Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 01:01

Début de la biographie de Georges Defert

Georges Maurice Defert nait le 5 avril 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Clémentine Enault et de son époux Charles Defert, menuisier. La famille s’installe peu après à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le père ouvre un atelier de menuiserie dans leur logement, 30, rue de Créteil (act. rue du maréchal Leclerc).

Dès l’âge de 13 ans, Georges Defert devient apprenti menuisier dans l’atelier paternel. Après la mort de son père en octobre 1919, c’est sa mère qui en reprendra la gestion.

Au début de la première guerre mondiale, Georges Defert s’engage pour la durée de la guerre dans le génie (1er RG puis 11e RG). Il est cité à l’ordre du 4e corps d’armée en août 1915. Blessé à Perthes en septembre 1915, il est de nouveau cité, à l’ordre des armées, en octobre 1915. En mai 1918, Defert est promu caporal. Démobilisé en août 1919, il obtient la croix du combattant volontaire en juillet 1936.

Le mariage de Georges Maurice Defert avec Madeleine Cécile Haas a lieu en novembre 1921 à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine). Ils auront deux enfants.

Après-guerre, Georges Defert et son frère Raymond poursuivent l’activité de la menuiserie familiale à Joinville. Un violent incendie en février 1933 les met au chômage et les contraint à s’installer provisoirement dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. Les conditions d’intervention des sapeurs-pompiers émeuvent les voisins, qui lancent une pétition demandant de les équiper de bottes. Le conseil général leur attribue des secours.

C’est à partir de 1925 que Defert s’implique dans la vie politique locale. En avril, il fait partie du Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, qui soutient la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par Henri Vel-Durand, ancien radical-socialiste qui a rassemblé les libéraux et conservateurs. Le comité est présidé par Félix Soulié. En mars 1935, Defert participe à la transformation du comité en Union des républicains, centrée sur les activités municipales, ce qui lui permet de rassembler l’ensemble de la droite joinvillaise. La nouvelle organisation a pour président René Kirbühler, futur adjoint au maire tandis que Léon Lesestre, qui était à la tête de l’ancien comité et deviendra maire suite au scrutin de mai, est nommé président d’honneur.

L’Union des républicains de Joinville a son siège au café de Paris, place de la Gare. Son programme vise à la diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales.

Pour le scrutin de mai 1935, la municipalité sortante, élue dans le cadre du Bloc des gauches, unissant radicaux-socialistes et socialistes SFIO, s’est réduite aux premiers. La SFIO et les communistes présentent chacun une liste. Pour sa part, l’Union des républicains rassemble l’essentiel de la droite. Georges Defert, toujours menuisier, figure sur la liste qui emporte, au second tour, 25 des 27 sièges à pourvoir, tandis que deux communistes sont élus sur la liste unifiée de la gauche, les radicaux n’ayant pas d’élu. Léon Lesestre devient le premier magistrat.

Au premier tour, Defert avait recueilli 919 voix pour 2 856 suffrages exprimés (32,2%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il joue un rôle politique dans le conseil, étant notamment élu délégué sénatoriale en septembre 1935. Il s’occupe également de la passation des marchés municipaux.

Defert est en 1936 le président de la section de Joinville du Parti social français (PSF), formation d’extrême droite du colonel de La Rocque, fondateur des Croix de Feu, dont la devise est « travail, famille, patrie ». À ce titre, il co-organise une réunion pour le canton de Saint-Maur le 17 décembre, mais elle est interdite. Le PSF tient une permanence à Joinville au café Clerté, rue de Paris. En avril 1937, sa section accueille au cours de sa réunion mensuelle La Rocque.

Si la politique du PSF est clairement réactionnaire, François de La Rocque, le PSF ne soutint pas le régime de Vichy en raison de son caractère antisémite et défaitiste. En 1942, quand un nouveau conseil municipal est nommé, la plupart des colistiers de Lesestre figurent encore à ses côtés, mais pas Defert.

A suivre

Georges Defert

 

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 00:01

Suite de la biographie de Marcel Bardiaux

Après son service militaire, Marcel Bardiaux poursuit son activité sportive en kayak de course et de descente. Il exploite un atelier de fabrication de bateaux au 77, quai de la Marne à Joinville-le-Pont, qui produit trois types de kayaks : Kette, Étoile et Bardiaux, version pliable reproduisant son bateau personnel.

