Claude Auguste Bossus naît le 23 mai 1851 à Jussey (Haute-Saône). Il est le fils de Françoise Roussey et de son époux Claude Bossus. Ce dernier est, en 1857, facteur rural des postes dans la commune voisine de Noroy-le-Bourg ; la même année, en novembre, la mère de Claude Auguste meurt, alors qu’il a 6 ans.
Il est recensé avec la classe 1871 au titre de ses obligations militaires, mais non tiré au sort pour effectuer le service. Il est cependant possible qu’il se soit engagé dans une unité militaire ou un corps-franc ; Bossus est membre, jusqu’à son décès, de la Société nationale de retraites Les vétérans des armées de terre et de mer dans sa commune de résidence.
Claude Bossus fils vit en 1887 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est chaudronnier. Il réside route de la Brie (act. avenue Gallieni) dans le quartier de Palissy, créé une dizaine d’années plus tôt sur la rive gauche de la Marne. Il épouse dans cette ville en juillet 1887 Augustine Gougenot, employée de commerce, également native de Jussey. À partir de 1889, ils exploitent l’épicerie – débit de vin située à l’heure adresse, reprise sans doute de Jean Troupel, un des témoins de leur mariage.
Lors de cette même année 1889, Claude Bossus participe à l’organisation d’un banquet qui aura lieu en janvier 1890. Il se tient en l’honneur de Jules Ferdinand Baulard (1827-1910), ancien ouvrier devenu chef d’entreprise de bombage de verre, militant républicain pendant la révolution de 1848 et lors de la Commune de Paris, ancien conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1884-1888) et conseiller général de la Seine (1886-1890). Baulard venait d’être élu député en 1889 et siégeait à l’extrême-gauche de l’Assemblée nationale, dans les rangs radicaux ; il était libre-penseur et franc-maçon.
L’initiative du banquet revient à Marie Henri Brégeot, dit Henry Vaudémont, dit Gringoire (1855-1896), journaliste et éditeur de journaux, écrivain, conférencier économique et scientifique, également libre-penseur et franc-maçon ; il est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire radical Voix des communes. Deux autres commerçants de même tendance participent à la préparation : Alphonse Demeestère (1816-1894), hôtelier-restaurateur, républicain en 1848, conseiller municipal et dirigeant du comité radical-socialiste d’arrondissement, libre-penseur ainsi que Gustave Gobert (1858-1924), marchand de vin et restaurateur.
Suite au décès d’un adjoint au maire de Joinville-le-Pont, Nicolas Chéret, des élections municipales partielles sont organisées en mars 1890 pour pourvoir cinq postes vacants ; Henry Vaudémont constitue une liste radicale-socialiste, sur laquelle figure Bossus. Elle obtient trois des sièges, mais ce dernier n’est pas élu.
Claude Bossus s’implique de nouveau dans les festivités marquant l’élection d’un conseiller général radical-socialiste en mai 180 puis après la réélection de Baulard en tant que député en septembre 1893.
En tant que commerçant, Claude Bossus prend également part aux fêtes de son quartier. Il est ainsi secrétaire de la Commission de la fête des Villas Palissy, en juin 1891 puis trésorier en août 1893. Il se charge de l’organisation des fêtes de l’été 1900, au nom du comité, qui s’élargit au nouveau quartier de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne,
En 1892, à l’occasion du 22 septembre (centenaire de la République), l’hebdomadaire radical Voix des communes remarque que « La fête a été célébrée assez mollement par le vieux Joinville mais beaucoup plus allègrement par Palissy et Polangis. Les maisons Bossus, Hype, Provost, Maroufin illuminaient la route. »
Le Tribunal correctionnel de la Seine, en mai 1895, condamne Claude Bossus à une amende de 200 francs « pour infraction à la loi sur la vente des beurres. »
Le couple a eu trois enfants, dont les deux filles sont mortes très jeunes. Au décès d’Augustine Bossus, en mars 1903, leur fils a 12 ans.
En octobre 1904, Claude Bossus fut victime d’un vol domestique que le quotidien socialiste L’Humanité (09/10/1904) raconte sous le titre « Une petite bonne qui s'amuse » : « Célestine Bourdinet, bonne chez M. Bossu, habitant route de Bry, trouvait que la vie était monotone. Aussi rêvait-elle de se payer un jour une vraie noce. Malheureusement, l'argent lui manquait. Ayant découvert que son patron possédait une somme de onze cents francs, elle s'en emparait avant-hier et prenait la fuite. Son premier soin fut d'acheter une magnifique couronne de 30 francs, qu'elle porta sur la tombe de son fiancé, décédé l'an dernier puis, pour une somme de 35 francs, elle loua une voiture pour la journée. Avec le véhicule, elle vint à Paris, y fit un souper fin, s'offrit le théâtre, puis songea à rentrer à Joinville mais, au moment de partir, elle décida de rapporter quelque chose à une de ses amies malade et dans un état de dénuement complet. Aussi pensa-t-elle qu'un gigot serait le bien reçu, et elle réveilla un boucher qui, tout en maugréant, lui fournit une pièce de choix. Très gaie, elle reprit sa voiture et, en arrivant à destination, sortait un louis de sa poche pour l'offrir comme pourboire du cocher, quand elle fut cueillie par les agents de M. Rogeaux [commissaire de police], que le patron de la petite bonne avait prévenu. Au commissariat, Célestine Bourdinet ne fit aucune difficulté pour reconnaître son vol, et donna avec beaucoup de gaieté les détails les plus complets sur la noce qu'elle avait faite. M. Rogeaux a envoyé la petite bonne au Dépôt. »
La bonne des Bossus s’appelait Marie Charon en 1901. Il n’est pas possible d’identifier une Célestine Bourdinet. Peut-être s’agit-il de Célestine Bourdenet, née vers 1884 dans le Doubs.
Claude Bossus meurt le 29 avril 1907 Joinville à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 55 ans et toujours marchand de vin, son établissement se situant probablement à l’emplacement de l’actuel café Le Mocca.
Son fils Émile Bossus (1890-1980), enseignant dans une école privée de Joinville puis comptable dans une entreprise d’assurance, est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Sergent en septembre 1915, rétrogradé caporal en octobre 1916, il est cassé de son grade en septembre 1917 pour « avoir manqué au travail pendant la journée ». La famille vit toujours à Joinville en 1971.
La route de Brie (act. avenue Gallieni) à Joinville-le-Pont, début du 20e siècle
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