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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie d’André Biscaldi

Sur le plan politique, André Biscaldi s’affiche de manière particulièrement active en faveur du mouvement royaliste Action française. On retrouve une cinquantaine de fois mention de ses activités entre 1910 et 1938 dans le quotidien éponyme. Lors de réponses aux appels à souscription, il associe souvent dans ses réponses à souscription son épouse, sa fille (même quand elle n’a que quelques jours, puis sa compagne.

Dans les messages envoyés par André Biscaldi au journal royaliste, il y a d’abord la mémoire de son frère, Amédée, évoquée au moins treize fois jusqu’en 1936, cette dernière fois associée à celle de son second frère, Raoul. Les messages sont aussi directement politiques : en juin 1919, il écrit « pour que l’Action française vive, grandisse et assure le salut public ». En octobre 1920, il souhaite que l'Action française écrase, la presse vendue des Téry, et autres fourriers de la Social-Demokraiie et de la Finance anonyme et vagabonde », attaquant ainsi Gustave Téry, fondateur du quotidien L’Œuvre. Il appelle à « venger Marius Plateau », fondateur des Camelots du roi, assassiné en 1923 par une jeune anarchiste, Germaine Berton. Il contribue également en faveur de la veuve et des enfants d'Ernest Berger, trésorier de l'Action française et ancien adjoint de Marius Plateau, également victime en mai 1925 d’une autre anarchiste, Maria Bonnefoy. En 1929, les époux Biscaldi veulent que leur « petite Jeanine ne voie pas une sixième invasion », après celles de la France en 1792, 1814, 1815, 1871 et 1914. Il se prononce en octobre 1932 « Pour le diable Bitru », faisant écho à la polémique contre l’Action française lancée par le journaliste Eugène Gâtebois (alias Flavien Brenier). Biscaldi précise : « Trop petit Coty, ses bourriques et ses pique-assiettes », visant le parfumeur François Coty, propriétaire du quotidien L’Ami du peuple, qui a publié les articles en question.

Certains de ses messages ont une dimension interne. Ainsi, il critique les divisions internes au mouvement en février 1926 : « Ne vous égaillez pas, les gars ».

On retrouve souvent Biscaldi, avec son épouse, aux cérémonies, comme en mars 1927 pour l’anniversaire de la mort du prétendant au trône de France, le duc d'Orléans où, fréquemment le 21 janvier en mémoire de la mort de Louis XVI à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris.

C’est probablement André Biscaldi qui, en décembre 1935 envoie son obole au nom « d’un chômeur et sa famille ». Il envoie un message de sympathie à Charles Maurras, emprisonné fin octobre 1936 pour son rôle dans l’agression qui a visé le chef du parti socialiste SFIO Léon Blum.

Bien qu’il ait résidé dans deux communes qui entourent cette ville, c’est dans la section de Joinville-le-Pont de l’Action française qu’André Biscaldi milite. Il est en nommé vice-président, lors de la constitution officielle de ladite structure, en mai 1926, au côté de Charles Pernot et d’Alfred Masse. Il sert de relais pour la transmission des contributions de cette section au moins jusqu’en 1932.

Peut-être est-ce André Biscaldi qui écrit, dans le mensuel La Réaction, qui se présente comme l’organe royaliste de la banlieue Est, un article documenté sur les élections municipales à Joinville-le-Pont, dans lequel il est pris parti en faveur d’un candidat indépendant, Claude Noizat. Le journal assure ne pas le connaître mais se félicite qu’il « se réclame de l’esprit du 6 février », évoquant les manifestations antiparlementaires de 1934, et ait « affiché des dessins vengeurs du Témoin, de Paul Iribe », dessinateur fétiche de l’extrême-droite. Noizat ne sera pas élu.

Pendant la deuxième guerre mondiale, André Biscaldi devient membre du Parti populaire français (PPF), formation d’inspiration fasciste devenue l’un des deux principaux partis collaborationnistes. Même si Jacques Doriot, son fondateur, était un ancien communiste, une grande partie des membres du PPF était issue de l'extrême-droite. Lors du congrès du PPF en 1942, sur 7 200 membres présents, 420, soit 6%, étaient des anciens de l’Action française. Peut-être est-ce Biscaldi qui organise, en octobre 1942, une rencontre du PPF pour Saint-Maur et Joinville avec comme orateur Jolivet, membre du bureau fédéral.

Avec plusieurs cadres du PPF, dont Jacques Doriot, Biscaldi se réfugie en Allemagne en août 1944, après l’avancée des troupes alliées en France. Le gouvernement nazi a concédé au PPF l'île de Mainau, sur le lac de Constance où ils annoncent la création, en janvier 1945 d’un soi-disant Comité de libération française.

Il rentre en France pour reprendre un emploi dans la compagnie d'assurances Le Soleil. Il est licencié sans indemnité en mars 1948, par arrêté du préfet de la Seine, sur la proposition du Comité régional interprofessionnel d'épuration dans les entreprises. Le motif de son licenciement est qu’il « a, par son adhésion au PPF, favorisé les desseins de l’ennemi et s’est réfugié en août 1944 en Allemagne. »

André Biscaldi meurt le 27 mai 1979 à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle). Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il avait été décoré de la Croix de guerre (1914-1918).

Fin

Une affiche de l'Action française en 1918

 

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 00:01

Début de la biographie d’André Biscaldi

André Biscaldi naît le 11 novembre 1892 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Suivant les cours de l’École libre des frères chrétiens, André Biscaldi y obtient un prix d’honneur en août 1905. Il joue au football comme demi dans l’équipe GSP Saint-Rieul de Senlis, engagée dans le championnat de l’Oise.

Son père ayant acquis une boutique de tailleur pour hommes boulevard Saint-Germain à Paris (5e arr.), la famille vient s’installer rue du Bac.

André Biscaldi est arrêté en compagnie de deux autres camelots en décembre 1910, à tout juste 18 ans, pour avoir manifesté bruyamment dans les rues au sortir de la réunion de Paris (6e arr.) rue Saint-André-des-Arts qui a acté de la scission des organismes royalistes, parmi lesquels l’Action française prend le dessus. Il sort dans la soirée. Ces séjours en prison sont, pour les militants d’extrême-droite, des motifs de gloire en interne. Rapportant que Biscaldi avait raconté cette manifestation à la section de Senlis, le quotidien Action française écrit qu’il « a eu l'honneur d'être arrêté. »

De manière très régulière, André Biscaldi, comme toute sa famille, va participer aux appels de fonds lancés par la presse royaliste. Il en approuve les thèmes. Ainsi, en décembre 1910, il contribue, avec son frère Raoul, à la souscription « Le Juif sera vaincu » dont l’objectif est de « lutter contre la presse juive, contre la presse enjuivée, contre la presse asservie ». Il est de nouveau contributeur de l’appel « Pour la propagande du journal et contre l'or juif » en août 1913.

Biscaldi s’engage, dans les Camelots du Roi, service d’ordre et mouvement de jeunesse du groupe royaliste Action française, dont Charles Maurras est l’inspirateur. Il fait partie du groupe du 14e arrondissement de Paris. En décembre 1910, il rend compte à la section d'Action française de Senlis et du Valois de sa participation à une manifestation des Camelots du Roi et raconte qu’il « a eu l'honneur d'être arrêté. »

Le service militaire d’André Biscaldi débute en octobre 1913. Il est reste donc mobilisé dans son unité, le 171 régiment d’infanterie au début de la première guerre mondiale, en août 1914. Il passe au 35e régiment d’infanterie en septembre 1915 et est blessé, en novembre. Il est soigné à Carcassonne (Aude), à l’hôpital-auxiliaire n° 1.

Traduit devant le Conseil de guerre en décembre 1916 pour « refus d’obéissance sur un territoire en état de guerre », il se voit reconnaître des circonstances atténuantes et doit faire deux mois de prison ; après-guerre, sa condamnation est amnistiée. Transféré au 44e régiment d’infanterie puis au 135e, il est de nouveau hospitalisé à Angers (Maine-et-Loire) à quatre reprises entre mars 1917 et juin 1918, date à laquelle il est réformé pour « maladie mitrale très mauvaise ». Il a probablement été intoxiqué par des gaz de combat. En septembre 1921, une pension de 10% lui sera accordée. Il est démobilisé en décembre 1918.

Ayant séjourné à l’hôpital d’Angers (Maine-et-Loire) en 1917-1918, André Biscaldi y a rencontré Marguerite Jeanneteau, qu’il épouse sur place en novembre 1920. Ils vivent à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Godefroy de Cavaignac puis, à partir de 1924, dans la commune voisine de Saint-Maurice, avenue des Canadiens. À partir de 1931, André Biscaldi vit avec Jeanne Dupuis-Guébert, toujours à Saint-Maurice, mais dans la Grande-Rue. Cette dernière est présentée comme son amie dans le recensement de 1931, puis comme sa femme en 1936, bien qu’il n’y ait pas de trace de leur mariage. Ils élèvent la fille d’André Biscaldi et Marguerite Jeanneteau, Janine.

En matière professionnelle, André Biscaldi est géomètre topographe. Il se présente, à partir de 1924 comme métreur-vérificateur. À l’instar de son frère Raoul, et probablement avec lui, il est se déclare comme architecte en 1931. Il cesse probablement cette activité et semble avoir été chômeur en 1935. Il est ensuite contremaître pour l’entreprise de bâtiment Gillet à Paris.

À suivre

Des camelots du roi lors de la fête de Jeanne d'Arc

 

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 00:01

Raoul Henri Biscaldi naît le 25 janvier 1891 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Scolarisé à l’école communale de la ville, Raoul Biscaldi obtient plusieurs prix d’honneur entre 1897 et 1899. Il participe, avec son frère André, à la représentation de la Passion, mystère de l’abbé Jouin, curé de Saint-Augustin, qui fait en avril 1908, selon Le Courrier de l’Oise « un triomphe. »

Mobilisé pour le service militaire en octobre 1912 au 152e régiment d’infanterie, puis transféré au 171e régiment d’infanterie, il est à l’armée au début de la première guerre mondiale.

Au cours d’une permission, Raoul Biscaldi épouse en octobre 1915 à Villers-Saint-Frambourg (act. Villers-Saint-Frambourg-Ognon, Oise), Julie Eugénie Pécheux.

Combattant sur le site de Vauquois, dans la Meuse, village qui fut l’objet des combats pendant quatre ans, en mai 1916, Raoul Biscaldi est blessé. Il est cité à l’ordre du régiment : « bon soldat. Bien qu’intoxiqué par les gaz le 19/05/1916 est resté à son poste d’observation et n’a été évacué que deux jours après. »

Du fait de son état, il est réformé temporairement en septembre 1916 et renvoyé dans ses foyers. Il est reconnu apte à reprendre une activité en janvier 1917 et affecté à la 20e section état-major. En janvier 1918, il est transféré à un compagnie d’ouvriers au sein du 2e groupe d’aviation puis, en février la même année, au 8e régiment de génie. Il est démobilisé fin janvier 1919. Réformé définitivement en septembre 1922 pour grosse insuffisance mitrale, il obtient une pension relativement faible (10%) ; elle sera portée à 90% en juin 1935.

Après le conflit, Raoul Biscaldi exerce la profession de métreur. Il vit d’abord à Senlis puis quitte rapidement son épouse et son fils pour résider à Paris dans le 17e arrondissement, rue Nollet, puis dans le 18e arrondissement d’abord rue Houdon, rue Ravignan et enfin rue André-Gill. Après son divorce en février 1922, il épouse en avril 1923 à Paris (18e arr.) Jeanne Marie Léontine Remeniéras. Rendant visite en automobile à ses parents, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1923, il renverse une piétonne. En juin 1926, il est condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à quinze jours de prison avec sursis et cent francs d’amende pour « abandon de famille. »

Sur le plan politique, dans la continuité de l’engagement de ses frères Amédée et André, et avec l’assentiment de ses parents, Raoul Biscaldi est très engagé dans le mouvement royaliste Action française.

De manière très régulière, il va participer aux appels de fonds lancés par la presse royaliste. Dès décembre 1910, il contribue, avec son frère André, à la souscription « Le Juif sera vaincu » dont l’objectif est de « lutter contre la presse juive, contre la presse enjuivée, contre la presse asservie ».

À partir de 1920, il verse tous les ans une contribution volontaire au mouvement d’extrême-droite. Il précise, en juin 1920 comme en décembre 1921, que c’est « En souvenir de mon frère Amédée Biscaldi, mort pour la France et l'Action française ». Il associe, à partir de mai 1924, son épouse aux versements. Il participe à de nombreuses cérémonies, en souvenir des « morts de l'Action française » en juin 1925 ou pour l’anniversaire du décès du prétendant au trône de France, le duc d'Orléans, en mars 1927. Il est présenté, en avril 1928, comme membre, avec son frère André, de la section de Saint-Maur-des-Fossés de l’Action française.

Il divorce de nouveau en juillet 1930, et se remarie en mars 1932, toujours dans le 18e arrondissement, avec Germaine Marguerite Auboin. Il est devenu architecte en 1926, membre de la Société française des architectes. En 1930, il est chargé de construire le casino de La Rochelle (Charente-Maritime). En 1934, il supervise un chantier d’adduction d’eau à Vierzy (Aisne).

Le casino de La Rochelle

Raoul Biscaldi meurt le 18 juin 1936 à Clichy. Il était alors domicilié rue André-Gill à Paris (18e arr.). Âgé de 45 ans, il était titulaire de la Croix de guerre et de la médaille interalliée. Il a eu un enfant, qu’il n’a semble-t-il élevé que pendant une très courte période.

Son fils, Jacques Biscaldi (1916-2013), né de son premier mariage, a été résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il est reconnu comme ayant participé aux Forces françaises combattantes et aux Forces françaises de l’intérieur, en étant intégré au réseau CDM (Camouflage du matériel). Lieutenant, il dirige pendant la guerre d’Algérie la section administrative spécialisée de Laperrine (act. Tamanrasset). L’unité est chargée de « pacifier » le secteur, et de fournir assistance scolaire, sociale et médicale aux populations rurales musulmanes afin de les gagner à la cause de la France. Il est capitaine à la fin de sa carrière et décoré comme officier de la Légion d’honneur.

Almanach 1922 de l'Action française

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 00:01

Amédée Antoine Biscaldi naît le 9 octobre 1888 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et alors de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Comme son père, Amédée Biscaldi est coupeur tailleur. Il vit à Paris (14e arr.), rue de Vanves en 1908. L’année suivante, son père cédera sa boutique de Senlis à un associé et viendra se réinstaller à Paris (7e arr.), boulevard Saint-Germain.

Peu après son installation Amédée Biscaldi s’engage dans l’action politique. Âgé de 18 ans, Amédée Biscaldi est secrétaire général de la ligue de la Rose Blanche, mouvement qui se présente comme une « ligue de Jeunesse catholique et patriote ». Il est présidé par Achille Joinard. Il est de tendance royaliste et antimaçonnique. Très active à partir de 1906, la ligue organise des cérémonies patriotiques, déposant des gerbes de roses blanches ou de lys devant des statues de Jeanne d'Arc à Paris, place des Pyramides, place Saint-Augustin ou au Panthéon. Un novembre 1907, à l’invitation de la section du 15e arrondissement de Paris, Amédée Biscaldi donne une conférence sur le thème « Les Jeunesses révolutionnaires et les Jeunesses d'opposition ». À cette occasion, en conformité avec la ligne de la ligue, il invite « les membres des groupes d'opposition », c’est-à-dire les antirépublicains et ceux qui contestent la séparation, en 1905, de l’église et de l’État.

Biscaldi s’engage, dans les Camelots du Roi, service d’ordre et mouvement de jeunesse du groupe royaliste Action française, dont Charles Maurras est l’inspirateur. En mai 1909, il est arrêté avec 16 autres camelots, au sortir du banquet royaliste de la Saint-Philippe donné à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) pour avoir crié « 'Vive le Roi I ». Il est relâché le jour-même. La proximité de Biscaldi avec certains des dirigeants est remarquée par la presse du mouvement, notamment Maurice Pujo. Il part au service militaire en octobre 1909, en même temps qu’un autre responsable, Maxime Real del Sarte ; une manifestation est organisée vers la gare de l’Est pour accompagner ce dernier.

Arrestation d'un camelot du roi à Paris, le 9 mai 1909, Wikipédia

Mobilisé au 1er régiment de génie, il est renvoyé à la vie civile en octobre 1911. Il se marie. Il est rappelé lors du déclenchement de la première guerre mondiale en tant que sapeur-mineur dans son unité.

Frappé d'un éclat d'obus à la cuisse, Amédée Biscaldi meurt le 30 septembre 1915 au cours des combats de Champagne entre les armées alliées et l’Allemagne. Il a été inhumé dans le cimetière de Minaucourt (Marne).

La veille de l’offensive, il envoie à sa femme et à ses parents une lettre, qu’ils transmettent au journal Action française. Elle est publiée le 14 octobre 1915 : « Je vous ai déjà dit quel était l'enthousiasme de tous ; c'est vous dire que, si je tombe, vous pourrez être fiers de votre fils, et toi, rna chère femme, de ton mari. Il m'est agréable et doux de vous remercier et de savoir que vos cœurs battent avec le mien en ces circonstances décisives. Regrettez-moi, mais ne me pleurez pas encore. Après la victoire définitive, après que, grâce aux efforts de ceux qui marcheront sur nos traces, l'ennemi sera pour longtemps réduit à l'impuissance, il sera temps de pleurer ceux qui ne sont plus. En ce moment, ne pensons tous qu'à la France ! Donc, chers parents, à Dieu ! Je prierai pour vous, lorsque le Tout-Puissant m'aura accueilli dans son lieu de repos éternel. Merci encore de vos bontés et que Dieu vous bénisse ! »

Le souvenir d’Amédée Biscaldi sera cultivé dans la famille, mais également au sein de la section du 14e arrondissement du mouvement Action française et dans la ville de Senlis ou dans la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin de Paris.

Les combats à Mauricourt pendant la première guerre mondiale, Wikipédia

 

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Giroux

Après la fin du conflit mondial, va s’impliquer dans une activité politique. Il est membre en 1920 de la Fédération nogentaise du mouvement royaliste Action française, qui comprend un groupe dédié à Joinville-le-Pont, dans lequel ou trouve deux autres médecins, les docteurs Jean et Georges Bitterlin, ainsi que la fille de ce dernier, Marie Watelet. Giroux se manifeste régulièrement en répondant à des appels à souscription jusqu’en février 1926. Son épouse se joint parfois à lui, de même que les filles et gendres de cette dernière.

Étant déjà, avec le docteur Pierre Vallat, un des médecins conseil de la Société d’allaitement maternel depuis 1909, il joue le même rôle, encore avec Vallat, auprès de la Société des mutilés à la fondation de sa section joinvillaise en février 1919. En août 1926, il fait un don à la municipalité de Joinville en faveur des sapeurs-pompiers.

Le quotidien L’Ami du peuple accuse, en janvier 1929, le docteur Giroux d’être un « médecin marron », exploitant avec sa famille une clinique à Joinville-le-Pont à l’enseigne du  Vainqueur de la Marne. Cependant, l’affaire n’est reprise par aucun autre organe de presse et le quotidien en question ne donne guère de précision, évoquant simplement une perquisition qui aurait porté sur la comptabilité de l’établissement. Lancé par le parfumeur François Coty, L’Ami du peuple connut un grand succès au tournant des années 1930, avec une tonalité antiparlementaire, nationaliste et antisémite.

Les époux Giroux hébergent régulièrement, dans leur vaste pavillon, les filles de Julie Iribe, notamment à l’occasion de pertes d’une de leurs époux ou de divorces. Ils hébergent certains de leurs enfants. Ainsi, ils logent en 1926 Anne et Jean, enfant de Marie Louise et de son deuxième époux, le comédien André Roanne. S’y ajoutent en 1931 Camille, enfant de l’aînée, Adrienne et de son second marié, l’industriel Théodore Rodrigues-Ely.

S’ils sont proches des filles nées du mariage de Julie avec le colonel Lavoisot, les époux Giroux refusent, cependant, en octobre 1930 d’épouser la querelle de Marie Louise avec son troisième conjoint, le comédien Pierre Renoir. Pour défendre ce qu’elle estimait être ses droits patrimoniaux, Marie Louise avait, en l’absence de son époux, déménagé 70 œuvres du père de celui-ci, le peintre Pierre Auguste Renoir. Les Giroux ne voulurent pas les stocker chez eux, et la justice les mit sous séquestre.

Quittant la proche banlieue, Auguste Giroux installe à Barbizon (Seine-et-Marne) une Maison de repos et de convalescence pour enfants de moins de quinze ans. Il loue d’abord la villa Bernard puis, devant l’extension des jeunes accueillis, la villa Serge. Dans cette cité des peintres, les époux Giroux sont toujours en compagnie d’une maisonnée nombreuse : Adrienne et Pierre Lestringuez, la première fille de Julie, qui se faisait appeler Touroura, le second scénariste et leurs deux filles, Edmée et Camille. Il y avait également Anne Marie Rahou, fille du comédien André Roanne et de Marie Louise.

La villa Bernard accueillit de nombreux visiteurs, dont l’industriel André Citroën, le poète Jean Cocteau, l’écrivain Jean Giraudoux, le fondateur des Ballets russes Diaghilev, la créatrice de mode Coco Chanel ou le prince Constantin Andronikoff, écrivain religieux, et interprète de plusieurs présidents de la République (Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing).

La maison de convalescence fonctionnait toujours en 1939.

Auguste Giroux meurt le 9 août 1953 à Portel (act. Portel-des-Corbières, Aude). Il était âgé de 79 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1905.

Fin

Auguste Giroux en 1899

 

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 00:01

Début de la biographie d’Auguste Giroux

Auguste Paul Almire Giroux naît le 29 juillet 1874 à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret). Il est le fils de Juliette Marie Chaignot et de Paul Auguste Giroux, négociant en vin.

Il effectue des études secondaires au lycée Henri-IV à Paris (5e arr.). Il commence à y pratiquer le rugby, alors désigné sous le nom de football-rugby, jouant principalement au poste de trois-quarts centre. Les équipes des lycées parisiens sont parmi les principales promotrices de ce sport. Il remporte, avec son équipe, le championnat interscolaire en février 1894.

Cette même année, il remporte pour la première fois un titre de champion de France avec le Stade français. Il obtiendra six titres avec ce club parisien. Pour un autre joueur, Demeure, Giroux était « le modèle des trois-quarts. »

Il est sélectionné pour les Jeux olympiques de 1900 qui se déroulent à Paris et accueillent un petit tournoi, puisqu’il se limitera à deux matches, que remporte l’équipe de France qui remporte le tournoi devant l’Allemagne et l’Angleterre. Le dernier match, qui fait office de finale, oppose les français de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques aux anglais de la Mooseley Wanderers. Giroux est titulaire et l’équipe de France, vainqueur 27 à 8, devient championne olympique.

L'équipe de France de rugby olympique en 1900

Poursuivant des études de médecine à la faculté de Paris en même temps que son parcours sportif, Giroux intègre, en 1903, une équipe de vétérans au Stade français, tandis qu’il soutient une thèse sur Le purpura et les maladies infectieuses la même année. Il s’intéressera ultérieurement aux maladies des enfants. Il avait effectué un service militaire d’un an en 1895-1896 puis est nommé, dans la réserve, officier comme médecin aide-major.

Après son diplôme, Auguste Giroux ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier en plein développement de Polangis. Il retrouve le mode sportif, par exemple à l’occasion des championnats du monde de natation organisés dans la commune en août 1905, où il participe au service médical.

Le mariage d’Auguste Giroux avec Jeanne Julie Iribe est célébré à Paris (9e arr.) en septembre 1909. Il est l’occasion d’une entrée dans le milieu artistique, dont la famille ne sortira plus. Auguste Giroux choisit comme témoin un comédien, Louis Ravet, pensionnaire de la Comédie française et résidant sur l’île Fanac, à Joinville. Julie Iribe fait appel à son frère, Paul Iribe, peintre et dessinateur, futur directeur de journaux.

Julie Iribe, native de Séville et de nationalité espagnole, est la fille d’un ingénieur civil des mines, Jules Iribe, qui contribua au percement du canal de Panama puis se lança dans le développement de l'exploitation minière à Madagascar. Revenu en France, il fut ensuite rédacteur du quotidien parisien Le Temps avant de diriger des établissements sanitaires à Hendaye (Basses Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) puis Paris. C’est dans la capitale malgache, Tananarive, que Julie Iribe se maria une première fois avec le futur colonel Louis Lavoisot qui, après une dernière mission en Indochine, mourut à son retour en France en 1908.

Ils avaient eu trois filles, après avoir vécu avec Auguste et Julie Giroux à Joinville-le-Pont, qui épousèrent des comédiens. La seconde, qui porta le nom de scène de Marie Louise Iribe, fut également actrice, metteuse en scène et réalisatrice de cinéma.

L’inondation séculaire de la rivière Marne, qui traverse Joinville, au premier trimestre 1910 se répandit dans les deux-tiers du quartier où résidait Giroux. Il fut mobilisé dans les commissions constituées, dans sept secteurs de la ville, d’un conseil municipal, un architecte et un médecin, pour mettre en place le service de désinfections. Ce sont ces commissions qui donnaient, ou non, la permission de réintégrer les logements abandonnés, et organisait la désinfection des boues et immondices.

Pendant la première guerre mondiale, Auguste Giroux fut d’abord affecté à un hôpital militaire ouvert à Fontainebleau. Il rejoignit, en février 1917, le 45e régiment d’artillerie puis, en novembre 1918, à la gare sanitaire des Aubrais, près d’Orléans (Loiret), d’où il sera démobilisé en février 1919.

À suivre

Auguste Giroux en 1900 (phot. Bob Thomas)

 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 00:01

Louis Jean Etienne Boullin naît le 27 décembre 1899 à Doux (Deux-Sèvres). Il est le fils de Marie Caillaud et de son mari, Emmanuel Boullin, cultivateurs.

Après avoir terminé des études secondaires avec un baccalauréat ès lettres, Louis Boullin est incorporé par anticipation sur sa classe d’âge du fait de la première guerre mondiale en avril 1918 dans le 125e régiment d’infanterie. Il devient caporal en avril 1919 puis sergent en juin de la même année. En novembre 1919, il est détaché au sein de l’école normale de gymnastique militaire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord comme garde magasin puis au sein de l’état-major de l’établissement. Il se blesse, en mars 1921 au cours d’une partie de football en service commandé. Il est démobilisé en juin la même année. Pendant son service militaire, il a effectué deux séjours en Allemagne, dans les forces d’occupation des pays rhénans, à l’automne 1919 et au printemps 1921.

Pendant sa période à l’armée, Louis Boullin manifeste déjà un engagement politique, en souscrivant à au moins quatre reprises entre 1918 et 1920 pour soutenir le mouvement royaliste Action française. Il épouse, à Joinville, Germaine Gorain en décembre 1921 et reste dans la commune après la fin de son service.

Continuant son engagement à l’extrême-droite, Louis Boullin est un des fondateurs en 1925 de la section de Joinville-le-Pont du mouvement Action française, dont les membres étaient antérieurement attachés à un groupe à Nogent-sur-Marne ; il en est le contact public et collecte l’argent des appels aux dons. Il organise, chez ses beaux-parents, un dîner en l'honneur des jeunes partant au service militaire. Lorsque la section est définitivement constituée, en mai 1926, c’est Charles Pernot, un employé d’origine péruvienne, qui en devient le président.

Après avoir cherché, en septembre 1925, un emploi de secrétaire particulier, Louis Boullin est embauché par la compagnie des Chemins de fer du Nord en 1926. Il se remarie, en juillet 1926 à Joinville avec Hélène Henriette Carmen Rouget.

En tant que cheminot, Louis Boullin va continuer son activité au sein de la Corporation des transports, une structure affiliée à l'Union des corporations françaises (UCF), organisation que tente de mettre en place le mouvement de Charles Maurras pour renforcer sa base sociale en véhiculant l’idéologie corporatiste. Elle édite le journal Le Rail. Dans ce cadre, en mai 1926, Boullin organise le service d’ordre pour la venue du duc d'Orléans à Paris. Il présente deux des trois rapports soumis au quatrième congrès de la corporation, en janvier 1928, l’un sur les revendications des cheminots, l’autre sur les résultats de la propagande. Selon l’historien Olivier Dard, ceux-ci sont très mauvais, le nombre d’adhérents étant négligeable. La famille Boullin s’est installée à Paris (10e arr.), rue du Faubourg-Saint-Denis, à proximité de la gare du Nord. En 1936, il est chef de gare.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Louis Boullin est affecté spécial pour les chemins de fer, en tant que facteur aux écritures. Il est démobilisé en juin 1940. Il s’installe à Saint-Quentin (Aisne) où, en 1946, il est contrôleur de l'exploitation de la SNCF. Il se sépare de son épouse en septembre 1943.

Louis Jean Etienne Boullin meurt le 4 août 1976 à Gagny (Seine-Saint-Denis). Il avait eu quatre enfants, deux paires de jumeaux, de son second mariage, nés en 1933 et 1934.

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Bureau

Sous l’impulsion d’un ancien conseiller municipal de Joinville, Auguste Hautemulle, négociant en vins, Gabriel Bureau se présente lors des élections cantonales de la 2e circonscription du canton de Saint-Maur, qui comprend les communes de Bonneuil, Créteil, Joinville et une petite section de Saint-Maur-des-Fossés. Il se présente comme « républicain indépendant pour la paix, l’ordre, le travail » avec un programme axé sur la défense des anciens combattants. Il est étiqueté républicain national, groupement à droite sur l’échiquier politique français.

Sont également en lice le sortant, Louis Auguste Prieur, radical indépendant, le communiste André Parsal, un radical-socialiste, un autre radical indépendant et un socialiste indépendant. Au premier tour, Bureau arrive en tête à Joinville, avec 39% des suffrages exprimés. Cependant, il obtient des résultats beaucoup plus modestes dans les autres communes. Dans tout le canton, il recueille 1 072 voix soit 19,1% des 5 620 suffrages exprimés pour 5 685 votants sur 7 573 inscrits. Le communiste arrive en tête avec 36,4% devant le sortant qui a 30,5%.