En octobre 1935, Marcel Bardiaux épouse à Joinville Angèle Cochois, couturière.

Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale dans la marine, il est, en février 1940 condamné à 5 francs d’amende pour blessures involontaires pour avoir heurté un autre véhicule avec celui qu’il conduisait à Cherbourg. Selon son témoignage, il est fait prisonnier et s’évade deux fois durant la deuxième guerre mondiale avant d’être repris. En 1943, il a repris son activité sportive de kayakiste et fait une descente du Verdon, dans les Alpes du sud.

Si l’attitude de Marcel Bardiaux pendant le conflit n’est pas connue, il a exprimé son opinion dans un de ses ouvrages, Entre deux tours du monde (1995). Parlant d’une grande croix de Lorraine, construite près de Camaret-sur-Mer (Finistère), la croix de Pen Hir, au mémorial aux bretons de la France Libre, il écrit en évoquant le général de Gaulle et le maréchal Pétain : « On ne comprend pas très bien la raison d'un tel gaspillage, destiné avant tout à encenser une personne qui commit pourtant bien des erreurs, ne serait-ce que celle d'avoir fait enfermer un valeureux soldat qui fit tout ce qu'il put pour sauver son pays, et non bien à l'abri derrière un micro étranger ». Ce qui permet au quotidien Libération de conclure en 1997 que Bardiaux était pétainiste.

À la fin de la guerre, Bardiaux achète en librairie les plans d’un voilier, signés de l’architecte Henri Dervin. Il le construit en modifiant considérablement les plans : les lignes d’eau sont allongées, le pont et le roof renforcés. C’est un cotre de 5 tonneaux  et de 9 m. 30, qu’il baptise Les Quatre-Vents.

Tout en restant sur les bords de Marne, il déménage de Joinville pour la commune proche du Perreux-sur-Marne, 6, rue Patou. Il a une nouvelle compagne, Mary.

Il quitte le port du Havre (Basse-Seine, act. Seine-Maritime) en février 1950 pour un tour du monde de huit ans et 543 escales. Il gagne Arcachon, d’où il part en octobre 1950. Après une escale aux Canaries, il relâche à Dakar. Il traverse et arrive à Rio de Janeiro après vingt-huit jours de mer. Selon un article signé Sergio, sur le site Plaisance-Pratique « Ses rencontres sont tumultueuses, son caractère tranchant ». Il visite le Brésil et en mars 1952, puis passe le cap Horn le 12 mai 1952. Il emprunte les canaux de Patagonie, passe Chiloé et arrive à Valparaiso où il va rester plusieurs mois pour remettre Les Quatre-Vents en état.

Il poursuit la grande boucle par Tahiti, la Nouvelle Zélande et s’échoue sur les coraux en Nouvelle Calédonie. Il rentre par le Cap, le Brésil, les Antilles, les Bermudes et New York. Il est de retour à Paris en 1958.

Sa mère décède d’une crise cardiaque quand on lui avait apporté la nouvelle de la disparition (fausse) de son fils, en mars 1957.

Le récit de sa première circumnavigation est publié, en deux tomes, aux éditions Flammarion, à Paris, sous le titre Aux 4 vents de l'aventure. Le premier volume, Défi au cap Horn, sort en 1958 et porte sur le trajet jusqu’au Chili et à Tahiti. L’année suivante, le volume deux est sous-titré Par le chemin des écoliers et raconte la traversée des océans Pacifique et Indien puis Atlantique.

L’ouvrage, qui connaîtra une traduction en anglais, connaît un certain succès, même si son style n’est pas unanimement apprécié. Ainsi, le Journal de la Société des océanistes commente « Quant au navigateur, sa particularité est son tempérament de lutteur, sympathique quoique un peu fatigant, à la longue, pour le lecteur. Les descriptions maritimes sont excellentes et intéressantes ; celles des pays, aussi bien océaniens qu'indiens ou atlantiques, très superficielles. »

Ayant abandonné toute activité professionnelle, Marcel Bardiaux va désormais vivre des recettes que lui procurent ses ouvrages. Il se fâche avec ses éditeurs parisiens, publiant en 1959 Coupé par l'éditeur ! (Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1959), une plaquette de 16 pages où sont regroupés des passages non publiés du manuscrit d’Aux 4 vents de l'aventure, notamment certains de ces passages concernent Tahiti.

