François Lauze naît le 20 mai 1857 à Saint-Julia-de-Bec (Aude). Il est le fils d’Anne Rougé et de son mari Jean Baptiste Lauze. Son père est cordonnier ; selon son arrière-arrière-petit-fils, Laurent Ghirardi, en tant qu’artisan, le cordonnier Lauze « demandait à ses ouvriers qu'ils changent chaque semaine de main pour travailler afin qu'en cas d'accident ils puissent continuer à travailler. »
Lors de son enregistrement pour ses obligations militaires en 1877, François Lauze est noté comme étant de religion catholique et exerçant aussi la profession de cordonnier dans le village de Fitou (Aude). Il va faire quatre ans de service, étant incorporé à Narbonne au sein du 81e régiment d'infanterie en novembre 1878. Il part avec son unité en avril 1881 en Algérie où, selon son livret militaire, il « A fait partie des colonnes appelées à réprimer les mouvements insurrectionnels sur le territoire algérien ». Il revient en métropole en novembre 1882 et est démobilisé le mois suivant.
Reparti en Algérie à titre personnel, il est domicilié en 1883 à Souk-Ahras, dans la province de Constantine. Il rejoint rapidement Alger où il est élève infirmier de l’école professionnelle située dans l'hôpital de Mustapha, commune de l’agglomération algéroise. Il est promu infirmier de 1e classe en novembre 1887. Il va effectuer toute sa carrière au sein de cet établissement civil, exerçant depuis au moins 1892 la fonction de concierge. Selon Laurent Ghirardi (son arrière-petit-fils), il était de ce fait « une personne importante, des personnes s'adressaient à lui par courrier pour obtenir un rendez-vous auprès de médecins de l'hôpital ! »
En août 1888 François Lauze épouse à Mustapha Marie Duteil, couturière, qui vit dans la même ville et est originaire de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Ils résident au sein même de l’hôpital.
La cinquième pandémie de choléra, qui se déclenche en 1881 dans le delta du Bengale (Inde) se propage en Afrique et en Europe et arrive en Algérie en 1896. François Lauze est chargé de la garde de l'ambulant d'El-Kettar (quartier d’Alger, situé au-dessus de Bab El Oued). Il obtiendra pour cela la médaille de bronze des Épidémies en août 1896.
Chargé de la garde de l’établissement civil le plus important d’Algérie, François Lauze se prend d’intérêt à l’aménagement de son espace. Il adhère en 1895 à la Société d’horticulture d’Alger et sera l’un des fondateurs de l’Amicale des jardiniers et horticulteurs. Le quotidien La Dépêche algérienne décrit ainsi son rôle (9 août 1898) : « le concierge, M. François Lauze, qui entretient avec un soin jaloux les deux petits parterres situés à l’entrée même de l'hôpital. Chaque saison est un changement de décor et la mise en scène est aussi brillante que variée. Roses au printemps, verveines, hibiscus, cannas en été, chrysanthèmes en automne et pensées en hiver, attirent les regards des passants, malades ou visiteurs, qui ne peuvent s’empêcher d’admirer le bon goût de M. Lauze et le féliciter de son savoir en horticulture. »
François Lauze tenait également la buvette de l’hôpital « ce qui lui permettait de connaître beaucoup de personnes et surtout d’augmenter ses revenus », selon Laurent Ghirardi.
Dans le domaine social, François Lauze est mis en cause en février 1899 par le quotidien antisémite L'Express algérien qui prend le titre de L’Antijuif, qui lui reproche de réunir les ligueurs dans une des salles de la mairie de Mustapha ; la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen a été fondé l’année précédente, dans le contexte de l’affaire Dreyfus. Mais, affichant également son patriotisme, François Lauze souscrit, le même mois pour la construction du sous-marin « L’Algérie » destiné à la marine nationale. Il est en avril 1899 secrétaire du conseil d'administration de la Bourse du travail de Mustapha, le regroupement local des syndicats. Il est l’un des sociétaires de l'Association amicale et de prévoyance des employés civils de l'Algérie en 1911. Il sera en 1919 président du Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique.
Lauze s’engage également dans de très nombreuses autres activités civiques. Depuis 1895 et jusqu’au moins 1906, il est membre de la Société protectrice des animaux. En 1919, il est vice-président de la Société coopérative des patrons limonadiers La Fourmilière, également vice-président de la Société amicale Les Enfants de l’Aude.
Parallèlement à son engagement social, François Lauze est franc-maçon et participe aux travaux de la loge Le Delta dont il est mentionné comme participant en 1906 et le reste en 1919.
Du fait de son statut social, les deuils familiaux qui touchent François Lauze son largement relayés, en particulier dans la franc-maçonnerie. C’est le cas du décès de son épouse, en février 1906, de son fils aîné Gaston en septembre 1906 puis de son deuxième enfant, sa fille Marguerite en mai 1907. À la disparition de sa femme, François Lauze avait la charge de cinq enfants, dont le plus jeune, Jean, alors âgé de deux ans, va devenir peintre.
Libéré des obligations militaires depuis novembre 1903, François Lauze n’est pas mobilisé pendant la première guerre mondiale ; son deuxième fils, Pierre, sert dans l’aviation.
François Lauze meurt le 27 novembre 1919 à Kouba, commune de la proche banlieue sud-est d'Alger, dans un accident ferroviaire.
Plusieurs articles rendent compte de l’accident, notamment dans les quotidiens algérois La Dépêche algérienne, L’Écho d’Alger et Les Nouvelles. Selon leur récit, François Lauze rendait visite à sa fille Jeanne, institutrice un jeudi (jour non travaillé dans les écoles) à Beni-Amrane, ville kabyle à une soixantaine de kilomètres d’Alger. En arrivant en gare de Rouïba, aidant une jeune fille à descendre des paquets, il fait une chute, et est écrasé par un wagon. Outre le faire-part de la famille, six institutions rendent compte du décès dans la presse le même jour : La Fourmilière, Les Enfants de l’Aude, la Société d’horticulture, l’Amicale des jardiniers, le Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique et la loge maçonnique Le Delta.
Âgé de 62 ans, François Lauze était père de six enfants, dont trois étaient encore vivants. Il avait été décoré de la médaille de bronze de l’Assistance publique en décembre 1912.
François Lauze, arch. fam.
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