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21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

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18 juin 2026 4 18 /06 /juin /2026 00:01

François Antoine Cabis naît le 26 février 1808 à Ribeauvillé (Haut Rhin). Il est le fils de Catherine Krauss et de son époux, également nommé François Antoine Cabis, garde forestier. La famille, dont le nom est fréquemment orthographié Kavis, vit dans les villages voisins de Fortschwihr en 1809 puis de Kaysersberg en 1816. Le père meurt en décembre 1821 dans ce lieu, lorsqu’il a 13 ans et que la mère élève 8 enfants.

Engagé dans l’armée, vers 1827, il sert comme grenadier pendant cinq ans au sein du 52e régiment d'infanterie de Ligne. Il fait notamment la campagne des Dix-Jours (août 1831), pendant la belgo-néerlandaise. Le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier avait envahi la Belgique pour reconquérir les huit provinces qui avaient fait sécession le 4 octobre 1830. Avec l'armée expéditionnaire française, les forces belges repoussent l'assaut néerlandais.

Blessé à la jambe gauche pendant les combats, François Antoine Cabis réside en 1833 à Saint-Dié, sur le versant lorrain des Vosges. Pour son comportement pendant sa période sous les drapeaux, il est décoré de l’ordre belge de Léopold en mars 1833, parmi un groupe de 304 militaires français sont décorés pour leur comportement durant le siège d'Anvers. Il est ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre la même année.

François Antoine Cabis épouse en août 1834 à Ribeauvillé Marie Lochmannn (ou Lockmann), fille d’un autre grenadier, Jean Jacques Lochmannn (1778-1840), également chevalier de la Légion d’honneur. La famille est importante, puisque 11 enfants nés vivants sont répertoriés entre 1835 et 1852. Ils vivent dans le Haut-Rhin, à Hunawihr, Zellenberg, Sundhoffen et Réguisheim. Dans cette dernière ville, il obtient le bénéfice d’un débit de tabac.

Après l’annexion de la majeure partie de l’Alsace en 1871, la famille s’installe à Saint-Dié-des-Vosges, dans le quartier de Foucharupt. N’ayant pas de ressources personnelles et disposant d’une retraite limitée de 300 francs, il obtient des secours de la chancellerie.

En mars 1872, il s’installe à Lezay (Deux-Sèvres) avec son fils cadet, Xavier Ernest, où il reprend également un bureau de tabac. Il transfère la gestion de l’établissement à son fils peu après. Les époux Cabis optent en juillet 1872 à Lezay pour la nationalité française, refusant de devenir citoyens de l’empire allemand.

Début 1884, quittant les Deux-Sèvres, Marie et Antoine Cabis rejoignent Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit un autre de leurs fils, Eugène, sous-officier de gendarmerie. Ils vivent dans la caserne, rue de Paris.

Marie Cabis y décède en juin 1884. François Antoine Cabis meurt également à Joinville-le-Pont le 12 février 1885, à l’âge de 76 ans.

Son fils aîné, prénommé aussi François Antoine selon la tradition familiale, avait servi pendant 21 ans dans l’armée, notamment comme tambour-major, et était, comme lui, chevalier de la Légion d’honneur.

Un autre de ses fils, Eugène, chez lequel il vivait à Joinville, connaîtra un parcours moins glorieux. Il fit l’objet, en 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction, ce qu’il fit. Une partie du Bois de Vincennes, lieu du meurtre, fut dénommée « Bois Cabis » ; elle est aujourd’hui lotie et correspond à un espace situé à Joinville-le-Pont, autour des rues de la Paix et Aristide Briand, bordé par l’avenue Jean-Jaurès et la rue Chapsal.

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre

L’ancien Bois Cabis à Joinville-le-Pont

 

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