Un représentant du parti social-national, Claude Noizat, appelle Bureau à « se désister, pour l’ordre, pour la liberté, pour tous ceux qui pensent français ». Il réclame un « Front national contre front commun », les radicaux-socialistes soutenant, au second tour, le candidat de gauche. Bureau maintient cependant sa candidature. Si son score est limité à 232 voix, soit 4,9% des 5 718 suffrages exprimés, sa présence suffit cependant à faire pencher la balance en faveur de Parsal, qui devance de 57 voix Prieur.

Le 18e congrès national des mutilés et anciens combattants tient sa dernière journée en juin 1935 à Joinville-le-Pont. Bureau y accueille le ministre des pensions, Henri Maupoil.

En novembre 1936, Gabriel Bureau est signataire, au nom de la société des mutilés et anciens combattants, d’un appel commun en faveur de la paix à l’occasion de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 avec André Blocher, responsable de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), proche des communistes et Robert Derivière, en charge de la Fédération ouvrière et paysanne des anciens combattants, militant socialiste SFIO. Il s’associe de nouveau à un appel lancé par le Comité local du Rassemblement universel pour la paix en juillet 1938, s’indignant des bombardements effectués sur les villes espagnoles. Les cosignataires sont le maire de Joinville, Léon Lesestre (droite), le délégué de la Confédération générale du travail, J. Carré et de nouveau Blocher.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gabriel Bureau poursuit l’exploitation de son entreprise. Il est nommé en juin 1942 membre de la commission provisoire d'organisation pour la famille professionnelle du verre puis, en janvier 1944, membre du conseil d'administration du Syndicat unique des employeurs de la famille du verre qui couvre les départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne.

Cependant, à côté de ces fonctions officielles, Gabriel Bureau s’était engagé dans la résistant à l’occupation allemande. Il rejoint, en novembre 1940 le réseau Saint-Jacques, créé trois mois plus tôt par Maurice Duclos. Le réseau Saint-Jacques a été un des premiers réseaux de résistance de la France occupée. Missionné par le premier ministre anglais Winston Churchill, Duclos a orienté son activité vers le renseignement. Son réseau sera ensuite intégré au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), sous les ordres du capitaine Passy.

Après-guerre, Gabriel Bureau est président du groupement des anciens combattants de Joinville. Il a cédé la présidence de la Société des mutilés et anciens combattants à Georges Delsaux.

En matière professionnelle, Gabriel Bureau reste gérant de la miroiterie Bureau et Cie. Il la fusionne, en janvier 1954 avec une autre société et cède alors sa responsabilité de dirigeant.

Gabriel Bureau meurt le 18 juillet 1956 à Paris (11e arr.). Il était âgé de 61 ans et père de deux enfants. Décoré de la Croix de guerre, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis décembre 1916 puis officier dans cet ordre en mai 1934.

Fin

Insigne du réseau Saint-Jacques

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 00:01

Début de la biographie de Gabriel Bureau

Gabriel Alphonse Narcisse Bureau naît le 18 août 1895 à Saulnières (Eure-et-Loir). Il est le fils de Louise Charlotte Cécile Marchand et de son mari Prosper Émile Bureau, cultivateur. Il suit l’enseignement du pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle à Rouen (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), rue Saint-Gervais.

À la fin de ses études, devenu métallurgiste, il est appelé pour son service militaire en décembre 1914. D’abord affecté au 4e régiment de zouaves, il postule pour devenir officier et est nommé aspirant en avril 1915. Promu sous-lieutenant en juillet 1915, il rejoint le 1er régiment de zouaves puis le 3e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs africains. Il est grièvement blessé en mai 1916, par un éclat d’obus qui l’atteint à l’épaule, au front et à la cage thoracique, tandis que sa main droite restera inutilisable. Il combattait alors à la tête de sa compagnie sur la cote 304, près de Verdun (Meuse) pour rétablir un réseau téléphonique.

Le comportement de Bureau lui vaut quatre citations, dont une à l’ordre de la brigade, une à l’ordre de la division et une à l’ordre de l’armée. Il est promu lieutenant en décembre 1918.

Ayant vécu antérieurement boulevard Magenta à Paris (10e arr.), Gabriel Bureau épouse Jeanne Marie Pauline Fanny Boivin en octobre 1918 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille d’un ingénieur et militant nationaliste, Frédéric Paul Boivin. Le couple s’installe dans une maison contigüe à celle des Boivin, dans le quartier de Polangis, avenue du Parc.

Sur le plan professionnel, Gabriel Bureau devient représentant de commerce pour le bureau d’ingénieurs de son beau-père. Il exercera cette activité jusqu’au milieu des années 1920.

Dans sa ville, Gabriel Bureau prend l’initiative, avec Simon Lavogade, Émile Muckensturm et Étienne Pégon, de créer la Société des mutilés, réformés et veuves de guerre de Joinville en mars 1919. Il en est le président. L’association d’agrandira en regroupant en 1928 les anciens combattants titulaires de la carte et les victimes de guerre ; elle deviendra la Société des anciens combattants de Joinville.

L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes publie, en novembre un article consacré au discours prononcé le 1er novembre 1925 devant le monument au morts par Bureau. L’article était intitulé « Une menace fasciste à Joinville » et le journal assure que « la réplique courte mais cinglante du représentant du ministre ne laisse aucun doute » sur le fait que l’allocution était « un appel au fascisme. »

En 1930, Gabriel Bureau est devenu un industriel, patron d’une miroiterie installée avenue Ledru-Rollin, à Paris (12e arr.). Il participe en décembre de cette année à la constitution d’un syndicat d’initiative à Joinville, dont le restaurateur Robert Maxe, premier adjoint au maire, est président et dont il est le vice-président. Il prend en charge l’organisation des fêtes. En juin 1932, le syndicat d’initiative fusionne avec l’Union des industriels de Joinville.

Au sein de la Fédération des associations de mutilés, victimes de guerre et anciens combattants, Bureau présente, en association avec le maire de Joinville, Léon Lesestre, qui en est vice-président, un rapport sur le chômage présenté au congrès de 1933. Il conseille, en avril 1935, Louis Caillon, exploitant de la ferme de la Faisanderie dans le Bois de Vincennes, qui est expulsé de son établissement que la ville de Paris veut reprendre ; anciennement sur le territoire de Joinville-le-Pont, la ferme a été annexée en 1929 avec l’ensemble du Bois. Bureau met en relation Louis Caillon avec Henri Dorgères, président du Front paysan, qui avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

À suivre

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 00:01

Émile Georges Soyez naît le 9 octobre 1872 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Victorine Julie Robberechts et de son mari Louis Antoine Soyez, mécanicien, qui vivent d’abord rue des Réservoirs, puis rue du Canal. Il perd sa mère à 4 ans. Son père, qui venait d’être élu conseiller municipal de Joinville en mai 1878 sur la liste républicaine de Gabriel Pinson, se remarie en octobre puis déménage pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Le jeune Émile Soyez va encore devoir faire face à la disparition de son frère cadet quand il a 11 ans, de sa belle-mère à 12 ans et son père à 15 ans. C’est son grand-père paternel, Jean Louis Soyez, qui devient son tuteur ; originaire de Seine-et-Marne, il fut vigneron, jardinier puis blanchisseur et s’est installé à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil.

En 1892, Émile Soyez est ouvrier de la maison Bardin, fabricant d’objets en plumes à Joinville-le-Pont. Il s’associe avec son frère aîné, Victorin, pour créer, en novembre 1893 la société Soyez frères, également spécialisée dans la fabrication d’articles en plumes et de cure-dents, qui en sont un sous-produit. Elle reprend le site de l’épicerie familiale, rue du Pont-de-Créteil.

Au cours du même mois de novembre 1893, Émile Soyez est incorporé au sein du 94e régiment d’infanterie pour faire son service militaire. Il devient caporal en août 1894 puis sergent en septembre 1895. Il prend manifestement goût à l’activité militaire puisque, après son passage dans la réserve en septembre 1896, il participe à neuf périodes d’entraînement de réserve. Ayant suivi une formation pour devenir officier, il est sous-lieutenant en octobre 1897, lieutenant en juillet 1903 puis capitaine en mai 1910.

Yvonne Rosalie Cluzan devient l’épouse d’Émile Soyez en juillet 1904 à Saint-Maur. L’entreprise familiale participe à plusieurs expositions internationales, en 1900 à Paris, en 1908 à Londres et en 1910 à Bruxelles.

Rappelé lors de la première guerre mondiale, il sert dans des régiments territoriaux d’infanterie (100e puis 17e et 96e) et devient chef de bataillon (commandant) en avril 1918. Il est démobilisé après la fin du conflit avec l’Allemagne en décembre de cette année.

Son comportement au front lui vaut une citation à l’ordre de la brigade en mai 1916 : « Officier d’un dévouement absolu. A rendu de grands services en faisant preuve d’une activité et de connaissances techniques remarquables dans la construction d’abris qui ont permis d’éviter à un régiment des pertes importantes lors de bombardements qui ont détruit des cantonnements. »

Après le conflit, Émile Soyez divorce en juillet 1923 et poursuit l’exploitation de Soyez frères, qui devient société anonyme en octobre 1930. Les plumes restent l’activité principale, mais l’entreprise reprend également la production de cure-dents et diversifie ses produits avec des tuyaux, raves (lampes de mineur), chalumeaux (pailles), etc.

Une partie des propriétés familiales est expropriée en juillet 1933 pour la construction du futur lycée Marcelin-Berthelot (Saint-Maur). Contestant l’offre qui leur est faite, les Soyez obtiendront satisfaction devant la Cour de cassation.

La production de plumes s’oriente, en 1938, vers les loisirs : jouets, volants pour le badminton, paillantines pour fleurs, tuyaux de plumes pour pinceaux, articles de pêche…

Émile Soyez meurt le 27 novembre 1939 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 67 ans et était père de deux filles. Lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900, il avait obtenu une médaille d'or. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier de l’instruction publique en mars 1911. Il était titulaire de la Croix de guerre et avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1918.

Exploitée par les descendants de son frère Victorin, l’entreprise Soyez frères, qui a déménagé dans la Nièvre en 1958, est toujours en exploitation en 2020. Si elle poursuit la production de pailles et de cure-dents, elle a remplacé les plumes par le plastique ; en 2019, elle a lancé un investissement pour les produire désormais à partir de papier.

Logo de l'entreprise Soyez

 

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