Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
16 mai 2023 2 16 /05 /mai /2023 01:01

Marie Joseph Alfred Routier de Bullemont naît le 15 juillet 1840 à Louvain, Brabant (Belgique). Il est le fils de Lucie Jenny Joseph Vassel et de son mari, Alexandre Annibal Routier de Bullemont, propriétaire. Ils sont originaires de la Somme, en France, où son père est agriculteur. Alfred est le onzième des douze enfants nés vivants du couple.

La famille s’installe en Belgique vers 1836, résidant dans la province de Liège, le Brabant puis le Luxembourg belge où Annibal Routier de Bullemont a une exploitation dans laquelle il procède a des essais de cultures nouvelles, notamment la spergule pour laquelle il est récompensé à l’exposition de Bruxelles en décembre 1848.

En 1865, Alfred de Bullemont publie plusieurs articles, dans la revue Les Beaux-arts, sur La peinture d'histoire. S’il apprécie l’orientalisme de Guillaumet, qu’il présente comme « Africain, de beaucoup de talent », il est bien plus critique sur beaucoup d’autres artistes. S’agissant d’Henri Fantin-Latour, il écrit : « Ainsi M. Fantin voudrait nous persuader que la Vérité c'est cette grosse fille rousse aux chairs flasques, aux yeux gris, et que le vrai c'est le vin bleu qu'on boit aux barrières, dans des verres communs. Il nous accordera que ce n'est qu'une vérité relative, vraie seulement pour les matelots et les charretiers, les brutes et les ivrognes qui n'aiment que la fille qui jure et le vin qui gratte. »

Commentant l’œuvre d’Ernest Meissonier, il écrit « On n'en est plus aujourd'hui à nier le talent de M. Meissonier, mais ce talent nous semble si uniforme, si monotone, que nous ne pouvons comprendre l'engouement ridicule dont il est l'objet ». Il attaque aussi Victor Mottez : « M. Mottez, déjà assez coupable d'avoir abîmé l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, essaye de nous faire rire avec sa Médée. Si M. Mottez était jeune, nous ririons peut-être de sa caricature, mais M. Mottez a l'âge du repos. »

Alexandre Protais, proche de la famille impériale, n’est pas épargné par de Bullemont : « La mode a pris M. Protais sous sa protection : il est peintre de cour ; il fait de mauvaises choses, mais on le trouve toujours admirable ». C’est peut-être Eugène Courbet qui est le plus férocement attaqué : « Terminons ce premier article en parlant des erreurs d'un homme entêté, qui veut rompre en visière avec le genre humain et que ses amis, ses élèves et ses admirateurs sont obligés d'abandonner. Le portrait de la Famille de Proudhon est le dernier mot du mauvais. M. Courbet n'avait encore rien fait d'aussi peu raisonnable, et, comme le disait un de nos camarades, en présence de cette nullité : Il aimait trop Proudhon, c'est ce qui l'a tué ! »

En avril 1870, Alfred de Bullemont épouse Marie Dupuis à Paris (17e arr.).

Il fait paraître, en août 1871, peu après la fin de la Commune de Paris, un Catalogue raisonné des peintures, sculptures et objets d'art qui décoraient l'hôtel de ville de Paris avant sa destruction. Il en avait fait un relevé en 1869, et il estime nécessaire de publier ce témoignage alors que l’insurrection parisienne a détruit l’ancienne mairie et ses nombreuses œuvres d’art.

Il publie en 1872 deux tomes d’un Catalogue des peintures, sculptures et objets d'art des églises de Paris, concernant Saint-Étienne du Mont et Saint-Denis du Saint-Sacrement.

Alfred de Bullemont meurt le 5 octobre 1872. Il était âgé de 32 ans et résidait rue du Faubourg-Saint-Denis. L’écrivain Armand Renaud lui a dédié un des poèmes de son recueil Les nuits persanes (1870), intitulé Le supplice.

L'ancien Hôtel de Ville de Paris, avant sa destruction en 1871

 

Partager cet article
Repost0
12 mai 2023 5 12 /05 /mai /2023 01:01

Marie Alexandre Lucien Routier de Bullemont naît le 28 janvier 1822 à Abbeville (Somme). Il est le fils de Josèphe Jeanny Lucie Vassel et de son mari, Alexandre Annibal Routier de Bullemont, propriétaire. Ils sont originaires du département, d’une famille de petite noblesse. Son père est agriculteur. Alexandre est le second des quinze enfants nés vivants du couple, dont quatorze, filles comme garçons, portent le prénom de Marie.

La famille s’installe en Belgique vers 1836, résidant dans la province de Liège, le Brabant puis le Luxembourg belge où Annibal Routier de Bullemont a une exploitation dans laquelle il procède à des essais de cultures nouvelles, notamment la spergule pour laquelle il est récompensé à l’exposition de Bruxelles en décembre 1848.

Installé à Paris, Lucien de Bullemont rentre comme employé à la préfecture de police de Paris en 1846, recruté par le préfet de police Alexandre-François Vivien. Il est chef de la comptabilité en 1848. En août 1848 à Paris (2e arr.), il épouse Charlotte Louise Jadin, fille d’un musicien et auteur dramatique, issue d’une famille comptant de très nombreux artistes.

Au surlendemain de l’abolition de la monarchie et de l’instauration de la deuxième République, il adhère le 27 février 1848 à la Société républicaine centrale, présidée par le dirigeant socialiste Louis-Auguste Blanqui. Ses séances se tiennent dans la salle du Conservatoire, rue Bergère. Routier de Bullemont devient un « des orateurs ordinaires du club Blanqui » selon Alphonse Lucas, auteur d’une histoire des clubs politiques pendant la révolution de 1848. Il partageait ce rôle avec Hippolyte Bonnelier et Arnoult Frémy, hommes de lettres, Alphonse Esquiros, Malapert, avocat, et Savary, ouvrier cordonnier puis employé au gaz.

Selon La Voix de la vérité, qui cite la Chronique de Paris et lui consacre un article en septembre 1850, de Bullemont « se signala dans les bureaux de la préfecture par l’activité de sa propagande socialiste ». Mais le journal assure que son engagement ne dura pas longtemps : Auguste Carlier, nouveau préfet de police, fit appel à lui, en février 1850, pour rédiger une circulaire aux commissaires de police, diffusée le 12 de ce mois, sous le titre « Le socialisme, c'est la barbarie ». L’auteur de l’article remarque que Routier de Bullemont « avait donc commencé par être tout ce qu'il y a de plus barbare avant que M. Carlier eût pris la peine de le civiliser. »

En récompense de son style, il fut nommé chef de division. Il poursuivit cet emploi sous le second Empire. Il siège, en tant que responsable de la gestion des fonds parisiens, à la commission instituée en novembre 1865 pour répartir les secours aux familles nécessiteuses atteintes par l’épidémie de choléra. Les aides furent distribuées à 3 000 familles et concernèrent 1 700 orphelins, dont 428 sans famille d’accueil.

Considéré comme bonapartiste par le quotidien La République, Routier de Bullemont remplace en septembre 1872 au secrétariat général de la préfecture de police M. Fouquier, bonapartiste également, passé au secrétariat du conseil d'État.

En septembre 1879, après une campagne du quotidien La Lanterne, il est révoqué de ses fonctions dans ce qu’un autre journal, Le Français, appellera une épuration. Quand il prit sa retraite, en 1886, La Lanterne soutient que par ce départ, « le tribunal de la Seine admettait les concussions [de Routier de Bullemont] comme prouvées. »

Ayant quitté son poste de fonctionnaire, il devint en 1979 directeur de la Compagnie parisienne de vidanges et engrais, présidée par Frédéric Lévy, ancien maire du 11e arrondissement de la capitale.

En 1881, il est directeur de la Banque de prêts à l’industrie à Paris. Il en est toujours administrateur en 1884.

Résidant à Bruxelles en 1889, il héberge Jacques Meyer, un escroc recherché par la police française, arrêté chez lui en

Ayant pris sa retraite, Lucien de Bullemont est installé à Aincreville, dans la Meuse. Il rejoint la Société des Amateurs naturalistes en juin cette année-là, qui le qualifie de « botaniste émérite » et salue « sa science approfondie des végétaux » et apprécie qu’il dispose d’un herbier de quinze mille plantes. La Société compte 71 adhérents. Lors d’une excursion en mai 1890, il est accompagné par son frère, Emmanuel Routier de Bullemont, qui réside à Bruxelles et est membre de la Société linnéenne de la capitale belge. Lors de l’assemblée générale de 1891, Lucien de Bullemont, mentionné comme « botaniste des plus expérimentés » est élu président d'honneur ; il conservera cette fonction jusqu’en 1900.

Lucien Routier de Bullemont meurt le 12 octobre 1904 à Paris (16e arr.). Il est inhumé à Charny-sur-Meuse (Meuse), où avait déjà été enterrée son épouse deux ans plus tôt. Il était officier de la Légion d’honneur depuis février 1866 après avoir été fait chevalier en 1856.

Plusieurs de ses frères jouent un rôle significatif en France, aux États-Unis et en Belgique. Joseph (1825-1898), d’abord militant républicain en France en 1848, deviendra agriculteur en Californie et membre du Sénat de cet État ; il épousa Léonide Jadin, probablement apparentée à la femme d’Alexandre. Emmanuel (1836-1913) fut membre de la Société royale de botanique de Belgique et auteur de plusieurs ouvrages. Alfred (1840-1872), natif de Belgique, a été critique d’art à Paris. Un autre de ses frères, Arthur (1830-1909) fut également responsable d’un service à la préfecture de police, tandis que le fils de ce dernier, Armand (1862-1894) a été commissaire de police.

Armoiries de la famille Routier de Bullemont

 

Partager cet article
Repost0
6 mai 2023 6 06 /05 /mai /2023 01:01

Anthelme Carpin naît le 15 juillet 1827 à Virignin (Ain). Il est le fils de Marie Moisset et de son époux Jean (dit Anthelme) Carpin, cultivateur. La famille exploite dans le village un domaine important, le mas du Cry, acquis en juin 1821 par Anthelme Carpin, père de Jean. Ils exploitent également des terres dans le village voisin de Lassignieux.

