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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 00:01

Gaston Louis Blanrue naît le 22 août 1886 à Paris (13e arr.). Il est le fils de Louise Lenoble, blanchisseuse, et de son mari Charles François Blanrue, tourneur sur métaux. Ils vivent avenue de Choisy.

Son père, également cycliste amateur, était un militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dans le treizième arrondissement de Paris. Il préside, en août 1889, une réunion publique en faveur de la candidature d’Onésime Prudent-Dervillers.

Faisant son service militaire à partir d’octobre 1907 au sein de la 37e division d’infanterie, Gaston Blanrue est réformé, à titre temporaire, en mai 1908 pour une « faiblesse générale » et une suspicion d’atteinte tuberculeuse. Rappelé en mai 1909, il est définitivement réformé en juillet la même année pour tuberculose pulmonaire. Il est, comme son père, tourneur sur métaux.

Pendant la première guerre mondiale, il est tout d’abord dispensé, du fait de son état de santé, le diagnostic étant maintenu en février 1915. Il est cependant rappelé en avril 1917 puis affecté, le mois suivant, aux usines Angat et Ditrey, à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé en octobre 1919.

Il s’est installé, en 1915, dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Palissy. Il réside route de Brie, qui sera rebaptisée pendant la guerre avenue du Général-Galliéni. En juillet 1918, Gaston Blanrue épouse une jeune veuve, Clotilde Marie Tapin, couturière. Devenu mécanicien il s’établit comme artisan et ouvre un atelier de mécanique générale adjacent à son logement.

Le 20 août 1944, la municipalité de Joinville est arrêtée par un groupe de résistants à l’occupation allemande et le comité local de Libération de la commune prend la direction de la mairie. Sur sa proposition, et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet nomme, par arrêté du 26 septembre 1944 une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont. Elle est présidée par le communiste Robert Deloche et comprend des personnalités généralement engagées dans la résistance, notamment des radicaux et des socialistes. Gaston Blanrue en est membre et fait donc fonction de conseiller municipal. Son mandat prend fin en avril 1945 avec la première élection municipale depuis la fin du régime de l’État français.

À 78 ans, Gaston Blanrue cesse son activité de mécanique à Joinville et ferme son entreprise en mai 1965.

Gaston Blanrue meurt le 30 juin 1977 à Créteil (Val-de-Marne) où il était probablement hospitalisé. Il était âgé de 90 ans. Il était père d’une fille et avait en outre adopté un neveu, fils posthume de son beau-frère.

Joinville-le-Pont, avenue Galliéni, années 1960

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 00:01

Émile Comte naît le 4 janvier 1903 à Fontaine (Aube), chez son grand-père, Joseph Baudry. Il est le fils d’Antoinette Baudry et de son mari, Joseph Comte, électricien, domiciliés à Paris (3e arr.), rue des Tournelles.

Devenu mécanicien après-guerre la première guerre mondiale, Émile Comte travaille en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) pour la société Télégic, une société d’optique plus tard incluse dans Lissac, absorbée ensuite par le groupe Essilor (act. Essilor –Luxxotica). Cette même année, il épouse à Bar-sur-Aube (Aube), Renée Louise Pingat, fille d’un garagiste de cette ville ; ils s’installent à Joinville, dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

Émile Comte est proche d’Henri Gaillon, également mécanicien à Télégic. Il participe avec lui à une souscription nationale pour les élections législatives lancée en décembre 1927 par le quotidien communiste L'Humanité. En décembre 1924, le syndicat des métaux de la CGTU (confédération proche du parti communiste) avait tenu une réunion à Joinville pour les opticiens de Télégic.

Au cours des élections municipales de mai 1929, Comte est candidat en seizième position sur la liste conduite par Roger Bénenson, sous le nom de Bloc ouvrier-paysan. Au premier tour, la liste communiste remporte en moyenne 18,4% des votes, derrière la municipalité sortante de droite (38,8%) et la concentration des gauches de Georges Briolay (42,8%). Comte recueille 339 voix pour 2 126 suffrages exprimés (15,9%) sur 2 969 inscrits

Au second tour, malgré le maintien de la liste communiste, les gauches radicale-socialiste et socialiste SFIO emportent 22 des 27 sièges à pourvoir avec 45,9% des votes exprimés, contre 41,6% à la droite, qui récupère les cinq autres postes, les communistes reculant à 12,5%.

Au début des années 1930, Émile Comte s’établit comme artisan mécanicien électricien. Il meurt le 17 novembre 1967 à Joinville. Il était âgé de 64 ans et père d’un enfant.

Sources : Arch. dép. Aube (état-civil) ; Arch. dép. Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections) ; Arch. dép. Paris (listes électorales) ; L'Humanité, quotidien, 1927/12/16 ; Le Petit Troyen, quotidien, 1925-1937 ; Tribune de l'Aube, quotidien, 1925.

Publicité de la société d'optique Télégic

 

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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 00:01

Louis Auguste Roussel naît le 10 juillet 1855 à Belleville (act. Paris, 18e arr.). Il est le fils de Joséphine Mélanie Geoffroy et de son mari Baptiste Roussel, accordeur de pianos.

En 1882, devenu ébéniste, il vit avec son père à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Voyette. Il épouse en juin dans cette ville Marie Louise Célina Horvate, veuve et rentière. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), impasse Jules Rousseau, à proximité du parc du Parangon où ils vivent en 1891. À ce moment, Roussel cesse peut-être le travail du bois puisqu’il se présente désormais comme propriétaire.

Dans sa commune, Roussel s’engage en politique avec les radicaux-socialistes. Il est en avril 1902, l’un des délégués de au sein du Comité d’union et d’action républicaines de la deuxième circonscription de l’arrondissement Sceaux. Le même mois, il est le secrétaire de la réunion publique qui se tient à Joinville et dans laquelle le député sortant, Jules Ferdinand Baulard, fait ses adieux politiques et annonce soutenir le candidat Adolphe Maujan « qui portera haut et ferme le drapeau de la République démocratique et sociale » selon Baulard. Il sera élu.

Lors de la transformation du comité électoral en structure politique permanente, en juin 1902 sous le nom de Comité républicain radical-socialiste de Joinville, Roussel est un des huit délégués de la nouvelle organisation, qui adhère au parti radical-socialiste récemment formé. Il est choisi, en avril 1907, pour être électeur sénatorial par le conseil municipal.

Nommé en avril 1905 par le préfet de la Seine membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance local, Roussel est également administrateur de la caisse des écoles. Lors des graves inondations de la Marne, au premier trimestre 1910, l’hebdomadaire Voix des communes remarque que grâce au zèle Roussel et du bureau de bienfaisance, « personne n’a eu faim ou froid. »

Suite à d’intenses polémiques dans la vie politique locale, six conseillers municipaux élus en 1908 démissionnent en 1911, dans un contexte où le maire sortant, en place depuis un quart de siècle et malade, a décidé qu’il quitterait sa fonction au prochain renouvellement. Emmenés par Henri Vel-Durand, les démissionnaires s’opposent violemment à la majorité radicale-socialiste, dont ils étaient membres sur nombre de sujets locaux : les voies d’accès au port de commerce sur la Marne, la vie dans les écoles, la gestion des œuvres sociales, etc. Si les radicaux-socialistes n’ont officiellement pas de liste pour ce scrutin, ils encouragent cependant la candidature de commerçants, derrière René Martin, sur laquelle on retrouve tout de même plusieurs radicaux, dont Roussel. La liste des dissidents, qui a le soutien des libéraux et conservateurs, mais aussi des socialistes SFIO, arrive en tête et obtient les sept sièges à pourvoir. Roussel n’est pas élu.

En juin, le comité radical-socialiste se réunit, dans une ambiance de « désarroi momentané » selon son hebdomadaire Voix des communes pour discuter de l’exclusion des dissidents. Il condamne une « campagne équivoque, haineuse, de mensonge » des trois membres du comité qui se sont présentés sur cette liste (Mermet, Poitevin et Vel-Durand) mais souligne en contrepartie « l’attitude digne » et la « campagne honnête » de Roussel et de ses collègues. Lors des élections municipales générales de mai 1912, suite à un accord de fusion au second tour, les dissidents radicaux alliés aux libéraux et conservateurs ainsi qu’aux socialistes SFIO battent les radicaux-socialistes.

Ayant perdu sa première épouse en mars 1914, Louis Auguste Roussel se remarie, en février 1922 à Joinville avec Juliette Octavie Munier. Il meurt le 8 juillet 1923 à Paris (4e arr.), où il était hospitalisé. Il était toujours domicilié à Joinville. Il était âgé de 67 ans et n’avait pas eu d’enfant. En novembre 1911, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

Inondations à Joinville-le-Pont en 1910

 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 00:01

Suite de la biographie de Charles Provin

Après la première guerre mondiale, Charles Provin n’est pas candidat lors des élections municipales en novembre 1919. Il continue cependant à avoir une influence politique, car le conseil municipal, alors composé majoritairement de radicaux dissidents, le désigne comme électeur sénatorial en décembre 1919 puis en mars 1925. Lors de ce dernier vote, il est sur la liste de l’Union républicaine des intérêts communaux qui l’emporte face à celle du Cartel des gauches, groupant la minorité du conseil (radicaux-socialistes et socialistes indépendants).

Il se présente, en mai 1925 en dixième position sur la liste de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux du maire sortant, Henri Vel-Durand, qui fait face à deux concurrents, le cartel des gauches de Georges Briolay (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants) et le parti communiste. La liste a pour programme l’application « sans rigueur et sans sectarisme » des lois de laïcité, le maintien de l’octroi pour les marchandises entrant dans le territoire communal et l’économie dans les dépenses budgétaires.

Les partisans de Vel-Durand obtiennent au premier tour en moyenne 47,5% des suffrages exprimés, devant les gauches du cartel (28,4%) et les communistes (21,1%) ; ils sont tous élus au second tour, malgré le retrait de la liste du PCF. Après la réélection en tant que maire d’Henri Vel-Durand, greffier, Stephen Durande et Charles Provin sont désignés comme adjoints au maire. S’il est solidaire du maire, Provin s’abstient cependant dans l’octroi d’un marché pour le chauffage des écoles en décembre 1925. Il s’oppose aussi en janvier 1928 à la création d’un poste de professeur de dessin pour les écoles.

