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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 00:01

Paul Alexandre Joseph Quesnel naît le 7 avril 1879 à Lisieux (Calvados). Il est le fils de Maria Philomène Poulain et de son mari, Jean Alexandre Quesnel, huissier.

En 1900, Paul Quesnel vit à Troyes où il est employé de commerce. Il est définitivement réformé pour tuberculose en 1902 et n’effectue pas son service militaire.

Il s’installe ensuite à Paris (2e arr.) où il est chapelier et vit rue Saint-Denis, et épouse en septembre 1904 dans cet arrondissement Marie Louise Raphaëlle Lablée, couturière, originaire d’Orléans. Ils s’installent rue du Caire (2e arr.). Son épouse meurt en janvier 1906, deux semaines après avoir donné naissance à une fille, qui mourra à son tour en septembre la même année.

Après avoir vécu à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), Paul Quesnel revient à Paris (6e arr.), rue Monsieur-le-Prince, où il se remarie en octobre 1910 avec Marie Eugénie Élise Surville, native de Lisieux. Ils déménagent dans le 15e arrondissement, boulevard de Grenelle.

Au cours de la première guerre mondiale, Paul Quesnel n’est pas mobilisé immédiatement. Il est cependant appelé en mars 1915, classé pour exercer en service auxiliaire dans le 20e régiment territorial d’infanterie, nommé caporal fourrier en mars 1916 puis affecté en août la même année à l’état-major du régiment comme secrétaire. En août, il rejoint le 4e escadron du train des équipages, où il sert dans le service automobile ; il disposait d’un permis de conduire. Il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, la famille Quesnel vit dans différentes localités du Calvados : Broglie, Notre-Dame-du-Hamel, Bernay et Trouville. Dans ce port, peut-être est-ce lui le rédacteur en chef et gérant de l’hebdomadaire local, de tendance radicale, Le Progrès du Littoral. Paul Quesnel, âgé de 48 ans, est mentionné comme responsable légal en 1927.

En 1933, son fils, Roger, s’est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Eugénie et Paul Quesnel y ont également emménagé, dans le quartier de Polangis, quai d’Anjou.

À l’occasion d’élections municipales partielles organisées en octobre 1934 à Joinville, Paul Quesnel est candidat sur la liste du parti socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Elle s’oppose à deux listes diverses, comprenant l’une comme l’autre des radicaux-socialistes, et à une liste communiste. Distancée de 5 voix par les communistes, la SFIO se retire avant le second tour et les soutient. C’est cependant la liste de Concentration républicaine (divers droite) qui emporte les dix sièges à pourvoir. Quesnel avait obtenu 401 voix, soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Quesnel est de nouveau présent, en huitième position, Derivière conduisant de nouveaux les socialistes. Il se déclare en tant que métreur. Les socialistes arrivent en quatrième position avec 12,3%, cette fois derrière une liste de droite de l’Union républicaine, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches et les communistes. Quesnel reçoit 353 votes, soit 12,4% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, derrière le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher, et Quesnel figure sur la liste d’union. Celle-ci, avec 36,6% des voix a deux élus, communistes, tandis que la droite, avec 39,8%, emporte les vingt-cinq autres sièges. Les radicaux-socialistes de la majorité sortante sont battus et le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Lors de ce second tour, Quesnel avait eu 981 votes, soit 33,8% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants.

En 1936, Paul Quesnel signale lors du recensement dans sa ville qu’il est représentant. Il est alors âgé de 57 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Trouville, le quai de Joinville

 

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29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 00:01

Armand Alexandre Julien Bureau naît le 13 mars 1878 à Curzon (Vendée). Il est le fils d’Armance Chateneau et de son mari Gustave Bureau, boulanger.

Venu avec ses parents à Levallois-Perret, rue Chaptal (Seine, act. Hauts-de-Seine), il est condamné en novembre 1897 à trois mois de prison avec sursis pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Cette peine est amnistiée en 1919. Il travaille comme ébéniste.

Convoqué en 1898 pour le service militaire, il est ajourné pour faiblesse. Il intègre en novembre 1900 le 69e régiment d’infanterie, est nommé caporal en septembre 1901 et démobilisé le même mois l’année suivante. Il effectue une période de réserve en 1905 mais, convoqué à nouveau en 1908, il ne s’y rend pas et est déclaré insoumis en octobre 1908. Il se présente de lui-même à la gendarmerie en janvier 1909 et sa bonne foi est admise.

N’ayant pas, une fois encore, répondu à une convocation en décembre 1912, il est inscrit sur les registres d’insoumission, arrêté en février 1913 et condamné, par le conseil de guerre, à six jours de prison.

Mobilisé en août 1914 pendant la première guerre mondiale, Armand Bureau est affecté au 19e régiment territorial d’infanterie. En mars 1916, il est écarté du service armé pour « débilité » et détaché à la direction du génie à Amiens (Somme). Il rejoint en août 1917 le 1er groupe d’aviation à linsoumis, dans le même département. Il est démobilisé en février 1919.

Pendant son séjour en Picardie, Armand Bureau épouse en juin 1916 à Abbeville Georgina Armande Drenthon (nom présumé) qui donne naissance dans cette ville à une fille en novembre 1918. Parmi ses prénoms, elle porte celui de Victoire.

La famille Bureau s’installe en 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, d’abord avenue du Bac puis avenue de l’Île (act. avenues Guy-Môquet et Jean-d’Estienne-d’Orves).

La première mention de l’engagement politique d’Armand Bureau se trouve, en décembre 1928, dans le quotidien Le Populaire qui le cite comme membre de la section de Joinville du parti socialiste SFIO.

Lors des élections municipales de mai 1929, la municipalité sortante présidée par M. Stephen Durande (centre et droite) fait face à deux listes de gauche, celle du parti communiste, et celle du cartel des gauches, qui a le soutien des radicaux-socialistes et de la SFIO, comprenant aussi des socialistes indépendants.

Au premier tour, la liste d’Union nationale des sortants arrive en tête avec 42,6% des suffrages exprimés, devant la Concentration des gauches de Georges Briolay à 35,9% et les communistes de Roger Bénenson à 16%. Au second tour, la liste des gauches emporte vingt-deux des vingt-sept sièges à pourvoir, avec 45,9%, la droite conservant cinq sièges en recueillant 41,6%, tandis que la liste communiste, reculant à 12,5%, n’a pas d’élu.

Armand Bureau faisait partie des six candidats présentés par la SFIO sur la liste commune avec les radicaux et les indépendants. Il obtient au premier tour 730 voix, soit 42,6% des 1 715 votants pour 2 491 inscrits. Il est élu au second tour en compagnie de trois autres socialistes, Georges Roger, François Galabert et Marcel Couillard. Roger est désigné comme adjoint au maire.

Avec notamment Roger et Galabert, Bureau devient administrateur de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont, constitué en 1930. D’importantes dissensions se font jour au sein du conseil municipal, en particulier parmi les socialistes. François Galabert s’oppose, de manière parfois spectaculaire, au maire, en particulier au sujet de son attitude envers les chômeurs. Couillard quitte plus discrètement le conseil. par contre, Roger et Bureau restent fidèles à l’alliance avec les radicaux.

Les luttes à l’intérieur de l’assemblée ayant provoqué plusieurs départs, une élection municipale partielle doit être organisée en octobre 1934. La liste de droite, mais comprenant aussi quelques radicaux, emmenée par Charles Chaussée arrive en tête avec 37,0% tandis que des indépendants, plus proches du maire obtiennent 25,5% ; les socialistes, qui font une liste autonome, se retrouvent, avec 17,6%, légèrement derrière les communistes qui ont 17,8%. Ils se retirent pour le second tour, qui voit la liste de droite remporter les dix sièges avec 59,5% face aux seuls communistes.

Confirmant son engagement auprès du maire sortant, Bureau rejoint le parti radical-socialiste et est, en janvier 1935, secrétaire du comité de Joinville, alors présidé par le miroitier Gabriel Vélard, qui est aussi le président du comité de Front populaire dans la commune.

Lors de la campagne pour les élections municipales de mai 1935, Armand Bureau est également secrétaire du Groupement des gauches républicaines qui, outre les radicaux, regroupe également des indépendants comme Genevay et Roger. Il lance un « appel à l’union pour continuer l’œuvre de bonne administration des élus de 1929 et 1934. »

En présentant son bilan, la liste de Georges Briolay insiste sur les importants travaux d’amélioration et d’embellissement qu’ils auraient réalisé depuis 1929. Elle concède qu’il y a eu une augmentation des impôts locaux, mais l’attribue à une « aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) ». Bureau figure en onzième position sur la liste. Elle défend le programme suivant : assainissement, travaux de viabilité, réfection des trottoirs défectueux, création de squares. Elle souhaite que l’État lance des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Proposant le maintien des allocations communales actuelles, le Groupement des gauches plaide pour la création d’un fonds national de chômage. Voulant créer un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis, la liste des sortants propose également d’agrandir les établissements existants. Elle veut enfin créer une salle des fêtes à la mairie ainsi que des cours de natation et d’aviron gratuits.

Devancée au premier tour par la coalition de droite de l’Union républicaine, qui recueille 32,6% des suffrages exprimés, la liste des Gauches républicaines obtient 26,8%, talonnée par les communistes à 23,5%. Ces derniers fusionnent avec les socialistes SFIO, qui avaient un score de 12,3%. Au second tour, les sortants perdent une grande part de leurs suffrages et n’ont aucun élu, les communistes en ayant deux, tandis que la droite de Léon Lesestre a les vingt-cinq autres. Bureau recueille au premier tour 755 votes sur 2 856 exprimés (26,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il en a 544 sur 2 899 exprimés (18,8%) pour 2 924 votants au second tour.

Depuis avril 1935, Bureau avait été désigné comme administrateur de la caisse des écoles de Joinville.

Armand Bureau meurt le 25 janvier 1941, et son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 62 ans.

L'école militaire de pilotage du Crotoy, dite école Caudron

 

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25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 00:01

Pierre Bureau naît le 2 février 1875 à Saint-Léger-la-Montagne (Haute-Vienne). Il est l’aîné des neuf enfants vivants de Jeanne Meyrat et Léonard Bureau, cultivateurs.

Du fait de l’importance numérique de sa famille, il n’est soumis qu’à une mobilisation d’un an au service militaire, qu’il effectue en 1896-1897 dans un escadron du train des équipages. À sa démobilisation, il s’installe rue des Barres à Paris (4e arr.). Il déménage à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Écoles, en 1900 et est alors contremaître. Il épouse, en mai 1901 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont Alice Marie Anne Noireau, fille d’un entrepreneur de menuiserie. Ils emménagent dans cette commune, au sein du quartier de Polangis, avenue Jamin.

Lors des élections municipales de mai 1908 à Joinville, un candidat nommé Bureau, très probablement Pierre, se présente sur la liste du comité socialiste évolutionniste. Elle a été constituée à l’initiative de quelques radicaux et socialistes dissidents, parmi lesquels Eugène Hainsselin, Théophile Leteuil et François Provin. La liste s’oppose à celle de la majorité sortante, menée par le maire Eugène Voisin, avec le soutien du comité radicale-socialiste, et à une autre, présentée par le parti socialiste SFIO. Les radicaux emportent 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un aux évolutionnistes aux côtés d’un indépendant. Au second tour, Bureau remporte 439 voix pour 1 189 votants (36,9%) et n’est pas élu.

