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29 août 2026 6 29 /08 /août /2026 00:01

Suite de la biographie d’Henri Desfaudais

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Desfaudais est mobilisé, en tant que sous-lieutenant au sein de la 52e brigade d’infanterie. Il est promu lieutenant en mars 1915 et détaché à l’état-major du 13e corps d’armée. Son comportement lui vaut cinq citations. Il est cité à l’ordre du corps d’armée en septembre 1914 « pour son sang-froid et sa belle attitude ». Il l’est de nouveau à l’ordre de l’armée en juillet 1915. Le corps d’armée le décrit, en avril 1916, comme « . Officier du plus grand sang-froid. A exécuté plusieurs missions dangereuses sous le feu de l’ennemi avec activité et intelligence, assurant en même temps les liaisons coureurs par optique et par téléphone, ainsi que l’action des observateurs d’infanterie pendant 8 jours de combats ». C’est de nouveau son rôle dans les transmissions qui est mis en avant par la 52e brigade en septembre la même année : « Dévoué, courageux. Pendant les jours de combat des 5 et 7 septembre et la période d’organisation des positions conquises, s’est trouvé seul officier d’état-major à la brigade. A assuré notamment les liaisons par coureurs optiques, la surveillance de jour et de nuit entre le poste de commandement de la brigade de 1e ligne, rendant ainsi les plus utiles services ». De nouveau à l’ordre de la brigade en mai 1917, on remarque son rôle de planificateur : « A organisé avec efficacité les liaisons qui ont renseigné le commandant de l’infanterie à tout instant pendant les opérations du 18 mars au 14 avril. Toujours volontaire pour les missions dangereuses, a effectué de nombreuses reconnaissances en vue de l’organisation des 1e lignes dans des zones violemment bombardées ». Démobilisé en mars 1919, Desfaudais s’installe à Toulouse.

Pendant la période de conflit, s’il n’a plus d’implication politique active, il conserve des attaches avec l’Action française. Le mouvement royaliste signale en octobre 1914 qu’il est président des sections du Cantal. Le rôle de sa belle famille est évoqué dans le quotidien royaliste en décembre 1914 : son beau-père, Pierre de Chalret du Rleu, alors capitaine d'artillerie, est signalé comme membre de la section de Toulouse de la Ligue, tandis que sa belle-sœur et enfant de ce dernier, Thérèse, est désignée en tant que présidente des Jeunes filles royalistes de la même ville. En décembre 1917, c’est probablement Henri le Desfaudais qui participe à une souscription Pour la propagande en tant que « combattant de l’Action française, pour mener la guerre totale ». Par contre, il est très probable qu’il ne peut exercer son mandat de conseiller municipal de Nieudan (Cantal), qui prend fin en novembre 1919.

Henri Desfaudais reprend une exploitation dans le village de Sarriac-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Il reprend une activité politique dans son nouveau lieu de résidence. Ainsi, il donne en janvier 1926, une conférence « sur la situation politique et la personne du Prince » lors de la fête des Rois à Tarbes du groupe bigourdan des Dames et jeunes filles royalistes. Il donne également plusieurs conférences dans des cités voisines en mars la même année, dont Pujo, qualifiée de « petite citadelle républicaine » puis à Rabastens, où il parle « devant un auditoire comprenant une majorité de communistes » mais estime avoir « éveillé chez la plupart des auditeurs curiosité el sympathie » en faisant « la critique du socialisme et l'exposé des libertés et des responsabilités que la royauté met en œuvre ». Desfaudais intervient de nouveau à Tarbes à la section de l’Action française en janvier 1927.

La Société tunisienne de cultures, présidée par le comte Jehan de Durat, confie la direction de son domaine d’Utique (Tunisie) à Henri Desfaudais en 1930. Les produits sont le blé et le vin. En juillet 1938, l’assemblée générale de la société lui envoie des « félicitations pour les résultats atteints dans des conditions et une atmosphère locale souvent pénibles. »

En mars 1934, Desfaudais est désigné comme correspondant de l’Action française, rattaché à la section de Tunis. Il participe à des souscriptions de l’Action française en juin 1934 et en décembre 1936.

Devenu capitaine de réserve dans la cavalerie en juin 1927, Henri Desfaudais est mis à disposition des troupes de Tunisie en décembre 1930. Malgré la fin de ses obligations militaires en décembre 1933, il est maintenu dans la réserve des troupes à sa demande. De ce fait, il est rappelé en août 1939 lors de la mobilisation générale au début de la deuxième guerre mondiale. Il est placé au secteur de défense de Bizerte. En décembre 1939, il reçoit une « affectation spéciale », non précisée dans son livret militaire.

Son père vivait au Coudray-Macouard (Maine-et-Loire) depuis 1911 et y meurt en mai 1940. Henri Desfaudais s’y installe à son tour, toujours ingénieur agronome et propriétaire exploitant en 1948. Il réside rue Nationale avec son épouse, sa belle-mère, sa fille Cristine, veuve Morisson de La Bassetière et ses trois petits enfants. La sœur d’Henri vit dans la maison voisine.

Henri Desfaudais meurt le 29 mai 1971 au Coudray-Macouard. Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1921, à titre militaire. En mars 1948, il est promu officier du Mérite agricole.

Fin

Un exploitation agricole dans la région d’Utique (Tunisie)

 

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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 00:01

Début de la biographie d’Henri Desfaudais

Henri Frédéric Édouard Marc Marie Desfaudais naît le 1er août 1884 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Alphonse Henri Desfaudais et de Marie Elisabeth Potrelot de Grillon.

Son père Alphonse Desfaudais (1850-1940), natif de Dôle (Jura), s’était engagé dans l’armée française en septembre 1870 et participe à la guerre contre la Prusse et ses alliés. Au moment de la naissance d’Henri, il est capitaine commandant du 13e régiment de dragons, stationné à Compiègne (Oise). Il poursuit sa carrière militaire jusqu’en 1911, avec le grade de grade de général de brigade. Pendant la première guerre mondiale, il commande des dépôts de cavalerie à Limoges (Haute-Vienne) et Saumur (Maine-et-Loire).