Provin, comme Vel-Durand et le conseiller général Naudin ainsi que deux conseillers municipaux, Gillot et Liou, participe en juillet 1927 à une réunion de propagande de la Ligue des Jeunesses patriotes qui se tient au restaurant la Tête noire, quai Beaubourg à Joinville. Fondées par Pierre Taittinger, les Jeunesses patriotes constituent un mouvement nationaliste en France d’importance. L’hebdomadaire local la Gazette de l’Est compte 400 auditeurs et assure que les Jeunesses patriotes s’affirment républicaines, mais dénoncent la carence du gouvernement contre le communisme. Deux représentants de cette tendance viennent d’ailleurs apporter la contradiction.

Lors du décès de Vel-Durand en septembre 1928, Stephen Durande prononce un discours au nom des élus municipaux et est suivi de Provin, en tant que président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers.

Après le décès du maire, une élection partielle a lieu, qui voit la victoire de l’union des gauches, laquelle remporte avec Briolay les trois sièges à pourvoir. Le conseil municipal de désignation du maire, en octobre 1928, voit Durande et Provin obtenir chacun huit voix au premier tour, tandis que Briolay en a trois, Liou et Gillot chacun une. Selon le quotidien Le Petit Journal, Provin a remercié ses collègues de la manifestation de sympathie faite sur son nom et a déclaré ne pas être candidat à l’écharpe de maire. Au second tour, Stephen Durande a été élu par quatorze voix contre trois à Briolay et une à Liou. Provin devient premier adjoint.

Les élections municipales de mai 1929 se présentent dans une configuration comparable à celle des 1925. La liste d’Union républicaine et démocratique de Stephen Durande affronte les gauches républicaines de Briolay et les communistes. Au premier tour, la liste Durande arrive en tête avec une moyenne de 42,6% des votes, suivie par les partisans de Briolay à 35;9%, tandis que les communistes se situent à 16,0%. Provin recueille 957 voix pour 2 126 suffrages exprimés (45%) et 2 491 inscrits ; c’est le meilleur score de tous les candidats.

Au second tour, malgré le maintien de la liste communiste de Bénenson, la concentration des gauches emporte 22 sièges avec 45,9%, la liste de droite recueillant 41,6% et cinq sièges, les communistes reculant à 12,5% sans avoir d’élu.

Tandis que Durande est battu, Provin fait partie des réélus de la municipalité sortante, avec Caillon, Decrombecque, Gobert et Lecuirot. S’il se situe dans l’opposition, c’est cependant Charles Provin qui remet, en mars 1931 au nouveau maire, Georges Briolay, les Palmes académiques.

En avril 1932, Provin se prononce pour la suppression du port de marchandises sur la Marne, se plaignant des inconvénients qu’il apporte aux riverains, et pour le maintien du halage animal ou mécanique dans le département de la Seine, que la majorité municipale souhaite voir disparaître. Il s’oppose en mai la même année à des changements noms de voies, rebaptisées rues de la paix et Aristide-Briand. Il vote contre le budget municipal pour l’année 1934, en décembre 1933 et celui-ci n’est adopté que par une majorité relative de neuf voix contre six sur 27 conseillers.

Président de la société de secours des sapeurs-pompiers depuis 1925, Provin devient vice-président de la Mutualité scolaire après le décès de son épouse, qui exerçait cette fonction, en octobre 1933.

Charles Provin, qui siégeait encore au conseil municipal du 15 février, meurt le 1er mars 1934 à Joinville. Il était âgé de 71 ans et père d’un enfant. Inhumé au cimetière de Joinville, sa tombe porte une plaque au nom de la société des sapeurs-pompiers dont il avait été administrateur pendant plus de 25 ans. Il est remplacé comme conseiller municipal en octobre 1934 à l’occasion d’une élection partielle.

En septembre 1909, il avait été décoré en tant que chevalier du Mérite agricole pour sa « collaboration à l'installation de champs de course dans la banlieue parisienne et en province ». Il a été promu officier du même ordre en août 1927. À partir d’août 1910, il a reçu cinq récompenses au titre de son action mutualiste, dont la médaille d'or en février 1931, pour son rôle comme président de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville.

L’association d’escrime La Dague, dont il fut membre fondateur, crée en 1934, pour cinq ans, un challenge Charles-Provin en son hommage.

Sa femme Adèle Provin est secrétaire puis vice-présidente de la section locale de la Mutualité maternelle de Paris entre 1927 et 1931.

Sa fille Émilie (1891-1972) épousa en mai 1912, Lucien Pinton (1886-1938), directeur d’une maison d’orfèvrerie, vice-président du Comité d’union républicaine et d’action sociale de Joinville et un des principaux animateur de la droite dans la commune.

Fin

Tombe de Charles Provin au cimetière de Joinville

 

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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 00:01

Début de la biographie de François Charles Provin

François Charles Provin naît le 7 décembre 1862 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Émilie Tissot, ancienne domestique suisse, et de son époux Louis Joseph Provin, serrurier, qui résident rue du Four.

La famille s’installe probablement peu après dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et c’est sans doute Louis Joseph Provin qui est, en 1868 sous-lieutenant et porte-drapeau de la garde nationale et des sapeurs-pompiers. Il meurt pendant le siège de Paris par les armées allemandes en janvier 1871 alors qu’il était caserné dans le quartier de cavalerie Nicolaï, à Paris Bercy (12e arr.).

Charles Provin reprend l’activité de serrurier de son père. Il est établi rue du Pont, dans le centre-ville de Joinville et épouse, en août 1888 à Saint-Maur Adèle Héloïse Amandine Lemaire, fille d’un fabricant d’eau gazeuse. Il s’implique dans la vie locale, par exemple en rejoignant en juillet 1891 la commission permanente des fêtes, où il côtoie de nombreux commerçants et artisans, ou en souscrivant en septembre 1895 Pour les affamés de Carmaux, les ouvriers en grève des verreries, pour lesquels un appel à la solidarité, relayé par des militants socialistes et radicaux, mobilise plus de 300 donateurs dans la commune.

Au cours des élections municipales de mai 1900, Provin rejoint la liste du maire sortant, Eugène Voisin, qui a le soutien du comité radical-socialiste local, mais comporte également des personnalités plus conservatrices. Elle fait face à une liste socialiste-révolutionnaire mais réussit à faire élire ses 23 membres dès le premier tour. Provin obtient 562 votes alors qu’il y a 1 096 inscrits. En juin 1902, Provin fait partie des cinq conseillers qui se prononcent pour l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence, qui exploitent une école religieuse dans la commune, mais la majorité refuse ce permis par treize voix, notamment celle des radicaux.

Lors du scrutin suivant, en mai 1904, Provin se sépare des radicaux pour figurer sur une liste où se retrouvent trois autres conseillers sortants, qualifiée par l’hebdomadaire radical de « troupe réactionnaire ». Il y a également de nouveau une liste socialiste-révolutionnaire qui recueille 15,8% des votes valides, la droite ayant 31,8% et un siège tandis que les radicaux ont 50,2% et les 22 autres élus. Provin recueille au premier tour 422 bulletins, soit (37,7%), il n’est pas élu.

Quatre ans plus tard, Provin est de nouveau dans l’opposition au maire Eugène Voisin. Il figure sur la liste du comité socialiste indépendant (dit évolutionniste), constituée notamment par Eugène Hainsselin et Théophile Leteuil. Une liste socialiste SFIO participe également à la compétition. Au deuxième tour, avec 518 voix pour 1 189 suffrages exprimés (43,6%) sur 1 613 inscrits, Provin est le seul élu de son groupe, contre 21 pour la liste radicale et un indépendant. Après le scrutin, le comité socialiste évolutionniste publie un communiqué où il assure couloir « arracher notre commune aux mains de ceux qui la livrent aux combinaisons politiques sans se soucier de son avenir et de sa prospérité ». Provin démissionne dès novembre 1908, assurant dans une lettre lue au conseil municipal : « je ne saurai siéger au conseil avec le sectaire qui nous traite de ratapoils et de ratichons ». Il vise ainsi Louis Rey, conseiller municipal et rédacteur de la chronique locale dans l’hebdomadaire radical Voix des communes. Ce dernier lui répond : « Je vous ai toujours considéré comme un adversaire politique, mais comme un collègue sympathique. »

Charles Provin n’est pas élu lors des élections municipales de mai 1912. Dans le domaine social, il est en 1910 trésorier de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville et en devient vice-président en 1914. C’est une des principales organisations de ce type dans la commune, fondée en 1877, et son bal annuel, organisé en général en novembre dans un des principaux restaurants de ville de manière tournante, attire habituellement plus de cent personnes.

À suivre

La rue du Pont à Joinville-le-Pont

 

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 00:01

René Hippolyte Richard-Cugnet naît le 27 avril 1893 à Paris (3e arr.). Il est le fils d’Adèle Blanc-Garin, plumassière et de son mari, Maurice Hyppolite Richard-Cugnet, doreur. Ils vivent rue du Temple. La famille s’installe en 1897 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue Jamin.

Alors comptable, René Richard-Cugnet est mobilisé pour son service militaire en novembre 1913 au sein du 30e régiment d’artillerie. Il y est toujours au début de la première guerre mondiale en août 1914, puis est affecté au 35e régiment d’artillerie en décembre 1915 où il est nommé brigadier. Il est blessé en octobre 1916 au cours d’un ravitaillement. Il est cité à l’ordre de la division car il a, malgré son état, « tenu à continuer son service. »

Nommé maréchal des logis en juillet 1917, il devient officier en tant qu’aspirant en août 1918 puis est nommé sous-lieutenant en mars 1919. Démobilisé en août la même année, il devient, dans la réserve, lieutenant en février 1924.

Après le conflit mondial, René Richard-Cugnet reprend l’activité de dorure, argenture et bronzage sur métaux de son père, rue du Temple à Paris puis, tout en conservant la boutique à cette adresse, en 1929, rue de l’Atlas avec un deuxième établissement à Saint-Ouen (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il constitue une société, les Établissements Richard et Lhomer, en avril 1929 avec Gaston Lhomer, domicilié à Mayenne (Mayenne).

Dans sa commune, René Richard-Cugnet prend également, en matière politique, la succession de son père. Ce dernier était conseiller municipal, d’abord radical-socialiste (1904-1908) puis radical dissident (1911-1919). René Richard-Cugnet est candidat en novembre 1919 aux élections municipales de Joinville sur la liste d’Henri Vel-Durand, adjoint au maire sortant, qui a le soutien des radicaux dissidents, de socialistes indépendants et des radicaux-socialistes. Elle fait face à une liste libérale et conservatrice et à une autre, soutenue par le parti socialiste SFIO. Elle est en tête au premier tour et emporte facilement au second les 23 sièges à pourvoir devant les socialistes, après le retrait de la droite. René Richard-Cugnet est élu conseiller municipal. Il avait obtenu au premier tour 775 voix pour 1 694 suffrages exprimés (45,7%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits. Au second tour, il recueille 963 voix pour 1 518 suffrages exprimés (63,4%) sur 1 537 votants. Henri Vel-Durand, greffier, est élu maire.

Pendant le mandat, René Richard-Cugnet, se range aux côtés des radicaux dissidents de la majorité, contre les radicaux-socialistes et certains socialistes indépendants, par exemple dans le choix des électeurs sénatoriaux en mars 1925.

Il est de nouveau candidat, en mai 1925, pour l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux en 1925. La liste du maire sortant obtient 1 080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au second tour. Elle avait devancé, au premier tour, la liste du cartel des gauches de Georges Briolay (28,4%), et celle du parti communiste (21,1%).

Après sa réélection, Richard-Cugnet veut que le conseil municipal revienne sur une décision qu’il avait pourtant prise à l’unanimité moins deux voix, celle d’assimiler les employés communaux à ceux de la préfecture. Richard-Cugnet obtient que le conseil municipal refuse d’inscrire la dépense à son budget en août 1925. L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes voit dans ce conseil une « pétaudière » et assure que « Richard-Cugnet a toujours observé la même attitude lorsqu’il s’agit d’améliorer le bien-être des travailleurs ». Cependant, le même journal assure que « le lendemain plusieurs élus, y compris Beauvais qui votait par correspondance, rectifient leur vote » ; Beauvais était le représentant le plus en vue du courant libéral. Finalement, c’est en juin 1927 que, par neuf voix contre cinq (dont celle de Richard-Cugnet), le personnel municipal sera aligné sur les règles statutaires des fonctionnaires du conseil général de la Seine.

Au cours du conseil municipal d’octobre 1925, Richard-Cugnet fait adopter un vœu création de deux lignes de chemins de fer métropolitains traversant le Bois de Vincennes par les routes nationales 21 et 24, desservant d’une part Montreuil, Vincennes, Saint-Mandé, Joinville, Saint-Maur, Champigny et d’autre part Nogent, Fontenay, Le Perreux, Bry. Le financement doit être assuré par la vente de terrains dans le Bois de Vincennes.

Lors d’une séance de juin 1926, Richard-Cugnet est le seul élu à s’opposer à la réfection de la couverture de l’église Saint-Charles-Borromée, propriété municipale. Mais il est rejoint par deux autres conseillers lors du deuxième vote sur ce sujet en novembre la même année. Au cours de cette séance, il parvient de nouveau à ce que le projet sur le statut du personnel soit renvoyé et fait adopter un vœu pour unifier les conditions de circulation sur les tramways 108, 109 et 110, qui traversent la ville. Il est aussi l’initiateur d’un vœu pour la modification des horaires des écoles ; il propose la fin des cours à midi (au lieu de 11h45) et d’instaurer un repos hebdomadaire le samedi après-midi au lieu du jeudi matin.

Avec la majorité des élus, mais pas le maire, Richard-Cugnet s’oppose en janvier 1928 à la création d’un poste de professeur de dessin pour les écoles.

Sur le plan politique, il est de nouveau désigné, par la majorité de droite, électeur sénatorial en janvier 1927. Après le décès d’Henri Vel-Durand, son premier adjoint, Stephen Durande, serrurier, est élu maire en octobre 1928.

Lors des élections municipales de mai 1929, Richard-Cugnet est présent sur la liste de concentration républicaine conduite par Durande. La liste arrive en tête, avec une moyenne de 42,6% contre 35,9% à la Concentration des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et indépendants) et 16% aux communistes. Richard-Cugnet a 928 suffrages exprimés pour 2 126 exprimés (43,7%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, malgré le maintien de l’extrême-gauche, la droite recule en pourcentage, avec 41,6% et n’obtient que cinq sièges tandis que les gauches radicales et socialistes en ont 22 avec 45,9%. Richard-Cugnet n’est pas réélu et le radical-socialiste Georges Briolay devient maire.

En octobre 1928, René Richard-Cugnet a épousé à Joinville Yvonne Marie Poux. Ils déménagent en 1933 pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, où ils vivent dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire, avenue du Nord. Il rapatrie également son activité de doreur argenteur dans la même ville, rue Raspail. En mars 1935, il est condamné par la 8e chambre du tribunal correctionnel de la Seine à une amende de cent francs pour tromperie sur la qualité de la marchandise.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, René Richard-Cugnet est rappelé en août 1939 puis démobilisé un an plus tard. Il s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. Il est, avant la Libération, le commandant du troisième groupe des Forces françaises de l’intérieur, qui couvre la commune de Saint-Maur et comprend quatre compagnies : la 7e (capitaine Mme Moncade), la 8e (commandant Faucon), la 9e (commandant Vlaminck) et la 10e (commandant Monville). Son groupe appartient au 1er régiment du Secteur Est FFI du département de la Seine (lieutenant-colonel Serge L'Hermitte dit Bourgoin).

René Hippolyte Richard-Cugnet meurt le 1er décembre 1971 à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines). Il était âgé de 78 ans, père d’un enfant et est inhumé à Joinville. Il était décoré de la Croix de guerre 1914-1918 et avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1950.

Tombe Richard-Cugnet au cimetière de Joinville-le-Pont

 

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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 00:01

Maurice Hippolyte Richard-Cugnet naît le 15 mai 1866 à Serraval (Haute-Savoie). Il est le fils de Péronne Panisset et de son époux Emmanuel Richard-Cugnet, cultivateurs.

En 1886, Richard-Cugnet est devenu doreur argenteur sur métaux rue Michel-le-Comte dans le quartier du Marais à Paris (3e arr.). Il travaille dans l’atelier de Jean Blanc-Garin, dont il épouse la fille, Adèle Blanc-Garin, plumassière, également originaire de Serraval. Il dispose de son atelier artisanal rue du Temple à Paris (3e arr.) en 1893.

Tout en conservant son atelier parisien, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il réside en 1901 rue Hugédé, dans le quartier de Palissy. Ils s’installent ensuite avenue Jamin, dans le quartier voisin de Polangis, toujours sur la rive gauche de la Marne, où ils sont domiciliés en 1911.

Lors des élections municipales, Maurice Richard-Cugnet est candidat sur la liste du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste. Il obtient au premier tour 544 voix, soit 48,6% des 1 119 votants pour 1 363 inscrits. Il est élu au second tour. La liste de centre-gauche obtient 21 des 23 sièges à pourvoir et Voisin est réélu maire. Pendant le mandat, Richard-Cugnet est désigné en avril 1907 comme électeur sénatorial.

Richard-Cugnet organise une quête à Joinville, en mars 1906, pour les familles des victimes de la catastrophe minière de Courrières. Parallèlement, il continue à s’intéresser à son village d’origine ; il préside, en novembre 1906, la Société amicale des Écoles de Serraval.

N’ayant pas sollicité le renouvellement de son poste lors des élections municipales de 1908, Richard-Cugnet continue cependant à s’impliquer dans la vie locale, comme lors de la Fête du patronage laïque en juillet 1908.

Il revient à la vie politique en étant candidat, en mai 1911, lors d’une élection municipale partielle provoquée par la démission de plusieurs conseillers municipaux, en rupture avec le maire Eugène Voisin et la majorité du comité radical-socialiste. Les six démissionnaires et Richard-Cugnet remportent les sept sièges à pourvoir, contre les candidats plus proches du maire. Ensemble, ils critiquent la gestion municipale, et s’attaquent notamment à Louis Rey, cheville ouvrière du comité radical, à Georges Briolay, adjoint, et au maire. En novembre 1911, Richard-Cugnet demande que les sociétés qui organisent des courses hippiques dans la commune accordent des cartes d’accès gratuites aux conseillers municipaux. Rey considère « que les avantages individuels ne sont pas conformes à la gratuité du mandat. »

Au cours des élections municipales générales de mai 1912, Maurice Richard-Cugnet est candidat figure sur la liste radicale dissidente qui s’oppose à celle des radicaux-socialistes, conduite par Georges Briolay. Elle a conclu un accord avec une liste libérale et une liste socialiste SFIO en vue du second tour. Les radicaux dissidents arrivent en tête au premier tour et la liste fusionnée fait élire ses 23 candidats au second tour : dix radicaux dissidents (dont Richard-Cugnet), sept socialistes et six libéraux. Ernest Mermet, chimiste, est élu maire.

Pendant la première guerre mondiale, Richard-Cugnet fait partie de la dizaine de conseillers municipaux n’étant pas mobilisés à cause de leur âge et assument le travail de l’administration communale. En février 1916, il se solidarise avec le maire, mis en cause dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes pour sa gestion personnelle des fonds remis par la société du Bi-Métal. Il signe une lettre avec onze autres radicaux dissidents ou libéraux assurant que « Nous sommes vos collaborateurs, vos complices ! Non seulement nous approuvons votre manière de faire, mais nous y applaudissons. »

En caractérisant ce que font les élus locaux, en juin 1916, le radical-socialiste Louis Rey, estime que le conseil municipal est « une pétaudière » : « Richard-Cugnet s’en moque ». En opposition aux socialistes, il a voté, en février 1916, avec la majorité pour l’augmentation du prix du gaz demandée par la compagnie concessionnaire.

À l’occasion des élections municipales suivant le conflit, Maurice Richard-Cugnet n’est pas candidat. Par contre, son fils René Richard-Cugnet figure sur la liste d’Henri Vel-Durand, soutenue par les radicaux dissidents et les radicaux-socialistes. Il siégera jusqu’en 1935 dans l’assemblée joinvillaise. Le gendre de Maurice Richard-Cugnet, Léon Paul Rieux, siégera lui aussi dans le conseil municipal de Joinville, élu en 1934 sur une liste de droite, réélu en 1935 puis maintenu en poste sous l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il est démis à la Libération en août 1944, quand la résistance occupe la mairie.

Maurice Richard-Cugnet meurt le 26 octobre 1934 à Joinville, où il est inhumé. Il était âgé de 68 ans et avait eu deux enfants. Le journal radical-socialiste Voix des communes, à l’occasion de la mort de son frère et collaborateur Adolphe au début du même mois, adresse « à un adversaire politique un témoignage d’estime » puis écrit après sa disparition « nous nous plaisons à saluer, au moment de sa mort, la loyauté du citoyen qui disparaît. »

Tombe Richard-Cugnet au cimetière de Joinville-le-Pont

 

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 00:01

Émile Perrin naît le 8 juin 1884 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Clémentine Dupont et de son mari Auguste Alexandre Perrin, fabricants de bronzes. Ils vivent rue de la Folie-Méricourt.

Alors bijoutier et monteur en bronze, Émile Perrin est Exempté du service militaire, qu’il aurait dû effectuer en 1905, du fait d’une cicatrice à l’abdomen et du décès de sa mère. Il épouse en juillet 1907 à Paris (11e arr.) Jeanne Prost, originaire d’Autun (Saône-et-Loire) et reconnaît une fille née en avril la même année. La famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle vit dans le centre-ville, rue Hippolyte-Pinson, en 1911.

Émile Perrin est, en mai 1908, souscripteur de 25 actions du quotidien socialiste L’Humanité au nom du Syndicat des graveurs et ciseleurs.

Au cours de la première guerre mondiale, Émile Perrin est mobilisé en janvier 1915 au 46e régiment d’infanterie. Du fait d’une hernie côté gauche et de son « mauvais état général », il est orienté vers un service auxiliaire en décembre la même année et affecté dans un atelier. Il est démobilisé en mars 1919.

Après le conflit, Émile Perrin est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 à Joinville-le-Pont sur la liste socialiste SFIO conduite par Georges Laruelle. Elle fait face à la liste regroupant la majorité sortante, conduite par Henri Vel-Durand (radical dissident), qui inclut des socialistes indépendants, dont plusieurs anciens membres de la SFIO et des radicaux-socialistes, ainsi qu’à une liste dite du Bloc indépendant, qui rassemble les conservateurs et libéraux.

Au second tour, après le retrait du Bloc indépendant, l’Union républicaine et sociale de Vel-Durand remporte les 27 sièges à pourvoir avec 63% des votes. Au premier tour, Émile Perrin a recueilli 499 voix pour 1 694 suffrages exprimés (29,5%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.

Chômeur en 1921, Émile Perrin monte ensuite son propre atelier et travaille comme ajusteur. La famille déménage rue Bernier, toujours dans le centre de Joinville. Il ne semble plus avoir eu d’activité politique.

Émile Perrin meurt le 15 janvier 1971 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, résidait probablement toujours à Joinville et était père d’une fille.

Le port de Joinville-le-Pont

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 00:01

Louis Jean Baptiste Marie Filleul naît le 26 juin 1871 à Bellegarde, Creuse (act. Bellegarde-en-Marche). Il est le fils d’Amélie Sémentery, institutrice communale et de son mari Étienne Filleul, plâtrier.

Il est sabotier en 1892 lorsqu’il est incorporé en novembre au 1er régiment de zouaves, dans le cadre de son service militaire. Il est envoyé immédiatement en Algérie où il est affecté, en octobre 1893, à la 19e section de commis et ouvriers de l’armée (COA). Devenu caporal en octobre 1894, puis sergent en mai 1895, il rentre d’Algérie pour être démobilisé en octobre la même année.

Exerçant désormais le métier de peintre en bâtiment et établi à son compte en 1901 à Bellegarde, Louis Filleul vit à Paris à partir de 1902, d’abord dans le 15e arrondissement, rue Vaugirard puis dans le 14e, rue de l’Ouest.

Sans être marié, il cohabite en 1907 dans le 17e arrondissement, rue Lévis, avec une blanchisseuse divorcée, Hermance Joséphine Seynnaëve. Il en a un fils, en janvier 1908, Jean, qu’il élève ensuite à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) où il est installé en 1910 avec sa sœur Louise. Louis Filleul déménage en 1914 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où est installé son frère Henry, également peintre. Il vit rue des Marronniers (act. rue Eugène-Voisin, centre-ville).

Rappelé au cours de la première guerre mondiale en août 1914, il est affecté en mars 1915 à la 12e section de COA. Du fait de raideurs aux articulations, il est préposé à des services auxiliaires non armés par la commission de réforme de Limoges en décembre 1916 puis complètement réformé en mars 1917, dans la même ville, du fait de la présence d’un corps étranger au genou droit.

Poursuivant son métier de peintre et toujours à Joinville avec son fils, Louis Filleul fait partie du bureau de la section de Joinville du mouvement royaliste Action française lorsqu’elle est officiellement constituée en mai 1926. Il en est le trésorier, au côté de Charles Pernot, président et d’André Biscaldi et Alfred Masse, vice-présidents. Louis Filleul participe à de nombreuses souscriptions mentionnées par le quotidien Action française à partir de 1927. En 1927, son fils, alors âgé de 19 ans, souscrit lui aussi pour l’Action française.

En 1931, Louis Filleul a quitté son domicile de la rue Eugène-Voisin à Joinville. Une souscription pour l’Action française est mentionnée, en octobre 1931, comme étant versée par Louis Filleul à la section de la Creuse. Une autre est signalée, en janvier 1935, comme étant recueille par la section d’Alger de la formation royaliste de la part également de Louis Filleul. On retrouve également un donateur éponyme pour le même parti en mai 1936. C’est encore Louis Filleul qui, en compagnie d’André Morel, répond à un appel Pour l’organisation de la propagande lancé par le quotidien conservateur L’Écho de Paris en mai 1936, afin de faire barrage aux formations de gauche qui ont constitué le Front populaire.

Louis Filleul meurt le 17 septembre 1950 à Ajain (Creuse), où il était hébergé dans un hospice. Il était domicilié à Bellegarde. Âgé de 79 ans, il était père d’un fils, Jean Louis Étienne Filleul (1908-1995), peintre décorateur, également sympathisant de l’Action française à Joinville en 1927.

Joinville-le-Pont en 1907

 

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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 00:01

Eugène Hindermeyer naît le 8 février 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Caroline Louise Moitié, blanchisseuse, et de son mari, Eugène Hindermeyer. Installée rue du Four, à la limite de Joinville-le-Pont, la famille Hindermeyer se partage entre ces deux communes. Son grand-père était ébéniste, métier qu’exerça d’abord son père avant de devenir scieur à la mécanique.

Par sa grand-mère paternelle, Eugène Hindermeyer est issu de la famille Destouches, des marchands de vin qui siégèrent au conseil municipal de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur puis Joinville-le-Pont (nouveau nom du village en 1831) entre 1790 et 1843. La première femme de son père, Françoise Éléonore Rousseau, descendait également de cultivateurs, élus de la même commune entre 1818 et 1843.

Devenu plombier, Eugène Hindermeyer épouse en juillet 1890 à Saint-Maur Louise Charlotte Grand. Ils s’installent à Paris, d’abord dans le 11e arrondissement, rue Rochebrune, puis dans le 3e, rue Michel-le-Comte et rue de Turbigo. Elle meurt en mars 1911.

Après la première guerre mondiale, Eugène Hindermeyer s’installe à Joinville, rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz). Il cohabite avec sa cousine, Virginie Hindermeyer.

Ayant alors pris sa retraite, il est candidat en mai 1925 sur la liste Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident), qui a le soutien des formations de droite et fait face à une liste de groupement des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant) et à une liste communiste. Son programme veut que les lois de laïcité soient appliquées « sans rigueur et sans sectarisme », il défend le maintien de l’octroi, et prône des économies dans les dépenses budgétaires. Au premier tour, la liste de droite était en tête avec 47,5% des suffrages exprimés, devant le cartel des gauches (28,4%) et les communistes (21,1%). Malgré le retrait de ces derniers, elle emporte les 27 sièges à pourvoir et Vel-Durand est réélu. Il meurt en 1928 et est alors remplacé par Stephen Durande.

Au côté de ce dernier, Hindermeyer est candidat à sa réélection en mai 1929. Dans une configuration comparable à celle de 1925, la liste d’Union nationale arrive en tête au premier tour, avec 42,6% des suffrages exprimés suivie de la Concentration des gauches (35,9%) et des communistes (16%). Hindermeyer obtient 916 voix pour 2 126 suffrages exprimés (43,1%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, malgré le maintien de la liste communiste, c’est la liste radicale-socialiste et socialiste SFIO qui emporte 22 sièges, contre 5 à la droite. Hindermeyer n’est pas réélu. Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire.

En juin 1935 E. Hindermeyer participe à une souscription du mouvement royaliste Action française pour les élections législatives de l’année suivante.

La propriété qu’il partage avec sa cousine rue du Pont à Joinville est expropriée, en septembre 1938, pour permettre l’élargissement du pont de Joinville et l’agrandissement de la route d’accès, qui deviendra la Nationale 4.

Eugène Hindermeyer meurt le 21 février 1951 à Angers (Maine-et-Loire). Il était âgé de 77 ans. Il avait eu au moins un enfant.

Son fils Paul Hindermeyer (1898-1982), prisonnier pendant la première guerre mondiale puis interprète auprès de l’armée anglaise, fut, entre 1927 et 1936, un militant du mouvement royaliste Action française. Il présidait en 1933-1925 le groupe Arts-et-Métiers dans le troisième arrondissement et résidait rue de Turbigo. Il a livré un témoignage sur la manifestation du 6 février 1934, où il était présent.

Rue du Pont à Joinville-le-Pont

 

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