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3 août 2022 3 03 /08 /août /2022 00:01

Eugène Cochard naît le 24 novembre 1894 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Joséphine Tamponnet, polisseuse, et de son époux Marius Joseph Eugène Cochard, électricien. Ils demeurent rue Saint-Maur.

Ayant perdu son père, Eugène Cochard est devenu commis dessinateur pour la préfecture du département de la Seine et vit à Paris (2e arr.), rue Montmartre quand il est mobilisé peu après le déclenchement de la première guerre mondiale en septembre 1914. Il rejoint le 131e régiment d’infanterie. Nommé caporal en décembre 1914 puis sergent en avril 1915, il combat notamment à Courtemont, Varennes et Reuilly. Il est cité une première fois, à l’ordre de la brigade, en juillet 1916 : « sergent grenadier d’une grande bravoure, le 12 juillet a fait preuve de beaucoup d’énergie et de sang-froid en résistant avec ses hommes au coup de main que l’ennemi tentait sur nos petits postes après un violent bombardement ». Il l’est à une deuxième occasion en octobre la même année : « très bon sous-officier, calme et courageux ; à l’attaque du 2 septembre 1916, a pris le commandement d’une section dont le chef venait d’être blessé ; a continué avec énergie et décision la marche en avant ; a conduit ce même jour une patrouille dans des conditions périlleuses et a rapporté d’utiles renseignements. »

Sa troisième citation, à l’ordre du régiment est datée d’avril 1918 : « vaillant sous-officier, a résisté crânement le 24 mars 1918 avec ses hommes à la poussée allemande défendant le terrain pied à pied et faisant subir à l’ennemi des pertes sensibles ». Il est ensuite fait prisonnier le 15 juillet 1918 et retenu en captivité à Cassel & Cottbron. Il est rapatrié le 18 janvier 1919. Il est affecté ensuite à la 8e section d’infirmiers en avril avant d’être démobilisé en octobre 1919.

En mars 1922, Eugène Cochard épouse à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) Marie Anne Aline Grimaux, native des Hautes-Pyrénées. Ils s’installent en 1925 à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Beauvais puis en 1929 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), Grande-Rue. Ils rejoignent enfin deux ans plus tard dans la commune voisine de Joinville-le-Pont le quartier de Polangis, avenue Foch.

Réintégré après le conflit mondial au service des Égouts de la préfecture de la Seine, Cochard le quitte en mars 1923 pour remplir les fonctions de conducteur de travaux au service d'architecture départemental. Il devient ensuite ingénieur pour la Ville de Paris. Il participe en juillet 1934 à la distribution des prix aux élèves de l’Institution Palissy, école privée catholique de Joinville.

Si son attitude pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue, il faut probablement l’assimiler à Eugène Cochard, identifié par le Service historique de la défense dans ses Dossiers administratifs de résistants, même si aucune précision n’est fournie permettant de les rapprocher.

Après la fin de la guerre, Eugène Cochard est candidat aux élections municipales de novembre 1947 sur la liste présentée par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) à Joinville. Elle arrive en tête avec 44% des suffrages exprimés et 13 sièges sur 27. L’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche, communiste, obtient 43,3% et le même nombre d’élus. C’est le seul socialiste SFIO, désigné avec 6,5% des voix, qui fait la différence permettant de réélire Deloche. Eugène Cochard devient conseiller municipal.

En mai 1951, il publie, sous le titre de « Civilisation ? » un article dans l’hebdomadaire libéral local Nouvelle Union régionale : Un aveugle de faibles ressources demande au commissariat qu’on emmène à l’hôpital en ambulance un enfant de trois ans, malade ; mais on lui oppose un refus car il ne peut présenter de certificat médical, trop coûteux à faire pour lui un dimanche. Sur le plan professionnel, Cochard est devenu ingénieur divisionnaire.

Le mandat du conseil municipal est agité : suite à trois démissions successives, le seul siège SFIO est occupé par quatre personnes. Le parti communiste exclut le maire, Deloche, qui démissionne et est remplacé en mars 1953 pour deux mois par Amélie Trayaud, communiste également. Mais le vote a été l’occasion de montrer la division de la droite, qui disposait d’une majorité relative dans le conseil, mais n’a pu se mettre d’accord sur un candidat commun. Cochard reste fidèle au représentant officiel du RPF, Pierre Calmon, tandis qu’un autre groupe s’est formé derrière Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, centre-gauche) et la tête de liste de 1947, Pierre Perly.

Lors des élections municipales d’avril 1953, Eugène Cochard figure sur la liste du RPF, dirigée par Calmon. Elle est devancée par les communistes (35,6%, 10 élus) et la partie de la droite conduite par Defert (22,1%, 6 sièges) en obtenant également six conseillers municipaux avec 19,8%. L’assemblée accueille aussi trois socialistes SFIO (12,3%) et deux démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP, 9,2%). Étant arrivé en septième position des candidats RPF, Cochard n’est pas élu. Lors de la désignation du maire, le RPF et le MRP soutiennent Defert, qui est élu maire.

Au cours du mandat, Cochard redevient conseiller municipal suite à la vacance d’un siège de sa liste ; il s’agit probablement de celui d’Edmond Eeckhout, mort le 31 juillet 1957. Mais il démissionne lui aussi et est remplacé en décembre 1957 par Mignon.

Dans le collège des cadres, Cochard est candidat sur la liste commune et unique présentée par les syndicats Confédération générale du travail (CGT) et Confédération française des travailleurs chrétiens (CTC, act. CFDT) pour la désignation des représentants du personnel à la Commission administrative paritaire du personnel de la Ville de Paris. Il est élu en qualité de suppléant en février 1958. Il prend sa retraite fin 1959 et se voit reconnaître le titre d’ingénieur divisionnaire honoraire.

Eugène Cochard meurt le 30 avril 1970 à Montpellier (Hérault). Il était âgé de 75 ans et père de deux fils. Décoré de la Croix de guerre, avec deux étoiles de bronze et un étoile d’argent, il avait également obtenu, en décembre 1950, la Médaille militaire. En mars 1949, la Médaille d’honneur départementale et communale de vermeil lui avait été attribuée.

L'Institution Palissy en 1935 à Joinville-le-Pont

 

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1 août 2022 1 01 /08 /août /2022 05:01

Maurice René Petit naît le 9 juin 1878 à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est déclaré comme fils d’Hortense Marie Petit, domestique, et d’un père non dénommé ; sa mère le reconnaît en décembre 1898 dans la même mairie. Il vit alors avec elle à Paris (17e arr.), avenue de Clichy et est peintre en bâtiment.

En mai 1899, il est exempté de service militaire du fait d’une ostéomyélite du tibia gauche. Il épouse, en avril 1905 à Paris (10e arr.) Marthe Noël, blanchisseuse, originaire d’Épône (Seine-et-Oise). Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis.

Au début de la première guerre mondiale, Maurice Petit n’est pas mobilisé du fait de son état de santé, caractérisé par une « légère claudication ». À partir d’avril 1917, il est affecté à des services auxiliaires dans le 1er régiment de zouaves puis le 19e escadron du train des équipages. Il est démobilisé en février 1919.

C’est probablement lui le vice-président de la Mutualité scolaire de Joinville, qui assure le fonctionnement de cette société de secours mutuels au début de la guerre, avec le président Alphonse Depasse.

Après la fin du conflit, Maurice Petit est candidat, en sixième position, sur la liste socialiste SFIO pour les élections municipales de novembre 1919 à Joinville, conduite par Georges Laruelle. La liste d’Union républicaine et sociale, qui regroupe des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, arrive en tête avec 44,8%  des suffrages exprimés, devant la SFIO à 29,0% et le Bloc indépendant (droite), à 26,2%. Cette dernière se retire avant le second tour, qui voit la victoire du centre-gauche remportant les 23 sièges à pourvoir avec 65,5% des votes devant la SFIO (34,5%). Au premier tour, Maurice Petit avait obtenu 499 voix pour 1 518 suffrages exprimés (32,9%) sur 1 537 votants et 2 491 inscrits.

Le journal L’Humanité publie, en mai 1920, une liste de onze joinvillais participant à une souscription « Pour les victimes de la grève et des violences gouvernementales », dont Maurice Petit.

Comme la totalité des membres de la SFIO à Joinville-le-Pont, Maurice Petit est probablement devenu membre du parti communiste suite au congrès de Tours en décembre 1920, qui a vu la majorité des délégués voter l’adhésion aux conditions posées par l’Internationale communiste.

Vivant toujours, avec sa famille à Joinville-le-Pont et continuant son métier de peintre, Maurice Petit ne semble pas avoir eu après 1920 d’activité politique ou sociale publique.

Maurice Petit meurt le 14 février 1945 à Levallois-Perret, sa commune de naissance et était toujours domicilié à Joinville. Âgé de 66 ans, il était père d’une fille.

Il ne semble pas qu’on puisse rapprocher Maurice Petit d’un autre Petit, dont le prénom n’est pas établi, élu conseiller municipal socialiste SFIO en 1912. En effet, l’adresse de ce dernier mentionnée au cours de la campagne puis du mandat n’est pas celle de Maurice Petit et ce dernier ne fait pas mention, dans sa candidature en 1919, d’un titre de conseiller municipal ou d’ancien conseiller municipal.

Joinville-le-Pont pendant les inondations de 1910

 

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30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 00:01

Lucien Charles Provin naît le 7 janvier 1895 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Isabelle François et de son mari, Charles-Jules Provin, sapeur-pompier dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Alors plombier, Charles Provin est mobilisé au début de la première guerre mondiale en décembre 1914 mais détaché dans une usine métallurgique locale, Bi-Métal, à Joinville, qui produisait des fils pour les besoins de l’armée notamment pour les communications téléphoniques. En juillet 1916, il rejoint une unité militaire, le 74e régiment d’infanterie. Au cours d’une permission, il épouse en août 1916 à Saint-Maur, Yvonne Chabas, journalière ; son frère aîné Léon se marie le même jour.

Puis en septembre 1916, il est affecté au 220e régiment d’infanterie. Le 19 mai 1917 il est cité à l’ordre de la division : « dans la nuit du 27 avril 1917, au cours d’une opération délicate, s’est porté avec courage à l’attaque des tranchées allemandes, a engagé avec vigueur le combat à la grenade contre les ennemis qui défendaient avec énergie et leur a occasionné des pertes sensibles. »

Malgré ces félicitations, il est noté comme « absent » de son unité le 23 juin puis porté « déserteur » le 12 juillet 1917. Arrêté le 27 juillet à Saint-Maur, il est traduit le 2 septembre devant le conseil de guerre qui le condamne, pour désertion, à quatre ans de travaux publics avec sursis. La légèreté de la peine et le fait qu’il n’ait, semble-t-il, pas été envoyé dans une unité disciplinaire, laisse penser qu’il a bénéficié de circonstances atténuantes ; il sera amnistié le 24 octobre 1919.

Ayant repris son service armé, il est de nouveau cité à l’ordre du régiment le 7 novembre 1917 : « très dévoué et courageux, entraînant ses camarades par son exemple, faisant partie d’une reconnaissance le 22/10, a attaqué un petit poste avec un entrain merveilleux ». Transféré au 329e régiment d’infanterie en décembre 1917, il est de nouveau cité le 12 avril 1918 à l’ordre du régiment : très bon soldat, le 24 mars 1918, est resté au contact de l’ennemi sous un feu violent de mitrailleurs, jusqu’à épuisement complet de ses munitions, contribuant ainsi à arrêter la progression de l’adversaire ». Nommé caporal peu avant la fin de la guerre en octobre 1918, il est démobilisé en août 1919.

En 1937, Charles Provin est chauffeur de machine à vapeur. Il s’installe à Joinville-le-Pont, rue de Paris.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Charles Provin est enregistré dans la commune de Boutigny (act. Boutigny-Prouais, Eure-et-Loir) où une carte alimentaire lui est délivrée. C’est peut-être là qu’il est arrêté et envoyé en déportation.

Lucien Charles Provin meurt le 26 mai 1945 à Paris (18e), boulevard Ney, à l’hôpital Bichat, où il était hospitalisé peut-être à son retour d’un camp. Son décès est déclaré par Maurice Pouvrasseau, membre du comité local de Libération du 18e arrondissement. Il est retranscrit sur l’état-civil de Joinville-le-Pont, où il est inhumé. Le nom de Lucien Provin figure sur le monument aux morts de Joinville et dans la base des morts en déportation du Service historique de la défense. La mention Mort pour la France a été ajoutée sur son acte de décès à la demande du ministère de la guerre et des anciens combattants en mai 1946. À son trépas, il était âgé de 50 ans et père de quatre enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre.

Son oncle, François Charles Provin, avait été adjoint au maire de Joinville-le-Pont (1925-1929) ; un de ses gendres, Roger Rouvet, sera également conseiller municipal de Joinville (1947-1950).

Tombe de Charles Lucien Provin à Joinville-le-Pont

 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 00:01

Suite de la biographie de Jules Serval

Jules Serval est désigné pour siéger au conseil municipal provisoire qui se met en place le 3 septembre 1944 à Lyon après la Libération de la ville et comprend également d’anciens élus écartés par le régime de Vichy. Il sera élu dans cette même assemblée en avril 1945 puis en octobre 1947, siégeant toujours au sein du groupe communiste. Membre du conseil d’administration des hospices de Lyon, il est aussi délégué cantonal de l’enseignement pour le 7e arrondissement.

En février 1948 à Lyon (7e arr.), Jules Serval épouse sa compagne Henriette Raymonde Barbotte. Ils vivent rue de l'Abbé-Rozier à Lyon (1er arr.).

En matière syndicale, Jules Serval remplace Paul Entzmann comme secrétaire de l’Union départementale de la CGT du Rhône en août 1945. Il plaide pour l’abandon du « cadre trop strict de la Charte d’Amiens » qui régit les rapports entre le syndicalisme cégétiste et les formations politiques, appelant les syndicalistes à jouer un rôle économique et politique. En décembre 1951, il est poursuivi pour « incitation de militaires à la désobéissance » devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir appelé à manifester contre le départ des troupes en Indochine.

Il prend sa retraite de la société PLM, démissionne du conseil municipal de Lyon et quitte alors la région pour devenir à Paris secrétaire de l’Union CGT des cheminots retraités. Avec son épouse, ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1952.

Dans sa nouvelle commune, il réside dans le quartier de Polangis et adhère à la cellule locale. En avril 1965, il envoie une lettre au maire Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit), qui vient d’être réélu, estimant qu’il était injurieux d’écrire, comme il l’avait fait dans ses affiches « Contre les communistes, votez nationaux ». Il fait état de ses titres de combattant 1914-1918 décoré, de combattant volontaire de la Résistance, d’interné politique et d’ex-capitaine FFI. Son épouse avait été candidate sur la liste d’Union démocratique, opposée à celle du maire.

En septembre 1968, Jules Serval quitte ses fonctions syndicales. Avec son épouse, ils rejoignent Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Une soirée d’adieux est organisée pour eux le 25 septembre 1968 par les communistes joinvillais.

Dans sa nouvelle résidence, il s’occupe, au témoignage de Moissonnier, de la diffusion de la presse dans la cellule Julian-Grimau de la section de Vénissieux-Centre du PCF.

Jules Serval meurt le 2 septembre 1978 à Bron (Rhône). Il est inhumé le 6 septembre au cimetière de Vénissieux. Âgé de 82 ans, il était décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze. Une voie publique de la commune de Vénissieux a été baptisée « rue Jules-Serval. »

Fin

Plaque de la rue Jules-Serval à Vénissieux

 

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 00:01

Edmond Carlos Désiré Eeckhout nait le 28 mars 1883 à Paris (11e arr.) Il est le fils d’Henriette Désirée Marie Bonduelle et de son mari Carlos Joseph Eeckhout, mécanicien, qui vivent cour Truillot.

Faisant son service militaire au 3e régiment de génie, à partir de novembre 1904, Edmond Eeckhout devient caporal en mai 1905 puis sergent en novembre 1905. Il retourne à la vie civile en février 1907.

Devenu directeur d’un établissement horticole à Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), Edmond Eeckhout épouse dans cette ville Louise Eugénie Goix, comptable.

Au cours de la première guerre mondiale, Edmond Eeckhout est mobilisé en août 1914 au 1er puis au 10e régiment de génie. Pour son comportement en avril 1915, il est cité à l’ordre de l’armée : « ayant reçu l'ordre d'effectuer le débourrage d'un fourneau allemand, a conduit ce travail périlleux avec énergie et sang-froid, a réussi dans sa mission malgré l'explosion d'un camouflet ennemi qui a tué un sapeur et l'a projeté lui-même à terre : s'est aussitôt porte au secours du sapeur dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz délétères. »

Il devient adjudant en août 1915 puis est nommé sous-lieutenant en août la même année et affecté au 4e régiment de génie. Il rejoint l’état-major de la 77e division d’infanterie en décembre 1916 puis est nommé lieutenant en juillet 1917. Eeckhout est de nouveau cité à l’ordre de l’armée en novembre 1918 : « Officier ayant fait preuve en toutes circonstances des plus belles qualités militaires, bravoure, activité, dévouement. A toujours accompli avec succès les missions qui lui étaient confiées. A notamment en octobre 1918, au cours de l’offensive des Flandres, exécuté des reconnaissances délicates, sous de violents bombardements ». Il est démobilisé en mars 1919. Dans la réserve, il devient capitaine en décembre 1925.

Après la guerre, la famille Eeckhout vit d’abord au Mans (Sarthe), route de Paris, où il est horticulteur. Puis ils reviennent en région parisienne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où Edmond Eeckhout ouvre en 1933 une graineterie avenue Galliéni, dans le quartier de Palissy.

Suite à la deuxième guerre mondiale, il s’implique dans la vie politique de sa commune. Il est candidat, en novembre 1947, sur la liste soutenue par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) pour les élections municipales. Conduite par Pierre Perly, elle arrive en tête avec 44% des voix mais avec 13 sièges, elle est à égalité de l’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche (43,3%) ; c’est le choix du seul élu socialiste SFIO qui permet à ce dernier d’être reconduit.

À la fin du mandat, les deux camps se divisent : une scission se produit au sein de la droite, Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines ou RGR, centre-droit) et Perly faisant défection. Eeckhout reste fidèle au RPF dont Pierre Calmon devient le chef de file. À gauche, le parti communiste exclut Deloche ; faute d’entente à droite, c’est cependant une communiste, Amélie Trayaud, qui est élue maire pour deux mois en mars 1953.

Lors des élections municipales d’avril 1953, Eeckhout figure sur la liste RPF, qui arrive en troisième position, devancée par les communistes et les dissidents de droite. Elle obtient six élus, dont Edmond Eeckhout qui a 1 391 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,6%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.

Avec les autres élus gaullistes et la section de Joinville du RPF, Eeckhout demande la révision du procès de l’Affaire Rosenberg, du nom des espions condamnés à mort aux États-Unis. Le conseil municipal vote, à l’unanimité, un vœu en ce sens. Un comité est créé avec les communistes, certains MRP et le clergé d’une des paroisses. Une manifestation, où l’on retrouve le curé et ses trois vicaires, se tient en juin 1953 sur le pont de Joinville avec 200 participants.

Sans doute malade, Eeckhout se fait excuser aux séances du conseil municipal à partir de fin juillet 1956.

Edmond Carlos Désiré Eeckhout meurt le 31 juillet 1957 à Joinville, en cours de mandat. Il était âgé de 74 ans. Décoré de la Croix de guerre avec palmes, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1930 et chevalier du Mérite agricole depuis janvier 1931.

Edmond Eeckhout, sergent en 1915 (L'Illustration)

 

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8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 00:01

Jean Chabrière naît le 27 septembre 1889 à Portets (Gironde). Il est le fils de Madeleine Broussouloux, marchande, et de son époux Jean Chabrière, tonnelier. Probablement pour se différencier de son père éponyme, il utilisera les prénoms de Jean Henri.

En 1909, il réside à Paris, probablement rue de Chambéry (15e arr.) avec ses parents, et exerce la profession de peintre. Il est affecté en octobre 1910 au 34e régiment d’infanterie pour son service militaire et démobilisé en septembre 1912.

Pendant la première guerre mondiale, Jean Henri Chabrière est mobilisé en août 1914 au 7e régiment d’infanterie coloniale. Il est blessé une première fois en septembre 1915 lors des combats de la Main de Massiges (Marne), sur le front de Champagne, à l’arcade sourcilière gauche par un éclat d’obus. Il est une deuxième fois blessé en avril 1917 à la cuisse gauche, toujours par éclat d’obus. Cette blessure, ainsi qu’une cicatrice due à une baïonnette, provoquent une fracture du fémur gauche qui provoquera un raccourcissement de cinq centimètres de sa jambe. Il sera réformé en mai 1918, renvoyé dans ses foyers puis reconnu invalide de guerre et pensionné, d’abord à 20% en 1919, quotité qui sera augmentée progressivement jusqu’à 100% en octobre 1968.

Il reçoit deux citations pour son comportement. En février 1916, il est cité à l’ordre de la division : « Le 6 février 1916, au cours de l’assaut, a sauté sans hésiter dans une tranchée ennemie entraînant ses camarades et y a fait des prisonniers. Soldat coutumier d’actes de bravoure ». De nouveau, il est cité à l’ordre de la division en mai 1917 : « Soldat très courageux et faisant l’admiration de ses camarades. N’a quitté la ligne allemande qu’après avoir épuisé toutes ses munitions et après une lutte d’une heure et demie. A été blessé par la suite. »

Devenu dessinateur, Jean Henri Chabrière épouse à Paris (15e arr.) en décembre 1919, Félicie Henriette Geay, modiste. Ils résident rue de Chambéry. Il est membre de l'Association générale des mutilés de la guerre.

En 1926, Jean Henri Chabrière est métreur puis, en 1937, gérant d’hôtel, rue Charbonnière, dans le quartier de la Goutte-d’Or à Paris (18e arr.).

Après la deuxième guerre mondiale, la famille Chabrière vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai de la Marne. Lors des élections municipales de mai 1953, il est candidat sur la liste communiste dans cette ville. Robert Deloche, résistant, maire depuis la Libération en août 1944, avait été remplacé en février 1953 par une autre communiste, Amélie Trayaud, suite à son exclusion du PCF. Malgré le trouble provoqué par cette éviction, les communistes arrivent en tête avec 35,6% des suffrages exprimés et 10 sièges, devant la liste divers-droite (22,1%, 6 élus) et les gaullistes (19,8%, 6 postes également), les socialistes SFIO (12,3%, 3 conseillers) puis le MRP (9,2%, 2 élus). L’appui de ces derniers permet à la droite de faire élire Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, centre-droit) comme maire. Chabrière avait obtenu le troisième meilleur score des candidats avec 2 413 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,8%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.

Se différenciant en cela de plusieurs élus de gauche, Chabrière participe à de nombreuses manifestations communales. Il prend également des positions différentes, s’abstenant par exemple en avril 1956 lors du vote du budget, contre lequel votent les élus socialistes, radicaux ou communistes. Il ne suit pas non plus l’opposition communiste à l’octroi d’une garantie pour un emprunt contracté par l’Office municipal d’habitations à loyer modéré en mai 1956. Il intervient, en mars 1958, au sein du conseil municipal au sujet du nettoyage des berges du quai de la Marne, là où il réside.

En 1959, la représentation proportionnelle étant abandonnée, la liste de Georges Defert remporte les 27 sièges à pourvoir et est réélu maire.

Jean Chabrière meurt le 28 février 1973 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et père d’une fille. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles d’argent et de la Médaille militaire.

Joinville-le-Pont, années 1960

 

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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 00:01

Pierre André Henri Perly naît le 10 juin 1896 à Romorantin (act. Romorantin-Lanthenay, Loir-et-Cher). Il est le fils de Marie Octavie Daguenet et de son mari Hippolyte Augustin Perly, ferblantier. Ils résident rue des Capucins.

Au cours de la première guerre mondiale, est mobilisé en avril 1915. Il sert comme sapeur mineur au 1er régiment de génie. Il est félicité pour son comportement : « Le 21 juillet 1917, a été blessé très grièvement, au cours de travaux exécutés en première ligne, sous un violent bombardement ». Réformé à titre temporaire en septembre 1918, il l’est définitivement en février 1919 et se voit alors attribuer une pension de 30% en tant que mutilé de guerre.

En juin 1921 à Romorantin Pierre Perly épouse Jeanne Madeleine Rouzeau, comme lui native de la ville. Vers 1930, ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il exerce l’activité de plombier couvreur en tant qu’artisan. Ils résident avenue Galliéni, dans le quartier de Palissy.

Après la deuxième guerre mondiale, Pierre Perly s’engage dans l’action politique. En novembre 1947, il est à la tête de la liste d’union de la droite locale, qui a le soutien du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste). Avec une moyenne de 3 066 voix pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, sa liste arrive en tête et obtient 13 élus, devant celle du maire sortant Robert Deloche, communiste, qui a 43,3% et également 13 élus. Les démocrates-chrétiens du Mouvement républicain populaire (MRP) n’ont pas d’élu, obtenant 5,8%. C’est le seul siège remporté par les socialistes SFIO (6,5%) qui fera la différence lors de l’élection du maire ; Berthet choisit de réélire Deloche.

Avec la démission de ce dernier en février 1953, le conseil municipal doit élire un nouveau maire. Le groupe de droite se divise entre Pierre Calmon, qui a le soutien du RPF, et cinq dissidents, dont Georges Defert et Jean-Pierre Garchery, qui présentent la candidature de Perly. Ce dernier obtient cinq voix, contre huit à Calmon et douze à la communiste Amélie Trayaud. Au nom du respect du vote de 1947, Defert demande aux élus de droite de voter Perly ; après leur refus, Trayaud est élue pour un mandat de deux mois. L’hebdomadaire de droite Nouvelle Union régionale s’offusque : « On les croyait ‘nationaux’… Oui mais les 5 conseillers municipaux de Joinville ne l’étaient pas. Conseil municipal composé de 13 communistes, 13 nationaux, 1 socialiste. Entente précaire chez les communistes ; 2 tendances chez les nationaux, 8 soudés autour de leur chef et 5 transfuges (…) Ils sont les complices des communistes, nous les renverrons à d’autres occupations. »

Lors des élections municipales d’avril 1953 à Joinville, le même journal considère que la campagne électorale n’a pas « un équivalent d’âpreté en l’une ou l’autre des 39 communes » du département de la Seine. Perly figure sur la liste de Defert, qui a le soutien du Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit). Devancée par l’union des communistes et des radicaux (35,6%, 10 sièges), elle arrive en seconde position (22,1%, 6 élus), devant les gaullistes (19,8%, 6 postes également), les socialistes SFIO (12,3%, 3 conseillers) et le MRP (9,2%, 2 élus). L’appui de ces derniers permet à la droite de faire élire Georges Defert comme maire. Perly avait obtenu le meilleur score des candidats de droite avec 1 566 voix pour 6 748 suffrages exprimés (23,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.

Le premier scrutin municipal sous la cinquième République, en mars 1959, abandonne la représentation proportionnelle au profit d’un vote majoritaire. Les soutiens de Defert sont en tête au premier tour avec 41,2% des suffrages exprimés, devant les communistes (32,2%) puis l’union UNR (gaullistes), MRP et SFIO (23,5%). Au second tour, la liste appuyée par le RGR remporte les 27 sièges à pourvoir avec 52,4%, le PCF ayant 34,1% et les candidats conduits par le gaulliste Pierre Calmon 13,1%. Georges Defert est réélu maire, tandis que Pierre Perly devient adjoint, aux côtés d’Albert Gaulin, Léon Belhomme, Jean-Pierre Garchery, Georges Derou et Pierre Lambert.

Dans une configuration comparable pour les élections municipales de mars 1965, la liste conduite par Defert est reconduite. Elle avait obtenu au premier tour en moyenne 3 382voix pour 7 758 suffrages exprimés (43,6%) sur 7 974 votants et 10 441 inscrits ; face aux seuls communistes au second tour, elle recueille 58,7% et emporte les 27 sièges. Le même bureau municipal est reconduit, sauf Pierre Lambert remplacé par Raymond Aubry.

Au cours du scrutin de mars 1971, la liste de Georges Defert fait face aux seuls communistes conduits par Henri Bideaux. Elle est vainqueur avec 64,2%. Georges Defert est réélu, Jean-Pierre Garchery étant premier adjoint, suivi par Pierre Perly, Raymond Aubry, Georges Derou, Charles Clément et Georges Louw. Après la mort de Defert en octobre 1975, Garchery est élu maire et Pierre Perly devient son premier adjoint.

Au cours des élections municipales de mars 1977, la droite s’est divisée au premier tour en quatre listes. Elle est battue au second tour par le communiste Guy Gibout.

Pierre Perly meurt le 28 novembre 1990 à Joinville. Il était âgé de 94 ans et avait été décoré de la Médaille militaire.

L'avenue Galliéni à Joinville-le-Pont

 

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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 00:01

Albert Léon Joseph Gaulin naît le 11 mars 1889 à Reclesne, Saône-et-Loire, commune rurale du Morvan Autunois. Il est le fils d’Anne Marie Léontine Besancenet et de son mari, Louis Eugène Gaulin, instituteur public.

En juillet 1900, Albert Gaulin participe au concours général entre les meilleurs élèves des écoles primaires du département. Il obtient la note de 30 sur 40, le maximum attribué étant de 35. Il obtient le brevet élémentaire en juin 1906 et le certificat d’études primaires supérieures en juillet la même année. Il fréquente la section agricole de l’école supérieure de Nolay (Côte-d’Or). En mai 1907, alors qu’il est interne dans cette commune, un journal non identifié de Paris annonce qu’il a été renversé par une automobile, lui fracturant les deux jambes. Ses parents se rendent, en train, immédiatement sur place et constatent que leur enfant est en parfaite santé. Plusieurs journaux bourguignons relatent l’incident, qualifié de « stupide plaisanterie. »

À la sortie de son cursus scolaire, Albert Gaulin est embauché dans l’administration des Postes, télégraphes et téléphones (PTT). Il est agent surnuméraire en 1908 à Colombes puis commis en 1912 à Paris. Il épouse à Paris (12e arr.), où il vit rue Condorcet, Jeanne Janet (dite Geneviève), fille d’un marchand de vin.

Reconnu tuberculeux, il est exempté de service militaire. Au cours de la première guerre mondiale, son état est requalifié et, en avril 1915, il est reconnu bon pour le service armé mais reste affecté à l’administration télégraphes. En septembre 1915, il rejoint le 3e régiment de génie puis le 8e en octobre. Son attitude lui vaut une citation à l’ordre du 33e corps d’armée : « Par son activité, par son habileté professionnelle soutenue par un remarquable sang-froid et un réel mépris du danger, a rendu dans l’exploitation d’un poste important de très grands services. A eu une conduite exemplaire sous le feu de l’ennemi ». Il est nommé caporal en septembre 1918 et démobilisé en juillet 1919. Sa tuberculose pulmonaire lui vaut d’être réformé après-guerre et pensionné à 25%.

La famille Gaulin vit dans le 20e arrondissement, boulevard de Charonne puis dans le 12e, quartier de Picpus, avenue Daumesnil.