La mère d’Henri, Marie Elizabeth Potrelot de Grillon, est la fille d’Antonine Broutta, née de La Chassaigne de Sereys (1835-1913), d’ancienne noblesse auvergnate. Celle-ci est veuve de Christophe Ernest Potrolot de Grillon, autre aristocrate bourbonnais et est devenue receveuse des Postes à Joinville-le-Pont (1868-1896). Elle s’est remariée, en décembre 1871, avec Marc Félix Broutta (1819-1904), lieutenant-colonel, combattant de la guerre de 1870, officier de la Légion d’honneur, qui sera ensuite militant conservateur à Saumur. La sœur d’Henri, Anne Marie, naîtra également en août 1890 à Joinville, toujours chez sa grand-mère.

En 1904, Henri Desfaudais intègre l’école d’agriculture de Montpellier dont il sort en 1909 avec le titre d’ingénieur agronome. Son statut d’étudiant fait qu’il réalise un service militaire d’un an au lieu des deux années qui sont la norme pour les conscrits de sa classe. Il sert, comme son père dans un régiment de dragons, le 3e, et en sort en septembre 1906 avec le grade de brigadier. Dans la réserve, il sera promu en septembre 1908 maréchal des logis puis en juin 1912 sous-lieutenant.

Après un premier séjour en Tunisie, alors protectorat français, en 1909, Henri Desfaudais s’établit comme fermier au Bruel, hameau de la commune de Nieudan (Cantal). Il exploite le domaine de Gresse, dans la commune de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal, limitrophe de Nieudan) lors de son mariage en octobre 1913 à Toulouse (Haute-Garonne) avec Jeanne Joseph Marie Charlotte de Chalret du Rieu.

Engagé dans le mouvement d’extrême-droite Action française en 1909, il affiche publiquement ses opinions à partir de février 1911 dans les journaux royalistes. Ainsi, Desfaudais indique se tenir « à la disposition des amis de l'Action française qui désireraient constituer une section de la Ligue dans la région ».

Il participe en décembre la même année ainsi à une souscription lancée dans le quotidien l’Action française sous le titre « Le Juif sera vaincu » en donnant sa qualité de fermier et en envoyant le message suivant : « Vive l’Action française, contre le capitalisme. »

Lors des élections municipales de mai 1912, Desfaudais est candidat royaliste dans le village de Nieudan, qui compte 220 habitants. Au premier tour, la liste du maire M. Conthe, remporte neuf des dix sièges à pourvoir, Henri Desfaudais recueillant 16 voix. Il en a 27 lors du second tour et remporte ainsi le dernier poste de conseiller municipal. Le journal La Croix du Cantal relève : « M. Desfaudais, royaliste militant, vient d’être élu conseiller municipal de Nieudan. Un [mât], orné d’un drapeau blanc, est planté devant sa demeure. Le Progrès du Cantal s’en inquiète et déclare que la République est en danger ». Desfaudais raconte lui aussi les évènements dans L'Action française (13/04/1913) : « Je me suis présenté comme conseiller municipal et j'ai exposé à ce sujet le programme politique d'Action française. J'ai été élu sans propagande ou à peu près. Les paysans m'ont élevé un mât de triomphe avec un drapeau blanc. Cet incident a eu un retentissement énorme dans le Cantal et depuis j'ai pu pénétrer à peu près tous les milieux. »

En avril 1913, Henri Desfaudais est désigné comme président de la section du Cantal de la Ligue d’Action française qui aurait, selon lui à Aurillac et dans ses environs trente lecteurs par jour pour le quotidien éponyme, plus cent cinquante lecteurs au numéro du Midi royaliste et soixante abonnés. La même année, le 9 mai, Desfaudais prend, pour la première fois la parole en public lors d’une réunion socialiste assurant que « si l'on est vraiment patriote, on doit être royaliste et n'avoir qu'un désir, renverser la République pour assurer le salut de la Patrie ». Il assure que son ordre du jour aurait obtenu le soutien de la moitié du public ce qui fait que « tout Aurillac est frappé de stupeur. »

Le Midi royaliste dresse un portrait de Desfaudais : « Notre ami a le tort d'être indépendant, par son travail et sa situation. Diplômé de l'École d'agriculture de Montpellier, Desfaudais s'est courageusement donné à l'agriculture. Il est fermier-exploitant à Laroquebrou. Fils d'un officier général, appartenant à une excellente famille, il n'a pas craint de vouer à la terre de France, pour laquelle il combat, son énergie et son intelligence. Ses voisins lui savent gré de ses efforts et de ses intelligentes initiatives, inspirées par l'intérêt général et les nécessités professionnelles. Les salonnards libéraux ne comprennent pas les choses ainsi, « Desfaudais est un raté. La-preuve c'est qu'il ne s'est pas fait donner une place ; et qu'il a été obligé de se faire fermier !»

L’année suivante, en avril 1914, toujours président des sections du Cantal, Desfaudais participe à une souscription de l’Action française « Pour la propagande du journal et contre l’or Juif. »

À suivre

Le Midi royaliste (journal)

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 00:01

Jacques François Pascal Allain de la Bertinière naît début 1750, sans doute à Paris. Il est le fils de Marie Marguerite Bourgès, dite Bourgeois et de son époux Louis Allain de la Coeurtière. La famille Allain, de petite noblesse, dispose de la titulature des deux seigneuries et Jacques François Pascal Allain se désigne comme écuyer, utilisant de manière habituelle le nom de La Bertinière.

Sa mère est la fille d’un marchand parisien. Son père est commissaire de la marine, officier conseillant le commandement en matière administrative et financière.

Il sert comme officier dans une compagnie de mousquetaires jusqu’à la dissolution en décembre 1775 des deux unités existantes par le roi Louis XV. Il est ensuite intégré, avec le rang de capitaine, dans un régiment d'infanterie.

En 1770, les parents sont propriétaires du domaine de Polangis, alors nommé Poulangis ou Poulangy, situé dans le ressort de la paroisse Saint-Nicolas et de la baronnie de Saint-Maur-des-Fossés, relevant des princes de Condé. Il est actuellement sur les communes de Joinville-le-Pont (principalement) et Champigny-sur-Marne, toutes deux aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Ils possèdent également deux maisons à Paris, rue Saint-Honoré.

Après le décès de Louis Allain de la Coeurtière, probablement en 1786, son épouse transmet en octobre 1786 la nue-propriété des quatre maisons dont elle dispose à ses deux fils, Antoine François Louis Allain de la Coeurtière et Jacques François Pascal Allain de la Bertinière.

Le mariage de Jacques François Pascal Allain de la Bertinière avec Anne Geneviève Gentil est célébré en novembre 1779 à Paris, en l’église Saint-André-des-Arts.

La révolution française de 1789 va entraîner la saisie puis la vente de possession de l’église, devenus biens nationaux. Louis Gentil, père d’Anne Geneviève, ancien agent de la chancellerie de France, achète en septembre 1791, l’abbaye de Sept-Fons, située à Diou (act. Allier). Mais il décède en septembre 1792, laissant la propriété de l’ancienne abbaye à sa fille. Elle fait l’objet d’un contentieux, qui sera tranché par le conseil d’État en la faveur des époux La Bertinière en janvier 1818.

Selon une généalogie établie par Andreas Gölzer, La Bertinière aurait été, pendant la période révolution, un agent au service de Bertrand Barère (1755-1841), membre du Comité de salut public pendant 17 mois à partir d’avril 1793. Il est arrêté et comparaît au tribunal révolutionnaire le 29 ventôse an 2, mais Barère le fait libérer. Toujours d’après A. Gölzer, La Bertinière aurait été un des rédacteurs de L'Argus et du Babillard. Il serait devenu agent de l'Angleterre, protégé par Jean-Baptiste Dubois, dit Dossonville (1753-1832), policier français passé au service de la Grande-Bretagne et sa déporté sous le Directoire. La Bertinière se serait sauvé après l’arrestation de Dossonville le 18 fructidor an 5 (04/09/1797).

Ayant récupéré, à la mort de sa mère fin 1786, l’usufruit de la maison de Polangis, il le vend en mars 1791 à Antoine-Joseph Kropper, ancien marchand poêlier et à sa femme Marguerite-Françoise Villaume. Après le décès de Kropper en juin 1794, La Bertinière récupère le château de Polangis. Il y réside alors et célèbre dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en fructidor an 2 (septembre 1794) le mariage de sa fille, Louise Ulrique Bathilde (qui a tout juste 14 ans) avec Alexandre Antoine Joseph Keyser de Lisle, chef du service des transports militaires de l’armée du Nord. Dans le registre d’état-civil, La Bertinière et son gendre précisent que leurs noms n’ont « aucunes qualifications féodales ou nobiliaires ». Le mariage ne dure pas, et Louise Ulrique Bathilde se remarie, toujours dans le même village en ventôse an 6 (février 1798) à François Jean Pajot de La Varenne ; elle a 17 ans. Elle meurt en prairial an 7 (mai 1799), juste après ses 19 ans et la naissance d’une fille, qui ne vivra pas.

À une date inconnue, certainement pendant la révolution, La Bertinière et son épouse publient ensemble deux chansons, imprimées par Boulard à Paris. Le recueil comprend la « Chanson du citoyen Allain-Labertinière » et la « Chanson de la citoyenne Allain, femme Labertinière, aux défenseurs de la patrie, au nom des femmes » qui comprend les vers suivants : « Jurons fidélité aux valeureux défenseurs // Eux seuls peuvent prétendre conquérir nos cœurs ». Pour l’historienne américaine Suzanne Desan, l’œuvre s’inscrit dans une série de réunions de clubs, de Nantes à Nîmes, où des jeunes femmes s'engageaient à fuir les aristocrates et à n'offrir leur cœur qu'aux républicains et aux soldats.

Les époux La Bertinière vendent, en ventôse an 9 (mars 1801) le domaine de Polangis à Nicolas Charles Marie Oudinot (1767-1847), général, futur maréchal et duc de Reggio. Ils s’installent ensuite à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise) et s’occupent de leur propriété de l’Allier, où La Bertinière introduit la culture de la betterave sucrière.

Il meurt le 28 septembre 1823 dans sa demeure de Sept-Fons, à Diou. Il est âgé de 73 ans. Faute d’héritier direct, sa nièce Louise Caroline hérite de la propriété de sa maison du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Morte en juin 1834 à Pontoise, Anne Geneviève Allain de la Bertinière fait un legs au bureau de bienfaisance de la ville.

Ancienne abbaye de Sept-Fons à Diou (Allier) - Wikipédia

 

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4 mai 2025 7 04 /05 /mai /2025 00:01

Mise à jour de l’article paru le 12 novembre 2014.

Suite de la biographie de Joseph Fournier

Joseph Michel Fournier, qui vit rue de la Pissotte à Vincennes, retrouvera un poste d’administrateur du département le 18 messidor an 7 (6 juillet 1798) mais est destitué par le Directoire exécutif dès le 28 fructidor (14 septembre) la même année. Il conteste sa révocation dans le journal L'Ennemi des oppresseurs, publié par Charles Duval en signant « Fournier, républicain pour la vie ». Il s’adresse à Pierre-François Réal qu’il qualifie de « encore commissaire du directoire exécutif près l’administration centrale du département de la Seine » auquel il reproche « sa négligence ordinaire. »

Une lettre ouverte, qu’il paraphe avec deux autres administrateurs révoqués, Raisson et Lefebvre est incluse dans un article du Journal des hommes, sur la « Propension du pouvoir à tout envahir » et la « Nécessité de résister à ses entreprises » insiste de nouveau sur « un événement aussi récent qu’inouï » qui a provoqué leur départ, la liste des jurés que Réal a voulu changer, contre les règles du tribunal criminel.

Toujours désireux de servir l’administration républicaine, Fournier demande à devenir sous-préfet. Il n’obtient pas satisfaction mais devient, en l’an 9 (1801) la direction de la filature de lin et de chanvre, maison de Mesme, installée à Paris, rue Saint-Avoye (act. rue du Temple, 3e arr.). Le 2 prairial an 10 (22 mai 1802), il accueille le ministre de l’intérieur, Jean-Antoine Chaptal, chimiste et médecin, qui visite sa filature. Il lui présente les machines qu’il a mises au point pour traiter le lin et le chanvre. Ses produits et machines sont montrés au public, lors des sept jours de la troisième Exposition des produits de l'industrie française dans la cour carrée du Louvre à Paris de l’an 10 (1802). Dans un roman historique, Messidor An II - Dans les mirages de la foi (Mémogrames, 2025), l’écrivain Charikov met en scène un dialogue houleux entre un jeune homme et Fournier. Séverin disait « La mécanique est ingénieuse, mais le résultat est fort imparfait. Trop de déchet, des fils trop courts, trop épais et cassants… ». Il reprochait à Fournier d’appliquer au lin les mêmes procédés que ceux que l’on applique au coton, malgré la différence des matières. Cependant, le jury de l’exposition accorda à Fournier une mention honorable.

