Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 00:01

 

Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.

Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.

Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.

Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).

La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.

Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.

La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.

En juin 2024, le maire de la commune de Mansat-la-Courrière (Creuse), Jean-Pierre Dugay, a inauguré, en présence de sa famille, une stèle en hommage à Amélie Trayaud, native de la commune. Le quotidien régional La Montagne en a rendu compte.

Le 12 mars 2025, c’est le conseil municipal de Joinville-le-Pont qui décide, toujours en présence de ses descendants, de donner le nom « Amélie Trayaud » à une voie publique de la commune, l’allée en cours de réfection desservant la salle Prévert et la crèche, au pied de la mairie.

Un cadeau offert à Maurice Thorez par Legay et Trayaud (Arch. M. Thorez)

  •  

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 00:01

Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.

En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.

Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.

Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.

En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.

Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.

Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.

La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.

Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.

Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.

Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.

Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.

Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.

Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.

Le château de Polangis, seule vue connue

 

Partager cet article
Repost0
30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 00:01

Constantin Ernest Chavignot naît le 7 mai 1830 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Aglaé Cécile Seignoret et de son époux. Son père, Martin Benoit Chavignot (1803-1868) était maître charpentier et est devenu entrepreneur de maçonnerie, réputé avoir construit plus de « cent maisons dans Paris ». Il était un des fondateurs et administrateurs d’une société financière, le Sous-comptoir des entrepreneurs. Ils vivent à Paris (9e arr.), boulevard des Capucines.

Comme son père, Constantin Chavignot devient entrepreneur de bâtiment, avec le titre d’architecte. Il épouse en avril 1860 à Paris (10e arr.) Ernestine Louise Clotilde Battarel, fille d’un avocat. Ce même mois, les Chavignot père et fils constituent, avec un autre architecte constructeur, Armand Desnues, la société immobilière Chavignot père, fils & Desnues.

Ils vivent à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), dans la Grande-Rue où résident les Battarel.

En 1881, les deux frères de son épouse, Arthur et Pierre Ernest Battarel s’associent à Constantin Chavignot, pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. Les époux Chavignot résident à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château avec leurs deux enfants.

Dans le quotidien La Lanterne, en octobre 1885, en compagnie d’autres propriétaires voisins, s’insurge dans une lettre ouverte d’une campagne menée dans un autre journal, Le Pays, suite à un accident, critiquant les cheminots de la ligne du chemin de fer de Vincennes. Les signataires indiquent : « nous n'avons toujours eu qu'à nous louer de l'urbanité des chefs et de la complaisance des agents. »

Au sein d’un hebdomadaire local, Voix des communes, les Battarel et Chavignot s’opposent au tracé prévu pour le tramway devant relier Vincennes à Joinville et Chennevières, présentant un contre-projet par rapport à celui soutenu par le conseil municipal, qui sera mis en œuvre.

Les associés Battarel et Chavignot créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir, commençant l’urbanisation de cette partie du territoire, jusqu’à ce moment très peu peuplé puisqu’il ne comptait guère qu’une ferme, une auberge et leur demeure. Les frères Battarel meurent en septembre 1900 et juillet 1901, tous deux célibataires et sans enfants. Les époux Chavignot deviennent les seuls propriétaires du domaine de Polangis.

Constantin Chavignot meurt le 22 mars 1900 à Joinville, dans son château de Polangis. Il était âgé de 69 ans et avait eu deux enfants. Son fils Henri sera ingénieur architecte et poursuivra l’aménagement du domaine.

Plan du château de Polangis à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
28 juin 2025 6 28 /06 /juin /2025 00:01

Romain Joseph Charles Guyot naît le 1er février 1879 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Mathilde Joséphine Maréchal et de son marié Auguste Romain Guyot ; ils vivent rue des Gravilliers. Son père est ébéniste et meurt en août 1885, quand il a 7 ans ; sa mère décède en mai l’année suivante, le laissant orphelin à 8 ans.

Appelé à faire son service militaire, Romain Guyot, qui est ingénieur géomètre, est en ajourné une première fois en 1901, de nouveau l’année suivante puis exempté pour « bronchite spécifique. »

Alors qu’il réside dans le 20e arrondissement, rue Perdonnet, Romain Guyot épouse en mai 1901 Eugénie Marguerite Prin, fille d’un courtier parisien. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier nouvellement loti de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves).

Lors des graves inondations du premier trimestre 1910, qui voit la rivière Marne recouvrir une grande partie du territoire communal et notamment les voies de Polangis, Romain Guyot fait partie des membre de la commission municipale qui organise le service de désinfection. Avec des élus, ils visitent les locaux inondés, délivrent ou non une permission de réintégration, mettent à disposition, à titre gratuit, des produits pour permettre la désinfection des boues et immondices.

Désireux de cacher ses économies, sans le dire à sa femme, Romain Guyot met l’importante somme de 1 076 francs sous la cendre du poêle de son mois de la salle à manger en juillet. Il avait attendu un ouvrier supposé le ramoner depuis six mois et supposait qu’il ne viendrait plus en été. Pourtant, il se présente en août, quand Guyot est en déplacement. Considérant que l’entrepreneur de fumisterie était responsable de son préposé, Guyot lui demande le remboursement de la somme, tandis que celui-là assure que c’est « la négligence et l’imprudence » de M. Guyot qui avaient provoqué le vol. La 7e chambre du tribunal de la Seine a décidé en mars 1913 que, quelle qu'ait été l'imprudence de M. Guyot, le patron est néanmoins responsable de son commis et a été condamné à rembourser. L’ouvrier fut condamné à six mois de prison.

Pendant la première guerre mondiale, la situation militaire de Romain Guyot est requalifiée et il est reconnu apte à faire un service armé en avril 1915, d’abord dans le 37e régiment territorial d'infanterie puis dans le 35e et le 260e. En août 1915, il est versé dans le 2e groupe d’aviation et transféré en septembre 1917 dans le 3e groupe. Il est promu au grade de brigadier en octobre 1918. Au moment de sa démobilisation en février 1919, il était stationné à Casablanca, au Maroc sous protectorat français.

Après le conflit, Romain Guyot est l’un des vingt membres délégués par le Conseil général de ce département pour participer aux travaux du Tribunal des dommages de guerre de la Seine. Il y côtoie un de ses voisins, l’architecte Émile Georges Muckensturm.

En juillet 1935, Guyot fait partie des 24 personnes qui, aux côtés de la commune de Joinville-le-Pont, la compagnie Est-Lumière, en tant que propriétaires de terrains, constituent l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis, un canal creusé au moment du lotissement du quartier.

Les autorités ayant décidé, en février 1934, de lancer un projet de reconstruction du pont de Joinville, une enquête est prescrite en vue de la déclaration d'utilité publique. Romain Guyot est nommé commissaire enquêteur en août 1936 et rend un avis favorable. L’agrandissement du pont sera réalisé pendant la deuxième guerre mondiale.

L’épouse de Romain, Eugénie Guyot, meurt au domicile conjugal de Joinville en mars 1943. Dans cette même ville, en décembre la même année, Romain Guyot reconnaît la naissance deux enfants hors de son union, Jacques René Auguste Guyot (1925-2005) et Pierre Guyot. Il épouse leur mère Diana Paule Angéline de Mayer en janvier 1944 à Joinville. Elle vient de la province d'Anvers, en Flandre (Belgique).

Romain Joseph Charles Guyot meurt le 28 mars 1964 au Perreux-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans et père d’au moins deux enfants.

L’inondation de 1910 à Polangis (Joinville-le-Pont)

 

Partager cet article
Repost0
26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 00:01

Élie Camille Pierre Nivelle naît le 4 mars 1853 à Montignac-Charente (act. Montignac-Charente, Charente). Il est le fils de Marie Peyraud et de son époux Camille Nivelle. Son père est poëlier et originaire du département voisin de la Vienne.

Devenu chemisier, il vit à Paris ou, pendant le siège de la capitale par les forces prussiennes lors de la guerre franco-allemande de 1870, il s’engage dans la compagnie de marche du 38e bataillon de la Garde nationale.

Il continue son service militaire après le 18 mars, jour du début de l’insurrection de la Commune de Paris, quand la Garde nationale refuse de rendre les canons en sa possession aux forces ennemies. Il fait partie de l'artillerie fédérée, la troupe des communards, et se rend à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) en tant que canonnier. Il y est blessé le 23 avril, rentre chez ses parents à Paris puis rejoint un oncle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il reste jusqu’à la fin de la Commune le 25 mai. Il est arrêté le 17 juin à Paris. Le 4e conseil de guerre considère qu’il a « de bons antécédents » et le condamne le 23 novembre 1871 à un an de prison.

En janvier 1878, Élie Nivelle est encore employé d’un commerce de chemiserie à Paris et épouse à Dijon (Côte-d'Or) Anne Émilie Martin, demoiselle de magasin. Ils vivent d’abord dans le 16e arrondissement de Paris (rue Mesnil, rue Copernic, avenue Victor-Hugo et rue de la Pompe), puis, dans les années 1890, dans le 18e (rue des Abbesses).

À partir de 1903, la famille vit alternativement à Saint-Nazaire-sur-Charente et Soubise, deux communes voisines de Charente-Inférieure (act. Charente-Maritime) où ils sont propriétaires.

Élie Nivelle meurt le 6 novembre 1920 à Soubise. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants.

Un panneau déposé sur le pont d’Asnières rend hommage à la « Sortie des fédérés. »

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 00:01

Alexandre Louis Ernest Trépreau naît le 9 décembre 1890 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Louise Courtois et de son époux Ernest Charles Trépreau. Ses parents sont fabricants de chaussures et vivent boulevard de Charonne. Ils s’installent ensuite rue Dorian (12e arr.) puis, en 1898, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). En 1910, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves) ; le père est alors employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier ; il sera ultérieurement représentant de commerce.

Devenu électricien, Alexandre Trépreau dépose plusieurs brevets, pour un radiateur électrique en novembre 1909, puis pour des perfectionnements aux disjoncteurs en janvier 1910. Il complète son travail d’innovation avec trois brevets en 1911 pour un chauffe-eau électrique instantané, qu’il commercialise sous la marque Hydra-Lux ; il le présente au concours Lépine de Paris en septembre 1910. La revue Science progrès découverte commente en novembre 1910 : « L’appareil n’est pas destiné à chauffer de très grandes quantités d’eau comme pour un bain par exemple, mais il trouvera sa place dans les cabinets des médecins et des dentistes, chez les coiffeurs et dans les cabinets de toilette des appartements modernes. »

Pour protéger ses inventions, Trépreau dépose ses marques en 1909 auprès du Bureau international de l'Union pour la protection de la propriété́ industrielle et fait publier cette inscription dans de nombreux pays, notamment l’Allemagne, Cuba, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse…

Appelé en décembre 1911 à faire son service militaire, Alexandre Trépreau intègre le 46e régiment d’artillerie de campagne, dans lequel il est maître pointeur en septembre 1912. Il est victime d’une chute, en mai 1913, qui le blesse au genou droit puis démobilisé en novembre 1913.

De nouveau appelé en août 1914 au déclenchement de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, son activité militaire lui vaut une citation en février 1916 à l’ordre de la division. Il est évacué en mars 1916 pour une « angine aigüe ». Après avoir repris son poste en mai, il souffre de problèmes rénaux, qui lui valent une réforme temporaire en juillet 1916 pour « albuminerie persistante ». Son état est confirmé en octobre la même année, puis en juin 1917 et en mai 1918. Le conflit étant terminé, il se voit attribuer en octobre 1919 une pension de 20% pour asthénie générale avec trace d’albumine. En septembre 1920, il est affecté à des services auxiliaires, du fait d’une néphrite chronique, d’albumine, de céphalées, d’essoufflement, et d’amaigrissement, sa pension étant alors fixée à 10%. En novembre 1929, il est définitivement réformé de ses obligations militaires, avec une pension de 35% pour des reliquats de néphrite et de l’hypertension.

Pendant son second congé-maladie lors de la guerre, Alexandre Trépreau épouse en décembre 1916 à Paris (11e arr.) Ernestine Claire Werren, cartonnière. Toujours domicilié avenue de l’Île à Joinville, avec ses parents, Trépreau abandonne son activité commerciale pour un temps et est contremaître ; en avril 1925, il recherche une « place stable. »

Abonné au journal royaliste Action française, Alexandre Trépreau, dont le père partage les opinions, participe à de nombreux appels à souscription du quotidien d’extrême-droite. Ainsi, en janvier 1918, les deux envoient 5 francs chacun avec la mention suivante : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ».

Répondant à un appel intitulé « Le million de la défense sociale contre l’or bolchévik », en juillet 1919, Alexandre Trépreau s’inscrit « Pour la paix qui passe, par la Monarchie » puis en septembre la même année en écrivant « Vive Daudet, le sauveur de la France ». Il participe à de nouveaux appels en avril 1921 « Pour la reconstitution nationale », en décembre de ladite année « Pour conserver la victoire » et en mai 1924 « Pour l’action nationale. »

Une fois de plus en compagnie de son père, ils font partie des 22 joinvillais qui contribuent en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. En décembre 1927 puis en mars 1929, Alexandre Trépreau est de nouveau mentionné comme contributeur à l’Action française.

En matière professionnelle, Alexandre Trépreau reprend une activité commerciale indépendante, avec une boutique d’appareils de TSF (téléphonie sans fil, radio), implantée rue de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qu’il exploite en 1931.

Après la mort de son père en février 1932 et de son épouse en août de cette année-là, il quitte Joinville et vit rue de Charonne à Paris (11e arr.). Son entreprise de Charenton fait faillite en mars 1935. Travaillant toujours comme électricien et demeurant rue Marqfoy (act. rue Robert-Blache, Paris 10e arr.), Alexandre Trépreau se remarie avec Marie Émilia Jeanne Gondouin, sténodactylo,

Au début de la deuxième guerre mondiale, il est hospitalisé à La Salpêtrière puis travaille comme magasinier électricien en 1940.

Alexandre Trépreau meurt le 28 mars 1959 à Argentan (Orne). Il était âgé de 68 ans et n’avait pas eu d’enfant vivant. En février 1916, il a été décoré de la Croix de guerre.

Schéma du chauffe-eau Hydra-Lux

 

Partager cet article
Repost0
22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 00:01

Ernest Charles Trépreau naît le 21 décembre 1852 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Louise Danneel et de Pierre Trépreau ; ils vivent rue Marie-Stuart (2e arr.). Pendant le siège de Paris, lors de la guerre franco-allemande, il envoie un message à sa famille par pigeon-voyageur, daté du 16 décembre 1870 à Château-Gontier (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) : « familles Trépreau, Guillier bien portantes ». C’est le seul moyen de communication avec la capitale à ce moment.

En juin 1877, fabricant de chaussures et vivant toujours rue Marie-Stuart, il épouse à Paris (6e arr.) la fille d’un autre chausseur, Marie Louise Courtois. En septembre 1885, la manufacture de chaussures Trépreau et Courtois est dissoute, et Trépreau continue seul l’activité encore au même endroit.

En 1898, la famille vit à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis en 1910, s’installe à Joinville-le-Pont (également Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Il est à ce moment employé de la firme cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier puis devient ultérieurement représentant de commerce.

Pendant la première guerre mondiale, les époux Trépreau participent à une souscription pour les invalides de la guerre, diffusée dans le quotidien L’Écho de Paris en Aisne 1915.

Après-guerre, en compagnie de son fils Alexandre, qui vit avec lui, Ernest Trépreau contribue financièrement au quotidien royaliste Action française en transmettant le message suivant en janvier 1918 : « En attendant les 12 balles pour les traîtres, 10 balles pour l'Action française ». Toujours avec le même fils, il participe à un appel en juin 1925 « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », né en 1889, trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras, le dirigeant du mouvement. Vingt-deux joinvillais y contribuent

Son frère, Auguste Trépreau (1855-1928), libraire et papetier, dirigeant d’organisations professionnelles, s’était exprimé au moment de l’affaire Dreyfus dans le quotidien antisémite La Libre Parole en 1898 et 1900. Il avait ensuite fondé une formation de défense des entrepreneurs et était devenu conseiller municipal de Saint-Cloud (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Auguste Trépreau meurt le 8 février 1932 à Joinville et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Il était âgé de 79 ans et père de trois enfants.

Usine Pathé à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:29

Louis Seive naît le 14 juillet 1872 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marie Joséphine Massez et de son compagnon, Claude Marie Seive, qui déclare sa naissance et le reconnaît. Ses parents résident rue des Poiriers. Leur mariage, en décembre 1884 dans le même arrondissement, légitime son ascendance. Sa mère est native de Renaix, ville de Flandre orientale, en Belgique flamande à forte minorité francophone. Son père, natif de la Loire, qui a un jumeau prénommé Claude, est fabricant d’eau de seltz. Il meurt lorsque Louis a 13 ans ; ils vivent alors rue des Pyrénées. Sa mère décède deux ans plus tard à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine).

Effectuant un service militaire d’un an, à partir de septembre 1893 au sein du 120e régiment d'infanterie, Louis Seive est démobilisé en octobre 1894, avec le grade de caporal, pour entrer comme élève à l’école nationale vétérinaire d’Alfort à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Admis à la 59e place sur 63 reçus, il poursuit une scolarité passable, obtenant son diplôme en juillet 1898 au 60e et dernier rang. Il avait été exclu de l’internat début janvier 1898 « pour s’être absenté deux jours sans autorisation » et avait poursuivi sa formation comme externe.

Installé dans l’appartement familial de la rue des Pyrénées (quartier Charonne), Seive devient membre de la Société protectrice des animaux en janvier 1899.

Il atteint une certaine notoriété en soignant, en mai 1900, le lion Ménélik, de la ménagerie de la Foire au pain d’épices (act. Foire du Trône), dans le Bois de Vincennes (12e arr.). Atteint d’une pleurésie double, il réagit vivement à l’intervention initiale, mais calmement à la deuxième opération ayant « sans doute senti un soulagement après les premiers soins » selon la presse parisienne et provinciale, qui en rend compte.

En février 1902, Seive autopsie un chien danois et établit qu'il était atteint de la rage ; il envoie ses quatre victimes à l’Institut Pasteur. Un atelier de maréchal-ferrant est également exploité par Seive, rue de Bagnolet, en 1907.

Après avoir effectué en 1896 et 1899 des périodes comme soldat de réserve, Louis Seive devient en juillet 1905 officier, avec le titre d’aide-vétérinaire (sous-lieutenant). Il est promu en août 1909 vétérinaire en second (lieutenant).

Installé en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz), puis rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier), dans le centre-ville, il épouse en mars 1912 à Paris (12e arr.) Léontine Augustine Démaré, native de Tourcoing.

Au cours de la première guerre mondiale, Louis Seive est mobilisé en août 1914 au sein du 19e escadron du train des équipages militaires, où il intègre la 4e compagnie qui compte 281 hommes, 422 chevaux et 167 voitures.

Son comportement lui vaut, en mai 1917, une citation à l’ordre de la division : « Vétérinaire zélé, actif et consciencieux. Au front depuis le début de la campagne, a maintenu son effectif en parfait état avec le minimum de pertes. A assuré le service d'un groupement de chevaux blessés dans un endroit violemment bombardé [en avril 1917]. S'est dépensé sans compter et avec le plus grand dévouement ». Il est nommé en janvier 1918 vétérinaire-major (capitaine) et rendu à la vie civile en avril 1919.

À Joinville-le-Pont, Louis Seive participe, à la souscription « Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger », organisée par la section locale du mouvement royaliste Action française en juin 1925. Ernest Berger, né en 1889, était le trésorier de l'Action française. Il est assassiné, dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, d'une balle dans la nuque par Maria Bonnefoy, prétendument à cause de sa ressemblance avec Charles Maurras. On compte 22 souscripteurs à Joinville.

Louis Seive meurt le 19 novembre 1935 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 63 ans et n’avait pas d’enfant.

Son comportement pendant la première guerre mondiale lui avait valu la Croix de guerre en mai 1917. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire, en mars 1923.

Le lion Ménélik par le sculpteur François Pompon, musée d’Orsay, Paris

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 00:01

Jean Charles Blanchet naît le 12 septembre 1759 et est baptisé le 13 en l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne). Il est le fils de Geneviève Deschamps et de Jacques Blanchet. Comme son grand-père maternel, son père est charron. Il est originaire de Bourgogne, de la vicomté d’Auxonne, maintenant partagée entre les départements de la Côte-d'Or et du Jura.

La famille compte treize enfants, dont Charles est le sixième. Elle vit dans le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), à la porte d’entrée dans le parc de Vincennes (act. Bois de Vincennes). La bourgade comprend un port, recevant du bois flotté et un pont sur la Marne qui voit passer de nombreux véhicules.

À l’instar de son père, Charles Blanchet est lui aussi charron, ce qui en fait un spécialiste des engins roulant en bois comme les charrettes. Il est qualifié de « maitre charron » en l’an 6 (1798) et poursuit l’administration de l’atelier familial.

En janvier 1793 à Conflans-Charenton (act. Charenton-le-Pont, Val-de-Marne), Charles Blanchet épouse Louise Françoise Pierret, fille d’un charpentier de la commune. Ils vivent à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur dans la maison des Blanchet.

Charles Blanchet est un intermédiaire pour la location d’une maison de maître située en face de son atelier en l’an 12 (1804), la même que celle que son père proposa à des locataires en 1781 et 1793.

Le père de Charles, Jacques Blanchet a été membre en tant que notable, de l’assemblée municipale mise en place en novembre 1790, quand le village de Pont-de-Saint-Maur s’est séparé de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, nouvellement créée. Les institutions municipales sont suspendues à partir de 1793. Quand elles sont reconstituées, en floréal an 8 (mai 1800), c’est Charles Blanchet qui siège à son tour dans le conseil général administrant la commune. Le maire est Laurent Pinson, marchand de bois scié.

Charles Blanchet meurt le 3 mars 1821 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Le registre d’état-civil mentionne qu’il est décédé « hors de son domicile sur le bord de la Marne ». Il était âgé de 61 ans et père de sept enfants.

Un charron et son apprenti à la fin du 18e siècle

 

Partager cet article
Repost0
14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 00:01

Jacques Blanchet naît à une date inconnue, antérieure à 1731, probablement à Foucherans, paroisse de la vicomté d’Auxonne (act. Jura) où réside la famille lors de son mariage en 1752. Ses parents sont Charlotte Gouerne et Guillaume Blanchet.

Alors majeur, donc âgé de plus de 21 ans, Jacques Blanchet épouse en novembre 1752, en l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur (act. Val-de-Marne) Geneviève Deschamps, fille d’un charron.

Jacques Blanchet est lui aussi charron, ce qui en fait un spécialiste des charrettes autres engins roulant en bois. La famille vit dans le village de Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont), à la porte d’entrée dans le parc de Vincennes (act. Bois de Vincennes). Le village dispose d’un port, recevant du bois flotté venant de Haute-Marne. Le pont voit passer de nombreux véhicules.

Entre 1781 et 1793, Jacques Blanchet sert à deux reprises d’intermédiaire pour la location d’une maison de maître située en face de son atelier.

Rattaché à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur, le village de Pont-de-Saint-Maur décide en novembre 1790 de constituer une municipalité autonome de celle de la commune de Saint-Maur-des-Fossés, au grand déplaisir des édiles de cette dernière. La nouvelle commune prend le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (elle sera rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831).

Jacques Blanchet, en tant que notable, est membre du conseil général (équivalent d’un conseil municipal) de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, élu pour deux ans fin 1790 ; le maire est Edme Lheureux (1733-1798).

La dernière mention connue de Jacques Blanchet dans les registres de la commune est le 28 ventôse an 4 (18 mars 1796), où il signe comme témoin d’un acte d’état-civil.

Il était alors âgé d’environ 65 ans et était père de 13 enfants. Un de ses fils, Jean Charles Blanchet (1759-1821), lui aussi charron, sera également notable de la même commune en floréal de l’an 8 (mai 1800).

Le métier de charron, extrait de l'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens