Jean Grillard, qui a 61 ans en 1828, est donc né vers 1760 ou 1761 à Versailles, selon les archives de l’Essonne. Peut-être faut-il l’assimiler à Jean Louis Grillard, né le 11 avril 1760 à Versailles (act. Yvelines), fils de Françoise Lejeune et Jean Baptiste Grillard, marchand de vin. Il est baptisé le même jour dans la paroisse Notre-Dame. Plusieurs sources orthographient son patronyme comme Gaillard ou Gullard, mais la forme Grillard est confirmée par les archives départementales de l’Essonne (état-civil) comme celles du Val-de-Marne (cadastre).
À une date inconnue, Jean Grillard se marie avec Marie Arabelle Slooper, originaire d’Angleterre et qui a très probablement vécu en Inde.
En août 1818, les deux époux achètent, lors d’une vente par licitation, vraisemblablement auprès des héritiers du général Jamin et la famille de l’ancien ministre Miot de Mélito, le domaine de Polangis (ou Poulangis). Situé à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) pour l’essentiel et, partiellement pour les terres agricoles sur la commune voisine de Champigny,
Le domaine acheté se situe, principalement, sur l’actuel quartier de Polangis, dans les deux communes ; il comprend également une zone dite de Brétigny, qui se situe aujourd’hui dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville. Enfin, un pré est inclus dans l’île Fanac, située au milieu de la rivière Marne et accessible depuis le pont qui la franchit. La propriété comprend deux maisons ; l’une est souvent appelée le château, ou le manoir. Elle compte quatre portes cochères ainsi que 94 portes et fenêtres. Elle est valorisée dans le cadastre comme procurant un revenu de 1 000 francs. La seconde maison se contente d’une porte cochères avec six portes et fenêtres ; elle produit 40 francs.
Les six parcelles de terre de Polangis totalisent une surface de 45 hectares, auxquels s’ajoutent deus jardin pour 4,5 ha. Les terres de Brétigny sont mesurées à 8 ha, et le pré de l’île, 0,5 ha. En 1820, le couple Grillard achète, en complément, deux nouvelles parcelles à Brétigny, pour 16 ha. Au total, les terrains, qui comprennent également deux avenues et un chemin plus la superficie des bâtiments, représentent plus de 76 hectares.
Jean et Marie Arabelle Grillard ne sont pas recensés en 1822 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Cependant, ils semblent bien y résider, au moins partiellement, Jean Grillard mentionnant son adresse lors d’un mariage à Champigny en janvier 1822.
En mars 1824, les Grillard vendent le domaine de Polangis à Jean-Claude Moynat (1763-1837), un riche agent de change. Il avait été notable de la ville de Paris en l’an, puis sera conseiller municipal de Joinville-le-Pont à partir de 1834, et père de Jean Charles Moynat (1806-1853), maire de Saint-Maur-des-Fossés en 1845.
Après avoir vendu leurs propriétés de Joinville, les époux Grillard investissent dans deux maisons à Paris et une autre à Ollainville (Seine-et-Oise, act. Essonne), dans le canton d’Arpajon.
En 1826, Jean Grillard prend la succession d’Auguste Accoyer et devient maire d’Ollainville, commune rurale qui compte alors environ 475 habitants.
Jean Grillard meurt le 22 avril 1828 à Ollainville, dans son domicile du hameau de la Roche, il est noté sur l’état-civil communal comme âgé de 62 ans, propriétaire et maire. Son épouse, Marie Arabelle Slooper, est sa seule héritière. Elle récupère les deux maisons parisiennes de la rue de Bellechasse et de la rue de l’Université, qui lui procurent un revenu total de 22 500 francs. En outre, elle récupère des fonds à hauteur de 289 680 francs. Ils semblent ne pas avoir eu d’enfants.
La château de La Roche à Ollainville (Essonne)
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