A suivre

Partager cet article
Repost0
4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 00:01

Début de la biographie de Marcel Bardiaux

Marcel Bardiaux naît le 12 avril 1910 à Clermont-Ferrand. Il est le fils de Marie Eugénie Amblard et d’Eugène Paul Bardiaux, facteur. Selon son témoignage, son père meurt à la fin de la première guerre mondiale et sa mère le confie à un orphelinat à Paris ; il s’en échappe à onze ans et cherche à embarquer sur un grand voilier au Havre. La police le ramène chez sa mère.

En 1930, Marcel Bardiaux vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il est artisan électricien depuis 1928. Sur le plan sportif, c’est un des meilleurs kayakistes français. Il est le premier français à utiliser en compétition la technique de l'esquimautage en 1932, obtient le titre de champion de France, reste le meilleur descendeur jusqu'en 1948 et domine, avec Eberhardt, la course en ligne de 1934 à 1939.

Marcel Bardiaux aurait réalisé une traversée de la Manche en kayak. Selon le témoignage qu’il livre au journal L'Homme libre, il a fait de grandes randonnées sur son canoë Belle -Etoile à travers toute la France quand il se lance dans une traversée de l'Europe. Il utilise un canoë de cinq mètres de long, où il a placé ses bagages, dont sa tente, un réchaud et un bidon d'eau potable, dans des sacs insubmersibles.

Il raconte son périple dans l’hebdomadaire Match. Parti de Joinville le 4 mai 1930, il remonte la Marne, emprunte des canaux puis transporte son canoë démontable sur un charriot jusqu’aux sources du Danube, traverse l'Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie. Il rejoint la mer Noire le 23 août en Bulgarie, essuie une tempête puis rejoint Constantinople (act. Istanbul, Turquie) où il répare son bateau.

Il revient par la mer de Marmara et les Dardanelles, mais casse de nouveau son canoé en doublant le mont Athos et doit s’arrêter trois semaines à Salonique pour remettre la Belle-Etoile en état de poursuivre son voyage. Il atteint le port d’Athènes, Le Pirée, le 11 novembre après une traversée très mouvementée. Mais on lui déconseille de prendre la mer au travers de l'Adriatique, la météo, étant très défavorable. Il emprunte donc un cargo pour rejoindre Naples, où on lui refuse le droit de débarquer, et poursuit donc jusqu’à Marseille.

Il gagne Sète par la mer, puis par le canal du Midi atteint Toulouse après avoir passé une centaine d'écluses. Via la Garonne, il rejoint Bordeaux. Il comptait rentrer à Paris via l'Atlantique et la Manche mais il reçoit une lettre de sa famille lui annonçant son incorporation au service militaire pour le mois de mars. N’ayant plus le temps de suivre son projet, il traîne son chariot jusqu'à Orléans puis rejoint Paris via les canaux, le Loing puis la Seine. Il campe les trois derniers jours sous la neige et le gel. Il accoste près du Pont-Neuf à Paris le 1er mars 1931, accueilli par quelques amis et la presse sportive. Il avait parcouru 11 000 kilomètres en pagayant.

À suivre

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 00:01

Marcel Miot naît le 18 mars 1897 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’Adèle Auberting, blanchisseuse, et de son mari Théophile Miot, sellier, qui vivent passage Saint-Bernard. Il exerce la profession de tapissier.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale en août 1916, Miot sert dans le 33e régiment d’infanterie. Il est grièvement blessé par balle et par éclats d’obus en octobre 1917 à Het Sas, dans le quartier de Boezinge de la ville d'Ypres (Flandres occidentale, Belgique). Il est réformé en juin 1918 et bénéficie d’une pension qui sera augmentée à plusieurs reprises et portée à 85% en mars 1939.

Son comportement pendant le conflit lui vaut de recevoir la croix de guerre avec palmes ainsi que la médaille militaire en février 1918. Il est décrit ainsi : « Très bon soldat, plein d’énergie et d’initiative, qui s’est remarquablement conduit en toutes circonstances. »

Exerçant le métier de fabricant de chaises, Marcel Miot épouse en novembre 1923 à Paris (11e arr.) Blanche Joséphine Girey, représentante en broderie. Ils divorceront à Pontoise en octobre 1928.

Résidant désormais rue de Charonne, Marcel Miot se remarie en juillet 1932 à Paris (12e arr.) avec Olga Martin. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, où ils vivent avenue du Parc.

Lors des élections municipales partielles, convoquées en octobre 1934 pour pourvoir à la vacance de dix postes de conseillers municipaux suite à des démissions ou décès, Marcel Miot est candidat sur la liste des républicains indépendants conduite par Henri Pélissier. La liste arrive en seconde position, avec 25,5% des suffrages exprimés, derrière une liste de droite, menée par Charles Chaussée (37%) devant les deux listes de gauche, les communistes de Robert Laforest (17,8%) et les socialistes SFIO de Robert Derivière (17,6%). Miot obtient 584 voix pour 2297 exprimées (25,4%) sur 2360 votants pour 3225 inscrits.

Avant le second tour, la liste des républicains indépendants se retire au profit de la concentration républicaine, qui l’emporte face aux communistes qui bénéficient du désistement des socialistes.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Miot rejoint cette fois l’Union des républicains, fortement marquée à droite, revendiquant rassembler des « hommes d’ordre et d’action. »

Conduite par Léon Lesestre, la liste de droite arrive en tête au premier tour (32,6%) devant celle du groupement des gauches d’Émile Briolay (radical-socialiste, 26,8%), les communistes de Robert Deloche (23,5%) et les socialistes SFIO de Robert Derivière 12,3%). Miot obtient 922 voix pour 2856 exprimées (32,3%) sur 2923 votants pour 3433 inscrits.

Le second tour voit la fusion des listes de gauche et le maintien des deux autres. L’Union des républicains remporte 41% des votes et 25 des sièges à pourvoir, en laissant deux aux communistes (39%), les radicaux étant éliminés (20%). Miot est élu avec 1155 voix pour 2899 exprimées (39,8%) sur 2924 votants.

L’entreprise de fabrication de sièges de Miot, située rue Godefroy-Cavaignac à Paris (11e arr.) connaît des difficultés et est placée en liquidation judiciaire par jugement en décembre 1936. En avril l’année suivante, Miot signe un concordat avec ses créanciers pour rembourser en six ans 70% du montant des créances.

Marcel Miot meurt le 1er octobre 1942 à Joinville. Il était âgé de 45 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants.

 

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 01:01

Albert Jules Gallas naît le 28 décembre 1865 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Julie Michel, journalière, et de son époux Jacob Gallas, modeleur.

La famille vit ensuite à Meaux (Seine-et-Marne) puis à Bar-sur-Aube (Aube) entre 1874 et 1880. Albert Gallas étudie au collège de Bar-sur-Aube où il obtient de bons résultats, notamment les deux premiers prix d’excellence en 1878 (année préparatoire) puis en 1879 (enseignement spécial).

Revenue en 1881 à Meaux, les Gallas sont en 1886 résidents à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1891 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. Le domicile familial du centre de la commune, allée des Marronniers, accueille les huit enfants survivants, dont Albert est l’aîné, ainsi que le mari de sa sœur cadette et son jeune enfant.

Après son mariage en avril 1893 à Joinville avec Marie Émelie Huardeau, fille d’une libraire musicale du quartier, les époux Gallas s’installent avec les deux enfants nés avant leur union dans le quartier de Polangis, où il exploite une fonderie de cuivre 7, boulevard de Polangis.

À partir de 1904, Gallas va jouer un rôle significatif dans l’action publique locale. Il est président, en 1908, de la Société Athlétique de Joinville. Il est également correspondant de l’hebdomadaire radical Voix des communes depuis décembre 1907 ; il contribue toujours à la chronique joinvillaise du principal journal local encore en août 1909.

Son engagement principal est au sein du comité radical-socialiste. Cette organisation existe depuis au moins 1885, en tant qu’instance électorale, et est devenue en 1902 une structure permanente du parti radical-socialiste. Gallas en est le président depuis au moins 1907 et jusqu’en 1911.

