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20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 00:01

Nicolas Charles Marie Oudinot naît le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc (act. Meuse), capitale du duché de Bar, rattaché à la France en 1766. Il est le fils de Marie Anne Adam et de son époux Nicolas Oudinot, artisan brasseur et distillateur.

Il suit une scolarité à Bar puis à Toul, et s'engage pour trois ans dans l’armée, rejoignant en 1784 le régiment du Médoc. Il le quitte en 1787 avec le rang de sergent. Il retrouve la vie civile et se marie dans sa ville natale avec Charlotte Françoise Derlin en septembre 1789. Elle donne naissance à sept enfants.

Nous ne reprendrons pas ici la carrière militaire d’Oudinot, par ailleurs bien documentée, nous contentant de quelques repères.

Pendant la Révolution, il reprend du service et est nommé lieutenant-colonel en 1791 au 3e bataillon de volontaires de la Meuse. Il est fait général de brigade en juin 1794 et combat en Allemagne.

D’après l’historien Georges Bousquié, en 1801 « séduit sans doute par la beauté du lieu sauvage, giboyeux et poissonneux à souhait, il achète 50.000 livres le domaine de Polangis avec ses dépendances qui appartenait à Jacques-François-Pascal-Alain de la Bertinière et à Dame Anne-Geneviève Gentil, son épouse ». La Bertinière (vers 1750-1823) est un ancien mousquetaire et capitaine d'infanterie, acquéreur de biens nationaux en région parisienne et dans l’Allier, qui a également peut-être été un agent de l’Angleterre pendant la révolution française.

La famille vit à Polangis où elle est recensée en l’an 10 (1802). Un seul de leurs enfants est répertorié avec eux, Auguste Numa (1799-1835) qui sera colonel et mourra lors de combats en Algérie. Les aînés (Marie Louise, 12 ans, Nicolas, 11 ans, Nicolette, 7 ans et Émilie, 6 ans) sont placés probablement auprès de nourrices. Il en est de même de Joséphine, un an, née en frimaire an 10 (décembre 1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, dans la maison de Polangis.

Dans son domaine de Polangis, le général Oudinot se lie avec deux propriétaires voisins, dont son biographe et descendant, Marc Oudinot, assure qu’ils avaient des demeures à Polangis, mais qui en réalité devaient plutôt résider dans des communes alentour.

La première de ces relations est la famille Delamare. Très riche, Achille Joseph Delamare (1790-1872) fit les guerres de l’Empire et servit ensuite, comme Oudinot sous la Restauration ; son fils, Achille Delamare, fut l’aide de camp d’Oudinot. Achille Joseph Delamare est, de 1830 à 1835, maire de Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne), commune très proche de Polangis. Il devient comte par une des dernières décisions du roi Charles X puis le second empire le fait sénateur.

L’amitié avec Antoine Julie Prosper Hoüard (1762-1820), autre voisin, paraît avoir été la plus forte ; celui-ci fit d’ailleurs d’Oudinot et d’un de ses fils, Charles Louis Victor, ses héritiers. Originaire de Dieppe et fils de magistrat, agent de change, il est devenu le devenu syndic de la profession et présida notamment à la construction de la Bourse de Paris, le Palais Brogniart. Célibataire, il était, selon Marc Oudinot, un fin lettré.

Le moment clé du séjour des Oudinot à Polangis se situe le 14 floréal an 10 (04/05/1802). Ce soir-là, Oudinot donne un dîner avec plusieurs généraux, dont Delmas, Fournier, Monnier, Bourcier et Marmont. Bonaparte, premier consul depuis peu, avait des relations difficiles avec une partie de la hiérarchie militaire. C’est par exemple le cas de Delmas lors d’un Te Deum organisé à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour célébrer le jour de Pâques la signature du concordat avec le pape. Interrogé par le futur empereur sur ce qu’il pensait de cette belle cérémonie, il aurait répondu : « C’était plutôt une belle capucinade ! Nous changeons nos dragonnes en chapelets. Il manquait à votre fête ce million d’hommes qui sont morts pour abolir les pasquinades et détruire la superstitions ! »

Pendant le dîner Polangis, plusieurs assistants font part de leur mauvaise humeur, notamment Delmas et Fournier qui auraient évoqué un projet d’attentat contre Bonaparte, prévu pour le lendemain, 16 floréal, où il devait assister à une représentation de Sémiramis, œuvre Rossini à l'Opéra de Paris.

La police, informée des discussions, arrête plusieurs comparses et cherche à retrouver Delmas, qui s’est enfuit. Il se réfugie à Polangis, où Oudinot le cache. Une perquisition est menée par des gendarmes, mais il parvient à échapper. Oudinot, qui était absent au moment de l’arrivée des forces de l’ordre, se met en colère à son retour devant le colonel qui l’interroge : « Où cachez-vous Delmas, mon général ? » : « Ainsi, vous avez profité de mon absence pour venir sans péril crocheter mes appartements ! Ah ! si je me fusse trouvé chez moi, vous auriez, monsieur, et vivement, sauté le pas. J'ai des fusils de la poudre et du plomb ; j'aurais armé mes domestiques, et vous eussiez senti les caresses de nos balles. »

Si ce n’est les désagréments de ses convocations pour témoignage, la prudence d’Oudinot, comme celle de Marmont, firent qu’il n’y eut pas de suite à cet incident et que ses relations avec Bonaparte restèrent bonnes.

Nicolas Charles Marie Oudinot est élu en 1803, député de la Meuse, mais il ne participe pas aux réunions de la Chambre. En 1807, il sert en Pologne.

Le mariage de la fille aînée de Oudinot, Marie Louise Élise, née en août 1790 à Bar-le-Duc, est célébré en mars 1808 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Elle épouse Pierre Claude Pajol (1772-1844), général français de la Révolution et de l’Empire et reçoit, en dot, le domaine de Polangis, dans lequel elle s’installe avec son époux. Marie Louise mourra en avril 1832, au cours de l'épidémie de choléra qui touche Paris.

Après la victoire de Wagram, Oudinot est nommé maréchal d'Empire en juillet 1809. Devenu duc de Reggio en avril 1810, Napoléon lui confie le gouvernement du royaume de Hollande, puis celui de Berlin et Oudinot participe aux campagnes de Russie puis de France. Il serait le soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire, avec 34 blessures au total.

Veuf depuis 1810, Nicolas Charles Marie Oudinot se remarie en janvier 1812 à Vitry-Le-François (Manche) avec Marie-Charlotte Eugénie Julienne de Coucy. Sous la restauration, il est commandant en chef de la garde nationale parisienne, major-général de la Garde royale, pair de France, ministre d'État.

Nicolas Charles Marie Oudinot meurt le 13 septembre 1847 à Paris. Il était âgé de 80 ans et père de 11 enfants.

Titulaire de nombreuses décorations, il portait notamment la Grand-croix de Saint-Louis, le Grand aigle de la Légion d'honneur et le titre de Chevalier du Saint-Esprit. Plusieurs villes ont évoqué sa mémoire dans des voies : la ville d’Oran disposait, avant l’indépendance, d’un boulevard Oudinot. Nancy à une rue du Maréchal-Oudinot, Bar-le-Duc et Paris des rues Oudinot et Joinville-le-Pont a une avenue Oudinot. Le nom d’Oudinot figure également sur l’Arc de Triomphe de Paris, place Charles-de-Gaulle.

Le maréchal Oudinot

 

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