Joseph Michel Fournier quitte semble-t-il sa fonction d’entrepreneur textile en nivôse an 11 (janvier 1803). Il a, en 1807, un poste de receveur du droit de navigation à Sierck-les-Bains, Moselle. Sa femme donne naissance en 1809 à un de leurs enfants en Allemagne, à Prüm (duché du Bas-Rhin, act. Rhénanie-Palatinat).

Peut-être est-ce Joseph Michel le « Fournier, propriétaire à Pantin », qui fait partie du collège électoral d'arrondissement de Saint-Denis en novembre 1807 chargé de choisir les candidats pour le Conseil d'arrondissement. Il est membre de ce conseil de 1812 à 1821.

Ayant repris sa carrière dans l’enseignement, Joseph Michel Fournier est principal du collège à Pontoise (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise). Il devient en mars 1818 associé correspondant de la Société pour l'instruction élémentaire. Quittant la région parisienne, Fournier est nommé en octobre 1820, principal de collège à Gannat (Allier). C’est une institution communale et il exerce toujours la fonction en 1836, à 72 ans. Son fils aîné, Joseph Aimé, est professeur dans le même établissement.

Joseph Michel Fournier meurt le 11 avril 1843 à Paris (2e arr.). Il était domicilié rue de la Tour d'Auvergne. Âgé de 80 ans, il était père de six enfants. Il est inhumé le 17 au cimetière de Montmartre (act. Paris).

Fin 

Ancienne école de Gannat, peut-être à rapprocher du collège dirigé par Fournier

 

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2 mai 2025 5 02 /05 /mai /2025 00:01

Mise à jour de l’article paru le 12 novembre 2014.

Début de la biographie de Joseph Fournier

Joseph Michel Fournier, naît à Chartres (Eure-et-Loir) le 6 avril 1763 selon les documents d’état-civil ultérieurs ; son baptême, le 10 avril, est enregistré dans l’église Saint-Hilaire de Mainvilliers, qui est devenu plus tard une commune limitrophe de Chartres. Il est le fils de Jeanne Brissot et de son mari, Joseph Fournier. Ce dernier, issu d’un maître charpentier éponyme, est alors compagnon menuisier ; à partir de 1766, il se présente comme apprêteur de bas (modiste fabricant) et sera ensuite sacristain.

Devenu instituteur, Joseph Michel Fournier épouse à Paris en mai 1789 Madeleine Grillon. Maître de pension à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en 1791, il est également le secrétaire greffier de la mairie. En 1792, il est désigné comme représentant du canton de Pantin au département de la Seine ; il figure sur la liste des candidats pour les fonctions d’administrateur du département en décembre 1792 et janvier l’année suivante, mais n’est pas élu par l’Assemblée électorale. Sans doute faut-il l’assimiler à Joseph Michel Fourmis, nom par ailleurs inconnu, mais qui figure sur la liste des huit électeurs du canton de Pantin en 1792, seul représentant de sa commune. L’Assemblée électorale de Paris, dans sa séance du 19 janvier 1793 examine une lettre dudit Fourmis, qui demande à se disculper, « ayant ouï dire qu’il avait été inculpé » ; l’instance départementale passe à l’ordre du jour, relevant que « le citoyen Fourmis n’a point été inculpé. »

C’est l’administration municipale de Pantin, dont il est le secrétaire, qui décide de son divorce, à sa demande, en floréal an 2 (mai 1794). Le maire de Pantin, François Roullier, son frère, le cultivateur Jacques Roullier, le greffier du juge de paix cantonal Jean Baptiste Lacombe ainsi qu’un membre du comité de surveillance révolutionnaire du canton, Jean Kauffmann, témoignent de l’absence de Madeleine Grillon de la maison maritale depuis plus de six mois ; elle ne répond pas à la convocation et réside chez Ganzer, cultivateur à Pantin.

En l’an 4 (1796) Joseph Michel Fournier est nommé commissaire du Directoire exécutif du département dans le canton de Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) ; il exerce la même fonction à partir de vendémiaire an 5 (septembre / octobre 1796) pour le canton de Vincennes (act. Val-de-Marne).

Nommé membre de l’Administration centrale du département de la Seine par le Directoire exécutif, sans doute en fructidor an 4, il est le seul représentant de la banlieue parmi les cinq administrateurs, et est en charge des biens nationaux et du contentieux des émigrés. Le collège est présidé par Joubert. Il appelle, avec ses collègues, à l’inscription sur les registres civiques en insistant : « Ne vous privez par, par votre négligence, du titre glorieux de citoyen français ».

De nouveau désigné le 28 fructidor an 5 (14/09/1797), il sera remplacé au renouvellement semestriel de germinal an 6 (mars / avril 1798), toujours avec Joubert comme président. Incitant à la participation aux administrations municipales, il assure, en compagnie des autres administrateurs, que voter est faire « exercice du premier des droits d’un peuple libre. »

Remarié en messidor an 5 (juin 1797) à Vincennes avec Marie Catherine Geneviève Bourdon, Joseph Michel Fournier est domicilié dans cette commune rue du Midi. Il a pour témoins des fonctionnaires de l’administration municipale du canton, du corps législatif du Conseil des Cinq-cents et du ministère de l’intérieur. Il préside l'administration cantonale de Vincennes en l’an 6 (1798), signant par exemple le registre d’état-civil de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont) comme agent municipal le 30 brumaire. C’est peut-être lui qui est inscrit sur la liste des notables communaux du département de la Seine de l’arrondissement de Sceaux en fructidor an 9 (1801), sous la désignation de « Fournier, limonadier à Vincennes. »

À suivre

Vue de Pantin en 1814 (Wikipédia)

 

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20 avril 2025 7 20 /04 /avril /2025 00:01

Pierre Lafont naît le 2 décembre 1844 à Vichel (Puy-de-Dôme). Il est le fils de Marie André (ou Andrieux) et de son époux Georges Lafont, cultivateurs ; ce dernier ne sait pas signer, comme les autres cultivateurs témoins de sa naissance. Leur patronyme est fréquemment orthographié Lafond et il est parfois désigné sous le prénom de Charles, qui ne figure pas à son état-civil.

En mai 1860, à quinze ans, après avoir été convaincu d’avoir commis un vol, il est enfermé deux ans en maison de correction. Il restera dans le viseur de la justice ensuite, condamné en décembre 1864 à deux mois de prison pour avoir donné des coups puis à 15 jours en janvier 1870 pour outrages. Il est possible qu’il ait fait un service militaire dans un régiment de zouaves.

En 1870, il vit avec sa famille à Paris (18e arr.), rue des Abbesses, où son père et lui sont brocanteurs. Il épouse en juillet, dans ce même arrondissement, Élisabeth (dite Élise) Rongier. Son épouse, âgée de seize ans, est également auvergnate, native de Haute-Loire, et est comme ses parents marchande de vin dans le même quartier de Montmartre.

Deux semaines après leurs noces, la guerre franco-allemande éclate. Elle conduira à la chute du second Empire le 2 septembre 1870 puis, à partir du 17 le même mois, au siège de Paris par les troupes germaniques jusqu’à l’armistice du 28 janvier 1871. Pierre Lafont s’engage dans la Garde nationale et sert, en tant que sergent, dans le 61e bataillon.

Il continua son activité pendant la Commune de Paris, mouvement insurrectionnel lancé en mars 1871 à l’initiative d’unités de la Garde qui refusaient la reddition aux armées allemandes des armes conservées à Paris et qui conduit à la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire. Il est devenu capitaine et siège à la commission militaire du 18e arrondissement selon sa notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron.

Après la fin des combats le 28 mai 1871, Pierre Lafont quitte la capitale et rejoint la commune de banlieue Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) d’où il passe à Genève (Suisse). Il fréquente d’autres réfugiés, notamment au restaurant La Marmite sociale, dont Jacques Agier, menuisier et franc-maçon, qui fut un des meneurs de l’éphémère Commune de Saint-Étienne (Loire).

Ensemble, Jacques Agier et Pierre Lafont reviennent à Paris en janvier 1874 et vivent au domicile de Lafont, hébergés avec sa femme. Il reprend son activité de brocanteur, mais est arrêté le 26 mars suites aux informations transmises par les agents français présents à Genève. Il avait été condamné, par contumace, le 20 décembre 1873 à la déportation dans une enceinte fortifiée ; sa peine est modifiée le 9 mai 1874 et ramenée à un mois de prison. Agier avait été arrêté chez lui le 30 mars ; il sera jugé en mai par la cour d’assises du Puy-de-Dôme pour sa participation supposée à l’assassinat du préfet de la Loire, Henri de L'Espée, en mars 1871.

De nouveaux ennuis avec la justice vont ponctuer l’activité de brocante que Lafont continue d’exercer. En août 1874, il écope de cent francs d’amende pour vente d’armes de guerre ; en novembre 1876, ce sont quatre cents francs qui lui sont réclamés pour contravention à la loi sur le brocantage. L’épilogue se situe devant la cour d’assises de Seine-et-Oise, qui siège à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines) le 31 juillet 1883.

Entre septembre 1882 et janvier 1883, une bande de huit personnes, dont le chef était Garnier, a pénétré de nuit dans trente-trois édifices religieux catholiques et un protestant, essentiellement en région parisienne, pour y voler des objets précieux. Deux brocanteurs, dont Lafont, sont suspectés d’être les acheteurs des matières dérobées. Lafont est mis en cause pour le recel des objets provenant de seize églises. Lors de l’audience, selon le compte-rendu de presse, « il reconnaît que plusieurs des malfaiteurs lui ont vendu des matières d’or et d’argent, mais il soutient ce c’étaient des débris informes, dont il ne pouvait soupçonner la provenance ». Un des témoins évoque un échange avec la femme de Lafont : « S’il n’y avait pas de voleurs, comment ferait-on pour vivre ? », ce qui provoque des rires dans l’auditoire. Lafont était défendu par Me Léopold Cohen, avocat du barreau de Paris. Il est condamné à six ans de travaux forcés sans surveillance.

N'ayant pas fait de pourvoi en cassation, Lafont est écroué le 11 août 1883 puis embarque le 9 janvier 1884 sur le vaisseau Le Fontenoy, probablement depuis Brest (Finistère). Navire de guerre lancé en 1858, il avait servi de ponton-caserne pour les insurgés de la Commune de 1871 à 1872 puis, après l'enlèvement de ses machines à vapeur en 1878, était devenu un navire de transport à voile à partir de 1881.

Navire Le Fontenoy (Wikipédia)

Arrivé en Nouvelle-Calédonie, Lafont est transféré au bagne d’Île-Nou (act. presqu’île de Nouville, intégrée à la commune de Nouméa). Il exerce le métier d’effilocheur, c’est-à-dire qu’il récupère des déchets de laine ou des chiffons pour permettre qu’on en fasse du papier. L’administration pénitentiaire signale que sa conduite est bonne.

Pierre Lafont meurt le 27 janvier 1887 à Île-Nou. Il était âgé de 42 ans, était toujours marié et n’avait pas d’enfant. Son décès est transcrit en août 1896 sur les registres d’état-civil du 18e arrondissement de Paris.

Nouvelle-Calédonie, pénitencier de l'Île Nou (Gallica-BNF)

 

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15 février 2025 6 15 /02 /février /2025 00:01

Jean Escot naît le 13 février 1870 à Paris (18e arr.). Il est le fils et Marie Escot et d’un père non désigné. Sa mère, domestique, native du Puy-de-Dôme, vit rue Polonceau. Elle épouse en décembre 1871 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Pierre Azéma, journalier, originaire de Haute-Garonne, qui le reconnaît pour son fils et lui donne son nom. Toute la famille va désormais vivre à Joinville, dans le centre-ville, principalement rue de Paris mais à certains périodes également dans des rues proches, rue des Réservoirs (act. rue Hippolyte-Pinson) et rue de la Liberté.

Du fait de la mort de son père en avril 1888, Jean Azéma, qui est le fils aîné (et sans doute unique) de la famille fait un service militaire raccourci en novembre 1891 jusque fin septembre 1892. Il travaille comme serrurier.

En février 1893, à Joinville, Jean Azéma épouse Marie Renée Rolland, blanchisseuse à Paris. Ils s’installent à Joinville. Après la mort de sa femme en mars 1903, il se remarie, à Joinville encore, en février 1904 avec Marie Joséphine Phion, couturière, habitant la commune dont elle est native.

Il s’engage dans la compagnie des sapeurs-pompiers de la commune en 1895. Elle est alors dirigée par Émile Guichard (1849-1911), entrepreneur de peinture et vitrerie. Comme les autres services locaux, les pompiers sont mobilisés pendant les inondations de la rivière Marne, au premier trimestre 1910, qui recouvrent un tiers de la commune environ. Plusieurs récompenses viendront attester du dévouement de Jean Azéma pendant les inondations.

Pendant la première guerre mondiale, Jean Azéma est réformé en août 1914 pour pleurésie tuberculeuse ; il est affecté en mai 1915, au titre des services auxiliaires non combattants, à la garnison d’artillerie de la place de Paris puis libéré des obligations militaires en décembre 1918.

Avant-guerre, Azéma a été ouvrier dans la serrurerie d’Amédée Eugène Gosset (1838-1914), conseiller municipal de Joinville-le-Pont pendant 12 ans et vice-président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers. Après le conflit, il s’établit à son compte, d’abord comme ouvrier à façon en 1921 puis avec un atelier d’artisan en 1931.

Probablement par attachement à l’origine de sa mère, décédée en mars 1917, Azéma est en 1933 administrateur de l’Amicale auvergnate de Joinville, dont le président d’honneur est Alphonse Falgères, docteur en médecine, et le président en exercice Jean Béal (1883-1952), cafetier et conseiller municipal conservateur de la ville.

Honoré pour avoir, en novembre 1926, 31 ans de services au sein des sapeurs-pompiers, où il a désormais le grade de caporal, Jean Azéma est toujours actif dans la compagnie en 1935.

Jean Azéma meurt le 7 décembre 1943 à Paris (12e arr.), où il était hospitalisé. Il était âgé de 73 ans, deux fois veuf, et père d’un fils. Il avait été décoré à six reprises pour son activité de pompier, la première fois en août 1910, la dernière en novembre 1935, quand il avait reçu une médaille de vermeil pour son courage et dévouement.

Caserne de pompiers de Joinville-le-Pont

 

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6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 00:01

Mise à jour de l’article « Vernière et le projet inabouti des logements sociaux de Polangis » du 04/11/2019 après accès à de nouvelles archives.

Albert Jean Baptiste Vernière naît le 9 février 1871 à Montilly (Allier). Il est le fils de Catherine Élisa Guillet et de Pierre Vernière ; ses deux parents sont instituteurs, comme le sera également sa sœur Marie Denise, épouse de Jean Forge (1869-1940).

Pour sa part, Albert Vernière fait des études scientifiques, d’abord à Paris. À 18 ans, il devance l’appel au service militaire et s’engage, pour trois ans, à Paris (3e arr.) en octobre 1889 et est affectée au 125e régiment d'infanterie. Il revient à la vie civile en septembre 1892 et effectue des périodes en tant que réserviste en octobre 1897 et mars 1902.

Il reprend des études en Languedoc, à l’université de Montpellier (Hérault). Albert Vernière enseigne à l’institution Saint-Louis-de-Gonzague, établissement catholique privé à Perpignan (Pyrénées-Orientales). C’est dans cette ville qu’il épouse, en février 1898, Adrienne Micheline Sarda, fille d’un important minotier établi dans le quartier du Haut-Vernet.

Pour l’activité professorale, le couple va s’installer en région parisienne, d’abord à Courbevoie en 1900. Mais il continue à avoir des relations fortes avec l’Occitanie ; c’est à Perpignan, dans la demeure des beaux-parents, que naissent en septembre 1900 et mars 1903 leurs deux premiers enfants. Vernière fait, en octobre 1902 une conférence sur « la liberté d'enseignement » à Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales). Il obtient son certificat d'études, physiques, chimiques et naturelles de la Faculté des sciences de Montpellier en juin 1903.

Désormais installé durablement autour de la capitale, les Vernière vivent à Antony (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1904-1905. Puis après avoir cessé son métier de professeur, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1907 quai Beaubourg (act. quai Pierre-Brossolette) puis en 1908 dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue du Chalet (villa Schaken) et en 1909 de nouveau à Joinville, avenue des Platanes.

La Compagnie générale de phonographes, cinématographe et appareils de précision (société Pathé-frères), dirigée par Charles Pathé et implantée à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) se lança dans la fabrication industrielle de films vierges en 1906 et créa les laboratoires de Joinville, dans le quartier de Palissy.

Vernière est, sans doute à partir de 1906, employé de la société Pathé qui lui confie une fonction s’apparentant à celle d’un chargé des relations extérieures. Il dispose d’un statut confortable, puisqu’une voiture et un chauffeur sont mis à sa disposition. Il veut construire des habitations à bon marché sur un terrain dont elle est propriétaire, boulevard de Polangis. La coopérative à capital variable Union des Prévoyants de Polangis est mise en place en juin 1908. C’est, en France, une des premières institutions de ce type. Son siège est fixé chez Paul Alombert, commissaire vérificateur, rue Chapsal, à Joinville. Vernière publie des affiches, informant les joinvillais sur le projet coopératif et sa finalité.

Dotée d’un capital de départ de 30 000 francs, l’institution attire, selon la presse locale, de nombreux souscripteurs, et a placé, en octobre 1908, 3 800 billets pour 19 000 francs. En 1912, le bilan de l’Union des Prévoyants de Polangis mentionne des obligations remises à la caisse des dépôts pour un montant de 66 000 francs. Un rapport de 1922 évalue ses fonds à 200 000 francs. Cependant, il semble qu’aucune construction sociale n’ait été faite par la coopérative, qui n’existe plus au moment de la constitution du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville en avril 1931.

