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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 00:01

Suite de la biographie de René Martin

Sur le plan politique, René Martin se présente, mai 1908 aux élections municipales de Joinville sur la liste du comité socialiste indépendant, conduite par Théophile Leteuil. Il obtient 485 voix pour 1189 suffrages exprimés (40,7%) au second tour pour 1319 inscrits et n’est pas élu, sa liste emportant un seul des 23 sièges à pourvoir.

De nouveau candidat en juin 1908, René Martin adopte l’étiquette de socialiste indépendant et a le soutien du comité joinvillais au scrutin pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Saint-Maur-des-Fossés. Il arrive en deuxième position derrière le radical-socialiste sortant Henri Vel-Durand et devant le socialiste SFIO Tranchant. Martin obtient 918 sur 3 933 suffrages exprimés (23,3%) pour 10 310 inscrits. Il se retire avant le second tour, qui voit la victoire du futur maire de Joinville avec plus de 91%.

L’affiche que Martin avait faite apposer pour soutenir sa candidature est moquée par ses concurrents radicaux, la reproduisent dans Voix des communes : « Si la lutte que nous venons de mener aux élections municipales n’a pas couronné nos efforts, elle a donné un résultat très appréciable, celui de permettre à certains d’entre nous de se connaître de sorte que, presqu’étrangers hier, nous sommes devenus aujourd’hui des amis (…) Par leur évolution, ils vont assurer le succès d’une transformation par les voies naturelles ». Polémique, le correspondant de Voix des communes, Albert Daguet, reproche à Martin sa « fuite à Londres » avant le scrutin, où il était appelé pour raisons professionnelles.

Malgré sa victoire, mais du fait que le maire Eugène Voisin, en place depuis 1888 est malade et n’entend pas se représenter en 1912, la majorité se déchire et éclate. Plusieurs démissions et quelques décès font que des élections municipales partielles sont organisées en mai 1911 pour pourvoir à sept postes. Les radicaux dissidents, emmenés par Ernest Mermet et Henri Vel-Durand, se retrouvent sur une liste reposant essentiellement sur les démissionnaires.

Les radicaux-socialistes ne constituent pas de liste en propre, mais décident de soutenir celle conduite par René Martin, sur laquelle figure trois membres de leur comité. Se présentant comme président de l’Union des commerçants de Joinville et ancien juge au tribunal de commerce, Martin a comme second Paul Purrey, vice-président de l’Union des commerçants, ancien membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Ce dernier, franc-maçon notoire, sera maire de Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) après la deuxième guerre mondiale.

La liste Martin est battue, les opposants emportant, grâce au soutien des socialistes SFIO ainsi que des libéraux et conservateurs, les sept sièges. Au cours de la campagne, un mannequin couvert d’emblèmes maçonniques est exposé sur le marché ; il devait être brûlé, mais ne l’a pas été par « peur du commissaire » selon Voix des communes.

René Martin rejoint l’armée et est mobilisé, de décembre 1912 à janvier 1914 en Algérie où il participe, en avril 1913, aux combats de Mékila, Zag et Sanghal. Au cours de la première guerre mondiale, il est officier d’administration en charge des vivres et de l’intendance, dans les forts de Joux et Larmont (Doubs), puis en mai 1915 il est expédié en Orient. De retour, en décembre de la même année, il gère une section de commis et ouvriers d'administration à Marseille, puis le centre de fabrication des Aygalades, ensuite le service des vivres, enfin le centre de fabrication d’huiles de Joncquières (Vaucluse). Il poursuit le conflit en tant que responsable du centre de transit maritime de Tarente, dans les Pouilles, en Italie où il est en poste de juillet 1918 à avril 1919. Il fait enfin un très bref passage à l’intendance de Constantine, en Algérie, où il est démobilisé.

Ne reprenant aucune des activités qu’il avait exercé à Joinville, René Martin s’installe avec sa famille en Afrique du Nord, d’abord à Constantine puis au Maroc, à Rabat en 1920. Il poursuit son commerce de vin et est également décorateur.

Une des particularités de la vie de René Charles Martin est le nombre d’unions et de divorces. Il s’est marié une première fois en juin 1899 à Paris (17e arr.) avec Jeanne Marguerite Françoise Guy, avec laquelle il aura deux enfants. Divorcé en avril 1917, il se remarie en décembre 1917 à Marseille avec Marthe Guilbert, mère de son troisième et dernier enfant ; en novembre 1932 à Rabat, il convole avec Christina Franco de Castro dont il se sépare en juillet 1939 pour épouser Odette Paule Alexandrine Cassaing en février 1940, de nouveau à Rabat. Il rompt une quatrième fois son union en avril 1954, pour célébrer ses cinquièmes noces en octobre de la même année avec Linda Esterelle Riston, sept semaines avant son décès.

René Charles Martin est mort le 23 novembre 1954 à Rabat. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie, était officier du mérite agricole (octobre 1909), titulaire de la médaille coloniale (Maroc), chevalier de la Légion d’honneur (juin 1920), récipiendaire de l’insigne de la campagne italo-autrichienne et chevalier de l’ordre royal du Sauveur de Grèce.

Le fort de Joux, La Cluse-et-Mijoux (Doubs)

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie de René Martin

René Charles Martin naît le 27 janvier 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maxence Berthe Martin et d’Eugène Martin, négociant en vins, qui est en même temps son oncle et son époux. Entre 1870 et 1900, Eugène Martin sera conseiller municipal de Joinville pendant 23 ans, se positionnant au centre-droit.

Si les opinions de Martin semblent résolument conservatrices, sa première intervention publique connue se fait dans un hebdomadaire radical-socialiste, Voix des communes, qui critiqua parfois vertement son père. Le 26 juin 1897, il fait publier un article sur « Le privilège de la Banque de France », qu’il critique. Son argumentation tortueuse laisse entendre que les élus de l’extrême-gauche parlementaire (socialistes et la tendance progressiste des radicaux-socialistes), en s’opposant à l’élection de banquiers à la chambre des députés, favoriseraient les actionnaires privés de la Banque de France, dont ils conforteraient ainsi le privilège : « Le voilà bien le mouvement social, le voilà bien. Il marche à pas de géant, d’un géant, hélas !... qui serait écrevisse. »

Dans le numéro suivant, le directeur du journal, Gaston Meynet, ancien maire d’Alfortville, réagit après avoir compris que la personne visée était en fait Jules Ferdinand Baulard, député radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre Alfortville et Joinville notamment. Meynet assure que, trompé par la critique de la Banque de France, le texte avait « échappé à [son] contrôle habituel ». Il rectifie les propos de Baulard, qui voulait « que la Chambre fût uniquement composée de gens honnêtes et fermement attachés aux principes de la démocratie ».

Le 10 juillet, René Martin réplique que « Le peuple, plus éclairé, ne se laissera plus prendre au piège de vos pompeuses banalités ». Meynet conclut : « on ne saurait (…) avouer plus clairement que ne l’a fait M. René Martin ses tendances réactionnaires et l’intention bien arrêtée de placer, au mépris de la vérité et des plus simples convenances, une plaisanterie de fort mauvais goût contre un homme digne de respect. »

Engagé volontaire pour trois ans dans l’armée, servant au 82e régiment d’infanterie à partir de novembre 1897, il quitte cependant le service dès septembre 1898, en tant qu’élève diplômé des Hautes études commerciales (HEC), où il avait été admis en 1894. Il a le grade de caporal. Dans la réserve, il devient sergent en avril 1899, sous-lieutenant en juillet 1901 puis officier d'administration de 3e classe dans l’intendance en février 1906 et officier d'administration de 2e classe dans les subsistances en avril 1908.

Martin, qui a repris l’activité de distillateur de son père et dispose d’une évidente aisance, acquiert en juin 1900 le célèbre restaurant d’Honoré Jullien sur l’île Fanac, à Joinville, ainsi qu’un hôtel rue des Corbeaux (act. av. des Canadiens), en bordure du Bois de Vincennes.

Il investit, avec un autre distillateur joinvillais et conseiller municipal radical-socialiste, Henri Diot, dans la sucrerie de Baron, dans l’Oise. Avec Schérer, il fait partie en 1911-1913 des trois associés de cette raffinerie.

A suivre

La sucrerie de Baron, Oise

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 00:01

Nicolas Raymond Arthur Martin naît le 6 décembre 1873 à Blécourt (Haute-Marne). Il est le de fils Marie Louise Grandjean, 39 ans, aubergiste et de son mari Claude Adolphe Martin, scieur de long.

Une hernie inguinale le dispense, en 1893, de faire son service militaire. Il est alors étudiant et réside à Malroy (Haute-Marne). Il séjourne deux ans plus tard à Moulins-Engilbert (Nièvre) puis revient en Haute-Marne, d’abord à Dammartin puis à Rachecourt-sur-Marne. Il y est instituteur et épouse, en septembre 1902 à Joinville (Haute-Marne) Maria Joséphine Renaut, fille de cultivateurs.

Après avoir vécu un an à Harricourt, il est en 1904 aux forges de Marnaval, à Saint-Dizier, toujours en Haute-Marne. à la fin de cette même année, il s’installe en région parisienne, d’abord à Paris (12e arr.) rue de Wattignies puis enfin, définitivement en novembre 1908, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il emménage au 28, rue de Paris et travaille depuis 1907 comme comptable dans la société cinématographique de Charles Pathé, qui s’est installée dans un an plus tôt dans les quartiers de Polangis et Palissy.

Pendant la première guerre mondiale, Raymond Martin est affecté à la 22e puis à la 24e section de Commis et ouvriers d'administration (COA) ; il est démobilisé en janvier 1919.

Après-guerre, jouissant d’un appui manifeste des dirigeants de la firme Pathé, Raymond Martin va s’engager de manière intense dans la vie sociale.

En 1927, il donne de cours de comptabilité à Joinville pour l’Association philotechnique, société d’éducation populaire. Il poursuit ses cours en 1937.

Délégué de la mutuelle du cinéma, Raymond Martin reçoit plusieurs récompenses à ce titre en 1930 et 1935. Il joue également un rôle dans la section de Joinville de la Mutualité scolaire de Paris.

Prenant en 1931 la succession de l’ancien maire de la commune, Stephen Durande Raymond Martin préside la Société symphonique de Joinville, qui avait été fondée en 1908. Il exerce toujours cette fonction fin 1935.

C’est également en avril 1931 que Raymond Martin est désigné par le préfet de la Seine en tant que membre du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de la commune de Joinville-le-Pont, qui vient d’être constitué. Comme à la Symphonie, il y côtoie Marcel Mayer, le directeur de l'usine Pathé.

Pour établir la liste électorale des élections prud’homales en 1932, Martin (probablement Raymond) est choisi au titre des employés, à côté de Penneret, patron, et Fusibet, ouvrier.

Enfin, lors de la création du vestiaire municipal en janvier 1936, Martin (sans doute Raymond) y contribue.

Les multiples engagements de Raymond Martin lui valent nombre de décorations. Il reçoit les Palmes académiques comme officier d’académie en 1931 puis officier de l’instruction publique en 1937. Il obtient la médaille de la mutualité en 1935 après une mention honorable en 1930. On lui attribue également la médaille de bronze de la prévoyance sociale, encore en 1937. Enfin, il est détenteur en janvier 1939 d’une médaille d’honneur du travail. Il est alors âgé de 66 ans.

Sa date et son lieu de décès ne sont pas connus.

Atelier de mécanique de l'usine Pathé-Nathan de Joinville

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 00:01

François Constant Martin naît le 27 octobre 1842 à Vignot, dans la Meuse. Il est le fils de Françoise Level et de son mari, Sébastien Rémy Martin, tisserand.

Exerçant la profession de carrier, mais également cultivateur dans son village, Constant Martin épouse en décembre 1863 à Vignot Justine George, fille d’un garde-champêtre. Leur fille Alice Juliette Martin naît dans la commune en août 1870.

Au mariage de celle-ci, en mars 1893 à Paris (10e arr.), ils vivent dans cet arrondissement, passage Delessert et Constant Martin est terrassier.

Au début du 20e siècle, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis.

En 1905, Constant Martin adhère à la Société française pour la propagation de l'espéranto. Plusieurs personnalités ont défendu, à Joinville, le développement de langues internationales. Le journaliste Henry Vaudémont s’engagea entre 1885 et 1889 pour le Volapük, dans laquelle il voyait une intéressante façon d’échanger, notamment en matière scientifique. L’ingénieur anarchiste Jules Vallety, dit Charles Papillon, réside dans le quartier voisin de Palissy. Il adhère également la même année à cette société ; Papillon défendra ensuite l’Ido, version modifiée de l'espéranto.

François Constant Martin meurt le 3 août 1921 à Joinville, où il est déclaré comme journalier. Il était âgé de 78 ans.

Son petit-fils Henri Fraissange (1899-1966), électricien puis employé de commerce, fut sans succès candidat sur la liste radicale-socialiste aux élections municipales de Joinville-le-Pont en mai 1935 puis maire du village de Cérilly dans l’Yonne (1951-1953).

 

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 00:01

Suite de la biographie d'Emile Coornaert

Émile Coornaert publie deux thèses sur La draperie-sayetterie d'Hondschoote (XIIIème- XVIIIème siècle) et L'industrie de la laine à Bergues-Saint-Winnoc (XIVème – XVIIème siècle). Il écrit ensuite un ouvrage sur Les corporations en France avant 1789, qui paraît en pleine guerre en 1941 ; dans la préface, Coornaert s’efforce d’éloigner toute référence politique.

La même année, il a rejoint le réseau de Résistance La France continue monté par Henri de Montfort, directeur des services de l’Institut de France.

Le réseau, composé notamment du diplomate Paul Petit, de l'écrivain Marietta Martin et de Suzanne Feingold, responsable d’une association juive. Il publie La France Continue à partir de 1941. Le journal est réalisé par l’imprimerie parisienne de Francisque Gay, située rue Cardinal. Il a un ton « très littéraire et parfois rude. Il porte alors sans ménagement des coups virulents à Pétain. »

La France continue est, avec L'Université libre et Témoignage chrétien un des rares journaux résistants à dénoncer la situation faite aux juifs selon Renée Poznanski.

Les membres du réseau sont d’inspiration chrétienne. Après l'arrestation début 1942 d'une grande partie du réseau, plusieurs personnes en liberté se joindront au Mouvement Résistance de l’écrivain Jacques Destrées. Émile Coornaert coopère avec divers réseaux et fait un travail d'information.

Après-guerre, La France Continue est présentée comme la préfiguration d’un nouvel hebdomadaire, Ici Paris, qui paraît le 13 juin 1945. Mais ce dernier oubliera très vite ses ambitions politiques du départ, pour se consacrer aux horoscopes et à la vie des vedettes.

Émile Coornaert avait collaboré avant-guerre aux Écoles normales ouvrières de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Après-guerre, Émile Coornaert reste proche des milieux démocrates-chrétiens. Il contribue à relancer le Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN), affilié à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) avec Marcel Reinhard, professeur au Lycée Louis-le-Grand. Lors de la réunion du 26 octobre 1944, Émile Coornaert est élu président.

Il s’efforce de faire de son syndicat un « instrument de transformation sociale » qui continue l’œuvre de la Résistance dans « une révolution sans haine et sans violence, inspirée par une conception spiritualiste du monde ». Il représente le syndicat au sein de la commission qui prépare la mise en œuvre du Plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement.

Après le rejet d’une motion de politique scolaire qu’il avait présentée, Émile Coornaert démissionne de son poste de président du SGEN mais continue à intervenir dans la vie du syndicat. Le poste qu’il avait occupé ne sera plus pourvu.

Ayant poursuivi son activité d’historien, Émile Coornaert publie des ouvrages sur Les Français et le commerce international d'Anvers, fin XVe-début XVIe (1961) et Les compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours (1966). Son dernier ouvrage, en 1977, porte sur le métier d’historien : Destins de Clio en France depuis 1800.

En 1958, il devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est nommé au sein de la Commission d'histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS, 1969-1980).

Se faisant, selon Henri Dubief, l’historien du Westhoek (la Flandre française), Émile Coornaert a été membre du Comité flamand de France.

Émile Coornaert meurt le 25 février 1980 à Paris. Il est enterré à Allarmont.

Émile Coornaert est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, de la médaille de la Résistance, est Officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre Polonia Restituta. Il est membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1958-1980). Les écoles publiques maternelle et primaire de la commune d’Hondschoote (Nord) portent le nom d’Émile Coornaert.

Fin

 

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 00:01

Suite de la biographie d'Emile Coornaert

Émile Coornaert publie deux thèses sur La draperie-sayetterie d'Hondschoote (XIIIème- XVIIIème siècle) et L'industrie de la laine à Bergues-Saint-Winnoc (XIVème – XVIIème siècle). Il écrit ensuite un ouvrage sur Les corporations en France avant 1789, qui paraît en pleine guerre en 1941 ; dans la préface, Coornaert s’efforce d’éloigner toute référence politique.

La même année, il a rejoint le réseau de Résistance La France continue monté par Henri de Montfort, directeur des services de l’Institut de France.

Le réseau, composé notamment du diplomate Paul Petit, de l'écrivain Marietta Martin et de Suzanne Feingold, responsable d’une association juive. Il publie La France Continue à partir de 1941. Le journal est réalisé par l’imprimerie parisienne de Francisque Gay, située rue Cardinal. Il a un ton « très littéraire et parfois rude. Il porte alors sans ménagement des coups virulents à Pétain. »

La France continue est, avec L'Université libre et Témoignage chrétien un des rares journaux résistants à dénoncer la situation faite aux juifs selon Renée Poznanski.

Les membres du réseau sont d’inspiration chrétienne. Après l'arrestation début 1942 d'une grande partie du réseau, plusieurs personnes en liberté se joindront au Mouvement Résistance de l’écrivain Jacques Destrées. Émile Coornaert coopère avec divers réseaux et fait un travail d'information.

Après-guerre, La France Continue est présentée comme la préfiguration d’un nouvel hebdomadaire, Ici Paris, qui paraît le 13 juin 1945. Mais ce dernier oubliera très vite ses ambitions politiques du départ, pour se consacrer aux horoscopes et à la vie des vedettes.

Émile Coornaert avait collaboré avant-guerre aux Écoles normales ouvrières de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Après-guerre, Émile Coornaert reste proche des milieux démocrates-chrétiens. Il contribue à relancer le Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN), affilié à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) avec Marcel Reinhard, professeur au Lycée Louis-le-Grand. Lors de la réunion du 26 octobre 1944, Émile Coornaert est élu président.

Il s’efforce de faire de son syndicat un « instrument de transformation sociale » qui continue l’œuvre de la Résistance dans « une révolution sans haine et sans violence, inspirée par une conception spiritualiste du monde ». Il représente le syndicat au sein de la commission qui prépare la mise en œuvre du Plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement.

Après le rejet d’une motion de politique scolaire qu’il avait présentée, Émile Coornaert démissionne de son poste de président du SGEN mais continue à intervenir dans la vie du syndicat. Le poste qu’il avait occupé ne sera plus pourvu.

Ayant poursuivi son activité d’historien, Émile Coornaert publie des ouvrages sur Les Français et le commerce international d'Anvers, fin XVe-début XVIe (1961) et Les compagnonnages en France du Moyen Age à nos jours (1966). Son dernier ouvrage, en 1977, porte sur le métier d’historien : Destins de Clio en France depuis 1800.

En 1958, il devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est nommé au sein de la Commission d'histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS, 1969-1980).

Se faisant, selon Henri Dubief, l’historien du Westhoek (la Flandre française), Émile Coornaert a été membre du Comité flamand de France.

Émile Coornaert meurt le 25 février 1980 à Paris. Il est enterré à Allarmont.

Émile Coornaert est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, de la médaille de la Résistance, est Officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre Polonia Restituta. Il est membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1958-1980). Les écoles publiques maternelle et primaire de la commune d’Hondschoote (Nord) portent le nom d’Émile Coornaert.

Fin

 

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 00:01

Début de la biographie d'Émile Coornaert

Émile Coornaert naît le 31 août 1886 à Hondschoote (Nord). Il est le cadet de treize enfants d'une famille d'ouvriers agricoles. Après la mort de son père, il entre en 1898 au petit séminaire Saint-François d'Assise d'Hazebrouck qu'il quitte en 1903. Profondément influencé par l'éducation reçue, Il y reviendra très régulièrement tout au long de sa vie. Après son baccalauréat, il se partage entre les études et le travail. Il est membre du mouvement Le Sillon de Marc Sangnier, un catholique de gauche.

Licencié en lettres en 1906, journaliste, il poursuit des études d'histoire à l'Institut catholique de Lille puis à la Sorbonne où il obtient un diplôme d'étude supérieure en histoire médiévale. Dispensé de service militaire, il s'engage cependant en 1915. Il combat d’abord au sein du 1er régiment d'infanterie de ligne puis rejoint le 8e régiment de transmissions jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale. Il est sergent-fourrier travaillant à la section d'écoute en mettant à contribution sa connaissance de l'allemand.

Il épouse Alice Robert en 1921 et séjourne ensuite très régulièrement jusque la fin de sa vie dans la maison familiale d’Allarmont (Vosges). Ils auront trois enfants.

Démobilisé en 1919, Émile Coornaert passe l'agrégation d'histoire en 1920 et enseigne à Alençon, Nancy et au Lycée Condorcet à Paris. Docteur ès lettres en 1930, il est nommé directeur d'études d'histoire économique à École pratique des hautes études où il est préféré à Marc Bloch. Il collabore à la revue des Annales depuis 1932.

Il va connaître une expérience internationale, créant un département francophone à l’Université de São Paulo au Brésil où il détient la chaire d’histoire en 1934 et 1935.

Revenu en Europe en 1936, Émile Coornaert devient titulaire de la chaire d'histoire du travail au Collège de France où il remplace François Simiand. Il obtient le poste de préférence à Maxime Leroy et Maurice Halbwachs. Ce dernier estime que « Coornaert est un médiocre (…) Il a fait quelques recherches érudites sur les corporations au XVème siècle (…) Il a un fort accent belge, rien de caractéristique par ailleurs. Démocrate-chrétien, et actuellement très résistant, – mais bon catholique, et tenant à ce qu'on subventionne les écoles libres. »

A suivre

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 00:01

Nicolas Rodionoff naît le 6 janvier 1886 à Ekaterinodar dans la province de Kouban en Russie (act. Krasnodar). Il est le fils de Barbe Markoff et de son époux Nicolas Rodionoff.

Selon des sources familiales, il est officier de marine, capitaine de frégate de la marine impériale russe, et quitte la Russie après la révolution bolchévique d’octobre 1917.

Arrivé en France, il travaille comme ingénieur. Selon les mêmes sources, il aurait été un temps chargé du contrôle du trafic au port de Sète (Hérault).

Dans la seconde moitié des années 1920, il vit à Paris (8e arr.), rue du Rocher, et fréquente le Cercle Les Capucines, une institution mondaine et culturelle, qui avait notamment accueilli le capitaine Dreyfus. Nicolas Rodionoff est naturalisé français par décret le 16 juin 1938. Il vit à Paris (5e arr.) avec Michel Rodionoff, employé de commerce, au 1, rue François-Mouthon.

Le 13 avril 1939 Paris (15e arr.), il épouse Cécile Marie Louise Willot, domiciliée à Enghien-les-Bains, fille d’un médecin et originaire de Valenciennes (Nord).

Nicolas Rodionoff meurt le 24 septembre 1962 à Crisenoy (Seine et Marne). Il était âgé de 76 ans et est inhumé à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Gilles Vautier naît le 5 octobre 1789 à Pantin (act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Marie Jeanne Studians Vorsant et de son époux, Gilles Vautier, commandant de la brigade de la maréchaussée.

Le père, Gilles Vautier (1740-1812), deviendra chef d’escadron et commandant de la gendarmerie impériale de la Seine-Inférieure (act. Seine-Maritime). Décoré en tant que chevalier de la Légion d’honneur, il est également anobli et fait chevalier de l’empire, titre non héréditaire. Son effigie a été déposée au Musée des Beaux-Arts de Rouen sous le titre « Portrait d'un officier du 1er empire, M. Vautier », œuvre d’un peintre anonyme ; elle provient d’un don de son fils aîné, Louis Gilles Vautier, fait en 1871. Elle est signalée comme manquante dans la base Joconde, Portail des collections des musées de France, consultée en juillet 2025.

Édouard Vautier, qui n’est pas marié, vit, à la fin du second empire, avec son frère aîné, Louis Vautier, qui semble être également célibataire, rue de Sévigné à Paris (3e arr.).

Ils semblent jouir d’une certaine aisance et tous deux font des testaments en juillet 1869. Louis Vautier attribue trois mille six cents francs de rente pour moitié à la gendarmerie départementale de la Seine-Inférieure, et pour l’autre moitié à celle de l'Eure. Outre le tableau de son père, il attribue également une rente de cinq cents francs pour créer un prix triennal pour les élèves de l'École municipale de peinture et de dessin de Rouen. Une dernière rente de trois cents francs est destinée aux pauvres de la préfecture normande. Son frère, Édouard Vautier, est son exécuteur testamentaire.

Beaucoup plus modeste, le legs d’Édouard Vautier est une rente de 400 francs faite en faveur de deux vieillards de la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il disposait très vraisemblablement d’une résidence d’été.

Ce don va cependant faire de lui un bienfaiteur de la ville, qui donnera son nom à une rue d’un quartier pavillonnaire, proche des bords de Marne. Son patronyme est également inscrit sur la plaque des bienfaiteurs de la commune, apposée lors de l’agrandissement de la mairie en 1911.

Son frère Louis Vautier meurt, à l’âge de 87 ans, dans leur domicile parisien le 26 janvier 1871, deux jours avant la fin du long siège de Paris et l’entrée dans troupes de la Confédération germanique dans la capitale.

Édouard Vautier lui survivra peu, puisqu’il décède le 15 mars 1871 également à Paris (3e arr.), dans sa 82e année. L’insurrection révolutionnaire de la Commune de Paris débutera trois jours plus tard. Pendant le siège, la population de Joinville avait en grande partie quitté la commune et s’était réfugiée à Paris, où siégeait son conseil municipal.

Voir : rue Vautier (Wikipédia)

Ancien bureau de poste à l'angle de la rue Vautier, 1908

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Léon Martin naît le 22 avril 1878 à Villabé (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Léontine Louise Villéger et d’Édouard Olivier Martin, maçon son époux.

Ses parents décèdent avant sa majorité et Édouard Martin vit chez sa grand-mère à Essonnes (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il devient employé de mairie et se marie, en décembre 1901 à Corbeil avec Catherine Léontine Greiner.

Ajourné à deux reprises pour sa faiblesse physique, il effectue un service militaire en 1902. Il s’installe ensuite à Paris (19e arr.), d’abord rue de Flandre puis rue de Nantes.

En 1909, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il vit dans le quartier de Polangis, avenue Bourguignon et ensuite avenue de l’Île.

Dans la commune, Édouard Martin devient vice-président de la Mutualité scolaire, une des principales structures sociales locales. Elle est alors présidée par Alphonse Depasse, dit Depasse-Laridan, fabricant de bonneterie et responsable d’organisations professionnelles.

Pendant la première guerre mondiale, qu’Édouard Martin débute dans les services auxiliaires, il est reclassé ensuite comme apte au service armé et rejoint le 34e régiment territorial d’infanterie en avril 1915. Il devient brigadier en septembre 1918.

Édouard Léon Martin meurt le 1er janvier 1919 à Bouillon (province de Luxembourg, Belgique), où il venait d’être admis dans l’ambulance 4/6. Il est déclaré mort des suites de maladie contractée en service et est inhumé dans l’ossuaire de Bouillon, tombe 1.

Le décès de Martin a été transcrit sur l’état-civil de Joinville en mars 1921. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune sous la forme : Martin E. Son fils René est « adopté par la Nation » en octobre 1919.

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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