Hugédé, hygiéniste, appela ensuite la miséricorde divine sur le pêcheur repenti que fut le défunt. Les libres-penseurs se turent. Ce n’est peut-être pas eux qui regrettent le moins sincèrement celui à qui Hugédé espère qu’il sera beaucoup pardonné. »

Fin

Joinville, Marne et île Fanac

 

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 00:01

Début de la biographie de Nicolas Chéret

Nicolas Gustave Chéret naît le 4 avril 1836 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Joséphine Gautier et de son mari Louis Auguste Alphonse Chéret, bouchers dans la commune.

Le début de l’activité professionnelle de Nicolas Chéret connaît quelques difficultés. Il a repris la boucherie familiale de Joinville, après le décès de son père en 1855. Il est condamné, en décembre 1857, à six jours de prison et 50 francs d'amende pour « mise en vente de viande corrompue. »

Une partie des propriétés familiales est expropriée, en décembre 1855, pour permettre la création de la ligne du chemin de fer de l’Est qui va relier Joinville à la gare de La bastille, à Paris.

En avril 1858, Nicolas Chéret se marie avec Sophie Euphémie Desvaux dans la commune de Batignolles (act. Paris, 17e arr.).

L’ascendance familiale de Nicolas Chéret est fortement impliquée dans la vie civique. Son grand-oncle paternel, Louis Amédée Rouette, boulanger, fut conseiller municipal de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur puis de Joinville-le-Pont – le nouveau nom de la commune – de 1818 à 1848. Son cousin Amédée Louis Rouette, boulanger puis meunier et menuisier, a été aussi conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1869-1878).

Un de ses arrière-grands-pères maternels, Pierre Nicolas Gautier, a été officier municipal de la commune de Saint-Maur en 1791. Il devint maire en 1792 et soutint, au cours de son mandat, la protestation de son conseil contre la séparation de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, qui deviendra Joinville. En 1794, alors que Saint-Maur avait été brièvement renommé Vivant-sur-Marne, Pierre Nicolas Gautier, marchand de vin, était présenté comme un ardent républicain.

Le deuxième de ses arrière-grands-pères maternels, Nicolas Gadau, fut agent national à Saint-Maur en 1794, c’est-à-dire en charge de la surveillance politique de la vie locale au sein de l’assemblée cantonale qui remplace la municipalité communale.

Son grand-père maternel, Nicolas Pierre Gautier, voiturier puis marchand de vin, fut adjoint au maire de Saint-Maur sous le régime de la monarchie de Juillet, en 1832 ; il conserva la fonction sous la seconde République puis au début du second Empire, jusqu’en 1854.

Quant à son père, Alphonse Chéret, il avait été élu, en juin 1840, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, au suffrage censitaire.

Dans la continuité de ses ancêtres, Nicolas Chéret va s’engager dans une activité politique. Alors que la commune est occupée par des troupes allemandes, wurtembergeoises et bavaroises, suite à la défaite après la guerre de 1870-1871, il est élu conseiller municipal en juillet 1871. Le maire est le conservateur Auguste Courtin. Le village, qui avait été évacué pendant le siège de Paris, est également marqué par les bombardements qu’il a subis et la destruction du pont de Joinville, principal axe de la commune.

Au cours du scrutin suivant, en novembre 1874, Chéret est réélu. Courtin cède, en cours de mandat, la place de maire à son premier adjoint, Louis Ferdinand Rousseau, chef d’institution (directeur d’école) et lui aussi conservateur, de tendance bonapartiste.

Les élections municipales de janvier 1878 voient la défaite des candidats bonapartistes, parmi lesquels figurait le maire sortant, face aux républicains qui élisent Gabriel Pinson, également issu d’une longue tradition politique familiale. Si le quotidien Le Siècle donne Chéret parmi les élus républicains, il semble que ce soit une erreur, les archives départementales ne le citant pas au sein des 21 membres du conseil qui sont identifiés.

À suivre

Combats des zouaves français à Joinville en 1870

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 00:01

Louis Auguste Alphonse Chéret naît le 19 mai 1811 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Madeleine Gertrude Rouette et de son mari Jacques Chéret, bouchers.

Devenu également boucher, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, Alphonse Chéret épouse en février 1834, dans la ville adjacente de Saint-Maur-des-Fossés, Marie Louise Joséphine Gautier, fille d’un marchand de bois.

Son entourage familial est impliqué dans la vie civique. Son oncle maternel, Louis Amédée Rouette, boulanger, est conseiller municipal de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur puis de Joinville-le-Pont – le nouveau nom de la commune – de 1818 à 1848. Son cousin Amédée Louis Rouette, boulanger puis meunier et menuisier, sera aussi conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1869-1878).

Dans sa belle-famille, le grand-père paternel de Marie Louise Chéret, Pierre Nicolas Gautier, est officier municipal de la commune de Saint-Maur en 1791. Il devient maire en 1792 et soutient, au cours de son mandat, la protestation de son conseil contre la séparation de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, qui deviendra Joinville. En 1794, alors que Saint-Maur est brièvement renommé Vivant-sur-Marne, Pierre Nicolas Gautier, marchand de vin, est présenté comme un ardent républicain.

Quant au grand-père maternel de Marie Louise Chéret, Nicolas Gadau, il est agent national à Saint-Maur en 1794, c’est-à-dire en charge de la surveillance politique de la vie locale au sein de l’assemblée cantonale qui remplace la municipalité.

Enfin, le père de Marie Louise Chéret, Nicolas Pierre Gautier, voiturier puis marchand de vin, est adjoint au maire de Saint-Maur sous le régime de la monarchie de Juillet, en 1832 ; il conserve la fonction sous la seconde République puis au début du second Empire, jusqu’en 1854.

Alphonse Chéret lui-même est élu, en juin 1840, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, au suffrage censitaire. Il obtient 26 voix, pour 43 votants sur 64 inscrits (un dixième des habitants de la commune). Le maire est alors Laurent Nicolas Pinson. Élu en même temps que Chéret, le grammairien Charles Pierre Chapsal, plus grosse fortune de Joinville, obtiendra, trois ans plus tard, le départ du maire et prendra sa place. L’oncle de Chéret, Louis Amédée Rouette, siège au conseil en même temps que Chéret.

Alphonse Chéret meurt le 5 janvier 1855 à Joinville. Il était âgé de 43 ans et était déjà père de sept enfants. Le huitième, une fille posthume, naît plus de huit mois et demi après son décès, le 20 septembre 1855 à Joinville.

L’aîné de ses fils, Nicolas Chéret, également boucher, sera conseiller municipal (1871-1878) puis adjoint au maire de Joinville-le-Pont (1884-1890).

Joinville en 1859

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 00:01

Georges Félix Aumont naît le 29 juillet 1826 à La Forêt-du-Parc (Eure). Il est le fils de Marie Barbe Bouffay et de son époux, Jean François Aumont, tisserand.

Pendant qu’il effectue son service militaire en tant que canonnier au 5e régiment d’artillerie, en garnison en Alsace, Georges Félix Aumont se marie en août 1851 à Strasbourg avec Élisa Joséphine Denninger, fille d’un ancien militaire.

Devenu dentiste, Aumont exerce à partir de 1862 sur le quai Saint-Michel à Paris (5e arr.).

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Aumont s’engage dans la garde nationale à cheval, constituée pendant le siège de Paris. Il intègre le troisième escadron, commandé par le capitaine Agnan Demonts.

Après le conflit et l’insurrection de la Commune de Paris, Aumont reprend son activité comme chirurgien-dentiste et la poursuit jusqu’en 1878.

C’est très probablement lui qui s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, en cours de développement. Profitant de la croissance de l’activité touristique sur les bords de Marne, Aumont exploite un café-restaurant, avec un bal, rue de Brétigny. Ces établissements sont nombreux à Joinville, attirant une clientèle importante les dimanches.

Lors des élections municipales de janvier 1881, Aumont est élu conseiller municipal de Joinville. Les sources donnent son nom sous la forme « G. Aumont ». Le maire, Gabriel Pinson, est un républicain modéré, les élus les plus radicaux ayant été battus lors du scrutin. Il n’est pas réélu en 1884.

Le bal tenu par Aumont fait faillite en septembre 1885. La procédure se terminera par un concordat, signé en octobre 1886. Aumont redevient chirurgien-dentiste, en s’installant à Fontainebleau (Seine-et-Marne), rue de la Paroisse.

Georges Félix Aumont meurt le 11 janvier 1890 à Fontainebleau, un an après le décès de son épouse. Il était âgé de 63 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants.

Joinville, 1880

 

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 00:01

Amédée Louis Rouette naît le 24 septembre 1813 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Louise Desterne et Louis Amédée Rouette, boulangers.

Son grand-père, Pierre Louis Rouette, boulanger également, est alors membre du conseil municipal de Nogent-sur-Marne. Son père deviendra aussi conseiller municipal à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et le restera quand la commune sera rebaptisée, en 1831, Joinville-le-Pont.

Ayant épousé Élisa Dautier, Amédée Louis Rouette exerce aussi le métier de boulanger. Il est cependant également meunier, attributaire en décembre 1850 d’un marché de fourniture de mille quintaux de froment pour l’armée. Installé à Maisons-Alfort, commune voisine de Joinville, il y est aussi répertorié en tant que menuisier à partir de 1854, tout en poursuivant le commerce de grains. Il réside à Joinville, dans le Centre, rue de Paris.

Comme plusieurs dizaines de résidents de Joinville, Rouette participe à l’effort de guerre en Crimée par des dons à l'armée d'Orient en 1856. Il contribue aussi à l’aide en faveur des inondés en novembre 1866

Poursuivant la tradition familiale, Amédée Louis Rouette est désigné comme conseiller municipal à la fin du régime du Second Empire, en janvier 1869 avec le conservateur Auguste Courtin comme maire. Il est élu à la même fonction après la proclamation de la Troisième République en septembre 1870, Courtin étant toujours en fonction.

La commune est touchée par de nombreux bombardements lors des combats du siège de Paris. La majorité de la population, et l’équipe municipale, se réfugient à Paris. Une mairie provisoire s’installe d’abord dans le quartier de Montparnasse puis boulevard Voltaire. Le pont sur la Marne, principal axe de la ville, est détruit en décembre 1870. Après la défaite, la population revient à Joinville où s’installent des garnisons allemandes qui occupent le terrain jusqu’en automne 1871.

Lors du scrutin de juillet 1871, le conseil municipal est largement reconduit, Auguste Courtin étant toujours maire et Rouette conseiller. Ils sont de nouveau réélus en novembre 1874. Louis Ferdinand Rousseau, le premier adjoint, également de tendance conservatrice et bonapartiste, remplace Courtin, qui quitte la commune, en septembre 1876. Mais la liste que conduit Rousseau lors des élections municipales de janvier 1878 est battue par les républicains conduits par Gabriel Pinson. Rouette ne siège plus au conseil.

Amédée Louis Rouette meurt le 10 juin 1891 à Joinville. il était âgé de 77 ans et avait eu deux enfants.

Sa veuve, Élisa Rouette, sera membre de la section de Joinville l'œuvre de l'allaitement maternel, principale association humanitaire dans la commune, en 1902-1904.

Le pont de Joinville, 1871

 

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 00:01

Louis Amédée Rouette naît le 25 mai 1785 à Bry-sur-Marne (act. Val-de-Marne). Il est le fils aîné de Madeleine Honorine Poitevin et de Pierre Louis Rouette, boulangers dans la commune voisine de Nogent-sur-Marne, qui eurent 9 enfants.

Comme son père et son grand-père, Louis Amédée Rouette devint également boulanger. À la fin de la Révolution française, Pierre Louis Rouette (1762-1835) était un notable, membre du conseiller municipal de Nogent en l’an 9 (1801).

Ayant épouse Marie Louise Desterne, Louis Amédée Rouette s’installe à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) où il réside en 1813. Ils auront cinq enfants.

Sous le régime de la Restauration, Louis Amédée Rouette s’implique dans la vie du village. En juin 1818, il est désigné comme membre du conseil municipal en remplacement de René Neveu, nommé adjoint. Le maire est Jean Joseph Robin, propriétaire, qui succède à Jean Baptiste Louis Besançon, démissionnaire. Le pont sur la Marne, qui constitue la principale source d’activité de la commune avec son port, avait été détruit lors des combats de mars 1814 entre les troupes napoléoniennes et les régiments autrichiens, wurtembourgeois et cosaques ; il vient d’être remis en service en 1818.

Alors que le maire est désormais, depuis septembre 1821, Claude Pierre Jacmart, Louis Amédée Rouette est de nouveau désigné en septembre 1828 parmi les dix conseillers municipaux de la commune. Au cours de ce mandat, le changement de nom de la commune se prépare. Il aboutit, après la reconduction de Rouette en septembre 1831, avec le nouveau maire, Laurent Nicolas Pinson. Pour se différencier de sa voisine, Saint-Maur-des-Fossés, dont elle a fait scission en 1790, elle prend le nom de Joinville-le-Pont, par révérence au fils du roi Louis-Philippe, le prince de Joinville.

Avec un corps électoral censitaire, Louis Amédée Rouette est élu conseiller municipal en mai 1837 au premier tour, avec 27 voix pour 46 votants sur 61 inscrits. Laurent Nicolas Pinson est toujours maire.

Réélu en février 1843 avec 39 voix, également pour 61 inscrits, Louis Amédée Rouette se présente désormais comme rentier. En juillet 1843, après la démission de Laurent Nicolas Pinson, le grammairien Charles Pierre Chapsal prend sa place. Rouette siège jusqu’à la suppression du suffrage censitaire en 1848 par le nouveau régime de la Deuxième République.

Louis Amédée Rouette meurt le 4 février 1856 à Joinville. Il était âgé de 70 ans. Son fils aîné, Amédée Louis Rouette, sera également conseiller municipal de Joinville-le-Pont de 1869 à 1878.

Joinville, 1859

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 00:01

Louis Adolphe Gobin naît le 11 mai 1828 à Sézanne (Marne). Il est le fils de Marie Thérèse Paysant et de son mari François Henry Gobin, voiturier.

En juin 1854 à Paris (5e arr.), Louis Adolphe Gobin épouse Maria Rosalie Méaux. Il était alors employé puis fonde, en novembre de la même année la société Gobin, Méaux et compagnie, basée rue Saint-Denis à Paris (2e arr.), dont les associés sont sa sœur Joséphine, son beau-frère et son épouse. En février 1855, le commerce est rebaptisé Gobin et compagnie. Il est spécialisé dans la fabrication et la vente d’apprêts et feuillages pour fleurs. L’activité de la boutique se poursuit dans la même rue jusqu’en 1888, date où elle est cédée à E. Andrieu.

C’est sans doute après la guerre franco-prussienne de 1870-1871 que la famille Gobin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est recensée, à partir de 1891, dans la quartier de Palissy, chemin de Brétigny (act. av. du Président-Wilson). Elle héberge un domestique à son domicile.

En janvier 1878, lors des élections municipales de Joinville, Louis Gobin est élu en même temps que Gabriel Pinson, républicain modéré. Le maire sortant, bonapartiste, Louis Ferdinand Rousseau, est battu, et sur les 17 élus du premier tour, pour 21 conseillers municipaux, on compte seize républicains et un orléaniste.

Le 27 septembre 1879, Louis Gobin est signataire d’une motion du conseil municipal dans laquelle une majorité des élus « blâment sévèrement le citoyen [Alphonse] Demeestère », principale figure de la tendance radicale-socialiste, qui avait lancé une souscription en faveur d’un ancien officier de l’insurrection de la Commune de Paris (mars-mai 1871), Adolphe Morandy.

Lors du scrutin suivant, en janvier 1881, les radicaux sont écartés, tandis que Louis Gobin figure parmi les sortants réélus, Gabriel Pinson étant reconduit au poste de maire. À l’automne 1882, Gobin est désigné pour siéger dans la commission municipale scolaire, constituée pour mettre en l’instruction obligatoire, laïque et gratuite instaurée l’année précédente.

Les élections municipales de mai 1884 voient la reconduction de l’équipe sortante, avec le retour de plusieurs radicaux, dont Demeestère. Gobin est crédité de 386 voix pour environ 500 suffrages exprimés dès le premier tour. Il est désigné, en juillet 1885 comme délégué sénatorial avec le soutien des radicaux.

Une nouvelle rupture entre Pinson et le comité radical-socialiste se produit pour les élections municipales de mai 1888. La liste du maire obtient 18 sièges, tandis que celle de Demeestère en a trois. Gobin est réélu dès le 1er tour avec 339 voix pour environ 540 suffrages exprimés. Le décès du maire et son remplacement, en juillet 1888 par son adjoint, Eugène Voisin, va provoquer le rassemblement des deux tendances, les radicaux prenant un poids de plus en plus important. Peut-être Gobin fait-il partie des cinq élus remplacés au cours d’un scrutin partiel en mars 1890. Il n‘est en tout cas pas élu en mai 1892.

Parallèlement à son activité politique, Louis Gobin est également vice-président de la société des sapeurs-pompiers de Joinville, principale structure mutualiste de la commune.

Louis Adolphe Gobin meurt le 18 octobre 1915 à Joinville. Il était âgé de 86 ans et père d’un fils. Il avait été décoré de la médaille de bronze de la mutualité en 1892 pour son engagement au sein de la société des sapeurs-pompiers.

Joinville, 1885

 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:01

Raoul Moïse Amar naît le 25 septembre 1892 à Alger. Il est le fils de Rosalie Luna Lebahar et de son mari Joseph Amar, commerçant, qui vivent boulevard de la République dans le quartier de Mustapha.

Après leur divorce en 1896, tandis que Joseph Amar se remarie à Alger, Rosalie Luna Lebahar-Amar est installée en 1912 à Paris (12e arr.). Raoul Amar exerce la profession de comptable et vit rue Saint-Denis (2e arr.).

Le service militaire de Raoul Amar débute dans l’infanterie en octobre 1913. Il est nommé caporal en avril 1914. Il reste mobilisé lors de l’entrée en guerre en août 1914. Il participe à des combats en Belgique et est fait prisonnier le 20 août 1914 à Neufchâteau (Belgique province de Luxembourg). Il est détenu à Langensalza, en Thuringe. Il est rapatrié en janvier 1919 et affecté au 102e régiment d’infanterie. Il sera dispensé de service militaire en 1930, suite à la perte d’un doigt.

Devenu employé de bureau, fréquentant la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.), Raoul Amar épouse en mai 1920 à Paris (12e arr.) Berthe Kapoustiansky, originaire de Nicolaiev (Russie, act. Ukraine). Ils s’installent à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), avenue Gambetta.

Raoul Amar est ensuite manœuvre spécialisé dans l’industrie mécanique. La famille déménage rue de Lorraine, encore à Courbevoie puis rue Sadi-Carnot à Nanterre.  Probablement après la perte de son doigt majeur, Amar s’établit en 1933 comme épicier, avenue Bizet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son épouse Berthe, Raoul Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Raoul Amar meurt le 26 avril 1969. Il est inhumé à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

Pont de Joinville, 1936

 

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 00:01

Berthe Kapoustiansky naît le 6 décembre 1901 à Nicolaiev ou Nicolaeff (Николаев, Russie, act. Mykolaïv Миколаїв, Ukraine). Elle est la fille de Roucla Kapoustiansky et de son mari Samuel Kapoustiansky.

La famille arrive en France vers 1904. Pendant la première guerre mondiale, Berthe Kapoustiansky et ses quatre frère et sœurs (plus jeunes) participent, en mars 1916, à une souscription de la Société de secours aux juifs victimes de la guerre en Russie dont le baron Edouard de Rothschild est le premier donateur.

En 1920, la famille Kapoustiansky vit à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), quai National, où le père est forgeron. Berthe épouse en mai de cette année Raoul Amar, employé de bureau.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son époux Raoul, Berthe Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Berthe Amar meurt le 13 septembre 1999 à Baugé (Maine-et-Loire). Elle était âgée de 98 ans et est inhumée à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

La famille Pikovsky, dessin d’après photo prise lors de leur réception par la famille Amar à Joinville, été 1943

Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, éd. Des Ronds dans l'O, 2020)

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 00:01

Claude Lucien Valentin Truchot naît le 3 février 1833 à Asquins (Yonne). Il est le fils de Michelle Mathurine Ramponneau et de son époux, Edme Jean Truchot, meunier.

En 1859, il est employé comme commis à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Gravelle. Il épouse en novembre de cette année Louise Clotilde Eugénie Benoit. La partie de Saint-Maurice composant le quartier du Canal est rattachée, en 1868 à Joinville-le-Pont et la famille Truchot vit désormais dans cette commune.

En mai 1888, Lucien Truchot est candidat pour les élections municipales sur la liste conduite par le maire sortant, républicain modéré, Gaston Pinson. Elle fait face à une liste soutenue par le comité radical-socialiste, comprenant quatre conseillers sortants. Les partisans de Pinson emportent 22 des 25 sièges à pourvoir, les radicaux ayant les trois autres. Truchot est élu dès le premier tour, avec 283 voix. Pinson, réélu, meurt deux mois plus tard et est remplacé par Eugène Voisin, qui se rapproche des radicaux.

Au sein du conseil municipal, Truchot joue un rôle politique, étant notamment élu délégué sénatorial en avril 1891. Il siège à la commission des fêtes. En octobre 1891, à l’initiative des radicaux, une séance publique de compte rendu de mandat. Truchot y participe, comme la plupart des élus, sauf deux personnalités conservatrices.

Sur le plan professionnel, Truchot est devenu épicier, de nouveau rue du Canal, qui se trouve désormais à Joinville-le-Pont. Il écope, en décembre 1890, d’une légère amende de 5;50 francs pour « falsification de vin et mise en vente de vin falsifié », une pratique courante en Île-de-France selon l’expert en la matière Louis Rey.

Lors des élections municipales de mai 1892, le maire sortant, Eugène Voisin, est allié avec les radicaux-socialistes. Par contre, les éléments les plus conservateurs ont constitué une liste autour d’un sortant, Albert Bocquentin et du Dr Jean Barborin. La liste Voisin obtient 22 des 23 sièges à pourvoir, avec 56,4% des votes et le maire est réélu. Truchot, qui figurait sur sa liste, est élu dès le premier tour avec 369 voix pour 639 suffrages exprimés (57,7%) et 644 votants. Il siège dans de nombreuses commissions municipales : caisse des écoles, finances, chauffage, octroi ainsi que délimitation du territoire communal avec les communes voisines. Dans le cadre de ce dernier mandat, il est cosignataire de l’accord qui modifie quelque peu le partage des marges du Bois de Vincennes entre Nogent-sur-Marne et Joinville en août 1892.

À côté de son activité commerçante, Truchot est également propriétaire d’un pavillon rue Fazilleau à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine), qu’il a mis en location. En août 1892, les sept personnes qui dînaient, tombent d’un coup dans la cave, le plancher s’étant effondré. Les blessures sont légères et Truchot fait faire les réparations nécessaires.

Pour le scrutin de mai 1896, Truchot se retrouve de nouveau sur la liste Eugène Voisin qui, toujours avec le soutien des radicaux, est élu cette fois sans opposition. En mai 1899, Lucien Truchot participe, dans le journal L'Aurore, à une souscription lancée par la Ligue des droits de l’Homme pour « Propager la vérité » dans le cadre de l’affaire Dreyfus.

Le renouvellement du conseil municipal en mai 1900 voit la liste Eugène Voisin emporter de nouveau tous les sièges, face à une liste socialiste-révolutionnaire. Truchot n’est pas réélu. Par contre, il concourt en mai 1904, mais cette fois derrière un candidat nationaliste, Alexandre Dalbavie. Au premier tour, Truchot obtient 342 voix pour 1 119 votants (30,6%) et 1 363 inscrits. La liste de droite obtient un siège, les socialistes-révolutionnaires n’en ont aucun, et les radicaux, avec Eugène Voisin gardent 22 des 23 conseillers municipaux. Truchot n’est pas élu.

En 1901, Truchot loge dans son domicile sa sœur, sa fille cadette et les deux enfants de cette dernière. Il continue d’exploiter son épicerie.

Lucien Truchot meurt le 4 novembre 1906 à Joinville. Il était âgé de 73 ans et père de trois enfants.

Rue du Canal à Joinville

Rue du Canal à Joinville

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