Parallèlement à son métier, Albert Gaulin assume des responsabilités dans des organismes sociaux. Il est ainsi d’abord percepteur puis administrateur la société de secours mutuels l’Orphelinat national des PTT à Paris. Il est également collecteur d’une autre mutuelle, l’Association amicale des PTT.

Devenu receveur, Albert Gaulin vit après la deuxième guerre mondiale à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’engage dans l’action politique en mai 1953 au côté de Georges Defert, conseiller municipal sortant, membre du Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit). Defert avait été élu, en 1947, sur une liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) mais avait fait dissidence lors du remplacement du maire communiste Robert Deloche en mars 1953. Il avait refusé de soutenir le responsable gaulliste Pierre Calmon et défendait la candidature de Pierre Perly, ex-RPF et tête de liste en 1947. La communiste Amélie Trayaud avait été élue, alors que les deux candidats de droite cumulaient 13 voix contre 12 pour la nouvelle maire.

Le scrutin se tient dans une ambiance tendue, tant entre les concurrents de droite qu’à gauche, où l’exclusion de l’ancien maire réduit l’influence des communistes issus de la résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

Conduite officiellement par Perly, la liste fait jeu égal avec celle de Calmon en nombre de sièges (six chacun), mais la devance par le score (22,1% contre 19,8%), si les communistes arrivent premiers (35,6%, 10 sièges) et ont le soutien des socialistes SFIO (12,3%, 3 élus), ce sont les deux représentants du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien, 9,2%) qui donnent la majorité à la droite et font élire Georges Defert en tant que maire. Albert Gaulin, qui avait l’étiquette d’indépendant (divers-droite), avait obtenu 1 564 voix pour 6 748 suffrages exprimés (23,2%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Dans la nouvelle municipalité, il est désigné comme deuxième adjoint par 13 voix sur 25 votants, siégeant avec Pierre Calmon, RPF, premier adjoint, et Georges Moutenot, MRP, troisième adjoint.

En juin 1956, Gaulin participe, avec 34 autres élus de communes sidérurgiques à une visite au siège de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA, ancêtre de l’Union européenne) à Luxembourg. L’activité métallurgique avait été significative à Joinville, avec l’usine Bi-Métal.

Lors des élections municipales de mars 1959, pour lesquelles la représentation proportionnelle est abolie, la liste Defert est en tête au premier tour avec 41,2% des suffrages exprimés, devant les communistes de Bideaux (32,2%) et l’union UNR (gaullistes), MRP, SFIO (23,5%). Au second tour, avec 52,4%, elle emporte les 27 sièges à pourvoir. Albert Gaulin est nommé premier adjoint, les autres adjoints de Defert étant Léon Belhomme, Jean-Pierre Garchery, Pierre Perly, Georges Derou et Pierre Lambert.

Au cours d’une exposition philatélique à la mairie de Joinville en avril 1961, c’est Gaulin qui fait une communication sur l’émission d'un timbre-poste à l’effigie du résistant Lionel Dubray (1923-1944) et préside à l’apposition d'une plaque à son lieu de naissance, avenue Foch à Joinville.

Candidat aux élections législatives de novembre 1962 en tant que suppléant du député sortant indépendant Philippe Vayron (divers-droite), Albert Gaulin est battu avec ce dernier par le gaulliste Pierre Billotte dans la cinquième circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Seine).

Par contre, il est réélu lors des élections municipales de mars 1965 dans une configuration comparable à 1959, la liste des sortants recueillant 43,6% des suffrages exprimés au premier tour, face aux communistes (29,9%) et à l’alliance des gaullistes, centristes et socialistes (26,6%). Après le retrait de ces derniers, elle emporte tous les sièges au second tour avec 60,4% des voix. Albert Gaulin est reconduit comme premier adjoint, le seul changement dans l’exécutif local étant le remplacement de Pierre Lambert par Raymond Aubry.

Il ne sollicite par le renouvellement de son mandat en mars 1971, le scrutin voyant la réélection de Georges Defert dès le premier tour. Il avait siégé comme adjoint au maire de Joinville pendant 18 ans.

Albert Gaulin meurt le 25 septembre 1971 à Créteil, où il était probablement hospitalisé. Il était âgé de 82 ans et père de deux filles. Il avait obtenu de nombreuses médailles : celles de la mutualité (bronze, argent puis or en mars 1925, janvier 1927 puis avril 1935) pour son action dans les mutuelles des PTT ; les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1931 puis officier de l’instruction publique en juillet 1938, la Croix de guerre (1914-1918). Enfin, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur au titre de la mutualité en septembre 1949.

Poste de Joinville, rue de Paris

 

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 00:01

Alfred Bruillard naît le 8 octobre 1895 à Lavans-Quingey (Doubs). Il est le fils d’Adèle Marie Eugénie Robardet et de son époux Constant Léon Bruillard, cultivatrices. Le petit village se situe dans la vallée de la Loue. Au tournant du siècle, la famille est installée dans le village voisin de Pointvillers (act. Le Val). Comme les autres des neuf enfants du couple, Alfred aide aux cultures. Il s’oriente ensuite vers la fromagerie et travaille, toujours dans la vallée de la Loue, à Chassans, auprès de Joseph Cousin.