Lieutenant, probablement dans Légion étrangère, c’est peut-être lui qui, désigné dans la presse sous son seul patronyme en tant que cultivateur-légionnaire résidant à Virignin, fait partie des douze membres du conseil municipal de Belley, la ville voisine, qui n'ont pas voulu accepter la prorogation de leurs pouvoirs décidée par une loi. Ce texte se situe dans le contexte de la fin de la seconde République.

En janvier 1853, Anthelme Carpin est initié à Paris dans la franc-maçonnerie au sein de la loge l’Amitié, rattachée à l’Orient de Paris.

Devenu commissaire de police, il est nommé en janvier 1855 à Culoz (Ain), il épouse Julie Virginie Charlotte Boissenot à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre la même année. L’année suivante, il officie à Oyonnax, dans le même département. Il le quitte pour un poste à Mamers (Sarthe) en 1857 avant d’être muté un an plus tard à Bellac (Haute-Vienne).

Démissionnaire en novembre 1858, Anthelme Carpin et sa famille s’installent à Charenton, d’abord avec les beaux-parents, rue des Bordeaux, puis rue de la Cité-de-Conflans, dans le quartier de Bercy qui sera partiellement rattaché à la ville de Paris en 1860. Il devient négociant en vins. Il s’implique probablement aussi dans l’exploitation familiale de Virignin.

Selon le témoignage d’un de ses fils, Louis, il émigre en 1876 aux États-Unis via la Floride, « pour essayer de reconquérir la fortune que lui avait fait perdre la guerre de 1870 », accompagné de son épouse et d’au moins un de ses fils. Après avoir étudié plusieurs terroirs, il s’installe à Greenville, en Caroline du Sud, dans la zone du Piedmont pour y développer une activité viticole. Décidé à créer une exploitation sur un mode français, il acquiert une quarantaine d’hectares dans une zone de collines boisées, à cinq kilomètres au nord-ouest de la ville, utilisant des cépages locaux. Sa propriété prend le nom de Mammoth ; c’est le domaine viticole le plus étendu de l’État. À la fin de la décennie, il produit environ 180hl d’un vin qu’il baptise Bordeaux. Il considère qu’il produit plus que dans les terres qu’il cultivait en France. Son épouse était retournée en France, soigner son fils Louis, malade de typhoïde.

À la fin des années 1880, une année très humide puis l’essor du mouvement préconisant la prohibition de l’alcool vont réduire la prospérité du vignoble de Greenville, jusque là florissant. En décembre 1886, une publication de Caroline du Sud, The Southern Cultivator and Industrial Journal, consacre un reportage à « l’immense vignoble » de Carpin. Début 1887, la Cour suprême de Caroline du Sud déboute M. Bouland, avec lequel il s’était associé en 1881, et qui réclamait une part plus importante des revenus de la terre.

En avril 1887, Anthelme Carpin est présenté, lors du mariage d’un de ses enfants à Paris, comme propriétaire et viticulteur à Greenville. Mais il rentre en France quelques mois plus tard et meurt le 23 mars 1888 à Paris (10e arr.) où il était hospitalisé. Il était âgé de 60 ans, veuf depuis deux ans et résidait rue d’Enghien dans le même arrondissement ; il est désigné comme vigneron. Père de six enfants, il voit deux de ses garçons devenir eux aussi commissaires de police, l’un avant son décès, l’autre peu après.

À Greenville, une voie publique porte le nom de Carpin Drive.

Propriété Mammoth à Greenville, Caroline du Sud, États-Unis

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre (fils) naît le 8 février 1776 à Paris, paroisse Saint-Paul (act. Saint-Paul-Saint-Louis, 4e arr.). Il est le fils de Marie Marguerite Sallé et de son époux Théodore François Santerre (père), raffineur de sucre, domicilié à Bercy (Seine, act. Paris 12e arr.).

Pendant la Révolution française de 1789, son père et un de ses oncles, jouent des rôles politiques significatifs dans les instances républicaines. Son père est administrateur du département de Paris et officier municipal de la commune de Bercy (Seine, ac. Paris 12e arr.). Le général Antoine Joseph Santerre participe à la prise de la Bastille, commande une partie de la garde nationale à Paris et pendant la guerre de Vendée.

Comme son père, Théodore François Santerre (fils) est d’abord raffineur de sucre au Faubourg Saint-Marcel à Paris. Puis, en l’an 10 (1802), il est propriétaire de deux moulins sur le Pont-de-Saint-Maur, sur la Marne, dans le village qui porte le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il exerce la profession de meunier, avec trois employés. À cette date, il a pour compagne une certaine Marie Claire selon les données du recensement.

Les moulins du Pont-de-Saint-Maur étaient construits sur deux étages et couverts de chaume. Ils reposaient sur les premières arches, rive droite. L’un d’eux, qui existait en 1553, était un moulin à blé, servant à moudre le grain. L'autre, daté de 1678, actionnait une machine hydraulique, dite pompe de Gourville ; elle avait notamment alimenté en eau, sous l’ancien régime, les jardins du prince de Condé, à Saint-Maur.

Dans le même village de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, Théodore François Santerre épouse en vendémiaire an 13 (octobre 1804) Marie Thérèse Opportune Dupuis, dont les parents marchand de bas. Parmi les témoins figure le général Santerre.

En septembre 1807, Théodore François Santerre vend les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur à François Trotier, meunier. À partir de la même année, la famille vit à Paris puis, en 1814, à Bercy, lieu des activités de son père. En 1829 on le retrouve à Ivry (Seine, act. Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne), de nouveau raffineur de sucre, résidant route de Choisy. Il est fabricant de gélatine en 1837.

Théodore François Santerre meurt le 24 avril 1843 à Vaugirard (Seine, act. Paris 15e arr.). Il était âgé de 67 ans et père de cinq enfants.

À gauche, les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur sur la Marne (actuel pont de Joinville) ; gravure du 17e siècle ; à droite, l’actuelle île Fanac (repr. Pouvereau)

 

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre père naît en 1753 à Paris, dans la paroisse Notre-Dame de Lorette. Il est le fils de Marie Claire et Antoine Santerre. Ce dernier, brasseur à Cambrai (Nord) est venu s’établir à Paris en 1747 où il acquiert de l’aisance. Il meurt en 1770, son épouse également et c’est la fille aînée, Marguerite, âgée de 20 ans, qui élève les quatre plus jeunes enfants, âgés de 11 à 17 ans, tandis que l’aîné, Baptiste, 19 ans, prend la suite du père à la tête de la brasserie de la rue Censier.

Théodore François Santerre épouse Marguerite Sallé en mai 1777 à l’église Saint-Étienne-du-Mont de Paris (act. 5e arr.). Il fonde à Essonnes, près de Corbeil (act. Essonne), une usine pour polir les glaces. Ensuite, il constitue une raffinerie de sucre rue Grange-aux-Merciers à Bercy (act. rue Nicolaï, Paris 12e arr.). Il réside à la Grand'Pinte, quartier de Bercy.

Pendant la Révolution française, trois des quatre garçons Santerre joueront un rôle politique : le second Antoine Joseph, qui sera général de division, le cadet Jean François, qui prit part à la prise de la Bastille et devint commandant de la Garde nationale ainsi que Théodore François lui-même.

Le 4 septembre 1792, Théodore François Santerre est secrétaire de l’assemblée des électeurs du canton de Vincennes.

Le 25 septembre 1792, Servan de Gerbey, ministre de la guerre, écrit à Jérôme Pétion de Villeneuve, président de la convention nationale, pour lui faire part de la situation militaire dans l’Est de la France. La communication entre Châlons (act. Châlons-en-Champagne, Marne) et les armées étant alors interceptée par les alliés coalisés contre la France révolutionnaire, le ministre se réfère aux informations transmises par le général Antoine Joseph Santerre à l’un de ses frères, qu’il désigne sous le prénom de François (qui peut être Jean François ou Théodore François). Il indique que, malgré la proximité de l'ennemi, les nouvelles « sont très bonnes. »

Théodore François Santerre n’est pas élu député à la Convention nationale mais devient administrateur du département de Paris le 9 janvier 1793. Il siège dans cette instance aux côtés notamment de Collot d’Herbois, président, Robespierre, vice-président et Marat. Ces trois derniers quittent rapidement l’assemblée locale et Jean Rousseau est nommé président. Santerre est chargé de préparer une adresse à la Convention sur les indemnités dues aux électeurs.

Il doit déposer comme témoin, le 18 ventôse, lors de l'instruction du procès des Hébertistes. Devant la cour, il conteste qu’il y ait eu des entraves au ravitaillement de Paris et dit ne pas avoir connaissance de menées suspectes dans sa commune. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui par le conseil général de Bercy (conseil municipal) ; il est annulé par décret de la Convention, le 19 thermidor an 2.

En l'an 2, il est membre du comité de surveillance de la commune de Bercy (ultérieurement rattachée à Paris et, pour partie, à Charenton-le-Pont) et devient officier municipal (adjoint au maire). Théodore Santerre est, avec le commandant de la garde nationale de Bercy, un des partisans de la déchristianisation en brumaire an 2. Mais son projet d'adresse à la Convention pour y porter l'argenterie de l'église, est repoussé par l'assemblée générale des électeurs de Bercy. Ses partisans ont affaire à des citoyennes qui les poursuivaient à coups de parapluie selon l’historienne Raymonde Monnier.

Pour ne pas pouvoir être accusé d’être un accapareur de sucre, Santerre cesse de raffiner cette denrée et devient fabricant de salpêtre en l’an 3. Il reviendra ensuite à sa production initiale.

Au printemps an 12 (1804), Théodore François Santerre rachète à sa famille le manoir de Beauchery (act. Beauchery-Saint-Martin, Seine-et-Marne). Il exploite le domaine en tant qu’agriculteur.

Théodore François Santerre père meurt le 2 mai 1835 à Beauchery, dans son château de La Tour. Il était âgé de 82 ans et père de cinq enfants. Son deuxième fils, qui se prénommait également Théodore François, fut meunier à Joinville-le-Pont.

Le général Antoine Joseph Santerre, frère de Théodore François Santerre (père).

 

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 00:01

Jean Louis Ancelet naît le 27 floréal an 10 (soit le 16 mai 1802) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Françoise Corbin et de Louis François Ancelet, voiturier. Ce dernier meurt en mars 1809, quand Jean Louis Ancelet n’a que six ans, et sa mère se remarie, en mai 1811, dans le même village, avec Pierre Bauche, marchand de vin.

Devenu marchand de vin comme son beau-père, Jean Louis Ancelet épouse en avril 1827 à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) Geneviève Louise Angélique Petit, issue d’une famille de vignerons. Ils vivent à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, qui change de nom pour devenir Joinville-le-Pont en 1831.

Lors d’élections municipales complémentaire en mai 1837, qui se tiennent au suffrage censitaire, Ancelet obtient des voix, mais il n’est pas élu. Par contre, il l’est en juin 1840 lors du scrutin suivant, toujours avec le même mode de vote. Il obtient 25 voix pour 43 votants et 64 inscrits. Le nombre d’électeur est de 10% de la population totale.

Au début du mandat, le maire est Laurent Nicolas Pinson, en poste depuis 1830. Pinson n’ira pas tout-à-fait au bout de son mandat commencé en 1837. Il démissionne et s’en explique dans une lettre du 6 février 1843 : un « riche propriétaire, membre du conseil » est « venu jeter le trouble » dans la commune et le conseil municipal. Le grammairien Charles-Pierre Chapsal, propriétaire du château de Polangis, avait demandé sa radiation et celle de son adjoint, Pierre Bainville (également démissionnaire), devant le tribunal de la Seine le 8 janvier. Pinson estime ne pas avoir les moyens de mener la lutte sur le plan légal. Chapsal, élu conseiller municipal en 1840, considérait les deux édiles comme incapables.

À la fin de son mandat, en juin 1846, Jean-Louis Ancelet se représente et est réélu avec 38 voix pour 50 votants et 67 inscrits. Charles-Pierre Chapsal est de nouveau maire ; il quittera cependant sa fonction en 1848, après la révolution qui a renversé le roi Louis-Philippe, remplacé par Apollon Delaherche, qui était conseiller municipal. Chapsal redevient maire, après l’élection de Louis Napoléon Bonaparte, en 1852.

Sous le second Empire, Jean-Louis Ancelet est nommé conseiller municipal en août 1863. Il avait probablement continué de siéger depuis 1852.

Jean Louis Ancelet meurt le 1er mars 1867 à Joinville, âgé de 64 ans et père de trois enfants. Il siégeait toujours au conseil municipal, sans doute depuis 27 ans. Il est remplacé en janvier 1869 dans sa fonction par Pierre-Victor Reclus.

Pendant la durée de son mandat, Joinville s’est transformé, accueillant une ligne de chemin de fer et une gare, un bureau de poste, une église et se dotant d’une nouvelle mairie. Orientée vers le commerce du bois et l’agriculture, dans les années 1830, le village devient dans les années 1860 une destination touristique pour les parisiens qui fréquentent les bords de Marne le dimanche.

Le train à Jopinville-le-Pont en 1859

 

Partager cet article
Repost0
15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 00:01

Théodore Eugène Coursault naît le 11 mai 1846 à Ligueil (Indre-et-Loire). Il est le fils d’Eugénie Françoise Menou et de son mari, Théodore Zacharie Coursault, marchand de bestiaux.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, Coursault (très probablement Théodore Coursault) s’engage dans un corps-franc, le bataillon des Francs-tireurs à la branche de houx, constitué sous l’autorité du commandant de Vertus. Connus aussi sous le nom de Francs-tireurs des Ternes, du nom du quartier de Paris dont ils étaient souvent originaires, le bataillon faisait partie des unités reconnues par l’état-major de la défense nationale, qui les rangeait dans la catégorie des Éclaireurs de la Seine. Coursault est nommé officier. Les Francs-tireurs à la branche de houx, dont le surnom vient d’un petit bouquet qui ornait leur chapeau, combattent notamment à Garches, Buzenval, Montretout et Rueil, dans l’ouest parisien. Un monument en leur honneur est édifié place des Ternes, en plus de plaques dans les communes concernées. Coursault participe, comme ancien officier, aux manifestations du souvenir, par exemple en janvier 1883.

Après la guerre, Théodore Coursault est affecté au 10e régiment territorial de cavalerie, où il a en mars 1877 le grade de sous-lieutenant. Il rejoint ensuite le 9e régiment puis est affecté à l’état-major, avec le grade de lieutenant, en mai 1887.

Franc-tireur à la branche de houx

En juin 1873 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, act. Yvelines), Théodore Coursault épouse Marie Louise Evelina Bisson. Elle est la fille de d’Hector Bisson (1811-1858), ancien notaire, chef de bataillon de la garde nationale et conseiller municipal de Nogent-sur-Marne. Après le décès de ses parents, elle est réside chez son beau-frère, Louis Victor Moisson, notaire et maire de Saint-Germain-en-Laye.

Théodore Coursault devient lui aussi notaire. Il est nommé en charge de l’étude de Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), en remplacement de M. Girard, en octobre 1873. Il diffuse des offres d’emploi pour le recrutement de ses clercs dans la presse de son département d’origine, l’Eure.

Parmi les manifestations les plus marquantes de son activité notariale figure la constitution de la Société des artistes français, en juin 1884. Elle est notamment l’organisatrice du Salon des Indépendants à Paris. Coursault procède également à la vente, en juillet 1886, du mobilier du château de Montmorency.

À l’occasion d’une élection cantonale pour le conseil général de la Seine-et-Oise, en août 1883, Coursault se présente. Plusieurs journaux, dont Le Constitutionnel précisent que sa candidature est « acceptée par les républicains, aussi bien que par les conservateurs ». Ils le soutiennent, faisant de lui le candidat « de la capacité, de l'honnêteté et du patriotisme ». C’est cependant le sortant, Armand Hayem, publiciste, républicain, qui est réélu.

Au cours d‘une séance du conseil municipal de Montmorency en avril 1884, où il siège peut-être, Théodore Coursault présente un rapport contre le projet de division du canton de Montmorency.

En préparation des élections législatives de septembre 1885, le comité républicain libéral, présidé par Barthélemy Saint-Hilaire, inscrit Coursault en cinquième position parmi les neuf candidats qu’il propose pour le scrutin en Seine-et-Oise. Il refuse de concourir et soutient par contre M. Lannes, duc de Montebello.

De 1887 à 1889, Coursault est mentionné comme membre du comité cantonal de la Société française de secours aux blessés (Croix-Rouge), basé à Enghien-les-Bains.

Il est l’auteur d’un traité intitulé Du divorce, paru aux éditions Marescq à Paris en 1886.

En mai 1887, Théodore Coursault cède son étude notariale de Montmorency à Georges Dominique Fortuné Bablot. Il quitte la commune et s’établit à Paris (9e arr.), rue Drouot puis, dans le même arrondissement, boulevard Haussmann. Il acquiert également une résidence à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), très proche de Nogent dont son épouse est originaire.

Devenu avocat et jurisconsulte-publiciste, il se consacre aux affaires foncières. Coursault est désigné en janvier 1893 administrateur général de la société Foncière rurale. Il en devient le président du conseil en avril 1892.

Lors des élections municipales de mai 1888, Théodore Coursault  est candidat à Joinville sur la liste présentée par le comité électoral républicain radical-socialiste. Il se trouve en troisième position derrière deux conseillers sortants, Alphonse Demeestère et Henri Diot. Outre des radicaux, la liste accueille plusieurs socialistes-révolutionnaires. Elle présente son programme devant près de 300 électeurs, selon l’hebdomadaire radical local Voix des communes.

La liste radicale s’oppose à celle du maire sortant, Gabriel Pinson, républicain, que la gauche avait soutenu en 1878, 1881 et 1884. Les modérés devancent les radicaux et font réélire ou élire au premier tour dix-sept de leurs candidats pour les vingt-et-un postes à pourvoir. Coursault ne figure pas parmi les quatre postulants de sa liste ayant fait le meilleur score et il ne se présente pas au second tour, ou trois radicaux et un modéré sont élus.

La propriété Coursault, qui se situe à la fois à Joinville, dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson) et dans la commune voisine de Champigny, Remise de Saint-Maur, est expropriée en novembre 1907 pour la construction d’un pont sur la Marne, dénommé pont du Petit-Parc, qui relie ces deux villes à Saint-Maur-des-Fossés.

Théodore Coursault meurt le 22 août 1915 à Ligueil, où il séjournait régulièrement et où vivait sa famille au lieudit l’Abbaye. Il restait cependant domicilié à Paris (7e arr.), rue de Verneuil. Âgé de 69 ans, il était père de quatre enfants.

Une voie publique de Joinville porte, au moins depuis 1921, le nom d’avenue Coursault. Elle se situe dans le quartier de Palissy. Elle correspond probablement à l’emplacement de propriétés de la famille. L’avenue donnait accès aux quais Hector-Bisson et Moisson, dénommés d’après deux autres notaires auxquels il était lié par son épouse, le premier installé à Nogent-sur-Marne, dont il fut conseiller municipal, le second à Saint-Germain-en-Laye, ville qui l’avait élu maire. Les quais ont été rebaptisés après la deuxième guerre mondiale sous le nom de quai Gabriel-Péri.

Partager cet article
Repost0
13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 00:01

Louis Victor Moisson naît le 5 janvier 1831 aux Planches (act. Acquigny, Eure). Il est le fils de Sophie Marie Auzoux et de son époux François Victor Moisson.

Autodidacte, Victor Moisson se forme à la carrière notariale à Rouen et Paris. Il est nommé en juin 1860 notaire à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en remplacement de M. Chevalier.

La même année, en octobre, il épouse à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) Marie Gabrielle Bisson, issue d’une famille de notaires de cette ville.

En 1865, Victor Moisson est élu au conseil municipal de Saint-Germain.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il est pris en otage par les autorités allemandes, qui le retiennent pendant une semaine, pour faire pression sur le gouvernement français dont elles attendent le paiement d’une indemnité. Alors que les troupes allemandes occupent la commune, Victor Moisson est désigné comme président de la commission municipale, faisant fonction de maire. Il est désigné en tant que maire à la fin de l’occupation en mars 1871 puis élu à ce même poste après les élections municipales de mai 1871. Il va notamment se préoccuper de l’alimentation en eau de la commune.

Il échoue aux élections au conseil général en octobre 1874 mais est réélu maire en novembre la même année. Il quitte son poste après une nouvelle défaite en janvier 1878.

Victor Moisson a été président d’honneur de la Société philadelphique et de la Société d'horticulture de Saint-Germain. Il a présidé la chambre des notaires de l'arrondissement de Versailles.

Louis Victor Moisson meurt le 6 octobre 1883 à Saint-Germain-en-Laye. Il était âgé de 52 ans et père de deux enfants. Ses funérailles en l’église communale attirèrent une foule importante selon la presse locale.

Du fait du mariage de Victor Moisson avec Marie Gabrielle Bisson, la famille Moisson disposait de propriétés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Une voie publique de cette commune a porté le nom de quai Moisson. Elle se situait dans le prolongement d’un autre quai nommé d’après le beau-père de Victor Moisson, Hector-Bisson, également notaire. L’appellation était en usage depuis au moins 1891. Les deux quais Hector-Bisson et Moisson ont pris, après la deuxième guerre mondiale, le nom de quai Gabriel-Péri.

Victor Moisson était également lié avec un Théodore Coursault (1846-1915), notaire à Montmorency (1873-1887) puis jurisconsulte, officier de cavalerie, candidat au conseil général de Seine-et-Oise (1883) puis candidat radical-socialiste au conseil municipal de Joinville-le-Pont (1888), qui a également donné son nom à une voie de Joinville (quartier Palissy). Théodore Coursault avait épousé Marie Louise Evelina Bisson, sa nièce, qu’il hébergeait après le décès de ses parents.

La Marne à Joinville-le-Pont, années 1880

 

Partager cet article
Repost0
28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 00:01

Jean Baptiste Delpérier naît le 21 mars 1838 à Frayssinet (Lot). Il est le fils de Catherine Mondou et de son époux Jean Baptiste Delpérier, maréchal des logis de gendarmerie. Il utilisera, au début de sa vie professionnelle, le prénom de Léon puis reviendra à celui de Jean Baptiste, qui était également celui de son grand-père et de son arrière-grand-père paternels. Son père a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 1839.

Installé à Paris, Jean Baptiste Delpérier il devient, en 1852, vétérinaire et maréchal-ferrant à Paris (6e arr.) rue de la Barouillère (act. rue Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle). Il est diplômé comme médecin-vétérinaire de l’École nationale vétérinaire d'Alfort à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne) en août 1861.

En octobre 1862, désormais domicilié à Joinville-le-Pont tout en conservant son cabinet parisien, Jean Baptiste Delpérier épouse dans cette ville Marie Cornélie Dalibon. Dans le cadre de son activité professionnelle, Delpérier s’intéressera principalement aux chevaux. Il publie son premier ouvrage scientifique en 1869 : Du levier digital.

Au cours de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Jean Baptiste est le vétérinaire du deuxième escadron de la garde nationale à cheval. Il sert notamment pendant le siège de Paris (septembre 1870 – janvier 1871).

Inventeur du « clou Delpérier », le vétérinaire publie en 1881 une Monographie sur les ferrures à glace. Son dispositif vise à permettre aux chevaux de marcher sur de la glace ou de la neige. Considéré comme très simple à placer dans des étampures ad hoc et sans danger pour l’animal, le clou Delpérier, même s’il a des concurrents, dispose d’une forte réputation. Encore en février 1929, le quotidien socialiste Le Populaire en faisait l’éloge : « Depuis l'apparition de l'invention de Delpérier, on a voulu innover de nombreux autres systèmes. Aucun, il faut le dire n'a pu présenter de meilleures qualités ». Un Manuel raisonné de la ferrure à glace Delpérier est publié en 1886 par l’imprimerie familiale, située à Cahors (Lot).

Après le décès de sa première épouse en juin 1879, Jean Baptiste Delpérier se remarie à Paris (6e arr.) en novembre 1883 avec une professeure de piano, Alexandrine Emma Kownacka, fille de Joseph Kownacki, professeur de dessin, ancien officier polonais engagé dans la lutte contre l’empire russe en 1830 et réfugié en France après l’écrasement de la révolte. La famille Kownacki était voisine de la propriété Delpérier à Joinville. La rue où ils demeurent, limitrophe de Champigny, porte désormais le nom de rue du 42e de Ligne, régiment qui s’est illustré dans la défense de la capitale contre les Allemands en 1870-1871. Le terrain des Delpérier se situait sur les deux communes.

Membre depuis 1873 de la société La Tempérance, qui lutte contre l’alcoolisme, Delpérier publie en 1898 une Étude spéciale du sabot du cheval et des altérations unguéales.

Il quitte la région parisienne au cours des années 1900 et s’établit sans doute d’abord à Cahors (Lot), où il aurait géré l’imprimerie précédemment exploitée par son frère Frédéric, puis à Lafrançaise (Tarn-et-Garonne).

Jean Baptiste Delpérier meurt le 21 mars 1911 à Lafrançaise, où il résidait avec son épouse. Il est décédé le jour de son anniversaire, à 73 ans. Il était père de cinq enfants dont l’aîné, Georges, fut un célèbre statuaire, chevalier de la Légion d’honneur, qui réalisa notamment une statue de Ronsard à Tours et le monument aux morts de Joinville-le-Pont. Jean Baptiste Delpérier était décoré depuis janvier 1887 du Mérite agricole, titulaire d’une médaille d'or de la Société nationale de médecine vétérinaire depuis novembre 1886, d’une médaille d'argent de la Société nationale d’agriculture depuis juillet 1898 et d’une médaille de vermeil de la Société protectrice des animaux depuis mai 1902.

L'école vétérinaire d'Alfort, coll. Ad 94

 

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 00:01

Suite de la biographie de Pierre Schaken

Quittant la commune flamande pour Bruxelles, devenue en 1830 capitale de la Belgique indépendante, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il est notamment chargé de la réalisation de fortifications et du creusement de canaux. Adepte du Saint-Simonisme et franc-maçon, Schaken va ensuite se consacrer principalement à la réalisation de voies ferroviaires, en Belgique, au Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et, principalement, en France. Associé à Basile Parent, sa société est une des principales entreprises, associée notamment à la construction des liaisons entre Lyon et la Méditerranée, de Paris à Mulhouse ainsi que de la capitale française à Strasbourg. Toujours avec Basile Parent, il commença en 1855 la construction de matériel ferroviaire à Oullins (Rhône) et transporta en 1861 ses ateliers à Fives, dans la région de Lille. Cette entreprise devint en 1865 la Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises. Les diverses sociétés contrôlées par Parent et Schaken employaient plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, dont une vingtaine de milliers en Belgique et plus en France. Schaken s’intéressa également à la production de gaz pour l’éclairage et le chauffage, notamment à Bruxelles et Naples.

En juin 1851, Pierre Schaken, alors domicilié à Schaerbeck-les-Bruxelles (Belgique) achète pour 35 000 francs aux héritiers de Marie Jean Baptiste Bertin une maison de deux étages avec un belvédère, un jardin et une île, située rue du Canal à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Le terrain s’étend également sur le terrain de la commune, alors voisine, de Saint-Maur-des-Fossés.

Après avoir fait démolir l’ancienne maison, Schaken fait construire en 1852 un bâtiment par l’architecte et archéologue Pierre Manguin. Il sera désigné, d’abord comme le château de Gravelle, ensuite comme le château Schaken. Il est orné de mascaron et rinceau. Plusieurs constructions annexes sont faites dans le domaine, dont une maison miniature et un pont donnant accès à l’île, entre la Marne et un bras comblé ultérieurement.

Plusieurs publications présentent le château Schaken comme celles de César Daly (L’architecture privée au XIXe siècle, Paris, 1864) ou l’Atlas de la Seine (BHVP, Paris, 1900). Le peintre aquarelliste Albert Capaul a réalisé une représentation du château ainsi qu’une autre de la pompe à eau et des écuries.

Albert Capaul, le château Schaken

La construction par la compagnie du Chemin de fer de l’Est de la voie ferrée qui relie la gare de Paris-Vincennes à Saint-Maur-des-Fossés, via Vincennes, entraine l’expropriation d’une petite partie du parc Schaken, identifié comme étant au lieu-dit Pré de Presles, aménagé en jardin d’agrément avec des murs, arbres, arbustes et espaliers. Une indemnité pour dépréciation de 27 570 francs lui est accordée, la superficie concernée faisant 1 142 m². Selon J. Bailly, qui signe un portrait de Schaken dans la Revue des races latines (septembre 1863) « sa délicieuse villa de Saint-Maurice est un petit et brillant chef-d’œuvre de parfaite élégance. Le jardin, au terrain accidenté, est traversé par un viaduc de la ligne de Paris à Vincennes, produisant l’effet le plus original. »

Un décret du 2 mai 1868 modifia les limites entre les communes de Saint-Maurice et Joinville-le-Pont, les fixant « par le canal et la route du canal de Saint-Maur ». Saint-Maurice perdit donc toute la partie de Gravelle entre le canal et le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. De ce fait, la propriété Schaken se retrouva dans le giron de Joinville, les parties non construites en bords de Marne continuant à relever de Saint-Maur. Son adresse devint 174, rue du Canal (act. 20, rue Henri-Barbusse).

Pierre Schaken meurt le 8 janvier 1870 à Joinville. Il était âgé de 76 ans et père de trois enfants, un fils, mort très jeune et deux filles. D’abord inhumé au cimetière de Joinville, où son tombeau subsiste au 21e siècle sous le nom de Schaken-Rommel (nom d’épouse d’une de ses filles), son cercueil est transféré en janvier 1885 dans une chapelle funéraire familiale, au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arr.).

Il était titulaire de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre de Léopold de Belgique depuis janvier 1844, commandeur du nombre de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne, janvier 1860), chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, commandeur de l’ordre du Christ du Portugal et médaille de Sainte-Hélène (France).

Le château Schaken est vendu aux enchères en 1883 par ses héritiers ; la mise à rpix est de 330 000 francs. La propriété vendue fait 2,8 hectares pour le domaine et 1,3 hectare pour le potager. Le terrain est loti et le bâtiment lui-même est détruit en 1970 pour laisser place à un immeuble social, la résidence Sévigné à Joinville. Seule la « villa miniature » subsiste au 21e siècle, au 56, avenue de Sévigné, dans la même ville. La ville de Saint-Maur-des-Fossés a baptisé une voie de son nom, le quai Schaken, ainsi qu’un établissement public, l’école maternelle Schaken ; le quartier environnant est fréquemment désigné aussi sous ce nom.

Fin

Le parc du château Schaken

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens