Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 18:15

Jourdain Valton est le fils de Catherine Leboille (ou Le Boille) et de Jean Valton, dont elle est la première épouse. Sa date de naissance n’est pas connue ; plusieurs généalogistes la situent vers 1490, ce qui n’est pas possible, sa mère étant décédée probablement à la fin des années 1460 et son père remarié en 1472. Il est probable qu’il est venu au monde aux alentours de 1460.

La famille vit à Paris, le père, Jean Valton, étant praticien en cour d’église (1474) c’est-à-dire juriste devant un tribunal ecclésiastique, notaire (1490) puis également audiencier de l'officialité (tribunal ecclésiastique) de Paris en 1505, date de son décès. La famille est domiciliée rue Saint-Antoine, près de l’ancienne église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.

Le premier acte conservé mentionnant Jourdain Valton est l’acquisition, conjointement avec son père, en août 1482, de l’hôtel ou manoir de Poulangis. Le domaine, qui fait 78 hectares, comprend également une ferme. Il se situe dans le quartier actuel de Polangis, principalement dans la commune de Joinville-le-Pont, et partiellement à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). L’achat se fait auprès des religieux, abbé et couvent de Saint-Maur-des-Fossés et comprend « une masure, cour, jardin et pourpris [enclos] », « tous clos tout autour de murailles », avec plusieurs pièces de terres et prés. Les acquéreurs s’engagent à payer 16 sols parisis de cens et 13 livres 12 sols parisis de rente à l’abbaye.

En mars 1493, Jourdain Valton prend possession de deux maisons à Paris, l'une rue Saint-Antoine, au coin de la rue Saint-Paul, à l'Image Notre-Dame, l'autre rue Saint-Paul, à l'enseigne de la Souche. Elles viennent de la succession d'Hémon Lebarbier (ou Le Barbier), son neveu, fils de sa sœur aînée Marguerite Valton. Les vendeurs sont ses frères Paul Valton, maître ès arts et licencié en décret (droit), et François Valton, qui était l’année précédente sergent et garde du buisson de croix de la forêt de Crécy-en-Brie (act. Crécy-la-Chapelle, Seine-et-Marne). Jourdain et ses deux frères sont qualifiés de bourgeois de Paris. La transaction se fait au prix de 60 livres tournois pour chaque maison. Jourdain rachète, le même jour, pour 36 livres tournois, la rente de 48 sous parisis, que percevait son père pour les deux maisons. Il agrandira sa propriété de la rue Saint-Antoine en novembre 1495 puis en mars 1496.

En mars 1495, Jourdain Valton acquiert, pour 50 écus d'or, la charge de jaugeur des poids et mesures du bailliage et de la vicomté d'Évreux (act. Eure) auprès de Jean Hue, seigneur de Villiers.

Jourdain Valton, qui est alors ferron (marchand de fer) épouse l’arrière-petite-fille de Jean Hue, Catherine Aleaume. Elle est la fille de Ferry Aleaume, sieur de Sainville et de La Grange-aux-Bois et de Perrine Chartier. Par sa mère (de la famille orléanaise des Chartier), comme par son père (familles Aleaume et Hue), elle descend d’Eudes le Maire. Le mariage est situé vers 1510 ou 1512 par certains généalogistes, ce qui est compatible avec une date de naissance supposée de 1487 pour Catherine. Cependant, l’activité juridique conduite au nom des époux remonte à 1496. Il faut donc conjecturer un mariage plus ancien avec probablement quelqu’un d’apparenté, dont seraient nées deux filles en 1478 et 1487.

Eudes le Maire était au XIe siècle édile de Chalo (actuellement Chalo-Saint-Mars, Essonne), et avait obtenu du roi Philippe Ier, en contrepartie de la défense de la ville d’Étampes (act. Essonne), la mairie de Chalo en fief – ce qui explique son surnom – et l'exemption des redevances pour ses descendants, les « hoirs Chalo ». Le privilège dit « Chartier », du nom de la branche principale, fut supprimé sous Henri IV.

D’après l’historien Noël Valois, à la fin du XVe siècle, ceux qui se reconnaissaient comme étant « issus de la lignée d’Eudes le Maire », s’étaient constitués en communauté et élisaient régulièrement des « gardes de la franchise » pour veiller à l’effectivité de leurs libertés auprès des maîtres des requêtes de l’Hôtel du roi. Jourdain Valton œuvre, dès janvier 1499, à la défense des droits, qui avaient été étendus aux époux des descendantes, et obtient, jusqu’en 1515, plusieurs jugements contre tous les percepteurs d’impôts qui le poursuivent. Le dossier judiciaire mentionne les décisions favorables à son égard contre les fermiers collecteurs d’impôts de Conflans, Corbeil, Étampes, Lagny, Maisons-sur-Seine, Mantes, Melun, Meulan, Moret, Saint-Denis, Saint-Mammès et Villeneuve-le-Roi. Jourdain Valton a fait compiler un cartulaire de 441 feuillets, tout entier consacré aux privilèges fiscaux des descendants d’Eudes le Maire et aux siens propres.

