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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 00:01

Marcel Gaston Jougla naît le 23 mars 1886 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), en même temps que sa sœur jumelle Joséphine Cécile. Ils sont les enfants de Joseph Marc Jougla, négociant et de son épouse Marie Schmit. Il est orphelin de mère en juillet 1887, année où disparaît également l’associé de son père et témoin de sa naissance, Émile Graffe, fondateur d’une entreprise de production de plaques photographiques et de films, que reprend son père.

Engagé pour trois ans dans l’armée en octobre 1905, servant au 31e régiment d’infanterie, Gaston Jougla est mis en disponibilité en septembre 1906 en tant qu’étudiant en pharmacie.

Après avoir développé l’activité de la société Jougla, Joseph Jougla a installé son usine à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902. Elle devient un important acteur du secteur de l’image avec les plaques Omnicolore, premières à permettre la photographie en couleur, et l’appareil Sinnox. Pour pouvoir peser face aux américains de Kodak, la société fusionne avec sa concurrente, Lumière, basée à Lyon. L’Union photographique industrielle (Établissements Lumière et Jougla réunis) conserve ses deux usines de Lyon (confiée aux Lumière) et de Joinville, dont Gaston Jougla devient le directeur au côté de son père, son oncle Zacharie Jougla quittant sa fonction de responsable technique.

Au cours de la première guerre mondiale, Gaston Jougla est d’abord affecté à la 22e section d’infirmiers puis nommé pharmacien aide-major de 2e classe auprès du gouvernement militaire de Paris. Il prend part à la création en mai 1915 de la Section photographique de l’armée (SPA), dirigée par Pierre Marcel Lévi, critique d’art parisien, professeur à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle fusionne en 1917 avec la Section cinématographique de l’armée (SCA).

Au sein de la section, qui emploie 59 photographes, Jougla est chargé de la mise en place des laboratoires. La SPA vise à collecter des clichés, notamment pour répondre à la propagande allemande en direction des pays neutres. Maintenu dans son grade après-guerre, Jougla deviendra capitaine de réserve en décembre 1933.

Un an après l’armistice, Gaston Jougla, redevenu directeur de la société Jougla, épouse Jeanne Eugénie Claire Frager le 11 novembre 1919 à Paris (6e arr.).

Fondé en 1922, l’association Joinville sportif, à la recherche de soutiens, fait appel à Gaston Jougla qui en devient président d'honneur en 1923 ce qui, selon le quotidien La Presse, « fut un gros appoint pour le club cycliste ». Il est remplacé dans cette fonction en 1925 par Delaunay.

En décembre 1923, Gaston Jougla participe, avec notamment Louis Lumière et Léon Gaumont, l’initiative en vue de la création d’une école professionnelle de photographie et de cinématographie. Elle verra le jour de manière concrète en 1926 et sera installée rue de Vaugirard à Paris. Elle est aujourd’hui installée à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et porte le nom de Louis-Lumière. Gaston Jougla est membre du conseil d’administration en 1930.

Si l’usine de Joinville est d’abord consacrée à des activités techniques, Gaston Jougla est proche de certains artistes du milieu du cinéma, par exemple le réalisateur Jean Vigo.

Après la mort de son père en 1927, Gaston Jougla reste dans la direction de l’entreprise, rebaptisée Lumière. Il semble cependant être principalement actif au siège social, basé rue de Rivoli à Paris (1er arr.) et s’est installé boulevard Raspail (6e arr.).

Lors des élections municipales de mai 1935, le quotidien communiste L’Humanité met en cause « les candidats réactionnaires et Croix de feu de l'Union des républicains, agents des gros industriels, de Pathé-Natan, des frères Jougla, etc. »  C’est cependant la liste de droite de Léon Lesestre qui remporte le scrutin.

La date de décès de Gaston Jougla n’est pas connue. Il est vivant en 1936 et probablement mort en lors du remariage de Jeanne Frager en avril 1945 à Paris (6e arr.), cette dernière étant présentée ultérieurement comme veuve. Ils n’ont semble-t-il pas eu d’enfants.

Au titre du ministère du commerce, Gaston Jougla avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en février 1934, comme son père.