Pendant cette période, le radical-socialisme est la tendance politique dominante dans la commune et dans l’ensemble de la 2e circonscription de l’arrondissement de l’arrondissement de Sceaux, dans le département de la Seine. Le député, Adolphe Maujan, comme le conseiller général, Conrad Auguste Gross, et le conseiller d'arrondissement Henri Vel-Durand, sont radicaux. En 1908, 21 des 23 élus du conseil municipal, dont le maire, Eugène Voisin, sont également radicaux. Le comité compte 80 adhérents en 1910, soit 5% des 1 590 électeurs inscrits l’année précédente. Le journal Voix des communes est un puissant vecteur d’opinion.

Très à gauche par rapport au reste du radicalisme et fortement anticlérical pendant ses premières années, le comité radical-socialiste est cependant plus modéré depuis le début du 20e siècle. Il s’est séparé des socialistes, qui faisaient liste commune avec lui jusqu’en 1888.

Le poids du radicalisme s’était construit à la fin du 19e siècle, qui avait vu la circonscription et le canton échapper à la montée du populisme boulangiste, contrairement au reste de la banlieue parisienne ; les radicaux joinvillais y avaient joué un rôle majeur : Jules Ferdinand Baulard (conseiller municipal puis conseiller général puis député pendant 12 ans), Alphonse Demeestère, conseiller municipal et président du comité radical-socialiste de la circonscription ainsi qu’Henry Vaudémont, conseiller municipal et rédacteur en chef de Voix des communes.

Mais, sous le mandat de Gallas, cette hégémonie va progressivement disparaître. En 1909, le joinvillais Henri Vel-Durand a l’investiture officielle des radicaux-socialistes, mais c’est Auguste Marin, également radical, mais dissident, maire de Saint-Maur-des-Fossés, qui est élu. En 1910, Maujan étant devenu sénateur et s’éloignant des radicaux-socialistes officiels, son successeur Amédée Chenal ne se représentant pas, le radical Adolphe Chéron est battu par le socialiste Albert Thomas.  

Quant à Joinville-le-Pont, la vieillesse du maire Eugène Voisin, qui ne veut pas se représenter en 1912, va précipiter une crise au sein du conseil municipal et du groupe radical.

Dès 1908, l’ambition de Vel-Durand se heurte au point de vue d’autres élus, comme Louis Rey, le principal propagandiste du groupe et teneur de la rubrique joinvillaise de Voix des communes ou Georges Émile Briolay, adjoint d’Eugène Voisin. Gallas défend la légitimité du groupe contre les tentatives de Vel-Durand et affirme haut et fort que c’est bien le comité qui patronne la liste.

En février 1909, lors d’une réunion électorale radicale pour l’élection législative partielle, le journal Voix des communes doit constater que si les responsables officiels, Gallas, Rey et Briolay sont là, de nombreux radicaux sont absents. L’échec législatif de 1910 et les tensions dans le groupe amènent quatre démissions dans le groupe, dont trois élus (Watrinet, Arnaud et Beauvais).

Plusieurs affaires locales sont prétextes à de violentes mises en cause. Sept conseillers municipaux donnent leur démission et six d’entre eux (Watrinet, Mermet, Poitevin, Arnaud Vel-Durand et Beauvais) sont candidats à leur réélection en mai 1911. Ils l’emportent, face à une liste du comité radical-socialiste sur laquelle figure le successeur d’Albert Gallas, qui a démissionné en mars de la présidence du comité, Henri Goujon. La liste des dissidents avait le soutien à la fois des socialistes SFIO et des libéraux, dont le leader est l’avocat Louis Gallas, non parent avec Albert.

Bien que démissionnaire, Gallas continue de défendre la municipalité sortante et de plaider pour une renaissance du groupe radical, polémiquant avec les dissidents. Mais les élections municipales générales de mai 1912 verront la défaite des radicaux face à leurs trois adversaires, coalisés au second tour. Pour la première fois depuis une quarantaine d’année, aucun radical officiel ne siègera au conseil municipal de Joinville.

Après avoir perdu en mai 1898 sa fille, âgée de 11 ans, Albert Gallas voit son deuxième enfant, Henri, mourir en juillet 1911, à 22 ans ; il travaillait avec lui à la fonderie de Polangis.

Albert Gallas était titulaire, depuis 1909, de la médaille de l’instruction et de l’éducation populaire. Son décès est transcrit sur le registre d’état-civil de Joinville le 31 décembre 1930. Il était dans sa 66e année.