Un peu après le début de la première guerre mondiale, Alfred Bruillard est mobilisé en décembre 1914 au 42e régiment d’infanterie. Sa santé souffre manifestement beaucoup puisqu’il est évacué pour maladie et hospitalisé à cinq reprises (juillet 1915, janvier 1916 (deux fois), octobre 1916, avril 1918) ; il est en outre blessé par une balle à la cuisse gauche en janvier 1917 au Mont-Cornillet, en Champagne, au cours de la bataille de la Marne. Atteint d’une pleurésie, il est envoyé en convalescence pendant plusieurs mois. Il sera attributaire d’une pension de 10% en 1924.

Au cours d’une des période de repos, Alfred Bruillard épouse en septembre 1917 à Palantine (Doubs) Suzanne Marie Julie Cousin, fille du fromager chez lequel il travaille. Le couple et ses deux enfants vont beaucoup changer de domicile. Ils sont en 1922 à Osselle puis en 1925-1926 à Chenecey-Buillon (Doubs). Ils passent dans le département voisin du Jura en 1931 à Condamine.

On les trouve en 1932 d’abord à Pont-Audemer (Eure). Ils se fixent ensuite en région parisienne, d’abord toujours en 1932 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où Alfred Bruillard est chauffeur automobile. Ils vivent rue François-Arago puis rue Saint-Louis. Après un passage à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue de la Voie-Verte, en 1937, la famille s’installe en 19396 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Alfred Bruillard est devenu employé d’octroi pour la mairie de la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Bruillard reçoit une affectation spéciale du fait de son emploi dans les services fiscaux.

Il s’engage dans la résistance à l’occupant allemande et est reconnu comme ayant été membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ses deux fils, Robert Bruillard (1919-1988) et André Bruillard (1920-1987) furent aussi résistants pendant la guerre.

Un commando de la résistance entre, le 20 août 1944, dans la mairie de Joinville-le-Pont qui devient ainsi une des premières à être libérée en Île-de-France. La municipalité, nommée par les autorités de Vichy avec à sa tête Léon Lesestre, est arrêtée et sera transférée, après le départ des forces allemandes, au camp de Drancy. Sur proposition du comité local de Libération et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet de la Seine nomme une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune par arrêté du 26 septembre 1944. Alfred Bruillard en fait partie et fait donc fonction de conseiller municipal. Robert Deloche est président de la délégation, faisant fonction de maire, aux côtés d’adjoints radicaux-socialistes, socialistes ou divers droite et gauche. Le mandat de la délégation prend fin après les élections municipales du 29 avril 1945.

Pour le sixième anniversaire de la Libération, célébré le 26 août 1950 à Joinville, Bruillard représente les anciens membres de la délégation spéciale avec André Lemaire, aux côtés de représentants des formations politiques ou associations locales.

Professionnellement, Alfred Bruillard est employé par la mairie de Saint-Maur où il devient, en 1946, surveillant de travaux.

Alfred Bruillard meurt le juillet octobre 1987 à Sens (Yonne), où il vivait déjà en 1979.

Barricade pendant les combats de la Libération à Joinville, août 1944

 

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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 00:01

Gaston Louis Blanrue naît le 22 août 1886 à Paris (13e arr.). Il est le fils de Louise Lenoble, blanchisseuse, et de son mari Charles François Blanrue, tourneur sur métaux. Ils vivent avenue de Choisy.

Son père, également cycliste amateur, était un militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dans le treizième arrondissement de Paris. Il préside, en août 1889, une réunion publique en faveur de la candidature d’Onésime Prudent-Dervillers.

Faisant son service militaire à partir d’octobre 1907 au sein de la 37e division d’infanterie, Gaston Blanrue est réformé, à titre temporaire, en mai 1908 pour une « faiblesse générale » et une suspicion d’atteinte tuberculeuse. Rappelé en mai 1909, il est définitivement réformé en juillet la même année pour tuberculose pulmonaire. Il est, comme son père, tourneur sur métaux.

Pendant la première guerre mondiale, il est tout d’abord dispensé, du fait de son état de santé, le diagnostic étant maintenu en février 1915. Il est cependant rappelé en avril 1917 puis affecté, le mois suivant, aux usines Angat et Ditrey, à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est démobilisé en octobre 1919.

Il s’est installé, en 1915, dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Palissy. Il réside route de Brie, qui sera rebaptisée pendant la guerre avenue du Général-Galliéni. En juillet 1918, Gaston Blanrue épouse une jeune veuve, Clotilde Marie Tapin, couturière. Devenu mécanicien il s’établit comme artisan et ouvre un atelier de mécanique générale adjacent à son logement.

Le 20 août 1944, la municipalité de Joinville est arrêtée par un groupe de résistants à l’occupation allemande et le comité local de Libération de la commune prend la direction de la mairie. Sur sa proposition, et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet nomme, par arrêté du 26 septembre 1944 une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville-le-Pont. Elle est présidée par le communiste Robert Deloche et comprend des personnalités généralement engagées dans la résistance, notamment des radicaux et des socialistes. Gaston Blanrue en est membre et fait donc fonction de conseiller municipal. Son mandat prend fin en avril 1945 avec la première élection municipale depuis la fin du régime de l’État français.

À 78 ans, Gaston Blanrue cesse son activité de mécanique à Joinville et ferme son entreprise en mai 1965.

Gaston Blanrue meurt le 30 juin 1977 à Créteil (Val-de-Marne) où il était probablement hospitalisé. Il était âgé de 90 ans. Il était père d’une fille et avait en outre adopté un neveu, fils posthume de son beau-frère.

Joinville-le-Pont, avenue Galliéni, années 1960

 

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