Dans la société Pathé, Vernière s’occupe des rapports avec la municipalité. Les relations sont difficiles, plusieurs élus et d’autres personnalités locales critiquant par exemple la construction de la cheminée. Quand l’usine demande à augmenter son stock de celluloïd, l’assentiment du conseil municipal n’est donné que sous réserve de précautions. Pour faire pression sur les élus, Vernière fait circuler un mot d’ordre de vote contre Henri Vel-Durand, candidat radical-socialiste au conseil d’arrondissement en juin 1908. Il sera cependant réélu, contre un candidat socialiste indépendant, René Martin et un socialiste SFIO, Tranchant.

En avril 1908, Vernière est président d’un comité d’action sociale qui dialogue avec les socialistes SFIO de Joinville, notamment Henri Lacroix. Il aurait été constitué en 1906, alors que Vernière avait demandé à adhérer au comité radical-socialiste. En juillet 1908, Vernière suspend son comité d’action sociale et rejoint le comité républicain-socialiste indépendant, dit évolutionniste, ce qui provoque le départ d’un de ses fondateurs, Eugène Hainsselin.

Hainsselin et Vernière vont cependant se réconcilier rapidement, et ce dernier soutient la publication du journal L’Indépendant, publié par Hainsselin, syndicaliste et ancien socialiste-révolutionnaire puis socialiste SFIO, mais qui a aussi le soutien de Gaston Méry, conseiller municipal réactionnaire de Paris, rédacteur au journal d’extrême-droite La Libre Parole.

En octobre 1908, les évolutionnistes Hainsselin, Martin et Vernière font alliance avec Théophile Leteuil, ancien conseiller municipal radical-socialiste démissionnaire.

Vernière quitte la maison Pathé vers la fin de 1908.

Les années 1900 sont ceux de déboires avec l’armée. Peut-être du fait de ses déménagements qu’il n’aurait pas signifié, il ne répond pas à des appels pour effectuer des périodes de réserve. En novembre 1907, il est déclaré « insoumis », une mesure levée en novembre 1910 pour prescription ; mais il est de nouveau inscrit sur les registres de l’insoumission en mars 1911.

Au cours de la première guerre mondiale, résidant alors à Paris (20e arr.), rue Duris, Albert Vernière est arrêté par la police en septembre 1915. Une ordonnance rendue en octobre prononce un non-lieu à son égard, et il est affecté au 98e régiment territorial d'infanterie. Cependant, il ne rejoint pas son poste, du fait de son statut d’homme marié père de trois enfants vivants.

N'exerçant plus de profession, Albert Vernière vit à Ardillières (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime), sans doute auprès de son père. Il meurt dans ce village de l’Aunis le 25 avril 1918. Âgé de 47 ans, il était divorcé et avait eu quatre enfants, dont un mort en bas âge.

L’usine Pathé à Joinville-le-Pont ; les bâtiments et la cheminée sont toujours existants en 2024

 

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18 octobre 2024 5 18 /10 /octobre /2024 00:01

Louis Victor Gautherot naît le 12 février 1878 à Vieure, Allier. Il est le fils de Pauline Cornier et de son époux François Auguste Gautherot, jardinier, qui vivent au village de Lasalle.

La famille Gautherot s’installe à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), où le père et les deux fils aînés travaillent comme jardiniers fleuristes.

Le service militaire de Louis Gautherot se déroule entre novembre 1899 et septembre 1900 au sein du 31e régiment d'infanterie, avec une dispense d’un an, son frère aîné étant déjà sous les drapeaux.

En mars 1901, Louis Gautherot épouse Rose Pannetier, également auvergnate, native de l’Allier et fille d’une épicière de Saint-Maurice. Ils vont s’installer à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine) et Louis Gautherot va travailler pour la Ville de Paris, toujours comme jardinier.

Au cours de la première guerre mondiale, Louis Gautherot est mobilisé, d’abord en août 1914 au 39e régiment territorial d'infanterie, en décembre 1917 au 340e puis en novembre 1918 au 26e. Il est démobilisé en janvier 1919.

Prenant sa retraite vers 1928, Louis Gautherot s’installe avec son épouse et leur fille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune limitrophe de Saint-Maurice, mais dans le quartier de Polangis, qui est partagé avec Champigny. À la faveur d’un déménagement dans la même rue, le boulevard de Polangis, ils vont d’ailleurs rejoindre cette nouvelle commune à la fin des années 1930.

Au cours des élections municipales de mai 1935, Louis Gautherot se présente, en 13e position, sur la liste des 14 candidats présentés par le Parti socialiste SFIO. Elle est conduite par Robert Derivière, employé et arrive, au premier tour, en quatrième position avec 12,3% des votes, derrière l’Union des républicains (droite, 32,6%), le Groupement des gauches de la municipalité sortante (radicaux-socialistes et socialistes indépendants, 26,8%), et les communistes (23,5%). Louis Gautherot obtient 346 voix pour 3 433 inscrits, 2 923 votants et 2 856 exprimés, soit 12,1%. Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, et, eu égard à son rang, Gautherot ne figure pas sur la nouvelle candidature de Front populaire, qui obtient deux sièges, contre vingt-cinq à la droite et aucun aux sortants radicaux.

Louis Gautherot meurt le 30 août 1943 à Champigny-sur-Marne, toujours domicilié boulevard de Polangis. Il était âgé de 65 ans et père de deux enfants.

Il avait obtenu, en juillet 1924, la Médaille d’honneur agricole puis avait été fait, en février 1927, chevalier du Mérite agricole.

Vue de Polangis, s.d., Arch. dép. Val-de-Marne

 

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21 juillet 2023 5 21 /07 /juillet /2023 01:01

Michel Rouget naît le 6 décembre 1874 à Saint-Amant-Tallende (Puy-de-Dôme). Il est le fils Nathalie Marguerite Boivin et de son marié Louis Rouget, notaire. Son grand-père paternel et homonyme, est alors maire de la commune du Vernet-Sainte-Marguerite, située dans le même canton.

Faisant des études de droit à la faculté de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est partiellement dispensé de service militaire. Il n’effectue qu’une période de onze mois entre novembre 1895 et septembre 1896, dont il sort avec le grade de caporal. Il effectuera plusieurs périodes et sera nommé en octobre 1903 sous-lieutenant de réserve, puis en février 1908, lieutenant au 150e régiment d'infanterie, basé en Auvergne.

Séjournant régulièrement en Aquitaine, à Royan et Bordeaux, entre 1897 et 1900, il s’installe à Paris où il vit rue de Poissy (5e arr.). Ayant obtenu son doctorat en droit, il devient avocat. Il s’installera dans le 18e arrondissement, rue Clignancourt puis boulevard Barbès.

Il est recruté, en février 1903, par la préfecture de police et nommé secrétaire de commissariat (adjoint au commissaire). Il est affecté à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).  

Début mai 1906, il doit intervenir dans le Bois de Vincennes, dont une partie est sur le territoire de Charenton à cette date, suite à une explosion qui s’est produite dans la zone des Quinconces. C’est un anarchiste d’origine russe, désigné comme Stryga, qui a fait accidentellement fonctionner une bombe ; très grièvement blessé, il meurt, en tentant semble-t-il d’actionner le deuxième engin qu’il avait dans une autre poche. Un complice, Alexandre Sokoloff, blessé, est arrêté tandis qu’un troisième compagnon s’enfuit. Rouget témoigne en juillet au procès de Sokoloff.

Promu secrétaire des commissariats de la Ville de Paris, il est d’abord affecté à Belleville (19e arr.) puis en janvier 1908 à Bercy (12e arr.). Poursuivant une carrière rapide, il devient inspecteur principal des gardiens de la paix et est nommé commissaire de police des communes de la Seine en janvier 1912.

En mars 1912, Michel Rouget, qui se présente comme avocat, épouse à Paris (18e arr.) Octavie Tréhu de Monthiéry, originaire du département de la Manche, fille d’un ancien zouave pontifical, qui avait rejoints les troupes défendant les États du pape en 1861. Sa famille est de la noblesse bretonne, originaire de la région de Fougères.

Le premier poste de commissaire de police de Michel Rouget est à Saint-Ouen (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il doit gérer, en mars 1913 une sanglante bagarre pendant laquelle deux gendarmes sont grièvement blessés. Des ouvriers d’un chantier électrique s’étaient mis en grève et avaient tenté de convaincre les salariés d’un établissement voisin de cesser le travail. Les incidents débutèrent du fait de leur refus.

Conduisant en juin une perquisition chez M. Buffet, membre des jeunesses syndicalistes, accusé de diffuser de la propagande antimilitariste, le commissaire Rouget est vivement pris à partie par un anarchiste espagnol, Stefano Seignol. Il demande qu'il soit expulsé de France.

En février 1914, prenant la suite de Léon Prodhon, Rouget est chargé de la grande circonscription de Joinville-le-Pont. Elle couvre des communes comme Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Le Perreux et Champigny. Il arrête, en avril cette même année, pour vagabondage un « un vieillard de soixante-cinq ans, qui n'avait pas mangé depuis quarante-huit heures » selon Le Journal. Il déclare qu’il avait mené la campagne de 1870 (lors de la guerre contre l’Allemagne), été fait prisonnier et s’être évadé. « Depuis, je mène une existence lamentable, tantôt dans les hôpitaux, tantôt en prison. J'ai déjà été condamné quarante-trois fois pour vagabondage, cela fera une de plus ! »

Pendant la première guerre mondiale, à l’instar de ses confrères, le commissaire Rouget est mobilisé à son poste. Lors d’une importante crue de la Marne, rivière qui traverse toute sa circonscription, en février 1916, il assiste la municipalité de Champigny qui doit faire évacuer cent cinquante familles. À Joinville-le-Pont également, l'île Fanac, le quai du Barrage et la rue Vautier sont en partie recouverts.

Ayant obtenu un avancement comme commissaire de police de la Ville de Paris, Rouget est nommé au quartier de Javel (15e arr.) en août 1917. Après-guerre, il est muté au quartier des Ternes (17e arr.) en janvier 1919. Puis, suite à une réforme de la préfecture de police, il accède au grade de commissaire divisionnaire d’arrondissement en janvier 1921, retrouvant le 15e arrondissement.

Lors d’une grève aux usines d’aviation Caudron, en août 1922, alors que ses agents voulaient protéger l'usine, le commissaire Rouget est frappé de deux coups de poing par un jeune ouvrier.

Il dirige le service d’ordre, dans la commune de banlieue du Pré-Saint-Gervais en juin 1924, à l’occasion d’une manifestation communiste du parti communiste et de la CGTU contre l'assassinat du député italien Matteotti, victime des fascistes. Un maçon italien arracha un drapeau français, qui fut aussitôt, brûlé. Rouget fit intervenir ses troupes pour l’interpeller. Selon Le Petit Parisien, « Une mêlée s'ensuivit, au cours de laquelle les manifestants brisèrent les grilles en fonte protégeant les arbres de la Grande-Rue et les jetèrent contre les policiers qui ripostèrent vigoureusement. »

Devenu commissaire divisionnaire du 1er district, qui couvre le 7e arrondissement de Paris, où se situent de nombreuses institutions publiques, Michel Rouget organise un service d'ordre très important lors d’une manifestation interdite du mouvement royaliste Action française en mai 1936. Les militants d’extrême-droite protestent contre la dernière inculpation de leur dirigeant, Charles Maurras. Les Camelots du Roi, milice de l’organisation, ayant tenté de forcer un barrage, Rouget fait faire une trentaine d'arrestations. Mais, dans les incidents, il a été renversé et-piétiné.

En juillet 1936, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite et quitte son poste en décembre cette même année. À son départ, il est nommé directeur adjoint honoraire à la Préfecture de Police.

Michel Rouget meurt le 22 août 1948 à Clermont-Ferrand, où il s’était retiré. Il était âgé de 73 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

Décoré en juillet 1910 d’une médaille d’argent pour actes de courage et de dévouement, suite aux inondations de la Seine du début de cette année, il avait obtenu une autre médaille d’argent, de la Prévoyance sociale, en avril 1934. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur par le préfet de police Jean Chiappe en juillet 1930. La décision mentionnait qu’il était un « fonctionnaire des plus consciencieux, occupant avec le plus grand dévouement le poste qui lui est confié. »

Blason de la famille Tréhu de Monthiéry, épouse de Michel Rouget

 

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