L’historien et archiviste Olivier Guyotjeannin a prononcé à Madrid (Espagne) en 2013 une conférence sur Les privilèges de Chalo-Saint-Mars : une grande famille, du faux au cartulaire. Il estime que les titres dont auraient bénéficié Eudes le Maire et ses descendants sont légendaires, tout en jugeant extraordinaire la compilation faite par Jourdain Valton : « cet objet singulier montre que le cartulaire parvient toujours à plier une documentation choisie dans des cadres reçus. »

En septembre 1505, à la mort de son père, Jourdain Valton est devenu l’unique propriétaire du domaine de Polangis. Il développe ses propriétés parisiennes. L’historien de l’art, Étienne Hamon, le prend en exemple : « La noblesse parisienne traditionnelle (…) n’était plus en mesure de concurrencer la bourgeoisie marchande sur le terrain de la commande. Le constat s’impose dans le domaine civil où les constructions des grands négociants comme Jourdain Valton donnaient le ton de l’architecture domestique ». Son hôtel de la rue Saint-Antoine jouxte celui du seigneur de Montmorency.

La date de décès de Jourdain Valton n’est pas connue ; elle est ultérieure à 1515. Il avait été fait, d’après Étienne Hamon, seigneur d’Heurtebise, du nom d’un hameau de la commune de Baslieux-sous-Châtillon (Marne).

Il a eu au moins trois enfants. L’aînée, Anne, épouse Pierre Le Caron et lui apporte en dot le domaine de Polangis. Le second, Philippe, fut conseiller et auditeur des causes du Châtelet de Paris entre 1539 & 1559 ; il était seigneur de Saint-Souplex et de Fouvery. Le troisième, Charles a été avocat au parlement ; il résidait à Polangis en 1543.

Extrait du cartulaire de Jourdain Valton (1515)

 

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 00:01

Marcel Gaston Jougla naît le 23 mars 1886 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), en même temps que sa sœur jumelle Joséphine Cécile. Ils sont les enfants de Joseph Marc Jougla, négociant et de son épouse Marie Schmit. Il est orphelin de mère en juillet 1887, année où disparaît également l’associé de son père et témoin de sa naissance, Émile Graffe, fondateur d’une entreprise de production de plaques photographiques et de films, que reprend son père.

Engagé pour trois ans dans l’armée en octobre 1905, servant au 31e régiment d’infanterie, Gaston Jougla est mis en disponibilité en septembre 1906 en tant qu’étudiant en pharmacie.

Après avoir développé l’activité de la société Jougla, Joseph Jougla a installé son usine à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902. Elle devient un important acteur du secteur de l’image avec les plaques Omnicolore, premières à permettre la photographie en couleur, et l’appareil Sinnox. Pour pouvoir peser face aux américains de Kodak, la société fusionne avec sa concurrente, Lumière, basée à Lyon. L’Union photographique industrielle (Établissements Lumière et Jougla réunis) conserve ses deux usines de Lyon (confiée aux Lumière) et de Joinville, dont Gaston Jougla devient le directeur au côté de son père, son oncle Zacharie Jougla quittant sa fonction de responsable technique.

Au cours de la première guerre mondiale, Gaston Jougla est d’abord affecté à la 22e section d’infirmiers puis nommé pharmacien aide-major de 2e classe auprès du gouvernement militaire de Paris. Il prend part à la création en mai 1915 de la Section photographique de l’armée (SPA), dirigée par Pierre Marcel Lévi, critique d’art parisien, professeur à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle fusionne en 1917 avec la Section cinématographique de l’armée (SCA).

Au sein de la section, qui emploie 59 photographes, Jougla est chargé de la mise en place des laboratoires. La SPA vise à collecter des clichés, notamment pour répondre à la propagande allemande en direction des pays neutres. Maintenu dans son grade après-guerre, Jougla deviendra capitaine de réserve en décembre 1933.

Un an après l’armistice, Gaston Jougla, redevenu directeur de la société Jougla, épouse Jeanne Eugénie Claire Frager le 11 novembre 1919 à Paris (6e arr.).

Fondé en 1922, l’association Joinville sportif, à la recherche de soutiens, fait appel à Gaston Jougla qui en devient président d'honneur en 1923 ce qui, selon le quotidien La Presse, « fut un gros appoint pour le club cycliste ». Il est remplacé dans cette fonction en 1925 par Delaunay.

En décembre 1923, Gaston Jougla participe, avec notamment Louis Lumière et Léon Gaumont, l’initiative en vue de la création d’une école professionnelle de photographie et de cinématographie. Elle verra le jour de manière concrète en 1926 et sera installée rue de Vaugirard à Paris. Elle est aujourd’hui installée à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et porte le nom de Louis-Lumière. Gaston Jougla est membre du conseil d’administration en 1930.

Si l’usine de Joinville est d’abord consacrée à des activités techniques, Gaston Jougla est proche de certains artistes du milieu du cinéma, par exemple le réalisateur Jean Vigo.

Après la mort de son père en 1927, Gaston Jougla reste dans la direction de l’entreprise, rebaptisée Lumière. Il semble cependant être principalement actif au siège social, basé rue de Rivoli à Paris (1er arr.) et s’est installé boulevard Raspail (6e arr.).

Lors des élections municipales de mai 1935, le quotidien communiste L’Humanité met en cause « les candidats réactionnaires et Croix de feu de l'Union des républicains, agents des gros industriels, de Pathé-Natan, des frères Jougla, etc. »  C’est cependant la liste de droite de Léon Lesestre qui remporte le scrutin.

La date de décès de Gaston Jougla n’est pas connue. Il est vivant en 1936 et probablement mort en lors du remariage de Jeanne Frager en avril 1945 à Paris (6e arr.), cette dernière étant présentée ultérieurement comme veuve. Ils n’ont semble-t-il pas eu d’enfants.

Au titre du ministère du commerce, Gaston Jougla avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1934, comme son père.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens