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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 00:01

Suite de la biographie de Salomon Hirsch

S’intéressant à son environnement social, l’industriel Salomon Hirsch est un membre fondateur de la caisse des écoles 8e arrondissement de Paris en 1890. Il s’engage en politique de manière publique en 1893. En juillet, selon le quotidien Le Temps, « un groupe important de républicains radicaux socialistes a offert à M. Salomon Hirsch, industriel à Clichy, la candidature dans la 3e circonscription de Saint-Denis », un arrondissement du département de la Seine. Il s’agit d’une nouvelle circonscription, créée par dédoublement de celle de Neuilly. Elle comprend les communes de Clichy et Levallois. Dans ce scrutin, il fait face à François Xavier Trébois, maire de Levallois, ancien séminariste puis diacre catholique, devenu créateur d’un groupe de libre-pensée et se revendiquent, lui aussi du radical-socialisme. C’est alors une tendance importante, mais il n’existe pas de parti national et l’unité des candidatures locales n’est pas une règle absolue.

La presse antisémite, qui est légale, attaque vivement les ambitions de M. Hirsch. Ainsi, le quotidien La Libre Parole, du polémiste d’extrême-droite Édouard Drumont, écrit-elle « On nous signale le Juif Salomon Hirsch qui pose sa candidature dans cette circonscription. La population ouvrière de Levallois-Clichy douchera comme il convient ce youpin capitaliste ». Le journal va mener une propagande active, mettant en cause par exemple son rôle d’employeur le 7 août : « On lui a également demandé combien il payait ses ouvriers. — Cinq francs par jour ! a-t-il répondu. — Trois francs avant la période électorale, a riposté un électeur. »

De tendance radicale, L’Événement lui offre une tribune, considérant sous la plume de Jean de Solanges qu’il « semble tenir la corde ». Pour lui, l’industriel de Clichy « est jeune, a trente ans à peine ; mais c’est un travailleur infatigable ; c’est à son intelligence qu’il doit la position qu’il occupe ». Il voit l’opportunité que siège « un esprit dégagé de toutes les préoccupations personnelles, de toutes les haines, de toutes les intrigues qui ont tant fait de tort à l’ancienne Chambre. »

Présentant son programme, Hirsch demande la séparation de l’église et de l’État, soutient l’introduction d’un impôt progressif sur le revenu et la suppression des droits d’octroi. Il préconise « le droit à une pension de retraite pour les ouvriers comme pour les fonctionnaires, des lois de protection en faveur de l’enfant et de la femme dans les usines. »

La candidature de Hirsch est un échec ; il se contente de 590 voix, soit 5,6% des 10 989 suffrages exprimés pour 10 591 votants sur 15 024 inscrits. Arrivé en sixième position des sept candidats, il se désiste en faveur du candidat socialiste, Alexandre Avez, employé, membre du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, qui l’emporte au second tour face à Trébois.

Après le vote, La Libre Parole poursuit en septembre 1893 ses attaques antisémites, prétendant que Salomon Hirsch n’aurait pas payé ses afficheurs, concluant : « Comme on le voit (…) il est bien juif ». Le journal devra cependant quelques jours plus tard lui donner acte de ce qu’il avait bien réglé ses factures.

Lorsque L’Aurore lance, en décembre 1898 une pétition « contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, l’héroïque artisan de la révision » du procès du capitaine Alfred Dreyfus, 25 membres et alliés de la famille de Salomon Hirsch la signent, dont lui-même, sa mère, ses deux fils et au moins une de ses filles. On retrouve Salomon Hirsch et ses fils avec ses beau-père et beau-frère souscrivant, en octobre 1902, toujours dans à un appel de la Ligue des droits de l'Homme et du citoyen pour édifier un monument à Émile Zola, lancer du J’accuse qui permit de faire éclater l’affaire Dreyfus.

À suivre

Portrait Salomon Hirsch 1928

 

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 00:01

Début de la biographie de Salomon Hirsch

Hirsch Salomon naît le 7 décembre 1865 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il est le fils de Rousse Clara Strauss et de son mari, Samuel Salomon, négociant. Bien que sa mère soit native de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et son père de Nîmes (Gard), leurs deux familles sont originaires d’Alsace. Après Marseille, la famille vit à Orange (Vaucluse) en 0867 puis à Limoges (Haute-Vienne) en 1869.

Les parents vivront séparés à partir des années 1870. En 1879, Hirsch Salomon vit avec sa mère à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire. En novembre 1881, âgé de 16 ans, il est condamné par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris à 25 francs d’amende pour « outrages et violence aux agents » ; il sera réhabilité par la cour d’appel de Paris en juillet 1894.

Titulaire d’un brevet simple de l’enseignement primaire, Hirsch Salomon devient instituteur en 1882 et le reste deux ans. La réforme engagée par Jules Ferry, rendant l’enseignement public, laïque et obligatoire, avait nécessité le recrutement rapide d’enseignants. En 1885, il s’engage dans l’armée. Il sera réformé à cause d’une affection organique du cœur.

Il devient membre de la Société des agriculteurs de France en février 1891, et est concessionnaire de la provende Garreaud, rue du faubourg Saint-Honoré à Paris, vendant des produits d’hygiène, de santé et de nourrissage pour animaux. Il ouvre ensuite un commerce dans le même domaine à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine) rue Honnet en 1894, puis le déplace dans la commune voisine de Clichy en 1896, rue de l’Assomption. Il l’exploite jusqu’en 1905. Il obtient des médailles d’or lors de foires-expositions en France à Paris (1890), Orléans (1891) ou un grand-prix à Poitiers (1899).

En décembre 1891, Hirsch Salomon épouse à Paris (8e arr.) Léa Strauss, fille d’un industriel, né aux États-Unis. C’est vers cette date qu’il décide de changer son appellation : il se présente désormais comme « Salomon Hirsch », faisant de son prénom un patronyme et de son nom un prénom d’usage.

Parfois en association avec son beau-père, Granville Strauss dit Smith, Salomon Hirsch va investir aussi dans l’industrie. Il préside ainsi en juillet 1896 la Société nationale des inventions nouvelles, dont Strauss est administrateur. Il acquiert aussi en 1896, à Clichy, une entreprise de tentures artistiques.

Il achète, en mai 1894 la société L’Épine & Cie qu’il transforme en Compagnie française des fonderies nouvelles, consacrée à la fabrication du nickel, à partir de minerai provenant de Nouvelle-Calédonie. Il obtient deux médailles d’or aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900. L’usine, installée rue Rennequin à Paris (17e arr.) emploie une cinquantaine d’ouvriers.

Pour défendre les intérêts professionnels du secteur, Salomon Hirsch prend l’initiative de constituer, en novembre 1896, la Chambre syndicale du nickel et de ses alliages. Il en est élu président. Invoquant des raisons de santé, il vend en 1901 son usine et cesse provisoirement ses fonctions à la Chambre syndicale du nickel.

La question coloniale intéresse beaucoup Salomon Hirsch, aussi bien à propos de l’agriculture que de l’industrie. Il fonde un Syndicat colonial en 1898, qu’il préside et adhère à la Ligue coloniale française, siégeant à son comité directeur.

Pour soutenir la connaissance de ces questions, Salomon Hirsch devient un éditeur de presse. Il est directeur du quotidien La Politique coloniale entre 1890 et 1892 et un des fondateurs d’un autre journal, La Dépêche coloniale. Il dirige également une publication agricole, L’Avenir des campagnes.

À suivre

Portrait Salomon Hirsch, 1898

 

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