 

Partager cet article
Repost0
22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 01:01

Adolphe Louis Breton naît le 27 février 1902 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Rosalie Eugénie Legout, veuve Coutable et de Charles Antoine Breton, emballeur, qui vivent rue du Viaduc.

Alors plombier, installé rue de la Liberté à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), Adolphe Breton se marie en avril 1922 avec Blanche Antoine. En avril 1941, il se remarie à Lyon (1er arr.) avec Clémence Marie Louise Chapelotte.

Résidant alors à Crançot (Jura, act. Hauteroche), où il est installateur sanitaire, Adolphe Breton est déporté le 29 février 1944 au camp de concentration de Dachau (Allemagne, act. Autriche). Il est transféré le 18 août 1944 à un autre camp de concentration, Mauthausen (Allemagne, act. Autriche). Le 31 août, il est affecté au commando Linz III, qui dépend de ce camp. Il est libéré le 5 mai 1945 et est rapatrié en France à Longuyon le 20 mai.

Adolphe Breton meurt le 9 mars 1992 à Paris (18e arr.). Il était âgé de 90 ans.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 01:01

Premier article de la biographie d’Alphonse Demeestère.

Joseph Alphonse Demeestère naît le 5 août 1816 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Marie Thérèse Vandeplancke et de Joseph François Xavier Demeestère, tous deux d’origine flamande. Son père est natif de Courtrai, ville incluse depuis 1815 dans le Royaume uni des Pays-Bas (act. Belgique). Il ne dispose pas, ainsi, à la naissance de la nationalité française.

Il est le septième des neuf enfants du couple. Ses trois frères aînés furent serruriers à Paris, tandis que le cadet était tailleur.

Avant 1840, Alphonse Demeestère épouse Philiberte Jojot, fille de vignerons de Blannay (Yonne).

Selon la nécrologie publiée par l’hebdomadaire radical Voix des Communes, Demeestère était un républicain et libre-penseur depuis ses vingt ans, militant pendant la révolution française de 1848. C’est en avril de cette même année que, comme deux de ses frères au moins, il demande et obtient la nationalité française.

Peut-être est-ce à cause de son militantisme républicain qu’il va travailler en Angleterre après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851 qui réinstaure un régime impérial en France. Après son retour, sous le second empire, Il se rapproche de sa famille et fabrique des bronzes trempés à l’huile dans le quartier du Marais, à Paris. Il vit rue des Petites-Écuries (10e arr.).

Le couple et leurs deux filles s’installent en 1863 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent un hôtel-restaurant avec chambres et appartements meublés, situé quai Beaubourg (act. quai du Barrage), sur la rive droite de la Marne. Site touristique pour les parisiens, Joinville dispose d’au moins huit hôtels en 1868.

À suivre.

 

Partager cet article
Repost0
9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 00:01

Louis Antoine Soyez naît le 13 octobre 1841 à Brie-Comte-Robert, Seine-et-Marne. Il est le vils de Françoise Anastasie Boulet et de son époux Jean Louis Soyez, vigneron.

Ses parents sont en 1869 blanchisseurs à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Lui-même est mécanicien dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où il épouse, en septembre 1869, Victorine Julie Robberechts.

Lors des élections municipales de janvier 1878, Louis Soyez est élu au sein du conseil municipal qui voit la victoire des républicains conduits par Gabriel Pinson sur les monarchistes de l’ancien maire, Louis Ferdinand Rousseau.

En octobre de la même année, veuf depuis l’année précédente, Louis Soyez, qui est devenu fabricant d’objets en plumes, se remarie à Joinville avec Adrienne Anaïs Ricq. Ils vivent rue du Canal. Plusieurs plumassiers sont répertoriés dans les communes environnantes et à Joinville, dont Jean Louis Frédéric Bardin auquel Soyez est lié.

Il quitte Joinville peu après et réside, auprès de ses parents, à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil. En 1879, une élection partielle remplace trois démissionnaires du conseil municipal de Joinville, dont probablement Soyez, qui n’est plus mentionné dans les activités communales.

Louis Soyez meurt le 17 février 1888 à Saint-Maur, à l’âge de 46 ans. Il était de nouveau veuf et père de trois enfants.

Encyclopédie Diderot et d'Alembert, Différents ouvrages du plumassier.

