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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 00:01

Léon Auguste Bézy naît le 28 octobre 1839 à Montargis (Loiret). Il est le fils de Madeleine Antoinette Jacquet et de François Félix Bézy, relieur.

Il effectue, de 1855 à 1858, des études d’ingénieur à l’école des Arts-et-métiers d’Angers (Maine-et-Loire). Selon son camarade Frédéric Besnard, il fait preuve de « brio, intelligence et facilité d’assimilation ». Il s’installe ensuite rue de Flandre à Paris (19e arr.) et collabore à la société Gargan & Cie, construction de wagons.

Il crée en 1867 Bézy, Desnoyers et Cie avec Isidore-Agnan Desnoyers, constructeur-mécanicien qui prend la succession de Gargan. Lors de l’exposition universelle de Paris en 1867, ils mettent en place la ventilation d’une grande partie du palais, avec une machine inspirée de celle de l'usine à gaz de La Villette.

Bézy et Desnoyers déposent plusieurs brevets, en France, mais aussi au Royaume-Uni et aux États-Unis. En juillet 1867, ils présentent un système de voiture à vapeur à quatre roues motrices. Ils s’intéressent aussi aux perfectionnements des générateurs à vapeur, à la régularisation de la pression des gaz et des liquides ainsi qu’à un moteur à action indirecte élastique et variable.

Bézy est ensuite ingénieur directeur de la Compagnie des Petites-Voitures. Fondée en 1855, c’est un des trois exploitants de fiacres automobiles à Paris. Elle exploite principalement des voitures hippomobiles à louer à la course ou à l'heure. En 1857, elle comptait environ 1 900 voitures, après avoir absorbé beaucoup de petites compagnies. Elle fabrique ses véhicules dans une usine d’Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant la guerre de 1870-1871 entre la France et certaines puissances allemandes, dont la Prusse, Bézy transforme sa fabrique pour produire des affûts de canon au bénéfice du ministère de la guerre.

Après le conflit, Bézy monte une Société de carrosserie industrielle et s’intéresse aux bicyclettes, encore balbutiantes. Il constitue avec Alphonse Pilté, maître de forges à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) une société, Bézy et Pilté, pour équiper les Forges de Saint-Maur qu’exploite ce dernier à Joinville. Il met au point une cintreuse verticale à galets pour la fabrication mécanique des fers à cheval. La société est dissoute en décembre 1875.

Le bureau d’expertise industrielle, que Bézy fonde en 1878 va intervenir comme arbitre après des accidents industriels, notamment des incendie, pour les compagnies d’assurance comme pour les assurés. Cette activité va lui conférer une « large aisance » selon Frédéric Besnard, responsable de la Société des ingénieurs civils à laquelle il adhère en 1879 qui souligne qu’il avait « la main toujours très grande ouverte ». Il est installé rue de l’Entrepôt (act. rue Yves-Toudic, Paris 10e arr.).

En octobre 1891 à Paris (10e arr.), Léon Bézy épouse Nathalie Desliens. En juin 1898, il adopte Georges Henry fils né lors du premier mariage de sa femme qui était veuve.

Léon Bézy meurt le 24 août 1899 à Paris (10e arr.), alors qu’il était toujours en activité et âgé de 59 ans. Il est inhumé, conformément à ses volontés, lors de funérailles civiles au cimetière parisien du Père-Lachaise car il était libre-penseur.

Fiacres de la Compagnie des Petites-Voitures

 

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 00:01

Albert Philippe Doé naît le 21 mars 1809 à Troyes (Aube). Il est le fils de Catherine Julie de Loynes et de Jacques Doé, propriétaire. Ses deux parents sont d’origine noble, le père, seigneur de Luyères, était également administrateur des hospices de Troyes.

En 1835, Albert Doé s’associe avec son frère Victor et ils sont tous deux associés gérants de la société Doé & de Lemont, qui est en charge de l’exploitation de la forge de Chamouilley-Haut, en Haute-Marne. Son frère réside sur place, tandis qu’Albert Doé est installé à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), où se trouve le siège de l’entreprise. Il prend également la responsabilité de la société gestionnaire des Forges de Saint-Maur, située à Joinville-le-Pont, en limite de Saint-Maurice. Le percement en 1825 du canal de Saint-Maur, qui coupe par un tunnel la boucle de la Marne, ont permis l’installation d’une industrie sur ses bords, malgré le risque d’inondation.

Présente à l’exposition des produits de l’industrie de 1839, Doé et Cie obtient une médaille de bronze. C’est, avec celle de Grenelle, une des deux forges du département de la Seine que l’on retrouve à l’exposition de l'industrie française en 1844. Traitant de vieilles ferrailles, qu'elle tire des fontes de la Haute-Marne et qu'elle affine à la houille; elle tire parti de son voisinage de la capitale.

Lors de l’exposition universelle de Paris en 1855, la presse souligne l’intérêt de ce recyclage des vieux fers. Les forges de Saint-Maur recueillent une médaille de 2e classe. Cependant, s’inquiétant d’un projet de réforme des tarifs douaniers, Albert Doé signe, en janvier 1860, une lettre à l’empereur Napoléon III en compagnie de 180 manufacturiers. Il cède la gestion des forges vers 1865 à MM. Alphonse Pilté et Mathieu Bonnor.

En 1852, Albert Doé est capitaine de la deuxième compagnie du 29e bataillon de la Garde nationale de la Seine. Il a sous ses ordres deux autres officiers, dont Paul-Nicolas Tondeur, sous-lieutenant et directeur des forges. Depuis la même année, il était adhérent du Cercle des arts et en est signalé comme membre encore en 1873.

Albert Doé meurt le 1er décembre 1881 à Paris (9e arr.). Il était âgé de 73 ans et célibataire. Il est inhumé au cimetière de Troyes. Il fait un don de 1 000 francs au bureau de bienfaisance de cette ville. Il avait été gratifié d’une médaille de bronze lors de l’exposition universelle de Paris en 1855.

Ses deux frères Charles et Victor ont tous deux été décorés comme chevaliers de la Légion d’honneur et nommés conseillers généraux, le premier, dans le département de l’Aube, dont il fut président et où il a été également maire de Rouilly-Saint-Loup et le second en Haute-Marne.

Tombe d'Albert Doé à Troyes

 

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 00:01

John Strayer McGrew nait le 23 février 1823 à Lancaster, dans l’État d’Ohio (États-Unis). Il est le fils de Catherine Christie et de Robert McGrew, immigrés venus d’Irlande.

La famille déménage peu après sa naissance à Cincinnati, dans le même État, où son père fonde un journal quotidien, le Cincinnati Enquirer. Dans cette même ville, John Strayer McGrew intègre la faculté de médecine (Medical College of Ohio), dont il sort diplômé en 1847.

Vers début 1851, il épouse, probablement à Hamilton, dans l’Ohio, Mary Cobb. Il est médecin dans cette ville depuis l’année précédente. Sa femme meurt vers 1860.

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le Dr McGrew est enrôlé au sein des Volontaires, supplétifs de l’armée des États-Unis (United States Volunteers). Il est mobilisé en juillet 1864 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Nommé d’abord chirurgien adjoint dans le 83e régiment de l’Ohio, il est promu chirurgien en janvier 1865 puis obtient le grade de major (commandant) en novembre cette même année. Sa nomination est signée par le président Abraham Lincoln ; il sert sous le commandement des généraux McClellan, Sherman et Grant et finit le conflit avec le rang de lieutenant-colonel.

C’est probablement en décembre 1866 qu’il se remarie à Washington avec Pauline Gillet. Envoyé en inspection dans l’archipel polynésien d’Hawaï, il décide de s’installer à Honolulu avec son épouse, le fils de cette dernière qu’il adopte et le fils né de son premier mariage. Ils auront quatre autres enfants.

Nommé médecin consulaire de la marine américaine en 1869, il devient une personnalité de l’administration américaine auprès du royaume d’Hawaï. Il participe, en 1873, avec les généraux Alexander et Schofield, à l’étude de la future base navale de Pearl Harbor.

Devenu membre du Conseil de la santé territorial en 1880, il est élu en 1887 vice-président du Congrès médical international. Il reconstitue, en 1892, la Société médicale hawaïenne et la préside jusqu’en 1897. Lors de son élection comme vice-président du Congrès médical panaméricain, à Washington en automne 1893, il prononce un discours politique se faisant l’avocat de l’annexion d’Hawaï par les États-Unis.

Cette prise de position se situe au moment où, à la demande des planteurs américains de canne à sucre, la reine d’Hawaï est déposée par l’armée des États-Unis. Une République est proclamée en 1894. Les opinions du Dr McGrew l’opposent à la famille royale et lui valent les surnoms de « McGrew-Annexion » de la part de ses adversaires – dont le roi Kalakaua, puis de « père de l’annexion » une fois que celle-ci sera réalisée en 1898. Il était président du Club de l’annexion et dirigeait le quotidien The Hawaiian Star, fondé en 1893 par un planteur, Joseph B. Atherton.

Administrateur de l’American Club, McGrew présidait également, depuis sa fondation en 1879, la Musical Hall Association. Il fut l’un des membres fondateurs et, jusqu’en 1885, vice-président du comité directeur de l’association du parc Kapiolani, premier espace récréatif public créé en 1877 et accueillant notamment un terrain de cricket.

À côté de son activité médicale, McGrew investit dans plusieurs entreprises commerciales : l’hôtel Hawaiian, la Mutual Telephone Company, et la compagnie People's Ice and Refrigeration.

Alors âgé de 77 ans, le Dr McGrew réduisit en 1900 son activité médicale. Sa fortune faite, la famille McGrew disposait d’une vaste villa à Honolulu, accueillant à ses frais de nombreux invités pour lesquels ses dépenses étaient estimées à 10 000 dollars par ans. C’est là que mourut la journaliste, conférencière, écrivaine et actrice américaine. Kate Field, emportée par une pneumonie en 1896.

Villa du Dr Strayer à Honolulu

Son fils, John Tarn McGrew, attaché militaire à l’ambassade des États-Unis en France pendant la première guerre mondiale, devint une personnalité du Paris d’après-guerre.

John Strayer McGrew meurt le 17 novembre 1911 à Honolulu. Il était âgé de 88 ans et est enterré au cimetière O'ahu.

Le Dr John Strayer McGrew

 

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 00:01

Isidore Anthime Gouvrion naît le 27 avril 1811 à Magny-le-Désert (Orne). Il est le fils de Gustine Modeste Madelin et de son époux Michel Jean Gouvrion.

Ses parents s’installent en Seine-et-Marne, au Mesnil-Amelot où ils sont marchands. Isidore Gouvrion fait pour sa part commerce de vin à Romainville (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il épouse en juillet à Villeparisis (Seine-et-Marne) Hippolyte Désirée Ménecier.

Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où, en 1843, Isidore Gouvrion est devenu cordonnier. Il fait partie en 1848, selon les archives militaires, d’un Club de Joinville soupçonné de sympathie avec les insurgés parisiens de juin. Il est arrêté en juillet 1848 sans motif précisé avec six autres habitants de sa commune, également tenanciers de débits de boisson ; il est remis en liberté le lendemain.

En 1854, Isidore Gouvrion abandonne la cordonnerie et reprend la vente de vin, activité en développement dans la commune qui devient un centre de villégiature dominicale pour les parisiens fréquentant les guinguettes en bords de Marne. Il est cité en novembre de cette année comme témoin du suicide, en plein jour dans un établissement voisin, d’un jeune homme, délaissé par une amoureuse.

Avec une soixantaine d’habitants de la commune, Gouvrion est cité en novembre 1856 comme faisant un don en nature en faveur de l’armée d’Orient, qui combat en Crimée.

Isidore Gouvrion meurt le 25 octobre 1857 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et avait eu un fils.

Joinville, 1859

 

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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 00:01

Pierre Louis Hugedé naît le 1er janvier 1831 à Paris (8e arr.). Il est le fils de Nicole Moreau et de son époux Guy Louis Hugedé.

Associé à un bijoutier pour l'exploitation d’une fabrique de lettres et enseignes rue des Filles-du-Calvaire à Paris (3e arr.), il s’en sépare dès 1858 mais poursuit l’activité tout seul. Il dépose un brevet dans ce domaine en 1864 et améliore son invention en 1866. Hugedé présente ses produits à plusieurs grandes expositions, comme à Paris en 1867, Le Havre 1868, et Rome 1870.

À côté de son activité industrielle, Hugedé s’intéresse également à l’immobilier, les deux domaines profitant largement du réaménagement de Paris à l’œuvre au cours du second empire. Il fait reconstruire un immeuble boulevard Bonne-Nouvelle à Paris (10e arr.) où il déménage son activité. Il acquiert également des terrains à Joinville-le-Pont, dans le tout nouvellement lancé quartier de Palissy, que le céramiste Gille a commencé à diviser en lots. Hugedé commence à commercialiser ses parcelles au début de l’année 1870.

La guerre franco-prussienne cette année-là va interrompre la vente des lots, d’autant que la zone est connexe au champ de bataille de Champigny, qui fait plus de 2 000 morts fin 1870 sur les communes de Joinville et Champigny. Le pont qui permettait d’accéder au quartier depuis la rive droite de la Marne et Paris est détruit.

Pendant le conflit, Hugedé se mobilise en faveur des blessés. Il préside le premier comité local de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge), qui est installée en novembre 1870. Il crée une ambulance en bord de rivière (hôpital de toile provisoire). Au sein de la Croix-Rouge, Hugedé est chargé du ravitaillement. Il s’intéressera ensuite aux possibilités d’amélioration des constructions provisoires, et notamment des moyens de leur assurer une bonne aération et du chauffage. Il restera actif dans la Société de secours aux blessés jusqu’à la fin de sa vie.

Après la guerre, Hugedé reprend son activité de production de lettres, médailles et enseignes. Il est présent à l’exposition internationale de Lyon en 1872 et à l'Exposition universelle de Vienne en 1873. Il emploie dans son atelier des invalides de guerre. En avril 1875, Hugédé cède son fonds de commerce.

Il devient alors architecte, construisant d’abord sur ses terres de Joinville des constructions réputées être économiques et hygiéniques, qu’il s’efforce de diffuser.

Louis Hugedé épouse en août 1883 à Paris (1er arr.) Anne Catherine Steinmann. Il mobilise ses compétences en mécanique et architecture pour proposer pour la Croix-Rouge un modèle-type de baraques d'ambulances mobiles, destiné selon ses partisans « à rendre d’énormes services en temps de guerre et d'épidémie ». Il décrit et fait fabriquer aussi des panneaux aérifères, à circulation d'air, d'un moulage facile et rapide, faits avec les matériaux quelconques que présente le sol, n'exigeant ni cuisson, ni appareils, ni ouvriers spéciaux, qu’il recommande pour les soubassements des baraques d'ambulance et des hôpitaux provisoires. Il met aussi au point des calorifères portatifs pour les ambulances et tentes. Ses produits sont présentés à l’exposition universelle de 1885 à Anvers (Belgique).

Il étend son champ d’action à l’industrie de la bière, proposant des glacières, germoirs, séchoirs ainsi que des matériaux isolateurs lors de l’exposition des bières françaises de 1887 à Paris.

Si le comportement humanitaire d’Hugedé est fréquemment salué dans la presse conservatrice, il n’en est pas de même dans le journal local de tendance radicale-socialiste. Ainsi, après le décès du premier adjoint au maire de Joinville, Nicolas Chéret, une polémique éclate. Chéret, franc-maçon, se fait administrer l’extrême onction. Une foule, évaluée à 500 personnes par l’hebdomadaire Voix des communes, et comprenant selon lui 200 libres-penseurs, se rend aux obsèques. Hugedé prend la parole pour en appeler à la « miséricorde divine sur le pêcheur repenti. »

Pierre Louis Hugedé meurt le 31 décembre 1891 à Paris (8e arr.) à son domicile de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Son épouse, quant à elle, résidait à Heidelberg (Grand-Duché de Bade, Allemagne). Il était âgé de 60 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants.

Plusieurs médailles ont été accordées à Louis Hugedé lors d’expositions : médaille d'argent à l’exposition universelle de Paris 1867, mention honorable à celle d’Anvers 1885 et médaille d'or à l’exposition maritime du Havre 1868. Il a également reçu en septembre 1874 une médaille de vermeil des Sauveteurs de la Seine et en mai 1886 une médaille spéciale de la Société d'encouragement au bien. Il est décoré de la médaille militaire pour son activité pendant la guerre de 1870-1871.

Une voie de la commune de Joinville-le-Pont porte le nom de rue Hugedé. Il ne s’agit pas d’une dénomination décidée en hommage à Louis Hugedé, mais d’un usage traditionnel maintenu. La rue correspond à la partie du quartier de Palissy lotie par Hugédé, où il a construit une demi-douzaine de pavillons, dont la villa Hugedé. Le nom est attesté de son vivant, dans la presse dès 1877 et il est officiellement utilisé dans le recensement communal de 1891. Un arrêté préfectoral du 15 octobre 1934 la classe parmi les voies publiques urbaines de la commune de Joinville-le-Pont.

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 00:01

Jules Marie Ferdinand Rousseau naît le 6 novembre 1837 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et de son mari Louis Ferdinand Rousseau, professeur. Son grand-père maternel est Jean Marie Molette, instituteur de l’école qui porte son nom et dans laquelle son père est employé. C’est un établissement privé, créé en 1825, qui fut probablement la première structure pérenne d’éducation dans la commune. L’institution est reprise en 1851 par Ferdinand Rousseau et porte désormais son nom.

En 1857, il fait l’acquisition d’un vaste terrain, rue de Paris, en limite de Joinville et Saint-Maur, le parc du Parangon, qui accueillit notamment Mme de Lafayette. L’école se développe et atteint 300 élèves. Pour accompagner son développement, Ferdinand Rousseau décide de proposer, outre un enseignement classique, confié à son beau-fils Théodore Rousseau, de mettre en place un enseignement professionnel, dont Jules Rousseau est responsable. L’établissement du Parangon est désormais nommé institution Rousseau-Quirot.

Selon l’historien Georges Bousquié, qui fut élève du Parangon, « Jules Rousseau fut un merveilleux organisateur de l'orientation et de l'enseignement professionnel. Son école est une des premières écoles libres en France où l'on ait donné cet enseignement. Il en avait compris l'urgente nécessité, pour répondre aux besoins nouveaux de l'industrie. Mais, grand psychologue et soucieux de la formation de l’esprit des enfants, il savait les inconvénients, intellectuels et moraux, des procédés de spécialisation hâtive. Aussi il n'eût jamais abaissé l'éducation au niveau d'un dressage utilitaire. Cet enseignement professionnel, il le voulait élevé, méthodique, « classique à sa façon» disait-il. »

Tandis que son père en est le capitaine, Jules Rousseau est sergent-major de la garde nationale et des sapeurs-pompiers de la commune de Joinville en 1868. En avril 1870 à Joinville, Jules Rousseau épouse Marie Valentine Guillemot, fille d’un vigneron et tisserand de Grésigny, Côte-d'Or. Ils auront un fils.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, le Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Selon l’historien Jean Roblin, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont, situés à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny reçoivent une « véritable pluie de fer » entre novembre 1870 et janvier 1871. Le Parangon arborait sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge ; il fut épargné au début. Mais, le 9 janvier, un obus éclata dans l’escalier du bâtiment occupé par Jules Rousseau et son épouse. Femmes et enfants furent envoyés à Paris. La famille Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

Joinville est occupé depuis fin janvier 1871 par près de 3 000 soldats allemands, majoritairement Wurtembourgeois au début puis Badois et Bavarois ensuite. À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation viennent juste de quitter la commune où elles sont restées près de six mois, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments. Le père de Jules, Ferdinand Rousseau, siège au conseil municipal sous le second empire puis devient adjoint au maire Auguste Courtin (conservateur) avant de le remplacer en 1875. Il sera battu, sous l’étiquette bonapartiste, aux élections municipales de 1878.

Des scouts dans la cour du Parangon

Devenu veuf, Jules Rousseau se remarie en avril 1884 avec Désirée Colette Guillemot, maîtresse de pension à Joinville et sœur cadette de son ancienne épouse. Il doit pour cela obtenir l’autorisation du président de la République en vertu de l’article 162 du code civil, qui prescrit les mariages entre frères et sœurs. Ils auront une fille. Ses témoins sont ses trois frères (Nicolas Quirot, Léon Rousseau et le docteur Henri Rousseau) ainsi que son neveu par alliance, Ernest Mermet, professeur de chimie au lycée Charlemagne, chef de laboratoire à l’école Centrale et futur maire de Joinville. Son beau-père, Pierre Guillemot, est maire du village de Grésigny-Sainte-Reine (Côte-d'Or).

Le mois suivant, en mai 1884, Jules Rousseau est candidat au conseil municipal. Il figure sur la liste républicaine du maire sortant, Gabriel Pinson, qui recueille une moyenne de 310 voix au premier tour, soit environ 85% des suffrages exprimés, face à des candidats réactionnaires qui en ont 15%. Jules Rousseau est élu au second tour. Au cours du mandat, il devient secrétaire (ou syndic) du conseil, complétant le bureau municipal qui comprend le maire et les deux adjoints. En avril 1888, il ne prend pas position lors de la question qui oppose la majorité laïque des élus locaux au conseil de fabrique, gestionnaire de la paroisse. La majorité décide d’engager des poursuites, estimant les comptes inexacts, tandis que quatre conseillers s’y opposent. Rousseau fait partie des trois absents.

Les élections municipales générales de mai 1888 voient s’opposer les républicains modérés, derrière Gabriel Pinson, avec les radicaux-socialistes, alliés à quelques socialistes-révolutionnaires, guidés par Alphonse Demeestère. Jules Rousseau soutient le maire sortant. La liste républicaine a obtenu 17 sièges, contre 4 radicaux. Elle a en moyenne 302 voix. Le mieux élu est Rousseau qui, avec 372 votes, devance ses colistiers y compris le maire et ses adjoints. Il redevient secrétaire du conseil. Le mois suivant, Gabriel Pinson meurt en fonction. La presse locale donne Jules Rousseau en tant que favori pour prendre sa succession. Cependant, au cours d’un vote tendu en août 1888, c’est le premier adjoint, Eugène Voisin, qui l’emporte face à Jules Rousseau. Rousseau quitta la salle absolument seul et paraissant très abattu, selon témoignage de Charles Pâquet, petit-fils d’Eugène Voisin. Il démissionna fin 1889.

À ce moment, avec le décès de son père et de son demi-frère, Jules Rousseau devient le seul dirigeant de l’école du Parangon. Depuis 1885, les remises de prix, organisées chaque année fin juillet ou début août, sont des évènements bénéficiant d’une forte couverture de presse.

En matière sociale, Jules Rousseau prend la présidence de la société de Saint-Nicolas, basée dans la commune voisine de Saint-Maur. Il est également président de la délégation cantonale, en charge de l’enseignement public pour la circonscription de Charenton-le-Pont.

Jules Rousseau meurt le 27 mai 1897 à Joinville. Il était âgé de 59 ans et décoré des Palmes académiques, d’abord comme officier d’académie puis en tant qu’officier de l’instruction publique.

Une voie de la commune de Joinville-le-Pont est baptisée impasse Jules-Rousseau. C’est son frère, le docteur Henri Rousseau, qui prend sa succession à la tête de l’école.

 

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie de Ferdinand Rousseau

La municipalité de Joinville, après la guerre de 1870-1871 et l’insurrection de la Commune de Paris, doit faire face à de nombreux problèmes : reconstruction des édifices détruits, dont le pont de Joinville, principal axe de l’Est parisien, et réfection plusieurs bâtiments endommagés comme les châteaux du Parangon et de Polangis.

La Marne sort également de son lit à plusieurs reprises. Une première inondation est notée en novembre 1872. Mais c’est à la fin du mois de décembre et en janvier 1873 qu’une crue très importante survint.

Rousseau, comme adjoint au maire, Fontaine, secrétaire de mairie, Burgain et Brillaux, conseillers municipaux sont en charge de l’organisation des secours. 520 personnes de la commune, qui comptait 2 380 habitants en 1872, ont besoin de secours soit plus d’un cinquième de la population. Une souscription, lancée par le quotidien Le Figaro permet de les aider. Rousseau établit un tableau des pertes subies par les inondés, sur lequel les délégués du Figaro statuèrent, en tenant compte de la situation de fortune de chaque sinistré.

Lors des élections municipales de novembre 1874, on voit s’affronter à Joinville-le-Pont deux tendances bien distinctes. D’un côté, la majorité conservatrice de la municipalité sortante, et de l’autre une liste républicaine. Si la majorité est reconduite, avec à sa tête Auguste Courtin comme maire et Ferdinand Rousseau comme adjoint, trois des élus se sont ouvertement affichés en tant qu’opposants républicains : Antoine Cambier, Louis-Benoit et le maître de forges Alphonse Pilté.

De nouveau, en mars 1876, 160 maisons de Joinville sont envahies par les eaux de la Marne. Le deuxième étage du restaurant Jullien, sur l’île Fanac est inondé, les arches du pont reconstruit ont disparu et on ne va plus qu'en bateau dans le nouveau quartier de Palissy. 37 maisons sont évacuées complètement et il faut secourir 300 personnes.

En cour de mandat, Courtin, propriétaire du château de Polangis, l’autre grande demeure de Joinville avec le Parangon, décide de quitter son poste et la ville. Après sa démission en août 1876, Ferdinand Rousseau est élu maire de Joinville. Il prend Charles Brillaux comme adjoint.

La création de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville, réalisée en 1876 à l’initiative de Rousseau, est approuvée en décembre 1877.

Les élections municipales générales suivantes, en janvier 1878, voient la victoire des républicains à Joinville, conduits par Gabriel Pinson, troisième de sa famille à devenir maire. Selon le quotidien Le Siècle, « les candidats bonapartistes, parmi lesquels figurait le maire encore en fonctions, n’ont obtenu que très peu de voix ». Sur les 17 conseillers municipaux élus au premier tour (pour 21 postes), on compte 16 républicains et 1 orléaniste.

Une société en nom collectif, sous le nom de Quirot-Rousseau, est formée en décembre 1881 pour l’exploitation du pensionnat de garçons dénommé Institution du Parangon. À partir de 1885, la cérémonie annuelle de remise des prix de l’école du Parangon, au mois d’août, devient un évènement bénéficiant d’une importante couverture dans la presse nationale et locale. À la rentrée scolaire 1888, Ferdinand Rousseau, malade depuis 1881, divisa l’exploitation du Parangon en deux établissements, l’un confié à son fils Jules Rousseau et l’autre à son beau-fils Théodore Quirot.

Des élèves dans la cour du Parangon

 

Ayant adhéré en 1864 à la Société zoologique d'acclimatation, Ferdinand Rousseau en reste membre ensuite. Administrateur de la caisse d’épargne, Rousseau a été président de la délégation cantonale de Charenton qui gère les questions d’éducation.

Louis Ferdinand Rousseau meurt le 21 juin 1889 Joinville. Il était âgé de 78 ans et père de deux enfants.

Il avait été décoré des Palmes académiques en 1879 comme officier de l’instruction publique et chevalier de la Légion d’honneur depuis décembre 1881. Une fondation Ferdinand Rousseau est formée et contribue à doter des prix pour les élèves de l’institution du Parangon à partir de l’été 1889 et jusqu’en 1914.

Son fils et successeur à l’institution du Parangon, Jules Rousseau a été également conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Il a donné son nom à une voie de la commune. Son deuxième fils, le docteur Henri Rousseau, prit ensuite la succession à la tête de l’établissement d’enseignement et en fit une école coloniale.

Peut-être le nom de Ferdinand Rousseau doit-il être associé à une autre artère de Joinville, la villa Rousseau (voie privée).

Fin

Ferdinand Rousseau

 

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie de Ferdinand Rousseau

Suite à la proclamation de la 3e République, des élections municipales sont organisées en septembre 1870 à Joinville. Ferdinand Rousseau est réélu conseiller municipal et le conservateur Auguste Courtin est réélu maire, mais Ferdinand Rousseau remplace Hippolyte Pinson comme adjoint, poste qu’il occupait depuis 1843.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’établissement Rousseau-Quirot du Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Situé à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny entre novembre 1870 et janvier 1871, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont sont l’objet d’une « véritable pluie de fer » selon l’historien Jean Roblin. Le Parangon, arborant sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge, fut épargné au début. Cependant, le 9 janvier, un obus vint dans l’escalier du bâtiment occupé par Jules Rousseau et son épouse. On se hâta d’envoyer à Paris femmes et enfants. Ferdinand Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Charge des zouaves pendant la bataille de Champigny

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

La municipalité, repliée à Paris pendant le siège, rentre à Joinville au début de l’insurrection de la Commune de Paris et le maire s’associe aux initiatives pour recréer un dialogue entre le gouvernement de Versailles et les insurgés. Joinville est occupé depuis fin janvier 1871 par près de 3 000 soldats allemands, majoritairement Wurtembourgeois au début puis Badois et Bavarois ensuite.

En juillet 1871, le conseil municipal est réélu malgré la présence de l’occupant qui provoque plusieurs incidents avec la population. Courtin et Rousseau sont reconduits comme maire et adjoint.

À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation viennent juste de quitter la commune où elles sont restées près de six mois, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments.

À suivre

Joinville pendant la guerre de 1870

 

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie de Ferdinand Rousseau

Louis Ferdinand Rousseau naît le 14 décembre 1810 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Louise Marie Quirot et de Longin Marie Ferdinand Rousseau. Il a un frère jumeau, Antoine, dont le devenir est inconnu.

En 1832, Ferdinand Rousseau rejoignit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) comme professeur une petite école laïque d’enseignement libre dirigée par Jean Marie Molette, issue de l’école Longin de Paris que Molette avait reprise. Elle comptait 15 pensionnaires en 1836 et 30 en 1841. Dans cette fonction, Rousseau remplaça Adrien Quirot, décédé en août, qui avait épousé en novembre 1831 Désirée Catherine Nicole Lavenue, fille adoptive de Molette. En juin 1835 à Joinville, Rousseau épousa la jeune veuve.

Au décès de Jean Marie Molette, en 1851, Rousseau devint le maître de pension et renomma l’institution Rousseau-Molette. Dans une annonce de 1853, il assure qu’il « offre à la jeunesse tous les avantages, tant sous le rapport de l'éducation que par les soins de famille que les élèves y reçoivent, les élèves vivant en communauté avec les maîtres. »

La succession de Molette au conseil municipal de Joinville est également assumée par Rousseau, qui est peut-être élu lors d’un scrutin partiel début 1850. La 2e République a aboli le vote censitaire et rétabli le suffrage universel masculin, avec une première élection municipale en en juillet 1848. Apollon Delaherche, qui assumait l’intérim depuis fin décembre 1848, est élu maire en mars 1850.

Face au développement de l’école, Ferdinand Rousseau fait l’acquisition d’un vaste terrain, doté d’un petit château qui fut un temps la résidence de la Madame de La Fayette. Il y installe l’école, qui prend désormais le nom du Parangon en 1857.

A suivre.

L'internat du Parangon

 

Le nombre d’élèves augmenta jusqu’à 300 personnes. En 1865, son fils, Jules Rousseau, introduit pour la première fois un enseignement technique et professionnel tandis que son beau-fils, Théodore Quirot, est chargé de l'enseignement classique. L’établissement, laïque, jouit d’une bonne réputation.

Pendant tout le second empire, Rousseau siège au conseil municipal. Charles Pierre Chapsal a repris le poste de maire en 1852. À sa mort en 1858, il est remplacé par Auguste Courtin, son fils adoptif. Hippolyte Pinson est l’éternel maire adjoint pendant toute la période. Rousseau s’occupe notamment du bureau de bienfaisance municipal.

En 1868, Ferdinand Rousseau est capitaine de la garde nationale et des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont. Les autres officiers sont Martin, Bessault et Provin, tandis que son fils Jules Rousseau est sergent-major. Jusqu’ici, la garde nationale était surtout une milice destinée à maintenir l’ordre, composée et armée de propriétaires. C’est Rousseau, dans la commune, qui élargit son rôle en incluant le service du feu.

L'école du Parangon vue du parc

 

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 00:01

 

Nicolas Jules Théodore Quirot naît le 28 novembre 1832 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et le fils posthume de son mari Adrien Théodore Quirot, professeur ; mort le 9 août 1832. Il réside avec sa mère dans l’institution d’enseignement de Jean-Marie Molette, qui a adopté sa mère.

Cette dernière épousera en mai 1835 Ferdinand Rousseau, autre enseignant de l’école Molette, futur créateur de l’école du Parangon et maire de Joinville-le-Pont. Quirot devient, comme son père, professeur dans l’école, qui est reprise à la mort de ce dernier en 1851 par son beau-père, Ferdinand Rousseau.

En septembre 1857 Théodore Quirot épouse à Joinville Jeanne Henriette Charlotte Amiel. Le père de son épouse, Charles Amiel, comme son grand-père, Jean Baptiste Amiel, ont tous deux été conseillers municipaux de Joinville-le-Pont et propriétaires. Son oncle, Louis Félix Amiel, est un célèbre portraitiste.

C’est en cette même année que Ferdinand Rousseau déménage l’école Molette dans la propriété qu’il a achetée, toujours rue de Paris à Joinville, dans le parc du Parangon. L’ancien château, qui fut un temps la résidence de Mme de Lafayette, était doté d’un vaste parc. Le nombre d’élèves augmenta jusqu’à 300 personnes. En 1865, Théodore Quirot devient le directeur de la section classique, tandis que le fils de Ferdinand Rousseau, Jules, est nommé directeur de la section professionnelle. L’existence de cette seconde filière est une innovation, assez rare dans l’enseignement. L’établissement, laïque, jouit d’une bonne réputation.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’établissement Rousseau-Quirot du Parangon accueille une ambulance (hôpital auxiliaire) qui recueille 270 blessés. Situé à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny entre novembre 1870 et janvier 1871, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont sont l’objet d’une « véritable pluie de fer » selon l’historien Jean Roblin. Le Parangon, arborant sur son toi le drapeau de la Croix-Rouge, fut épargné au début. Cependant, le 9 janvier, un obus vint éclater au-dessus de l’appartement occupé par Mme Quirot et ses enfants. On se hâta de faire rentrer à Paris femmes et enfants.

À la rentrée scolaire de l’automne 1871, alors que les troupes d’occupation allemandes viennent juste de quitter la commune, il n’y a que trois élèves dans l’école du Parangon. Mais l’activité reprend progressivement, avec la reconstruction des bâtiments.

Théodore Quirot est, en décembre 1874, membre du conseil d’administration de la Société des chefs d'institution, qui regroupe les dirigeants d’établissements d’enseignement privés laïques ; un de ses voisins, Gustave Lebègue, à la tête d’une école de Nogent-sur-Marne, siège dans la même instance. En janvier 1878, Quirot est vice-président de la société. Il exerce encore la même fonction jusque fin 1881.

Une société en nom collectif, sous le nom de Quirot-Rousseau, est formée en décembre 1881 pour l’exploitation du pensionnat de garçons dénommé Institution du Parangon.

À partir de 1885, la cérémonie annuelle de remise des prix de l’école du Parangon, au mois d’août, devient un évènement bénéficiant d’une importante couverture dans la presse nationale et locale. Cette même année, Quirot est membre du conseil départemental de l’instruction publique de la Seine, présidé par M. Catalo, maire de Charenton-le-Pont.

À la rentrée scolaire 1888, Quirot se sépara du fondateur de l'école, son beau-père Ferdinand Rousseau, et l’exploitation du Parangon fut provisoirement divisée en deux établissements.

Théodore Quirot meurt le 1er février 1889 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier de l’instruction publique. Il était veuf depuis août 1881 et père de trois filles.

Sa deuxième fille, Berthe, fut l’épouse du colonel Émile Gauchotte, membre de l’état-major particulier du président de la République pendant la première guerre mondiale, mort pour la France en décembre 1914, chevalier de la Légion d’honneur.

La cadette, Émilie, se maria avec Achille Ernest Mermet, enseignant à l’école du Parangon puis professeur de chimie, maire de Joinville-le-Pont (1912-1919), également chevalier de la Légion d’honneur.

Le château du Parangon à Joinville-le-Pont en 1860

 

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