 

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 00:01

Zacharie François Jougla naît le 12 février 1852 à Eycheil (Ariège). Il est le second fils de Marie Justine Peyrat et de François Jougla, dit Magré, instituteur primaire. Bien que peu fortunée, la famille est issue d’une lignée noble. Le titre de baron de Paraza, du nom du village de la Narbonnaise (Aude) dont la famille était issue au 16e siècle, était porté par son arrière-grand-père Henri Elisabeth Jougla (1745-1801), également baron de Lignac. Le fils aîné de ce dernier étant mort sans descendance masculine, c’est son neveu, François Jougla, qui devenait le successeur légitime, puis, à sa mort en 1852, son premier fils, Joseph, frère aîné de Zacharie. Ce dernier reprendra le nom « de Paraza. »

Zacharie Jougla devient vite orphelin, son père mourant en octobre 1852 dans le village de Sentaraille (act. Lorp-Sentaraille, Ariège) et sa mère s’éteignant en septembre 1854 dans le bourg proche de Saint-Girons.

Après un service militaire peu après la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Zacharie Jougla de Paraza est nommé sous-lieutenant de réserve en juillet 1878.

Il devient conducteur des Ponts-et-Chaussées, entrant dans l’administration vers 1879 et sera ultérieurement ingénieur. C’est également à la même période qu’il épouse Joséphine Marie Célestine Pujolas, probablement dans le Gard. Elle est native de Sabran, commune de ce département. La famille vit à Alzon, également dans le Gard.

La famille est installée en 1891 à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Elle déménage dans la ville voisine de Charenton-le-Pont en 1892. Ses ressources semblent limitées, et elle obtient en 1893 une bourse de demi-pensionnat au lycée Charlemagne à Paris pour le fils aîné, Émile.

Tout en poursuivant son activité dans les Ponts-et-Chaussées, Zacharie Jougla s’associe à son frère Joseph Jougla en 1894, lorsque celui-ci reprend les rênes de la société Graffe et Jougla, après la mort de son fondateur Émile Graffe ; Zacharie Jougla assure la direction technique, tandis que Joseph est en charge de la partie commerciale. Produisant des plaques photographiques et des pellicules pour le cinéma, la société, rebaptisée Jougla en 1898, est installée au Perreux (Seine, act. Val-de-Marne). La famille de Zacharie Jougla s’y installe.

Le développement de l’activité nécessite la construction d’une nouvelle usine, qui est installée en 1902 dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle va compter jusqu’à 600 ouvriers et être la première à commercialiser, avec la marque Omnicolore, un système de photographie en couleur en 1907. Un appareil photographique, le Sinnox, est aussi produit à Joinville.

Avec son épouse et ses enfants, Zacharie Jougla vit à proximité de son entreprise, d’abord route de la Brie (act. avenue Galliéni) puis avenue du Château (act. avenue Foch). Il assure la comptabilité de la société.

La mauvaise santé de Zacharie Jougla lui vaut, en février 1910, congé de trois mois de son poste de sous-ingénieur des ponts et chaussées de 1e classe, attaché dans le département de la Seine, au service du contrôle de l'exploitation technique du réseau des chemins de fer d'Orléans. Il prend sa retraite de son poste en novembre de la même année.

En avril 1911, pour pouvoir faire face au développement de l’américain Kodak, Joseph Jougla décide de fusionner sa société avec celle des frères Lumière, établie à Lyon. L'Union Photographique industrielle, établissements Lumière et Jougla réunis, société anonyme au capital de 6 720 000 francs, dont le siège est à Paris, 82, rue de Rivoli prend la succession de la société Jougla. L’apport de Jougla est de 24% au nouvel ensemble.

Zacharie Jougla quitte alors ses fonctions et la direction de l’usine de Joinville est confiée à Gaston Jougla, fils de Joseph.

Quittant la région parisienne, Zacharie Jougla et ses plus jeunes enfants retournent dans le Gard et s’installent d’abord à Bagnols-sur-Cèze en 1912 puis à Carmes où il disposait d’une propriété.

Zacharie François Jougla meurt le 14 mai 1914 à Carmes (Gard). Il était âgé de 62 ans et avait eu six enfants. Au moins trois de ses enfants seront officiers, et deux d’entre eux, Émile et Roger Jougla furent décorés de la Légion d’honneur. Le quatrième, Henri Jougla de Morenas, fut l’auteur de plusieurs livres sur la noblesse française.

 

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de Joseph Jougla.

Faisant face à un besoin d’expansion, Joseph Jougla déplace son usine du Perreux à la commune proche de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis. Il appelle à ses côtés son frère Zacharie Jougla de Paraza, ingénieur des Ponts-et-Chaussées. En 1907, les premières plaques couleurs du monde, les Omnicolore, sortent de son usine qui produit quarante mille plaques photographiques par jour. Elle exploite un brevet de Raymond de Bercegol, neveu et collaborateur de Ducos du Hauron. L’usine produit également un appareil photographique, le Sinnox. Elle emploie jusqu'à 600 ouvriers dans un terrain de deux hectares, dont 4 000 m² couverts.

Après le décès en juillet 1902 au Perreux de sa seconde épouse, Joseph Jougla s’installe à Joinville, avenue de l’Horloge (quartier de Polangis) avec ses deux plus jeunes enfants, les jumeaux Joséphine Cécile et Gaston, étudiant en pharmacie.

En avril 1911, pour pouvoir faire face au développement de l’américain Kodak, Jougla fusionne sa société avec celle des frères Lumière , établie à Lyon. L'Union Photographique industrielle, établissements Lumière et Jougla réunis, est une société anonyme au capital de 6 720 000 francs, dont le siège est à Paris, 82, rue de Rivoli. L’apport de Jougla est de 24% au nouvel ensemble. La direction des usines de Lyon a été confiée à Auguste et Louis Lumière, celle des usines de Joinville à M. Joseph et Gaston Jougla, son fils.

Joinville-le-Pont devient un important centre pour le cinéma français. Joseph Jougla conseille à Charles Pathé d’installer ses ateliers également sur le bords de Marne, ce qu’il fait dans le quartier voisin de Palissy, toujours à Joinville.

En 1913, le ministre du commerce entend décorer Joseph Jougla de la Légion d’honneur. Mais un courrier, anonyme, transmis à la chancellerie va retarder l’attribution de la décoration. La dénonciation prétend parler « au nom des actionnaires ruinés aux dépens desquels Joseph Jougla s’est enrichi ». L’affaire n’aura pas de suite, malgré une campagne de presse dans le quotidien Le Bien Public, et Jougla sera décoré en juillet 1925 pour les récompenses qu’il a obtenu à l’étranger comme en France et pour « 58 années de pratique industrielle. »

Après avoir passé le relais opérationnel à son fils Gaston, Joseph Jougla se consacre notamment au développement international de l’entreprise.

Joseph Jougla meurt le 21 mars 1927 à Joinville. Il était âgé de 79 ans et est inhumé dans le cimetière de la commune. Outre la Légion d’honneur, il était titulaire des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie depuis janvier 1905. Il avait obtenu de nombreuses distinctions lors de manifestations internationales, comme une médaille d'or à l’exposition universelle de Paris en 1900, un grand-prix à Hanoï (Indochine, Vietnam) en 1903 puis fut généralement placé hors concours dans les expositions ultérieures.

La société prend alors le seul nom des Frères Lumière, mais Gaston Jougla en reste le directeur. Jusqu'à la fermeture de l’usine en 1966, des appareils photographiques y seront fabriqués.

La rue où habitait Joseph Jougla et où se trouvait son usine à Joinville, l’avenue de l’Horloge, est rebaptisée « avenue Joseph-Jougla » en 1932.

Les essayistes scientifiques Danièle et Jean-Claude Clermontel ont classé, dans un livre paru en 2009 (Chronologie scientifique, technologique et économique de la France, Éd. Publibook), Joseph Jougla dans leur liste d’émigrés célèbres, mentionnant qu’il serait originaire de Hongrie. Il s’agit cependant d’une confusion, la provenance de ses familles maternelle et paternelle étant clairement située en Occitanie depuis plusieurs siècles.

Fin.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 00:01

Début de la biographie de Joseph Jougla.

Joseph Marc Jougla naît le 25 avril 1847 à Eycheil (Ariège). Il est le fils de Marie Justine Peyrat et de François Jougla, dit Magré, instituteur primaire. Bien que peu fortunée, la famille est issue d’une lignée noble. Le titre de baron de Paraza, du nom du village de la Narbonnaise (Aude) dont la famille était issue au 16e siècle, était porté par son arrière-grand-père Henri Elisabeth Jougla (1745-1801), également baron de Lignac. Le fils aîné de ce dernier étant mort sans descendance masculine, c’est son neveu, François Jougla, qui devenait le successeur légitime, puis, à sa mort en 1852, son premier fils, Joseph.

En 1867, Joseph Jougla devient conducteur de travaux des Ponts-et-Chaussées et travaille à Foix, préfecture de l’Ariège. Il continuera de revendiquer cette fonction, même après en avoir démissionné en 1889.

Orphelin et aîné, Jougla est dispensé de service militaire Il est cependant volontaire lors du conflit franco-prussien de 1870 et devient officier d’état-major du génie. Il garde son titre d’officier de réserve jusqu’en 1882.

Toujours à Foix, Joseph Jougla épouse en avril 1874 Marie Joséphine Schmit.

En 1883, Jougla s’associe avec Émile Graffe pour fonder une société de fabrication de plaques photographiques, installée dans un quartier de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) qui sera rattaché, l’année suivante, à la nouvelle commune du Perreux, avenue de Bellevue. Il réside à proximité, rue des Corluis. En 1887, la société produit les premières pellicules photographiques en celluloïd, ce qui contribue au démarrage de l’industrie du cinéma. À la mort de Graffe en mars 1894 Jougla reprend seul l’exploitation de la société, rebaptisée en 1898 Société des plaques, pellicules et papiers photographiques Joseph Jougla.

Après le décès de sa première épouse en 1887, Joseph Jougla s’était remarié, en février 1890 à Saint-Girons (Ariège) avec Hélène Marthe Jalbert. Il est membre correspondant de la Société d'histoire naturelle de Toulouse depuis 1874 et jusqu’en 1896.

À suivre.

Appareil de prise de vue Jougla, 1901

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de René Martin

Sur le plan politique, René Martin se présente, mai 1908 aux élections municipales de Joinville sur la liste du comité socialiste indépendant, conduite par Théophile Leteuil. Il obtient 485 voix pour 1189 suffrages exprimés (40,7%) au second tour pour 1319 inscrits et n’est pas élu, sa liste emportant un seul des 23 sièges à pourvoir.

De nouveau candidat en juin 1908, René Martin adopte l’étiquette de socialiste indépendant et a le soutien du comité joinvillais au scrutin pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Saint-Maur-des-Fossés. Il arrive en deuxième position derrière le radical-socialiste sortant Henri Vel-Durand et devant le socialiste SFIO Tranchant. Martin obtient 918 sur 3 933 suffrages exprimés (23,3%) pour 10 310 inscrits. Il se retire avant le second tour, qui voit la victoire du futur maire de Joinville avec plus de 91%.

L’affiche que Martin avait faite apposer pour soutenir sa candidature est moquée par ses concurrents radicaux, la reproduisent dans Voix des communes : « Si la lutte que nous venons de mener aux élections municipales n’a pas couronné nos efforts, elle a donné un résultat très appréciable, celui de permettre à certains d’entre nous de se connaître de sorte que, presqu’étrangers hier, nous sommes devenus aujourd’hui des amis (…) Par leur évolution, ils vont assurer le succès d’une transformation par les voies naturelles ». Polémique, le correspondant de Voix des communes, Albert Daguet, reproche à Martin sa « fuite à Londres » avant le scrutin, où il était appelé pour raisons professionnelles.

Malgré sa victoire, mais du fait que le maire Eugène Voisin, en place depuis 1888 est malade et n’entend pas se représenter en 1912, la majorité se déchire et éclate. Plusieurs démissions et quelques décès font que des élections municipales partielles sont organisées en mai 1911 pour pourvoir à sept postes. Les radicaux dissidents, emmenés par Ernest Mermet et Henri Vel-Durand, se retrouvent sur une liste reposant essentiellement sur les démissionnaires.

Les radicaux-socialistes ne constituent pas de liste en propre, mais décident de soutenir celle conduite par René Martin, sur laquelle figure trois membres de leur comité. Se présentant comme président de l’Union des commerçants de Joinville et ancien juge au tribunal de commerce, Martin a comme second Paul Purrey, vice-président de l’Union des commerçants, ancien membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Ce dernier, franc-maçon notoire, sera maire de Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) après la deuxième guerre mondiale.

La liste Martin est battue, les opposants emportant, grâce au soutien des socialistes SFIO ainsi que des libéraux et conservateurs, les sept sièges. Au cours de la campagne, un mannequin couvert d’emblèmes maçonniques est exposé sur le marché ; il devait être brûlé, mais ne l’a pas été par « peur du commissaire » selon Voix des communes.

René Martin rejoint l’armée et est mobilisé, de décembre 1912 à janvier 1914 en Algérie où il participe, en avril 1913, aux combats de Mékila, Zag et Sanghal. Au cours de la première guerre mondiale, il est officier d’administration en charge des vivres et de l’intendance, dans les forts de Joux et Larmont (Doubs), puis en mai 1915 il est expédié en Orient. De retour, en décembre de la même année, il gère une section de commis et ouvriers d'administration à Marseille, puis le centre de fabrication des Aygalades, ensuite le service des vivres, enfin le centre de fabrication d’huiles de Joncquières (Vaucluse). Il poursuit le conflit en tant que responsable du centre de transit maritime de Tarente, dans les Pouilles, en Italie où il est en poste de juillet 1918 à avril 1919. Il fait enfin un très bref passage à l’intendance de Constantine, en Algérie, où il est démobilisé.

Ne reprenant aucune des activités qu’il avait exercé à Joinville, René Martin s’installe avec sa famille en Afrique du Nord, d’abord à Constantine puis au Maroc, à Rabat en 1920. Il poursuit son commerce de vin et est également décorateur.

Une des particularités de la vie de René Charles Martin est le nombre d’unions et de divorces. Il s’est marié une première fois en juin 1899 à Paris (17e arr.) avec Jeanne Marguerite Françoise Guy, avec laquelle il aura deux enfants. Divorcé en avril 1917, il se remarie en décembre 1917 à Marseille avec Marthe Guilbert, mère de son troisième et dernier enfant ; en novembre 1932 à Rabat, il convole avec Christina Franco de Castro dont il se sépare en juillet 1939 pour épouser Odette Paule Alexandrine Cassaing en février 1940, de nouveau à Rabat. Il rompt une quatrième fois son union en avril 1954, pour célébrer ses cinquièmes noces en octobre de la même année avec Linda Esterelle Riston, sept semaines avant son décès.

René Charles Martin est mort le 23 novembre 1954 à Rabat. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie, était officier du mérite agricole (octobre 1909), titulaire de la médaille coloniale (Maroc), chevalier de la Légion d’honneur (juin 1920), récipiendaire de l’insigne de la campagne italo-autrichienne et chevalier de l’ordre royal du Sauveur de Grèce.

Le fort de Joux, La Cluse-et-Mijoux (Doubs)

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie de René Martin

René Charles Martin naît le 27 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maxence Berthe Martin et d’Eugène Martin, négociant en vins, qui est en même temps son oncle et son époux. Entre 1870 et 1900, Eugène Martin sera conseiller municipal de Joinville pendant 23 ans, se positionnant au centre-droit.

Si les opinions de Martin semblent résolument conservatrices, sa première intervention publique connue se fait dans un hebdomadaire radical-socialiste, Voix des communes, qui critiqua parfois vertement son père. Le 26 juin 1897, il fait publier un article sur « Le privilège de la Banque de France », qu’il critique. Son argumentation tortueuse laisse entendre que les élus de l’extrême-gauche parlementaire (socialistes et la tendance progressiste des radicaux-socialistes), en s’opposant à l’élection de banquiers à la chambre des députés, favoriseraient les actionnaires privés de la Banque de France, dont ils conforteraient ainsi le privilège : « Le voilà bien le mouvement social, le voilà bien. Il marche à pas de géant, d’un géant, hélas !... qui serait écrevisse. »

Dans le numéro suivant, le directeur du journal, Gaston Meynet, ancien maire d’Alfortville, réagit après avoir compris que la personne visée était en fait Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre Alfortville et Joinville notamment. Meynet assure que, trompé par la critique de la Banque de France, le texte avait « échappé à [son] contrôle habituel ». Il rectifie les propos de Baulard, qui voulait « que la Chambre fût uniquement composée de gens honnêtes et fermement attachés aux principes de la démocratie ».

Le 10 juillet, René Martin réplique que « Le peuple, plus éclairé, ne se laissera plus prendre au piège de vos pompeuses banalités ». Meynet conclut : « on ne saurait (…) avouer plus clairement que ne l’a fait M. René Martin ses tendances réactionnaires et l’intention bien arrêtée de placer, au mépris de la vérité et des plus simples convenances, une plaisanterie de fort mauvais goût contre un homme digne de respect. »

Engagé volontaire pour trois ans dans l’armée, servant au 82e régiment d’infanterie à partir de novembre 1897, il quitte cependant le service dès septembre 1898, en tant qu’élève diplômé des Hautes études commerciales (HEC), où il avait été admis en 1894. Il a le grade de caporal. Dans la réserve, il devient sergent en avril 1899, sous-lieutenant en juillet 1901 puis officier d'administration de 3e classe dans l’intendance en février 1906 et officier d'administration de 2e classe dans les subsistances en avril 1908.

Martin, qui a repris l’activité de distillateur de son père et dispose d’une évidente aisance, acquiert en juin 1900 le célèbre restaurant d’Honoré Jullien sur l’île Fanac, à Joinville, ainsi qu’un hôtel rue des Corbeaux (act. av. des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Il investit, avec un autre distillateur joinvillais et conseiller municipal radical-socialiste, Henri Diot, dans la sucrerie de Baron, dans l’Oise. Avec Schérer, il fait partie en 1911-1913 des trois associés de cette raffinerie.

A suivre

La sucrerie de Baron, Oise

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 00:01

François Constant Martin naît le 27 octobre 1842 à Vignot, dans la Meuse. Il est le fils de Françoise Level et de son mari, Sébastien Rémy Martin, tisserand.

Exerçant la profession de carrier, mais également cultivateur dans son village, Constant Martin épouse en décembre 1863 à Vignot Justine George, fille d’un garde-champêtre. Leur fille Alice Juliette Martin naît dans la commune en août 1870.

Au mariage de celle-ci, en mars 1893 à Paris (10e arr.), ils vivent dans cet arrondissement, passage Delessert et Constant Martin est terrassier.

Au début du 20e siècle, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.

En 1905, Constant Martin adhère à la Société française pour la propagation de l'espéranto. Plusieurs personnalités ont défendu, à Joinville, le développement de langues internationales. Le journaliste Henry Vaudémont s’engagea entre 1885 et 1889 pour le Volapük, dans laquelle il voyait une intéressante façon d’échanger, notamment en matière scientifique. L’ingénieur anarchiste Jules Vallety, dit Charles Papillon, réside dans le quartier voisin de Palissy. Il adhère également la même année à cette société ; Papillon défendra ensuite l’Ido, version modifiée de l'espéranto.

François Constant Martin meurt le 3 août 1921 à Joinville, où il est déclaré comme journalier. Il était âgé de 78 ans.

Son petit-fils Henri Fraissange (1899-1966), électricien puis employé de commerce, fut sans succès candidat sur la liste radicale-socialiste aux élections municipales de Joinville-le-Pont en mai 1935 puis maire du village de Cérilly dans l’Yonne (1951-1953).

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Léon Martin naît le 22 avril 1878 à Villabé (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Léontine Louise Villéger et d’Édouard Olivier Martin, maçon son époux.

Ses parents décèdent avant sa majorité et Édouard Martin vit chez sa grand-mère à Essonnes (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il devient employé de mairie et se marie, en décembre 1901 à Corbeil avec Catherine Léontine Greiner.

Ajourné à deux reprises pour sa faiblesse physique, il effectue un service militaire en 1902. Il s’installe ensuite à Paris (19e arr.), d’abord rue de Flandre puis rue de Nantes.

En 1909, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il vit dans le quartier de Polangis, avenue Bourguignon et ensuite avenue de l’Île.

Dans la commune, Édouard Martin devient vice-président de la Mutualité scolaire, une des principales structures sociales locales. Elle est alors présidée par Alphonse Depasse, dit Depasse-Laridan, fabricant de bonneterie et responsable d’organisations professionnelles.

Pendant la première guerre mondiale, qu’Édouard Martin débute dans les services auxiliaires, il est reclassé ensuite comme apte au service armé et rejoint le 34e régiment territorial d’infanterie en avril 1915. Il devient brigadier en septembre 1918.

Édouard Léon Martin meurt le 1er janvier 1919 à Bouillon (province de Luxembourg, Belgique), où il venait d’être admis dans l’ambulance 4/6. Il est déclaré mort des suites de maladie contractée en service et est inhumé dans l’ossuaire de Bouillon, tombe 1.

Le décès de Martin a été transcrit sur l’état-civil de Joinville en mars 1921. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune sous la forme : Martin E. Son fils René est « adopté par la Nation » en octobre 1919.

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 00:01

Eugène Martin naît le 17 juin 1830 à Saint-Sulpice-les-Champs (Creuse). Il est le fils de Françoise Batherosse et de son mari Joseph Martin, qui résident dans le village de Chansard.

Résidant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Eugène Martin participe en février 1862, parmi 28 habitués du café Émile Gosset à Joinville, à une souscription pour les ouvriers de Lyon et de Saint-Étienne. Plusieurs personnalités locales y contribuent, comme Gosset, alors conseiller municipal, son frère Prince Amédée, conseiller municipal de la commune voisine de Saint-Maurice, Pierre Arnoult, marchand de nouveautés et Firmin Victor Cadot, eux aussi élus de Joinville, un célèbre tapissier-décorateur, Jean Marie Belloir, l’architecte Camus, le restaurateur Eugène Napoléon Rozier, etc.

Devenu négociant en vins, Eugène Martin obtient par décret impérial en janvier 1868 le droit d’épouser sa nièce et il se maire à Joinville en juin 1868 avec Maxence Berthe Martin, fille de son frère Jean Baptiste.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, alors que la République vient d’être proclamée le 4 septembre, des élections municipales sont organisées. Le conseil municipal de Joinville comprend 16 membres ; Eugène Martin est élu, le maire, reconduit étant le conservateur Auguste Courtin et son adjoint étant Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste.

Pendant le siège de Paris, en décembre 1870, les habitants de la commune de Joinville sont évacués, le conseil municipal siégeant à Paris, d’abord rue du Bac puis boulevard Voltaire, tandis que le pont reliant les deux rives de la Marne est détruit et que les combats font près de 2000 morts, essentiellement militaires.