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 00:01

Suite de la biographie de Gustave Charton

En janvier 1897, Gustave Charton s’inquiète, dans une lettre publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes du sort des ouvriers de l’usine métallurgique du Bi-Métal à Joinville : « Il se produit en ce moment à la compagnie du Bi-Métal de Joinville (connue par la dernière grève et la déplorable catastrophe toute récente, où plusieurs personnes ont trouvé la mort), des faits absolument scandaleux. Les ouvriers employés dans cette usine gagnent de 0 fr. 35 à 0 fr. 40 de l’heure environ, et ne travaillent que la moitié de l’année à peu près, ainsi qu’en font foi quelques lettres qui sont en ma possession. C’est, il faut l’avouer, un assez maigre salaire et l’on se demande comment ces malheureux peuvent s’arranger pour vivre avec si peu de rétribution ; mais là ne s’arrête pas l’infamie capitaliste qui règne en souveraine maîtresse dans cette usine ; en effet, lorsque les ouvriers atteignent la soixantaine, et que la somme de travail produit commence à diminuer, on les jette à la porte comme des malpropres, ces termes sont tirés de la lettre criante de souffrance que m’adresse l’un de ces malheureux.  J’en connais qui depuis 15 et 20 ans travaillent sans discontinuer dans cette usine, et qui viennent de subir le sort accordé à tous ceux qui ont le malheur de voir leurs cheveux blanchir, et dont le travail ne concorde plus avec celui de l’ouvrier en pleine force l’âge. Et voilà ! On emploie des ouvriers, on les use, et lorsque la vieillesse les écrase de sa griffe, on les jette sur le pavé, sans se soucier de savoir s’ils n’ont plus qu’à choisir entre ces trois moyens de vivre : la mendicité, la prison ou l’hôpital. »

Le directeur de la Voix des communes, Gabriel Meynet, ancien maire d’Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), commente longuement l’article : « Charton qui, on le sait, est l’honnêteté et la droiture mêmes, en m’apportant l’article qu’on vient de lire, a tenu à me montrer les témoignages écrits des pauvres diables, mis brutalement à la porte, en plein hiver, comme on jette à la borne de vieilles savates hors d’usage. Ces serfs de l’usine où ils ont travaillé, à peine rétribué environ 1 fr. 75 par jour si l’on tient compte des chômages forcés dus sans doute à l’intermittence des commandes, sont plus mal traités que les esclaves antiques. Ceux-ci vieux, brisés, usés, avaient jusqu’au jour où ils crevaient dans quelques coins, la pâtée et un gîte. Ceux-là, comme dit Charton, ont pour perspective la mendicité, le vagabondage, l’hôpital, la prison.  On ne leur reprochera pas, j’aime à la croire, leur manque de prévoyance. Le pain de la vieillesse, eh, fichtre ! Comment le mettre de côté, quand celui du jour est à peine suffisant pour sa journée ? La bête humaine, dans sa nudité native est parfois singulièrement résistante. Arriver ainsi à la soixantaine, la dépasser et n’être pas si complètement déjetée qu’elle ne puisse dans son métier s’employer utilement ? Que M. le directeur n’aille pas s’imaginer que, de propos délibéré, je m’en prends à lui personnellement et à ses actionnaires de ces tristes conditions. (…) Toutefois, il me permettra de faire appel aux sentiments de solidarité, d’humanité qui sommeillent dans le cœur humain et qui, sous la pression des évènements terribles, en jaillissent en de splendides réveils. Il n’a pas oublié la lamentable catastrophe que rappelait Charton, il se souvient de ces morts et de ces vivants enfoncés sous les décombres, que fouillaient les ouvriers de l’usine au risque d’être écrasés par la chute d’un mur croulant. Ne fut-il pas lui-même parmi ceux que l’irréfléchi dévouement de ces hommes arracha à la mort ? N’en est-il pas parmi ceux qu’il vient de balayer qui ont contribué à ce magnifique sauvetage ? (…)

Le mois suivant, toujours dans le même journal, Charton dénonce des incidents avec un prêtre et la famille pendant la maladie de Robert, libre-penseur joinvillais.

De nouveau, en 1899, Charton vit à Joinville. Il est domicilié 8, rue du Pont, dans le même immeuble qu’un autre socialiste-révolutionnaire, Henri Martinet (1865-1932), ouvrier menuisier, syndicaliste, coopérateur, militant socialiste puis communiste et conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (1908-1925).