Sur le plan professionnel, Pierre Bureau constitue une entreprise de maçonnerie, basée dans le quartier de Polangis, avenue du Château (act. av. Foch). Un de ses frères, Jules, l’a rejoint. Leur entreprise va connaître des difficultés, qui amènent Pierre Bureau à se déclarer en faillite en août 1911. Il parvient à un concordat avec ses créanciers en janvier 1912, lui permettant de rembourser ses dettes sur sept ans.

Au cours de la première guerre mondiale, Pierre Bureau est mobilisé dans le 4e puis le 20e escadron du train. Il est détaché, en février 1917, dans une fumisterie industrielle à Ivry-sur-Seine, l’entreprise Leterne. Il est ensuite affecté en juillet de la même année au 4e régiment de cuirassiers puis en février 1918 au 6e régiment de dragons. Il est démobilisé en février 1919.

Après le conflit, Pierre Bureau reprend son activité de maçonnerie. Un autre de ses frères, Paul, le rejoint également. Il s’implique également dans la vie associative locale. Il fait ainsi partie de la commission de réorganisation et de propagande constituée pour la reconstitution de l’Union des commerçants et industriels de Joinville en juin 1923. L’union est présidée par Lucien Lavoipierre, couvreur et militant conservateur.

C’est très certainement Pierre Bureau qui est vice-président de l’Union sportive de Joinville (USJ) au moment de sa création en octobre 1919. Elle a pour président Stephen Durande, tapissier et futur maire de la commune. Il en est encore un des responsables en octobre 1925. Il est également, en 1924, vice-président de l’Union amicale de Joinville Champigny, structure présidée par le directeur des usines Pathé, Victor Dosse.

Enfin, Bureau est un des cofondateurs de l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis, toujours avec Dosse notamment.

Pierre Bureau meurt le 22 avril 1948 à Joinville. Il était âgé de 51 ans et père de quatre enfants.

Joinville, le Château de Polangis

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 00:01

François Charles Félix Allard naît le 28 décembre 1840 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Catherine Maubrey et de son mari Pierre Joseph Allard, de nationalité belge et possède donc également à la naissance cette nationalité. Un décret de juillet 1879 donna à Félix Allard un droit de séjour permanent. Il est ultérieurement présenté comme étant de nationalité française.

Exerçant la profession de quincailler à Paris (2e arr.), il épouse Clémence Joséphine Latourte en avril 1868 à Boulogne (act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Sa femme décède en février 1870.

Au début des années 1870, Félix Allard s’est lancé dans la fabrication et la commercialisation de coffres-forts. Il dispose, à Paris, d’une boutique boulevard Saint-Martin puis boulevard Sébastopol et d’une usine, rue de Charonne. Dans ses publicités, il assure que ses coffres étant tout en acier, d’une seule pièce, seraient incombustibles et incrochetables. Il poursuit son activité jusqu’en 1907. Il participe à des expositions à Paris et Lyon en 1872, puis à l’exposition universelle de 1878 à Paris. Par contre, il refuse d’aller à celle de Londres en 1889, parce qu’on ne lui avait réservé qu’un emplacement de 1 m 50 de façade, alors que l'exposition de son coffre-fort principal nécessitait déjà une longueur de 1 m 80. À partir de 1899, il se présente comme ingénieur.

Domicilié à boulevard Saint-Martin à Paris (11e arr.), Félix Allard se remarie en février 1890 dans cet arrondissement avec Marguerite Lamy. Le maire de Nogent-sur-Marne, Charles Pimbel, fait partie des témoins du mariage. Le couple s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue de Paris puis plus tard quai Beaubourg (act. quai du Barrage) puis avenue pauline, dans le quartier de Polangis, avant de revenir rue de Paris.

À côté de son activité industrielle, Allard est propriétaire de plusieurs terrains et immeubles : au Perreux, une vaste villa est mise en vente en août 1891 ; à Joinville, un hôtel-restaurant est cédé en août 1899 ; à Paris (2e arr.), plusieurs immeubles sont exploités rue du Caire vers 1900. Quant à l’activité de fabrication de coffres-forts, Allard l’arrête vers 1907.

La principale forme d’engagement de Félix Allard se situe dans le domaine des organismes à vocation sociale. Il est en 1880 l’un des fondateurs de la Société de protection mutuelle des voyageurs de commerce et en devient le trésorier. Il garde cette fonction pendant trente ans. Le président fondateur est Charles Mallet, suivi par Georges Carton, Victor Bonjean puis Pierre Cachet. Henri Brisson, député et président de la Chambre en est le président d'honneur lors de la constitution de l’association. En 1898, la société a versé des indemnités à 615 malades pour une trentaine de jours chacun en moyenne, apporté des secours aux sociétaires incurables, à leurs veuves ou enfants, finance les funérailles, constitué un fonds de retraite. Elle gère aussi un bureau qui a fourni 87 emplois fixes et 383 à la commission. La situation prospère de la société vaut régulièrement des félicitations à Allard. Il devient trésorier honoraire en décembre 1911 et reste administrateur.

Dans sa commune, Félix Allard préside en 1897-1898 une société d’épargne intitulée La Tirelire de Joinville. Elle place 300 livrets dans la population. Il est également le président fondateur, en 1897 toujours, de la Société amicale des pêcheurs. L’Union amicale de Joinville-Champigny, fondée en 1910, va également compter Allard comme président. Elle organise chaque année des concerts dans le quartier de Polangis.

Après la catastrophe de l'usine de Bi-Métal de Joinville-le-Pont, dont l’explosion d’une chaudière en février 1895 fait quatre morts, Allard organise une quête et présente le compte-rendu de l’utilisation des fonds recueillis en novembre la même année. Il est également membre honoraire de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de la commune.

Dans le domaine politique, Félix Allard manifeste une nette proximité avec les républicains et radicaux-socialistes. En 1883, il participe très activement à la constitution d’un monument à la gloire de Léon Gambetta, opposant républicain au second Empire, membre du gouvernement de la défense nationale en 1870, qui proclame le retour de la République le 4 septembre 1870, et fut, avec le « programme de Belleville » en 1869, l’inspirateur du mouvement radical-socialiste.

Dans la commune de Joinville, Allard est présenté comme étant la seule personne du public assistant au conseil municipal en décembre 1894, à un horaire qui déplaît au journaliste radical membre de ce conseil, Henry Vaudémont, puisqu’il se tient l’après-midi. C’est lui aussi qui demande, et obtient en février 1898, l’affichage analytique des décisions du conseil municipal.

À plusieurs reprises, Allard fait partie des bureaux en charge de l’organisation de réunions publiques de compte-rendu de mandat. C’est le cas pour le conseil municipal de Joinville en avril 1896 et en février 1911 ou pour le député de la circonscription, le radical Jules Ferdinand Baulard en octobre 1896.

On trouve aussi Félix Allard en tant que président du cercle de Joinville en 1916. Ledit cercle est celui « autour du billard duquel les élections municipales ont la réputation de se faire » écrivait, en mai 1891 l’hebdomadaire radical Voix des communes. Une pratique abandonnée en 1892, selon ce journal. Peut-être se réunit-il dans les locaux de la Société nautique de la Marne.

Félix Allard meurt le 23 mai 1923 à Joinville ; il est inhumé à Bry-sur-Marne. Il était âgé de 82 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Félix Allard était décoré des Palmes académiques, officier d’académie depuis janvier 1898 et officier de l’instruction publique depuis novembre 1907. Il avait reçu la médaille d'argent de la prévoyance sociale en décembre 1895 puis la médaille d'or en février 1911.

Coffre-fort Félix Allard, vers 1880

 

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie d’André Biscaldi

Sur le plan politique, André Biscaldi s’affiche de manière particulièrement active en faveur du mouvement royaliste Action française. On retrouve une cinquantaine de fois mention de ses activités entre 1910 et 1938 dans le quotidien éponyme. Lors de réponses aux appels à souscription, il associe souvent dans ses réponses à souscription son épouse, sa fille (même quand elle n’a que quelques jours, puis sa compagne.

Dans les messages envoyés par André Biscaldi au journal royaliste, il y a d’abord la mémoire de son frère, Amédée, évoquée au moins treize fois jusqu’en 1936, cette dernière fois associée à celle de son second frère, Raoul. Les messages sont aussi directement politiques : en juin 1919, il écrit « pour que l’Action française vive, grandisse et assure le salut public ». En octobre 1920, il souhaite que l'Action française écrase, la presse vendue des Téry, et autres fourriers de la Social-Demokraiie et de la Finance anonyme et vagabonde », attaquant ainsi Gustave Téry, fondateur du quotidien L’Œuvre. Il appelle à « venger Marius Plateau », fondateur des Camelots du roi, assassiné en 1923 par une jeune anarchiste, Germaine Berton. Il contribue également en faveur de la veuve et des enfants d'Ernest Berger, trésorier de l'Action française et ancien adjoint de Marius Plateau, également victime en mai 1925 d’une autre anarchiste, Maria Bonnefoy. En 1929, les époux Biscaldi veulent que leur « petite Jeanine ne voie pas une sixième invasion », après celles de la France en 1792, 1814, 1815, 1871 et 1914. Il se prononce en octobre 1932 « Pour le diable Bitru », faisant écho à la polémique contre l’Action française lancée par le journaliste Eugène Gâtebois (alias Flavien Brenier). Biscaldi précise : « Trop petit Coty, ses bourriques et ses pique-assiettes », visant le parfumeur François Coty, propriétaire du quotidien L’Ami du peuple, qui a publié les articles en question.

Certains de ses messages ont une dimension interne. Ainsi, il critique les divisions internes au mouvement en février 1926 : « Ne vous égaillez pas, les gars ».

On retrouve souvent Biscaldi, avec son épouse, aux cérémonies, comme en mars 1927 pour l’anniversaire de la mort du prétendant au trône de France, le duc d'Orléans où, fréquemment le 21 janvier en mémoire de la mort de Louis XVI à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris.

C’est probablement André Biscaldi qui, en décembre 1935 envoie son obole au nom « d’un chômeur et sa famille ». Il envoie un message de sympathie à Charles Maurras, emprisonné fin octobre 1936 pour son rôle dans l’agression qui a visé le chef du parti socialiste SFIO Léon Blum.

Bien qu’il ait résidé dans deux communes qui entourent cette ville, c’est dans la section de Joinville-le-Pont de l’Action française qu’André Biscaldi milite. Il est en nommé vice-président, lors de la constitution officielle de ladite structure, en mai 1926, au côté de Charles Pernot et d’Alfred Masse. Il sert de relais pour la transmission des contributions de cette section au moins jusqu’en 1932.

Peut-être est-ce André Biscaldi qui écrit, dans le mensuel La Réaction, qui se présente comme l’organe royaliste de la banlieue Est, un article documenté sur les élections municipales à Joinville-le-Pont, dans lequel il est pris parti en faveur d’un candidat indépendant, Claude Noizat. Le journal assure ne pas le connaître mais se félicite qu’il « se réclame de l’esprit du 6 février », évoquant les manifestations antiparlementaires de 1934, et ait « affiché des dessins vengeurs du Témoin, de Paul Iribe », dessinateur fétiche de l’extrême-droite. Noizat ne sera pas élu.

Pendant la deuxième guerre mondiale, André Biscaldi devient membre du Parti populaire français (PPF), formation d’inspiration fasciste devenue l’un des deux principaux partis collaborationnistes. Même si Jacques Doriot, son fondateur, était un ancien communiste, une grande partie des membres du PPF était issue de l'extrême-droite. Lors du congrès du PPF en 1942, sur 7 200 membres présents, 420, soit 6%, étaient des anciens de l’Action française. Peut-être est-ce Biscaldi qui organise, en octobre 1942, une rencontre du PPF pour Saint-Maur et Joinville avec comme orateur Jolivet, membre du bureau fédéral.

Avec plusieurs cadres du PPF, dont Jacques Doriot, Biscaldi se réfugie en Allemagne en août 1944, après l’avancée des troupes alliées en France. Le gouvernement nazi a concédé au PPF l'île de Mainau, sur le lac de Constance où ils annoncent la création, en janvier 1945 d’un soi-disant Comité de libération française.

Il rentre en France pour reprendre un emploi dans la compagnie d'assurances Le Soleil. Il est licencié sans indemnité en mars 1948, par arrêté du préfet de la Seine, sur la proposition du Comité régional interprofessionnel d'épuration dans les entreprises. Le motif de son licenciement est qu’il « a, par son adhésion au PPF, favorisé les desseins de l’ennemi et s’est réfugié en août 1944 en Allemagne. »

André Biscaldi meurt le 27 mai 1979 à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle). Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il avait été décoré de la Croix de guerre (1914-1918).

Fin

Une affiche de l'Action française en 1918

 

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie de Marie Louise Iribe

Marie-Louise Iribe, qui fut une actrice du cinéma muet puis, après avoir vaincu ses réticences, du parlant, pionnière de la réalisation et de la production de films, connut des problèmes de santé. En 1929, elle tombe gravement malade à son retour de Londres. L’année suivante, son état de santé oblige à repousser la réalisation du film Le Roi des Aulnes.

L'Atlantide

D’autres soucis personnels vont s’ajouter. Les mariages successifs de Marie-Louise Iribe ne lui ont sans doute apporté que peu de satisfaction. Charles Fontaine, le premier de ses trois maris, l’acteur Charles Fontaine, partit à la guerre quatorze mois après leurs noces pour ne plus en revenir. Le second, également comédien, André Roanne, « se laissa prendre aux charmes andalous de Raquel Meller », chanteuse et actrice espagnole, « puis à la beauté blonde de Dolly Davis », actrice également, selon le journal de Dijon Le Progrès de la Côte-d’Or.

La troisième union ne dura guère plus de temps et finit de manière spectaculaire. Mariés en 1925, Pierre Renoir et Marie-Louise Iribe se quittèrent en 1929 et, à sa demande, le tribunal civil de la Seine prononça la séparation de corps en février 1930. Tandis que lui restait avenue du Président-Wilson, à Paris (16e arr.), elle revint chez sa mère et son beau-père, dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont, où d’ailleurs vivaient ses deux enfants, alors âgés de six et huit ans, après avoir engagée la procédure de divorce.

Le comédien Pierre Renoir était aussi directeur de la Comédie des Champs-Élysées. Il avait reçu de son père, Pierre Auguste, nombre d’œuvres, entreposées dans l’appartement familial. Début avril 1930, il déjeunait dans un restaurant en compagnie de son fils Claude, né d’un premier mariage avec l’actrice Véra Sergine. Rentrant chez lui, il constata que 40 tableaux et 30 dessins avaient disparu.

Pierre Renoir par Pierre Auguste Renoir

Accompagnée de trois messieurs, Marie-Louise Iribe était venue déménager les productions de Pierre Auguste Renoir, sans effraction puisqu’elle disposait toujours de la clé de l’appartement. Ses assistants auraient été le metteur en scène M. Pierre Lestringuez, son beau-frère et Jean Margueritte, critique de cinéma. Sachant bien qu’il n’y a pas de vol entre époux, Pierre Renoir dépose tout de même une plainte contre X, souhaitant faire identifier lesdits complices.

De son côté, Marie-Louise Iribe demande la mise sous séquestre des toiles, qu’elle soupçonnait son mari de vouloir écarter de la communauté avant le prononcé du divorce. Les avocats de Pierre Renoir font valoir que toute la famille de Marie-Louise se serait rangée du côté du premier, en refusant de recevoir le dépôt des œuvres. Cette dernière fait valoir qu’elle avait « de justes raisons de craindre » que son mari ne fît disparaître les toiles. Le juge décida de les confier à un peintre expert, en attendant la solution du divorce, qui sera finalement jugé en janvier 1933. La collection de cent tableaux de Renoir n’est pas vendue, comme l’aurait souhaité Marie-Louise Iribe, mais partagée entre les deux anciens époux.

Marie Louise Iribe meurt le 12 avril 1934 à Paris (16e arr.). Elle résidait avenue Montaigne et était âgée de 39 ans. Deux enfants étaient nés de son second mariage avec André Roanne, Anne Marie et Jean Rahou. Elle est enterrée, comme son oncle Paul Iribe, au cimetière de Barbizon (Seine-et-Marne), commune où résidaient sa mère, son beau-père et ses enfants.

Fin

Marie Louise Iribe, vers 1930

 

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie de Marie Louise Iribe

L’irruption du son dans le cinéma provoque d’importants débats parmi les professionnels. Marie-Louise Iribe donne son point de vue dans le quotidien culturel Comœdia en juillet 1929 : « J’ai, pour ma part, une certaine inclination pour le cinématographe qui se contente d'images muettes noires et blanches (…) Les meilleurs films que je connaisse; je ne peux pas les imaginer parlé. Charlie Chaplin bavard m'assassinerait le cher silencieux Chariot. »

Quelques mois plus tard, elle change cependant d’avis et sonorise le nouveau film qu’elle produit et réalise tout en y jouant, Le Roi des aulnes, d’après la ballade de Goethe et le lied de Schubert. Elle s’explique dans l’organe populaire L'Ami du peuple en octobre 1930 : « J’avoue que l’assassinat si inopinément perpétré du film muet m’avait assez violemment peinée et indignée. J’avais cru en cet art nouveau basé sur l’expression pure et qui trouvait dans le silence — dans la musique du silence — sa plus haute signification. (…) Peu à peu m’apparut la possibilité de concilier ce qui tout d’abord m’avait semblé inconciliable : mon goût passionné pour le cinéma et l’invention nouvelle du parlant. (…) Le mouvement devait rester la grande loi du cinéma et la parole, puisque parole il y avait, devait être réduite aux justes proportions d’un accessoire. (…) D’autres préoccupations plus personnelles encore me portaient vers une formule d’art poétique et lyrique où la musique s’allierait à l'image pour créer le véritable poème à la fois visuel et musical que je rêvais. »

La réalisation du Roi des Aulnes est décrite par Marie-Louise Iribe comme « effroyablement difficile » elle se félicite du résultat, assurant, toujours dans L'Ami du peuple, avoir eu l’impression d’arriver à quelque chose qui correspondait à son être intérieur et  conclut : « Cette sensation est si rare dans notre métier de faiseurs de films. »

L’histoire du Roi des Aulnes est un peu amplifiée. Un père chevauche dans la montagne pour conduire à la ville son enfant malade qu’il porte dans ses bras. Son cheval, harassé s’écroule, épuisé, au moment où la nuit tombe, près d’un relai de poste. Malgré l’insistance du maître de poste, le père reprend sa route. Il traverse la forêt. Dans les bras de son père, l’enfant rêve à la légende du Roi des aulnes que lui a chantée tout à l’heure la fille du maître de poste. Il voit danser les elfes et les fées. Son père n’aperçoit que l'ombre des grands arbres, la danse des feuilles mortes et n’entend que les soupirs du vent. Le Roi des aulnes, accompagné de son timbalier fait retentir la forêt du choc sourd de son lugubre instrument, et étrangle l’enfant dans les bras de son père. Au matin, le père entre dans la ville et dépose le petit corps au pied de l’autel de l’église.

Roi des Aulnes

Le tournage n’est pas sans incident. Les scènes de forêt sont tournées en extérieur, près de Gérardmer (Vosges) en janvier 1931. Pendant cinquante-trois jours, il plut sans arrêt, et un constat d'huissier en fut d'ailleurs dressé.

Comme pour Hara-Kiri, l’accueil des milieux cinématographiques au Roi des Aulnes est réservé. Le critique du Temps, Emile Vuillermoz, regrette « l’effroyable tirage à la ligne » qui a transformé ce qui aurait pu être « un chef-d’œuvre ciné-lyrique » en un « monstrueux poème symphonique dépassant une heure et demie ». Pour autant, il se félicite de la formule du poème visuel et musical, dont il espère qu’elle sera suivie « pour arracher l’écran à sa médiocrité commerciale. »

Dans le journal Pour vous, on espérait aussi « vingt minutes d’angoisse et de surnaturel » au rythme goethien : « Il fuit au galop parmi les rafales !... ». Les dialogues ne convainquent pas Le Phare de la Loire : « Hélas ! à partir du moment où les personnages se mettent à parler, le charme est rompu. Chaque scène nouvelle distille un ennui de plus en plus épais » ; le quotidien de Saint-Étienne concède toutefois : « la chevauchée à travers la forêt nous vaut une succession d’images dont la poésie tragique est parfois intense. »

Pour sa part, L’Intransigeant est positif. Il voit « une belle réussite », trouvant très bien la partition de Max OIlone : « Rarement les images et la musique ont collaboré aussi étroitement et aussi heureusement. »

Du côté public, le film ne paraît pas avoir un grand succès. Il a aussi des conséquences sur la société de production. Son directeur, Edmond Epardeau, démissionne en février 1931 pour se consacrer à la revue Cinéma. Le tribunal des prud'hommes de Paris tranche également, de défaveur de Marie-Louise Iribe, dans deux conflits qui l’opposaient à son conseiller pour la mise en scène, M. Batton, et à l’actrice Mary Costes, femme de l’aviateur, qui jouait le rôle de la fée mais refusait de jouer aussi celui d’un elfe.

Pour Marie-Louise Iribe, qui a alors 36 ans, le Roi des Aulnes, dont elle avait également fait une version en allemand, Der Erlkönig, est la dernière interprétation, la dernière réalisation et la dernière production.

À suivre

Marie Louise Iribe en 1928

 

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie de Marie Louise Iribe

Après la première guerre mondiale, devenue veuve, Marie Louise Iribe vit de nouveau avec sa mère et son beau-père à Joinville-le-Pont.

Elle va connaître en 1921 un grand succès au cinéma, dans le film de Jacques Feyder, L'Atlantide, d'après le roman de Pierre Benoit. Elle y incarne Tanit-Zerga, petite esclave amoureuse qui s'en allait mourir dans les sables avec sa mangouste aux yeux roses et contait pour le distraire de sa mélancolie au prisonnier de la reine Antinéa, le lieutenant de Saint-Avit, des histoires de Gao, sa ville natale. Elle y tournait avec un grand acteur, Jean Angelo qu’elle recroisera dans sa carrière.

L’assistant de Jacques Feyder, André Roanne (alias André Rahou), qui jouait également dans L'Atlantide, épouse Marie Louise Iribe à Joinville en octobre 1921. Ils ont rapidement deux enfants puis divorcent en 1923. La mère et le beau-père de Marie Louise les élèveront dans leur maison de Joinville puis, à partir de 1931, dans leur domaine de Barbizon (Seine-et-Marne).

André Roanne

Au théâtre, on retrouve Marie Louise Iribe aux Bouffes Parisiens dans deux pièces d’André Salmon et René Saunier, Deux hommes, une femme en 1924 et Natchalo l’année suivante. Le cinéma reste son activité principale, et elle a d’importants rôles dans un film allemand de Hanns Kobe, Nachtstürme, en 1923 puis dans Le Gardien du feu de Gaston Ravel (1924) et Un fils d'Amérique d'Henri Fescourt (1926).

Le troisième mariage de Marie Louise Iribe est célébré en novembre 1925 à Paris (16e arr.). Elle est domiciliée chez sa mère à Joinville et prend comme époux Pierre Renoir, artiste dramatique, directeur théâtre. Il est le fils du peintre Pierre Auguste Renoir, et le frère du cinéaste Jean Renoir.

Comme ses deux sœurs, sa mère, son beau-père et son nouveau mari, Marie Louise Iribe semble sensible aux campagnes menées par le quotidien royaliste Action française, et s’affiche dans une souscription qu’il lance en juillet 1925 avec le groupe local de cette organisation à Joinville.

La vie professionnelle de Marie Louise Iribe connaît un tournant avec sa décision de se lancer, en 1925, dans la production de films. Elle crée et dirige une société, Les Artistes Réunis. Les premiers films à son catalogue sont en 1927 Chantage d'Henri Debain et Marquitta de Jean Renoir. Elle tient le rôle-titre dans ce dernier film. Les échos critiques sur le travail d’actrice de Marie Louise Iribe sont bons, mais, pour presque tous, la référence reste L'Atlantide.

Puis, en 1928, suite à un désaccord avec Henri Debain, le réalisateur de sa nouvelle production, Hara-Kiri, elle prend sa suite cumulant ainsi les rôles de vedette, réalisatrice et productrice. Dans le journal Pour vous, en décembre 1928, elle explique ce virage : « J’aime surtout la mise en scène. J’aime beaucoup moins jouer. Ce qui me passionne, ce sont les lumières. La lumière qui exprime le sentiment d’un film. »

La performance physique de l’actrice est remarquée dans la presse : ainsi, au col de Voza, près de Chamonix (Haute-Savoie), elle tombe la tête en bas d’un précipice, « dans une couverture que tendaient, accrochés à cinq mètres plus bas au flanc du roc, quatre robustes guides » selon le quotidien L'Ère nouvelle. L’histoire est celle d’une Française, mariée à un savant, métis d'Européen et d’Asiatique, qui s’enfuit avec un jeune prince d’Extrême-Orient. Celui-ci meurt dans un accident de montagne et la jeune femme décide de se tuer.

Hara-Kiri

Mais l’accueil critique est plus mitigé. Paul Cordeaux, dans L’Écho de Paris, apprécie le pittoresque, mais moins « l'interminable scène où Mlle Marie-Louise Iribe, un exemplaire du livre Le Hara-Kiri à la portée de tous dans une main, un couteau dans l'autre, ne se décide pas à découper son abdomen. »

Le quotidien Bonsoir rappelle « qu’au cinéma le métier ne suffit pas ». Il constate une certaine lenteur, la faiblesse du scénario et conclut que « La photographie du film est impeccable mais Polikouchka, qui était plutôt mal photographié, nous faisait sangloter... »

Le principal organe culturel, Excelsior, salue certes « les dons certains » de Marie Louise Iribe, mais déplore lui aussi « des longueurs ».

Le Petit Journal relève « de beaux décors et une excellente interprétation », mais y voit « un film de vedette » qui « n'a pas su résister à ce narcissisme qui pousse [les vedettes] (…) à ne jamais imaginer qu'on peut les avoir assez vues, ce qui vaut au malheureux spectateur un interminable défilé de gros plans qui, malgré toute leur beauté, rendent l'action insupportablement longue ». Le grand quotidien met cependant en avant les « très grandes qualités d'intelligence et de sensibilité » de la réalisatrice.

La réception du public semble meilleure. Ainsi, L’Intransigeant pose la question : « Le vol peut-il être un hommage ? » Il y répond ainsi : « Oui, quand, à la faveur de l’affluence, les spectateurs dérobent à la porte de l’Omnia, les photos, de Marie-Louise Iribe et de Constant Remy dans Hara-Kiri. »

À suivre

Marie Louise Iribe en 1927

 

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 00:01

Début de la biographie de Marie Louise Iribe

Pauline Marie Louise Lavoisot naît le 29 novembre 1894 à Paris (18e arr.). Elle est la fille de Jeanne Julie Iribe et de Louis Lavoisot, capitaine d’infanterie de marine.

La mère de Marie Louise, Jeanne Julie Iribe, était native de Séville et de nationalité espagnole. Le grand-père maternel, Jules Iribe était un ingénieur civil des mines ; il contribua au percement du canal de Panama puis au développement de l'exploitation minière de Madagascar. Il fut ensuite rédacteur du quotidien parisien Le Temps puis directeur du sanatorium d’Hendaye et enfin d’une maison de retraite à Paris. Le frère de Jeanne Julie, Paul Iribe, fut un peintre et dessinateur, marié à la comédienne Jane Dirys, puis compagnon de Gabrielle Chanel. Il dirigea plusieurs publications, dont Le Témoin, journal satirique, antiparlementaire, nationaliste et antisémite, mais également antiallemand. Il resta proche de Marie Louise, qui utilisa dans sa carrière le patronyme de ses ascendants maternels.

Le père de Marie Louise, Louis Lavoisot, s’était engagé dans l’armée en 1876 et était devenu officier dans l’infanterie de marine en 1880. Il servit d’abord en Polynésie puis en Nouvelle-Calédonie puis rejoignit Madagascar en 1885 comme capitaine. Il fut chargé par le premier ministre Rainilaiarivony de l'instruction des cadets de la reine Ranavalona III, puis, après la guerre de colonisation, devint commandant d'un cercle. Il épousa Jeanne Julie Iribe à Tananarive en mars 1892, étant le premier couple français à célébrer ses noces sur l’île. Il gagna l’Indochine en 1904, en tant que colonel, où il contracta une dysenterie qui l’emporta à son retour en France en 1908. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

Remariée en septembre 1909 avec le docteur Auguste Giroux, champion olympique de rugby en 1900, Jeanne Julie s’installa avec lui et ses trois filles à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il avait son cabinet de médecin. Évoquant sa jeunesse, Marie Louise assure avoir été « élevée dans l'amour de la musique. »

Mariée en mai 1913 à 18 ans à Joinville avec le comédien Charles Fontaine, pensionnaire de la Comédie-Française, Marie Louise Lavoisot débute la même année une carrière artistique. Elle a suivi les cours de théâtre de Georges Berr au Conservatoire de Paris et est diplômée d’un second prix en 1914. Elle tient des petits rôles à la Comédie-Française, dans L’embuscade de Henry Kistemaeckers et La marche nuptiale de Henry Bataille et adopte le pseudonyme de Marie Louise Iribe.

Charles Fontaine

Sa première apparition au cinéma, alors muet, est dans Fleur fanée, cœur aimé, film de René Le Somptier en 1913. Le Somptier la fait de nouveau jouer dans Le Prix de Rome et Le Temps des cerises en 1914. Elle poursuit sa carrière pendant la première guerre mondiale, avec La Rencontre en 1914 et Les Pâques rouges, deux œuvres de Louis Feuillade. Jacques Feyder lui confie un rôle dans La Pièce de dix sous, sorti en 1916.

Pendant la même période, elle continue sa carrière, recrutée par Jacques Copeau au théâtre du Vieux Colombier, à Paris (6e arr.). Elle joue dans des pièces de François de Curel, Edmond Rostand, Henri Bernstein, Sacha Guitry, André Salmon et René Saunier.

Son époux, Charles Fontaine, mobilisé dans l’infanterie, mourut au cours de la guerre à Fleury, devant Verdun, en août 1916. Son corps ne fut jamais identifié. En 1924, la Comédie-Française érigea un buste pour lui rendre hommage. Il avait obtenu en 1913 un premier prix de tragédie et un premier prix de comédie au Conservatoire.

À suivre

Marie Louise Iribe en 1921

 

 

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 00:01

Jean Francois Xavier Arquinet naît le 19 novembre 1832 à Vesoul (Haute-Saône). Il est le fils de Marie Lallemand et de son époux Joseph Arquinet, cultivateurs.

En 1860, il vit rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (12e arr.) et est sculpteur, dans la zone où sont regroupés les artisans du bois. Ayant déménagé rue de Citeaux dans le même quartier, il épouse Marie Rose Prévost en avril 1866 à Lunéville (Meurthe, act. Meurthe-et-Moselle).

Au cours des années 1880, le couple Arquinet vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre de la commune, rue du Pont. Ils sont alors rentiers.

Lors des élections municipales de mai 1888, Jean Arquinet est candidat sur la liste du maire sortant, Gabriel Pinson, républicain modéré, qui s’oppose à celle du comité radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller municipal sortant. La liste Pinson emporte 18 des 21 sièges à pourvoir, les radicaux ayant les trois autres. Arquinet est élu dès le premier tour, avec 302 voix sur environ 550 votants soit 55%.

Reconduit à la mairie, Gabriel Pinson meurt un mois plus tard et est remplacé par le premier adjoint, Eugène Voisin, qui se rapproche des radicaux. Arquinet fait partie, en décembre 1890, de la délégation pour les élections sénatoriales, soutenue par les radicaux. Il fait partie de la majorité des conseillers qui, à l’appel du comité radical-socialiste, rendent compte de leur mandat en séance publique en octobre 1891.

Lors des élections municipales de mai 1892, Arquinet est réélu dès le premier tour avec 436 voix sur 639 suffrages exprimés (68,2%) pour 644 votants. La liste des radicaux avec Eugène Voisin à sa tête remporte 22 des 23 sièges à pourvoir, une liste conservatrice en recueillant un. Arquinet fait partie des commissions en charge de la bibliothèque, des chemins, travaux et éclairage, des finances, ainsi que du marché d’alimentation. Il est de nouveau délégué sénatorial en mars 1896.

Commentant son attitude pendant le mandat, le journaliste Henry Vaudémont écrit dans l’hebdomadaire radical Voix des communes : « Arquinet, épicurien, rêve de pêche à la ligne et de repos. »

La liste Eugène Voisin est réélue en mai 1896 sans concurrents avec Arquinet. Il est de nouveau délégué sénatorial en juillet 1897 puis en avril 1899.

Le scrutin suivant, en mai 1900, voit une liste socialiste-révolutionnaire contester les candidats radicaux. Ceux-ci, derrière Eugène Voisin, remportent cependant tous les sièges. Il y a 1 096 inscrits et Arquinet obtient 626 votes.

Le Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux se constitue en avril 1902 avec comme président le député radical Jules Ferdinand Baulard, résidant à Joinville. Arquinet est avec Boileau, Gobert, Vel-Durand et Volant, conseillers municipaux, au nombre de la délégation joinvillaise, avec Roussel et Salles.

En juin 1902, bien qu’absent du conseil municipal, Arquinet fait savoir qu’il se prononce contre l’autorisation d’installation des Sœurs enseignantes de la Providence, comme la majorité radicale-socialiste du conseil.

Jean Arquinet meurt le 17 avril 1904 à Joinville. Il était âgé de  71 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Il siégeait depuis 16 ans au conseil municipal.

La rue du Pont à Joinville en 1903

 

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