Après la défaite française, fin janvier 1871 et jusqu’en septembre, la commune est occupée par 3 000 soldats allemands (Wurtembourgeois et Bavarois) avec un état-major général de brigade et 250 chevaux.

C’est sous l’occupation qu’un nouveau scrutin est organisé, en juillet 1871. 13 des 16 sortants, dont Martin, le maire et son adjoint, sont réélus. Ils le sont de nouveau, en novembre 1874. La démission de Courtin en 1876 provoque son remplacement par Rousseau. Cependant, ce dernier est battu en janvier 1878 par une liste républicaine, conduite par Gabriel Pinson, descendant de trois anciens maires de la commune.

Martin ne siège pas dans le nouveau conseil. Il revient par contre dans l’assemblée locale en janvier 1881, lors d’un scrutin qui voit une large victoire de la liste républicaine de Pinson. Il est de nouveau réélu en mai 1884 puis, dès le premier tour, en mai 1888. Cette année-là, la liste Pinson est opposée à une liste radicale-socialiste, qui obtient trois sièges. Martin recueille 306 voix, soit environ 56% des suffrages.

L’activité de commerce de vins vaut à Martin quelques ennuis. En 1885, il est accusé d’avoir oublié de payer les droits d’octroi et doit payer une amende Le journaliste Henry Vaudémont. lui demande de démissionner dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes. En août 1891 est condamné à 50 francs d’amende pour « tromperie sur la marchandise ». Il avait vendu du vieux kirsch avec une mention « de fantaisie » peu lisible, mais le breuvage n’était ni vieux, ni du kirsch. Vaudémont toujours s’émeut de cette situation : « La faute de l’un (simple particulier) ne saurait excuser la faute de l’autre, conseiller municipal. (…) Qu’il démissionne, qu’il rentre sous sa tente… »

La tension entre les deux hommes monte. Vaudémont, qui est également conseiller municipal, déclare que « quoiqu’il arrive lors de prochaines élections, je ne saurai consentir à figurer sur une liste où sera porté M. Martin ». De fait, Eugène Voisin, l’ancien adjoint étant devenu maire en remplacement de Pinson, il se présente en mai 1892 avec le soutien du comité radical-socialiste. Sa liste remporte 22 sièges, avec 70% des 639 suffrages exprimés, une liste conservatrice, conduite par Bocquentin et Barborin, a un élu avec 27%. Martin se présente en candidat isolé et se voit crédité de 284 soit 44,4%.

Lors du scrutin de mai 1896, Vaudémont, très malade, ne se représentant pas, Martin rejoint la liste Voisin qui est élue avec une moyenne de 800 voix pour 918 inscrits, sans concurrents.

Eugène Martin avait investi dans une distillerie, sise rue de Paris, à Joinville. Il meurt en cours de mandat, après près de 23 ans passés au conseil municipal, le 11 février 1900 à Joinville. Il était âgé de 69 ans.

Son fils, René Charles Martin, reprendra l’activité de négociant en vins et distillateur, tentant aussi, sans succès, d’accéder à l’assemblée locale.

La rue de Paris à Joinville

 

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 00:01

[Notice inspirée du Dictionnaire international des militants anarchistes.]

René Louis Émile Martin naît le 4 octobre 1887 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Fanny Berthe Morvan et de son époux, René Alexandre Martin, marin. En août 1912 à Brest. René Louis Martin, à ce moment ouvrier au port et résidant à Lambézellec (act. quartier de Brest) épouse Henriette Yvonne Marianne Callet.

Réformé et pensionné à la suite de la première guerre mondiale, René Martin, résidait rue Turenne à Brest et travaillait à l’arsenal de la ville.

En avril 1920, il est élu au bureau de l’union départementale CGT lors du congrès régional tenu à Carhaix-Plouguer. En octobre, il devient administrateur de la Maison du peuple dont la commission administrative comptait alors 7 anarchistes sur 19 membres. Il est membre des jeunesses syndicalistes et du groupe libertaire reconstitué en janvier 1921 par J. Le Gall. Martin adhéra à la CGTU, après le congrès régional de Landernau en avril 1922 et devint secrétaire de l’union locale. Dans le Syndicaliste du Finistère (août 1922), il justifia son adhésion par ce qu’il appelait « la trahison » de la majorité confédérale de la CGT pendant la guerre et rappela que « les partis politiques, communistes ou autres, doivent foutre la paix au syndicalisme ».