Jean Gustave Charton meurt le 5 février 1900 à Joinville. Son décès est déclaré à l’état-civil par son fils Fernand Alfred Charton, 23 ans, sous-officier au 153e régiment de ligne en garnison à Toul et par Alexandre Isidore Hénocq, 42 ans, militant du POSR à Joinville.

Ses obsèques rassemblent une assistance nombreuse de militants républicains, socialistes révolutionnaires comme radicaux-socialistes, avec notamment le député radical Jules Ferdinand Baulard, le maire de Joinville Eugène Voisin ou Adolphe Aureau, ancien maire de Saint-Maur. La presse radicale commente son décès. Pour Voix des communes, « Charton était un bon et ferme républicain, un libre-penseur convaincu, qui appartenait depuis un certain nombre d’années au parti ouvrier socialiste révolutionnaire, il comptait beaucoup d’amis parmi les groupes de la démocratie, qui avaient été à même d’apprécier sa loyauté, sa bonne foi, en même temps que la bonté de son cœur et sa courtoisie habituelle ». Le quotidien Le Radical voit en lui un « camarade de combat. »

Une des filles de Charton, Clarisse, épouse en octobre 1901 Alphonse Doret, petit-fils d’Alphonse Demeestère, ancien dirigeant des radicaux de la circonscription. Le mariage est célébré par le maire de Joinville Eugène Voisin tandis que le député Jules Ferdinand Baulard prononce un discours.

Un atelier de l'usine Bi-Métal, Joinville

 

Partager cet article
Repost0
14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 00:01

Suite de la biographie de Gustave Charton

Au cours de l'année 1887, Charton est le fondateur et secrétaire d’un Groupe d’études sociales et d’action politique de Joinville-Gravelle (un quartier de Saint-Maurice) ; il s’agit de la plus ancienne structure socialiste connue à Joinville. Le groupe a pour devise : « l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes ». Les réunions mensuelles ont lieu au café Bausse, Grande-Rue à Saint-Maurice. L’hebdomadaire radical Voix des communes salue la création du groupe.

Lors des élections municipales de mai 1888, Gustave Charton est candidat sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller sortant, et qui comprend également un autre socialiste-révolutionnaire, le tourneur et syndicaliste Jean-Baptiste Boguet (1853-1897). Une réunion publique, avec 300 électeurs présents selon l’hebdomadaire radical, adopte et la liste des candidats le 2 mai.

La liste républicaine modérée du maire sortant, Gabriel Pinson, obtient 17 élus dès le premier tour, et un autre au second ; les radicaux sont trois à rentrer dans le conseil au deuxième tour, Diot, Demeestère et Vaudey. Charton et Boguet sont battus.

Le scrutin législatif partiel du 27 janvier 1889, voit le républicain Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine, s’opposer au général Boulanger, qui remporte l’élection. Charton fait partie d’un groupe de Joinvillais ayant souscrit pour soutenir la candidature d’Édouard Jacques dans le journal La Lanterne.

Comme feue son épouse, Gustave Charton est un libre-penseur. Il participe au groupe anticlérical de la libre-pensée de Saint-Maur-des-Fossés en 1887, et est délégué par lui au congrès national en octobre 1891. Il est toujours affilié en 1899.

Ayant déménagé à Saint-Maur en 1892, il réside d’abord rue de La Varenne puis, en 1896, rue Bourdignon, dans le quartier du Parc. Charton milite au sein du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane (POSR). Il est candidat en mars 1896 lors d’élections municipales partielles, dans la 3e section électorale communale, qui couvre le quartier du Vieux Saint-Maur. Charton est élu au second tour avec trois autres socialistes-révolutionnaires.

Son mandat dure peu, puisqu’il est remis en jeu lors des élections municipales générales de mai 1896. Le réaménagement du sectionnement communal en trois secteurs au lieu de quatre fait que Charton se présente cette fois dans la 2e section (Saint-Maur Le Parc). Sa liste arrive en seconde position, derrière la liste républicaine progressiste (droite) mais devant les radicaux-socialistes. Les conservateurs emportent au second tour les huit sièges de la section et ont la majorité au conseil municipal avec 19 élus face à 8 radicaux.

A suivre

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens