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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie de René Martin

René Charles Martin naît le 27 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maxence Berthe Martin et d’Eugène Martin, négociant en vins, qui est en même temps son oncle et son époux. Entre 1870 et 1900, Eugène Martin sera conseiller municipal de Joinville pendant 23 ans, se positionnant au centre-droit.

Si les opinions de Martin semblent résolument conservatrices, sa première intervention publique connue se fait dans un hebdomadaire radical-socialiste, Voix des communes, qui critiqua parfois vertement son père. Le 26 juin 1897, il fait publier un article sur « Le privilège de la Banque de France », qu’il critique. Son argumentation tortueuse laisse entendre que les élus de l’extrême-gauche parlementaire (socialistes et la tendance progressiste des radicaux-socialistes), en s’opposant à l’élection de banquiers à la chambre des députés, favoriseraient les actionnaires privés de la Banque de France, dont ils conforteraient ainsi le privilège : « Le voilà bien le mouvement social, le voilà bien. Il marche à pas de géant, d’un géant, hélas !... qui serait écrevisse. »

Dans le numéro suivant, le directeur du journal, Gaston Meynet, ancien maire d’Alfortville, réagit après avoir compris que la personne visée était en fait Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre Alfortville et Joinville notamment. Meynet assure que, trompé par la critique de la Banque de France, le texte avait « échappé à [son] contrôle habituel ». Il rectifie les propos de Baulard, qui voulait « que la Chambre fût uniquement composée de gens honnêtes et fermement attachés aux principes de la démocratie ».

Le 10 juillet, René Martin réplique que « Le peuple, plus éclairé, ne se laissera plus prendre au piège de vos pompeuses banalités ». Meynet conclut : « on ne saurait (…) avouer plus clairement que ne l’a fait M. René Martin ses tendances réactionnaires et l’intention bien arrêtée de placer, au mépris de la vérité et des plus simples convenances, une plaisanterie de fort mauvais goût contre un homme digne de respect. »

Engagé volontaire pour trois ans dans l’armée, servant au 82e régiment d’infanterie à partir de novembre 1897, il quitte cependant le service dès septembre 1898, en tant qu’élève diplômé des Hautes études commerciales (HEC), où il avait été admis en 1894. Il a le grade de caporal. Dans la réserve, il devient sergent en avril 1899, sous-lieutenant en juillet 1901 puis officier d'administration de 3e classe dans l’intendance en février 1906 et officier d'administration de 2e classe dans les subsistances en avril 1908.

Martin, qui a repris l’activité de distillateur de son père et dispose d’une évidente aisance, acquiert en juin 1900 le célèbre restaurant d’Honoré Jullien sur l’île Fanac, à Joinville, ainsi qu’un hôtel rue des Corbeaux (act. av. des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Il investit, avec un autre distillateur joinvillais et conseiller municipal radical-socialiste, Henri Diot, dans la sucrerie de Baron, dans l’Oise. Avec Schérer, il fait partie en 1911-1913 des trois associés de cette raffinerie.

A suivre

La sucrerie de Baron, Oise

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 00:01

François Constant Martin naît le 27 octobre 1842 à Vignot, dans la Meuse. Il est le fils de Françoise Level et de son mari, Sébastien Rémy Martin, tisserand.

Exerçant la profession de carrier, mais également cultivateur dans son village, Constant Martin épouse en décembre 1863 à Vignot Justine George, fille d’un garde-champêtre. Leur fille Alice Juliette Martin naît dans la commune en août 1870.

Au mariage de celle-ci, en mars 1893 à Paris (10e arr.), ils vivent dans cet arrondissement, passage Delessert et Constant Martin est terrassier.

Au début du 20e siècle, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.

En 1905, Constant Martin adhère à la Société française pour la propagation de l'espéranto. Plusieurs personnalités ont défendu, à Joinville, le développement de langues internationales. Le journaliste Henry Vaudémont s’engagea entre 1885 et 1889 pour le Volapük, dans laquelle il voyait une intéressante façon d’échanger, notamment en matière scientifique. L’ingénieur anarchiste Jules Vallety, dit Charles Papillon, réside dans le quartier voisin de Palissy. Il adhère également la même année à cette société ; Papillon défendra ensuite l’Ido, version modifiée de l'espéranto.

François Constant Martin meurt le 3 août 1921 à Joinville, où il est déclaré comme journalier. Il était âgé de 78 ans.

Son petit-fils Henri Fraissange (1899-1966), électricien puis employé de commerce, fut sans succès candidat sur la liste radicale-socialiste aux élections municipales de Joinville-le-Pont en mai 1935 puis maire du village de Cérilly dans l’Yonne (1951-1953).

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Léon Martin naît le 22 avril 1878 à Villabé (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Léontine Louise Villéger et d’Édouard Olivier Martin, maçon son époux.

Ses parents décèdent avant sa majorité et Édouard Martin vit chez sa grand-mère à Essonnes (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il devient employé de mairie et se marie, en décembre 1901 à Corbeil avec Catherine Léontine Greiner.

Ajourné à deux reprises pour sa faiblesse physique, il effectue un service militaire en 1902. Il s’installe ensuite à Paris (19e arr.), d’abord rue de Flandre puis rue de Nantes.

En 1909, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il vit dans le quartier de Polangis, avenue Bourguignon et ensuite avenue de l’Île.

Dans la commune, Édouard Martin devient vice-président de la Mutualité scolaire, une des principales structures sociales locales. Elle est alors présidée par Alphonse Depasse, dit Depasse-Laridan, fabricant de bonneterie et responsable d’organisations professionnelles.

Pendant la première guerre mondiale, qu’Édouard Martin débute dans les services auxiliaires, il est reclassé ensuite comme apte au service armé et rejoint le 34e régiment territorial d’infanterie en avril 1915. Il devient brigadier en septembre 1918.

Édouard Léon Martin meurt le 1er janvier 1919 à Bouillon (province de Luxembourg, Belgique), où il venait d’être admis dans l’ambulance 4/6. Il est déclaré mort des suites de maladie contractée en service et est inhumé dans l’ossuaire de Bouillon, tombe 1.

Le décès de Martin a été transcrit sur l’état-civil de Joinville en mars 1921. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune sous la forme : Martin E. Son fils René est « adopté par la Nation » en octobre 1919.

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 00:01

Eugène Martin naît le 17 juin 1830 à Saint-Sulpice-les-Champs (Creuse). Il est le fils de Françoise Batherosse et de son mari Joseph Martin, qui résident dans le village de Chansard.

Résidant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Eugène Martin participe en février 1862, parmi 28 habitués du café Émile Gosset à Joinville, à une souscription pour les ouvriers de Lyon et de Saint-Étienne. Plusieurs personnalités locales y contribuent, comme Gosset, alors conseiller municipal, son frère Prince Amédée, conseiller municipal de la commune voisine de Saint-Maurice, Pierre Arnoult, marchand de nouveautés et Firmin Victor Cadot, eux aussi élus de Joinville, un célèbre tapissier-décorateur, Jean Marie Belloir, l’architecte Camus, le restaurateur Eugène Napoléon Rozier, etc.

Devenu négociant en vins, Eugène Martin obtient par décret impérial en janvier 1868 le droit d’épouser sa nièce et il se maire à Joinville en juin 1868 avec Maxence Berthe Martin, fille de son frère Jean Baptiste.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, alors que la République vient d’être proclamée le 4 septembre, des élections municipales sont organisées. Le conseil municipal de Joinville comprend 16 membres ; Eugène Martin est élu, le maire, reconduit étant le conservateur Auguste Courtin et son adjoint étant Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste.

Pendant le siège de Paris, en décembre 1870, les habitants de la commune de Joinville sont évacués, le conseil municipal siégeant à Paris, d’abord rue du Bac puis boulevard Voltaire, tandis que le pont reliant les deux rives de la Marne est détruit et que les combats font près de 2000 morts, essentiellement militaires.

Après la défaite française, fin janvier 1871 et jusqu’en septembre, la commune est occupée par 3 000 soldats allemands (Wurtembourgeois et Bavarois) avec un état-major général de brigade et 250 chevaux.

C’est sous l’occupation qu’un nouveau scrutin est organisé, en juillet 1871. 13 des 16 sortants, dont Martin, le maire et son adjoint, sont réélus. Ils le sont de nouveau, en novembre 1874. La démission de Courtin en 1876 provoque son remplacement par Rousseau. Cependant, ce dernier est battu en janvier 1878 par une liste républicaine, conduite par Gabriel Pinson, descendant de trois anciens maires de la commune.

Martin ne siège pas dans le nouveau conseil. Il revient par contre dans l’assemblée locale en janvier 1881, lors d’un scrutin qui voit une large victoire de la liste républicaine de Pinson. Il est de nouveau réélu en mai 1884 puis, dès le premier tour, en mai 1888. Cette année-là, la liste Pinson est opposée à une liste radicale-socialiste, qui obtient trois sièges. Martin recueille 306 voix, soit environ 56% des suffrages.

L’activité de commerce de vins vaut à Martin quelques ennuis. En 1885, il est accusé d’avoir oublié de payer les droits d’octroi et doit payer une amende Le journaliste Henry Vaudémont. lui demande de démissionner dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes. En août 1891 est condamné à 50 francs d’amende pour « tromperie sur la marchandise ». Il avait vendu du vieux kirsch avec une mention « de fantaisie » peu lisible, mais le breuvage n’était ni vieux, ni du kirsch. Vaudémont toujours s’émeut de cette situation : « La faute de l’un (simple particulier) ne saurait excuser la faute de l’autre, conseiller municipal. (…) Qu’il démissionne, qu’il rentre sous sa tente… »

La tension entre les deux hommes monte. Vaudémont, qui est également conseiller municipal, déclare que « quoiqu’il arrive lors de prochaines élections, je ne saurai consentir à figurer sur une liste où sera porté M. Martin ». De fait, Eugène Voisin, l’ancien adjoint étant devenu maire en remplacement de Pinson, il se présente en mai 1892 avec le soutien du comité radical-socialiste. Sa liste remporte 22 sièges, avec 70% des 639 suffrages exprimés, une liste conservatrice, conduite par Bocquentin et Barborin, a un élu avec 27%. Martin se présente en candidat isolé et se voit crédité de 284 soit 44,4%.

Lors du scrutin de mai 1896, Vaudémont, très malade, ne se représentant pas, Martin rejoint la liste Voisin qui est élue avec une moyenne de 800 voix pour 918 inscrits, sans concurrents.

Eugène Martin avait investi dans une distillerie, sise rue de Paris, à Joinville. Il meurt en cours de mandat, après près de 23 ans passés au conseil municipal, le 11 février 1900 à Joinville. Il était âgé de 69 ans.

Son fils, René Charles Martin, reprendra l’activité de négociant en vins et distillateur, tentant aussi, sans succès, d’accéder à l’assemblée locale.

La rue de Paris à Joinville

 

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 00:01

[Notice inspirée du Dictionnaire international des militants anarchistes.]

René Louis Émile Martin naît le 4 octobre 1887 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Fanny Berthe Morvan et de son époux, René Alexandre Martin, marin. En août 1912 à Brest. René Louis Martin, à ce moment ouvrier au port et résidant à Lambézellec (act. quartier de Brest) épouse Henriette Yvonne Marianne Callet.

Réformé et pensionné à la suite de la première guerre mondiale, René Martin, résidait rue Turenne à Brest et travaillait à l’arsenal de la ville.

En avril 1920, il est élu au bureau de l’union départementale CGT lors du congrès régional tenu à Carhaix-Plouguer. En octobre, il devient administrateur de la Maison du peuple dont la commission administrative comptait alors 7 anarchistes sur 19 membres. Il est membre des jeunesses syndicalistes et du groupe libertaire reconstitué en janvier 1921 par J. Le Gall. Martin adhéra à la CGTU, après le congrès régional de Landernau en avril 1922 et devint secrétaire de l’union locale. Dans le Syndicaliste du Finistère (août 1922), il justifia son adhésion par ce qu’il appelait « la trahison » de la majorité confédérale de la CGT pendant la guerre et rappela que « les partis politiques, communistes ou autres, doivent foutre la paix au syndicalisme ».

Cette même année 1922, Martin signe un article collectif intitulé « Plus que jamais vive Cottin », en référence à la tentative d’attentat contre Clémenceau de ce dernier. Il fut condamné à trois mois de prison avec Pierre Gouzien, Louis Marchand et Pierre Camblan. En mai 1923, Martin fut avec Gouzien et Quemerais l’un des délégués anarchistes au congrès de fondation de l’Union régionale unitaire dont Quelerais sera nommé secrétaire. Les 22-23 juillet 1923, avec Texier et Tircor, au comité confédéral national de la CGTU, il dénonça le rôle des Commissions syndicales obligeant tout syndiqué du parti communiste à appliquer la ligne du parti.

Martin était membre du Comité de défense sociale et secrétaire du Comité Sacco-Vanzetti qui organisa le 19 octobre 1921 un meeting de solidarité où prirent la parole Fister de l’union anarchiste et J. Le Gall du groupe de Brest et à l’issue duquel, un cortège se forma, se dirigea vers le Consulat des États-Unis dont les vitres furent brisées à coups de pierres.

Á l’été 1922, lors d’un meeting de soutien aux grévistes du Havre, il avait déclaré « Dans l’avenir, il faudra pouvoir descendre autant de policiers et de gendarmes qu’il y aura de victimes ouvrières ». Cette même année il participa avec L. Guérineau, C. Journet, Boudoux et G. Bastien à l’enquête sur ‘e fonctionnarisme syndical » publiée par La Revue anarchiste de Sébastien Faure.

Le 6 juillet 1923 il participait à la fondation du Comité de vigilance et d’action contre les menées fascistes d’Action française et autres groupes réactionnaires, où il représentait la CGTU ; le bureau comprenait six anarchistes et quatre communistes. Il semble qu’il ait été le secrétaire du syndicat unitaire du bâtiment et diffusait le quotidien Le Libertaire, auquel il collaborait, avec une carte de colporteur. En novembre 1923 il participait au 2e congrès national CGTU de Bourges, qui vit la prise en main par le parti communiste sur le syndicat. Au congrès de 1924, après s’être opposé vainement à ce contrôle, il quittait la CGTU et adhérait à l’autonomie. Secrétaire de la Bourse du travail autonome de Brest, il fut perquisitionné à de nombreuses reprises en particulier en juillet 1925 où la police saisit de nombreux journaux et tracts. En 1927, il réintégra la CGT.

Secrétaire du groupe anarchiste de Brest et partisan de la Plate-forme dite d’Archinov, il fut l’un des rédacteurs et l’administrateur du journal Le Flambeau (Brest, 80 numéros 1927-1934) dont le gérant était J. Treguer et qui en 1929 tirait à 3.500 exemplaires et comptait 400 abonnés. Le 9 mars 1928, suite à un article paru dans le journal et sur plainte de l’évêque, il fut condamné par le Tribunal correctionnel de Brest à 100 fr. d’amende et à 3000 fr. de dommages et intérêts qu’il ne put payer et fut emprisonné pour un an pour contrainte par corps. De la prison, il refusa que ses compagnons se cotisent pour payer les dommages et intérêts. Suite à plusieurs interventions, dont celle de la Ligue des droits de l’Homme, il fut libéré le 4 décembre 1928. Puis Martin fut le responsable de l’édition de l’ouest de Terre Libre (Brest, 1934) et collabora à l’édition parisienne de ce journal publiée par Marchal et Planche (1936-1937) et à l’édition nîmoise publiée par A. Prudhommeaux (1937-1939).

Mi-octobre 1931, Martin fut délégué de Brest au congrès de l’Union Anarchiste à Toulouse, et participa également au congrès tenu à Paris en octobre et novembre 1937. Il collabora pendant les années 1930 au journal Le Libertaire ainsi qu’à l’organe pacifiste La patrie humaine (Paris, 1931-1939). Pendant la guerre d’Espagne il fut responsable avec R. Lochu du Comité pour l’Espagne libre puis de la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) de Brest. En 1937 il accompagna P. Odéon à la Colonie Ascaso de Llansa, visite à la suite de laquelle il écrivit « Sauvez les gosses » (Le Libertaire, 18/03/1937).

En 1940 Martin quittait Brest et s’installait à Asnières où il rejoignit sans doute sa fille qui en 1937 avait épousé Maurice Laisant.

Selon Jean Maitron, René Martin aurait pendant la seconde guerre mondiale rejoint le Parti populaire Français (PPF) de Jacques Doriot (extrême-droite)

Martin est l’auteur d’une pièce de théâtre, La Tyrannie des Prêtres (Retour des Bancs), publiée en 1927. Elle a été jouée à plusieurs reprises dans des manifestations anticléricales.

René Martin est décédé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le 13 décembre 1964. Il était âgé de 77 ans.

 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 00:01

 

Roland Louis Martin naît le 13 décembre 1925 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Aline Lebel et de son mari Eugène Louis Martin, mécanicien tourneur.

Ils vivent route de Joinville (act. av. Roger-Salengro). Le père meut en décembre 1930 et Roland est alors élevé par sa mère et sa grand-mère maternelle.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Roland Martin rejoint la Résistance à l’occupation nazie et est membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Le 20 août, le comité de libération de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune voisine de Champigny, sort de la clandestinité et occupe la mairie. Le 22 les FFI, les FTP et les cheminots résistants dressent des barricades sur le pont de Joinville et rue Chapsal, à l'entrée de la commune. Le 25 août, alors que Paris est déjà libéré, une violente bataille s'engage à Joinville.

Au début de l'après-midi, une unité allemande, repliée sur le fort de Champigny, veut détruire la barricade de la rue Chapsal défendue par des volontaires, venus des communes voisines. Elle entend faire sauter le pont pour protéger sa retraite et ralentir la progression des alliés.

Des barricades s'élèvent rue de Paris. Des renforts FFI viennent de Nogent, de Saint-Maur, de Saint-Maurice et de Champigny tandis que les Allemands ripostent à la mitrailleuse lourde et au canon. La bataille pour le pont de Joinville fait rage tout l'après-midi. Vers 19 h, un char américain venu de la gare reçoit la reddition des soldats allemands.

Au soir du combat, on relève une quinzaine de morts, et de nombreux blessés dont quatre mourront ensuite. Roland Martin tombe les armes à la main face aux Allemands à la hauteur du 48, avenue Gallieni. Des plaques commémoratives apposées en différents sites de Joinville rappellent le souvenir des 19 disparus : Georges Arkhangeslsky, Joseph Belbéoch, Gaston Belny, Eugène Bonnard, Alexandre Buchou, Jules Charon dit Siki, Marie Chevrier, Pierre Demont, Jean Dewilde, Eugène Dumont, Émile Dupuis, Juliette Josselin Demarcy, Marcel Fournier, Pierre Metz, Émile Pilz, Cyrille Poitevin, Georges Tabouret et Jean Viacroze.

Le lundi 28 août les obsèques des victimes sont célébrées solennellement, en présence d'une foule considérable.

La mention « Mort pour la France » est apposée sur l’état-civil.

Le nom de Roland Martin a été donné à une rue de Champigny-sur-Marne. Son nom figure également sur le monument aux morts de Champigny et sur une plaque apposée à Joinville près du lieu de sa mort, 48 bis, avenue Galliéni.

Rue Roland-Martin et plaque apposée à Joinville

 

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 00:01

George Louis Martin, dit Dink, nait en 1915 en Alabama, États-Unis. Il est technicien de réseau téléphonique et réside dans cet État dans le comté de Calhoun.

En octobre 1941, il s’engage dans l’armée américaine à Fort Mc Clellan (Alabama). Son instructrice est Teresa D. James, une des pionnières de l’aviation, qu’il épouse sans doute en 1942.

Avec le grade de second lieutenant, Martin est affecté au 96e groupe de bombardiers de l’armée de l’air américaine (USA-AF 96th Bomb Group). Il est engagé dans les opérations en Europe, basé à Snetterton Heath, terrain de la Royal Air Force à Attleborough, dans le comté de Norfolk (Angleterre).

Avec son groupe de dix personnes, il mène une opération sur Gennevilliers (Seine, act. Hauts-de-Seine), site qui compte de nombreuses usines et le principal port de Paris, le 22 juin 1944. Au retour du bombardement, l'avion Boeing B17 qui se dirigeait alors vers l'est est touché par la DCA allemande, installée à la Redoute de Gravelle, dans le Bois de Vincennes. L'avion s'écrase au 26, avenue de l'Ile (act. av. d'Estienne-d'Orves) à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Certains aviateurs sautent en parachute et on retrouve un survivant, Joseph A. Duch, à côté de l'hôpital de Créteil.

Par contre, les neuf autres meurent, certains restant accrochés aux arbres avec leurs parachutes. Ce sont Carl Edwin Carlson, Robert Edinger, Michael George Laytar, William Allen Macdonald, George Louis Martin, Raymond Walter Pickett, Joseph Andrew Puspoki, Gem Lee Wong et James Harold Wright.

La zone est isolée par la Gestapo immédiatement après la chute de l’avion.

Comme ses camarades de combat, George Dink Martin, est inhumé dans le cimetière national de Jefferson Barracks, à Lemay, comté de Saint-Louis, Missouri (États-Unis) le 3 avril 1950. Une plaque est apposée au nom des victimes.

Une plaque commémore la chute de l’avion dans le quartier de Polangis. Une autre plaque est installée dans la mairie de Joinville-le-Pont ; elle a été inaugurée en 1984, en présence de Teresa James, veuve de George Dink Martin.

 

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2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 00:01

Joseph Lewin (ou Levin) est né le 22 août 1926 à Vilno (Lituanie). Il est le fils de Sarah (ou Sara) Gordon et de son mari, Israël Lewin.

Il émigre ensuite en France, où son père est marchand forain. Pendant la deuxième guerre mondiale, la famille Lewin vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, 8, rue de Paris.

Joseph Lewin est interné au camp de Pithiviers (Loiret), où il est dans la baraque n° 15. Il quitte Pithiviers pour le camp de concentration d'Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) par le convoi n°35 du 21 septembre 1942.

Son père avait été déporté depuis Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis) le 22 juin par le convoi n° 2. Sa mère fait partie du même convoi que lui.

Il est présumé disparu à son arrivée dans le camp d'Auschwitz, le 23 septembre 1942. Il avait alors 16 ans.

Le convoi comportait 1 000 déportés dont 169 enfants ; 791 personnes sont gazées à l’arrivée au camp. Il y a 23 survivants en 1945.

Le nom de Joseph Lewin figure sur le Mur des Noms élevé dans le Mémorial de la Shoah à Paris (dalle n° 65, colonne n° 22, rangée n° 2). Il est également inscrit sur une plaque apposée en mairie de Joinville-le-Pont en 2019.

 

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 01:01

 

Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.

Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.

Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.

Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).

La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.

Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.

La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.

 

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 01:01

Madeleine Marie Trayaud naît le 16 novembre 1908 à Paris (14e arr.). Elle est la fille d’Amélie Eugénie Duteyrat, couturière et de son époux Louis Trayaud, tailleur de pierres, tous deux originaires de la Creuse.

Elle épouse en février en 1930 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) Alexandre Legay, maçon, natif également du Limousin.

Les époux Legay s’installent avenue du Bac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, en compagnie de la mère de Madeleine, Amélie Trayaud, devenue veuve fin 1930. Ils donnent naissance à une fille.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Madeleine Legay, tout comme son époux, s’engage dans la Résistance à l’occupation nazie en France. Sa participation à la lutte de libération est ensuite homologuée au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Sa mère, résistante également, et son mari entrent dans la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville à la Libération en septembre 1944. Présidée par Robert Deloche, qui devient maire communiste de la ville, Amélie Trayaud deviendra maire elle-même, avec l’étiquette du PCF, après la démission de Deloche en 1953. Ce fut une des premières femmes à exercer cette fonction, toutefois pour une très courte durée (deux mois).

Madeleine Trayaud meurt le 5 janvier 1969 à Créteil (Val-de-Marne). Elle résidait toujours à Joinville et était âgée de 60 ans.

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