Cette même année 1922, Martin signe un article collectif intitulé « Plus que jamais vive Cottin », en référence à la tentative d’attentat contre Clémenceau de ce dernier. Il fut condamné à trois mois de prison avec Pierre Gouzien, Louis Marchand et Pierre Camblan. En mai 1923, Martin fut avec Gouzien et Quemerais l’un des délégués anarchistes au congrès de fondation de l’Union régionale unitaire dont Quelerais sera nommé secrétaire. Les 22-23 juillet 1923, avec Texier et Tircor, au comité confédéral national de la CGTU, il dénonça le rôle des Commissions syndicales obligeant tout syndiqué du parti communiste à appliquer la ligne du parti.

Martin était membre du Comité de défense sociale et secrétaire du Comité Sacco-Vanzetti qui organisa le 19 octobre 1921 un meeting de solidarité où prirent la parole Fister de l’union anarchiste et J. Le Gall du groupe de Brest et à l’issue duquel, un cortège se forma, se dirigea vers le Consulat des États-Unis dont les vitres furent brisées à coups de pierres.

Á l’été 1922, lors d’un meeting de soutien aux grévistes du Havre, il avait déclaré « Dans l’avenir, il faudra pouvoir descendre autant de policiers et de gendarmes qu’il y aura de victimes ouvrières ». Cette même année il participa avec L. Guérineau, C. Journet, Boudoux et G. Bastien à l’enquête sur ‘e fonctionnarisme syndical » publiée par La Revue anarchiste de Sébastien Faure.

Le 6 juillet 1923 il participait à la fondation du Comité de vigilance et d’action contre les menées fascistes d’Action française et autres groupes réactionnaires, où il représentait la CGTU ; le bureau comprenait six anarchistes et quatre communistes. Il semble qu’il ait été le secrétaire du syndicat unitaire du bâtiment et diffusait le quotidien Le Libertaire, auquel il collaborait, avec une carte de colporteur. En novembre 1923 il participait au 2e congrès national CGTU de Bourges, qui vit la prise en main par le parti communiste sur le syndicat. Au congrès de 1924, après s’être opposé vainement à ce contrôle, il quittait la CGTU et adhérait à l’autonomie. Secrétaire de la Bourse du travail autonome de Brest, il fut perquisitionné à de nombreuses reprises en particulier en juillet 1925 où la police saisit de nombreux journaux et tracts. En 1927, il réintégra la CGT.

Secrétaire du groupe anarchiste de Brest et partisan de la Plate-forme dite d’Archinov, il fut l’un des rédacteurs et l’administrateur du journal Le Flambeau (Brest, 80 numéros 1927-1934) dont le gérant était J. Treguer et qui en 1929 tirait à 3.500 exemplaires et comptait 400 abonnés. Le 9 mars 1928, suite à un article paru dans le journal et sur plainte de l’évêque, il fut condamné par le Tribunal correctionnel de Brest à 100 fr. d’amende et à 3000 fr. de dommages et intérêts qu’il ne put payer et fut emprisonné pour un an pour contrainte par corps. De la prison, il refusa que ses compagnons se cotisent pour payer les dommages et intérêts. Suite à plusieurs interventions, dont celle de la Ligue des droits de l’Homme, il fut libéré le 4 décembre 1928. Puis Martin fut le responsable de l’édition de l’ouest de Terre Libre (Brest, 1934) et collabora à l’édition parisienne de ce journal publiée par Marchal et Planche (1936-1937) et à l’édition nîmoise publiée par A. Prudhommeaux (1937-1939).

Mi-octobre 1931, Martin fut délégué de Brest au congrès de l’Union Anarchiste à Toulouse, et participa également au congrès tenu à Paris en octobre et novembre 1937. Il collabora pendant les années 1930 au journal Le Libertaire ainsi qu’à l’organe pacifiste La patrie humaine (Paris, 1931-1939). Pendant la guerre d’Espagne il fut responsable avec R. Lochu du Comité pour l’Espagne libre puis de la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) de Brest. En 1937 il accompagna P. Odéon à la Colonie Ascaso de Llansa, visite à la suite de laquelle il écrivit « Sauvez les gosses » (Le Libertaire, 18/03/1937).

En 1940 Martin quittait Brest et s’installait à Asnières où il rejoignit sans doute sa fille qui en 1937 avait épousé Maurice Laisant.

Selon Jean Maitron, René Martin aurait pendant la seconde guerre mondiale rejoint le Parti populaire Français (PPF) de Jacques Doriot (extrême-droite)

Martin est l’auteur d’une pièce de théâtre, La Tyrannie des Prêtres (Retour des Bancs), publiée en 1927. Elle a été jouée à plusieurs reprises dans des manifestations anticléricales.

René Martin est décédé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le 13 décembre 1964. Il était âgé de 77 ans.

 

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