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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Thérèse Martin naît le 3 mars 1895 à Bordeaux (Gironde). Elle est la fille de Marie Louise Puisay et de Jean Martin, employé de commerce. Sa naissance sera légitimée par le mariage de ses parents en février 1896 à Bordeaux. Ils vivent rue d’Aviau.

Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux. Marie Thérèse est l’aînée des trois enfants.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, Marie Thérèse séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses deux frères. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand Marie Thérèse a 15 ans.

En 1911, la famille a déménagé dans le quartier voisin de Polangis, toujours à Joinville, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves) ; Marie Thérèse est ouvrière dans l’usine cinématographique Pathé, construite à proximité.

Le mariage de Marie Thérèse Martin avec Adrien Charles Boscheron (1883-1971) se fait en février 1920 à Joinville. Son mari, parisien de naissance, est ajusteur mécanicien ; ils vivent au domicile des Martin, désormais avenue Jamin, encore dans le quartier de Polangis à Joinville. Sept mois après la naissance du fils qu’il a avec Marie Thérèse, en février 1921, Adrien Boscheron indique en septembre 1921 résider à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) et déclare la naissance d’une fille ; la mère est sa première compagne, qui avait déjà accouché d’un garçon de lui en mars 1919. Marie Thérèse Martin obtient le divorce en mars 1922.

Continuant à vivre avec son fils chez sa mère, Marie Thérèse Martin se remarie en septembre 1925 à Joinville avec Édouard René Jean Baptiste Lizot (1899-1965). Son mari a été condamné à plusieurs reprises pour divers délits, notamment en avril 1918 par la cour d’assises de Riom (Puy-de-Dôme) à cinq ans de prison pour vol. Ils vont travailler tous deux comme miroitiers à Paris.

Édouard Lizot quitte son épouse peu après leur mariage, s’installant à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Marie Thérèse accouche d’une fille à Joinville en février 1926, et Édouard Lizot lui verse alors un secours de 50 francs par semaine. En juin 1926, il refuse de payer sa contribution ; Marie Thérèse se rend alors dans l’atelier de miroiterie où il travaille, rue de Montreuil à Paris, et tire à trois reprises sur lui avec un revolver. Il est légèrement blessé à l'avant-bras gauche et été admis à l'hôpital Saint-Antoine. Marie Thérèse est arrêtée et conduite devant le commissaire de police du quartier Sainte-Marguerite. Elle est cependant laissée en liberté provisoire, du fait de ses deux enfants en bas-âge et n’est pas poursuivie, Lizot ayant refusé de porter plainte.

Les deux époux vivent ensuite de nouveau ensemble chez la mère de Marie Thérèse à Joinville et ayant un nouvel enfant en mai 1929. Ils divorcent en décembre 1934. Ils participent en octobre 1928, en compagnie des frères de Marie Thérèse, à une souscription lancée par le syndicat CGTU, proche du parti communiste, « À l’aide des combattants du textile ».

Selon la généalogie familiale, Marie Thérèse aurait travaillé comme pianiste de cinéma muet et été employée dans les studios Pathé de Joinville et l'usine de fabrication de films Kodak de Vincennes. Cependant, entre 1921 et 1931, elle est notée comme sans profession dans les recensements. En 1936, toujours chez sa mère avec ses trois enfants, elle se déclare couturière.

S’appuyant sur des sources de presse qui n’ont pas pu encore être consultées, l’arrière-petit-fils de Marie Thérèse, Quentin Rodriguez, mentionne qu’elle a été arrêtée, sans doute en octobre 1942. Elle fait parmi d’un groupe de 227 « internées communistes » en provenance du dépôt (Paris) et de la caserne des Tourelles qui sont conduites au camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire). Après avoir reçu des Juifs en 1940 et 1942, le camp de La Lande devient la destination des femmes communistes poursuivies par les autorités du régime de Vichy et les Allemands. On retient aussi au camp des femmes poursuivies pour des délits de droit commun et des prostituées. Les dernières incarcérées à La Lande sont transférées en janvier 1944 au camp de Poitiers (Vienne).

Le frère de Marie Thérèse, André Martin, tourneur-outilleur, militant communiste et engagé dans la Résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, est tué le 21 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne dans le quartier des Halles.

D’après la généalogie de la famille Martin-Rodriguez, Marie Thérèse vit de nouveau à Joinville-le-Pont, avenue Jamin, après le conflit et est comptable à l'usine des Tréfileries et laminoirs du Havre, située à Saint-Maurice, en bordure de Joinville, jusqu’en 1960.

Elle prend alors sa retraite et va vivre à Quiers-sur-Bézonde (Loiret) jusqu’en décembre 1978. À cette date, elle est hébergée à quelques kilomètres de là, dans la maison de retraite L'Heure mauve, qui dépend du centre hospitalier Paul-Cabanis à Beaune-la-Rolande. Elle y fête son centenaire en mars 1995.

Marie Thérèse Martin meurt le 22 août 1997 à Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle était âgée de 102 ans. Mère de trois enfants, l’aîné était né de son premier mariage, les deux autres du second.

Un bâtiment du camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire)

 

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 00:01

Marie Louise Puisay naît le 23 juillet 1866 à Gençay (Vienne). Elle est la fille de Rose Diot et de son époux Célestin Puisay, maçon. Le couple a huit enfants et elle est la plus jeune. Ils vivent rue de l’Échelle.

Lors du recensement de 1881, elle a alors 14 ans, Marie Louise est notée comme exerçant la profession de couturière. En 1891, elle est à Bordeaux (Gironde) en tant que domestique. Elle donne naissance en avril à une fille d’un père non dénommé, qui, lors de son décès, en janvier 1892, est indiquée comme venant des Enfants assistés et est inhumée au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux.

Après avoir donné naissance à une nouvelle fille en mars 1895, encore à Bordeaux, elle épouse en février 1896 à Bordeaux, le père qui a reconnu l’enfant, Jean Martin, employé de commerce bordelais.

Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, elle séjourne de nouveau dans son village maternel chez ses parents avec ses trois enfants. Puis les époux Martin s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910.

En compagnie de ses trois enfants, Marie Louise Martin déménage dans le quartier proche de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Elle indique en 1911 exercer de nouveau le métier de couturière, tandis que sa fille aînée, Thérèse, est employée à l’usine cinématographique Pathé, implantée également à Polangis.

Pendant la première guerre mondiale, l’aîné de ses fils, René (1897-1938) s’engage dans la marine en juillet 1916, devançant son service militaire obligatoire. Il sert dans la marine, sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan qui, après la fin du conflit, navigue en mer Noire.

Après-guerre, les trois enfants de Marie Louise Martin, qui vivent toujours avec elle ou à proximité, vont avoir un engagement militant à gauche, au parti communiste. Lors des élections municipales générales de mai 1929, les deux frères René et André figurent sur la liste communiste qui se présente à Joinville-le-Pont, tandis que son gendre et sa fille participent à des appels relayés dans le quotidien L’Humanité.

Le contexte rend probable qu’on puisse assimiler Marie Louise Martin à la « camarade Martin », désignée sans plus de précision dans la presse communiste, qui est candidate lors des élections municipales complémentaires de septembre et octobre 1928 à Joinville, rendues sont nécessaires pour remplacer le maire, Henri Vel-Durand, décédé, et deux autres sièges vacants.

Les femmes n’ont alors pas le droit de vote, bien qu’un mouvement en faveur de leur droits de citoyennes ait existé avec, par exemple, Astié de Valsayre, résidente à Joinville-le-Pont. Mais, faute de pouvoir siéger, avaient-elles le droit d’être candidates à une élection ? Le débat juridique a lieu et plusieurs formations présentent des femmes lors de scrutins locaux, certaines étant même déclarées élues, comme Joséphine Pencalet à Douarnenez en 1925.

Le parti communiste (Pcf) présente donc à l’automne 1928 une liste de Bloc ouvrier-paysan dirigée par Roger Benenson (1900-1945), mécanicien, futur député de Seine-et-Marne (1937-1940), comprenant Jules Guervin (1889-1956) ébéniste et donc la « camarade Martin ». Elle s’oppose à une liste de la gauche républicaine, associant des radicaux et des socialistes SFIO et à une autre de l’Union républicaine, qui a le soutien de la majorité municipale.

Pour le Pcf, il s’agit d’affirmer « l’opposition de classe » à « toutes les ligues féministes de pacotille. »

Aucune loi n’interdit de présenter une candidate, mais la préfecture envoie à la municipalité de Joinville une note pour que soient annulées toutes les voix qui se portent sur le nom de Mme Martin. La municipalité de droite obéit à la demande des autorités. Le nombre de suffrages qui se sont prononcés en faveur de la candidate communiste n’est donc connu que de manière approximative et L’Humanité l’estime à 286, soit 16% des votants.

Les communistes protesteront. Ils qualifient le refus de compter les votes « d’acte arbitraire » et « d’abus de pouvoir » et titrent que « Préfecture et municipalité truquent le scrutin de Joinville ». Pour eux, il n’appartient pas à un maire de se substituer aux tribunaux administratifs pour apprécier la validité des suffrages émis. Au second tour, les communistes présentent les mêmes candidats, tandis que la liste de centre-gauche emporte les trois sièges.

Après la mort de son fils aîné, René, en 1938, Marie Louise reste à Joinville avec sa fille Marie Thérèse et son fils cadet André. Les deux sont résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. André est tué en août 1944 lors des combats pour la Libération de Paris, boulevard de Sébastopol.

Marie Louise Martin meurt le 4 mars 1945 à Joinville. Elle était âgée de 78 ans.

L’Humanité (1er et 8 octobre 1928) relate la candidature de « la camarade Martin » à Joinville-le-Pont

 

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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 00:01

 

Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.

Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.

Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.

Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).

La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.

Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.

La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.

En juin 2024, le maire de la commune de Mansat-la-Courrière (Creuse), Jean-Pierre Dugay, a inauguré, en présence de sa famille, une stèle en hommage à Amélie Trayaud, native de la commune. Le quotidien régional La Montagne en a rendu compte.

Le 12 mars 2025, c’est le conseil municipal de Joinville-le-Pont qui décide, toujours en présence de ses descendants, de donner le nom « Amélie Trayaud » à une voie publique de la commune, l’allée en cours de réfection desservant la salle Prévert et la crèche, au pied de la mairie.

Un cadeau offert à Maurice Thorez par Legay et Trayaud (Arch. M. Thorez)

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 00:01

Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.

En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.

Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.

Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.

En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.

Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.

Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.

La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.

Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.

Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.

Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.

Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.

Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.

Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.

Le château de Polangis, seule vue connue

 

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28 juin 2025 6 28 /06 /juin /2025 00:01

Romain Joseph Charles Guyot naît le 1er février 1879 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Mathilde Joséphine Maréchal et de son marié Auguste Romain Guyot ; ils vivent rue des Gravilliers. Son père est ébéniste et meurt en août 1885, quand il a 7 ans ; sa mère décède en mai l’année suivante, le laissant orphelin à 8 ans.

Appelé à faire son service militaire, Romain Guyot, qui est ingénieur géomètre, est en ajourné une première fois en 1901, de nouveau l’année suivante puis exempté pour « bronchite spécifique. »

Alors qu’il réside dans le 20e arrondissement, rue Perdonnet, Romain Guyot épouse en mai 1901 Eugénie Marguerite Prin, fille d’un courtier parisien. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier nouvellement loti de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves).

Lors des graves inondations du premier trimestre 1910, qui voit la rivière Marne recouvrir une grande partie du territoire communal et notamment les voies de Polangis, Romain Guyot fait partie des membre de la commission municipale qui organise le service de désinfection. Avec des élus, ils visitent les locaux inondés, délivrent ou non une permission de réintégration, mettent à disposition, à titre gratuit, des produits pour permettre la désinfection des boues et immondices.

Désireux de cacher ses économies, sans le dire à sa femme, Romain Guyot met l’importante somme de 1 076 francs sous la cendre du poêle de son mois de la salle à manger en juillet. Il avait attendu un ouvrier supposé le ramoner depuis six mois et supposait qu’il ne viendrait plus en été. Pourtant, il se présente en août, quand Guyot est en déplacement. Considérant que l’entrepreneur de fumisterie était responsable de son préposé, Guyot lui demande le remboursement de la somme, tandis que celui-là assure que c’est « la négligence et l’imprudence » de M. Guyot qui avaient provoqué le vol. La 7e chambre du tribunal de la Seine a décidé en mars 1913 que, quelle qu'ait été l'imprudence de M. Guyot, le patron est néanmoins responsable de son commis et a été condamné à rembourser. L’ouvrier fut condamné à six mois de prison.

Pendant la première guerre mondiale, la situation militaire de Romain Guyot est requalifiée et il est reconnu apte à faire un service armé en avril 1915, d’abord dans le 37e régiment territorial d'infanterie puis dans le 35e et le 260e. En août 1915, il est versé dans le 2e groupe d’aviation et transféré en septembre 1917 dans le 3e groupe. Il est promu au grade de brigadier en octobre 1918. Au moment de sa démobilisation en février 1919, il était stationné à Casablanca, au Maroc sous protectorat français.

Après le conflit, Romain Guyot est l’un des vingt membres délégués par le Conseil général de ce département pour participer aux travaux du Tribunal des dommages de guerre de la Seine. Il y côtoie un de ses voisins, l’architecte Émile Georges Muckensturm.

En juillet 1935, Guyot fait partie des 24 personnes qui, aux côtés de la commune de Joinville-le-Pont, la compagnie Est-Lumière, en tant que propriétaires de terrains, constituent l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis, un canal creusé au moment du lotissement du quartier.

Les autorités ayant décidé, en février 1934, de lancer un projet de reconstruction du pont de Joinville, une enquête est prescrite en vue de la déclaration d'utilité publique. Romain Guyot est nommé commissaire enquêteur en août 1936 et rend un avis favorable. L’agrandissement du pont sera réalisé pendant la deuxième guerre mondiale.

L’épouse de Romain, Eugénie Guyot, meurt au domicile conjugal de Joinville en mars 1943. Dans cette même ville, en décembre la même année, Romain Guyot reconnaît la naissance deux enfants hors de son union, Jacques René Auguste Guyot (1925-2005) et Pierre Guyot. Il épouse leur mère Diana Paule Angéline de Mayer en janvier 1944 à Joinville. Elle vient de la province d'Anvers, en Flandre (Belgique).

Romain Joseph Charles Guyot meurt le 28 mars 1964 au Perreux-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans et père d’au moins deux enfants.

L’inondation de 1910 à Polangis (Joinville-le-Pont)

 

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24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 00:01

Alexandre Louis Ernest Trépreau naît le 9 décembre 1890 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Louise Courtois et de son époux Ernest Charles Trépreau. Ses parents sont fabricants de chaussures et vivent boulevard de Charonne. Ils s’installent ensuite rue Dorian (12e arr.) puis, en 1898, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). En 1910, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves) ; le père est alors employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier ; il sera ultérieurement représentant de commerce.

Devenu électricien, Alexandre Trépreau dépose plusieurs brevets, pour un radiateur électrique en novembre 1909, puis pour des perfectionnements aux disjoncteurs en janvier 1910. Il complète son travail d’innovation avec trois brevets en 1911 pour un chauffe-eau électrique instantané, qu’il commercialise sous la marque Hydra-Lux ; il le présente au concours Lépine de Paris en septembre 1910. La revue Science progrès découverte commente en novembre 1910 : « L’appareil n’est pas destiné à chauffer de très grandes quantités d’eau comme pour un bain par exemple, mais il trouvera sa place dans les cabinets des médecins et des dentistes, chez les coiffeurs et dans les cabinets de toilette des appartements modernes. »

Pour protéger ses inventions, Trépreau dépose ses marques en 1909 auprès du Bureau international de l'Union pour la protection de la propriété́ industrielle et fait publier cette inscription dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, Cuba, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse…

Appelé en décembre 1911 à faire son service militaire, Alexandre Trépreau intègre le 46e régiment d’artillerie de campagne, dans lequel il est maître pointeur en septembre 1912. Il est victime d’une chute, en mai 1913, qui le blesse au genou droit puis démobilisé en novembre 1913.

De nouveau appelé en août 1914 au déclenchement de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, son activité militaire lui vaut une citation en février 1916 à l’ordre de la division. Il est évacué en mars 1916 pour une « angine aigüe ». Après avoir repris son poste en mai, il souffre de problèmes rénaux, qui lui valent une réforme temporaire en juillet 1916 pour « albuminerie persistante ». Son état est confirmé en octobre la même année, puis en juin 1917 et en mai 1918. Le conflit étant terminé, il se voit attribuer en octobre 1919 une pension de 20% pour asthénie générale avec trace d’albumine. En septembre 1920, il est affecté à des services auxiliaires, du fait d’une néphrite chronique, d’albumine, de céphalées, d’essoufflement, et d’amaigrissement, sa pension étant alors fixée à 10%. En novembre 1929, il est définitivement réformé de ses obligations militaires, avec une pension de 35% pour des reliquats de néphrite et de l’hypertension.

Pendant son second congé-maladie lors de la guerre, Alexandre Trépreau épouse en décembre 1916 à Paris (11e arr.) Ernestine Claire Werren, cartonnière. Toujours domicilié avenue de l’Île à Joinville, avec ses parents, Trépreau abandonne son activité commerciale pour un temps et est contremaître ; en avril 1925, il recherche une « place stable. »

Abonné au journal royaliste Action française, Alexandre Trépreau, dont le père partage les opinions, participe à de nombreux appels à souscription du quotidien d’extrême-droite. Ainsi, en janvier 1918, les deux envoient 5 francs chacun avec la mention suivante : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ».

Répondant à un appel intitulé « Le million de la défense sociale contre l’or bolchévik », en juillet 1919, Alexandre Trépreau s’inscrit « Pour la paix qui passe, par la Monarchie » puis en septembre la même année en écrivant « Vive Daudet, le sauveur de la France ». Il participe à de nouveaux appels en avril 1921 « Pour la reconstitution nationale », en décembre de ladite année « Pour conserver la victoire » et en mai 1924 « Pour l’action nationale. »

Une fois de plus en compagnie de son père, ils font partie des 22 joinvillais qui contribuent en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. En décembre 1927 puis en mars 1929, Alexandre Trépreau est de nouveau mentionné comme contributeur à l’Action française.

En matière professionnelle, Alexandre Trépreau reprend une activité commerciale indépendante, avec une boutique d’appareils de TSF (téléphonie sans fil, radio), implantée rue de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qu’il exploite en 1931.

Après la mort de son père en février 1932 et de son épouse en août de cette année-là, il quitte Joinville et vit rue de Charonne à Paris (11e arr.). Son entreprise de Charenton fait faillite en mars 1935. Travaillant toujours comme électricien et demeurant rue Marqfoy (act. rue Robert-Blache, Paris 10e arr.), Alexandre Trépreau se remarie avec Marie Émilia Jeanne Gondouin, sténodactylo,

Au début de la deuxième guerre mondiale, il est hospitalisé à La Salpêtrière puis travaille comme magasinier électricien en 1940.

Alexandre Trépreau meurt le 28 mars 1959 à Argentan (Orne). Il était âgé de 68 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant. En février 1916, il a été décoré de la Croix de guerre.

Schéma du chauffe-eau Hydra-Lux

 

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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 00:01

Ernest Charles Trépreau naît le 21 décembre 1852 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Louise Danneel et de Pierre Trépreau ; ils vivent rue Marie-Stuart (2e arr.). Pendant le siège de Paris, lors de la guerre franco-allemande, il envoie un message à sa famille par pigeon-voyageur, daté du 16 décembre 1870 à Château-Gontier (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) : « familles Trépreau, Guillier bien portantes ». C’est le seul moyen de communication avec la capitale à ce moment.

En juin 1877, fabricant de chaussures et vivant toujours rue Marie-Stuart, il épouse à Paris (6e arr.) la fille d’un autre chausseur, Marie Louise Courtois. En septembre 1885, la manufacture de chaussures Trépreau et Courtois est dissoute, et Trépreau continue seul l’activité encore au même endroit.

En 1898, la famille vit à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1910, s’installe à Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Il est à ce moment employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier puis devient ultérieurement représentant de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, les époux Trépreau participent à une souscription pour les invalides de la guerre, diffusée dans le quotidien L’Écho de Paris en Aisne 1915.

Après-guerre, en compagnie de son fils Alexandre, qui vit avec lui, Ernest Trépreau contribue financièrement au quotidien royaliste Action française en transmettant le message suivant en janvier 1918 : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ». Toujours avec le même fils, il participe à un appel en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras, le dirigeant du mouvement. Vingt-deux joinvillais y contribuent

Son frère, Auguste Trépreau (1855-1928), libraire et papetier, dirigeant d’organisations professionnelles, s’était exprimé au moment de l’affaire Dreyfus dans le quotidien antisémite La Libre Parole en 1898 et 1900. Il avait ensuite fondé une formation de défense des entrepreneurs et était devenu conseiller municipal de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Auguste Trépreau meurt le 8 février 1932 à Joinville et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Il était âgé de 79 ans et père de trois enfants.

Usine Pathé à Joinville-le-Pont

 

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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:29

Louis Seive naît le 14 juillet 1872 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Massez et de son compagnon, Claude Marie Seive, qui déclare sa naissance et le reconnaît. Ses parents résident rue des Poiriers. Leur mariage, en décembre 1884 dans le même arrondissement, légitime son ascendance. Sa mère est native de Renaix, ville de Flandre orientale, en Belgique flamande à forte minorité francophone. Son père, natif de la Loire, qui a un jumeau prénommé Claude, est fabricant d’eau de seltz. Il meurt lorsque Louis a 13 ans ; ils vivent alors rue des Pyrénées. Sa mère décède deux ans plus tard à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).

Effectuant un service militaire d’un an, à partir de septembre 1893 au sein du 120e régiment d'infanterie, Louis Seive est démobilisé en octobre 1894, avec le grade de caporal, pour entrer comme élève à l’école nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Admis à la 59e place sur 63 reçus, il poursuit une scolarité passable, obtenant son diplôme en juillet 1898 au 60e et dernier rang. Il avait été exclu de l’internat début janvier 1898 « pour s’être absenté deux jours sans autorisation » et avait poursuivi sa formation comme externe.

Installé dans l’appartement familial de la rue des Pyrénées (quartier Charonne), Seive devient membre de la Société protectrice des animaux en janvier 1899.

Il atteint une certaine notoriété en soignant, en mai 1900, le lion Ménélik, de la ménagerie de la Foire au pain d’épices (act. Foire du Trône), dans le Bois de Vincennes (12e arr.). Atteint d’une pleurésie double, il réagit vivement à l’intervention initiale, mais calmement à la deuxième opération ayant « sans doute senti un soulagement après les premiers soins » selon la presse parisienne et provinciale, qui en rend compte.

En février 1902, Seive autopsie un chien danois et établit qu'il était atteint de la rage ; il envoie ses quatre victimes à l’Institut Pasteur. Un atelier de maréchal-ferrant est également exploité par Seive, rue de Bagnolet, en 1907.

Après avoir effectué en 1896 et 1899 des périodes comme soldat de réserve, Louis Seive devient en juillet 1905 officier, avec le titre d’aide-vétérinaire (sous-lieutenant). Il est promu en août 1909 vétérinaire en second (lieutenant).

Installé en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz), puis rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier), dans le centre-ville, il épouse en mars 1912 à Paris (12e arr.) Léontine Augustine Démaré, native de Tourcoing.

Au cours de la première guerre mondiale, Louis Seive est mobilisé en août 1914 au sein du 19e escadron du train des équipages militaires, où il intègre la 4e compagnie qui compte 281 hommes, 422 chevaux et 167 voitures.

Son comportement lui vaut, en mai 1917, une citation à l’ordre de la division : « Vétérinaire zélé, actif et consciencieux. Au front depuis le début de la campagne, a maintenu son effectif en parfait état avec le minimum de pertes. A assuré le service d'un groupement de chevaux blessés dans un endroit violemment bombardé [en avril 1917]. S'est dépensé sans compter et avec le plus grand dévouement ». Il est nommé en janvier 1918 vétérinaire-major (capitaine) et rendu à la vie civile en avril 1919.

À Joinville-le-Pont, Louis Seive participe, à la souscription « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », organisée par la section locale du mouvement royaliste Action française en juin 1925. Ernest Berger, né en 1889, était le trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. On compte 22 souscripteurs à Joinville.

Louis Seive meurt le 19 novembre 1935 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 63 ans et n’avait pas d’enfant.

Son comportement pendant la première guerre mondiale lui avait valu la Croix de guerre en mai 1917. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, en mars 1923.

Le lion Ménélik par le sculpteur François Pompon, musée d’Orsay, Paris

 

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12 juin 2025 4 12 /06 /juin /2025 00:01

Robert Alexandre Gustave Laveau naît le 15 mai 1914 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Octavie Piault et de son époux, Alexandre Laveau. Son père est menuisier, originaire de Châteauroux et fils naturel d’une domestique. Mobilisé pour la première guerre mondiale, il meurt dès le 25 août 1914 à Courbesseaux (Meurthe-et-Moselle), lorsque son fils a trois mois. Ce dernier est, par décision du tribunal civil de la Seine, « adopté par la Nation » en novembre 1919.

La mère de Robert, native du Raincy (Seine-et-Oise), est la fille d’un tonnelier de Vincennes. Elle se remarie en janvier 1924 avec Alphonse Victor Emerie, un instituteur de l’enseignement privé, qui vient de Bretagne. Ils restent dans l’appartement des Laveau.

En 1936, Robert Laveau est élève au séminaire du diocèse catholique de Paris, la maison Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Peut-être est-ce lui qui également poursuit des études universitaires à la Faculté de droit et est admissible à l’épreuve orale de la licence en juin la même année.

En septembre 1936, ayant obtenu le brevet de préparation militaire supérieure, il intègre le peloton d'élèves officiers de réserve de l’infanterie. À la sortie, il est sous-lieutenant dans l’administration du service de santé. Au cours de la deuxième guerre mondiale, il est promu lieutenant en avril 1940 puis devient capitaine en février 1951.

Résidant en 1946, en compagnie de sa mère et de son beau-père, à la maison paroissiale de la rue Saint-Thomas en Argonne de Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), il est probablement un des desservants de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul.

Il devient ensuite vicaire de Saint-Joseph des Épinettes (Paris, 17e arr.), édifice situé rue Pouchet.

Revenant dans le sud-est parisien, l’abbé Laveau est nommé, en juillet 1959, curé de Sainte-Anne de Polangis, paroisse qui dessert un quartier partagé entre les communes de Joinville-le-Pont et Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il réside, toujours avec son beau-père et sa mère, dans le presbytère, situé à Joinville, avenue Oudinot.

Le père Laveau succède à Jean Lamour (1913-2001), qui rejoint Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice à Nanterre puis sera vicaire général du diocèse de Créteil. En 1995, c’est le père Bernard Biéri qui est en charge de la cure de Polangis.

L’abbé Robert Laveau meurt le 29 mars 2015 à Paris (14e arr.). Il était âgé de 100 ans.

Sainte-Anne de Polangis, église à Joinville-le-Pont

 

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10 juin 2025 2 10 /06 /juin /2025 07:59

Michel Marie Joseph Jacques Henri Lavalle naît le 13 octobre 1914 à Paris (10e arr.). Il est le fils Lucie Marie Joseph Viennot et de Marie Albert Lavalle qui vivent dans le quartier Saint-Vincent-de-Paul, rue du Faubourg-Saint-Denis.

Le père, originaire de Marseille est alors comptable ; il deviendra directeur commercial puis chef des exportations de la Société française des cotons à coudre Thiriez-Cartier-Bresson, installée à proximité de leur logement et qui dispose également d’une manufacture de Celles-sur-Plaine (Vosges). Sergent d’infanterie, il est affecté à l’usine Cartier-Bresson pendant la première guerre mondiale.

Contrairement à ses deux frères aînés, n’est pas recensé chez ses parents en 1926 et 1931 (il a alors 11 et 16 ans) ; il fait probablement sa scolarité en internat.

Recensé pour ses obligations militaires en 1934, il décide de suivre les cours de l’école d’officiers de réserve ; il est reçu et nommé sous-lieutenant de réserve en avril 1936. Il sera ultérieurement promu lieutenant en février 1939 puis capitaine en août 1948. Son frère Marcel est également officier de réserve.

Au sortir du service militaire, Michel Lavalle est en 1938 étudiant ecclésiastique au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), où sont formés les prêtres catholiques du diocèse de Paris. Il devient prêtre et est mobilisé lors de la deuxième guerre mondiale.

Prêtre aux armées

L’abbé Laval (très probablement Michel Lavalle) est, en 1942, vicaire de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le curé de la paroisse était Lucien Lachambre, qui devait mourir en mai 1942 et être remplacé par le père Jacques Hollande (ultérieurement fondateur de la Mission de Paris, qui regroupe les prêtres-ouvriers).

En février 1942, en tant que vicaire et président de la section de Joinville de l’association Famille française, l’abbé accueille dans la salle paroissiale, située boulevard de Polangis, une rencontre du Secours national et de la Famille du prisonnier de guerre. Parmi les participants, on note la générale Hutzinger, M. Teyssier, Henri Melchior, Charles Chaussée, adjoint au maire et Georges Bitterlin, médecin et conseiller municipal.

Michel Lavalle réside en 1946 à Paris (16e arr.), dans le quartier de Chaillot, rue Nitot, dans un centre qui accueille une vingtaine d’ecclésiastiques.

Désigné comme, président des médaillés militaires, Lavalle participe en décembre 1953 à la messe pour le maréchal Leclerc (héros de la Libération de Paris), organisée en l’église Saint-Charles-Borromée, l’autre paroisse de Joinville-le-Pont, à la demande du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), et célébrée par l’abbé Régneron, vicaire.

L’abbé Michel Lavalle meurt le 7 février 1959 à Paris (16e arr.) dans son logement de la rue de l’Amiral-d’Estaing, nouveau nom de la rue Nitot. Il était âgé de 44 ans. Ses parents résidaient à Saint-Leu-la-Forêt (Seine-et-Oise, act. Val-d'Oise). Pour son comportement militaire, il était décoré de la Croix de guerre 1939-1945.

Église Sainte-Anne de Polangis

 

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